Géologue : la passion du sol, la variété des métiers

GGéologue : la passion du sol, la variété des métiers

Qui n’a jamais ramassé de cailloux en s’interrogeant sur leur matière, leur formation, leur histoire ? Derrière une discipline qui peut paraître poussiéreuse avec ses fossiles, la géologie révèle des champs de connaissance très divers. De la découverte de nos origines lointaines à la découverte d’autres vies ailleurs en passant par la préservation de nos sols et sous-sols, le terrain de recherche et les objectifs sont vastes… Portraits de chercheurs, professeurs et scientifiques qui ont gardé en tête, leurs questions d’enfant !

A la conquête de Mars !

Un amas de cratères sur Mars

Cathy Quantin-Nataf. Passionnée par les montagnes, la petite fille ramassait des cailloux avec intérêt sans même savoir qu’un jour, ce sont les roches de Mars qu’elle découvrirait. Cette enseignante chercheuse, planétologue de 43 ans s’intéresse à la composition des roches sur Mars pour savoir si la vie a pu émerger… Et si oui : où et quand ? « il n’y a pas de végétation sur mars donc la géologie se lit facilement ». Ainsi Cathy a supervisé la mission du choix du site d’atterrissage du Rover (robot -laboratoire) sur Mars. Depuis janvier 2019, l’exploration des roches et la détection des mesures se fait à distance ; aujourd’hui elle fait partie de l’équipe qui analyse les données et les publie dans des revues scientifiques. La terre de Mars abonde de traces d’écoulement d’eau, un environnement qui a sans doute été favorable à l’apparition de la vie. La prochaine mission dite 20-20 menée par une équipe californienne est de ramener des échantillons de Mars sur Terre ! Cathy reste en contact avec les équipes de cette mission quotidiennement.

Quand elle n’encadre pas ses élèves à l’Université, elle est connectée en permanence pour donner ou suivre des conférences. « Peu encouragée par mes professeurs à l’école malgré mes très bons résultats, je ne m’imaginais pas être chercheur. Je n’étais pas non plus férue de science-fiction. C’est à l’Université que l’horizon s’est ouvert. J’ai un master de géophysique puis j’ai poursuivi en doctorat, mon moteur est la connaissance et la science, c’est fascinant d’être exploratrice. C’est comme si j’avais la mission de Christophe Colomb ! ». A la question de se sentir utile, elle répond qu’elle avait hésité avec la médecine car passionnée par les sciences du vivant globalement. En temps d’épidémie de Covid, elle regretterait presque. Ce sont les questions fondamentales qui continuent d’émerveiller Cathy : sommes-nous seuls dans l’univers ? N’y aurait-il pas d’autres combinaisons de molécules dans les matières carbonées pour faire de la vie ?

Pour en savoir plus :

 

A la recherche des tous premiers animaux !

Jean Vannier, paléontologue, son objectif depuis l’enfance : connaître l’origine du monde animal. A 62 ans, la question passionne toujours le chercheur qui fouille les sols datant d’un demi-milliard d’années, période du Cambrien. Cette période est marquée par la découverte des premiers fossiles animaux, des organismes marins. D’abord fixes, ces ancêtres de crustacés appelés ostracodes, se seraient mis à se déplacer. « Les restes fossiles, c’est en Chine, en Russie, au Canada que l’on peut le mieux les saisir » assure Jean. D’abord parti au Japon après son doctorat, il a sillonné le monde à la recherche de gisements et pour établir des collaborations internationales. Les apports de chacun et de son équipe ainsi que les technologies redéfinissent le métier né au 19ème siècle où le chercheur œuvrait seul. Aussi lorsqu’un fossile est découvert aujourd’hui, on peut explorer l’intérieur à l’aide de la microtomographie (technique d’imagerie 3D) sans ouvrir ou détériorer l’objet, se réjouit Jean.

La peluche (grandeur nature) représente le plus gros prédateur du Cambrien : l’anomalocaris (500 millions d’années).

La double formation géologie/biologie lui profite : comprendre comment les fossiles ont été conservés et quels sont les minéraux et sédiments qui ont permis de les conserver restent les objets de questionnement du scientifique et pour cela, il se rapproche de la biologie. Pour tester ses hypothèses sur l’origine de la mobilité animale, il doit pourvoir utiliser le génome des espèces actuelles et établir des déductions à propos de l’ADN sur des possibles  liens de parenté entre les espèces. Finalement pour sa thèse, Jean n’aura pas hésité très longtemps entre la tectonique des plaques et les ostracodes, « c’est comme la généalogie, c’est prenant, on reconstitue notre histoire, notre origine ». Et des ostracodes, il y en a même au Parc de la Tête d’Or à Lyon !

Pour en savoir plus :

 

De la recherche appliquée !

Étienne Cossart, ce n’est pas tant le sous-sol que son interprétation paysagère qui est à l’origine de la passion de Étienne Cossart, 41 ans.

Géomorphologue, le chercheur travaille sur l’érosion, il fait rimer ses 2 domaines de cœur : la géographie et la géologie. Ne pensant d’abord pas se diriger dans l’enseignement supérieur et la recherche, Etienne Cossard opte pour la poursuite d’études longues avec une thèse sur l’érosion comme enregistrement des variations glaciaires sur le secteur de Briançon (Alpes du sud), soit : comment la déglaciation a un signal érosif particulier. L’amour de la montagne l’a conduit à s’intéresser à ces questions et à toujours les creuser, comme par exemple, l’origine anthropique (conséquence de la présence humaine) de l’érosion dans les pratiques des viticulteurs et agriculteurs. « Il faut sortir du schéma de causalité binaire, du type : dès qu’il y a des agriculteurs, il y a défrichement, c’est plus complexe que cela ». Préserver la ressource du sol est un défi déterminant et insuffisamment médiatisé d’après lui.

Etienne Cossart étudie dans quelle mesure les signaux érosifs enregistrent les changements climatiques (Alpes, Islande) et les effets de pratiques anthropiques (terroirs viticoles, notamment).

Étienne a été encouragé : sa directrice de thèse tout d’abord puis les rencontres qui jalonnent son parcours, constituent un cercle vertueux pour atteindre ce niveau. Aujourd’hui c’est lui qui forme les étudiants. Professeur des Universités, il encadre leur travail et leur impulse des objectifs. La recherche fondamentale doit être valorisée, elle est utile pour la société et ses enjeux contemporains à savoir : le problème de gestion des ressources des sols, la sensibilisation au réchauffement climatique…  De la recherche fondamentale oui, mais avec des retombées sociales. Les étudiants apprennent à se forger une vision dépassionnée. Avec ses trois casquettes, Étienne jongle entre l’enseignement, la recherche et la gestion de la recherche ; cela lui convient bien, il est très attaché à faire progresser sa discipline… La formation et la diffusion du savoir lui tiennent à cœur.

Pour en savoir plus :

 

Les mystères du temps profond

Guillaume Suan, enseignant-chercheur en géologie, est spécialisé dans les liens entre changements environnementaux et perturbations géochimiques globales dans les temps anciens.

Autre chercheur en géologie : Guillaume Suan

 

Rencontres Montagnes & Sciences – grand public

RRencontres Montagnes & Sciences – grand public

LLe festival de films d’aventure scientifique en montagne pour « Parler des sciences et de la montagne autrement »

Les Rencontres Montagnes Sciences proposent un parcours de projections et de rencontres gratuites autour de films d’aventure scientifique en montagne. Elles sont organisées par l’association Montagnes et Sciences, en partenariat avec le CNRS Rhône Auvergne et l’Université de Lyon.

Un temps d’accueil de scolaires (collèges et Lycées) le matin et l’après-midi.

Un temps grand public le soir : de 19h à 22h00 environ.

Programmation scolaire : MATIN & APRÈS-MIDI

COMPLET. Les inscriptions sont closes !

La voix des Aigles – Réalisation : Muriel Barra – 24 minutes
Apprendre à voler à des aigles nés en captivité ? C’est le pari un peu fou qu’a fait Jacques-Olivier, fauconnier passionné, qui a mis au point une technique novatrice pour que ces oiseaux puissent réussir à maîtriser leur environnement : l’air. Plaine, haute montagne, pistes de ski… autant de conditions différentes dans lesquels ces rapaces découvrent la variabilité de la densité de l’air !

Écologie Verticale – Réalisation : Emmanuel Roblin – 22 minutes
Des plantes rescapées des grandes glaciations se sont réfugiées au sommet des plus hautes montagnes des Alpes. C’est la découverte que font deux botanistes partis à la découverte d’une montagne habitée insoupçonnée. Défiant les lois de la pesanteur, ils parcourent le Massif des Écrins, à la recherche de ces témoins de l’adaptation aux milieux extrêmes.

Nouvelle-Zélande, Terre d’Aventures – Réalisation : Bruno Cédat – 26 minutes
La Nouvelle Zélande est une terre de légendes, où les éléments naturels se confrontent, façonnent et défont les reliefs au-dessus et au-dessous du niveau des mers. Pour les scientifiques, c’est un laboratoire à ciel ouvert et un terrain d’exploration immense, qui se donnent encore à découvrir.

Climate Lines – Réalisation : Thibault Liebenguth – 16 minutes
A l’occasion d’une mission de terrain scientifique dans les Alpes, l’association Protect our Winters organise la rencontre d’une glaciologue avec deux jeunes skieuses de haut niveau. Sur le glacier, les différents protagonistes regardent tour à tour leur environnement d’un œil neuf. Ils découvrent qu’ils partagent la même passion pour leur terrain d’action, mais aussi leurs craintes de le voir se modifier avec le réchauffement climatique en cours.

Programmation soirée : projections tous publics

Entrée libre et gratuite mais inscription conseillée (cf dans la colonne de droite)

Expédition vers les volcans arctiques – Réalisation : Dan Sonnett – 8 minutes
« Vivre pour ce moment de découverte, ou tout s’assemble et prend sens » : à travers ses expéditions à la recherche de verre volcanique sur les volcans des Iles Aléoutiennes en Alaska, la géologue américaine Elizabeth Cottrell offre un témoignage passionné de son métier de chercheuse.

Windsled Greenland – Réalisation : Nacho Garcia – 8 minutes
Et si les expéditions scientifiques aux pôles pouvaient elles aussi être « zéro émission » ? C’est le pari de l’explorateur espagnol Ramon Larramendi, qui a développé un véhicule de recherche scientifique propulsé par le vent. Durant les étés 2016 et 2017, il est parti tester ce véhicule sur près de 4000km sur la calotte Groenlandaise avec une équipe de scientifiques. C’est cette aventure technique et, avant-tout, humaine, qui est contée ici.

« Black Silence ? » – Réalisation : Yoann Perié – 12 minutes
Carte blanche au réalisateur Yoann Perié. Il propose de se joindre une expédition très engagée, à quelques kilomètres de Grenoble seulement. Plonger dans les profondeurs de la Terre, à la découverte d’un monde inaccessible. Leur objectif : ressortir vivant.

Les murmures de la glace – Réalisation : Evrard Wendenbaum – 52 minutes
Le Scoresby, région magnifique pourtant méconnue du Groenland, réserve des surprises écologiques et scientifiques. C’est pour les préserver que l’explorateur Evrard Wendenbaum, est parti avec son équipe transdisciplinaire explorer les glaces, les eaux et les terres de ce territoire. Il en ramène un film époustouflant d’un paradis du froid.