Examens : pour bien réviser, testez-vous !

EExamens : pour bien réviser, testez-vous !

Article paru dans The Conversation – 12/06/2019

Auteurs : Mathilde Lamotte, Université Clermont Auvergne; Céline Darnon, Université Clermont Auvergne et Marie Izaute, Université Clermont Auvergne

Quand on parle d’examens, de contrôles ou de devoirs, on pense aussitôt bulletins de notes, moyennes et admissions dans des formations. Mais si les tests sont un format pratique pour évaluer des performances, leur utilité ne s’arrête pas là. La recherche montre en effet qu’il s’agit d’outils particulièrement efficaces pour apprendre.

En effet, lorsque l’on est testé, on doit produire un effort de récupération en mémoire, c’est-à-dire qu’on doit rechercher activement, dans sa mémoire, l’information précédemment apprise pour la réactiver, la rendre accessible et mobilisable.

Les révisions telles qu’on les conçoit traditionnellement s’arrêtent souvent à la relecture d’un cours ou la rédaction d’une fiche, c’est-à-dire à une exposition plus ou moins fréquente au contenu à apprendre. Or, de nombreuses études ont mis en évidence que c’est justement l’effort de récupération, présent dans le test, non dans la répétition, qui améliore la capacité des individus à se rappeler ultérieurement les informations.

EEfforts de récupération en mémoire

Même si le test est un outil souvent méconnu des élèves, ses effets bénéfiques sont connus des chercheurs depuis longtemps. En 1992, une étude montrait déjà que les étudiant·e·s qui avaient été plus fréquemment testé·e·s sur du matériel à mémoriser (une série de 60 images) obtenaient de meilleures performances une semaine plus tard à une tâche de rappel de ces images.

Ainsi, les étudiant·e·s ayant bénéficié de trois tests immédiatement après la présentation du matériel se souvenaient de plus d’items que ceux n’ayant bénéficié que d’un seul test, lesquels se rappelaient plus d’items que ceux n’ayant pas bénéficié de test du tout. En outre, l’effet du test demeure bénéfique lorsque la performance des étudiant·e·s ayant suivi le test est comparée à celle d’étudiant·e·s s’étant contenté·e·s de révisions classiques.

Dans le même ordre d’idées, des recherches ont montré que, lorsqu’en révisant, on se pose la question « serais-je capable de répondre à cette question lors de l’examen ? », on réalise un « jugement d’apprentissage » qui implique de faire des efforts de récupération en mémoire pour y répondre.

Les études ont montré que ce « jugement d’apprentissage » pouvait s’avérer tout aussi efficace que le test, à condition de se poser la question après un petit délai, généralement de quelques minutes de l’apprentissage. Autrement dit, c’est bien l’effort de récupération en mémoire et non l’exposition répétée aux informations à retenir qui facilite l’apprentissage.

En résumé, se tester régulièrement représente un bénéfice direct indéniable sur l’apprentissage, particulièrement pour la rétention à long terme, au contraire d’une révision sous forme de répétition, dense et condensée, sans test, tel que le « bachotage », dont le contenu risque fort d’être oublié aussitôt l’examen terminé.

DDes erreurs bénéfiques

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne retient pas mieux une information quand elle est facile ou simple à mémoriser. Quel que soit le degré de complexité d’un message, produire un effort est nécessaire pour favoriser un apprentissage de qualité, sur le long terme, c’est-à-dire au-delà de la journée voire plusieurs jours ou semaines après l’apprentissage. Alors, comment faire en sorte de rendre ses révisions efficaces ?

Prenons l’exemple d’un cours ou d’une matière dont on sait qu’il ou elle fera l’objet d’un contrôle de connaissance en fin de semestre ou trimestre, comme c’est le cas lors des examens à l’université ou des épreuves du baccalauréat ou du brevet.

  1. Au fur et à mesure des séquences d’enseignement, nous vous conseillons de vous créer, non pas des fiches de révision, mais des fiches de questions ou « tests » que vous pourrez utiliser lors de votre prochaine séance d’apprentissage.
  2. Ensuite, nous vous conseillons de faire autre chose pendant un moment (pause, travail sur une autre matière…). En effet, le délai est nécessaire pour que l’information soit stockée en « mémoire à long terme ».
  3. Puis, vous allez reprendre les questions créées dans la phase 1 et tout simplement essayer d’y répondre en faisant un véritable effort de récupération en mémoire.
  4. Enfin, vous pourrez reprendre le cours et les réponses données aux questions afin d’en faire une correction. Cette ultime étape permet d’étendre encore le bénéfice du test sur l’apprentissage.

Ce même processus peut être répété pour chaque cours ou leçon. Se tester ne prend donc pas plus de temps que de faire des fiches ou relire son cours. Pourtant, c’est une stratégie beaucoup plus efficace !

En outre, l’usage régulier de tests va présenter des bénéfices indirects. Par exemple, les recherches ont montré que le test permet aux élèves ou étudiant·e·s d’adapter leurs stratégies d’apprentissage ou révisions ultérieures, par exemple en choisissant de travailler préférentiellement les éléments les moins bien retenus.

Notons enfin, que cet usage du test consiste à le considérer comme un véritable outil d’apprentissage. Par conséquent, il ne faut pas craindre de faire des erreurs aux tests. Contrairement à ce que l’on peut parfois penser, les erreurs vont justement contribuer à l’apprentissage.The Conversation

Mathilde Lamotte, Docteure en psychologie cognitive et sociale, Université Clermont Auvergne; Céline Darnon, Professeure de psychologie sociale, Université Clermont Auvergne et Marie Izaute, Professeure de Psychologie Cognitive, Université Clermont Auvergne

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

Lire l’article original

Psychologie et origines des migrations humaines

PPsychologie et origines des migrations humaines

Par Samuel Belaud

Les exils et les flux migratoires n′ont cessé de façonner nos sociétés, d′entrechoquer les cultures et de se faire rencontrer les populations au rythme des conflits, des aléas climatiques, ou encore des expansions ethniques, religieuses et commerciales. Qu’est ce qui (re)pousse les humains à migrer ? A quels enjeux psychosociaux liés à l’exil l′Homme a-t-il dû faire face ?

Afin de déterminer pourquoi l’Homme est sorti de son berceau africain, nombre de paléontologues et d’archéologues se sont penchés sur la vocation des humains à migrer. L’idée communément admise voudrait que c’est une fois dressés sur leurs deux patte, que nos congénères se sont mis en quête de contrées propices à l’extension de l’espèce. Pourtant, les chercheurs n’arrivent pas à établir avec certitude les nombreuses et complexes causes de ces premières migrations humaines. Les premiers voyages des Hommes ne sont en effet pas aisés à étudier. Les plus anciennes traces décelées sont celles d’outils lithiques :

« Les plus anciens outils connus à ce jour ont 2,6 millions d’années et proviennent d’Afrique de l’Est. Quelques centaines de milliers d’années après, ils étaient utilisés en Afrique du Nord et du Sud. Un peu plus tard, il y a environ 1,5 million d’années, des outils étaient faconnés au Proche-Orient et en Asie. Toutefois, leur présence n’est pas avérée en Europe avant 1,2 million d’années. » [1]

L’homme est-il un animal qui a la bougeotte ?

Les études paléo-anthropologiques dégagent plusieurs raisons à ces premières migrations. La perte d’habitat liée à des modifications climatiques par exemple. Également mis en avant, les progrès techniques comme la maitrise du feu, qui permirent aux Hommes d’explorer au delà de leur territoire de confort. La maitrise des outils a également eu un impact similaire : l’habileté dans l’art du silex a ainsi ouvert la voie à de nouvelles sources d’alimentation, en gibier notamment. A ces facteurs, il faut ajouter une évolution comportementale majeure faisant des premiers hominidés des êtres de plus en plus “sociaux” :

« On peut présumer qu’au cours de la période en question (entre -1,8 et -1,6 ma) l’Homo ergaster a fait preuve d’une majeure souplesse comportementale et adaptative que son prédécesseur l’Homo habilis / rudolfensis. » [2]

Enfin, d’autres études avancent des causes naturelles aux migrations extra africaines, comme l’apparition d’épidémies ou le suivi par les Hommes des faunes qui migrent. Pour compléter ces approches, d‘autres éclairages complémentaires sont à rechercher du côté d’une autre discipline : la psychologie.

Carte de la première dispersion humaine Out-of-Africa (-1,8 / -1,6 millions d’années – MA). Kozłowski, Janusz K.


Quelle expérience psychique de la migration peut-on étudier?

La psychologie nous apprend que le fait migratoire relèverai d’une “pulsion épistémophilique” ou autrement dit un “désir de savoir”. Gaia Barbieri, doctorante au Centre de Recherche en Psychopathologie et Psychologie Clinique (Université Lumière Lyon 2), explique à ce propos qu’un désir de la découverte est propre à chaque homo-sapiens. Une volonté intarissable de se confronter à l’ailleurs, qui pousserai les Hommes à s’exiler pour se confronter au monde.

Rapporté aux migrations contemporaines (depuis l’Afrique et le moyen Orient en particulier) cette analyse de la pulsion comme moteur de l’exil peut paraitre inadaptée. Pourtant, malgré les raisons tragiques de leurs exils (insécurité, misère sociale et économique, changements climatiques, guerres, …), l’écoute psychanalytique démontre que les migrants contemporains construisent leur périple comme une aventure. Un récit “malgré tout” dont ils deviennent à la fois auteurs et acteurs. La chercheuse évoque une mythologie fragile autour de l’expérience subjective de la migration, où malgré les difficultés de départ, de traversée, d’insécurité et d’accueil, les sujets tentent de faire une “narration positive” de leur exil (de leur aventure).

Ségolène Payan, docteur en psychologie, enseignante et chercheuse au Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société – Université Paris, développe [3] à propos de cette mythologie une réflexion complémentaire autour du syndrome (ou pulsion) d’Ulysse [4] :

« La construction du mythe du retour constitue l’avant-dernière étape du travail d’exil et se retrouve dans le « syndrome d’Ulysse. »

L’exilé est engagé dans le désir d’aller trouver un mieux-être ailleurs, et les épreuves subies lors de ce parcours restent supportables grâce au mythe du retour que le migrant entretient comme certificateur de son identité (Can Liem Luong). Ce que Salman Rushdie décrit comme « le rêve du retour glorieux » [5]. Bien que l’exilé ait l’illusion qu’un retour est possible, ce ne semble pas être le cas. En étudiant l’interface entre le psychisme du migrant et la culture à laquelle il est confronté, le terrain de la psychologie clinique permet d’appréhender une nouvelle forme de narration de la migration : “en analysant les relations entretenues avec la famille du sujet, avec son passé, avec son avenir  et en mettant au centre le sentiment d’aventure qui parait être le commun de tout homme” (Gaia Barbieri).

Adolescents from Pondoland in Transkei. Their faces are painted white and they are swathed in blankets as part of puberty rights. 1/Jan/1982. UN Photo/x. www.unmultimedia.org/photo/

La double rupture, violente, avec “là d’où je viens” et “là ou je suis maintenant”

L’étude des Hommes confrontés aux phénomènes migratoires par la psychologie s’opère en prenant en compte deux réalités – deux ruptures – auxquelles l’exilé (le premier sapiens Out of Africa, tout comme l’adolescent qui aujourd’hui fuit les combats en Syrie) doit faire face.D’abord la rupture fondatrice. Qui veut que celui ou celle qui migre garde sa vie d’avant, “sa vie perdue derrière lui” [6], et se confronte à des personnes dans un nouvel endroit qui ne savent rien de ce passé. Ensuite la rupture expérientielle, ou l’exilé est assujetti à une double-vie. Celle d’avant  qui le”poursuit” et une nouvelle qui se construit, non pas ailleurs, mais à l’écart. Les exilés témoignent alors d’un entre-deux à la fois plus chez “soi” et ni chez “l’autre”. Le sentiment de déracinement combiné à la crainte de ne pas être (ou d’être mal) intégré, représente alors ce moment auquel chaque migrant est confronté et à partir duquel l’adaptation à la ”nouvelle vie” doit se faire.

S’intégrer et être intégré.

L’analyse des parcours psychiques, sociaux et économiques des migrants permet de dégager de nombreux facteurs d’intégration sur lesquels se fonde la réussite ou l’échec de l’exil. La langue en est un. Pour Ségolène Payan (op.cit), étudier le rapport de l’exilé à la langue du lieu dans lequel il réside désormais, revient à étudier l’une « des capacités d’adaptation et d’investissement d’un individu à l’égard d’un pays nouveau. » Elle ajoute :

« La vie dans une nouvelle langue constitue parfois une mutilation qui peut entraîner une perte ou une censure de la mémoire. »

Alors, depuis les premières migrations humaines nous pouvons imaginer que les processus de l’exil se soient répétés … sans cesse. Dans l’entre-deux que constitue le risque d’expulsion d’un côté et l’impossibilité du retour de l’autre, l’expérience de l’exil s’articule autour d’une crise traumatique en particulier, celle de l’identité.

« Une migration représente un traumatisme, mais un traumatisme particulier. Comme dans tout traumatisme, le moi est bouleversé, déréglé. L’affect de perte, bien qu’important, ne semble pas caractériser la situation du migrant. De même, le sentiment d’instabilité, la confusion ou l’angoisse se retrouvent dans bon nombre de traumatismes. Ce qui semble à réviser dans le cas du traumatisme de la migration est l’apparition d’un remarquable clivage du moi et ses conséquences sur le sentiment de l’identité. » [7]

 


Références :

[1] : A. de Beaune S., Balzeau  A. (2009) La Préhistoire CNRS Éditions

[2] : Kozłowski, Janusz K. « Les premières migrations humaines et les premières étapes du peuplement de l’Europe », Diogène, vol. 211, no. 3, 2005, pp. 9-25

[3] : Payan Ségolène « Du déplacement au sentiment d’exil », Recherches en psychanalyse, vol. 9, no. 1, 2010, pp. 171-182.

[4] : Lire également à ce propos Gamboa, S. (2007). Le syndrome d’Ulysse. Broché

[5] : Rushdie, S. (2003). Franchissez la ligne. Paris : Plon

[6]: Gómez Mango, Edmundo. « Les temps de l’exil », L’information psychiatrique, vol. volume 83, no. 9, 2007, pp. 745-750.

[7] : Eiguer, Alberto. « Migration et faux-self : perspectives récentes », L’information psychiatrique, vol. volume 83, no. 9, 2007, pp. 737-743.

Le temps de la mémoire. Rencontre avec Javier Cercas et Philippe Sands

LLe temps de la mémoire. Rencontre avec Javier Cercas et Philippe Sands

« Le temps de la mémoire » réunira Philippe Sands et Javier Cercas pour une discussion sur les liens qu’entretiennent archives familiales, enquête et littérature.

 

Philippe Sands

Avocat international francobritannique spécialisé dans la défense des droits de l’homme, Philippe Sands est professeur de droit à l’University College de Londres. Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands raconte dansRetour à Lemberg (Albin Michel,2017) comment il découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l’histoire universelle.

Javier Cercas

Auteur d’une œuvre foisonnante, traduite dans une vingtaine de langues, Javier Cercas est l’un des plus grands romanciers espagnols contemporains. Il collabore également au journal El País. Son roman Le Monarque des ombres (Actes Sud, 2018) retrace le parcours d’un jeune homme, le grandoncle de Javier Cercas, qui a lutté pour une cause moralement indéfendable et est mort en 1938, du mauvais côté de l’Histoire, celui de lidéologie franquiste.

Animé par Sandrine Treiner / Écrivaine, directrice de France Culture

 

LUDIK | #FDS201

Cervo-Mix, l’expo qui réveille vos neurones ! | #FDS2018

CCervo-Mix, l’expo qui réveille vos neurones ! | #FDS2018

Du 6 octobre au 1er décembre | Horaires de la médiathèque

Découvrez de manière ludique et interactive l’ensemble du fonctionnement du cerveau. Au programme : structure du cerveau, les différentes mémoires, la perception multi-sensorielle, l’histoire des neurosciences et leur actualité…

Public visé : à partir de 5 ans | Entrée libre

 

Médiathèque Lucie-Aubrac Vénissieux

 

Consultez toute la programmation Fête de la Science 2018

en Métropole de Lyon et Rhône

 

Identité, Mémoire, Immigration | Saïgon, mon amour

< Identité, Mémoire, Immigration | Saïgon, mon amour

En raison du mouvement de grève touchant les transports ferrés le jour de la conférence – nous ne pourrons pas assurer la présence de nos invités. Nous sommes au regret d’annuler cette conférence.

Débat et regard croisé art & sciences sur les effets de l’immigration vécue et perçue. Le cas des rapatriés Français d’Indochine.

L’immigration n’est pas un simple déplacement d’un point vers un autre. Il s’agit d’un processus long qui engage le corps et l’esprit des personnes qui le vivent. Cette ligne droite parcourue est celle du partage et de la différenciation. Elle se définit au regard des autres, les instituant eux-mêmes en Autre.

Cet Autre qui est dénommé Vit Kiều (litt. « vietnamien étranger ») au Viêtnam.

Ils ne sont plus « nous », ils ne seront jamais totalement « eux » alors qui sont-ils ? Ce parcours marque de manière indélébile et invisible ceux qui l’ont vécu et ceux qui en sont les témoins. Au premier rang se trouvent leurs descendants : une origine dite étrangère, une nationalité officiellement française et une identité… Franco-Việt.

Saigon @Jean Louis Fernandez

Qu’est-ce que cette culture ? Une adaptation de l’ancienne aux normes de la nouvelle ? Un ajustement de la nouvelle aux normes de l’ancienne ? Quelle qu’elle soit, le passé est toujours présent. Et pourtant si dans les faits la vietnamité transcende, dans les mots elle se veut silencieuse. Toute la complexité de ce parcours repose sur la dialectique identité/oubli pour les uns et mémoire/origine pour les autres.

C’est à partir de l’œuvre Saïgon, jouée du 4 au 7 avril au Théâtre de la Croix-Rousse, que ces thématiques seront abordées.

L’artiste Caroline Guiela Nguyen nous fait l’honneur de sa présence pour échanger autour de sa pièce et réfléchir ensemble à ces questionnements. A ses côtés, se tiendra Marie Hamid en vue d’apporter un éclairage scientifique sur ces problématiques.

——————————————————————

Intervenantes

© portrait : Julien Pebrel

Caroline Guiela Nguyen est metteuse en scène et autrice de théâtre française. Son parcours artistique puise sa force de ses origines. Sa mère, vietnamienne arrive en France en 1956.Elle y retournera une décennie plus tard accompagnée par sa fille. Après des études de sociologie et d’arts du spectacle à l’université de Nice, Caroline Guiela Nguyen intègre l’école du Théâtre national de Strasbourg en mise en scène en 2006. En 2009, elle fonde la compagnie Les Hommes approximatifs qui met en espace Gertrude, d’Einar Schleef, au Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis en juin 2009.

Après avoir monté de grands classiques [L’Échange (Paul Claudel) et de Madame Bovary (Gustave Flaubert).], la compagnie s’engage sur un travail sur les histoires intimes liées aux bouleversements géopolitiques, sur les histoires absentes des plateaux de théâtre. Dès lors, la compagnie ne cesse de peupler la scène du monde qui l’entoure… Se souvenir de Violetta (2011), Ses Mains et Le Bal d’Emma (2012), Elle brûle (2013), Le Chagrin et Le Chagrin (Julie & Vincent) (2015) – Grand Prix Italia 2016 de la création radiophonique et Grand Prix 2016 de la Société des gens de lettres (SGDL) de la Fiction radiophonique, Mon grand amour (2016). En 2017, Caroline Guiela Nguyen s’interroge sur l’histoire du Vietnam et sa propre histoire avec la pièce Saïgon, qu’elle présente au Festival d’Avignon et qui s’ancre aujourd’hui sur la scène du Théâtre de la Croix-Rousse.

Marie Hamid est doctorante-chercheure en Sciences de l’Information et de la Communication. Elle réalise une thèse intitulée « Le devoir de patrimonialisation : représentations des cultures issues de l’immigration. Le cas de la culture vietnamienne. ». Celle-ci porte sur les représentations individuelles et collectives ainsi que sur les processus de médiatisation de la culture dite vietnamienne à l’œuvre dans la société. Ses travaux actuels portent plus spécifiquement sur la communauté des Français d’Indochine rapatriés au Camp d’Accueil de Noyant d’Allier entre 1955 et 1975 et leurs descendants. Elle interroge leurs rapports à leur culture ainsi qu’à leur histoire.

——————————————————————

Saigon, mon amour

Les Hommes Approximatifs / Caroline Guiela Nguyen)

Du 4 au 7 avril 2018 au Théâtre de la Crois-Rousse

Dans un restaurant en France, la mémoire de Saigon.

Saigon @ Théâtre de la Croix-Rousse

Après Elle brûle et Le Chagrin, Caroline Guiela Nguyen et Les Hommes Approximatifs reviennent à La Croix-Rousse avec leur nouvelle création, Saigon. «Saigon, nous dit Caroline Guiela Nguyen, n’existe plus. Un jour, une personne qui était arrivée en France en 1954 m’a dit: la plus grande tragédie des Vietnamiens est que nous avons voulu nous intégrer, que nous y sommes arrivés et qu’on nous a oubliés.» Alors l’équipe des Hommes Approximatifs est partie à Hô Chi Minh-Ville, à la recherche de ces histoires oubliées et en est revenue avec toute une polyphonie d’histoires d’amour et d’exil, des comédiens vietnamiens, des chansons d’amour et le désir de créer un spectacle qui aura pour cadre un restaurant méticuleusement reconstitué sur le plateau.

«Je pense que tout notre travail pourrait se résumer à cette image-là, dit-elle, l’idée de rassembler des gens d’horizons différents et de les mettre tous autour d’une table pour partager quelque chose que l’on a pris du temps à préparer». Mais chez Caroline Guiela Nguyen, la fête se trouble toujours. Les repères vacillent. Les fantômes apparaissent. Dans ce restaurant vont coexister à la fois la France de 1996 et le Saigon de 1956. Ces deux mondes qui se sont croisés, aimés, détruits puis oubliés pendant 40 ans.

Plus d’infos sur le spectacle

 

Écrans le soir et sommeil chez les jeunes #MauvaiseIdée

ÉÉcrans le soir et sommeil chez les jeunes #MauvaiseIdée

La lumière est indispensable à la vie. Elle est le plus puissant synchroniseur de notre horloge biologique et de notre sommeil. Elle est aussi impliquée dans un ensemble de fonctions dites ‘non-visuelles’, telles que la mémoire, la vigilance, la cognition, l’humeur, et le métabolisme. Une mauvaise hygiène de lumière – trop peu de lumière le jour ou trop d’écrans le soir, peut avoir des conséquences sur la santé.

Conférence proposée par Claude Gronfier, chercheur (Inserm) Institut Cellule Souche et Cerveau dans le cadre de la Semaine du cerveau et de la Journée du sommeil.

Consultez l’ensemble du programme sur le site national de la Semaine du cerveau

Repenser les exils… Mémoire, Europe, humanitaire et solidarités.

RRepenser les exils… Mémoire, Europe, humanitaire et solidarités.

Le 28 novembre 2017 à Saint-Étienne s’est tenue la soirée de clôture des 13e rencontres Et si on en parlait, en collaboration avec Traces -Histoire mémoires & actualités des migrations -Rhône Alpes Auvergne.

À l’échelle planétaire et depuis l’avènement d’Homo sapiens, l’exil et les flux migratoires n’ont cessé de façonner les sociétés, d’entrechoquer les cultures et de se faire rencontrer les Hommes au rythme des conflits, des aléas climatiques, ou encore des opportunités commerciales.  4 vidéos pour comprendre les phénomènes migratoires et les traces laissées par ces croisements de populations dans notre Histoire … dans nos histoires.

Mettre et garder en mémoire ce que nos sociétés, notre droit, les arts et les territoires doivent à la diversité culturelle, autour de chercheurs (en sociologie, histoire, philosophie, droit, etc.), écrivains, artistes et représentants de la société civile.

Maladie d’Alzheimer : les émotions ont-elles encore un effet sur la mémoire ?

MMaladie d’Alzheimer : les émotions ont-elles encore un effet sur la mémoire ?

Nous le savons tous : les événements de notre vie associés à des émotions fortes, qu’elles soient positives ou négatives, sont solidement ancrés dans notre mémoire. De nombreux chercheurs se sont intéressés à l’effet des émotions sur la mémoire (EEM), et notamment à son évolution au cours du vieillissement. Hanna Chaina (EMC) s’est penchée sur l’EEM des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Si elle constate chez elles une altération de cet effet dans la majorité des cas, elle note qu’il persiste dans certains cas. Un résultat qui ouvre des pistes thérapeutiques intéressantes pour conserver un lien avec ces patients.

A lire dans son intégralité sur CORTEX Mag

C’est prouvé : les chiens policiers ont du flair

CC’est prouvé : les chiens policiers ont du flair

Depuis 2003, les chiens de la brigade d’odorologie aident la police à confondre des suspects à partir de leur empreinte olfactive. Après avoir analysé toutes les données disponibles sur le sujet, des chercheurs viennent de valider la fiabilité de cette technique. Explications dans cette vidéo proposée en partenariat avec LeMonde.fr.

Pour visionner la vidéo, rendez-vous sur le site de CNRS le Journal

Vous souhaitez avoir plus d’informations sur le laboratoire, visitez le site du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon

L’odorologie policière corroborée par la science, communiqué de presse diffusé le 10 février 2016 par le CNRS.