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L’IA, une nouvelle révolution industrielle ?

L’IA, une nouvelle révolution industrielle ?

Augmentation de la productivité, disparition de certains métiers, nouveaux modèles économiques, modifications des relations sociales, droit du travail, formation : ce que l’intelligence artificielle va changer dans le monde du travail.

 

Nos experts :

  • Cyril Couffe, docteur en psychologie cognitive, directeur de la chaire de recherche Talents de la transformation digitale à Grenoble École de Management ;
  • Amélie Cordier, directrice scientifique d’Hoomano (IA embarquée en robotique sociale et interactive), co-présidente de Lyon-IsAI ;
  • Fabrice Jumel, enseignant-chercheur à CPE, l’École supérieure de chimie, physique, électronique de Lyon (CPE Lyon) ;
  • Mathieu Guillermin, maître de conférences à l’Institut catholique de Lyon, physicien et philosophe spécialiste de l’éthique des sciences et des technologies.

L’IA, une nouvelle révolution industrielle ?

L’adoption d’agents intelligents par la sphère productive s’inscrit dans un mouvement qui a commencé il y a longtemps : celui de la robotisation. L’IA y ajoute une couche cognitive qui permet de déléguer aux robots des procédures et des tâches jusqu’ici réservées aux humains. On est plutôt dans un processus d’évolution progressive : les technologies d’apprentissage automatique (machine learning, deep learning) sont connues et utilisées dans de nombreux secteurs. Cependant, des changements importants se profilent avec l’arrivée d’agents capables de traiter le langage naturel (chatbots) et de permettre des interactions hommes-machines plus fluides : par exemple, pour répondre automatiquement à des mails. Il reste encore du chemin à faire, mais les progrès sont rapides, comme on vient de le voir avec la présentation par Google de son assistant vocal Duplex.

Avec Cyril Couffe et Mathieu Guillermin :

Une IA pourrait-elle prendre des décisions stratégiques ?

C’est déjà le cas dans le domaine des marchés financiers, avec le trading haute fréquence, phénomène qui a amplifié la crise de 2008. Le cadre éthique posé aujourd’hui dit qu’une IA doit toujours être supervisée par un humain. Un agent intelligent fait des recommandations stratégiques mais c’est l’humain qui décide en dernière instance (outils d’aide à la décision). Encore faut-il avoir confiance dans l’IA… D’où l’importance de comprendre comment elle fonctionne. Il est impératif de rester maître du processus.  Au chapitre des opportunités, on peut espérer que l’IA favorisera le processus de décision, le rendra plus clair et objectif et favorisera ainsi le consensus.

Avec Amélie Cordier et Fabrice Jumel :

 

L’IA va-t-elle changer nos modèles économiques ?

La part du travail dans les coûts de production va considérablement baisser. Certains services mondiaux comme Instagram tournent avec quelques centaines de salariés et réalisent un chiffre d’affaires comparable à celui de grands groupes industriels de plusieurs dizaines de milliers de salariés. Ces services sont gratuits pour l’utilisateur. Ils se financent en collectant et en traitant des données qui servent à mieux connaître les comportements des consommateurs pour leur proposer des publicités finement ciblées.

Avec Cyril Couffe :

Avec Fabrice Jumel :

L’État et la loi doivent-ils encadrer le développement de l’IA ?

En Europe, la collecte et l’utilisation des données sont déjà encadrées. Ce cadre vient d’être renforcé avec la mise en place du RGPD (Règlement général sur la protection des données). En France, la Cnil s’appuie sur le principe de loyauté pour réguler l’usage de l’IA. Qu’attendons-nous des IA ? Comment les IA peuvent-elles répondre à ces attentes ? L’État est dans son rôle, car il s’agit de la protection du citoyen, mais il aura du mal à contrôler toutes les initiatives. Il est difficile de stabiliser le cadre juridique dans cette période de transition. Cela n’empêche pas de mettre en place des comités de vigilance pour réfléchir aux conséquences de nos choix, voire à revenir en arrière en cas de nécessité.

Avec Amélie Cordier et Mathieu Guillermin :

Comment garder la main ? [Le « bouton rouge » du robot Pepper]

@ViseeA

Notes
  • Direction de la Publication : Khaled Bouabdallah, Président de l'Université de Lyon
  • Rédaction en chef : Florence Belaën, Directrice culture, sciences et société - Université de Lyon
  • Auteurs : Samuel Belaud (Université de Lyon ) ; Benoît de La Fonchais (Oxymore Conseil)
  • Direction artistique : Antoine Ligier (Visée.A)
  • Comité de rédaction : Patricia Lamy, Samuel Belaud, Marine Bourdry (Université de Lyon ) ; Antoine Ligier (Visée.A) ; Benoît de La Fonchais (Oxymore Conseil)
  • Crédits illustrations : Julien Richetti ; Solène Rebière
  • Crédits photographiques et vidéos : Visée.A
  • Partenaires scientifiques et universitaires : Hoomano ; Institut Cellule souche et cerveau (Inserm, Université Claude Bernard Lyon1, Inra) ; Groupe d'Épistémologie et d’éthique des sciences et des technologies du laboratoire de Biologie générale de l’Institut catholique de Lyon (UCLy) ; Centre régional de lutte contre le cancer Léon Bérard ; Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR) ; Laboratoire Ergonomie et sciences cognitives pour les transports (LESCOT) ; Transpolis ; Chaire de recherche « Talents de la transformation digitale » à Grenoble École de Management ; Lyon-IsAI ; CPE Lyon - École supérieure de chimie, physique, électronique de Lyon.
  • Partenaires institutionnels : Région Auvergne-Rhône-Alpes ; Métropole de Lyon ; Ville de Villeurbanne.
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