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Océan : les nouveaux diplomates

OOcéan : les nouveaux diplomates

Qui peut imaginer raconter aux générations futures, qu’à l’aube de notre millénaire nous pouvions encore observer des cachalots en Méditerranée ?

Que lorsque nous étions enfants, les îles Marshall n’étaient pas englouties par l’océan ? Ou que la faune marine n’a pas toujours eu l’habitude de se nourrir de plastique ? Nous n’échapperons à ce macabre récit, qu’en s’appuyant sur les épaules de celles et ceux qui, aujourd’hui, agissent concrètement et quotidiennement pour protéger les écosystèmes marins. Rencontre avec ces sentinelles qui nous offrent des raisons de changer nos comportements et de ne pas tomber dans la mélancolie d’un Océan qui serait déjà perdu.

Cette série de portraits est issue du dernier Pop’Sciences Mag : Océan. Une plongée dans l’invisible.

 

 

Zones maritimes disputées : la part de non-droit de l’océan

ZZones maritimes disputées : la part de non-droit de l’océan

Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Grégory Fléchet   |   26 mai 2020

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La carte juridique des océans dessine un véritable écheveau de lignes épousant les contours des terres émergées. Ces zones de partage maritime sur lesquelles les États sont parvenus à s’entendre, à force de négociations, font encore l’objet de contentieux entre nations voisines.

Tout comme le tracé des frontières terrestres, la délimitation des espaces maritimes peut être source de conflits. Si le nombre de zones maritimes disputées par plusieurs États reste difficile à évaluer à l’échelle de la planète, ces différends auraient tendance à se multiplier du fait notamment des enjeux économiques associés à ces territoires. Avec un domaine maritime de près de 11 millions de km2, le deuxième plus vaste au monde après celui des États-Unis, la France ne compte pas moins de 39 frontières avec 30 pays différents. De quoi susciter des frictions avec ses nombreux voisins. Dans le golfe de Gascogne, le différend qui oppose, par exemple, la France à l’Espagne à propos du tracé de leur frontière commune n’a toujours pas été tranché. À plus de 10 000 km de là, un autre désaccord se cristallise autour de la frontière entre Madagascar et l’archipel français des îles Eparses, disséminées tout autour de la Grande Île.

La carte mondiale des zones économiques exclusives (en bleu foncé)

Absence de cadre juridique

Depuis le milieu du XXe siècle, près d’une trentaine de litiges ayant trait à la délimitation de zones maritimes ont abouti à des contentieux internationaux. « La délimitation des espaces maritimes étant censée reposer sur le consentement des États, il n’existe aucun cadre juridique précis sur lequel s’appuyer pour tracer en toute objectivité les contours de ces territoires », souligne Pierre Musy, doctorant en droit international public à l’Université Jean Moulin-Lyon 3 où il prépare une thèse sur les zones maritimes disputées. Face à cette forme de laxisme juridique, certains États n’hésitent pas à s’approprier en toute impunité de vastes étendues maritimes pour y exercer des activités de pêche ou y extraire des hydrocarbures. Lorsqu’un pays s’estime lésé par une ou plusieurs autres nations, il a toutefois la possibilité de saisir la Cour internationale de justice ou le Tribunal international du droit de la mer, qui dépendent de l’Organisation des Nations unies. Ces organes judiciaires internationaux ont en effet toute latitude pour prononcer des mesures conservatoires sur un territoire maritime revendiqué par plusieurs États, en attendant que le litige soit résolu à l’amiable ou par une décision de justice.

 

Vers la fin de l’injustice maritime ?

Mais alors que la plupart des pays privilégient la voie juridique pour régler leurs différends, les grandes puissances maritimes ont souvent tendance à s’y opposer. « Lorsque la France a ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, en 1996, elle a explicitement refusé les différends liés aux délimitations maritimes », rappelle Kiara Neri. Dans ces circonstances, il devient impossible pour un autre État en conflit avec la France à propos d’un territoire maritime, de saisir un organe judiciaire compétent ou un tribunal arbitral. Comment dès lors réparer cette forme d’injustice ? C’est tout l’enjeu du projet Zomad3 auquel participe Pierre Musy : « cette initiative vise à recenser l’ensemble des territoires maritimes disputés à travers la planète, les activités qui s’y déroulent, ainsi que les positions des différents pays qui les revendiquent dans la perspective d’accorder un véritable statut juridique à ces zones grises de l’océan. »

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  1. Ce projet qui a débuté en automne 2018 est coordonné par Alina Miron, professeure de droit international public au Centre Jean Bodin de l’Université d’Angers

Faut-il laisser l’océan au repos ? [Pop’Sciences Forum]

FFaut-il laisser l’océan au repos ? [Pop’Sciences Forum]

3 conférences scientifiques captivantes – depuis chez vous – pour s’interroger sur le devenir des fonds marins.

RDV le 8 juin à 17h30. Événement retransmis en direct sur cette page, ainsi que sur Facebook et YouTube. Pour dialoguer et poser vos questions directement aux intervenants, inscrivez-vous dès maintenant !

S’inscrire

Le confinement généralisé a offert une trêve aux écosystèmes marins. Pendant quelques semaines, le bruit des moteurs, les chantiers offshore, la surpêche ont drastiquement baissé en intensité. Difficile de penser au monde d’après sans réinventer notre rapport aux écosystèmes marins et à l’usage que nous faisons de leurs richesses. L’occasion de sceller un nouveau pacte avec l’Océan. Les conférences sont enregistrées en direct depuis la Maison de l’Environnement de Lyon.

  • 17h30 : Pollutions plastiques des océans. L’état d’urgence est déclaré ! Avec Henri Bourgeois Costa, expert en économie circulaire pour la mission de la Fondation Tara Océan sur les pollutions plastiques.
  • 18h15 : Préserver la machinerie océanique et sa fonction de régulatrice majeure du climat. Avec Sylvain Pichat, Maitre de conférences en géologie et paléo-océanographie, à l’ENS de Lyon (Laboratoire de Géologie de Lyon) et chercheur invité au Max Plank Institute.
  • 19h00 : Sanctuariser 30% des aires marines : un défi géopolitique. Avec Kiara Néri, Maîtresse de conférences en droit international et maritime, à l’Université Jean-Moulin Lyon 3 (Centre de droit international).

 PROGRAMMATION Océan   |   LE MAG


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Programmation réalisée en collaboration avec la Maison de l’environnement.

Ils soutiennent la réalisation de ce programme

   

 

Jean Jouzel, climatologue : « Repartir comme avant serait une hérésie »

JJean Jouzel, climatologue : « Repartir comme avant serait une hérésie »

Jean Jouzel est climatologue, ancien vice-président du groupe scientifique du Giec, promoteur du Pacte Finance Climat.

Propos recueillis par Benoît de la Fonchais, pour Pop’Sciences | Mai 2020


En reléguant la lutte contre le dérèglement climatique et la destruction des écosystèmes au second plan, la crise sanitaire ne risque-t-elle pas de saper les engagements en faveur de l’environnement ?

C’est un risque effectivement. Pourtant, lutter contre le réchauffement climatique est aussi important et urgent que de sortir de la crise sanitaire. Nous sommes à un tournant. Si notre pays veut tenir l’objectif qu’il s’est fixé – à savoir atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 – il n’y a plus une minute à perdre. Nous sommes en retard par rapport à notre feuille de route. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) n’ont presque pas diminué dans des secteurs stratégiques comme le transport, le logement ou l’agroalimentaire, le déploiement des énergies renouvelables n’est pas assez rapide, et notre empreinte carbone reste trop élevée. C’est donc notre dernière chance pour éviter un dérèglement du climat tel qu’il serait difficile de s’y adapter dans quelques décennies.

 

2020 devait être une année cruciale pour renforcer la coopération internationale autour des enjeux marins. Plusieurs conférences devaient avoir lieu, mais elles ont été reportées en raison de la pandémie. Cela vous inquiète-t-il ?

Oui, ces grandes conférences devaient aborder des questions essentielles telles que la protection des écosystèmes marins, le statut juridique de la haute mer, les subventions à la pêche, l’exploitation des ressources minérales. L’automne dernier, le Rapport spécial du Giec sur l’océan et la cryosphère (les régions gelées de notre planète) a rappelé à quel point ces milieux sont indispensables à la vie sur Terre et montré les effets désastreux du réchauffement climatique. L’océan se réchauffe, devient plus acide et moins fécond ; le niveau de la mer monte sous l’effet de la dilatation de l’eau, de la fonte des glaciers et des calottes polaires ; les écosystèmes marins et côtiers – notamment les récifs coralliens – sont altérés… Dans ce domaine aussi, il est urgent de prendre des décisions.

Promenade détruite par l’ouragan Irma à Vilano Beach, en Floride / CC0

La crise sanitaire a mis nos économies à l’arrêt, ou presque. Partout, on constate une amélioration de la qualité de l’air. Cette pause est-elle une bonne nouvelle du point de vue du climat ?

Certes, la mise à l’arrêt d’une grande partie de l’activité humaine a réduit sensiblement les émissions de gaz carbonique et la pollution de l’air dans les grandes villes, ce qui est une bonne chose sur le plan de la santé publique. Mon collègue François Gemenne estime que la diminution de la pollution pendant le confinement en Chine a probablement sauvé plus de vies que le coronavirus n’en a prises. En revanche, cela ne va pas changer beaucoup l’évolution du climat à long terme. Il faudrait pour cela que l’effort se poursuive pendant des années. Rappelons-nous qu’après la crise de 2008 les émissions des GES ont légèrement baissé et qu’elles sont reparties de plus belle dès 2010.

 

Pour faire face au Covid-19, l’état d’urgence sanitaire a été décrété ; des sommes colossales ont été mobilisées par les banques centrales pour éviter que l’économie ne s’effondre. Croyez-vous que nous soyons capables d’en faire autant pour le climat ?

Bien sûr ! Le Haut conseil pour le climat estime qu’il faudrait injecter 20 milliards d’euros supplémentaires par an pour réussir la transition écologique en France. C’est une somme importante, mais que représente-t-elle par rapport aux 110 milliards d’euros du plan d’urgence que le gouvernement vient de décider pour faire face à la crise. Avec Pierre Larrouturou, député européen et nouveau rapporteur du budget de l’Union européenne, nous avons lancé le projet de pacte Finance-Climat qui vise à orienter une partie de la création monétaire de la Banque centrale européenne vers des investissements destinés à décarboner notre économie. La crise sanitaire nous montre qu’il est possible de bousculer les règles quand les enjeux le réclament. Les solutions sont connues, ce qu’il faut désormais c’est la volonté politique.

 

Cela fait trente ans que les experts tirent le signal d’alarme, et pourtant nous n’arrivons pas à prendre la mesure de ce qui nous attend. Comment expliquer ce manque de réaction ? Comment faire pour se réveiller ?

Cela tient au fait qu’on ne voit pas les conséquences de nos actes. L’inertie de la machine climatique est telle que les effets des émissions de GES, déjà perceptibles, ne seront vraiment dangereux qu’après 2050. Ce sont nos enfants qui paieront le prix de notre inconséquence. La jeunesse du monde est en train de le réaliser : c’est pour cela qu’elle a commencé à descendre dans la rue. Pour que les comportements changent, peut-être faudrait-il nous transporter virtuellement en 2080, en plein cœur de l’été. Ainsi, nous ressentirions la chaleur insupportable, nous verrions, dans certaines régions, la désertification de nos campagnes, nous constaterions la submersion des villes côtières…

28 ans et une pandémie plus tard. (Les chefs d’États et de gouvernements réunis à la première conférence mondiale pour le climat, à Rio en 1992. UN Photo/ Tom Prendergast)

On parle beaucoup du « jour d’après ». Certains disent qu’on ne peut pas relancer l’économie sur les mêmes bases, que ce choc est l’occasion de réorienter totalement nos économies ; d’autres prétendent qu’il faut avant tout redonner du travail à tout le monde quel qu’en soit le prix… Comment voyez-vous les choses ?

C’est certain, il faut remettre l’économie en marche, mais pas à n’importe quel prix ! Le Haut Conseil pour le climat vient de le dire très clairement. C’est au contraire le moment d’accélérer la transition pour renforcer notre résilience et nos capacités d’adaptation face aux risques sanitaires et climatiques. Il est donc impératif de conditionner l’octroi d’aides publiques à des acteurs privés à l’adoption de plans d’investissement compatibles avec la trajectoire bas carbone, par exemple dans les secteurs du transport aérien et de l’automobile, et de résister à la pression de certains lobbies, qui cherchent à assouplir la réglementation environnementale. Repartir « comme avant » serait une hérésie. D’autant plus que la transition écologique est source de dynamisme économique : on estime à 600 000 le nombre d’emplois nets qu’elle pourrait générer en France d’ici à 2050 et à 6 millions, au niveau de l’Union européenne. Non, vraiment, n’hésitons plus !

 

Cette interview préfigure la sortie  du 6e numéro de Pop’Sciences Mag dédié à la part invisible de l’Océan, en juin 2020.

Océan

OOcéan

Le 8 juin, depuis chez vous, interrogez-vous sur le devenir de l’Océan au travers d’enquêtes, d’échanges et de nombreux témoignages d’experts, scientifiques et passionnés.

En écho à la Journée mondiale des océans, explorez les richesses dissimulées des fonds marins et passez en revue les raisons de croire en leur préservation. Rendez-vous pour un temps de rencontres et conférences, la découverte d’un nouveau podcast et du dernier numéro de Pop’Sciences Mag.


Rencontres/conférences : Faut-il laisser l’Océan au repos ?

RDV le 8 juin à 17h30. Événement retransmis en direct sur Facebook, YouTube et Pop’Sciences. Dialoguez et posez vos questions directement aux intervenants.

Inscrivez-vous dès maintenant !

Le confinement généralisé a offert une trêve aux écosystèmes marins. https://popsciences.universite-lyon.fr/agenda/faut-il-laisser-locean-au-repos-popsciences-forum/#Pendant quelques semaines, le bruit des moteurs, les chantiers offshore, la surpêche ont drastiquement baissé en intensité. Difficile de penser au monde d’après sans réinventer notre rapport aux écosystèmes marins et à l’usage que nous faisons de leurs richesses. L’occasion de sceller un nouveau pacte avec l’Océan.

  • 17h30 : Pollutions plastiques des océans. L’état d’urgence est déclaré ! Avec Henri Bourgeois Costa, expert en économie circulaire pour la mission de la Fondation Tara Océan sur les pollutions plastiques.
  • 18h15 : Préserver la machinerie océanique et sa fonction de régulatrice majeure du climat. Avec Sylvain Pichat, Maitre de conférences en géologie et paléo-océanographie, à l’ENS de Lyon (Laboratoire de Géologie de Lyon) et chercheur invité au Max Plank Institute.
  • 19h00 : Sanctuariser 30% des aires marines : un défi géopolitique. Avec Kiara Néri, Maîtresse de conférences en droit international et maritime, à l’Université Jean-Moulin Lyon 3 (Centre de droit international).

Podcast : Le vacarme sonore des fonds marins

L’équilibre biologique des océans tient pour beaucoup à la qualité de leurs paysages acoustiques. Il est indispensable de pouvoir les préserver de nos nuisances sonores (moteurs, forages …) regroupées sous le savant terme d’anthropophonie.

Disponible dès le 20 juin à 10h sur popsciences.universite-lyon.fr et sur toutes vos plateformes préférées (YouTube, Apple podcast, Deezer, Spotify).


Pop’Sciences Mag : Océan. Une plongée dans l’invisible

Parce que c’est dans l’imperceptible et l’inexploré de l’Océan que se cachent parfois les raisons de croire en sa préservation, Pop’Sciences Mag vous propose aujourd’hui une immersion dans cet univers peu connu. Les enquêtes, interviews et reportages vous feront découvrir des phénomènes chimiques, des sons, une faune, ou encore des microparticules, presque insaisissables. Climat, géopolitique, bioluminescence, acoustique, archéologie : informez-vous sur l’avenir du grand bleu !

56 pages de découvertes scientifiques à découvrir dès le 8 juin sur popsciences.universite-lyon.fr/le_mag/theme/ocean/

Pour recevoir gratuitement un exemplaire papier du Pop’Sciences Mag « Océans, une plongée dans l’invisible », merci d’en faire la demande ici.

 


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Programmation réalisée en collaboration avec la Maison de l’environnement.

Ils soutiennent la réalisation de ce programme

  

 

Octopus : l’océanolab

OOctopus : l’océanolab

Une base scientifique aquatique s’amarre à L’îloz’ !!
Cet été, les enfants peuvent embarquer à bord de l’Octopus, une base scientifique aquatique échouée à la Confluence.

Après la mise en route de la base, d’étranges créatures marines font leur apparition à travers les hublots de l’Octopus. Accompagnés par un médiateur, les participants s’organisent en petits groupes pour analyser et observer les indices laissés par l’ancien équipage : comparaisons anatomiques, recherche d’archives, écoute de documents sonores ou encore observations à la loupe.

Durant leur voyage au sein de la base océanographique, les enfants partent à la découverte de 3 créatures : le calmar géant, la déesse inuit Sedna et le mosasaure fantôme.
La mission s’achève par la mise en commun des découvertes de chacun sur les mystérieux habitants des fonds marins.

En partenariat avec le Musée des Confluences

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