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Alimentation

Face à la précarité alimentaire étudiante, des réponses sur le campus

À Centrale Lyon, sur le campus d’Écully, des initiatives ont vu le jour dans le sillage de la pandémie pour répondre aux enjeux de précarité étudiante. Épicerie solidaire, jardin partagé, grainothèque : portés par les étudiants et le service de la vie étudiante, ces dispositifs proposent des solutions concrètes pour faciliter l’accès à une alimentation abordable, tout en favorisant le partage, l’apprentissage et l’engagement collectif.

Par Marie Privé, journaliste.

Photos : Vincent Noclin

 

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© Visée.A

 

UN JARDIN AU CŒUR DE LA RESIDENCE

Au pied de la résidence étudiante Paul Comparat, qui accueille un peu plus de 400 élèves, une serre et des bacs potagers ont pris place sur un ancien espace délaissé, autrefois simple passage vers les poubelles. Installé en 2024, ce coin de verdure a trouvé sa place dans la vie du campus. Les récoltes sont partagées entre les étudiants impliqués dans le projet et parfois distribuées dans les étages de la résidence. Pensé au plus près des lieux de vie, l’espace s’intègre naturellement au quotidien des étudiants.

© Vincent Noclin

 

SEMER, RECOLTER, S’INITIER

© Vincent Noclin

 

Autour des bacs potagers, Éléa et Malo, membres de l’association étudiante Planet&Co, présentent le jardin partagé du campus. Tomates, courgettes, aubergines, fraises ou encore herbes aromatiques : les cultures évoluent au fil des saisons et des expérimentations. « On souhaite aussi planter des arbres fruitiers autour de la résidence », explique Éléa. Une vingtaine d’étudiants, ainsi que quatre membres du personnel, s’investissent dans le projet, qui s’accompagne aussi de formations pour apprendre à cultiver et entretenir un potager.

© Vincent Noclin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DES PRODUITS ACCESSIBLES SUR PLACE

Dans l’épicerie solidaire du campus, un étudiant remplit son panier entre les rayonnages de pâtes, conserves et produits d’hygiène. Gérée par l’association Solidari’Terre, elle propose deux fois par semaine des produits à environ un quart du prix du marché. Ouverte en 2024, elle s’adresse aux étudiants boursiers et, plus largement, à ceux en situation de précarité, sur critères sociaux. Une trentaine d’étudiants en bénéficient aujourd’hui régulièrement, alors que plusieurs centaines pourraient y prétendre. Certains hésitent encore à franchir le pas, par sentiment de gêne ou de manque de légitimité.

© Vincent Noclin

 

L’ENGAGEMENT ETUDIANT EN ACTION 

© Vincent Noclin

Flore et Jean, responsables de l’épicerie solidaire, échangent avec un étudiant venu faire ses courses. Deux midis par semaine, ils ouvrent ce local exigu pour proposer des produits secs et d’hygiène à prix réduits. Ils sont trois étudiants à assurer le fonctionnement de l’épicerie, qui repose sur l’engagement bénévole et s’inscrit dans une dynamique associative déjà bien ancrée sur le campus.

 

 

UN PANIER A PRIX DOUX

© Vincent Noclin

 

 

Pâtes, lentilles, biscuits, conserves : ce panier, composé à l’épicerie solidaire, revient à moins de 3 euros. De quoi tenir plusieurs repas à moindre coût, même si l’absence de produits frais rappelle le rôle d’appoint de cette aide. Sur le campus, d’autres dispositifs, comme le jardin partagé ou une AMAP (Association pour la maintien d’une agriculture paysanne), permettent de compléter cette offre.

 

 

 

 

© Vincent Noclin

L’IMPULSION DU PROJET

Christophe Guibert, responsable du service de la vie étudiante et directeur de la résidence, où il vit avec sa famille, est à l’origine des premières initiatives. Durant la pandémie, il aménage un petit jardin devant son logement, sur le campus. « Je m’ennuyais un peu, alors j’ai commencé avec trois palettes. Des étudiants ont trouvé ça sympa et m’ont demandé s’ils pouvaient faire pareil. » L’idée fait rapidement son chemin, jusqu’à donner naissance au jardin partagé actuel et aux autres dispositifs solidaires du campus.

 

 

 

 

DES GRAINES EN CIRCULATION 

© Vincent Noclin

 

À la bibliothèque du campus, la grainothèque permet aux étudiants d’échanger librement des graines. Carottes de Carentan, aubergines Diamond bio, mélisse officinale : les variétés circulent au fil des saisons. « On prend quand on en a besoin, et on en remet quand on peut », résume un étudiant. Chacun peut ensuite les planter à sa manière, dans le jardin partagé comme sur un balcon ou dans sa chambre. Développée sur place, une application permet de suivre les échanges et de tenir à jour les stocks. Une autre manière de faire circuler les ressources.

© Vincent Noclin

 

 

 

 

 

 

 


 

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