L'Université de Lyon est fermée du 25 juillet au 19 août - L'équipe Pop'Sciences, en pause estivale, vous souhaite un bel été !

Les conférences embarquées

LLes conférences embarquées

Embarquez avec un ou une scientifique pour une mini-conférence surprise et confidentielle, sous forme de balade en barque sur le lac du Parc de la Tête d’Or à Lyon !

Dans le cadre de la programmation estivale de la Ville de Lyon Tout l’monde dehors, le CNRS propose des rencontres privilégiées de 20 minutes entre un ou une scientifique, et du grand public en tout petit effectif (2 à 5 personnes… sur une barque !).

Des thématiques toutes plus insolites et originales les unes que les autres pourront être abordées, mais vous le découvrirez seulement une fois à bord ! Qui vous accueillera ? Archéologue, biologiste, mathématicien, généticien, chimiste, géographe, ou peut-être astrophysicien ? Une trentaine de chercheuses et chercheurs vous donnent rendez-vous pour échanger autour de questions de sciences actuelles, drôles ou surprenantes.

Cet événement, gratuit et sans inscription, aura lieu le samedi 29 août de 14h à 18h au Parc de la Tête d’Or.
Les conférences sont accessibles à partir de 8 ans.

Mesures Covid-19 : le strict respect des gestes barrière sera assuré afin de vous accueillir dans les meilleures conditions. Le port du masque sera obligatoire (pour tous les visiteurs de 11 ans et plus) pour accéder aux conférences.

En savoir plus

 

Pop’Sciences Mag dans votre boîte aux lettres

PPop’Sciences Mag dans votre boîte aux lettres

Pop’Sciences constitue, pour son magazine de culture scientifique, un réseau d’ambassadeurs-lecteurs qui recevront gratuitement un exemplaire à chaque parution de Pop’Sciences Mag.

En commençant par le dernier numéro « Océan. Une plongée dans l’invisible », dont vous pourrez profiter les prochains mois pour vos lectures estivales, vous serez ensuite les heureux lecteurs des prochains numéros de ce magazine semestriel produit par l’Université de Lyon.

Un bel objet, aux enquêtes fouillées et sérieusement vulgarisées, dans votre boite aux lettres ?

Inscrivez-vous sans attendre

 

Faut-il laisser l’océan au repos ?

FFaut-il laisser l’océan au repos ?

Pendant les quelques semaines de confinement lié à la pandémie de Covid-19, le bruit des moteurs, les chantiers offshore, la surpêche ont drastiquement baissé en intensité. Cette trêve méritée ne restera-t-elle qu’une brève parenthèse enchantée pour les océans ? Ou bien une occasion sans pareille pour réinventer notre rapport aux écosystèmes marins et à l’usage que nous faisons de leurs richesses ? Ces 3 conférences scientifiques nous permettent d’interroger le devenir des milieux marins.

Avec Henri Bourgeois Costa, expert en économie circulaire pour la mission de la Fondation Tara Océan sur les pollutions plastiques.

Avec Sylvain Pichat, Maitre de conférences en géologie et paléo-océanographie, à l’ENS de Lyon (Laboratoire de Géologie de Lyon) et chercheur invité au Max Plank Institute.

 Avec Kiara Néri, Maîtresse de conférences en droit international et maritime, à l’Université Jean-Moulin Lyon 3 (Centre de droit international).


Programmation réalisée en collaboration avec la Maison de l’environnement.

Ils soutiennent la réalisation de ce programme

   

 

Lectures urbaines anthropocènes

LLectures urbaines anthropocènes

Retrouvez la veille des publications sur les mondes urbains anthropocènes, réalisée par Bérénice Gagne de l’Ecole urbaine de Lyon.

La seconde sélection parue en juin 2020

La première sélection parue en février 2020

La sélection des lectures urbaines anthropocènes 2019

Si vous avez des suggestions pour enrichir cette veille bibliographique, n’hésitez pas à les partager : berenice.gagne@universite-lyon.fr

Retrouvez la veille urbaine anthropocène et les parutions au fil de l’eau sur twitter : @BereniceGagne

Océan. Une plongée dans l’invisible | Pop’Sciences Mag #6

OOcéan. Une plongée dans l’invisible | Pop’Sciences Mag #6

Les milieux marins, bien qu’ils soient encore peu explorés, subissent de plein fouet les contrecoups des activités humaines. Pollutions plastiques ou industrielles, réchauffement des eaux, fonte des glaces, acidification généralisée des mers… L’hasardeuse gestion des ressources terrestres et océaniques par les humains a mis en péril l’équilibre de l’océan, pilier du vivant.

ÉÉDITO

Malgré cela, une lueur d’espoir s’est ravivée pendant la longue période de confinement que nos sociétés ont traversé entre mars et mai 2020. Le volume et l’intensité de nos activités a baissé de telle sorte que le vivant a rapidement repris ses marques là où on ne l’attendait plus. À Venise, en Méditerranée et sur une majeure partie de nos littoraux nous avons constaté – stupéfaits et rassurés – que le reste du monde vivant était doué d’une capacité de résilience plus importante que nous l’escomptions.

 

Du constat à l’action, la marche est grande et ce nouveau numéro de Pop’Sciences Mag contribue à rappeler que les milieux marins sont essentiels à notre subsistance. Partons du principe que (mieux) connaître les océans, c’est déjà (mieux) les protéger. De nombreuses équipes de recherche de l’Université de Lyon, bien que ni la ville de Lyon ni Saint-Étienne n’aient de façade maritime, étudient de nombreux phénomènes sous-marins : mécanique des fluides, chimie des océans, acoustique, microbiologie, géologie, archéologie sous-marine, droit international … Autant de disciplines à l’affut de phénomènes parfois imperceptibles, mais primordiaux pour la compréhension et la préservation des fonds marins.

La part invisible de l’océan

Dans le creux des courants, à la surface et dans les profondeurs des mers, se cachent des sons, une faune, des édifices, des microparticules et des phénomènes chimiques presque insaisissables. C’est à cette part invisible et mystérieuse que l’Université de Lyon via Pop’Sciences Mag s’intéresse. Une exploration de l’univers océanique en saisissant son rôle crucial dans la régulation du climat, en traversant les frontières invisibles qui le morcelle, en observant les surprenants phénomènes de bioluminescence qui se produisent dans les abysses, en écoutant les complexes paysages sonores qui s’y dessinent et en partant à la recherche des ports perdus de l’Antiquité.

Allez au-delà de ce que vous pensez connaître de l’océan en étudiant ce qu’il nous cache le plus. Car, c’est dans l’imperceptible et l’inexploré des milieux marins que se dissimulent les raisons de croire à leur préservation.

Plongez dans l’invisible !

Stéphane Martinot, Administrateur provisoire de la COMUE Université de Lyon


Avec la participation des laboratoires de l’Université de Lyon suivants :

12 solutions océaniques pour lutter contre le réchauffement climatique

112 solutions océaniques pour lutter contre le réchauffement climatique

Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Illustrations : Solène Rebière.

Textes : Benoît de La Fonchais   |   4 juin 2020


L’océan se trouve au cœur du système climatique de la planète. Sa santé est donc cruciale non seulement pour les écosystèmes marins mais aussi pour la survie de toute l’humanité.

Plus que jamais, nous devons le protéger. Mais nous pouvons aussi faire de l’océan le premier levier de lutte contre le réchauffement planétaire. C’est le message délivré par une équipe internationale de chercheurs en octobre 2018*. S’appuyant sur une vaste bibliographie, ils ont évalué le potentiel d’une douzaine de solutions, locales ou globales, que l’océan nous offre pour lutter contre le changement climatique.

Avertissement : toutes ne sont pas également réalistes, efficaces ou pertinentes (notamment les solutions génétiques ou de géo-ingénierie), mais elles représentent des pistes concrètes sur lesquelles gouvernements et populations doivent réfléchir ensemble.

* Ocean Solutions to Address Climate Change and Its Effects on Marine Ecosystems – Frontiers in Marine Science – Volume 5 – 2018 – p. 337

 

1. Développer les énergies marines renouvelables

Utiliser l’énergie des vents, des courants, de la marée, de la houle, exploiter les différences de température des eaux.

©Solène Rebière

 

2. Préserver et restaurer la végétation côtière

La végétation littorale (mangrove, marais salants, herbiers marins…) contribue à l’absorption du CO2 d’origine anthropique

©Solène Rebière

 

3. Fertiliser l’océan

Enrichir l’océan en éléments nutritifs (fer) pour développer le phytoplancton et augmenter ainsi sa capacité d’absorption en CO2.

4. Alcaliniser l’océan

Enrichir l’océan en ions magnésium, sodium ou calcium pour améliorer la solubilité du CO2

©Solène Rebière

 

5. Lutter contre la pollution

Limiter les sources de pollution d’origines terrestre ou fluviale (eaux usées, plastiques…).

6. Protéger les habitats et les écosystèmes

Créer des aires marines protégées pour préserver la biodiversité marine et les services rendus par les océans.

©Solène Rebière

 

7. Préserver les ressources

Arrêter la pêche intensive et la surexploitation des réserves halieutiques.

8. Augmenter l’albédo de l’océan (le pouvoir réfléchissant de sa surface)

Tapisser la surface de l’océan d’une mousse non polluante pour réfléchir les rayons lumineux.

©Solène Rebière

 

9. Augmenter le pouvoir réfléchissant des nuages

Pulvériser à grande échelle de l’eau de mer ou d’autres substances dans la basse atmosphère.

10. Surveiller l’hydrologie

Contrôler la qualité des eaux et des sédiments qui se déversent dans l’océan au niveau des grands
bassins fluviaux.

©Solène Rebière

 

11. Restaurer les écosystèmes dégradés

Revitaliser ou recréer des récifs coralliens, par exemple.

12. Agir sur la génétique

Modifier les gènes des espèces marines pour qu’elles s’adaptent au réchauffement climatique.

©Solène Rebière

 


Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Océan : les nouveaux diplomates

OOcéan : les nouveaux diplomates

Cette série de portraits est issue du dernier Pop’Sciences Mag : Océan. Une plongée dans l’invisible


Qui peut imaginer raconter aux générations futures, qu’à l’aube de notre millénaire nous pouvions encore observer des cachalots en Méditerranée ?

Que lorsque nous étions enfants, les îles Marshall n’étaient pas englouties par l’océan ? Ou que la faune marine n’a pas toujours eu l’habitude de se nourrir de plastique ? Nous n’échapperons à ce macabre récit, qu’en s’appuyant sur les épaules de celles et ceux qui, aujourd’hui, agissent concrètement et quotidiennement pour protéger les écosystèmes marins. Rencontre avec ces sentinelles qui nous offrent des raisons de changer nos comportements et de ne pas tomber dans la mélancolie d’un Océan qui serait déjà perdu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nouveau n° de Pop’Sciences Mag accessible gratuitement dès le 8 juin

Exemplaire papieR (envoi gratuit par la poste)

Version numérique sur le portail Pop’Sciences

 

Rendez-vous Pop’Sciences : pour les contributeurs et acteurs de la CSTI | Séminaire en distanciel le 24 juin

RRendez-vous Pop’Sciences : pour les contributeurs et acteurs de la CSTI | Séminaire en distanciel le 24 juin

Chercheurs, chargés de communication, enseignants, étudiants, acteurs de la CSTI, contributeurs à Pop’Sciences…

La Direction Culture, Sciences et Société vous propose un séminaire Pop’Sciences en distanciel le 24 juin.

Les séminaires Pop’Sciences nous permettent de nous retrouver, acteurs de la culture scientifique, technique et industrielle (CSTI)   pour continuer à partager des idées, imaginer des partenariats, instruire des sujets précis… afin de continuer à proposer aux publics curieux de sciences une qualité d’information et de médiation scientifique tout au long de l’année.

Le contexte actuel ne nous permettant pas de nous retrouver dans un lieu commun, nous vous proposons un rendez-vous à distance.

Cette version en numérique du séminaire sera l’occasion de :

  • vous  faire un bilan sur la valorisation de vos ressources et médiations mises en ligne sur Pop’Sciences lors de ces derniers mois | 9h30 – 10h
  • vous présenter le festival Pop’Sciences 2021 (lieu, date, thématique, appel à participation) | 10h – 10h15
  • vous donner la parole : partagez votre retour d’expérience de la situation de confinement (actions que vous avez mises en place, adaptations, nouvelles pratiques…) | 10h 15 – 11h
  • d’ouvrir une réflexion sur les actions envisagées au vu du contexte général : évènements « dématérialisés », nouvelles pratiques , initiatives, moyens… / Échanges, débat | 11h – 11h30

 

Date :  mercredi 24 juin de 9h30 à 11h30

Organisé par la Direction Culture, Sciences et Société de l’Université de Lyon

Sur inscription : Cliquez sur le lien  « S’inscrire » ci-contre

Vous pouvez indiquer dans le formulaire si vous souhaitez présenter vos projets (5 à 6 min)

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A découvrir avant le séminaire : Pop’Sciences MAG

Océan. Une plongée dans l’invisible

©Pop’Sciences

 

Faut-il laisser l’océan au repos ? [Pop’Sciences Forum]

FFaut-il laisser l’océan au repos ? [Pop’Sciences Forum]

3 conférences scientifiques captivantes – depuis chez vous – pour s’interroger sur le devenir des fonds marins.

RDV le 8 juin à 17h30. Événement retransmis en direct sur cette page, ainsi que sur Facebook et YouTube. Pour dialoguer et poser vos questions directement aux intervenants, inscrivez-vous dès maintenant !

Le confinement généralisé a offert une trêve aux écosystèmes marins. Pendant quelques semaines, le bruit des moteurs, les chantiers offshore, la surpêche ont drastiquement baissé en intensité. Difficile de penser au monde d’après sans réinventer notre rapport aux écosystèmes marins et à l’usage que nous faisons de leurs richesses. L’occasion de sceller un nouveau pacte avec l’Océan. Les conférences sont enregistrées en direct depuis la Maison de l’Environnement de Lyon.

  • 17h30 : Pollutions plastiques des océans. L’état d’urgence est déclaré ! Avec Henri Bourgeois Costa, expert en économie circulaire pour la mission de la Fondation Tara Océan sur les pollutions plastiques.
  • 18h15 : Préserver la machinerie océanique et sa fonction de régulatrice majeure du climat. Avec Sylvain Pichat, Maitre de conférences en géologie et paléo-océanographie, à l’ENS de Lyon (Laboratoire de Géologie de Lyon) et chercheur invité au Max Plank Institute.
  • 19h00 : Sanctuariser 30% des aires marines : un défi géopolitique. Avec Kiara Néri, Maîtresse de conférences en droit international et maritime, à l’Université Jean-Moulin Lyon 3 (Centre de droit international).

 PROGRAMMATION Océan   |   LE MAG


Contacts


Programmation réalisée en collaboration avec la Maison de l’environnement.

Ils soutiennent la réalisation de ce programme

   

 

Fake news : pourquoi la communication scientifique doit évoluer | Un article Pop’Sciences

FFake news : pourquoi la communication scientifique doit évoluer | Un article Pop’Sciences

La crise sanitaire du Covid-19 a mis l’information scientifique en crise. Mais on ne résoudra pas cette crise en continuant à opposer les personnes « bien informées » et les autres.

Un article rédigé par Cléo Schweyer, journaliste scientifique, Lyon, pour Pop’Sciences – 14-05-2020

Si vous voulez faire changer quelqu’un d’avis à propos d’un fait scientifique, inutile de lui partager une tonne d’informations. Non seulement ça n’est pas efficace, mais cela a même toutes les chances de renforcer ce que cette personne pense déjà — alors que vous savez bien, vous, qu’elle a tort !

@pixnio CC0

« Nous voyons mieux les erreurs de raisonnement chez les autres que chez nous-mêmes », avertit Ira Noveck, directeur de recherche en psychologie expérimentale lyonnais1 et spécialiste du raisonnement.

Notre attitude face à une information scientifique est dictée par nos valeurs et nos émotions davantage que par la logique. Nous avons l’habitude d’appréhender cette subjectivité comme une défaillance : pas suffisamment de compétences pour distinguer le vrai du faux, pas suffisamment d’esprit critique face à une réputation prestigieuse ou un récit bien ficelé…

La crise sanitaire a mis l’information scientifique en crise

Un article paru sur le site de Radio-Canada le 25 avril 2020 décrit ainsi comment « Jean-François » a plongé depuis la crise sanitaire dans les « théories conspirationnistes » : « Une perte d’emploi et une rupture amoureuse difficile l’avaient amené à se replier. […] Depuis, Jean-François, âgé d’une cinquantaine d’années, habite seul dans le chalet familial et vit de l’aide sociale. » Ce portrait de l’internaute en loup solitaire nous est familier, mais ne nous aide pas vraiment à penser notre rapport à l’information. Entre mars et avril 2020, nombre d’articles de presse ont déploré la multiplication sur les réseaux sociaux numériques des « fake news », « fake meds » et autres « théories du complot » (des termes souvent employés comme des équivalents). Une production éditoriale un brin alarmiste que le blog rationaliste Zet Ethique résume par la formule « les gens pensent mal », et qui voit dans la crise du Covid-19 une crise de l’information scientifique qu’il faudrait résoudre par davantage de communication des sciences.

Il est vrai que nos mécanismes cognitifs ne sont pas toujours rationnels. Mais ce que nous faisons d’une information s’inscrit aussi fortement dans notre contexte socio-culturel : « Nous sommes actifs dans la réception d’une information scientifique », rappelle Benoît Urgelli, chercheur en didactique et médiatique des sciences1. « On interprète le savoir scientifique en fonction de ce que l’on sait d’autre, de nos croyances, nos valeurs : on projette du sens. » Envisagé sous cet angle, notre rapport à l’information scientifique est un fait social autant qu’une affaire de compétences individuelles. Et l’une des dimensions de ce fait social est justement la médiatisation massive de la production scientifique, notamment via les plateformes et réseaux sociaux numériques : loin de contribuer à contrebalancer nos attitudes vis-à-vis de l’information scientifique, ces acteurs industriels semblent mettre leurs effets à profit. On peut alors légitimement se demander si l’abondance d’information ne conduit pas, paradoxalement, à être moins bien informés…

Les biais cognitifs sont utiles face à un trop-plein d’information

CCO domaine public

« Notre raisonnement est travaillé par un ensemble de biais cognitifs », rappelle en préambule Ira Noveck. Les psychologues Kahneman et Tversky, qui ont proposé ce concept dans les années 1970, estiment que les biais sont au raisonnement ce que les illusions d’optique sont à la vision. Ils nomment heuristiques ces schémas de pensée qui déterminent nos tendances à faire systématiquement des choix non rationnels. A votre avis, existe-t-il dans la langue anglaise davantage de mots qui commencent par R, ou davantage de mots dont la troisième lettre est R ? La bonne réponse est la deuxième proposition, mais la majorité d’entre nous choisit la première, en vertu du biais de disponibilité : « Je vais sans doute trouver plus facilement des exemples de mots commençant par R, je conclurai donc que ce sont eux les plus nombreux », décrypte Ira Noveck.

Dans le même ordre d’idée, le biais de confirmation nous incline à ne retenir que les informations qui valident ce que l’on sait ou pense déjà, tandis que l’erreur d’attribution fondamentale conduit à accorder une importance démesurée aux caractéristiques internes d’une personne (ses opinions, son caractère, ses intentions) pour analyser son comportement dans une situation donnée, au détriment des faits. Face à un problème à résoudre ou à deux informations à discriminer, ce type de biais permet une prise de décision rapide. Buster Benson a ainsi classé en quatre catégories les quelque 180 biais identifiés par Kahneman et Tversky : « trop d’information », « manque de sens », « besoin d’agir vite », « de quoi doit-on se rappeler ? ». Les heuristiques auraient donc une utilité dans le traitement de l’information, ce qui invite à ne pas les considérer comme complètement irrationnels, bien qu’ils affectent la qualité du raisonnement logique.

La circulation des informations dépend de leur pertinence

S’ils constituent une explication séduisante aux attitudes individuelles, les biais tendent à se neutraliser quand plusieurs individus réfléchissent ensemble. Pour Julien Bondaz, anthropologue lyonnais2 qui a ethnographié différentes rumeurs en Afrique de l’Ouest, un éclairage sur notre rapport collectif à l’information peut être apporté par le fonctionnement de la rumeur : « C’est une information qui circule de manière très intense dans un laps de temps court. Le moteur de cette circulation, c’est la pertinence culturelle de l’information ». Théorisée par l’anthropologue Dan Sperber, la notion de pertinence culturelle décrit la manière dont une information fait sens dans un environnement donné. En contexte de transmission d’information, la notion recouvre l’intérêt de l’information (pour soi-même et pour les personnes avec lesquelles on est en relation), la légitimité de la source dont elle provient, et l’intention prêtée à cette source :

« Si une information est communiquée d’une manière inadéquate, elle présentera un décalage entre son contenu et ce qui semble être l’intention des entités qui la diffusent. Ce décalage peut alimenter la suspicion d’intentions cachées : c’est toute la difficulté du démenti, un exercice très délicat », analyse Julien Bondaz.

©torange.biz CC-BY 4.0

« La rumeur, c’est un récit dont on doute, mais qu’on partage, car il est intéressant, pertinent par rapport à un contexte », ajoute l’anthropologue qui relève ainsi les traits communs à nombre de rumeurs : elles avertissent d’un danger, réactivent la peur de l’étranger ou la méfiance vis-à-vis des élites. James Scott, chercheur américain en sciences politiques, a pu voir dans la rumeur une « arme des faibles », une forme de résistance pour des citoyens s’estimant peu ou pas écoutés. Elle relève aussi, tout simplement, du souhait de mettre en discussion la véracité d’une information : Julien Bondaz souligne que la rumeur est souvent colportée uniquement pour savoir ce que d’autres en pensent.

La science apparaît comme accrochée à son autorité

@Vincent Noclin

Ces réflexions résonnent avec les objections formulées par de nombreux chercheurs au « modèle du déficit », qui suppose que les publics ont avant tout besoin d’instruction. Dans cette perspective héritée des Lumières, des savants transmettent à des non-savants des connaissances qui vont leur permettre d’exercer leur esprit critique et leur « citoyenneté scientifique ». Des enquêtes menées depuis les années 2000 (par exemple, celle de Kahan en 2010 aux États-Unis) ont plutôt montré que l’exposition à l’information scientifique, non seulement n’améliore pas la confiance vis-à-vis des sciences des personnes interrogées, mais peut même renforcer leur méfiance initiale.

« Les enquêtes d’opinion montrent que les publics de la science font confiance aux scientifiques, mais pas au projet technoscientifique : ils veulent savoir qui finance, quels sont les risques, en quoi il peut s’opposer à leurs valeurs » précise Benoît Urgelli.

@bicanski CC0

Face à ces attentes, la recherche est trop souvent dépeinte comme « un idéal de savoir désincarné». La tendance des institutions scientifiques à communiquer sur leur production, plutôt que sur le « contrat scientifique » (travail collectif, évaluation par les pairs, succession d’étapes vers la robustesse de la preuve), « gomme les incertitudes et la complexité » du processus de recherche.

Les conséquences s’en font sentir à l’occasion de la crise sanitaire du premier semestre 2020 : « On attend des chercheurs une solution clé en main qu’ils n’ont pas », souligne ainsi Chérifa Boukacem-Zeghmouri, professeure en sciences de l’information et de la communication3. « Et le contexte accentue l’accélération et la compétition que connaît la recherche depuis une vingtaine d’années, deux phénomènes qui mettent à mal les valeurs et les pratiques de recherche.» Et font apparaître les sciences comme accrochées à une autorité qui ne se justifie plus par la fiabilité de leurs énoncés.

Les algorithmes participent à la conversation

CCO Domaine public

De nombreux travaux décrivent comment la communication scientifique met en tension les savoirs d’expérience, ceux des citoyens et les savoirs élaborés au sein des institutions scientifiques. On a pu ainsi assister sur les réseaux sociaux à de multiples discussions, souvent houleuses, opposant des vues antagonistes sur la meilleure manière de gérer la crise, voire de soigner le Covid-19, chaque personne avançant son expérience et partageant ses sources, liens vers des articles, documents, etc. Quand l’information scientifique circule et est débattue sur des plateformes de réseaux sociaux, une des premières questions qui se pose aux parties prenantes est ainsi de savoir qui est légitime, crédible sur un sujet donné. Dans la vie « hors ligne », cette légitimité nous est conférée par notre statut social et professionnel. En ligne, c’est notre profil sur le réseau qui va jouer ce rôle.

Valérie Croissant, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication3, a étudié de près les recommandations culturelles (critique amateure de films, de livres, etc) sur les réseaux sociaux et des plateformes comme Sens critique. Ses résultats invitent à dépasser le cliché de l’internaute passif et dénué d’esprit critique :

« On voit que plus un profil est actif, plus il apparaît comme légitime aux yeux des autres. Mais son autorité est aussi construite par les plateformes elles-mêmes, qui produisent et mettent en forme des données (ancienneté du profil, nombre de contenus produits) à travers lesquels cette autorité va être appréciée par les autres utilisateurs. »

Quand on débat en ligne, l’algorithme de la plateforme participe à la conversation. Il joue le rôle de médiateur invisible, non seulement en sélectionnant les contenus mis en avant, mais aussi en documentant les participants au débat : c’est en partie à travers les données fournies par la plateforme que l’on va se faire une idée sur leur identité, leurs opinions, et finalement leur compétence sur le sujet débattu. Notre appropriation de l’information scientifique en ligne est donc prise dans la logique industrielle des plateformes, pour l’essentielle invisible à nos yeux :

« Les médias sociaux, qui sont avant tout des acteurs économiques, insistent pour se présenter comme des médias « sans médiation ». Leur approche quantitative des activités sociales leur permet d’afficher une absence d’idéologie. Les autres formes de médiations, y compris les médias traditionnels, apparaissent, comme des agents troubles, dont les médiations sont épaisses et « transforment » le monde plus qu’ils n’en rendent compte. C’est aussi par cet effet de comparaison qu’ils ne sont plus audibles ou crédibles auprès du grand public et des jeunes », analyse Valérie Croissant.

Une science gonflée aux hormones

Au-delà des compétences individuelles (esprit critique, connaissances), nos attitudes face à l’information scientifique méritent donc d’être regardées pour ce qu’elles sont, une palette de logiques d’engagement, saisies par des acteurs industriels (plateformes de réseaux sociaux ou éditeurs) qui ont justement mis l’engagement au centre de leur modèle économique. Chérifa Boukacem-Zegmour est spécialiste de l’édition scientifique : une industrie dont les chercheurs ne peuvent se passer, car ils sont évalués et financés sur la base de la réputation des revues dans lesquelles ils publient, mais qui semble être en roue libre depuis le début de la crise du Covid-19.

« Les chercheurs ont commencé par demander aux revues de mettre en accès libre les articles [habituellement payants] référencés avec des mots-clés liés au Covid. C’était effectivement nécessaire ! » Quatre mois plus tard, près de 25 articles scientifiques sont publiés par jour, la plupart sinon aucun n’ayant été évalué par des pairs : « Même une revue très prestigieuse comme Cell assume de demander à ses revieweurs des révisions en 24 ou 48 heures, alors que cela prend plusieurs semaines d’habitude. »

Et beaucoup de chercheurs déposent leur « prépublication », c’est-à-dire quasiment un premier jet, sur des archives ouvertes. Ils peuvent alors être lus et commentés par d’autres chercheurs, ce qui est une bonne chose pour la recherche, mais ils vont aussi se mettre à circuler hors du champ scientifique et alimenter le débat public. Nous sommes littéralement ensevelis sous l’’information scientifique, au moment même où le repère traditionnel de l’évaluation par les pairs vacille.

« Depuis quelques années, les statistiques de partage sur les réseaux sociaux et dans la presse grand public ont commencé à être comptabilisés pour l’évaluation des chercheurs », précise Chérifa Boukacem-Zeghmouri. « Sur le long terme, les revues (et les chercheurs !) ont donc tout intérêt à faire le buzz. Cela finit par se traduire en notoriété, donc en valeur économique. »

Face à cette science « gonflée aux hormones », nos discours sur le manque d’esprit critique du public paraissent bien datés. Et pourtant, chercheurs et citoyens ont plus que jamais besoin les uns des autres. Par où commencer ? « Depuis les années 1980 et l’épidémie de HIV, la recherche médicale a appris à faire participer les patients à la réflexion scientifique. D’autres disciplines ont suivi. Nous gagnerions à développer cette démarche dans le maximum de recherches », plaide Benoît Urgelli. « Et surtout, surtout, nous devons aider les chercheurs à tenir bon sur l’évaluation par les pairs », insiste Chérifa Boukacem-Zeghmouri.

« La recherche n’est pas une victime innocente des fake news ou de la marchandisation de la science, certains chercheurs ont de vraies stratégies médiatiques. Ce qui montre que la science n’est plus un champ à part. Nous devons protéger les garde-fous. »

Pourquoi ne pas compter le grand public comme un allié, plutôt que comme une partie du problème ?

@Vincent Noclin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Notes

(1) Institut des Sciences et Pratiques d’Éducation et de Formation (Université Lumière Lyon 2)

(2) Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux Contemporains (Université Lumière Lyon 2)

(3) Laboratoire ELICO (Université Claude Bernard Lyon 1, Université Lumière Lyon 2 et Université Jean Moulin Lyon 3, MSH Lyon – St-Etienne, Sciences Po Lyon, ENSSIB)

 

PPour aller plus loin