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La Gazette de la Fête de la science #14

LLa Gazette de la Fête de la science #14

##14 – À la découverte des tissus antiques : devenez archéologue pour un jour !

Le carnet d’enquête de l’atelier Enquête sur les mystérieux tissus nautiques. © Youna Coueron

En 2003, des tissus mystérieux ont été découverts dans une épave romaine sur les berges de la Saône. Lors de la Fête de la science 2025, les enfants se glissent dans la peau d’archéologues pour tenter de percer le mystère de ces tissus antiques !

Dans le village des sciences humaines et sociales de l’Université Lumière Lyon 2, les visiteurs déambulent d’un atelier à l’autre. Au fond de la salle du premier étage, Laure Meunier, doctorante aux laboratoires HiSOMA (Histoire et sources des mondes antiques) et LUHCIE (Laboratoire Universitaire Histoire Cultures Italie Europe) à la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, accueille les curieux à son atelier Enquête sur les mystérieux tissus nautiques.

L’atelier s’inspire d’une véritable recherche archéologique menée sur des tissus découverts en 2003 dans des épaves de chalands – bateaux à fond plat – romains à Lyon Saint-Georges. Entre les planches du bateau, des fragments de textiles avaient été retrouvés, mais leur usage restait inconnu. C’est ce mystère que les enfants doivent résoudre !

Les enfants deviennent des apprentis archéologues : on leur remet un carnet d’enquête et ils se lancent dans leur investigation. Première étape : observer la scène de fouille. À l’aide d’un compte-fil, ils examinent des petits morceaux de tissus que Laure Meunier a elle-même teints. Une loupe graduée permet de détailler la surface de chaque échantillon et de compter le nombre de fils par centimètre, en chaîne et en trame.

Zoom sur les petits morceaux de tissus grâce au compte-fil. © Youna Coueron

Les jeunes enquêteurs comparent, ensuite, les informations qu’ils ont découvertes sur ces échantillons à des types de tissus romains connus : vêtements, couvertures, linceuls. Aucun ne correspond exactement. Les tissus mystérieux sont beaucoup plus denses que les vêtements chauds de l’époque romaine, qui pèsent entre 135 et 270 g/m², alors que ces tissus dépassent les 1000 g/m². Pourquoi un tissu serait-il si lourd ?

Un tissu aux vies multiples

Une hypothèse se dessine progressivement. Le tissage serré, la solidité et le grammage exceptionnel correspondent aux textiles techniques utilisés sur les bateaux, comme les voiles, conçues pour résister au vent et à l’eau.

Mais un détail intrigue encore : la couleur rougeâtre, due à l’ocre qui imprègne le tissu. Pourquoi teindre une voile de bateau ? Les apprentis archéologues manipulent, observent et comparent, tentant de relier le poids, la texture et la couleur pour avancer dans l’investigation.

La couleur rougeâtre, due à l’ocre, n’est pas un simple hasard : elle résulte du traitement des voiles, qui étaient réutilisées pour calfeutrer les coques et les rendre étanches. Ces textiles ont ainsi connu plusieurs vies, témoignant de l’ingéniosité des Romains.

Au fil de l’atelier, les enfants découvrent concrètement en quoi consiste le travail d’un archéologue : observer, manipuler, comparer, tester des hypothèses et relier les indices pour reconstruire le passé. Et vous, lecteurs, avec tous ces indices aviez-vous réussi à deviner à quoi servaient ces mystérieux tissus retrouvés sur les chalands romains de Lyon Saint-Georges ?

Par Youna Couëron, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1

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