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Deux utopies concrètes pour penser autrement l’économie, l’écologie, la société

DDeux utopies concrètes pour penser autrement l’économie, l’écologie, la société

Conférence organisée par la Confluence des Savoirs en partenariat avec les Journées de l’économie et la Fondation Bullukian.

Deux utopies concrètes pour penser autrement l’économie, l’écologie, la société :
– l’économie des communs pour des formes organisationnelles originales,
– la dentelle du Puy en Velay pour sauver la barrière de corail.

Intervenants : 

  • David Vallat, enseignant-chercheur à l’Université Lyon 1, membre du laboratoire Magellan et membre associé du laboratoire Triangle qui mène ses travaux de recherche en France et au Japon
  • Jérémy Gobé, artiste plasticien, lauréat du Prix Bullukian 2011 d’Aide à la Création Contemporaine, initiateur du projet CORAIL ARTEFACT pour sauver la barrière de corail avec la dentelle du Puy en Velay.

 

Présentation de la conférence

L’économie des communs

La logique du marché autorégulateur a connu, depuis 1776 et la publication de la Richesse des Nations par Adam Smith, une popularité grandissante. Le libéralisme économique est devenu pour le meilleur (création de richesses, esprit d’entreprise, innovation, etc.) et pour le pire (inégalités, destruction d’écosystèmes, etc.) le référentiel principal en matière de régulation des échanges et d’organisation de la production. Bien entendu ce libéralisme doit être régulé pour limiter ses dérives. C’est le rôle dévolu aux Etats.

Le duo « Etat-Marché » a tendance à reléguer d’autres formes de production, d’organisation ou d’échange à un rôle marginal. Ainsi l’autogestion, la production domestique, la réciprocité, la collaboration, semblent tenir de l’anecdote.

Pourtant le progrès technologique, Internet en particulier, tend à réhabiliter les vertus de la collaboration. L’encyclopédie Wikipedia, le système d’exploitation Linux, l’ordinateur Raspberry Pi sont le produit de communautés organisées selon des principes qui ne relève ni du marché, ni de l’Etat.

Comment penser ces formes de collaboration ? Peuvent-elles être étendues ou sont-elles vouées à demeurer marginales ? De nombreuses entreprises reconnaissent pourtant l’intérêt de l’innovation ouverte qui implique de collaborer parfois même entre concurrents.

Afin de dépasser le duo Etat/marché comme référentiel des échanges David Vallat propose d’explorer une autre forme d’organisation mise en lumière par le prix Nobel d’économie 2009, Elinor Ostrom, à savoir, le commun.

Qu’est ce qu’un commun ? Une ressource partagée susceptible d’être épuisée et/ou appropriée si l’exploitation de cette ressource n’est pas organisée. L’Etat peut intervenir pour cette régulation (ressource halieutique par exemple) mais ce n’est pas toujours possible, soit que cette ressource soit de taille réduire (le réfrigérateur familial) ou de dimension transnational (le climat).

David Vallat explorera l’histoire des communs et notamment le renouvèlement de l’intérêt porté à cette forme organisationnelle avec l’avènement d’Internet. Il montrera surtout en quoi ce concept permet de renouveler notre compréhension du fonctionnement des organisations, des échanges, voire de nos sociétés.

Le projet CORAIL ARTEFACT : La dentelle du Puy en Velay pour sauver la barrière de corail

Invité à réaliser une œuvre pour le FITE, Festival International des Textiles Extraordinaires de Clermont-Ferrand, Jérémy Gobé, découvre une entreprise innovante, Fontanille SCOP, fabrique de dentelle du Puy en Velay, ressuscitée par la force de conviction d’employés amoureux de leur savoir-faire.

En visitant cette industrie, le regard de l’artiste se pose sur un point traditionnel appelé Point d’esprit. En effet, Jérémy Gobé dont la pratique se développe autour des coraux qu’il prolonge, dessine et sculpte pour leur redonner vie, voit immédiatement le lien entre les coraux et cette dentelle, travaillée depuis plus de 400 ans.  Le point d’esprit est un motif identique à la vue microscopique d’une cellule de corail !

Jérémy Gobé s’associe à Isabelle Domart-Coulon, scientifique dont les travaux sur les coraux font référence au niveau international. Ensemble ils mettent au point un protocole pour prouver que la dentelle est l’interface idéale pour que de nouvelles boutures de corail se développent et s’implantent sur les récifs décimés. Outre une similitude visuelle, la dentelle présente de nombreux avantages : transparences, rugosité, biodégradabilité, … Jérémy Gobé initie ainsi l’idée d’utiliser la dentelle du Puy en Velay comme substrat pour la recolonisation de la barrière de corail.

 

Confluence des savoirs