LLa Gazette de la Fête de la science #9 ##9 – Quand notre intestin nous dit des chosesL’intestin et le cerveau en communication constante. © Leslie CejudoBien plus qu’un organe digestif, l’intestin dialogue en permanence avec notre cerveau. Il influence notre corps et notre intelligence grâce à la synthèse de glucose. C’est ce que Gilles Mithieux, directeur du laboratoire Nutrition, diabète et cerveau de l’Inserm, a présenté pendant la Fête de la science 2025 lors d’une conférence.L’un des intermédiaires qui permet la communication entre l’intestin et le cerveau est le glucose, une petite molécule de sucre. Il peut être synthétisé par le foie et les reins mais aussi par l’intestin, on appelle cela la néoglucogénèse intestinale. Le glucose produit par l’intestin fait office de médiateur entre celui-ci et le cerveau : il y envoie des signaux lui indiquant que le corps a fait le plein d’énergie. Ce message a son importance : lorsque le cerveau va recevoir l’information, il va induire la diminution de production de glucose par le foie, diminuer le stockage de gras et envoyer une sensation de satiété. La néoglucogénèse est d’un grand support dans la régulation de la glycémie, le maintien du bon taux de glucose dans le sang.L’intestin parle plus au cerveau que les yeuxComme nous le présente Gilles Mithieux, l’intestin parle plus à notre cerveau que nos yeux. En effet, si les yeux nous transmettent des indications sur notre environnement, l’intestin nous renseigne beaucoup, notamment sur notre statut corporel et émotionnel. A travers ses échanges avec le cerveau, il peut aussi influencer grandement notre état d’esprit.Ainsi, la synthèse de glucose a été inhibée chez des souris. Cela a permis d’observer l’effet d’une absence de transmission de glucose entre l’intestin et le cerveau. Il a été constaté que l’absence de la néoglucogénèse intestinale provoque une augmentation des risques de déclenchement du diabète ou d’obésité, mais aussi une nette augmentation du stress et une altération de la mémoire à court terme. Les échanges entre ces deux organes ont donc un lien quasi direct avec notre santé physique, mentale et notre intelligence.Un dialogue qui se préserveIl est important de préserver l’échange entre le cerveau et l’intestin afin de maintenir une santé stable. Pour cela, il est nécessaire d’adopter un régime alimentaire équilibré riche en protéines et en fibres. Ces nutriments activent la production de glucose intestinal, et assurent la régulation de nombreuses fonctions physiologiques. Cette relation contribue à nous maintenir en bonne santé.Par Leslie Cejudo, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1
MMythes alimentaires : les fake news en nutrition Dans le cadre du Printemps de l’Esprit Critique, la BU de Sciences Po Lyon vous invite à une rencontre-discussion pour décrypter les mécanismes de la désinformation en nutrition et mieux comprendre pourquoi ce domaine est particulièrement propice à la propagation de fake news.L’alimentation est au cœur de nombreux discours contradictoires, entre influence des réseaux sociaux, pression des lobbies et promesses de régimes miracles. Cette rencontre sera l’occasion d’identifier qui sont les “alimenteurs” — ces acteurs qui produisent et diffusent des fausses informations — et quelles sont leurs intentions.Vous découvrirez également comment ces discours trompeurs circulent, pourquoi nous y sommes particulièrement réceptifs et comment nos croyances et nos biais cognitifs influencent notre perception de l’information alimentaire.Cette discussion vous donnera des clés pour exercer votre esprit critique, évaluer la crédibilité des informations nutritionnelles et mieux comprendre ce qui se cache derrière les allégations alimentaires.Intervenant.e.s :Maëva Piton, doctorante en psychologie sociale de la santé au Pôle de psychologie sociale (PôPS) de l’Unité Inserm 1296 à l’Université Lumière Lyon 2.Vled Tapas, médiateur scientifique et culturel, membre de l’ASTEC – Association pour la science et la transmission de l’esprit critique et co-créateur de la chaine de vulgarisation en zététique et esprit critique La Tronche en biais.>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : Science Po Lyon
FFrançois Leulier, médaillé du CNRS : du microbiote aux mécanismes de croissance | Visages de la science François Leulier, chercheur et directeur de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon, a reçu en 2024 la médaille d’argent du CNRS pour ses travaux sur les interactions entre le microbiote, le développement et la physiologie animale.En 2013, François Leulier a reçu la médaille de bronze du CNRS pour ses travaux sur l’impact de la flore commensale bactérienne sur la croissance juvénile de drosophiles. En particulier, il démontre à l’époque que le microbiote minimise l’effet délétère de la sous-nutrition sur la croissance des individus. Riche de ces résultats, François Leulier s’est entouré au cours des dix dernières années d’une équipe aux compétences variées. L’objectif : apporter une compréhension plus intégrée du phénomène qu’il a étudié. Leur expertise est donc multi-modale et multi-modèle. Elle s’étend de la génétique des microorganismes aux aspects cellulaires et moléculaires chez des modèles animaux allant de l’insecte au petit mammifère.À l’occasion de cette distinction, il revient sur son parcours et ses travaux de recherche.Découvrir les MÉDAILLES DU CNRS 2024