CComment le droit nous rapproche de la nature | Les Grandes Conférences de la Faculté de droit L’une des fonctions classiques du droit est de rendre possible la coexistence entre les membres de la société. La crise environnementale fait apparaître l’une de ses fonctions encore plus essentielles : veiller à ce que le monde reste habitable. Le droit de l’environnement a-t-il les ressources techniques et conceptuelles adaptées pour le garantir ?Le philosophe et économiste Sacha Bourgeois-Gironde envisage de nouvelles formes de protection juridique de composantes de l’environnement.La faculté de droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3 organise régulièrement des conférences ouvertes à tous, qui rassemblent des experts et des professionnels du domaine pour partager leurs connaissances et leur point de vue. En participant à ces événements passionnants, vous aurez l’opportunité de développer votre compréhension du droit, de poser des questions aux professionnels du domaine et de vous impliquer dans des discussions animées sur des thèmes qui vous intéressent.Intervenants :Sacha Bourgeois-Gironde, philosophe et économiste, professeur de sciences économiques à l’Université Paris-Panthéon-Assas ;Philippe Billet, professeur à l’Université Jean Moulin Lyon 3, Directeur de l’Institut de Droit de l’Environnement ;Rémy Dufal, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3, Directeur-adjoint de l’Institut de Droit de l’Environnement.Pour en savoir plus :Les grandes conférences
ÉÉcologie et complexité de la nature | CIN&SCIENCES Les CIN&SCIENCES ! Toujours le même principe, décaler notre regard sur la science !Le cycle CIN&SCIENCES propose à chaque séance la projection d’un film grand public, suivie d’une discussion avec un spécialiste pour en explorer les résonances avec des enjeux scientifiques contemporains. Cette année nous avons choisi d’interroger l’écologie comme territoire de culture scientifique notamment sa posture devant son objet de recherche : la Nature. L’écologie entre nature et culture ? Une ligne de partage entre le familier et l’étranger. C’est cette ligne que nous souhaitons explorer.Pour cela le Théâtre Astrée vous propose une alternance avec le Cinéma LE ZOLA de Villeurbanne 4 films qui accompagneront nos questions.> Opus #3 – Science 2.0.1 – Écologie et complexité de la natureIl faut se rendre à l’évidence la nature n’est pas simple. Les enjeux de santé, d’écologie, du vivre ensemble en définitive, enjoignent la science et particulièrement l’écologie scientifique à traiter avec la complexité de la nature. One Health en est une exemple contemporain et impérieux. Aujourd’hui, il s’agit de penser une santé mondiale incluant l’ensemble du vivant. La science qui, nous l’avons vu s’est séparée de la nature, en est-elle capable ? L’écologie, la Terre comme système complexe et One Health ? Pour illustrer ces questions nous vous proposons un monument inconnu du cinéma français : « Un homme qui dort » de Georges Perec et Bernard Queysanne de 1974. Un film bouleversant de lucidité, de douceur et de dureté.Un jeune homme décide un matin de cesser d’être et d’interagir avec Paris, son univers. Il décide de n’être plus qu’un observateur. Et si cet homme était la science et Paris la nature, nous voici avec une métaphore de l’histoire de la science qui par autoconservation se détourne de la complexité du monde.Intervenants :Fabrice Vavre, biologiste et directeur du Laboratoire de Biométrie et de Biologie Évolutive – LBBE à Lyon1 Université.Gilles Escarguel, paléobiologiste au Laboratoire d’Écologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés – LEHNA à Lyon1 Université et Vice-Président à la transition écologique.> Pour en savoir plus :Cin&sciences
LLa Gazette de la Fête de la science #26 ##26 – Respire la nature, expire le stress !Un petit bout de nature pour vous donner envie de sortir ! © Violette LefortPrescrire la nature, la nouvelle thérapie non médicamenteuse ? C’est lors d’une conférence déambulatoire au parc de la Tête d’Or, proposée par le projet SHAPE-med@Lyon, que Julie Haesebaert, médecin en santé publique, nous parle de la prescription de nature. « Plongez au cœur de la forêt : ressentez la caresse du vent sur votre visage, sentez l’odeur de terre humide et entendez le bruissement des feuilles et les cris d’animaux lointains. Que ressentez-vous ? » C’est ainsi que Julie Haesebaert a commencé son intervention en nous offrant un exercice d’introspection sensorielle pour explorer nos sensations et nos émotions au contact de la nature. « Apaisement, calme, tranquillité et diminution des stimuli », furent les premières réponses des participants présents.« J’imagine qu’aucun d’entre vous ne s’est encore vu prescrire la nature », a déclaré Julie Haesebaert, pourtant c’est un concept présent depuis les années 1980. À cette époque, le monde constate une augmentation de la dépression et du mal-être des populations très urbanisées à forte densité en ville. Pour y remédier, des organisations ont créé des programmes thérapeutiques basés sur des bains de forêt ou sylvothérapie. Ces derniers sont décrits comme les prémices de la prescription de nature.Prescription de natureLe premier pays à mettre cette méthode en place est le Japon avec le/la Shinrin-yoku, une pratique traditionnelle qui consiste à se plonger dans la nature en éveillant ses sens. Depuis, de nombreux pays ont repris ce concept, où des soignants peuvent prescrire la nature, soit par des balades, soit dans des activités de groupes. Mais concrètement, qu’est-ce que nous apporte la nature ? « Actuellement, il y a de nombreuses recherches montrant l’impact positif d’être exposé à la nature sur la santé humaine au niveau physique, mental et social », nous apprend Julie Haesebaert. Elle enchaîne en nous présentant divers exemples de bénéfices : « La nature présente des effets positifs sur le cœur comme l’amélioration de la fréquence cardiaque ou la réduction des symptômes des maladies cardiovasculaires. Cependant, à ce jour, il n’est pas encore possible d’expliquer ces multiples effets. La nature va avoir un effet sur le stress en réduisant l’hormone du stress, le cortisol. Il y a aussi des bénéfices cognitifs permettant une amélioration de la concentration et des bénéfices psychiques qui agissent sur l’anxiété et la dépression. La nature aide à créer des liens sociaux, par exemple à travers des activités de groupe. »Les ordonnances de demain ?Maintenant, l’enjeu est de sensibiliser les professionnels de santé à la prescription de nature. Cependant, d’après Julie Haesebaert « sensibiliser les professionnels à ce type de prescription n’est pas forcément simple, car en tant que médecin, j’ai été formé sur les prescriptions médicamenteuses en premier lieu et donc, il faut changer les représentations sur les interventions non médicamenteuses ». Ainsi, il est important de communiquer sur ce nouveau type de prescription pour permettre à tout le monde d’y avoir accès. D’ailleurs, Julie Haesebaert recommande de s’exposer à la nature deux heures par semaine pour en tirer les meilleurs bénéfices.Par Violette Lefort, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1
SSommes-nous dans la nature ou juste à côté ? | CIN&SCIENCES Des films décalés pour des questions qui ne le sont pas !Et si un film devenait le point de départ d’une réflexion scientifique ? Le cycle CIN&SCIENCES propose à chaque séance la projection d’un film grand public, suivie d’une discussion avec un spécialiste pour en explorer les résonances avec des enjeux scientifiques contemporains. Cette séance pose la question : Sommes-nous dans la nature ou juste à côté ? La biologie nous répondra sans hésiter que oui, l’anthropologie, de son côté, n’en est pas si sûr. La nature nous est-elle étrangère en définitive.Pour en savoir plus :Cin&sciences
FFestival entre Rhône et Saône | Édition 2025 ©Festival entre Rhône et SaôneUn festival à la découverte de l’eau ! Nous traversons leurs ponts, nous flânons le long de leurs berges, nous empruntons leurs quais. Mais que savons-nous vraiment du Rhône et de la Saône ?Leur prête-t-on toute l’attention qu’ils méritent ?Le Festival Entre Rhône et Saône invite à les observer de plus près pour mieux les célébrer, les découvrir et les protéger.Lyon est née de la confluence entre le fleuve Rhône et la rivière Saône. De cette ligne de vie devenue une voie de communication majeure, Lyon a tissé son histoire, tirant avantage de cette double ascendance pour devenir un carrefour économique, industriel et culturel.Le Festival Entre Rhône et Saône est l’occasion de retrouver cette histoire, de renouer avec des traditions ou des usages, festifs ou rituels, de redécouvrir l’histoire de Lyon à travers ses cours d’eau, en remontant le temps jusqu’à Lugdunum.>> Retrouvez nos partenaires lors d’activités organisées pour ce festival :La Maison de l’EnvironnementTout au long du week-end, 18 associations adhérentes de la Maison de l’Environnement les accompagneront pour présenter leurs actions et proposer des animations. Venez échanger et partager des bonnes idées pour agir concrètement dès maintenant.Pour en savoir plus, consultez le site de la Maison de l’environnement Gadagne > Lyonnais d’eau douce ! Exposition « Les pieds dans l’eau »2021 musee gadagne ©muriel chauletIls coulent en silence… mais portent en eux mille récits.Laissez-vous surprendre par ce que le Rhône et la Saône murmurent depuis des siècles, au fil d’une expo qui retrace, salle après salle, l’influence des cours d’eau sur la vie des Lyonnais d’hier et d’aujourd’hui.Dimanche de 11h à 12h | Durée : 1h | Lieu : Musée Gadagne – 1 place du Petit Collège, Lyon 5eRéservation > Vivre avec les cours d’eau2025 Saône vieux lyon5 Muriel Cholet VdL ©M ChauletDepuis l’Antiquité, les fleuves rythment la vie des Lyonnais et des Lyonnaises.Des enjeux commerciaux aux défis urbains du XIXe siècle, découvrez ces histoires fascinantes !Vendredi de 18h à 19h30 – Samedi et dimanche de 15h à 16h30 | Durée : 1h30 | Départ : 2 quai Victor Augagneur, Lyon 3e – Arrivée : Place du Change, Lyon 5eRéservation > Vogue la ville, Lyon et son fleuve2025 Photo 050©Terence O’NeilEntre quais et souterrains, marchez sur les traces d’un passé fluvial insoupçonné… et remontez le temps jusqu’au XVIIIe siècle. Vous ne rêvez pas, c’est bien une barque de 8 m de long qui vous attend dans les sous-sols du parking de la Fosse aux Ours !Samedi et dimanche de 10h à 12h | Durée : 1h | Départ : Place Raspail, Lyon 7e – Arrivée : aval du pont MorandRéservationFrance Nature Environnement Rhône©2025 FNE69 Petit PeupleCastor et Ragondin, des cousins (re)venus de loin, comment vivre en harmonie avec ses voisins ? En apprenant à les connaître… surtout quand ils ont des moustaches et une passion pour les berges du Rhône. Une promenade pédagogique pour ouvrir l’œil et le bon lors de vos prochaines balades.Vendredi 27 juin 2025, de 10h à 12h | Durée : 2h | Départ : Arrêt Halle Tony Garnier du Tramway T1 – Lyon 7eRéservationMétropole de Lyon©DRL’eau, bien commun sous tension : conflits d’usages, nouvelles gouvernances, alliances territoriales. Cette table-ronde réunit acteurs publics, usagers et chercheurs pour aborder les tensions autour de l’eau et explorer des solutions de gouvernance coopérative.Vendredi de 17h à 18h30 | Durée : 1h30 | Lieu : Hôtel de la Métropole de Lyon, salle CCosmos – culture et écologie©CosmosAnita Conti, la Dame de la mer, première femme océanographe, aventurière, écrivaine, poétesse, photographe, réalisatrice, journaliste, pionnière de l’écologie, lanceuse d’alerte sur l’exploitation des océans et la surpêche… Partons à la rencontre d’Anita Conti, une femme marquante du XXe siècle, au destin extraordinaire, et pourtant encore méconnue !Samedi de 14h à 16h | Durée : 2h | Lieu : UGC Confluence, 112 Cr Charlemagne, 69002 Lyonréservation >> Consultez le programme complet : Festival entre Rhône et Saône
PPluie en ville : et si la nature faisait mieux que le béton ? | #2 – Dossier Pop’Sciences : Les actualités de l’eau Face aux inondations, à la pollution et aux îlots de chaleur en ville, le béton montre ses limites. Et si la solution était… le vert ? Forêts urbaines, tranchés végétalisées, toits perméables : les Solutions fondées sur la Nature (SfN) s’imposent comme une alternative durable aux infrastructures classiques. Certaines villes tentent déjà le pari de ramener la nature en ville pour mieux gérer l’eau. Simple effet de mode ou vraie révolution urbaine ? Tour d’horizon des connaissances actuelles.Un article rédigé par Arnaud Foret, Clément George, Coline Héritier, Océane Joet, Margaux Pred’Homme, étudiants du master 2 IWS de Lyon et la classe de terminale BFI du lycée Jean Perrin (Lyon) de Mr Jonatan Christiansen (la liste des élèves est mentionnée en fin d’article) – Avril 2025Et si ajouter du vert était une réponse concrète à un monde qui vire au gris ? La fréquence et l’intensité des événements climatiques extrêmes dans le monde, telles que les fortes précipitations, les tempêtes et les inondations augmentent avec le réchauffement climatique. L’urbanisation, qui a fortement augmenté au cours des 50 dernières années, rend d’autant plus vulnérable les populations urbaines (54 % de la population mondiale) par les impacts qu’elle entraîne.Parmi les impacts de l’urbanisation, on retrouve l’imperméabilisation des sols (zones où l’eau ne peut plus s’infiltrer), la pollution de l’air, de l’eau et des sols, la destruction d’habitats de certaines espèces animales et végétales, l’augmentation du ruissellement (eau qui s’écoule à la surface du sol), l’aggravation des risques d’inondation, les îlots de chaleur urbains* (zones où il fait plus chaud qu’ailleurs à cause des surfaces en béton et activités humaines).Certains de ces impacts négatifs posent des défis dans la gestion de l’eau en ville, qui ont été compensés par la mise en place d’infrastructures dites grises, en référence à leur matériau principal de construction : le béton. On y retrouve, par exemple, les usines de traitement des eaux (permettant de filtrer les polluants de l’eau), les réseaux d’égouts (permettant d’évacuer les eaux de ruissellement et les eaux usées). Ces infrastructures démontrent une certaine efficacité, mais certains choix de construction comme le raccordement des eaux pluviales au réseau d’eaux usées, provoquent, entre autres, des rejets dans le milieu naturel et des inondations urbaines lors d’épisodes pluvieux intenses, car les réseaux ne sont pas conçus pour réceptionner autant de rejets à la fois.C’est ici que le vert intervient ! Les Solutions fondées sur la Nature (SfN) ont été développées en réponse à l’inefficacité des infrastructures grises. Ces solutions utilisent et s’inspirent des mécanismes et processus naturels des écosystèmes* en les appliquant dans les villes. Parmi ces SfN, on retrouve les forêts urbaines (qui sont de grands espaces densément plantés d’arbres), mais aussi les arbres de pluie (plantés en alignement le long des routes et des boulevards) ainsi que les jardins partagés. Ces lieux, au-delà du bien-être qu’ils procurent aux habitants, permettent également la pénétration des eaux de pluies dans le sol, ce qui réduit la quantité d’eau restant en surface et provoquant des inondations. Pour que les SfN soient efficaces, il est important de choisir des espèces végétales (arbres, buissons) qui sont adaptées au climat de la ville, et ayant une esthétique agréable, mais également avec des caractéristiques particulières. Par exemple, la largeur de leurs feuilles et la profondeur des racines sont déterminantes dans leur capacité à faire pénétrer plus facilement l’eau dans le sol et à l’absorber, contrairement aux zones bétonnées, où l’eau ruisselle rapidement à la surface et peut provoquer des inondations.Les villes réinventent leur rapport à l’eauAujourd’hui, les SfN se démocratisent en milieu urbain, et de nombreux exemples existent aujourd’hui à travers le monde. Nous aborderons deux exemples notables.À Albufeira au Portugal, la rivière traversant la ville a été canalisée et enterrée avec l’extension de la ville, entrainant des inondations dues au ruissellement et au manque d’espace laissé à la rivière. Un ambitieux projet vise aujourd’hui à créer un “couloir vert”* autour d’elle, intégrant des SfN : zones humides* pour améliorer la qualité de l’eau et favoriser la biodiversité, jardins et prairies humides pour limiter le ruissellement*, revêtements perméables (béton spécial qui laisse passer l’eau) pour l’infiltration de l’eau de pluie, zones végétalisées pour permettre aux crues de se répendre ailleurs que dans la ville, … Cet ensemble permettra ainsi de lutter contre les inondations, mais également de refroidir la ville pendant les vagues de chaleur. De plus, les SfN créent des habitats pour la faune et la flore, tout en offrant des espaces de nature et de loisirs pour les habitants. Cette diversité d’effets montre la capacité des SfN à répondre à de nombreuses problématiques.Le concept de couloir vert d’Albufeira. ©Blau, Luz, et Panagopoulos 2018Autre exemple, le campus de LyonTech – la Doua à Villeurbanne, où trois générations de SfN coexistent pour gérer les eaux pluviales. La première repose sur des bassins, recueillant puis infiltrant les eaux de pluie dans les sols, via un réseau de tuyaux, nécessitant de l’espace et des infrastructures coûteuses. La deuxième est similaire, mais optimise l’espace en introduisant des infrastructures multifonctionnelles comme des terrains de sport ou des espaces verts servant de zones d’infiltration. La troisième, quant à elle, a pour but de réduire le ruissellement à la source via des tranchées drainantes, des revêtements de routes perméables, des fossés végétalisés… qui s’intègrent au paysage, et, ensemble, couvrent de larges surfaces.Depuis 2016, le programme scientifique Micromégas évalue l’efficacité des SfN dans la gestion des micropolluants et du ruissellement, faisant de ce campus un “laboratoire” à ciel ouvert. Les résultats montrent une forte réduction du ruissellement, et une diminution de plus de 50% des pesticides et métaux lourds, grâce, notamment, à la filtration du sol.Cependant, créer une “culture de site”* est nécessaire pour sensibiliser et impliquer les usagers, et réduire les polluants. Ce concept désigne les pratiques et connaissances spécifiques dans un lieu donné. Des panneaux informatifs pourraient, par exemple, être installés, ce qui n’est pas encore le cas.Entre recherche scientifique et gestion des eaux pluviales du campus de la Doua, des dispositifs techniques à la source de l’OTHU, les flèches bleues représentent l’arrivée de l’eau. © Arnaud Foret, 2024. Limites, enjeux et perspectives : le cœur des défisLes SfN sont de plus en plus valorisées pour leur rôle dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, attirant l’attention des décideurs politiques. Présentées comme plus rentables et démocratiques que leurs alternatives techniques, elles sont toutefois confrontées à des limites, notamment des coûts élevés, une dépendance à d’autres solutions et des contraintes d’espace en milieu urbain.Leur efficacité reste difficile à évaluer en raison d’une grande variabilité des données, compliquant la comparaison avec les solutions d’ingénierie civile. Un suivi à long terme est essentiel pour mesurer leurs effets et établir des directives claires. Par ailleurs, la distinction entre SfN et solutions techniques mérite d’être approfondie, certaines infrastructures étant classées différemment selon les approches. Cela est problématique car la définition des SfN reste floue. Un exemple emblématique est celui des bassins d’infiltration. Initialement considérés comme des SfN, ils sont aujourd’hui souvent classés parmi les solutions d’ingénierie civile en raison des travaux considérables qu’ils impliquent.Enfin, bien que les SfN fassent l’unanimité au sein de la communauté scientifique, leur rôle dans une “urbanisation durable”* doit être mieux précisé. Il est essentiel de démontrer concrètement comment elles contribuent à une gestion respectueuse de la ressource en eau.SourcesBlau, M. L., Luz, F., & Panagopoulos, T. Urban River Recovery Inspired by Nature-Based Solutions and Biophilic Design in Albufeira, Portugal. Land, 7(4), Article 4. (2018).Comby, É., Rivière-Honegger, A., Cottet, M., Ah-Leung, S., & Cossais, N. Les « techniques alternatives » sont-elles envisagées comme un outil de gestion qualitative des eaux pluviales ? Développement durable et territoires. Économie, géographie, politique, droit, sociologie, Vol. 10, n°3, Article Vol. 10, n°3. (2019).GRAIE, BACOT, L., BARRAUD, S., INSA, L. D., HONEGGER, A., & LAGARRIGUE, C. Devenir des micropolluants au sein des ouvrages de gestion des eaux pluviales a la source ou centralisés. (2020).UICN. Les Solutions fondées sur la Nature. UICN France. (2024).GlossaireCouloir vert : Un corridor ou couloir vert est un couloir de végétation, permettant la présence de milieux naturels et végétalisés, et la circulation des espèces animales et végétales.Culture de site : La culture de site désigne les pratiques et connaissances spécifiques dans un lieu donné, intégrant les conditions environnementales, les dynamiques écologiques et les usages humains. Cela peut inclure la gestion durable des ressources naturelles ou l’adaptation des pratiques agricoles et forestières aux particularités locales.Écosystème : un écosystème est un ensemble formé par une communauté d’êtres vivants, animaux, végétaux et champignons (biocénose), en interaction les uns avec les autres et avec leur environnement physique (biotope).Expansion des crues : Les zones d’expansion des crues sont des espaces naturels ou aménagés où se répandent les eaux lors du débordement des cours d’eau dans leur plaine inondable, protégeant les milieux urbains alentours et à l’aval.Îlots de chaleur : zones urbaines où la température est nettement plus élevée que dans les zones environnantes, en raison de l’absorption et de la conservation de la chaleur par des surfaces urbaines telles que l’asphalte et le béton.Ruissellement : En hydrologie, le ruissellement est l’écoulement des eaux à la surface de la terre, notamment la surface des sols, contrairement à celle y pénétrant par infiltration.Urbanisation durable : L’urbanisme est durable lorsque l’aménagement est conçu sur le long terme. Il favorise une gestion raisonnée des ressources naturelles, telles que l’eau, tout en mettant en place des solutions pour adapter les territoires aux effets du changement climatique.Zones humides : les zones humides sont des milieux naturels caractérisés par la présence d’eau, qu’elle soit en surface ou dans le sol, de façon permanente ou temporaire.Ont participé au travail d’écriture de cet article, en collaboration avec Arnaud Foret, Clément George, Coline Héritier, Océane Joet, Margaux Pred’Homme, étudiants du master 2 IWS (par ordre alphabétique) : BADOIL Emeline, BARBEROT Elin, BUI-LIGOUZAT Myanh, BURGER Marie, FARENC Jeanne, GAÏDI Sara, GODÉ Eulalie, LEFEBURE Rachel, POIZAT Elodie, STOYANON Yani, WERQUIN-THEISMANN Léopoldine-Chan
UUn printemps silencieux ? À l’occasion du festival du printemps Chapelle Sauvage (qui se déroule du 9 au 11 mai), sur le thème de la nature, La Trinité vous propose une session d’écoute audio-naturaliste.En 1962 la biologiste américaine Rachel Carson alertait sur les effets dévastateurs de la pollution chimique sur le vivant et mobilisait les consciences avec une image sonore, plus parlante que tous les scénarios catastrophes, celle d’un printemps silencieux.Depuis, l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques n’a cessé d’augmenter et les populations d’oiseaux, d’insectes et d’amphibiens s’effondrent à un rythme qui met en péril l’ensemble des écosystèmes. Cauchemar en passe de devenir réalité, le silence des campagnes est déjà un argument d’agent immobilier. Alors à quand un printemps silencieux ? Mieux vaut sans doute retourner la question : savons-nous encore écouter le printemps ? Et si la crise écologique était à chercher dans l’écoute elle-même, enracinée dans une crise de la sensibilité qui nous rend étrangement sourds aux chants comme aux cris de la nature ? La musique aurait donc à nouveau son rôle à jouer pour sauver la planète.Sous le patronage de Pythagore et de Murray Schafer, Camille Rhonat vous emmène en promenade avec des musiciens et des preneurs de sons qui nous ouvrent l’oreille à la fragile beauté du vivant et dessinent un petit chemin de salut : des oiseaux de Jean-Claude Roché aux baleines à bosse qui chantent en grégorien. Quand la création musicale oscille entre mémoire poétique, rigueur scientifique et hygiène sonore pour renouer avec l’utopie (il paraît qu’on en a besoin).En hommage à Jean C. Roché (1931-2025), ornithologue et audio-naturaliste français.>> Pour plus d’information, rendez-vous sur la page du site : un printemps silencieux
ÉÉchos du passé, promesses du futur Le musée d’art contemporain de Lyon – MAC – vous invite a découvrir comment la nature est sublimée par le numérique à travers le regard de quinze artistes. L’exposition invite à se reconnecter à une nature oubliée et d’en conserver la mémoire.La mémoire de la nature s’estompe au fil du temps, si bien que les êtres humains semblent s’habituer inconsciemment à un environnement en constante dégradation qui, à chaque génération, devient la norme. Le psychologue américain Peter H. Kahn nomme cette acclimatation graduelle, « l’amnésie générationnelle environnementale ». Pour lutter contre cet oubli progressif, des chercheurs et des chercheuses s’unissent pour envisager une nouvelle manière d’écrire l’histoire sous le prisme de l’écologie afin de renouer avec le vivant.Ainsi, une intelligence collective associant artistes et scientifiques s’empare des nouvelles technologies, notamment du numérique, afin d’en faire le moyen de se reconnecter avec une nature oubliée et d’en conserver la mémoire.À travers une pluralité d’œuvres − peinture, vidéo, tapisserie, installation, réalité virtuelle, sculpture… − l’exposition invite quinze artistes à réconcilier nature et technologie et à repenser notre rapport au vivant. Proposée en trois temps, elle ravive le passé d’une nature malmenée, puis explore son ingéniosité tout autant que sa fragilité afin de nous sensibiliser à sa préservation, pour ensuite révéler les futurs spéculatifs imaginés par les artistes, et dans lesquels les récits d’anticipation font écho à l’espoir d’une symbiose.> Le teaser : >> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : MAC
BBienvenue dans l’espèce humaine ©compagnie ThyiaLe théâtre Astrée de l’Université Claude Bernard Lyon 1 vous invite à une représentation qui pose des questions sur l’espèce et la société humaine.Faut-il désespérer de l’espèce humaine ?Qu’est-on en droit d’attendre de ces primates vaguement évolués qui se sont rendus maîtres et possesseurs de la nature, et qui sont passés experts dans l’art de massacrer leurs semblables ?Sommes-nous condamnés à l’éternelle reproduction du pire et à l’attente anxieuse de la catastrophe terminale ?Ou peut-on espérer que l’espèce la plus inventive du règne animal finira par dominer sa propre pulsion de mort ?À ces questions essentielles, et à bien d’autres encore, Benoît Lambert tente d’apporter des réponses claires, et argumentées. En s’appuyant sur certaines avancées fondamentales de l’éthologie et de l’anthropologie, tout comme sur les expériences vécues de tout un chacun. Bienvenue dans l’Espèce Humaine permet d’affronter aussi bien les questionnements métaphysiques les plus vastes que les petits tracas du quotidien.>> Pour plus d’information rendez-vous sur le site :théâtre astrée
«« Face à la transition écologique, nos sensations et émotions sont utiles. Elles expriment nos aspirations profondes » Chiffres vertigineux, données du GIEC et de l’IPBES inquiétants, et éco-anxiété : dans une ère où l’utilitarisme déconnecte l’Humain de son environnement et où la vision occidentale privilégie la rationalité au détriment de la sensibilité, émerge un nouveau paradigme. Et si nos sens permettaient de mieux « préserver » et donner envie de « prendre soin de » ? Dans le cadre de la conférence Archipel, Thomas Le Guennic, professeur agrégé de sciences économiques et sociales au Centre des Humanités de l’INSA Lyon et Magali Ollagnier-Beldame, chargée de recherche en sciences cognitives, laboratoire ICAR UMR CNRS 5191, ont proposé un atelier « d’initiation à l’écologie sensible » ; un champ scientifique en émergence. Ils expliquent pourquoi il est intéressant de s’attarder sur l’équation suivante : homo sapiens = homo sensibilis. Pédagogie, recherche ou même politique publique, l’écologie sensible est une approche qui semble applicable à toute activité humaine. Comment la définiriez-vous ? TLG : Je dirais que c’est une approche qui permet de compléter toute connaissance théorique des relations entre les humains et les « autres qu’humains » vivant sur la Terre, à partir de la sensorialité et de la corporéité. Nous connaissons beaucoup de choses sur la nature grâce à la démarche scientifique, mais nous n’avons plus l’habitude, en tant que membres de sociétés occidentales, modernes et urbanisées, d’une approche sensible et émotionnelle de celle-ci. Par exemple, il y a plusieurs façons de percevoir un arbre : il peut représenter un organisme qui capte du Co2 ; il peut représenter un stock de planches ; ou il peut aussi être un être à part entière, qui a le droit de vivre pour lui-même. Il est très inhabituel pour nous, européens occidentaux, de ne pas considérer le vivant comme une ressource définie par son coefficient d’utilité plutôt que comme un être vivant égal à nous-même. Cette approche sensible de la nature est traditionnellement et magistralement portée par les arts, aujourd’hui encore au sein de nos sociétés. Ce qui prouve que nous n’avons pas totalement oublié et que la situation est plus riche et complexe. Ce dont nous avons certainement le plus besoin aujourd’hui est de mettre en relation ces perspectives. Par exemple que la contemplation esthétique de la nature puisse informer la connaissance scientifique, et inversement. Actuellement, de nombreux artistes trouvent ainsi une profonde inspiration dans les recherches en biologie. Elles sont pour eux un point de départ à une proposition artistique et à un regard très riche sur le vivant.MOB : J’ajouterais que l’écologie sensible est un champ scientifique en émergence, une future interdiscipline peut-être ! Elle se place notamment à la croisée des sciences cognitives, des sciences humaines et sociales et des sciences du vivant. Plusieurs travaux1 en philosophie, géosciences, biologie, anthropologie et en éco-psychologie mettent en évidence notre perte de contact avec l’expérience de la nature et du vivant. Ce déficit présente des conséquences : en vivant dans un monde que nous percevons « désanimé », nous développons un peu de la nature, nous craignons l’altérité ou nous sommes même éco-anxieux ; autant de raisons que bon nombre d’entre nous expérimentent au quotidien et qui poussent à explorer le monde vivant à travers nos sens.Face aux conséquences du changement climatique, le « rapport au sensible » gagne timidement du terrain dans le débat public, interrogeant particulièrement nos représentations du « vivant ». Avez-vous des exemples de changements dans la perception de la relation entre l’homme et la nature ?MOB : On peut aujourd’hui percevoir que ces représentations commencent à évoluer : la philosophie de l’environnement est une branche scientifique très dynamique ; ou encore dans le domaine du droit, certains juristes travaillent sérieusement à donner des droits aux fleuves, aux forêts ou aux océans. (…) >> Lire la suite de l’article sur le site :insa Lyon [1] Dont ceux de Abram, Albrecht, Pyle, Ingold, Fisher.