LLa Gazette de la Fête de la science #26 ##26 – Respire la nature, expire le stress !Un petit bout de nature pour vous donner envie de sortir ! © Violette LefortPrescrire la nature, la nouvelle thérapie non médicamenteuse ? C’est lors d’une conférence déambulatoire au parc de la Tête d’Or, proposée par le projet SHAPE-med@Lyon, que Julie Haesebaert, médecin en santé publique, nous parle de la prescription de nature. « Plongez au cœur de la forêt : ressentez la caresse du vent sur votre visage, sentez l’odeur de terre humide et entendez le bruissement des feuilles et les cris d’animaux lointains. Que ressentez-vous ? » C’est ainsi que Julie Haesebaert a commencé son intervention en nous offrant un exercice d’introspection sensorielle pour explorer nos sensations et nos émotions au contact de la nature. « Apaisement, calme, tranquillité et diminution des stimuli », furent les premières réponses des participants présents.« J’imagine qu’aucun d’entre vous ne s’est encore vu prescrire la nature », a déclaré Julie Haesebaert, pourtant c’est un concept présent depuis les années 1980. À cette époque, le monde constate une augmentation de la dépression et du mal-être des populations très urbanisées à forte densité en ville. Pour y remédier, des organisations ont créé des programmes thérapeutiques basés sur des bains de forêt ou sylvothérapie. Ces derniers sont décrits comme les prémices de la prescription de nature.Prescription de natureLe premier pays à mettre cette méthode en place est le Japon avec le/la Shinrin-yoku, une pratique traditionnelle qui consiste à se plonger dans la nature en éveillant ses sens. Depuis, de nombreux pays ont repris ce concept, où des soignants peuvent prescrire la nature, soit par des balades, soit dans des activités de groupes. Mais concrètement, qu’est-ce que nous apporte la nature ? « Actuellement, il y a de nombreuses recherches montrant l’impact positif d’être exposé à la nature sur la santé humaine au niveau physique, mental et social », nous apprend Julie Haesebaert. Elle enchaîne en nous présentant divers exemples de bénéfices : « La nature présente des effets positifs sur le cœur comme l’amélioration de la fréquence cardiaque ou la réduction des symptômes des maladies cardiovasculaires. Cependant, à ce jour, il n’est pas encore possible d’expliquer ces multiples effets. La nature va avoir un effet sur le stress en réduisant l’hormone du stress, le cortisol. Il y a aussi des bénéfices cognitifs permettant une amélioration de la concentration et des bénéfices psychiques qui agissent sur l’anxiété et la dépression. La nature aide à créer des liens sociaux, par exemple à travers des activités de groupe. »Les ordonnances de demain ?Maintenant, l’enjeu est de sensibiliser les professionnels de santé à la prescription de nature. Cependant, d’après Julie Haesebaert « sensibiliser les professionnels à ce type de prescription n’est pas forcément simple, car en tant que médecin, j’ai été formé sur les prescriptions médicamenteuses en premier lieu et donc, il faut changer les représentations sur les interventions non médicamenteuses ». Ainsi, il est important de communiquer sur ce nouveau type de prescription pour permettre à tout le monde d’y avoir accès. D’ailleurs, Julie Haesebaert recommande de s’exposer à la nature deux heures par semaine pour en tirer les meilleurs bénéfices.Par Violette Lefort, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1