LLa Gazette de la Fête de la science #15 ##15 – Le secret des bactéries rebellesReprésentation d’une bactérie qui neutralise un antibiotique, métaphore de l’antibiorésistance. Illustration générée avec Canva par Yousra Ouled El Haj.Lors de la Fête de la science 2025, le Planétarium de Vaulx-en-Velin a proposé un voyage singulier : non pas aux confins de l’Univers, mais dans l’univers invisible des bactéries. Une expérience immersive pour comprendre un enjeu majeur de santé mondiale : l’antibiorésistance. Guidés par Jean-Michel Jault, biologiste au Laboratoire microbiologie moléculaire et biochimie structurale de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et du CNRS, le public a pu s’introduire virtuellement à l’intérieur d’une bactérie pour observer comment elle réagit face aux traitements antibiotiques.Lorsque l’on prend un médicament, comme un antibiotique, il pénètre dans la bactérie pour la neutraliser. Pourtant, certaines bactéries réussissent à contrer l’attaque du médicament. « Imaginez que l’antibiotique soit une météorite et la bactérie une planète. La météorite est censée frapper et détruire la planète, c’est le rôle du médicament. Mais certaines bactéries apprennent à détourner la trajectoire de la météorite pour se protéger », nous explique Jean-Michel Jault.Comment font-elles ? Ces bactéries possèdent, à leur surface, une petite machine qui agit comme une pompe. Cette pompe est une protéine spéciale capable de reconnaitre le médicament. Dès qu’il entre dans la bactérie, celle-ci va le rejeter avant qu’il ne fasse effet. C’est ce qu’on appelle la résistance aux antibiotiques.À travers les animations et les images en 3D, le public a pu observer les différentes formes qu’une protéine peut prendre afin de comprendre son fonctionnement ; ainsi que la défense microscopique en action. La protéine change de forme pour capturer l’antibiotique qui reste bloqué dans une petite poche. Pour expulser l’antibiotique hors de la bactérie, la protéine demande de l’aide à une particule appelée adénosine triphosphate (ATP), qui lui fournit l’énergie nécessaire à l’expulsion.Ces images ne sont pas de simples créations graphiques : elles ont été réalisées à partir des données de recherche fournies par le chercheur et son équipe. Cette approche permet au public de découvrir la science telle qu’elle est étudiée par les chercheurs, de manière vivante et animée. Une expérience qui a permis à chacun de comprendre que, dans le monde invisible, les bactéries mènent aussi un véritable combat pour leur survie, un combat qui représente un défi majeur pour la santé mondiale.Des nouvelles solutions arrivent bientôt… Jean-Michel Jault et son équipe travaillent actuellement sur une protéine dans une bactérie pathogène appelée Streptococcus pneumoniae, qui est responsable de maladies graves, voire mortelles. Ils étudient son fonctionnement afin de concevoir une solution pour bloquer son activité et permettre ainsi de redonner de la puissance aux antibiotiques.Par Yousra Ouled El Haj, étudiante en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1.