CERTAINS EVENEMENTS NE PEUVANT ÊTRE MAINTENUS EN PRESENTIEL SONT PROPOSES EN DISTANCIEL : MERCI DE CONSULTER LES SITES DES ORGANISATEURS

Biodiversité et balade sonore

BBiodiversité et balade sonore

Public : Dès 6 ans

©Crous Lyon

À la découverte de la biodiversité sur la résidence étudiante Jussieu du Crous de Lyon.

Seul ou à plusieurs, sur place en longeant le parcours pédagogique de la résidence ou bien à distance, profitez d’une visite guidée sonore en ligne. Marchez, observez, écoutez : les oiseaux de ce coin n’auront plus de secrets pour vous.

Le Crous de Lyon vous propose cette animation à la suite d’un état des lieux de la biodiversité réalisé par l’association Horizon d’Ailes et dans le but de protéger et valoriser ses espaces verts.

 

Écoutez la balade sonore :

Cette balade sonore s’inscrit dans le cadre de la Fête de la Science 2020

 

Crous de Lyon

Cycle de conférences – Écologie des virus : épidémies, biodiversité et sociétés

CCycle de conférences – Écologie des virus : épidémies, biodiversité et sociétés

Public : Dès 15 ans

La santé humaine et la santé animale sont interdépendantes et liées à la santé des écosystèmes au sein desquels elles coexistent.

Du 1er au 4 octobre 2020, le musée des Confluences proposait de prendre de la hauteur sur la crise de la Covid-19 en invitant des scientifiques de toutes disciplines à échanger sur les causes environnementales de l’apparition des virus et sur les conséquences sociétales à venir.

 

Retrouvez les enregistrements des conférences :

(cliquez sur les titres des conférences)

© Thierry Fournier / IRIS

 

Les microbes sont partout, parfois bénéfiques, parfois pathogènes…

Par Marc-André Selosse. Conférence animée par Frédéric Denhez.

 

60% des maladies infectieuses humaines et 75% des maladies émergentes sont d’origine animale. Elles représentent aujourd’hui un enjeu croissant de santé publique.

Avec Jean-François Guégan, Hélène Soubelet, Pascal Boireau,. Rencontre animée par Anne-Cécile Bras.

 

Comment expliquer l’excellence lyonnaise en infectiologie ? Quels sont les acteurs-clé du secteur ? Quel est le diagnostic actuel sur les maladies infectieuses ?

Avec Florence Ader, Bruno Lina, Sylvain Baize. Rencontre animée par Samuel Belaud.

 

Toujours craintes, parfois diabolisées, les maladies infectieuses font partie intégrante de l’histoire de l’humanité et de nos mondialisations successives.

Avec Anne Rasmussen, Valérie Chansigaud, Serge Morand, Jean-Paul Demoule. Rencontre animée par Frédéric Denhez.

 

La pandémie du Covid-19 est révélatrice d’une société en crise. Pour autant, faut-il s’attendre à des changements sociaux et économiques majeurs dans les années à venir ?

Avec Frédéric Keck, Bertrand Badie, Sylvie Matelly, Damien Deville. Rencontre animée par Anne-Cécile Bras.

 

Pour aller plus loin…

Consultez la bibliographie grand public

Consultez la bibliographie jeunesse

 

Ce cycle de conférences s’inscrit dans le cadre de la Fête de la science 2020.

 

Musée des Confluences

 

Que sait-on de la biodiversité aujourd’hui ?

QQue sait-on de la biodiversité aujourd’hui ?

Public : Dès 11 ans

Deux chercheurs, Gilles Escarguel et Bastien Boussau expliquent les causes et les conséquences de la catastrophe écologique qui s’annonce.

Environ 20.000 espèces ont déjà disparu, soit un peu plus de 1% de toutes les espèces connues. Au cours des 50 dernières années, les effectifs des populations d’animaux vertébrés ont décliné en moyenne de 68%. Aujourd’hui, l’humanité, par sa présence et ses activités, menace d’extinction à très court terme environ un demi-million d’espèces dont la perte altérera profondément et durablement le fonctionnement de la biosphère.

 

Retrouvez l’enregistrement de la conférence :

Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la Fête de la Science 2020.

Elle s’intègre à la programmation de l’exposition virtuelle Espèces de climat !

 

 

BIBLIOTHÈQUE UNIVERSITAIRE LYON 1

Espèces de climat !

EEspèces de climat !

Public : Dès 6 ans

La BU Lyon 1 vous propose une exposition en ligne sur les conséquences du changement climatique sur la biodiversité animale.

Explorez les contenus que les chercheurs et la BU Lyon 1 ont préparé pour vous !

Vous pourrez:

  • Plonger dans la lagune tropicale de Cerin, à 80 km de Lyon, il y a 150 millions d’années.
  • Faire un très grand retour en arrière et découvrir la faune d’Amérique du Nord et les mammifères du grand froid.
  • Suivre des insectes et découvrir leur adaptation aux nouvelles conditions climatiques.
  • Vous rendre dans les Alpes pour suivre une famille de marmottes.
  • Partir en Afrique à la rencontre des éléphants, des gnous et des lions et comprendre comment ils font face aux modifications de l’écosystème.
  • Et comprendre les conséquences des bouleversements climatiques du climat sur la faune.

 

Visitez l’exposition virtuelle !

(cliquez sur l’image ci-dessous)

Cette visite virtuelle s’inscrit dans le cadre de la Fête de la Science 2020

 

BIBLIOTHÈQUE UNIVERSITAIRE LYON 1

Le confinement, révélateur de l’attrait de la nature en ville | The Conversation

LLe confinement, révélateur de l’attrait de la nature en ville | The Conversation

Au cours du confinement, de nombreux articles ont traité des changements opérés dans l’espace urbain. Ils ont souligné le vide apparu dans l’espace public, notamment le dépeuplement des grandes places emblématiques des villes françaises, et insisté sur le calme survenu en ville ou sur la baisse de la pollution atmosphérique.

Puis ce fut au tour de ceux qui se penchaient sur le chant des oiseaux, la présence de certains animaux comme le renard au Père-Lachaise à Paris, la colonisation des végétaux et leur diversité. Peu se sont demandé si cet espace habité pouvait encore être qualifié de ville, s’il remplissait encore ses fonctions, en particulier celle d’échanges, les citadins étant assignés à résidence et restreints dans leurs déplacements. Pourtant, ce qui fait une ville, n’est-ce pas ses habitants ?

Ville à l’arrêt et prise de conscience écologique

Ce qui est remarquable au cours de cette période, c’est l’accent mis sur le lien entre la nature et la ville, comme si une prise de conscience s’opérait dans la société française, comme si les individus découvraient qu’ils faisaient partie de la nature, qu’ils ne pouvaient pas s’en extraire, que la faune et la flore étaient bien présentes autour d’eux. Peut-être cela s’explique-t-il par le fait que cette crise sanitaire a conduit les Français à s’interroger sur l’origine de la Covid-19 et la responsabilité des hommes dans la transmission de cette maladie et, par voie de conséquence, sur le rapport de la société à l’environnement.

Les résultats de l’enquête « Le confinement et ses effets sur le quotidien » que nous avons menée entre le 23 mars et le 10 mai 2020 en France, sur un échantillon de 10 976 personnes, représentatif de la population française métropolitaine en genre, âge, diplômes et région de résidence vont dans ce sens.

En effet, 69,4 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles pensaient que la période de confinement changerait quelque chose dans notre manière de prendre en compte l’environnement et de le préserver. Ce sont ces Français qui semblent avoir moins bien vécu le confinement. Alors qu’ils déclaraient en moyenne avant le confinement un niveau de satisfaction de vie plus élevé que les autres Français (7,10 contre 7,01 sur une échelle de 1 à 10), leur bien-être a diminué de 1,54 contre 1,31 pour les autres Français. Cette prise de conscience semble donc avoir eu un effet anxiogène sur les Français. Le confinement aurait ainsi participé, en quelque sorte, au développement de l’éco-anxiété.

La découverte du calme et du vert au cours du confinement

Cette période du confinement a également révélé à certains et rappelé à d’autres qu’ils vivaient au sein d’un environnement artificialisé, peu amène, et qu’en leur absence, la faune et la flore reprenaient leurs droits. Elle a été le moment de nouvelles expériences.

Ainsi, 81,7 % des 10 976 Français interrogés ont ressenti au cours du confinement un ralentissement général dans leur environnement de vie. Plus de la moitié des 3 470 Français qui, avant le confinement, déclaraient subir des nuisances sonores (bruits de la rue, des voisins,etc.) quand ils étaient chez eux ont affirmé ne plus en subir au cours du confinement. Ces Français ont expérimenté, d’une certaine manière, les vertus du calme. Sans grande surprise, les Français ne subissant pas de nuisances sonores avant et/ou au cours du confinement ont déclaré des niveaux de bien-être supérieurs (7,08 et 5,29) à ceux subissant des nuisances sonores (7,04 et 5,64). Ce sont ceux qui ont enregistré la plus faible perte de bien-être au cours du confinement : 1,44 contre 1,66 pour les autres.

Cette période de confinement a été difficile pour la population française métropolitaine, mais la présence d’un espace vert ou extérieur de plain-pied l’a aidée à la traverser. En moyenne, le niveau de satisfaction de vie des Français métropolitains a chuté de 1,47, passant de 7,07 (avant le confinement) à 5,6 (au cours du confinement) sur une échelle de 1 à 10. Toutefois, les personnes vivant dans une maison avec jardin ou un espace extérieur sont celles qui, en moyenne, ont déclaré au cours du confinement le niveau de satisfaction de vie le plus élevé (5,67) par rapport à celles habitant dans un appartement avec terrasse ou balcon (5,45), avec vue (5,58) ou sans vue (5,49)

Alors que le contact avec le sol (l’élément terre) et les possibilités qu’il offre notamment en termes d’activités (jardinage, barbecue, relaxation, jeux, sortie en extérieur…) a agi favorablement sur le bien-être des Français au cours du confinement, la présence d’animaux de compagnie ou de végétaux chez eux a eu l’effet inverse. Les Français ayant des animaux de compagnie qu’ils doivent sortir ont enregistré une chute de leur bien-être plus importante que ceux n’en ayant pas (1,98 contre 1,34). Leur niveau de satisfaction de vie est passé de 7,14 à 5,02 contre 7,09 à 5,74 pour ceux n’ayant pas d’animaux de compagnie à sortir. Le même phénomène a été observé concernant la présence de plantes ou d’animaux chez soi qui ne nécessitent pas d’être sortis. Cela s’explique peut-être par le fait que les Français possédant des animaux se sont inquiétés pour ces derniers, et/ou ont une conscience écologique plus importante et un rapport à la nature plus fort que les autres, ce qui a généré du mal-être au cours de cette crise sanitaire.

Un coup de projecteur sur les vertus de la nature…

Ces observations nous conduisent à nous demander ce qu’a réellement révélé cette période de confinement sur la société française métropolitaine et son rapport à la nature.

Le grand confinement a eu plusieurs effets. D’abord, il a exacerbé le débat sur l’impact des activités humaines sur l’environnement et l’impératif écologique. Ensuite, en révélant certains maux de la ville (pollutions sonores, atmosphériques et lumineuses, îlots de chaleur urbain, inégalités socio-spatiales…). Il a 1) mis en exergue l’urgence à agir ; et 2) placé au centre du débat la santé et le bien-être des citadins, grands oubliés de l’aménagement urbain. Ainsi, il a conduit à renouveler les réflexions sur la manière d’aménager les villes en insistant sur l’importance de prendre en compte la santé des citadins, de préserver la biodiversité, d’économiser les ressources. En quelque sorte, un nouvel hygiénisme a surgi et l’éco-urbanisme s’est affirmé.

De plus, en mettant en évidence les effets négatifs du mode de vie urbain actuel — rythme effréné et déconnexion par rapport au monde physique, perte de contact en face à face dans les actions et pratiques quotidiennes, étouffement par l’excès d’information, manque de lien social, environnement artificiel —, certaines mesures de distanciation sociale ont conduit à un renforcement de la demande de nature en ville et à une prise de conscience des vertus des végétaux sur la santé et le bien-être des citadins (voir tableau ci-dessous) pour lutter contre les surcharges environnementale et virtuelle. Ainsi, en quelque sorte, l’Homo urbanus français est devenu un Homo qualitus, c’est-à-dire un être humain qui ne cherche pas à satisfaire seulement son bien-être matériel et immatériel, mais fait également de la satisfaction de son désir de nature et de la préservation de l’environnement un élément de son bien-être.


…Mais rien de vraiment nouveau

Rien de vraiment nouveau, mais une prise de conscience de l’urgence de la situation et un coup de projecteur mis sur l’intérêt croissant en milieu urbain pour la nature (en particulier pour les végétaux) et les solutions fondées sur la nature (SFN). En effet, les collectivités territoriales connaissent les avantages à végétaliser l’espace urbain et développent des infrastructures vertes. De leur côté, les citadins ont pris conscience des bienfaits de la nature. Ils en font un élément constitutif de leur bien-être.

Plusieurs enquêtes en témoignent comme celle de 2017, conduite auprès de 240 habitants du 6ᵉ et du VIIᵉ arrondissement de Lyon constituant un échantillon représentatif de la population ; qui révèle que, pour 71 % des personnes interrogées, un environnement sain et sans nuisance est l’un des dix éléments les plus importants parmi un panel de vingt-neuf éléments dans la constitution de leur niveau de bien-être. De plus, 90 % des Français considèrent que le contact quotidien au végétal est très important ou important, et 75 % déclarent prendre en compte les espaces verts dans leur choix de résidence.

Eco-urbanisme, nouvel hygiénisme, quel futur pour les villes françaises ?

Une chose est sûre : le déconfinement a offert aux municipalités l’opportunité de poursuivre certaines actions engagées et d’en mettre en place d’autres pour améliorer le cadre de vie de leurs concitoyens.

Les coronapistes qui ont vu le jour dans de nombreuses villes françaises en sont un exemple, les campagnes de végétalisation urbaine pour lutter contre le réchauffement climatique aussi.

Cependant, de nombreuses questions demeurent : les collectivités sauront-elles aller plus loin et saisir l’occasion qui se présente à elles pour répondre aux désirs des citadins qui souhaitent vivre dans un milieu urbain apaisé, plus vert et plus respectueux de l’environnement, et aspirent à une vie de quartier et à habiter dans des appartements avec un espace extérieur ? La crise sanitaire que nous traversons laissera-t-elle des traces sur les villes françaises ? L’éco-urbanisme émergent se déploiera-t-il en France, un nouveau modèle hygiéniste verra-t-il le jour ? Quelle sera l’utilisation des NTIC et des objets communicants dans l’aménagement urbain post-Covid-19 (quid de la smart city) ?

The Conversation

Auteure : Lise Bourdeau-Lepage, Professeur des Universités – géographie, Université Jean-Moulin Lyon 3

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons – 19-10-2020  >>> Lire l’article original.

Il a été publié dans le cadre de la Fête de la science 2020 et dont The Conversation France est partenaire. Cette édition avait pour thème : « Planète Nature ? ».

Pourquoi et comment préserver la biodiversité ? Toutes les astuces pour agir à votre échelle !

PPourquoi et comment préserver la biodiversité ? Toutes les astuces pour agir à votre échelle !

Si le réchauffement climatique fait partie des enjeux cruciaux de notre décennie, il est important d’avoir conscience qu’il n’est pas le seul. Préserver la biodiversité constitue également un défi majeur de nos sociétés, que nous devons relever ENSEMBLE ! 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, petit rappel de ce qu’est la biodiversité : ce terme englobe l’ensemble des diverses espèces vivantes qui peuplent un écosystème (animaux, végétaux, microorganismes).

Dans cet article nous vous proposons de découvrir pourquoi la biodiversité est importante pour notre survie (oui oui, pour nous les humains) et comment vous pouvez, à votre échelle, participer à sa protection !

 

Pour tout savoir et passer à l’action, rendez-vous juste ici :

Pourquoi et Comment préserver la biodiversité ? | Le Guide |

Pour profiter de la fraîcheur des arbres : les aider à s’adapter au climat | Un article Pop’Sciences

PPour profiter de la fraîcheur des arbres : les aider à s’adapter au climat | Un article Pop’Sciences

©Pixabay

Faire un câlin aux arbres : cette pratique de la sylvothérapie, en vogue ces dernières années témoigne du bien-être émotionnel que nous procurent les arbres. Leur capacité à rafraîchir le climat de la cité et de moduler celui de notre planète, est un autre service, physique cette fois-ci, qu’ils nous rendent. Pour autant qu’ils puissent rester en vie face au changement climatique. Et c’est à l’Homme de les y accompagner. Explications avec, en guise d’exemple, le déploiement du Plan canopée de la ville de Lyon.

Un article rédigé par Caroline Depecker, journaliste, pour Pop’Sciences – 17 sept. 2020

 

Si effets positifs il y a eu du confinement sur les mentalités, l’un d’entre eux est sans doute le désir réaffirmé de reconnexion des citadins avec la nature. Pour les plus chanceux, un exil en campagne bienheureux. Pour les autres, la recherche, entre les pavés, du moindre petit coin de verdure.

« La question de la nature en ville a beaucoup évolué au cours du temps. Jusqu’aux années 80 où le béton était roi et la ville fonctionnelle, elle n’y avait pas sa place, commente Frédéric Ségur, du service du patrimoine végétal de la Métropole de Lyon. Mais depuis 1990, on redécouvre ses bienfaits sur la santé, autant physique que psychique, des habitants ».

Des effets si probants que l’OMS recommande, en 2016, un verdissement maximum des villes, insistant sur le rôle de la nature quant à la « réduction potentielle de l’exposition à la pollution de l’air, au bruit et à la chaleur excessive ». Et, dans ce registre, l’arbre tient une place importante : celui de régulateur de température.

Lors des coups de chaud estivaux, dans les métropoles, on étouffe. Pas de pause nocturne : les façades absorbent le rayonnement solaire et restituent la chaleur quand on tente de dormir. Les corps s’épuisent. Dans ces îlots de chaleur que constituent les villes, il n’est pas rare d’observer un écart de 2 à 4° C entre le centre urbain et la campagne avoisinante. « Cela peut monter jusqu’à 11 degrés en cas de canicule, comme en août dernier », ajoute Frédéric Ségur. En apportant de l’ombre aux bâtiments, les arbres diminuent la quantité de rayonnement solaire reçue et donc, d’énergie emmagasinée. Leur rôle positif ne s’arrête pas là. Comme l’Homme, lorsqu’il fait chaud, les arbres transpirent. Puisant l’eau du sol par leurs racines, à travers leur feuillage, ils rejettent une grande quantité d’humidité : ce phénomène, appelé évapotranspiration, occasionne un rafraîchissement de l’atmosphère. Un bon moyen de lutter contre les îlots de chaleur.

Une température de l’air abaissée de 1°C

On dénombre plus de trois millions d’arbres sur la métropole lyonnaise. « Qu’ils soient du domaine public ou privé, ceux-ci constituent « une forêt diffuse » dont on évalue la proportion par l’indice de canopée (pourcentage de surface ombragée par les arbres). Celui-ci est de 27 % sur la métropole lyonnaise, commente le responsable paysager, mais présente des disparités géographiques : il varie de 10 à 60 % selon les communes. Sur Lyon, il est de 23 %. Afin d’augmenter cet indice et d’adapter la métropole au réchauffement climatique, en 2017, notre service a initié le Plan canopée. Son objectif est ambitieux : planter 300 000 arbres d’ici 2030 ». Aujourd’hui, les acteurs de ce plan sont, pour la plupart, adhérents de la Charte de l’arbre. Une centaine. Reste encore à associer la population à ce vaste chantier. « Nous sommes en train de définir notre mode de gouvernance, de sorte à ce que chacun puisse s’emparer du projet. Mais nous avons déjà de belles réalisations derrière nous. »

 

©jleone/Lyon PartDieu

Rue Garibaldi à Lyon : sur cette ancienne autoroute urbaine qui vient d’être requalifiée, on a gardé quelques anciens platanes épargnés par le chancre coloré, remplacé les autres par des essences variées. Terminé l’alignement monospécifique de sujets du même âge. On limite ainsi le risque de contagion en cas de maladie. Dans les passages automobiles souterrains, datant des années 1960, ont été installés des réservoirs qui collectent l’eau de pluie. À l’été 2019, on a pu y puiser suffisamment pour simuler une forte averse. Résultat, la température a baissé de près de 1°C !

Un système d’arrosage automatique pour garantir la croissance des arbres

Cet exemple de réussite tient à la résolution d’une question, simple en apparence : comment créer un environnement propice à la croissance des arbres et à leur pérennité ? Outre de soleil, pour croître, le végétal a besoin d’eau en quantité, d’une terre de bonne qualité (riche en nutriments) et de suffisamment de place pour développer son système racinaire.

« Nous ne voyons que la face visible de l’arbre, ses feuilles. Mais, dans le sol, le volume développé par ses racines est tout aussi important,

fait remarquer Marc Saudreau, spécialiste en physiologie végétale au laboratoire de Physique et physiologie intégrative de l’arbre en environnement fluctuant de l’INRAE (Clermont-Ferrand). Grosso modo, si vous voulait faire pousser un arbre de huit mètres de haut, il faut que la fosse qui l’accueille soit de même taille. » Une sacrée contrainte en milieu urbain.

Capteur « pepipiaf » équipant un arbre / ©Thierry Améglio – INRAE

Avec l’équipe « Micro-Environnement et Arbres » du laboratoire, le chercheur étudie le rôle joué par les arbres sur le climat urbain en fonction de leur état physiologique. En ville, l’eau est la ressource qui fait le plus facilement défaut : la prédominance du bitume empêche l’infiltration de l’eau dans le sol, la collecte des eaux pluviales à des fins diverses est un manque à gagner. Alors, pour veiller à ce que les arbres de la rue Garibaldi ne meurent de soif, Marc Saudreau et ses collègues les ont équipés en 2013 de plusieurs capteurs sans fil « pépipiaf » capables de mesurer en continu leurs variations de diamètre et ainsi, indirectement, leur état hydrique. Associés à d’autres instruments de mesure, de température notamment, ces capteurs constituent un système d’arrosage automatique qui se met en route s’il fait chaud et si les arbres ont soif : les pompes couplées aux réservoirs entrent alors en action. Le suivi de croissance des arbres montre que ceux-ci poussent bien.

« Nos capteurs peuvent être dupliqués sur les autres plantations de la ville, explique Marc Saudreau. Mais ils nous permettent avant tout de collecter de précieuses données sur l’adaptation des arbres en milieu urbain : un environnement qui, par rapport aux forêts ou aux vergers, comporte des contraintes supplémentaires, comme la pollution, la pauvreté du sol et le volume de terre disponible pour ses racines. »

Adapter les arbres au changement climatique

Performant, le dispositif de la rue lyonnaise illustre comment les arbres peuvent constituer de précieux alliés contre des îlots de chaleur urbains. Mais, Il serait illusoire de penser qu’à eux seuls, ils résoudront ce problème.

« Les expérimentations menées dans d’autres pays (États-Unis, Australie, Nouvelle Zélande) montrent en effet que leur pouvoir rafraichissant, via le processus d’évapotranspiration, est, tout au plus, de 1,5 °C. »

Faire baisser la température de la ville de 5 °C ? Cela nécessiterait de couvrir d’arbres la quasi-totalité de sa surface ! Et tout ceci, en faisant l’hypothèse que les arbres soient suffisamment matures pour jouer pleinement leur rôle (soit une vingtaine d’années en moyenne) et qu’ils restent en bonne santé alors que climat évolue à vitesse grand V.

Comment choisir les essences à planter ? Les gestionnaires forestiers disposent d’abaques dans lesquels les essences sont classées selon certaines spécificités : résistance à la chaleur, à la sécheresse, aux maladies, capacité de résilience, etc. Afin d’anticiper le changement climatique, qui implique autant une hausse des températures qu’une augmentation de leur variabilité, ainsi qu’une modification importante du régime de précipitations, une stratégie consiste à substituer certaines essences par d’autres, plus adaptées au climat futur et moins consommatrices en eau. De plus, assurer le mélange des essences s’avère un facteur clé : pour un facteur de stress donné, si une espèce dépérit, ce ne sera pas forcément le cas des autres. A Lyon, ce paramètre est pris en compte autant que possible : les gestionnaires paysagers ont à leur disposition un catalogue contenant plus de 300 espèces différentes auxquelles s’ajoutent des variants génétiques quand ils existent.

Gestion forestière proche de la nature versus assistance à l’adaptation

Favoriser une plus grande biodiversité de la forêt pour garantir son bon fonctionnement et les services écosystémiques qu’elle rend (stockage du carbone, filtration de l’eau, protection des sols, ombrage…) est une question bien connue par les ingénieurs forestiers. Cette contrainte va de soi lorsqu’il s’agit de la forêt dite « récréative » – la forêt urbaine en est un bon exemple – et semble faire doucement son chemin, en ce qui concerne les plantations d’arbres destinées à la sylviculture. Alors que la forêt française est passé en « mode survie », du fait des sécheresses à répétition des dernières années, le message des chercheurs de l’INRAE est clair : la sélection des arbres voués aux plantations doit aller au-delà des critères de production basés sur la rapidité de croissance, leur longueur ou la densité de leur bois. Le mélange des espèces (au détriment de la monoculture) et des classes d’âges (sylviculture irrégulière) constitue un levier important pour rendre ces plantations plus résistantes au manque d’eau qui devrait se faire plus criant encore dans le futur.

Creative Commons CC0

L’adaptation des forêts est un sujet toutefois controversé. En effet, la mouvance actuelle est à la « gestion forestière proche de la nature » (close-to-nature forestry) qui préconise une intervention humaine minimale pour favoriser les processus biologiques naturels. Or, la réalité scientifique est tout autre : ne pas adapter les forêts au climat futur représente un pari sur l’avenir. Cela signifie que les forêts devront s’adapter d’elles-mêmes. Pourtant, la vitesse du réchauffement climatique est beaucoup plus rapide que la vitesse d’adaptation des processus biologiques.

Occupant 16,9 millions d’hectares en France métropolitaine, soit 31% du territoire, la forêt française (comprenant la forêt récréative, à visée protectrice et dédiée à la sylviculture, ndlr) gagne du terrain : sa superficie augmente de 100 000 hectares chaque année, soit une progression de 0,6 % par an. Véritable poumon vert, elle capte annuellement 70 millions de tonnes de CO2 dans notre pays, soit 14 % environ de nos émissions en gaz à effet de serre. Pour qu’elle puisse continuer à nous aider à faire face au réchauffement climatique, il semble qu’elle ait plus que jamais besoin de notre aide.

<Pour aller plus loin

A VOIR :

Biodiversité

BBiodiversité

Images de la semaine, la plante du mois, les espèces à ne pas confondre, des dossiers, des liens vers des sites de référence en matière de faune et flore, et biologie… une foule de ressources sur la biodiversité mises à disposition par le Département de Biologie de l’ENS de Lyon.

Ressources Biodiversité

 

Biodiversité

BBiodiversité

Images de la semaine, la plante du mois, les espèces à ne pas confondre, des dossiers, des liens vers des sites de référence en matière de faune et flore, et biologie… une foule de ressources sur la biodiversité mises à disposition par le Département de Biologie de l’ENS de Lyon.

Ressources Biodiversité

 

12 solutions océaniques pour lutter contre le réchauffement climatique

112 solutions océaniques pour lutter contre le réchauffement climatique

Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Illustrations : Solène Rebière.

Textes : Benoît de La Fonchais   |   4 juin 2020


L’océan se trouve au cœur du système climatique de la planète. Sa santé est donc cruciale non seulement pour les écosystèmes marins mais aussi pour la survie de toute l’humanité.

Plus que jamais, nous devons le protéger. Mais nous pouvons aussi faire de l’océan le premier levier de lutte contre le réchauffement planétaire. C’est le message délivré par une équipe internationale de chercheurs en octobre 2018*. S’appuyant sur une vaste bibliographie, ils ont évalué le potentiel d’une douzaine de solutions, locales ou globales, que l’océan nous offre pour lutter contre le changement climatique.

Avertissement : toutes ne sont pas également réalistes, efficaces ou pertinentes (notamment les solutions génétiques ou de géo-ingénierie), mais elles représentent des pistes concrètes sur lesquelles gouvernements et populations doivent réfléchir ensemble.

* Ocean Solutions to Address Climate Change and Its Effects on Marine Ecosystems – Frontiers in Marine Science – Volume 5 – 2018 – p. 337

 

1. Développer les énergies marines renouvelables

Utiliser l’énergie des vents, des courants, de la marée, de la houle, exploiter les différences de température des eaux.

©Solène Rebière

 

2. Préserver et restaurer la végétation côtière

La végétation littorale (mangrove, marais salants, herbiers marins…) contribue à l’absorption du CO2 d’origine anthropique

©Solène Rebière

 

3. Fertiliser l’océan

Enrichir l’océan en éléments nutritifs (fer) pour développer le phytoplancton et augmenter ainsi sa capacité d’absorption en CO2.

4. Alcaliniser l’océan

Enrichir l’océan en ions magnésium, sodium ou calcium pour améliorer la solubilité du CO2

©Solène Rebière

 

5. Lutter contre la pollution

Limiter les sources de pollution d’origines terrestre ou fluviale (eaux usées, plastiques…).

6. Protéger les habitats et les écosystèmes

Créer des aires marines protégées pour préserver la biodiversité marine et les services rendus par les océans.

©Solène Rebière

 

7. Préserver les ressources

Arrêter la pêche intensive et la surexploitation des réserves halieutiques.

8. Augmenter l’albédo de l’océan (le pouvoir réfléchissant de sa surface)

Tapisser la surface de l’océan d’une mousse non polluante pour réfléchir les rayons lumineux.

©Solène Rebière

 

9. Augmenter le pouvoir réfléchissant des nuages

Pulvériser à grande échelle de l’eau de mer ou d’autres substances dans la basse atmosphère.

10. Surveiller l’hydrologie

Contrôler la qualité des eaux et des sédiments qui se déversent dans l’océan au niveau des grands
bassins fluviaux.

©Solène Rebière

 

11. Restaurer les écosystèmes dégradés

Revitaliser ou recréer des récifs coralliens, par exemple.

12. Agir sur la génétique

Modifier les gènes des espèces marines pour qu’elles s’adaptent au réchauffement climatique.

©Solène Rebière

 


Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible