LLa Gazette de la Fête de la science #10 ##10 – Voyager sans bouger, c’est possible !À l’intérieur de la Cabane à histoires, au sein du bâtiment Astrée du campus LyonTech-La Doua, une fresque représentant un squelette de rorqual commun boréal. © Margaux MichelPeut-être avez-vous croisé la route de mystérieuses Cabanes à histoires en vous baladant à Lyon ? Créés par le Musée des Confluences, ces dispositifs installés sur le campus LyonTech-La Doua à Villeurbanne pendant de la Fête de la science 2025, sont un moyen de s’évader quelques minutes, au son d’un court récit. Une plongée dans des histoires marines, mêlant hommes et baleines, où l’esprit voyage en ignorant les distances. La voix, la musique et les sons sont autant d’outils audios permettant de véhiculer des émotions. Le son parvient à transmettre des connaissances en atteignant la sensibilité humaine. Le ton, le rythme et les inflexions aident à véhiculer des sentiments que les mots, seuls, ne parviennent pas toujours à exprimer. De plus, l’audio conserve et transmet les traditions orales (histoires, chansons, langues, récits historiques…) existantes depuis des centaines d’années. Cela contribue ainsi au développement de la mémoire collective et à la diversité culturelle. Ces médias permettent également de faire vivre des traditions parfois sur le point de tomber dans l’oubli en les partageant avec le plus grand nombre.Quand les sons racontent une culturePour le peuple Inuit, les baleines sont perçues comme des créatures sacrées et dotées de sensibilité. Les chants de ces mammifères jouent un rôle important dans le lien spirituel et culturel qu’ils entretiennent avec la nature. Fréquemment imités ou incorporés dans les rites et les chants traditionnels, ils évoquent le respect et la reconnaissance envers ces animaux. Ils sont également utilisés pour transmettre des connaissances anciennes relatives à la chasse, aux migrations et aux cycles marins. En imitant les chants des baleines, les Inuit maintiennent ainsi une communication avec l’océan et soulignent leur forte connexion avec le vivant, où l’écoute se transforme en un geste de mémoire et d’harmonie avec la nature.Une ouverture sur le mondePrésentes dans l’espace public (hall de gare, de centre commercial …), les Cabanes à histoires offrent au public la possibilité de découvrir, en autonomie, un sujet et une vision des choses inédite ainsi qu’un nouveau lieu d’expression et d’échange. En outre, les différents récits s’appuient sur des objets emblématiques du Musée des Confluences. Selon Cédric Lesec, directeur des relations extérieures et de la diffusion, « le musée a choisi des objets qui ne sont pas tous de la même nature, parce que cela offre des possibles très différents », ainsi l’ammonite irisée, le tambour himalayen ou la chouette effraie interrogent notre rapport au monde. Grâce à l’histoire de la baleine, par exemple, le réchauffement climatique, les différentes facettes de sa chasse et les enjeux culturels de sa disparition sont abordés.Les cabanes ouvrent alors à la discussion et l’approfondissement. Géographiquement située loin de nous, l’expérience sonore de la cabane nous transporte au cœur d’un monde nouveau et invite à la réflexion.Par Margaux Michel, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1 – Avec Pop’Sciences.