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La Gazette de la Fête de la science #23

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##23 – IA : déceler la réalité de l’artificiel

Une de ses photos est vraie, l’autre est générée par IA. Photos libres de droit présentées dans le cadre de l’atelier de Yannick Port, médiateur à à la Maison du Livre, de l’Image et du Son (Villeurbanne).

Depuis maintenant plusieurs années, l’Intelligence Artificielle (IA) se développe à grande vitesse. Celle-ci s’installe dans nos vies et il devient plus difficile de différencier une production de l’IA de celle d’un humain. Pour montrer cela, dans le cadre de la Fête de la science 2025, à la Maison du Livre, de l’Image et du Son à Villeurbanne, Yannick Port, médiateur au pôle numérique, nous a mis à l’épreuve.

Quand nous parlons d’IA, nous parlons d’ordinateurs et de machines qui grâce à un apprentissage, un entraînement, développent la capacité de créer une équivalence technique et technologique à l’intelligence humaine. Nous faisons donc référence au fait d’apprendre, de communiquer mais aussi d’interagir avec l’environnement qui l’entoure. Les formes d’IA les plus répandues aujourd’hui reposent sur le Machine Learning [1] , un apprentissage automatisé, et le Deep Learning [2] , un apprentissage profond. Ces deux méthodes permettent aux machines d’analyser des quantités massives de données pour identifier des modèles dans l’information et ainsi pouvoir proposer des réponses aux demandes qu’on lui soumet. Cela les amènent donc à s’améliorer au fil du temps.

L’IA va-t-elle remplacer les artistes ?

Une des controverses les plus présentes autour de l’IA est celle de la génération de contenus. Que ce soient des musiques, des textes ou encore des images, les créations de l’IA créent des débats autour du plagiat et de l’appropriation de contenus. Tout d’abord, pour les images générées par IA. N’importe qui ayant accès à une connexion à internet peut, à l’aide d’une demande simple, générer un dessin d’une qualité honorable. De plus, ce dessin peut facilement être modifié dans des styles très variés. En comparaison à un dessin fait à l’aide d’un crayon pouvant prendre plusieurs heures, ici, en quelques minutes à peine, plusieurs dessins sont produits. Plusieurs problèmes font donc leur apparition. Le style de ces différentes productions générées est considéré comme de l’inspiration par certains, tandis que pour d’autres, cela correspond à du plagiat. Certains dessinateurs se mettent donc à diaboliser l’IA, se confrontant aux personnes l’utilisant et considérant ses productions comme les leurs.

Comme dit précédemment, l’IA est présente dans beaucoup de domaines artistiques, et depuis quelque temps un nouveau domaine est touché : le doublage. De plus en plus de studios (de cinéma, de publicité et de jeux vidéo), pour faire des économies, se mettent à utiliser l’IA pour faire la traduction des voix des personnages dans d’autres langues, au lieu de faire appel à des doubleurs. Cela met donc cette discipline en péril. Des mouvements de protestations ont même été mis en place par les grands noms de la discipline en France, tel que Brigitte Lecordier, Donald Reignoux, Dorothée Pousséo, ou encore Benoît Allemane, en 2024 pour interdire complètement l’utilisation de l’IA au profit des doubleurs.

Par Théo Fornari, étudiant en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1, avec Pop’Sciences.

 

Notes :

[1]  Définition du CNIL : Un champ d’étude de l’intelligence artificielle qui vise à donner aux machines la capacité d’« apprendre » à partir de données, via des modèles mathématiques.

[2] Définition du CNIL : Un procédé d’apprentissage automatique utilisant des réseaux de neurones possédant plusieurs couches de neurones cachées.