Pop’Sciences répond à tous ceux qui ont soif de savoirs, de rencontres, d’expériences en lien avec les sciences.

EN SAVOIR PLUS

Les jeunes et la guerre d’Algérie

LLes jeunes et la guerre d’Algérie

A l’occasion des 60 ans de l’indépendance algérienne et de la fin de la guerre d’Algérie, la bibliothèque met à l’honneur la parole et la place des jeunes dans cette histoire, porteuse de douleurs et de violences, de deuils ou d’espoirs. C’est à travers l’ouvrage de Paul Max Morin, Les jeunes et la guerre d’Algérie et le podcast Sauce algérienne, co-écrit avec Justine Pérez et Maxime Ruiz, que nous aborderons le sujet.

Cette rencontre réunira autour de la table Paul Max Morin, Kahina, Salim et Simon, tous trois témoins dans le podcast.

Présentation détaillée sur l’agenda de la Bibliothèque municipale de Lyon.

L’EMDR, une technique efficace contre les troubles du stress post-traumatique mais qui reste mystérieuse

LL’EMDR, une technique efficace contre les troubles du stress post-traumatique mais qui reste mystérieuse

Alors que le procès des attentats du 13 Novembre révèle l’impact de ce terrible événement sur les victimes et les témoins, nous avons voulu en savoir plus sur l’EMDR, cette pratique étonnante qui permet de retraiter le souvenir de vécus traumatiques.

Pour venir en aide aux victimes des attentats, diverses méthodes sont utilisées. Parmi elles, l’EMDR (de l’anglais Eye Movement Desensitization and Reprocessing, ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires). Cette approche psychothérapeutique (…) se répand en France depuis une quinzaine d’années. Son intérêt ? Elle permet de retraiter le souvenir de vécus traumatiques – attentats, accidents, viols… – y compris de nombreuses années après les faits. Nous avons demandé au Dr Philippe Vignaud, psychiatre à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon (HCL) et chercheur au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL), de nous en dire plus sur cette technique, qu’il pratique lui-même en psychothérapie.

Article de Benoît de la Fonchais à lire sur CORTEX Mag

Neuromythe #6 : apprendre en dormant

NNeuromythe #6 : apprendre en dormant

C’est le grand fantasme de tous les étudiants : que d’efforts évités, que d’heures gagnées s’il était possible d’apprendre en dormant.

Hélas, même si des études récentes ont montré que, dans certaines phases de sommeil, le cerveau était capable de retenir des sons simples ou de faire des associations sémantiques, on n’est pas près d’apprendre une langue étrangère en dormant.

>> Article de Clara Saleri et Malo Renaud d’Ambra à lire sur :

CORTEX Mag

Tout savoir sur le cerveau

TTout savoir sur le cerveau

Manifestation internationale, la Semaine du Cerveau revient chaque année au mois de mars. Au programme : conférences, ateliers, spectacle, portes ouvertes et rencontres, pour tout savoir de cet organe incroyable et rencontrer les scientifiques qui explorent au quotidien les mystères de notre cerveau. Depuis plusieurs décennies, les recherches sur le cerveau connaissent un essor considérable, avec des découvertes spectaculaires à toutes les échelles, de la compréhension de ses mécanismes de développement aux dernières méthodes d’imagerie permettant de visualiser l’ensemble du fonctionnement cérébral.

<Moi, mon cerveau et les autres

cerveau

© Antoine GRIGIS/Université de Strasbourg/CNRS Photothèque

Dans l’agglomération lyonnaise, la programmation 2021 était construite autour du fil rouge thématique « Moi, mon cerveau et les autres » : une formule qui résume bien l’évolution des recherches en neurosciences au cours des dernières décennies, et les défis qui animent actuellement la communauté scientifique. En effet, confrontés à l’immense complexité du cerveau, les chercheurs ont d’abord développé des approches expérimentales centrées sur l’étude des fonctions sensorielles et motrices, le « moi », jusqu’à la fin du XXe siècle : mémoire, sommeil, langage, motricité… de vastes territoires d’étude centrés sur la neurobiologie de l’individu. Depuis, les progrès en particulier expérimentaux ont permis de belles avancées dans l’étude et la compréhension du « cerveau social », qui régit nos interactions avec les autres. Par quels mécanismes partage-t-on les émotions ressenties par les autres et comment pouvons-nous deviner leurs intentions ? Certains troubles du comportement social ne seraient-ils pas associés au dérèglement de circuits neuronaux identifiables ? Plus récemment, les neurosciences s’aventurent également du côté des interfaces cerveau-ordinateur, et de l’intelligence artificielle.

Les rencontres proposées dans le cadre de la Semaine du Cerveau 2021 vont permettront, nous l’espérons, de mieux comprendre votre cerveau, la manière dont il interagit avec les personnes qui vous entourent et avec les interfaces artificielles de conception humaine. Elle ne manquera pas également de souligner les questions qui restent à résoudre et les défis qui nous attendent.

Rémi Gervais, conseiller scientifique de la Semaine du Cerveau à Lyon
Professeur Émérite en neurosciences, Université Claude Bernard Lyon 1 – Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard / Inserm / Université Jean Monnet)

DDes conférences en ligne pour nourrir votre cerveau

L’édition 2021 de la Semaine du Cerveau s’est déroulée intégralement en ligne. Les rencontres ont été enregistrées et sont disponibles sur la chaîne Youtube de Pop’Sciences. Retrouvez ci-dessous l’intégralité des thématiques et intervenants, ainsi que les liens des vidéos.

> Changer le corps et l’espace pour sonder et changer l’esprit

Dans le contexte de la recherche en neurosciences cognitives, la réalité virtuelle (RV) offre l’opportunité de créer des situations inédites en laboratoire, tout en permettant de garder le contrôle expérimental rigoureux nécessaire pour mener à bien des expériences dans des condition pseudo-naturelles. Utilisée seule, ou couplée à des outils propres de la recherche fondamentale en neurosciences, elle ouvre la voie à une meilleure connaissance des fonctions cérébrales allant de la perception visuelle 3D, passant par le contrôle moteur, jusqu’au vécu émotionnel et son retentissement sur la distance que l’on met entre nous et les personnes qui nous entourent. Elle nous permet même de changer temporairement l’apparence de notre corps, avec des conséquences parfois sur notre pensée. Autant de puissance réveille fascination et questionnement éthique, deux compagnons inséparables pour l’avenir de l’usage de la RV en sciences. Une conférence est proposée dans le cadre du Festival Science et Manga, organisé par la Bibliothèque universitaire Sciences de l’Université Claude Bernard Lyon 1.

Intervenants : Alessandro Farné, directeur de la plateforme Neuro-Immersion du Centre de recherche en neurosciences de Lyon, et Jérôme Goffette, philosophe des sciences à l’Université Claude Bernard Lyon 1.

> Émotions et comportement social

Quel est le lien entre reconnaissance des émotions et comportement social ? La capacité des enfants à reconnaître les émotions (transmission faciale et vocale) est un facteur essentiel pour les interactions sociales, notamment dans le contexte de pathologies génétiques. Que sait-on alors des liens entre reconnaissance des émotions, comportement social et pathologies psychiatriques ?

Intervenante : Marie-Noëlle Babinet, neuropsychologue à GénoPsy – Centre de Référence des Maladies Rares (Centre Hospitalier Le Vinatier) et doctorante au laboratoire Étude des mécanismes cognitifs

> Binge drinking, les cerveaux qui trinquent

Le binge drinking, qui désigne des comportements le plus souvent groupaux et épisodiques de forte alcoolisation, est un phénomène largement répandu chez les adolescents et les jeunes adultes. Cette pratique, empreinte d’une forte valeur rituelle, n’est pas sans conséquences à court et à long terme sur le cerveau.

Conférence traduite en langue des signes française.

Intervenants : Marc Antoine Douchet, chargé d’études en sciences humaines et sociales, Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, Fabien Gierski, maître de conférences en neuropsychologie, Université de Reims Champagne Ardenne, Benjamin Rolland, professeur des universités praticien hospitalier (PUPH), Centre Hospitalier Le Vinatier, Hospices Civils de Lyon, Centre de recherche en neurosciences de Lyon

> Cerveau biologique et intelligence artificielle : quels rapports ?

Les algorithmes d’intelligence artificielle font désormais partie de notre quotidien. Ont-ils des similarités avec le fonctionnement du cerveau ? En quoi peuvent-ils contribuer aux recherches en neurosciences ?

Intervenants : Jérémie Mattout, chargé de recherche Inserm au sein du Centre de recherche en neurosciences de Lyon et Emanuelle Reynaud, maître de conférences à l’Université Lyon 2 et membre du laboratoire Étude des mécanismes cognitifs.

> Une histoire d’intelligence artificielle

Depuis quelques années, on parle beaucoup de l’intelligence artificielle… comme si c’était une nouvelle révolution ! Mais est-ce vraiment le cas ? Qu’est-ce que l’IA et que bouleverse-t-elle tant ?

Intervenante : Amélie Cordier, docteure en intelligence artificielle, présidente de Lyon-iS-Ai

> Pourquoi ma blague est tombée à l’eau ? Plongée au cœur des mécanismes de la cognition sociale et de la compréhension de l’autre

La cognition sociale est la capacité à comprendre et décoder les émotions et les intentions des autres. Gros plan sur cette fonction essentielle dans les interactions sociales par le biais d’extraits de films ou de séries discutés par des professionnels de la psychiatrie.

Intervenants : Laura Bon, neuropsychologue au Centre Hospitalier Le Vinatier, doctorante à l’Institut des Sciences Cognitives Marc Jeannerod, et Romain Tabone, psychologue au Centre Référent Lyonnais en Réhabilitation et Remédiation cognitive/Centre Hospitalier Le Vinatier

> Ne parle pas si vite !

Comment notre cerveau s’adapte-t-il à quelqu’un qui parle avec un débit d’avalanche ? Peut-on accélérer sans limite ? Et les locuteurs du japonais, ils parlent vraiment plus vite que nous, non ? Parlent-ils donc moins longtemps pour dire la même chose ? Cet exposé vous dévoile les liens entre débit de parole et rythmes cérébraux et expliquera l’influence des différences entre langues sur la vitesse de parole.

Conférence traduite en langue des signes française.

Intervenants : Véronique Boulenger et François Pellegrino, chercheurs au laboratoire Dynamique du langage

> Comment notre cerveau apprend-il à faire des maths ?

Les nombres sont partout autour de nous et les compétences en mathématiques deviennent primordiales dans notre société de l’information. Comment les connaissances mathématiques des enfants se construisent-elles, en partie, à travers la vie quotidienne familiale ? Comment notre cerveau arrive-t-il à résoudre sans effort un problème arithmétique tel que “2+3” ? Nous essayerons ici de répondre à ces questions en discutant de l’état des connaissances actuelles sur les neurosciences des mathématiques.

Intervenants : Andrea Diaz-Barriga Yanez, Cléa Girard et Jérôme Prado, membres du Centre de recherche en neurosciences de Lyon

> Comment sonder les mystères de l’esprit des bébés ?

Notre nature sociale affecte la façon dont nous percevons notre environnement. Par exemple, nous voyons les visages avant toute autre chose. Quels sont les mécanismes cérébraux influençant notre vie sociale, et comment apparaissent-ils ? Des scientifiques illustreront comment les sciences cognitives révèlent les aspects les plus cachés de notre cerveau social qui se développe dès le plus jeune âge !

Intervenant : Jean-Rémy Hochmann, chercheur à l’Institut des Sciences Cognitives Marc Jeannerod

> Sur les traces de la mémoire

Qu’est-ce que la mémoire et à quoi sert-elle ? Sous quelle forme et où conservons-nous nos connaissances, nos souvenirs, nos habiletés ? Quels sont les liens entre la mémoire et d’autres phénomènes, comme les émotions ou la musique ? Une équipe de chercheurs et chercheuses présente l’état actuel de nos connaissances sur ce sujet fascinant.

Intervenants : Hanna Chainay, Olivier Koenig, Gaën Plancher et Rémy Versace, , membres du Laboratoire Étude des Mécanismes Cognitifs

> Cerveau et IRM en résonance !

L’essor des neurosciences s’est fait en parallèle de celui l’imagerie. Mais que voit-on sur une image d’IRM, comment est-elle faite, quel sens lui donner ? Les laboratoires d’excellence CORTEX et PRIMES vous invitent à en apprendre davantage sur les liens entre neurosciences et IRM, de la construction de l’image à son interprétation.

Intervenants : Étienne Abassi, doctorant à l’Institut des Sciences Cognitives Marc Jeannerod, Loïc Magrou post-doctorant à l’Institut Cellule Souche et Cerveau, Hélène Ratiney, chercheuse au Centre de Recherche en Acquisition et Traitement de l’Image pour la Santé, Kevin Tse Ve Koon, maître de conférences à Lyon 1, chercheur au Centre de Recherche en Acquisition et Traitement de l’Image pour la Santé, Magalie Viallon, physicienne médicale au CHU de Saint-Etienne, chercheuse au Centre de Recherche en Acquisition et Traitement de l’Image pour la Santé, Fabien Chauveau, chercheur au Centre de recherche en neurosciences de Lyon.

SSemaine du cerveau 2019

La 21e édition de la Semaine du Cerveau à Lyon a proposé, du 5 au 20 mars 2019, une plongée dans la recherche en neurosciences, en particulier dans les domaines de la perception, de l’action, de la mémoire ou du développement.

> Les conférences : cliquez ici

> Les podcasts :

 

Pourquoi certains se rappellent-ils mieux leurs rêves que d’autres ?

PPourquoi certains se rappellent-ils mieux leurs rêves que d’autres ?

Tout le monde rêve toutes les nuits. Pourtant, si certains arrivent à décrire leurs songes dans les moindres détails, d’autres n’en retiennent que de brefs fragments confus, voire pensent – à tort – qu’ils ne rêvent pas.

Cette inégalité intrigue les neuroscientifiques spécialistes du sommeil : qu’est-ce qui différencie les grands des petits rêveurs ?

>> À lire dans son intégralité sur :

CORTEX Mag

Suivre la voix de l’implicite | Visages de la Science

SSuivre la voix de l’implicite | Visages de la Science

[…]  … la mémoire implicite. Ce domaine tente d’expliquer des apprentissages difficiles à cerner bien qu’expérimentés par tout le monde. « Il peut s’agir de sport, comme le vélo, de la langue maternelle… Ce champ recouvre tous les apprentissages qui ne s’appuient pas sur des règles explicites », précise Dezso Nemeth, chercheur et professeur de psychologie au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon – CRNL.

Pour l’explorer, il combine des méthodes comportementales de la psychologie expérimentale (comme le suivi du regard) et des mesures de l’activité du cerveau (EEG ou IRM).

[…] « Il n’y a pas une mémoire, mais un ensemble de systèmes de mémoire dans le cerveau. Chacun est lié à un type de tâche ou de situation », explique Dezso Nemeth. « Au cours des 20 dernières années, on a découvert que ces différentes structures de la mémoire fonctionnent à travers des processus à la fois coopératifs et compétitifs ». Ainsi, pour assurer l’exécution d’une tâche ou d’un apprentissage, certaines régions du cerveau vont collaborer tandis que d’autres seront mises en sourdine. […]

Extraits de l’article réalisé par Agnès Vernet, pour l’Université de Lyon | Mai 2020

Lire l’article complet sur :

IDEXLYON – Université de Lyon

Les fausses promesses de la lecture rapide

LLes fausses promesses de la lecture rapide

Lire un livre de 400 pages en moins de deux heures : c’est l’épreuve proposée aux candidats du championnat de France de lecture rapide et la promesse alléchante de certaines méthodes.

Mais la science est formelle : ce qu’on gagne en rapidité, on le perd en compréhension…

A lire dans son intégralité sur :

CORTEX Mag

Examens : pour bien réviser, testez-vous !

EExamens : pour bien réviser, testez-vous !

Article paru dans The Conversation – 12/06/2019

Auteurs : Mathilde Lamotte, Université Clermont Auvergne; Céline Darnon, Université Clermont Auvergne et Marie Izaute, Université Clermont Auvergne

Quand on parle d’examens, de contrôles ou de devoirs, on pense aussitôt bulletins de notes, moyennes et admissions dans des formations. Mais si les tests sont un format pratique pour évaluer des performances, leur utilité ne s’arrête pas là. La recherche montre en effet qu’il s’agit d’outils particulièrement efficaces pour apprendre.

En effet, lorsque l’on est testé, on doit produire un effort de récupération en mémoire, c’est-à-dire qu’on doit rechercher activement, dans sa mémoire, l’information précédemment apprise pour la réactiver, la rendre accessible et mobilisable.

Les révisions telles qu’on les conçoit traditionnellement s’arrêtent souvent à la relecture d’un cours ou la rédaction d’une fiche, c’est-à-dire à une exposition plus ou moins fréquente au contenu à apprendre. Or, de nombreuses études ont mis en évidence que c’est justement l’effort de récupération, présent dans le test, non dans la répétition, qui améliore la capacité des individus à se rappeler ultérieurement les informations.

EEfforts de récupération en mémoire

Même si le test est un outil souvent méconnu des élèves, ses effets bénéfiques sont connus des chercheurs depuis longtemps. En 1992, une étude montrait déjà que les étudiant·e·s qui avaient été plus fréquemment testé·e·s sur du matériel à mémoriser (une série de 60 images) obtenaient de meilleures performances une semaine plus tard à une tâche de rappel de ces images.

Ainsi, les étudiant·e·s ayant bénéficié de trois tests immédiatement après la présentation du matériel se souvenaient de plus d’items que ceux n’ayant bénéficié que d’un seul test, lesquels se rappelaient plus d’items que ceux n’ayant pas bénéficié de test du tout. En outre, l’effet du test demeure bénéfique lorsque la performance des étudiant·e·s ayant suivi le test est comparée à celle d’étudiant·e·s s’étant contenté·e·s de révisions classiques.

Dans le même ordre d’idées, des recherches ont montré que, lorsqu’en révisant, on se pose la question « serais-je capable de répondre à cette question lors de l’examen ? », on réalise un « jugement d’apprentissage » qui implique de faire des efforts de récupération en mémoire pour y répondre.

Les études ont montré que ce « jugement d’apprentissage » pouvait s’avérer tout aussi efficace que le test, à condition de se poser la question après un petit délai, généralement de quelques minutes de l’apprentissage. Autrement dit, c’est bien l’effort de récupération en mémoire et non l’exposition répétée aux informations à retenir qui facilite l’apprentissage.

En résumé, se tester régulièrement représente un bénéfice direct indéniable sur l’apprentissage, particulièrement pour la rétention à long terme, au contraire d’une révision sous forme de répétition, dense et condensée, sans test, tel que le « bachotage », dont le contenu risque fort d’être oublié aussitôt l’examen terminé.

DDes erreurs bénéfiques

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne retient pas mieux une information quand elle est facile ou simple à mémoriser. Quel que soit le degré de complexité d’un message, produire un effort est nécessaire pour favoriser un apprentissage de qualité, sur le long terme, c’est-à-dire au-delà de la journée voire plusieurs jours ou semaines après l’apprentissage. Alors, comment faire en sorte de rendre ses révisions efficaces ?

Prenons l’exemple d’un cours ou d’une matière dont on sait qu’il ou elle fera l’objet d’un contrôle de connaissance en fin de semestre ou trimestre, comme c’est le cas lors des examens à l’université ou des épreuves du baccalauréat ou du brevet.

  1. Au fur et à mesure des séquences d’enseignement, nous vous conseillons de vous créer, non pas des fiches de révision, mais des fiches de questions ou « tests » que vous pourrez utiliser lors de votre prochaine séance d’apprentissage.
  2. Ensuite, nous vous conseillons de faire autre chose pendant un moment (pause, travail sur une autre matière…). En effet, le délai est nécessaire pour que l’information soit stockée en « mémoire à long terme ».
  3. Puis, vous allez reprendre les questions créées dans la phase 1 et tout simplement essayer d’y répondre en faisant un véritable effort de récupération en mémoire.
  4. Enfin, vous pourrez reprendre le cours et les réponses données aux questions afin d’en faire une correction. Cette ultime étape permet d’étendre encore le bénéfice du test sur l’apprentissage.

Ce même processus peut être répété pour chaque cours ou leçon. Se tester ne prend donc pas plus de temps que de faire des fiches ou relire son cours. Pourtant, c’est une stratégie beaucoup plus efficace !

En outre, l’usage régulier de tests va présenter des bénéfices indirects. Par exemple, les recherches ont montré que le test permet aux élèves ou étudiant·e·s d’adapter leurs stratégies d’apprentissage ou révisions ultérieures, par exemple en choisissant de travailler préférentiellement les éléments les moins bien retenus.

Notons enfin, que cet usage du test consiste à le considérer comme un véritable outil d’apprentissage. Par conséquent, il ne faut pas craindre de faire des erreurs aux tests. Contrairement à ce que l’on peut parfois penser, les erreurs vont justement contribuer à l’apprentissage.The Conversation

Mathilde Lamotte, Docteure en psychologie cognitive et sociale, Université Clermont Auvergne; Céline Darnon, Professeure de psychologie sociale, Université Clermont Auvergne et Marie Izaute, Professeure de Psychologie Cognitive, Université Clermont Auvergne

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

Lire l’article original

Psychologie et origines des migrations humaines

PPsychologie et origines des migrations humaines

Par Samuel Belaud

Les exils et les flux migratoires n′ont cessé de façonner nos sociétés, d′entrechoquer les cultures et de se faire rencontrer les populations au rythme des conflits, des aléas climatiques, ou encore des expansions ethniques, religieuses et commerciales. Qu’est ce qui (re)pousse les humains à migrer ? A quels enjeux psychosociaux liés à l’exil l′Homme a-t-il dû faire face ?

Afin de déterminer pourquoi l’Homme est sorti de son berceau africain, nombre de paléontologues et d’archéologues se sont penchés sur la vocation des humains à migrer. L’idée communément admise voudrait que c’est une fois dressés sur leurs deux patte, que nos congénères se sont mis en quête de contrées propices à l’extension de l’espèce. Pourtant, les chercheurs n’arrivent pas à établir avec certitude les nombreuses et complexes causes de ces premières migrations humaines. Les premiers voyages des Hommes ne sont en effet pas aisés à étudier. Les plus anciennes traces décelées sont celles d’outils lithiques :

« Les plus anciens outils connus à ce jour ont 2,6 millions d’années et proviennent d’Afrique de l’Est. Quelques centaines de milliers d’années après, ils étaient utilisés en Afrique du Nord et du Sud. Un peu plus tard, il y a environ 1,5 million d’années, des outils étaient faconnés au Proche-Orient et en Asie. Toutefois, leur présence n’est pas avérée en Europe avant 1,2 million d’années. » [1]

L’homme est-il un animal qui a la bougeotte ?

Les études paléo-anthropologiques dégagent plusieurs raisons à ces premières migrations. La perte d’habitat liée à des modifications climatiques par exemple. Également mis en avant, les progrès techniques comme la maitrise du feu, qui permirent aux Hommes d’explorer au delà de leur territoire de confort. La maitrise des outils a également eu un impact similaire : l’habileté dans l’art du silex a ainsi ouvert la voie à de nouvelles sources d’alimentation, en gibier notamment. A ces facteurs, il faut ajouter une évolution comportementale majeure faisant des premiers hominidés des êtres de plus en plus “sociaux” :

« On peut présumer qu’au cours de la période en question (entre -1,8 et -1,6 ma) l’Homo ergaster a fait preuve d’une majeure souplesse comportementale et adaptative que son prédécesseur l’Homo habilis / rudolfensis. » [2]

Enfin, d’autres études avancent des causes naturelles aux migrations extra africaines, comme l’apparition d’épidémies ou le suivi par les Hommes des faunes qui migrent. Pour compléter ces approches, d‘autres éclairages complémentaires sont à rechercher du côté d’une autre discipline : la psychologie.

Carte de la première dispersion humaine Out-of-Africa (-1,8 / -1,6 millions d’années – MA). Kozłowski, Janusz K.


Quelle expérience psychique de la migration peut-on étudier?

La psychologie nous apprend que le fait migratoire relèverai d’une “pulsion épistémophilique” ou autrement dit un “désir de savoir”. Gaia Barbieri, doctorante au Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique (Université Lumière Lyon 2), explique à ce propos qu’un désir de la découverte est propre à chaque homo-sapiens. Une volonté intarissable de se confronter à l’ailleurs, qui pousserai les Hommes à s’exiler pour se confronter au monde.

Rapporté aux migrations contemporaines (depuis l’Afrique et le moyen Orient en particulier) cette analyse de la pulsion comme moteur de l’exil peut paraitre inadaptée. Pourtant, malgré les raisons tragiques de leurs exils (insécurité, misère sociale et économique, changements climatiques, guerres, …), l’écoute psychanalytique démontre que les migrants contemporains construisent leur périple comme une aventure. Un récit “malgré tout” dont ils deviennent à la fois auteurs et acteurs. La chercheuse évoque une mythologie fragile autour de l’expérience subjective de la migration, où malgré les difficultés de départ, de traversée, d’insécurité et d’accueil, les sujets tentent de faire une “narration positive” de leur exil (de leur aventure).

Ségolène Payan, docteur en psychologie, enseignante et chercheuse au Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société – Université Paris, développe [3] à propos de cette mythologie une réflexion complémentaire autour du syndrome (ou pulsion) d’Ulysse [4] :

« La construction du mythe du retour constitue l’avant-dernière étape du travail d’exil et se retrouve dans le « syndrome d’Ulysse. »

L’exilé est engagé dans le désir d’aller trouver un mieux-être ailleurs, et les épreuves subies lors de ce parcours restent supportables grâce au mythe du retour que le migrant entretient comme certificateur de son identité (Can Liem Luong). Ce que Salman Rushdie décrit comme « le rêve du retour glorieux » [5]. Bien que l’exilé ait l’illusion qu’un retour est possible, ce ne semble pas être le cas. En étudiant l’interface entre le psychisme du migrant et la culture à laquelle il est confronté, le terrain de la psychologie clinique permet d’appréhender une nouvelle forme de narration de la migration : “en analysant les relations entretenues avec la famille du sujet, avec son passé, avec son avenir  et en mettant au centre le sentiment d’aventure qui parait être le commun de tout homme” (Gaia Barbieri).

Adolescents from Pondoland in Transkei. Their faces are painted white and they are swathed in blankets as part of puberty rights. 1/Jan/1982. UN Photo/x. www.unmultimedia.org/photo/

La double rupture, violente, avec “là d’où je viens” et “là ou je suis maintenant”

L’étude des Hommes confrontés aux phénomènes migratoires par la psychologie s’opère en prenant en compte deux réalités – deux ruptures – auxquelles l’exilé (le premier sapiens Out of Africa, tout comme l’adolescent qui aujourd’hui fuit les combats en Syrie) doit faire face.D’abord la rupture fondatrice. Qui veut que celui ou celle qui migre garde sa vie d’avant, “sa vie perdue derrière lui” [6], et se confronte à des personnes dans un nouvel endroit qui ne savent rien de ce passé. Ensuite la rupture expérientielle, ou l’exilé est assujetti à une double-vie. Celle d’avant  qui le”poursuit” et une nouvelle qui se construit, non pas ailleurs, mais à l’écart. Les exilés témoignent alors d’un entre-deux à la fois plus chez “soi” et ni chez “l’autre”. Le sentiment de déracinement combiné à la crainte de ne pas être (ou d’être mal) intégré, représente alors ce moment auquel chaque migrant est confronté et à partir duquel l’adaptation à la ”nouvelle vie” doit se faire.

S’intégrer et être intégré.

L’analyse des parcours psychiques, sociaux et économiques des migrants permet de dégager de nombreux facteurs d’intégration sur lesquels se fonde la réussite ou l’échec de l’exil. La langue en est un. Pour Ségolène Payan (op.cit), étudier le rapport de l’exilé à la langue du lieu dans lequel il réside désormais, revient à étudier l’une « des capacités d’adaptation et d’investissement d’un individu à l’égard d’un pays nouveau. » Elle ajoute :

« La vie dans une nouvelle langue constitue parfois une mutilation qui peut entraîner une perte ou une censure de la mémoire. »

Alors, depuis les premières migrations humaines nous pouvons imaginer que les processus de l’exil se soient répétés … sans cesse. Dans l’entre-deux que constitue le risque d’expulsion d’un côté et l’impossibilité du retour de l’autre, l’expérience de l’exil s’articule autour d’une crise traumatique en particulier, celle de l’identité.

« Une migration représente un traumatisme, mais un traumatisme particulier. Comme dans tout traumatisme, le moi est bouleversé, déréglé. L’affect de perte, bien qu’important, ne semble pas caractériser la situation du migrant. De même, le sentiment d’instabilité, la confusion ou l’angoisse se retrouvent dans bon nombre de traumatismes. Ce qui semble à réviser dans le cas du traumatisme de la migration est l’apparition d’un remarquable clivage du moi et ses conséquences sur le sentiment de l’identité. » [7]

 


Références :

[1] : A. de Beaune S., Balzeau  A. (2009) La Préhistoire CNRS Éditions

[2] : Kozłowski, Janusz K. « Les premières migrations humaines et les premières étapes du peuplement de l’Europe », Diogène, vol. 211, no. 3, 2005, pp. 9-25

[3] : Payan Ségolène « Du déplacement au sentiment d’exil », Recherches en psychanalyse, vol. 9, no. 1, 2010, pp. 171-182.

[4] : Lire également à ce propos Gamboa, S. (2007). Le syndrome d’Ulysse. Broché

[5] : Rushdie, S. (2003). Franchissez la ligne. Paris : Plon

[6]: Gómez Mango, Edmundo. « Les temps de l’exil », L’information psychiatrique, vol. volume 83, no. 9, 2007, pp. 745-750.

[7] : Eiguer, Alberto. « Migration et faux-self : perspectives récentes », L’information psychiatrique, vol. volume 83, no. 9, 2007, pp. 737-743.

Le temps de la mémoire. Rencontre avec Javier Cercas et Philippe Sands

LLe temps de la mémoire. Rencontre avec Javier Cercas et Philippe Sands

« Le temps de la mémoire » réunira Philippe Sands et Javier Cercas pour une discussion sur les liens qu’entretiennent archives familiales, enquête et littérature.

 

Philippe Sands

Avocat international francobritannique spécialisé dans la défense des droits de l’homme, Philippe Sands est professeur de droit à l’University College de Londres. Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands raconte dansRetour à Lemberg (Albin Michel,2017) comment il découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l’histoire universelle.

Javier Cercas

Auteur d’une œuvre foisonnante, traduite dans une vingtaine de langues, Javier Cercas est l’un des plus grands romanciers espagnols contemporains. Il collabore également au journal El País. Son roman Le Monarque des ombres (Actes Sud, 2018) retrace le parcours d’un jeune homme, le grandoncle de Javier Cercas, qui a lutté pour une cause moralement indéfendable et est mort en 1938, du mauvais côté de l’Histoire, celui de lidéologie franquiste.

Animé par Sandrine Treiner / Écrivaine, directrice de France Culture