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La Gazette de la Fête de la science #3

LLa Gazette de la Fête de la science #3

##3 – Les super-pouvoirs des animaux

L’apprentissage chez les animaux, clé de l’intelligence

Suricate s’apprêtant à chasser ©PoldyChrosmos – Pixabay

Chaque espèce déploie plusieurs forme d’intelligence pour s’adapter à son environnement. Cela peut passer, par exemple, par l’apprentissage. Ainsi, le suricate apprend à ses petits comment tuer un scorpion sans se blesser. Par le biais de plusieurs étapes, le parent laisse les petits manipuler la proie, d’abord sans, puis avec son organe venimeux, appelé le telson. Une technique efficace qui permettra aux petits de chasser par eux-mêmes en grandissant.

 

 

Corbeau de Nouvelle Calédonie tenant une brindille en guise d’outil @Flickr

Bien plus qu’une cervelle d’oiseau !

L’utilisation d’outils est une forme d’intelligence. La plupart des animaux se servent ainsi des matériaux, issus de leur environnement, pour mener à bien une tâche. Le corbeau de Nouvelle Calédonie peut fabriquer des outils, notamment en se basant sur ceux d’autres d’individus. En gardant et améliorant ses outils, de petites brindilles transformées en crochets, cette espèce peut résoudre des problèmes divers et accéder à sa nourriture. Cervelle d’oiseau n’est donc plus une insulte !

 

 

La danse des abeilles, un GPS ?

Abeille couverte de pollen lors de la récolte de nectar © mirey2222 – Pixabay

Les abeilles se communiquent des informations importantes pour optimiser leur temps de recherche de nourriture et ainsi subvenir aux besoins de la colonie. Ainsi, lorsqu’une abeille ouvrière a trouvé une source de nectar, elle indique à ses collègues la direction face au soleil et la distance de cette source par une danse frétillante, appelée danse des abeilles. Un comportement social et un système de communication qui démontre l’intelligence spatiale de cette espèce.

 

 

Par Léa Despre, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1 – Avec Pop’Sciences.

 

 

 

 

La Gazette de la Fête de la science #4

LLa Gazette de la Fête de la science #4

<#4 – Quand la musique fait vibrer le vivant

Végétaux, animaux et cellules : toutes les formes de vie réagissent aux sons et aux vibrations de la musique. © Image générée avec Canva par Sabrina Chabbi

Des oiseaux aux cellules, les sons organisés influencent toutes les formes de vie. Pendant sa conférence lors de la Fête de la Science, la professeure Claire Brun, experte en biologie cellulaire à l’Institut Catholique de Lyon, explore les effets insoupçonnés de la musique sur les plantes, les animaux et même les organismes unicellulaires.

Avant d’être une émotion, la musique est un phénomène physique : une onde acoustique qui se propage par des vibrations mécaniques. Ces pressions traversent l’air, l’eau ou les tissus vivants. « La musique ne se limite pas au plaisir humain. Elle agit sur tous les organismes capables de percevoir ou de subir une vibration », explique la biologiste. Les recherches montrent qu’elle influence aussi le vivant, selon la fréquence, le rythme et l’intensité des sons.

Plantes et animaux à l’écoute de la musique

Chez les animaux, le son est un moyen de communication essentiel. Les insectes émettent des vibrations continues, les grenouilles coassent par impulsions, et les oiseaux composent de véritables phrases musicales. Le chant de ces derniers sert à défendre un territoire, attirer un partenaire ou reconnaître les siens. Le rythme, la répétition et la hiérarchie des notes créent des effets émotionnels comparables à ceux que la musique provoque chez l’homme.

Les plantes, même sans oreilles, réagissent étonnamment aux sons et aux vibrations de leur environnement. Des expériences ont montré qu’un bruit d’eau douce attire les racines du maïs, ou que certaines fleurs exposées au bourdonnement d’une abeille augmentent la quantité et la teneur en sucre de leur nectar. Les pétales se comporteraient comme de petites antennes acoustiques, capables de capter les vibrations utiles à la pollinisation. À l’inverse, certaines plantes libèrent des toxines dès qu’elles perçoivent le son d’une chenille. Chez elles, la musique n’est pas une mélodie, mais un signal biologique vital.

Quand la musique influence la vie microscopique

La musique agit aussi au niveau cellulaire. Les globules rouges s’agrègent moins en présence de musique classique, et certaines cellules immunitaires augmentent leur activité. Ces effets semblent liés aux vibrations de la membrane, qui transmettent le signal à l’intérieur de la cellule. Les microbes, qui sont, eux aussi, des unicellulaires, ne font pas exception. Comme les bactéries et les levures qui réagissent aux sons : leur croissance, la production de métabolites ou la sensibilité aux antibiotiques varient selon le type de musique, son rythme, sa fréquence et son intensité, comme si chaque cellule possédait sa propre « oreille ».

De la grenouille aux bactéries, la musique semble constituer un langage universel, fondé sur la vibration. Loin d’être un simple divertissement humain, elle révèle une continuité entre culture et mécanismes biologiques. Pour Claire Brun, tout est une question de fréquence : « Chaque type de cellule possède sa propre sensibilité vibratoire. Quand la fréquence est juste, elle résonne. » Cette résonance pourrait expliquer pourquoi certaines musiques stimulent la croissance, la germination ou l’immunité, tandis que d’autres n’ont aucun effet.

Par Sabrina Chabbi, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1

 

 

 

 

La Gazette de la Fête de la science #15

LLa Gazette de la Fête de la science #15

##15 – Le secret des bactéries rebelles

Représentation d’une bactérie qui neutralise un antibiotique, métaphore de l’antibiorésistance. Illustration générée avec Canva par Yousra Ouled El Haj.

Lors de la Fête de la science 2025, le Planétarium de Vaulx-en-Velin a proposé un voyage singulier : non pas aux confins de l’Univers, mais dans l’univers invisible des bactéries. Une expérience immersive pour comprendre un enjeu majeur de santé mondiale : l’antibiorésistance.

Guidés par Jean-Michel Jault, biologiste au Laboratoire microbiologie moléculaire et biochimie structurale de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et du CNRS, le public a pu s’introduire virtuellement à l’intérieur d’une bactérie pour observer comment elle réagit face aux traitements antibiotiques.

Lorsque l’on prend un médicament, comme un antibiotique, il pénètre dans la bactérie pour la neutraliser. Pourtant, certaines bactéries réussissent à contrer l’attaque du médicament. « Imaginez que l’antibiotique soit une météorite et la bactérie une planète. La météorite est censée frapper et détruire la planète, c’est le rôle du médicament. Mais certaines bactéries apprennent à détourner la trajectoire de la météorite pour se protéger », nous explique Jean-Michel Jault.

Comment font-elles ?

Ces bactéries possèdent, à leur surface, une petite machine qui agit comme une pompe. Cette pompe est une protéine spéciale capable de reconnaitre le médicament. Dès qu’il entre dans la bactérie, celle-ci va le rejeter avant qu’il ne fasse effet. C’est ce qu’on appelle la résistance aux antibiotiques.

À travers les animations et les images en 3D, le public a pu observer  les différentes formes qu’une protéine peut prendre afin de comprendre son fonctionnement ; ainsi que la défense microscopique en action. La protéine change de forme pour capturer l’antibiotique qui reste bloqué dans une petite poche. Pour expulser l’antibiotique hors de la bactérie, la protéine demande de l’aide à une particule appelée adénosine triphosphate (ATP), qui lui fournit l’énergie nécessaire à l’expulsion.

Ces images ne sont pas de simples créations graphiques : elles ont été réalisées à partir des données de recherche fournies par le chercheur et son équipe. Cette approche permet au public de découvrir la science telle qu’elle est étudiée par les chercheurs, de manière vivante et animée. Une expérience qui a permis à chacun de comprendre que, dans le monde invisible, les bactéries mènent aussi un véritable combat pour leur survie, un combat qui représente un défi majeur pour la santé mondiale.

Des nouvelles solutions arrivent bientôt…

Jean-Michel Jault et son équipe travaillent actuellement sur une protéine dans une bactérie pathogène appelée Streptococcus pneumoniae, qui est responsable de maladies graves, voire mortelles. Ils étudient son fonctionnement afin de concevoir une solution pour bloquer son activité et permettre ainsi de redonner de la puissance aux antibiotiques.

Par Yousra Ouled El Haj, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1. 

La Gazette de la Fête de la science #16

LLa Gazette de la Fête de la science #16

##16 – Recenser la faune européenne… grâce à une IA ?

Camouflé sur un tronc, le piège photographique attend patiemment la venue d’un animal. ©Pixabay

Lors d’une conférence qui s’est déroulée pendant la Fête de la science 2025, Bastien Boussau, directeur de recherche au laboratoire de biométrie et de biologie évolutive (LBBE), a présenté des projets de développement d’intelligence artificielle (IA) appliqués à la biologie. Parmi eux Deep Faune, un outil de détection et de classification des espèces animales prises en photo.

Les pièges photographiques sont des outils qui ont révolutionné nos observations de la faune sauvage. Ils sont placés dans la nature pour capturer des images d’animaux sans intervention humaine. Les photos permettent, entre autres, de vérifier la présence d’une espèce dans un milieu, de déterminer la taille de sa population, ses interactions avec les autres espèces, etc. Ce sont des données précieuses habituellement traitées par les biologistes. Alors, pourquoi faire appel à une IA ?

Pour y répondre, imaginons-nous partir en vacances et prendre des photos… beaucoup de photos. Certains d’entre nous avoueront qu’ils ne les trient pas au retour car c’est un travail trop fastidieux. Dans le cas des pièges photographiques, l’idée est à peu près similaire. La quantité de données est telle qu’il faut une équipe de plusieurs chercheurs et des centaines, voire des milliers d’heures pour tout annoter. « [Deep Faune] c’est un type de travail utile pour la recherche en biologie […] parce qu’on a aujourd’hui des technologies qui nous permettent de générer une grande quantité de données et qui requièrent ce genre d’approches d’identification automatique des animaux », explique Bastien Boussau.

Les applications de l’IA en biologie sont nombreuses. Bastien Boussau explique comment elle peut aussi aider à étudier la répartition des espèces. © Anaïs Plautard

Une IA pour identifier des espèces

Le projet Deep Faune, à l’origine français, réunit plus d’une cinquantaine d’acteurs de la conservation et de la recherche, notamment le LBBE. En 2023, le logiciel était capable d’identifier « 26 espèces animales ou groupes taxonomiques supérieurs communs en Europe »[1]. Aujourd’hui, il peut en identifier une trentaine. Son fonctionnement repose sur le principe du deep learning, « apprentissage profond » en français, une structure qui s’inspire du cerveau humain avec des « réseaux de neurones ». Ce jargon ne cache en réalité que des fonctions mathématiques associées les unes aux autres. On fournit ensuite à l’IA une grande quantité d’images annotées par des humains avant de la laisser se débrouiller. « Pour chaque pixel, elle analyse la quantité de rouge, de vert et de bleu pour ensuite déterminer le nom de l’espèce », résume le chercheur.

Et les premiers résultats s’avèrent probants ! En septembre 2025, une équipe allemande publie une étude relatant l’efficacité de Deep Faune sur des images prises dans 10 zones protégées en Allemagne[2]. Et là où une centaine de chercheurs s’est relayée pendant 500 jours pour traiter un peu moins d’un million d’images, Deep Faune, lui, a mis 7 jours avec une précision de 90 %. Un résultat plus que satisfaisant qui procure un gain de temps considérable pour les chercheurs. Ces derniers peuvent alors se concentrer sur les tâches plus ardues comme l’interprétation des résultats.

Par Anaïs Plautard, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1. 

 

Notes : 

[1] Rigoudy, N., et al., The DeepFaune initiative: a collaborative effort towards the automatic identification of European fauna in camera trap images, European Journal of Wildlife Research, Volume 69 (2023).

[2] Henrich, M., et al., Camera traps and deep learning enable efficient large‐scale density estimation of wildlife in temperate forest ecosystems, Remote Sensing in Ecology and Conservation (2025).

Raconter le vivant : rencontre autour du film Planètes de Momoko Seto | Cycle Sciences en résonance

RRaconter le vivant : rencontre autour du film Planètes de Momoko Seto | Cycle Sciences en résonance

Cette rencontre interdisciplinaire propose deux points de vue sur le film Planètes : celui d’un historien du cinéma et celui d’une biologiste spécialiste des plantes. 

Les intervenants analyseront ensemble le film du point de vue de l’écriture cinématographique et sonore, ainsi que de la biologie du monde vivant, en partant d’extraits projetés lors de la rencontre. Ils développeront une réflexion sur les représentations que nous avons du vivant et de sa diversité.

Cette discussion fera suite à la projection du film Planètes dans le cadre du ciné-club Bobines de Sciences au cinéma Comoedia le mardi 13 janvier 2026 à 20h30, avant-première en présence de la réalisatrice Momoko Seto. La rencontre s’inscrit dans la programmation autour de l’exposition « Ça résonne » de la MMI.

Intervenants :

  • Martin Barnier, enseignant-chercheur à l’Université Lumière Lyon 2,
  • Aurélie Vialette, enseignante à l’ENS de Lyon.

Animée par : Olga Paris-Romaskevich, mathématicienne chargée de recherche CNRS à l’Institut Camille Jordan, et cinéphile.

Pour en savoir plus, consultez le site :

Bibliothèque Diderot

Planètes, Momoko Seto

Photogr. extraite du film Planètes, reproduite avec l’aimable autorisation de Gebeka Films

Comment les primates communiquent leurs émotions ? | Visages de la science

CComment les primates communiquent leurs émotions ? | Visages de la science

© Floriane Fournier, éthologue au laboratoire CRNL-ENES

Doctorante au laboratoire CRNL-ENES – Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon – Equipe de Neuro-Ethologie Sensorielle – de l’Université Jean Monnet  de Saint-Étienne, Floriane Fournier étudie la communication émotionnelle acoustique chez les primates : comment expriment-ils leurs émotions dans leur voix, comment les autres les perçoivent, et quelle influence cela a-t-il sur eu ? Telles sont les questions qui préoccupent Floriane sur son travail de thèse.

Parcours

Petite, Floriane se rêve vétérinaire, et son parcours scolaire est dans un premier temps orienté exclusivement en ce sens. Après le baccalauréat, elle entre en classe prépa pour préparer le concours vétérinaire. C’est entre ses deux années de prépa que Floriane rencontrera le monde de la recherche, à l’occasion d’un stage.

« J’ai fait un stage au Centre de Recherche de Cognition Animale à Toulouse avec Audrey Dussutour, sur les fourmis, et j’ai compris que c’est ce que je voulais faire. Ça m’a fait changer d’avis en un mois. »

Après ce stage, Floriane s’oriente donc vers un cursus de recherche. Elle choisit d’entrer à l’École Normale Supérieure (ENS) après sa « prépa », et de suivre un double diplôme pour réaliser en parallèle son parcours vétérinaire, dans le but d’« avoir une vision globale des animaux ». Après avoir passé les deux concours (vétérinaire et ENS), elle entame son double diplôme qu’elle obtiendra après quelques années.

 

 

 

Durant ses études, Floriane intégrera une première fois le laboratoire CRNL-ENES à l’occasion d’un stage de master 2 sur les mandrills avec 3 mois de terrain au Gabon, puis une seconde fois pour sa thèse en communication animale.

mâle mandrill, Image de wirestock sur Freepik

 

Recherche

Le choix des primates n’est pas un hasard dans le parcours de Floriane. « J’ai adoré ce que j’ai fait à Toulouse sur les fourmis, mais ayant fait une école vétérinaire je voulais une espèce sur laquelle ça puisse me servir. Et comme je voulais faire du travail de terrain et que l’ENES en proposait avec les primates, je suis partie en primatologie. »

Le projet de thèse de Floriane gravite autour de la communication émotionnelle chez les primates. « Je travaille sur les prémices de l’empathie. Je regarde si les paramètres acoustiques des vocalisations des bonobos sont modulés par ce qui se passe autour d’eux, selon si c’est plutôt positif ou négatif, et j’étudie comment les bonobos perçoivent ces vocalisations. »

Pour ça, elle se rend en parcs zoologiques et fait écouter des vocalisations de bonobos à d’autres individus et observe leurs réactions.

« J’ai fait ces expériences de playback aux Etats-Unis où j’ai pu récupérer leur réponse physiologique, comme le rythme cardiaque. On a aussi, avec ma stagiaire de master, fait des playbacks de rires (de bonobos et d’humains) à la vallée des Singes pour voir si ça avait un effet sur les bonobos qui entendent les rires. Les premiers résultats sont intéressants ! »

Deux jeunes bonobos jouent ensemble, photo Floriane Fournier

                       

Pour Floriane, la thèse représente beaucoup de travail, et la recherche est un domaine assez incertain. « On ne sait pas où on sera l’année prochaine et si on aura un poste un jour dans la recherche. » Mais parallèlement à cette instabilité, le monde de la recherche a aussi ses avantages : « Ce qui me plaît, c’est la possibilité de se poser des questions et d’essayer d’y répondre sans avoir la contrainte de la rentabilité, pouvoir travailler de manière flexible, et la possibilité d’aller sur le terrain au contact des animaux. »

Pour Floriane, chaque étape de son parcours a été bénéfique, et lui a apporté quelque chose, y compris la partie vétérinaire qui lui est utile dans sa recherche : « En parallèle de ma thèse je collabore avec des chercheurs à l’Institut des Sciences Cognitive sur un projet autour des maladies psychiatriques canines, et ils ont besoin de quelqu’un qui a à la fois les connaissances vétérinaires, et le pied dans la recherche. Et dans ma thèse, j’ai pu faire de la physiologie parce que je maîtrise les outils, ce que le labo lui-même ne fait pas habituellement. »

« Il y a peut-être des choses que j’aurais faites autrement dans mon parcours, mais chaque étape m’a apporté quelque chose. Être chercheuse aujourd’hui me permet d’avoir un bon esprit critique, de me poser les bonnes questions au quotidien. »

Après sa thèse, Floriane a quelques pistes, notamment en Suisse pour l’étude des félins. Un parcours à suivre sans aucun doute !

 

Retrouvez ce portrait sur le site de l’Université Jean Monnet

L’hybridation des roses, entre symbole de romantisme et génomique de pointe

LL’hybridation des roses, entre symbole de romantisme et génomique de pointe

Amour éternel, romantisme intemporel… Depuis l’Antiquité, la rose occupe une place à part dans l’imaginaire occidental et est une source intarissable d’inspiration pour les poètes, artistes et jardiniers. Pourtant, ce n’est qu’au XIXe siècle que la rose connaît sa véritable révolution : en quelques décennies, le monde des rosiers est passé d’une centaine de variétés à plus de 8 000 ! Une explosion de formes, de couleurs et de parfums qui marque ce que l’on peut appeler l’âge d’or des roses.

rosier sauvage, Laboratoire LBVPam

Une plongée dans les roses anciennes

Pour comprendre comment s’est opérée cette métamorphose, Thibault Leroy de l’INRAE d’Angers a mené un travail avec une équipe de chercheurs et le laboratoire LBVpam (Laboratoire de Biotechnologies Végétales appliquées aux plantes aromatiques et médicinales) de l’Université Jean Monnet. Les chercheurs ont étudié 204 variétés de rosiers encore présentes dans certaines collections botanique, ils ont pu dater avec précision la création de chaque variété, et grâce à l’analyse de leurs caractéristiques visibles (appelées « phénotypes ») et de leur ADN, ils sont parvenus à retracer leur histoire génétique en Europe.

Une véritable transformation génétique

Les résultats sont étonnants : en quelques générations seulement, le patrimoine génétique des rosiers européens s’est transformé, passant d’un héritage majoritairement local à un profil presque entièrement asiatique. Ce bouleversement s’explique par les échanges commerciaux du XIXᵉ siècle, lorsque des explorateurs et négociants rapportaient d’Orient des espèces exotiques aux fleurs et aux parfums si différents. Cependant cette transformation a eu un prix : la diversité génétique des rosiers s’est appauvrie, conséquence inévitable d’une sélection intensive. Certaines caractéristiques très prisées, comme le parfum dit « de thé » ou la floraison quasi continue jusqu’à l’automne, proviennent directement des rosiers chinois introduits à cette époque.

Un message pour la préservation des roses

Ce travail de recherche a également permis de créer le plus vaste catalogue d’associations génétiques (GWAS) jamais réalisé sur les rosiers, une ressource précieuse pour les futurs programmes de sélection. Il souligne aussi un message essentiel : préserver les anciennes variétés est crucial pour maintenir la richesse génétique des rosiers et assurer la sélection durable pour les générations à venir. A titre d’exemple, c’est dans ces collections que l’on pourra chercher des résistances naturelles aux pathogènes pour se passer des pesticides, ou de nouveaux parfums.

Cet article est publié en hommage à Laurence Hibrand-Saint Oyant, collègue d’Angers, décédée brusquement lors de ce travail.

>> Découvrez ici ce numéro de GENETICS

Lire l’article original complet (anglais)

Dans le tourbillon des gènes | BD

DDans le tourbillon des gènes | BD

Les cellules sont capables de modifier l’expression de leurs gènes en fonction de l’environnement, c’est-à-dire de produire différentes protéines en différentes quantités et à différents moments, leur permettant de surmonter les défis variés auxquels elles sont confrontées. Malgré leur importance, nous comprenons très peu comment ces mécanismes de régulation apparaissent et sont modifiés au cours de l’évolution.

Le projet VORTEX vise à élucider le rôle des mutations et de la sélection naturelle sur l’évolution de la régulation génique chez un organisme modèle puissant, la levure de boulanger, afin de mieux comprendre et prédire comment ces processus fondamentaux pourraient impacter l’adaptation des espèces et la progression de certaines maladies lorsque l’environnement fluctue dans le temps.

Ces planches de BD ont été scénarisées par Tam Jouvray, scénariste, et dessinées par KiWeen, illustratrice à l’Épicerie Séquentielle avec l’appui de Fabien Duveau, biologiste CNRS au Laboratoire de biologie et modélisation de la cellule (LBMC, CNRS | ENS de Lyon).

>> L’intégralité des planches sont disponibles sur le blog :

Fais-moi peur… Si tu peux ! | Mini-exposition

FFais-moi peur… Si tu peux ! | Mini-exposition

Avoir la chair de poule ? Trembler comme une feuille ? Végétaux comme animaux déploient de nombreux mécanismes ingénieux pour faire peur et il existe tout autant de stratégies pour faire face à la peur.

Au travers de cette mini-exposition, réalisée par des étudiants de seconde année du Master Biosciences, vous découvrirez des objets biologiques, issus des collections du Département de Biologie et des ouvrages du fonds ancien de la Bibliothèque Diderot de Lyon… qui vous feront peut-être frissonner !

Pour en savoir plus, consultez le site :

Bibliothèque Diderot

Hormones en folie ! Digressions biologiques et musicales

HHormones en folie ! Digressions biologiques et musicales

Imaginé par une chercheuse en biologie de l’ENS de Lyon, ce spectacle mélange deux ingrédients que tout oppose à priori : le chant lyrique et la biologie, en les mettant à portée de tous. 

Car sans l’amour, pas plus d’opéras que d’êtres vivants ! Nous découvrirons donc comment des millions d’années d’évolution ont façonné nos hormones pour nous pousser à nous reproduire… nous offrant au passage l’émotion amoureuse, et bien plus encore, l’émotion musicale ! Ceci nous sera illustré par une variété d’airs d’opéra et chansons, connus ou moins, du baroque au contemporain, et d’amusantes découvertes des chercheurs, éclairant d’un autre jour tous nos chambardements émotionnels.

Venez partager tout à la fois le plaisir de la musique et le plaisir de comprendre !

Intervenants :

  • Compagnie l’Opéra Domestique avec Sophie Pantalacci, soprano et directrice de recherche au CNRS/ENS de Lyon ; Charlotte Labaki, mezzo-soprano ; Sébastien Torchet, piano ; Magali Devance, récitante.

Le spectacle est proposé gratuitement en clôture de la conférence Evo-Lyon et en OFF du Festival Arts Sciences et Sociétés – FASSIL – de l’INSA de Lyon.

>> Regarder la bande-annonce : ici

Pour en savoir plus :

Hormones en folie !