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La Gazette de la Fête de la science #2

LLa Gazette de la Fête de la science #2

##2 – Quand soigneurs et animaux apprennent à se comprendre !

Séance de training médical, grâce à l’utilisation d’un clicker, avec un gibbon.
© Parc zoologique de Lyon

 

À l’occasion de la Fête de la science 2025, le service Lyon Nature de la Ville de Lyon a mis en lumière la relation entre les soigneurs et les animaux du parc zoologique de Lyon. Nous avons rencontré Pascal Bonetti, soigneur au zoo du Parc de la Tête d’Or, qui nous a relaté son expérience et décrit le lien qu’il tisse avec les animaux dont il a la responsabilité.

 

 

 

 

 

 

Existe-t-il une limite au contact avec les animaux dans les zoos, et quelles en sont les raisons ?

Pascal Bonetti : Dans les zoos, le contact avec les animaux est très limité, car le but ultime est de relâcher l’espèce dans son milieu naturel. Ce sont les descendants des animaux en captivité, et non les individus actuels, qui seront habitués à leur milieu naturel sur plusieurs générations. Les animaux actuellement en captivité ne retourneront jamais dans la nature ; ils seraient incapables de survivre, de reconnaître les prédateurs, de savoir à quelle période ils peuvent trouver tel fruit. Au maximum, on va donc éviter les contacts, sauf dans un cadre précis : celui du « training médical ».

En quoi consiste le « training médical » et comment est-il réalisé concrètement avec les animaux ?

P.B. : Le « training médical » a pour objectif d’apprendre à l’animal certains exercices qui vont faciliter les examens par les vétérinaires. On effectue cela ici, avec plusieurs espèces, comme les gibbons ou le tapir. Nous appliquons également ces exercices avec des animaux plus complexes, comme nos chats des sables, par exemple. Le but du « training médical » est d’éviter au maximum d’avoir à anesthésier un animal, car comme chez l’Homme, cet acte présente des risques. De plus, on dispose de matériels dont on peut se servir avec eux, comme un stéthoscope ou un thermomètre : on arrive, par exemple, à prendre la température au niveau de l’oreille chez les gibbons, ceci toujours en coopérant avec l’animal.

Comment se prémunir de malentendus et d’incompréhension entre vous et l’animal ?

P.B. : Pour gérer cela, nous avons un outil très important, le clicker. Ce dernier va faire le lien entre l’exercice bien effectué et la récompense. Il va signifier à l’animal : « à partir du moment où il y a le clic, tu as fait quelque chose de bien ». Cela passe par une phase d’apprentissage, durant laquelle l’animal comprend que le clicker est positif et qu’il est associé à des récompenses, en lui donnant quelque chose d’intéressant à manger et en cliquant en même temps. Le plus important, pour éviter l’incompréhension, est de cliquer au bon moment pour qu’il associe le clic au mouvement ou comportement demandé. Dans le cas contraire, on note davantage de stress ou de la méfiance chez l’animal. Ceci dépend des individus, mais pour éviter cela, on met en place une désensibilisation, qui peut être très rapide avec certains et très longue avec d’autres. Cette désensibilisation est une approche progressive. Pour une prise de sang par exemple, l’exercice est décomposé en petites étapes (toucher léger, introduction de l’instrument, simulation de la piqûre sans aiguille), pour réduire le stress et favoriser la coopération.

Par Corentin Legrand, étudiant en Master 1 Information et Médiation Scientifique et Technique, Université Claude Bernard Lyon 1 – Avec Pop’Sciences.