Face à Face. Exposition du plâtre au grès.

FFace à Face. Exposition du plâtre au grès.

Le projet de l’exposition Face à face du plâtre au grès a émergé au travers d’une visite de Céline Cadaureille au Musée des Moulages (MuMo) en 2018. Six bustes de la collection du musée ont suscité l’imagination de l’enseignante-chercheuse et plasticienne.

Les bustes, moulages d’œuvres antiques, ont inspiré Céline Cadaureille pour créer une série de figures en grès, proposant une réinterprétation des tirages du MuMo. A chaque relecture, un détail de l’œuvre de départ est repris, détourné, exacerbé: ornement végétal, bandeau, ou encore boucles de barbe sont autant d’éléments déterminant l’identité de l’œuvre, que l’artiste a voulu remettre au centre de notre attention.

Ainsi naît un face à face: entre les époques (antiques et contemporaines), entre les matières (plâtre contre grès) et entre les formes (définies et indéfinies).

Cette exposition prévue initialement en avril 2020, sera lancée le 19 septembre 2020 à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine. Elle se poursuivra durant deux mois, jusqu’au 28 novembre 2020.

 

Autour de l’exposition

Sarah Betite et Céline Cadaureille, « Le Musée des Moulages (MuMo): à la croisée de l’enseignement, de la création et de la recherche », L’art de chercher, l’enseignement supérieur face à la recherche-création, sous la direction de Eric Dayre et David Gauthier, Paris, Hermann Editeurs, 2020 (à paraître).

Jeanne de Boulogne : portrait d’une jeune mariée infortunée | Collections & Patrimoine

JJeanne de Boulogne : portrait d’une jeune mariée infortunée | Collections & Patrimoine

Portrait de Jeanne de Boulogne

©J.-P. Cherinian – Université Lumière Lyon 2

#histoiredunmoulage

Le MuMo, ce n’est pas qu’une collection d’antiques ! Le musée conserve un riche fonds d’œuvres médiévales et modernes, dont le portrait de Jeanne de Boulogne.

Le portrait en pied de Jeanne de Boulogne (1378-1424) a été réalisé pour orner la cheminée monumentale du Palais des ducs d’Aquitaine et des comtes de Poitiers (ex-palais de Justice de Poitiers – salle des pas perdus) à l’occasion de son mariage avec le duc de Berry, frère du roi de France, en 1389. Si cette statue est aujourd’hui perdue, la cheminée, œuvre de Guy de Dammartin, reste un des plus beaux témoignages encore visibles de gothique angevin dans l’architecture civile.

L’original a disparu mais le Musée des Moulages de l’Université Lumière Lyon 2 abrite une copie en plâtre de l’œuvre. Elle a été réalisée à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, et se trouve dans la section consacrée aux portraits (inv. M203).

La jeune femme est représentée à l’âge de 12 ans, l’année de son mariage au Duc de Berry*, d’une quarantaine d’années son aîné. Son port de tête est dégagé, sa coiffure particulièrement riche en ornements contraste avec la surface lisse de son front haut. Ses cheveux, tressés de chaque côté de son visage sont couverts d’une coiffe brodée de losanges dans lesquels se logent de petits quatre feuilles. L’ensemble est ceint d’une couronne sur laquelle des perles s’agencent autour de pierres.

Cette statue était accompagnée de plusieurs autres, notamment de Charles VI et Isabeau de Bavière, le roi et la reine, neveu et nièce par alliance de Jeanne, ainsi que Jean de Berry, son époux. La représentation du couple royal côtoyant le couple ducal permet d’insister sur les liens familiaux qui les unissent, mais permet aussi au duc de Berry de montrer sa proximité avec le roi et son rôle important dans la gestion des affaires du royaume.

Isabeau de Bavière portait un costume et des atours très semblables à ceux de Jeanne de Boulogne. Néanmoins, on note une légère individualisation des visages : Isabeau a des lèvres plus pincées, un nez plus camus, une courbe des sourcils plus sévère. Si ce sont avant tout des portraits d’une position sociale (ce qui explique la richesse des atours, l’insistance sur les motifs décoratifs), ce sont donc aussi des portraits de femmes en particulier.

Son mariage avec Jean de Berry ne vient que camoufler le fait que ce dernier s’était largement approprié les terres que Jeanne avait héritées de son père. Veuve en 1416, elle se remarie au peu recommandable Georges de la Trémoille*, qui la dépouille encore un peu plus de ses biens.

L’inventaire réalisé par Gilles Chomer au Musée des Moulages dans les années 1970 indique comme provenance de ce buste la mention « MSC » : Musée de Sculpture comparée, actuelle Cité de l’Architecture et du Patrimoine.

En effet, notre moulage dériverait de celui conservé dans cette institution, qui conserve une reproduction de la statue originale en pied (MOU.01002). On s’aperçoit ici de l’un des intérêts majeurs de la pratique du moulage : conserver la trace d’œuvres disparues, en plus de pouvoir les reproduire.

Jeanne de Boulogne

©Léo Reynolds

Le revers du buste nous permet de comprendre un peu mieux les techniques de moulage. La structure du buste est creuse, soutenue par un étai métallique qui permet de lier la tête au piédouche (la base).

Moulage - Jeanne de Boulogne

©Jean-Paul Cherinian – Université Lumière Lyon 2

Le portrait de Jeanne de Boulogne, particulièrement élégant, fait rayonner l’art médiéval au sein de la section dédiée aux portraits au MuMo : venez l’admirer dès la réouverture du musée !

Glossaire

*Jean de France, duc de Berry (1340-1416) : Frères de Charles V, Jean de Berry règne sur son duché tel un prince sur son état, avec une certaine autonomie, malgré les révoltes auxquelles il est confronté. Associé au règne de Charles VI, son neveu surnommé « le roi fou », il a un poids important dans la gestion des affaires du royaume, avant d’en être écarté par le roi en 1415. Il est resté célèbre pour son mécénat : on lui doit la construction de pas moins de dix-sept châteaux et hôtels, ainsi que la réalisation de manuscrits remarquables, telles les Très Riches Heures du Duc de Berry des frères Limbourg, aujourd’hui conservées à Chantilly, dans la bibliothèque du musée Condé.

*Georges de la Trémoïlle (1384-1446) : Issu d’une famille très prestigieuse, il grandit à la cour de Bourgogne. Il est célèbre pour avoir été un compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, qu’il fait entrer à la cour de Charles VII. L’historiographie l’a cependant longtemps dépeint comme le traître qui a livré la Pucelle aux bourguignons.

Lina Roy – Musée des moulages, Université Lumière Lyon 2

Musée des moulages

Une Afrique en couleurs

UUne Afrique en couleurs

Loin des clichés en noir et blanc et des sculptures admirées pour leurs formes et leur patine sombre, cette exposition vous propose une immersion dans une Afrique où la couleur est reine.

Plus d’informations sur le site du :

Musée des Confluences