Juillet 1969- Juillet 2019 : l'Homme marchait sur la Lune il y 50 ans !

Un sommeil troublé | Collections & Patrimoine #2

UUn sommeil troublé | Collections & Patrimoine #2

Il était une fois une Belle Dormante qui, entre 1920 et 1970, était loin de l’être, dormante. Métier à tisser de type Bobin-Jacquard, la majestueuse dame a participé aux heures de gloire internationales de la dentelle lyonnaise. Sauvée in extremis de la casse par des veilleurs de patrimoine, l’association Dentelles Vivantes, elle sommeille depuis 10 ans au sein des locaux du Silk me Back, dans l’ancienne usine de Textiles Artificiels du Sud-Est (TASE) à Vaulx-en-Velin.

Aujourd’hui, à l’aube de ses 100 ans mais loin d’être un objet muséal, la Belle Dormante fait l’objet d’un programme d’études. Autour d’elle se retrouvent 10 étudiants en 3e année du département Génie Mécanique de l’INSA Lyon, leur directrice Emmanuelle Vidal-Sallé et les descendants des fondateurs-ingénieurs du procédé Bobin-Jacquard, Jean-Claude Dognin et François Isaac.

Fondée au début du 19e siècle, à Lyon, la Maison Dognin se lance dans la fabrication de tulle, utilisant pour cela des métiers Bobin. Puis, en 1834, l’inventeur Augustin Isaac conçoit un procédé qui associe le procédé lyonnais Jacquard au métier Bobin. La nouvelle méthode permet d’entrelacer les fils de manière à créer des motifs. La Belle Dormante mesurant près de 7 mètres, elle est en capacité de produire en grande largeur de très grands motifs et c’est là sa spécificité qui assurera son succès. Ces métiers, fabriqués à Villeurbanne par A. Johnson Fils et Cie, produiront durant des décennies la fameuse « Dentelle de Lyon ».

Cette rencontre, organisée par Isabelle Moulin du Silk me Back et Emmanuelle Vidal-Sallé de l’INSA Lyon s’inscrit dans un projet de transmission du patrimoine immatériel, de conceptualisation et d’ingénierie. Le projet pédagogique a pour but la réalisation d’un relevé de plan de la machine, sa modélisation en 3D et l’écriture d’une notice d’utilisation de la Belle Dormante. En effet, nous ne disposons plus aujourd’hui de documents techniques et seuls les mécaniciens-garreurs qui travaillaient sur ce type de métiers peuvent nous transmettre le secret de leur fonctionnement. A la fin du XXe siècle, les dernières industries dentellières lyonnaises ont cessé de produire, la plupart des machines ont été détruites, oubliées aux fonds des ateliers et le savoir-faire pour les faire fonctionner a commencé à se perdre.

Avec l’ambition rêvée de pouvoir, un beau jour, initier la mise en route de la Belle Dormante, les étudiants ingénieurs s’affairent autour de la géante de 15 tonnes. Ils observent, ils circulent, ils saluent la complexité de la mécanique. Ils questionnement Messieurs Dognin et Isaac pour savoir, pour comprendre. Ils manipulent, s’essayent à des raisonnements. S’ils appréhendent sans peine le fonctionnement du Jacquard et du Bobin, il n’est pas si facile de pénétrer les coulisses de l’articulation entre les deux.

Pourtant, l’assurance d’y arriver est partagée et perceptible. Dans les Hauts-de-France, à Caudry, la Maison Bracq a remis en route, en 2014, trois des sœurs de notre Belle Dormante, dont l’une fonctionne pleinement aujourd’hui. Une belle réussite pour la conservation du patrimoine industriel.

 

Aller plus loin :

 

Cet article a été réalisé dans le cadre du projet Collections & Patrimoine mené par la Direction Culture, Sciences et Société de l’Université de Lyon. Il est le second d’une série d’épisodes qui ont pour intention de donner à voir les collections et patrimoines scientifiques et artistiques des établissements d’enseignement supérieur. Plus d’informations auprès de : camille.michel@universite-lyon.fr

Crédits photographiques : Vincent Noclin

Fête de la Science – EauMéliMélo : lutter contre les idées reçues sur l’eau !

FFête de la Science – EauMéliMélo : lutter contre les idées reçues sur l’eau !

A l’occasion de la 26e édition de la Fête de la Science, des projections de films courts, humoristiques, suivies de débats en présence d’un des auteurs sont proposées par un chercheur de l’INSA Lyon.

Rendez-vous à la Maison du projet le samedi 14 octobre.

3 thèmes traités :

13h30 : L’eau chez vous L’eau est-elle trop chère ? Fermer le robinet lorsque l’on se lave les dents est-il efficace pour éviter de manquer d’eau ? L’eau en bouteille est-elle meilleure que l’eau du robinet ?

14h30 : L’eau et  la nature  Les barrages n’ont-ils que des avantages pour l’environnement ? Les médicaments sont-ils dangereux pour les poissons ? Peut-on utiliser la nature pour éviter les inondations ?

15h30 : L’eau en ville L’eau du robinet est-elle fabriquée en recyclant les eaux usées ? Est-il stupide de laver les rues avec de l’eau potable ? Est-ce dangereux d’infiltrer les eaux de pluie en ville ?

Plus d’infos

INSA 5717

IINSA 5717

L’INSA Lyon fête en 2017 son 60e anniversaire …

Avant 1957 : « Au départ ce n’était qu’un grand pré. Une centaine d’hectares situés en bordure du Rhône, où les paysans menaient paître leurs bœufs et leurs moutons. Puis vinrent les militaires. » […]

D’abord terrains communaux, puis terrain militaire, le site de la Doua à Villeurbanne accueille ensuite l’hippodrome de Lyon. En 1957, le site est attribué au ministère de l’Éducation nationale : l’INSA s’installe en premier, inaugurant un campus où naît l’université Claude-Bernard-Lyon 1 en 1971.

Découvrez l’historique du site du campus LyonTech-la Doua : Avant l’INSA, il y avait quoi ?