Toute l'équipe Pop'Sciences est en pause estivale du 26 juillet au 18 août. Nous vous souhaitons un bel été !

Coronavirus, Covid-19… S’informer | Recensement des avancées de la recherche

CCoronavirus, Covid-19… S’informer | Recensement des avancées de la recherche

La recherche sur le coronavirus et la maladie provoquée est en constante évolution. De nombreux organismes dans le monde entier travaillent sur plusieurs axes de recherche, croisant plusieurs disciplines scientifiques, que soit pour mieux connaître le virus et le combattre, proposer des tests de dépistage, mettre au point un vaccin, étudier les effets du confinement, modéliser la propagation, connaître l’impact économique, etc.

Cette page recense, depuis le début de l’épidémie, des sources d’informations fiables afin de montrer les avancées de la recherche, en particulier à Lyon et Saint-Étienne, et vous permettre d’être informé.

Cette page est actualisée régulièrement.

Vaccin contre virus

©Ivan Diaz sur Unsplash

En parallèle, Pop’Sciences prépare un dossier sur les vaccins et vaccination : De la variole à la Covid : les vaccins entre peurs, espoirs et raison

>> A paraître début juin 2021…

 

 

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COVID-19 :  pour CoronaVIrus Disease, maladie infectieuse respiratoire.

Coronavirus : nouveau virus, agent responsable de cette maladie (du latin « virus à couronne », du fait de son apparence au microscope électronique).

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Qu’est-ce que le Coronavirus et la COVID-19 ?

Les coronavirus sont une grande famille de virus, qui provoquent des maladies allant d’un simple rhume (certains virus saisonniers sont des Coronavirus) à des pathologies plus sévères comme le MERS-COV ou le SRAS.

Le virus identifié en janvier 2020 en Chine est un nouveau Coronavirus, nommé SARS-CoV-2. La maladie infectieuse provoquée par ce coronavirus a été nommée COVID-19 par l’Organisation mondiale de la Santé – OMS. Le 11 mars 2020, l’OMS a qualifié la situation mondiale du COVID-19 de pandémie.

La maladie se transmet par les gouttelettes (sécrétions projetées invisibles lors d’une discussion, d’éternuements ou de toux). On considère donc qu’un contact étroit avec une personne malade est nécessaire pour transmettre la maladie : même lieu de vie, contact direct à moins d’un mètre lors d’une toux, d’un éternuement ou une discussion en l’absence de mesures de protection. Un des autres vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact des mains souillées par des gouttelettes.
C’est donc pourquoi les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale sont indispensables pour se protéger de la maladie.

AAVANCÉES DE LA recherche sur la CoVid-19

> Les laboratoires de recherche mobilisés

> A Lyon et Saint-Étienne

>>> Voir les 16 projets | Quelques unes des thématiques : caractérisation de la fatigue chronique chez les patients, perte de l’odorat et du goût, sortie de confinement, Covid-19 et animaux de compagnie, mécanismes immunologiques…

Comment le Covid-19 perturbe-t-il notre odorat ?, podcast CNRS, La parole à la science, 5-02-2021

Covid-19 : odorat et qualité de vie – CRNL, CNRS, Inserm, Université Claude Bernard Lyon 1, Université Jean Monnet, 20-04- 2020

Avec la Covid-19 on met enfin le nez sur la perte de l’odorat, CNRS Le Journal, 30-12-2020

Covid-19 : la perte d’odorat, signal précoce pour éviter l’engorgement des hôpitaux ?, Cortex Mag, LabEx CORTEX – UdL, 9-12-2020

  • Covid et masques :

Quels masques pour quelles applications dans la lutte contre les maladies infectieuses ?, vidéo Musée de sciences biologiques Dr Mérieux, Université Claude Bernard Lyon 1, 30-03-2021

Masques de protection et recyclage : compatibles ?, INSA Lyon, 20-07-2020

Masques de protection : la piste prometteuse du recyclage, CNRS Le Journal, 31-03-2020

Le laboratoire Virpath du CIRI (Centre International de Recherche en Infectiologie de Lyon) dirigé par Bruno Lina, PUPH UCBLI/HCL, et Manuel Rosa Calatrava, DR Inserm, est un laboratoire associé à l’OMS qui héberge le CNR des virus respiratoires (dont la grippe). A ce titre, le versant hospitalier du laboratoire est impliqué dans le diagnostic et le versant recherche a pu très tôt avoir accès à des échantillons cliniques et ainsi être en capacité d’isoler et amplifier des souches du virus SARS-CoV-2.

VirPath a ainsi caractérisé plusieurs modèles pré-cliniques d’infection dans le but de tester plusieurs molécules de leur portefeuille. Leur approche innovante est basée sur le repositionnement de médicaments déjà sur le marché pour de nouvelles indications thérapeutiques antivirales et présente l’avantage majeur de diminuer drastiquement la durée et les coûts de développement de cette nouvelle génération d’antiviraux. Le laboratoire a validé sa stratégie contre la grippe avec notamment la mise en place d’un essai clinique de phase 2b (FLUNEXT TRIAL PHRC #15-0442 – ClinicalTrials.gov identifier NCT03212716).

> Ailleurs en France et dans le monde 

CConfinement, distanciation, crise économique…

La covid-19 par le biais des sciences humaines et sociales

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Qu’est-ce qu’une épidémie ? Comment se développe-t-elle ? Quelles mesures pouvons-nous prendre ?

Explications de Franck Chauvin, Professeur de Santé Publique à l’Université Jean Monnet et Président du Haut Conseil de la Santé Publique – Mars 2020 :

La faune sauvage & One Health

LLa faune sauvage & One Health

Connaissez vous l’étymologie de « sauvage »  ?  Sauvage du latin selva « la forêt » 

La faune sauvage et ses interactions avec la santé humaine sont encore aujourd’hui trop méconnues. Les décisions d’éradiquer une espèce qui présente un danger potentiel pour la santé humaine sont courants en cette période de pandémie. Les experts en faune sauvage veulent nous alerter sur le danger d’une pensée non globale du sujet et l’oubli de l’équilibre complexe de l’écosystème dans lequel nous vivons.

C’est dans ce contexte qu’Emmanuelle Gilot-Fromont, professeur à Vetagro Sup, éco-épidémiologie et éco-immunologie, a présenté lors  de la conférence Une santé, en pratique, les recommandations de l’atelier « Faune Sauvage » avant d’accorder cette interview pour notre podcast.

Pour approfondir vos connaissances sur le sujet, le replay recommandations de l’atelier One Health & Faune Sauvage et le site du pôle Faune Sauvage à Vetagro Sup, pôle EVAAS :

>> Pour partager, saison après saison, la vie des étudiants, professeurs, personnels qui à VetAgro Sup préparent l’agronomie, la médecine vétérinaire et la santé publique de demain, abonnez-vous à notre chaîne :

VetAgroLIVE

Biologie et maladies infectieuses

BBiologie et maladies infectieuses

Le musée de sciences biologiques Dr Mérieux est dédié à la biologie, et à la lutte contre les maladies infectieuses. Il raconte comment les femmes et les hommes ont appris à connaitre les microbes, et à lutter contre les maladies que ces micro-organismes peuvent occasionner, par le diagnostic, la vaccination et les thérapies.

Ce musée raconte l’aventure des Mérieux, une famille de scientifiques pionniers tournés vers la santé publique mondiale, dont l’histoire a commencé à Lyon en 1897, puis s’est poursuivie à Marcy l’Etoile en 1917, un petit village de l’Ouest lyonnais devenu aujourd’hui un pôle majeur dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Ancré dans le monde d’aujourd’hui et tourné vers le futur, le musée présente les grands enjeux de santé mondiaux. Il veut sensibiliser tous les publics, et particulièrement les jeunes pour qu’ils deviennent acteurs de leur santé, en comprenant mieux les microbes et ainsi mieux lutter contre les maladies infectieuses.

Le musée de sciences biologiques Dr Mérieux s’inscrit résolument dans l’actualité scientifique et médicale en proposant en concertation avec le conseil scientifique du musée des expositions temporaires, des animations et conférences sur les grands enjeux actuels de santé publique.

Les conférences proposées, en live ou en présentiel tout au long de l’année, sont enregistrées et disponibles sur la chaîne Youtube du musée.

  • Thématiques abordées : pandémies, zoonoses, coronoviroses, Covid-19, maladies émergentes…

>> Voir ou revoir les conférences :

Musée de sciences biologiques

 

Exemple de vidéo : Les pandémies

 

Secrets d’une recherche confinée | Visages de la science

SSecrets d’une recherche confinée | Visages de la science

Mardi 17 mars 2020 à midi, toutes les françaises et tous les français se sont retrouvés confinés à leur domicile afin de freiner l’expansion de la pandémie de la Covid-19. Cette période allait durer quasiment deux mois. Au fil de ces longues semaines totalement inédites, nos vies ont été complètement bouleversées et nos habitudes déstabilisées. Entre les quatre murs de nos appartements ou de nos maisons, nous nous sommes ré-imaginés, nous avons essayé de conjuguer contraintes personnelles et professionnelles. Et nous avons, pour beaucoup d’entre nous, découvert le télétravail.

Pour dire leur vie confinée, nous avons demandé à des chercheur·es de Saint-Étienne et de Lyon, de partager avec nous une image, un podcast sonore, un récit, ou même les trois. Comme pour laisser une trace, un témoignage intime, de cette vie professionnelle en pleine pandémie.

Comment le travail d’enseignement et de recherche a-t-il pu se poursuivre ? Comment le lien avec collègues et étudiantes s’est-il réinventé ? Comment l’urgence à réagir a-t-elle incité chacun et chacune à bricoler son espace de travail et les moyens d’accomplir ses missions  à l’aide de micro, caméra et autres outils numériques ? Quelles nouvelles expériences ont pu naître ? Comment la vie familiale s’est-elle insérée dans le travail ?

Avec l’exposition Secrets d’une recherche confinée, dix chercheur·es, par le prisme de leur discipline de recherche,  livrent leurs regards sur cette situation exceptionnelle avec un brin de poésie, d’humour, de débrouillardise et de malice.

Cette exposition a été présentée en avant-première dans le cadre de la Nuit Européenne des Chercheur·es (Edition Saint-Etienne-Lyon-Clermont-Ferrand) 100% numérique le 27 novembre 2020.

Initiée par : La Rotonde, centre de culture scientifique de l’École des Mines de Saint-Étienne

En partenariat avec : l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne et Saint-Étienne Métropole

LLES LAUREATS

Un jury, s’est réuni le 27 novembre 2020 en début de soirée pour voter dans les 3 catégories  : Recherche confinée | Chercheur·e… mais aussi | Souvenir d’une vie de labo.

Le public de la Nuit Européenne des Chercheur·es a également été invité à choisir son coup de cœur en votant directement via la plateforme numérique. Il y a eu 79 votants.

  • Prix Coup de cœur du jury 

Steve Peuble  – Mines Saint-Étienne – UMR 5600 Environnement Ville Société

 

  • Prix Recherche confinée 

Jérémy Cheval – École urbaine de Lyon

 

 

  • Prix Chercheur·e, mais aussi… 

Natacha Gondran – Mines Saint-Étienne– UMR 5600 Environnement Ville Société

 

  • Prix Souvenir d’une vie de labo 

Denis Saint-Marcoux – Université Jean Monnet

 

 

 

 

 

Les Ingénieurs et Scientifiques face à la Covid-19

LLes Ingénieurs et Scientifiques face à la Covid-19

En 2020, une start-up Lyonnaise, Nouveal e-Santé, a relevé de nombreux défis lancés par l’APHP – Assistance publique des hôpitaux de Paris lors de la crise due à la pandémie de la Covid-19.

Guillaume Fayolle, cofondateur de Nouveal e-Santé présentera le développement et les clefs du succès de COVIDOM : cette  application a permis à de nombreux patients de rester à la maison, en lien avec les hôpitaux, en limitant les hospitalisations. On développera aussi, l’importance du lien « PHYGITAL » créé entre le soignant et le malade, nécessaire à la réussite et l’acceptation d’une solution numérique.

Intervenant : Guillaume Fayolle, Co-fondateur de Nouveal e-santé

Conférence animée par  : IESF Lyon Rhône Ain, dans le cadre de la présentation de ses vœux et de son programme 2021

En savoir plus :

Ingénieurs et scientifiques de France – Lyon Rhône Ain

 

 

Les territoires au temps de la pandémie du Covid-19

LLes territoires au temps de la pandémie du Covid-19

Limitations de mobilités, confinement et isolement, instauration de distances de sécurité, distanciation sociale, mesures sanitaires, inégalités spatiales et sociales, exode urbain vers les campagnes, rôle de l’alimentation et des systèmes alimentaires, etc. Ces questions seront mises en débat et analysées lors de ce workshop selon le point de vue de différentes disciplines des sciences.

L’idée est de tenter de mesurer les impacts spatiaux et territoriaux de la crise du Covid-19 et d’en tirer les enseignements pour commencer à penser les nouveaux mondes à venir.

Organisé par :

  • Lise Bourdeau-Lepage, Université de Lyon, CNRS, Université Jean Moulin Lyon 3
  • André Torre, Université Paris Saclay, INRAE, Agroparistech

En savoir plus :

Workshop

PPour aller plus loin

>> Consulter les publications sur la Covid-19

Nanoparticules d’argent – Tueuses de coronavirus ?

NNanoparticules d’argent – Tueuses de coronavirus ?

Une technologie à base de particules d’argent, destinée à des revêtements pourrait réduire la charge virale des coronavirus.
Le procédé est développé et breveté par le groupe isérois SergeFerrari. L’analyse de Virginie Monnier, Maîtresse de conférences en chimie à l’École Centrale Lyon. Cette spécialiste de chimie des surfaces effectue son activité de recherche à l’INL – Institut des Nanotechnologies de Lyon.

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Cycle de conférences – Écologie des virus : épidémies, biodiversité et sociétés

CCycle de conférences – Écologie des virus : épidémies, biodiversité et sociétés

Public : Dès 15 ans

La santé humaine et la santé animale sont interdépendantes et liées à la santé des écosystèmes au sein desquels elles coexistent.

Du 1er au 4 octobre 2020, le musée des Confluences proposait de prendre de la hauteur sur la crise de la Covid-19 en invitant des scientifiques de toutes disciplines à échanger sur les causes environnementales de l’apparition des virus et sur les conséquences sociétales à venir.

 

Retrouvez les enregistrements des conférences :

(cliquez sur les titres des conférences)

© Thierry Fournier / IRIS

 

Les microbes sont partout, parfois bénéfiques, parfois pathogènes…

Par Marc-André Selosse. Conférence animée par Frédéric Denhez.

 

60% des maladies infectieuses humaines et 75% des maladies émergentes sont d’origine animale. Elles représentent aujourd’hui un enjeu croissant de santé publique.

Avec Jean-François Guégan, Hélène Soubelet, Pascal Boireau,. Rencontre animée par Anne-Cécile Bras.

 

Comment expliquer l’excellence lyonnaise en infectiologie ? Quels sont les acteurs-clé du secteur ? Quel est le diagnostic actuel sur les maladies infectieuses ?

Avec Florence Ader, Bruno Lina, Sylvain Baize. Rencontre animée par Samuel Belaud.

 

Toujours craintes, parfois diabolisées, les maladies infectieuses font partie intégrante de l’histoire de l’humanité et de nos mondialisations successives.

Avec Anne Rasmussen, Valérie Chansigaud, Serge Morand, Jean-Paul Demoule. Rencontre animée par Frédéric Denhez.

 

La pandémie du Covid-19 est révélatrice d’une société en crise. Pour autant, faut-il s’attendre à des changements sociaux et économiques majeurs dans les années à venir ?

Avec Frédéric Keck, Bertrand Badie, Sylvie Matelly, Damien Deville. Rencontre animée par Anne-Cécile Bras.

 

Pour aller plus loin…

Consultez la bibliographie grand public

Consultez la bibliographie jeunesse

 

Ce cycle de conférences s’inscrit dans le cadre de la Fête de la science 2020.

 

Musée des Confluences

Retrouvez les autres activités de la Fête de la science 2020 à revivre depuis chez vous

Le confinement, révélateur de l’attrait de la nature en ville | The Conversation

LLe confinement, révélateur de l’attrait de la nature en ville | The Conversation

Au cours du confinement, de nombreux articles ont traité des changements opérés dans l’espace urbain. Ils ont souligné le vide apparu dans l’espace public, notamment le dépeuplement des grandes places emblématiques des villes françaises, et insisté sur le calme survenu en ville ou sur la baisse de la pollution atmosphérique.

Puis ce fut au tour de ceux qui se penchaient sur le chant des oiseaux, la présence de certains animaux comme le renard au Père-Lachaise à Paris, la colonisation des végétaux et leur diversité. Peu se sont demandé si cet espace habité pouvait encore être qualifié de ville, s’il remplissait encore ses fonctions, en particulier celle d’échanges, les citadins étant assignés à résidence et restreints dans leurs déplacements. Pourtant, ce qui fait une ville, n’est-ce pas ses habitants ?

Ville à l’arrêt et prise de conscience écologique

Ce qui est remarquable au cours de cette période, c’est l’accent mis sur le lien entre la nature et la ville, comme si une prise de conscience s’opérait dans la société française, comme si les individus découvraient qu’ils faisaient partie de la nature, qu’ils ne pouvaient pas s’en extraire, que la faune et la flore étaient bien présentes autour d’eux. Peut-être cela s’explique-t-il par le fait que cette crise sanitaire a conduit les Français à s’interroger sur l’origine de la Covid-19 et la responsabilité des hommes dans la transmission de cette maladie et, par voie de conséquence, sur le rapport de la société à l’environnement.

Les résultats de l’enquête « Le confinement et ses effets sur le quotidien » que nous avons menée entre le 23 mars et le 10 mai 2020 en France, sur un échantillon de 10 976 personnes, représentatif de la population française métropolitaine en genre, âge, diplômes et région de résidence vont dans ce sens.

En effet, 69,4 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles pensaient que la période de confinement changerait quelque chose dans notre manière de prendre en compte l’environnement et de le préserver. Ce sont ces Français qui semblent avoir moins bien vécu le confinement. Alors qu’ils déclaraient en moyenne avant le confinement un niveau de satisfaction de vie plus élevé que les autres Français (7,10 contre 7,01 sur une échelle de 1 à 10), leur bien-être a diminué de 1,54 contre 1,31 pour les autres Français. Cette prise de conscience semble donc avoir eu un effet anxiogène sur les Français. Le confinement aurait ainsi participé, en quelque sorte, au développement de l’éco-anxiété.

La découverte du calme et du vert au cours du confinement

Cette période du confinement a également révélé à certains et rappelé à d’autres qu’ils vivaient au sein d’un environnement artificialisé, peu amène, et qu’en leur absence, la faune et la flore reprenaient leurs droits. Elle a été le moment de nouvelles expériences.

Ainsi, 81,7 % des 10 976 Français interrogés ont ressenti au cours du confinement un ralentissement général dans leur environnement de vie. Plus de la moitié des 3 470 Français qui, avant le confinement, déclaraient subir des nuisances sonores (bruits de la rue, des voisins,etc.) quand ils étaient chez eux ont affirmé ne plus en subir au cours du confinement. Ces Français ont expérimenté, d’une certaine manière, les vertus du calme. Sans grande surprise, les Français ne subissant pas de nuisances sonores avant et/ou au cours du confinement ont déclaré des niveaux de bien-être supérieurs (7,08 et 5,29) à ceux subissant des nuisances sonores (7,04 et 5,64). Ce sont ceux qui ont enregistré la plus faible perte de bien-être au cours du confinement : 1,44 contre 1,66 pour les autres.

Cette période de confinement a été difficile pour la population française métropolitaine, mais la présence d’un espace vert ou extérieur de plain-pied l’a aidée à la traverser. En moyenne, le niveau de satisfaction de vie des Français métropolitains a chuté de 1,47, passant de 7,07 (avant le confinement) à 5,6 (au cours du confinement) sur une échelle de 1 à 10. Toutefois, les personnes vivant dans une maison avec jardin ou un espace extérieur sont celles qui, en moyenne, ont déclaré au cours du confinement le niveau de satisfaction de vie le plus élevé (5,67) par rapport à celles habitant dans un appartement avec terrasse ou balcon (5,45), avec vue (5,58) ou sans vue (5,49)

Alors que le contact avec le sol (l’élément terre) et les possibilités qu’il offre notamment en termes d’activités (jardinage, barbecue, relaxation, jeux, sortie en extérieur…) a agi favorablement sur le bien-être des Français au cours du confinement, la présence d’animaux de compagnie ou de végétaux chez eux a eu l’effet inverse. Les Français ayant des animaux de compagnie qu’ils doivent sortir ont enregistré une chute de leur bien-être plus importante que ceux n’en ayant pas (1,98 contre 1,34). Leur niveau de satisfaction de vie est passé de 7,14 à 5,02 contre 7,09 à 5,74 pour ceux n’ayant pas d’animaux de compagnie à sortir. Le même phénomène a été observé concernant la présence de plantes ou d’animaux chez soi qui ne nécessitent pas d’être sortis. Cela s’explique peut-être par le fait que les Français possédant des animaux se sont inquiétés pour ces derniers, et/ou ont une conscience écologique plus importante et un rapport à la nature plus fort que les autres, ce qui a généré du mal-être au cours de cette crise sanitaire.

Un coup de projecteur sur les vertus de la nature…

Ces observations nous conduisent à nous demander ce qu’a réellement révélé cette période de confinement sur la société française métropolitaine et son rapport à la nature.

Le grand confinement a eu plusieurs effets. D’abord, il a exacerbé le débat sur l’impact des activités humaines sur l’environnement et l’impératif écologique. Ensuite, en révélant certains maux de la ville (pollutions sonores, atmosphériques et lumineuses, îlots de chaleur urbain, inégalités socio-spatiales…). Il a 1) mis en exergue l’urgence à agir ; et 2) placé au centre du débat la santé et le bien-être des citadins, grands oubliés de l’aménagement urbain. Ainsi, il a conduit à renouveler les réflexions sur la manière d’aménager les villes en insistant sur l’importance de prendre en compte la santé des citadins, de préserver la biodiversité, d’économiser les ressources. En quelque sorte, un nouvel hygiénisme a surgi et l’éco-urbanisme s’est affirmé.

De plus, en mettant en évidence les effets négatifs du mode de vie urbain actuel — rythme effréné et déconnexion par rapport au monde physique, perte de contact en face à face dans les actions et pratiques quotidiennes, étouffement par l’excès d’information, manque de lien social, environnement artificiel —, certaines mesures de distanciation sociale ont conduit à un renforcement de la demande de nature en ville et à une prise de conscience des vertus des végétaux sur la santé et le bien-être des citadins (voir tableau ci-dessous) pour lutter contre les surcharges environnementale et virtuelle. Ainsi, en quelque sorte, l’Homo urbanus français est devenu un Homo qualitus, c’est-à-dire un être humain qui ne cherche pas à satisfaire seulement son bien-être matériel et immatériel, mais fait également de la satisfaction de son désir de nature et de la préservation de l’environnement un élément de son bien-être.


…Mais rien de vraiment nouveau

Rien de vraiment nouveau, mais une prise de conscience de l’urgence de la situation et un coup de projecteur mis sur l’intérêt croissant en milieu urbain pour la nature (en particulier pour les végétaux) et les solutions fondées sur la nature (SFN). En effet, les collectivités territoriales connaissent les avantages à végétaliser l’espace urbain et développent des infrastructures vertes. De leur côté, les citadins ont pris conscience des bienfaits de la nature. Ils en font un élément constitutif de leur bien-être.

Plusieurs enquêtes en témoignent comme celle de 2017, conduite auprès de 240 habitants du 6ᵉ et du VIIᵉ arrondissement de Lyon constituant un échantillon représentatif de la population ; qui révèle que, pour 71 % des personnes interrogées, un environnement sain et sans nuisance est l’un des dix éléments les plus importants parmi un panel de vingt-neuf éléments dans la constitution de leur niveau de bien-être. De plus, 90 % des Français considèrent que le contact quotidien au végétal est très important ou important, et 75 % déclarent prendre en compte les espaces verts dans leur choix de résidence.

Eco-urbanisme, nouvel hygiénisme, quel futur pour les villes françaises ?

Une chose est sûre : le déconfinement a offert aux municipalités l’opportunité de poursuivre certaines actions engagées et d’en mettre en place d’autres pour améliorer le cadre de vie de leurs concitoyens.

Les coronapistes qui ont vu le jour dans de nombreuses villes françaises en sont un exemple, les campagnes de végétalisation urbaine pour lutter contre le réchauffement climatique aussi.

Cependant, de nombreuses questions demeurent : les collectivités sauront-elles aller plus loin et saisir l’occasion qui se présente à elles pour répondre aux désirs des citadins qui souhaitent vivre dans un milieu urbain apaisé, plus vert et plus respectueux de l’environnement, et aspirent à une vie de quartier et à habiter dans des appartements avec un espace extérieur ? La crise sanitaire que nous traversons laissera-t-elle des traces sur les villes françaises ? L’éco-urbanisme émergent se déploiera-t-il en France, un nouveau modèle hygiéniste verra-t-il le jour ? Quelle sera l’utilisation des NTIC et des objets communicants dans l’aménagement urbain post-Covid-19 (quid de la smart city) ?

The Conversation

Auteure : Lise Bourdeau-Lepage, Professeur des Universités – géographie, Université Jean-Moulin Lyon 3

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons – 19-10-2020  >>> Lire l’article original.

Il a été publié dans le cadre de la Fête de la science 2020 et dont The Conversation France est partenaire. Cette édition avait pour thème : « Planète Nature ? ».

Des sources chaudes du Yellowstone au test PCR

DDes sources chaudes du Yellowstone au test PCR

Trois lettres et plusieurs milliers de tests réalisés par jour en France : « PCR ». Méthode d’amplification de l’ADN largement utilisée par les biologistes, la Polymerase Chain Reaction est seulement connue depuis une trentaine d’années. Plus surprenant encore, c’est grâce à une bactérie récoltée dans le fond des « Hot Springs » de Yellowstone aux États-Unis que la réaction biologique permet de détecter des virus tels que le SARS-CoV-2.

Yvan Rahbé, chercheur en microbiologie au laboratoire MAP1 explique le principe de cette technique qui a révolutionné la biologie et permis de répondre rapidement à la crise pandémique.

[…]

Lire l’article