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Le rendez-vous bien-être animal |Interview- Qu’apporte le mélange précoce des porcelets en matière de bien-être animal ? avec Adrien Montefusco

LLe rendez-vous bien-être animal |Interview- Qu’apporte le mélange précoce des porcelets en matière de bien-être animal ? avec Adrien Montefusco

Chaque semaine, la Chaire bien-être animal vous propose sur son site internet une nouvelle ressource en lien avec le bien-être animal ! Ce rendez-vous est relayé tous les mardi sur Facebook, Linkedin et Twitter avec le hashtag #LeRdvBEA. Suivez-nous ! 

LLe dernier rendez-vous bien-être

🐷🐖En élevage, les porcelets sont généralement séparés de leur mère à 21 ou 28 jours et sont alors regroupés avec des porcelets d’autres portées, ce qui peut être source de stress et de blessures le temps que la hiérarchie s’installe

👍 Le mélange (ou socialisation) précoce des porcelets présente alors des avantages ! ce que met justement en place Adrien Montefusco, éleveur de porcs à Saint Yvi.

👌On vous laisse découvrir l’interview !

LLes précédents #RDVBEA

  • Vidéo – Comment DUC prend-il en compte le bien être des volailles à chaque étape de production avec Stéphane Poirier ? ici 
  • Podcast – Quel est le lien entre maltraitance animale et humaine et quel est le rôle du vétérinaire ? ici
  • Article – Comment les vétérinaires équins prennent-ils en compte le bien-être des équidés dans leur pratique ? Focus sur la « Clinéquine » de VetAgro Sup (partie 2/2) ici
  • Vidéo – Quel est pour vous l’élevage de demain ? Micro-trottoir au Sommet de l’Elevage ici
  • Article – Retour sur la présence de la Chaire bien-être animal au Sommet de l’Elevage ici

 

Pour consulter tous les #RDVBEA

 

 

L’idée reçue bien-être animal | Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

LL’idée reçue bien-être animal | Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

Chaque mois, la Chaire bien-être animal traite une nouvelle idée reçue sur  le bien-être animal et l’élevage! Ce rendez-vous est relayé à la fin de chaque mois sur Facebook, Linkedin et Instagram avec le hashtag #IdéereçueBEA et dans notre Newsletter. Suivez-nous ! 

LLa dernière idée reçue

Les haies sont indispensables au bien-être des animaux vivant en plein air, VRAI ou FAUX ?

LLes précédentes idées reçues

Seuls les taureaux ont des cornes, VRAI ou FAUX ?

Les animaux au pâturage sont forcément heureux, VRAI OU FAUX ?

Un chat qui ronronne est un chat heureux, VRAI ou FAUX ?

 

Quand on mange de la viande de bœuf on mange vraiment du bœuf, VRAI ou FAUX ?

 

Le bien-être est le même pour tous les animaux, VRAI ou FAUX ?

 

En France, les animaux d’élevage sont nourris avec du soja issu de la déforestation, VRAI ou FAUX? :

 

Le bien-être est meilleur dans les élevages de petite taille ! VRAI ou FAUX ? :

 

 

Il faut nourrir les oiseaux l’hiver, VRAI ou FAUX ? en partenariat avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) :

 

Tondre un mouton, ça lui fait mal ! VRAI ou FAUX ? :

 

Le chat peut boire du lait de vache, VRAI ou FAUX ? :

Le froid arrive : il faut vite mettre les vaches à l’abri ! VRAI ou FAUX :

Faut-il un coq pour qu’une poule ponde des œufs? VRAI ou FAUX :

Les vaches laitières produisent spontanément du lait toute l’année, VRAI ou FAUX ? :

 

Les paysages sonores naturels dans l’anthropocène comme reflets de la biodiversité

LLes paysages sonores naturels dans l’anthropocène comme reflets de la biodiversité

Découvrez une science nouvelle, la bioacoustique, à l’aide du biologiste stéphanois Nicolas Mathevon…

Tout paysage sonore peut être décrit en termes de géophonie, biophonie et anthropophonie.

La géophonie est l’ensemble des bruits provoqués par les phénomènes naturels non vivants. Comme le coup de tonnerre, le bruissement du vent dans les arbres, le grondement d’une cascade.

La biophonie regroupe l’ensemble des productions sonores des êtres vivants. À l’exception de celles de l’espèce humaine qui constituent l’anthropophonie.

Phénomène nouveau à l’échelle des temps géologiques, l’anthropophonie est à considérer comme une pollution, au même titre que les pollutions chimiques. Elle affecte les communications des animaux, leur répartition dans l’environnement, leur comportement alimentaire et, bien sûr, leur état physiologique et leur survie. Tant dans l’air que dans l’eau. Évaluer l’impact de l’anthropophonie sur le monde vivant, utiliser les paysages sonores pour mesurer la biodiversité sont les défis actuels d’une science récente, la bioacoustique.

Avec :

  • Nicolas Mathevon, professeur à l’Université Jean Monnet, de Saint-Étienne et membre senior de l’Institut universitaire de France, ancien professeur invité à l’University of California-Berkeley (2008-2009) et à la City University of New York (2015-2016)
  • Arnaud Tételin, illustrateur scientifique, artiste.

La collection des « portraits d’espèces » présentés lors de la semaine « A l’École de l’Anthropocène 2022« , propose de découvrir des êtres vivants autrement : une façon inédite d’envisager la biodiversité :

>> Découvrir la collection complète

Pour aller plus loin

Archéozoologie en Orient

AArchéozoologie en Orient

Le cycle des conférences Pouilloux 2021-2022, organisé par la Maison de l’Orient et de la Méditerranée, se clôture avec : Archéozoologie en Orient

Cette conférence à deux voix présente les apports des études archéozoologiques à la connaissance de l’interaction homme-animal au Proche Orient ancien. A partir de quelques études de cas en Syrie et au Liban, notre réflexion est centrée sur la question de l’intégration des animaux dans les pratiques socio-culturelles liées aux rituels funéraires et religieux, dans un contexte de transformation des sociétés aux débuts de l’urbanisation et des premières cités-états de l’âge du Bronze et de l’âge du Fer (3e-1er millénaires av. J.-C.).

Conférence présentée par : Emmanuelle Vila, Chargée de recherche au CNRS, laboratoire Archéorient – MOM,
et Jwana Chahoud, Professeure d’archéologie orientale, Université Lyon 2, laboratoire Archéorient – MOM).

Cette conférence sera suivie de la remise du prix Marie-Jo Chavane 2022 par l’Association des Amis de la Maison de l’Orient.

> Consulter le programme de notre cycle de conférence sur notre site web, rubrique « Valorisation » :

MOM

Savane africaine : un monde en mutation

SSavane africaine : un monde en mutation

Partout sur la planète, l’environnement change à une vitesse sans précédent, bouleversant l’équilibre du vivant. Embarquez pour un voyage au cœur de la savane africaine, à la rencontre des grands carnivores, et découvrez comment ces communautés s’adaptent au changement global.

Cette conférence de Marion Valeix, chargée de recherche CNRS au Laboratoire de Biométrie et Biologie Évolutive, est proposée par le CNRS et le musée des Confluences dans le cadre de l’Année de la Biologie.

  • Entrée libre et gratuite
  • À partir de 12 ans
  • Conférence également accessible en direct sur Facebook et Youtube

En savoir plus

Les émotions et la musique chez les animaux | Pop’Sciences Mag #10

LLes émotions et la musique chez les animaux | Pop’Sciences Mag #10

Chez les animaux aussi, sons et émotions vont de pair. Déjà, dans son ouvrage De l’expression des émotions chez l’homme et les animaux, Charles Darwin pressentait le codage des émotions par les sons. Et en effet, à qui prête l’oreille, la nature offre de véritables paysages sonores truffés d’informations. C’est tout le travail de la bioacoustique de les décrypter.

Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #10 : Sous l’emprise des émotions

Par Héloïse Therrat et Matthieu Martin   |   mars 2022

©Nicolas Mathevon

Les sons nous renseignent aussi bien sur l’état de la biodiversité que sur les interactions entre animaux nous explique Nicolas Mathevon, directeur de l’équipe de neuro-éthologie sensorielle à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne. « La communication animale sert de support aux interactions sociales entre animaux », résume le bioacousticien du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL). Ainsi, par ses vocalises la mésange avertit ses congénères de la présence d’un prédateur ; le hérisson pousse des reniflements rythmiques au cours de sa parade nuptiale ; le singe hurleur marque son territoire par ses cris. Certains sons constituent la signature de l’individu – de même que chaque être humain a une voix, une façon de parler propre – d’autres au contraire transmettent des émotions. Au CRNL, des travaux ont montré que le diamant mandarin – un oiseau originaire d’Australie – pouvait ressentir le stress dans le cri de sa femelle et entrer lui-même dans un état de stress. Les émotions chez les animaux seraient donc bien communicables par les sons.

Mais si les sons provoquent des émotions chez les animaux, qu’en est-il de la musique ? On sait que la musique est très marquée culturellement. Sur ce point, Nicolas Mathevon reste donc prudent : « L’éthologie nous apprend à ne pas nier la personnalité des animaux et à se prémunir de toute approche anthropocentrée », rappelle-t-il. En revanche, les scientifiques s’accordent sur le fait que la musique demande un certain nombre de capacités perceptuelles et d’analyses enracinées très loin dans l’arbre de l’évolution. Il en est ainsi de la perception du rythme, ce qu’a montré une étude menée sur des éléphants de mers en Californie. Les mâles émettent des cris très particuliers destinés à éviter les confrontations avec leurs congénères. En les analysant, des chercheurs ont montré que chaque individu a une signature rythmique propre et une perception très fine du rythme produit par les autres éléphants de mers. Certains animaux auraient donc le sens du rythme. L’origine de la musique se trouverait-elle alors dans la communication animale ? C’est une piste aujourd’hui explorée.

Bouc émissaire ou animal-personne ? Le regard sur l’animal évolue, les zoos aussi.

BBouc émissaire ou animal-personne ? Le regard sur l’animal évolue, les zoos aussi.

Article #7 du dossier Pop’Sciences « Prenons soin du bien-être des animaux »

Découvrir le zoo du parc de la Tête d’Or, en plein cœur de Lyon, est une proposition insolite. C’est remonter l’histoire de ces institutions spécialisées dans le spectacle des animaux et qui ont su, bon gré mal gré, s’adapter aux évolutions de la société. Professeur d’histoire à l’Université Jean Moulin Lyon 3 et spécialiste des relations entre l’homme et l’animal, Eric Baratay nous apporte ses éclairages lors d’une visite au zoo.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 4 janvier 2022

 

Mercredi 24 novembre 2021, 15h50. Il fait froid à Lyon. Le Soleil darde de maigres rayons. Depuis la porte principale du parc de la Tête d’Or, après avoir longé l’enclos des daims et la place de Guignol, je trouve le zoo. Je l’aborde par la plaine africaine, à son extrémité ouest. Deux girafes m’y attendent. J’ai peu de temps pour les observer : dodelinant de la tête, elles se mettent en marche rapide pour rejoindre à grandes enjambées souples – elles pratiquent l’amble – la giraferie qui leur sert de refuge.

Je me dirige vers l’entrée du zoo, plus à l’est. Après quelques pas, j’arrive à la fameuse « cage à ours », un vestige du passé. Deux panonceaux retracent l’histoire du lieu où je suis et ses intentions premières. « L’évolution du Zoo de Lyon est étroitement liée à celle de la société », peut-on lire. « Sa création, en 1858, fait suite à de grands bouleversements […]. C’est une période d’urbanisation hygiéniste accompagnée d’une volonté de distraire le peuple avec des animaux acclimatés. »

Divertir la population grâce aux spectacles de bêtes mises en scène remonte aux premiers temps de l’Antiquité. La création du zoo du parc de la Tête d’or s’inscrit logiquement dans cette lignée.

Dans sa cage, l’ours doit « se soumettre ou disparaître »

La girafe rentre dans son bâtiment / © Caroline Depecker

Mais pas que. Le panneau nous apprend que le jardin zoologique rejoue un événement majeur de l’époque : la conquête du monde par l’Occident. Les nouveaux territoires colonisés pourvoient ainsi l’Institution en espèces exotiques.

Celle-ci s’arroge encore d’un rôle d’éducateur, en instruisant à la nature toutes les classes sociales. Les animaux sont exposés dans des cages exiguës faisant office de présentoir, non d’habitat. Ils ont le statut d’éléments de collection, bien disposés, bien classés.

« Au 19e siècle, l’animal sauvage était astreint à un seul mot d’ordre : se soumettre ou disparaître ! relate Eric Baratay, professeur d’histoire à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Soit il laisse la civilisation le dominer – l’Occident représentant cette dernière – et cède à la domestication. Soit il est exterminé ». Au siècle suivant, les mentalités évoluent toutefois. De la part du public, les critiques affluent, exigeant que cessent ces conditions de détention dans lesquelles l’animal ne peut ni bouger, ni exprimer ses comportements. Le spécialiste en histoire animale complète : « Dans les archives des zoos, dont celui du parc de la Tête d’or, on voit alors fleurir des écrits – émanant souvent de la Bourgeoisie, car ces gens savent lire et écrire – exprimant l’indignation et le refus de cautionner le mal-être animal ainsi exhibé. »

Même s’ils ne le proclament pas, les directeurs de zoos sont sensibles à cette pression croissante de l’opinion publique qui, avec les Trente Glorieuses, se diffuse bien au-delà des seules associations de protection animale et engage dorénavant l’ensemble de la classe moyenne « Au 20e siècle, nous vivons un point de basculement historique, précise Eric Baratay. La population de masse devient le moteur essentiel de l’évolution du zoo qui doit s’adapter à ses requêtes ».

Derrière sa vitre, le capucin fixe le boxer du regard et se met à crier

Voir un ours tourner en rond dans sa cage, ou errant dans son enclos, n’est plus tolérable. A Lyon, le zoo qui a accueilli jusqu’à trois ours dans ses espaces, n’en contient plus. Âgé de 26 ans, le dernier ursidé -un ours à lunettes est décédé en novembre 2018 d’un cancer du foie et du pancréas. Un jeune cerf huppé, ou élaphode, avait alors pris sa place. Lors de l’annonce de l’événement, passé quasi inaperçu, la direction du zoo a affirmé être consciente du peu d’espace offert à ces mammifères, ainsi que sa volonté « d’arrêter de présenter des animaux grand format » pour répondre aux inquiétudes du public.

Laissant la cage aux ours et ses barreaux de fer forgé, je m’avance à l’entrée du zoo. Cinquième vague du Covid oblige, sur le sol, des couloirs sont marqués à la peinture bleue, ou rouge et précisent le sens de visite pour éviter les contacts entre individus. Une précaution qui semble superflue au vu du peu de monde croisé. J’arrive rapidement au bâtiment des primates. Disposées en cercle, plusieurs cages de verre, plutôt spacieuses, me donnent la possibilité d’observer les singes.

Derrière une vitrine, je distingue un capucin à poitrine jaune. Avec une agilité déconcertante, mais normale pour l’animal, le singe arpente à toute vitesse une branche située en hauteur, près du mur de la nurserie.

Un capucin jaune observe l’extérieur de sa cage de verre. / © Caroline Depecker

Il court de son extrémité droite à celle de gauche, et inversement. Il enchaîne de nouveau. Et encore. Le singe se livre à ces allers-retours pendant plusieurs minutes. Je m’interroge sur le sens de ce comportement. S’amuse-t-il ?  Il est seul. Trompe-t-il son ennui ou un stress quelconque ? A ma gauche, un mètre en retrait de la cage, un couple promène son boxer tenu en laisse, puis s’arrête.
C’est alors que le capucin bondit et se retrouve, en quelques sauts, le nez derrière la vitrine. Je réalise alors que j’avais presque oublié la présence de la paroi de verre, tant elle faisait peu obstacle à ma vision. Là-haut, le singe montre les crocs et crie à l’adresse du chien. Le molosse, impassible, observe le primate puis tend un regard vers ses propriétaires. Après avoir ri de l’échange animal, le couple, quelque peu gêné toutefois, s’éloigne. Le calme revient doucement dans la cage. Mon attention se tourne vers le bas : deux nouveaux capucins ont fait leur apparition. L’un d’eux fouille les écorces et les débris de bois qui tapissent le sol. Il ramasse un objet et le porte à sa bouche. De la nourriture ?

Théâtraliser les cages, c’est suggérer la semi-liberté

Je quitte le bâtiment des primates et poursuit ma visite. Je passe devant la porte de sortie de la forêt d’Asie, dont l’accès est fermé à cette heure. Le nouvel aménagement a été inauguré le 5 juillet 2021 par Grégory Doucet, le maire de Lyon, pour qui cette date est un jalon important de « l’engagement désormais prioritaire du zoo envers le bien-être animal ».

Pour sortir de l’image du « zoo prison » dont on les accuse, « les établissements zoologiques innovent dès le début du 20e siècle et adoptent une nouvelle fiction théâtrale avec pour objectif de donner au public l’impression que les animaux évoluent en semi-liberté », explique Eric Baratay dans le livre Révolutions Animales. Le zoo de Stellingen (Allemagne), créé en 1907, est pionnier du genre : on y creuse des fossés pour supprimer les barreaux, on naturalise les espaces avec des végétaux, on agrandit visuellement avec des rochers en béton.

« Plus tard, vers 1960-70, apparaissent les premiers parcs zoologiques. Avec leurs grands enclos dans lesquels on pénètre, le public accède à l’un de ses souhaits : aller à la rencontre de l’animal pour le voir vivre dans la nature » et lui témoigner ainsi respect et amitié. Ils s’appellent La Palmyre, Peaugres ou encore Beauval. Ces parcs zoologiques s’étendent sur plusieurs dizaines d’hectares et permettent d’explorer de vastes espaces mimant les milieux naturels des bêtes (exemple de plaine africaine). Parmi les attractions proposées, on assiste encore à des spectacles d’animaux domptés (vols d’oiseaux, otaries). Privés pour la plupart, les parcs animaliers connaissent immédiatement un franc succès. Les anciens zoos, créés souvent avec peu de moyens, sont contraints de s’adapter.

« Il aurait fallu être révolutionnaire et évacuer 80% des espèces »

Les 4 gibbons à favoris blancs dans la nouvelle volière de la forêt d’Asie. / ©VetAgroSup

A Lyon, la forêt d’Asie occupe l’ancien bâtiment des éléphants. Il y règne un climat tropical. Budgétisé à 4 760 000 euros, elle s’étend sur 4000 m2 (soit 0,4 hectare) et abrite 80 animaux représentant 20 espèces menacées. 11 d’entre elles, déjà présentes sur le zoo, ont été placées là afin d’expérimenter de meilleures conditions de vie. C’est le cas des gibbons à favoris blancs dont un suivi scientifique a été confié à la Chaire bien-être animal de VetAgroSup. Dans ce cadre, un travail de thèse a été engagé afin d’évaluer l’impact de ce changement de lieu de vie sur les singes et d’apprécier l’utilisation effective qu’ils feront de leur nouvel habitat.

Dans cette volière flambant neuve (1770 m2 sur 8 m de haut), adopteront-ils de nouveaux comportements ? Délaisseront-ils leurs habitudes « anormales » qui témoignaient précédemment de leur mal-être ? Parmi les 4 gibbons en question, lesquels rentreront en interaction avec les deux élaphodes, transférés eux-aussi au même endroit ? Pour répondre à ces questions, la jeune vétérinaire Charlotte Langlois a commencé ses observations au printemps 2021. La publication de ses résultats devrait avoir lieu courant de l’année.

La naissance de la forêt d’Asie s’inscrit dans le cadre du deuxième programme de rénovation que connaît le zoo du parc de la Tête d’or depuis sa création. Elle se situe dans la même lignée que la création de la plaine d’Afrique par l’ex maire de Lyon, Gérard Collomb, en 2006.  A l’évocation de la nouvelle installation, Eric Baratay soupire : « Cet aménagement correspond à l’élan des années 1960-70… La première phase de rénovation, elle, était celle des années 1960-80, et correspondait au modèle de Stellingen du début 20e. Comme chaque fois, à Lyon, les aménagements ont un demi-siècle de retard ! »

Pour l’historien, l’explication de ce constat réside dans le caractère public de l’établissement lyonnais. Si elle a des idées, la Direction vétérinaire du zoo dépend avant tout de l’administration locale et de l’extrême lenteur des processus politiques décisionnaires quant à leur application. Et d’un budget restreint. « Lorsque la savane africaine a émergé, il aurait fallu être d’emblée révolutionnaire ! Évacuer près de 80% des espèces et se concentrer uniquement sur celles restantes pour leur offrir un espace beaucoup plus important que cette superficie ridicule. Au lieu de cela, on a choisi la demi-mesure. Le résultat est décevant… déjà dépassé ».

Fermer un zoo nécessite de se débarrasser de ses pensionnaires

Alors que je reprends mon incursion au zoo, je laisse sur ma droite l’enclos vide du Lion Jasrai. Je pensais l’animal endormi dans la petite grotte située quelques mètres derrière la fosse remplie d’eau. Mais peut-être se cachait-il, déjà trop affaibli. En effet, une triste coupure de presse m’avertira plus tard que le lion d’Asie, symbole important du parc, est décédé le vendredi 3 décembre. Probablement d’une gastro-entérite. J’arrive à l’enclos de la panthère de l’Amour. Le fauve est majestueux, bien que je ne le voie que de dos. Derrière le feuillage, je distingue à peine les petits cercles de son pelage, ses ocelles, immobiles.

La panthère « de l’Amour » porte le nom d’un fleuve qui traverse la Russie et la Chine. / © Caroline Depecker

La panthère de l’Amour appartient à une espèce en danger critique d’extinction, d’après les critères de l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN). La population sauvage actuelle ne dépasserait pas plus de 35 individus. A ce titre, elle est élevée par le zoo de Lyon afin de constituer -avec d’autres instituts zoologiques- un réservoir génétique suffisant permettant, à terme, de réintroduire l’espèce dans le milieu naturel.

A condition d’avoir un lieu d’accueil propice pour cela. L’observation que je fais un peu plus loin des deux crocodiles d’Afrique de l’Ouest, toujours détenus au zoo, témoigne de la réalité du problème. Ces sauriens auraient dû s’envoler pour le Maroc en septembre dernier afin de finir leurs jours dans un oued protégé. Lors de ma visite, j’ai eu la chance de croiser un zootechnicien du parc. A ma question : « Pourquoi les crocodiles sont-ils encore là ? », sa réponse évasive (« c’est plus long que prévu… ») m’a laissé sur ma faim*.

Communiquer sur le devenir du zoo du parc de la Tête d’Or et de ses animaux est un exercice difficile. Avant son élection en 2020, Grégory Doucet s’était prononcé pour sa fermeture, faisant écho ainsi aux associations locales portant ce message. Le faire s’apparente toutefois à un véritable défi. Fermer un zoo signifie en effet se débarrasser de ses pensionnaires. Et donc leur trouver rapidement une place quelque part. Il peut s’agir d’un espace naturel, comme le Maroc, solution ici en suspens et peu fréquente dans la réalité. Le mouvement associatif assure d’ailleurs, qu’en 165 ans d’existence, « le parc zoologique n’a réinséré aucun animal », témoignant ainsi du scepticisme général de la population face au discours de sauvegarde des zoos.

Seconde solution : offrir aux bêtes un autre enclos, plus vaste, comme lors du départ des anciennes éléphantes, Baby et Népal, pour le jardin de la famille Grimaldi en 2013. Trouver un zoo partenaire qui accepte d’accueillir les animaux transférés enfin, c’est continuer à cautionner publiquement la détention animale. L’engagement de la municipalité lyonnaise pour le bien-être animal s’apparente ainsi à une position de compromis, en attendant que les animaux partent les uns après les autres, en catimini.

Des spectacles d’animaux aux animaux spectacles du 21e siècle, clap de fin ? 

Me voici de nouveau à l’entrée du zoo. Ma visite en boucle est terminée et je me pose la question de l’avenir. Comment le zoo du parc de la Tête d’Or pourra-t-il continuer à évoluer ? A ce sujet, Grégory Doucet a annoncé vouloir créer prochainement « une plaine européenne ». Peut-il vraiment rester ouvert, alors que le sort des animaux en cage est devenu un phénomène de société tel, que certains de leurs défenseurs se présente aujourd’hui à la présidentielle ?

Dans Révolutions animales, Eric Baratay souligne comment cette controverse connait un changement majeur depuis 20 ans : « les récents acquis scientifiques, notamment la démonstration du psychisme animal par l’éthologie cognitive, [celle] du stress, de la souffrance par les neurosciences et la physiologie [..] permettent à la critique de mettre ces aspects au premier plan et d’en parler avec un langage [désormais] valorisé ». L’animal glisse plus que jamais du statut d’objet à celui de personne. C’est son point de vue qui compte dorénavant. Une révolution. Il n’est plus tant question de juger les spectacles d’animaux que de questionner l’éthique face aux animaux spectacles.

Se rapprochant encore de nous, l’animal aurait une culture. De nombreux travaux scientifiques avancent qu’il a une conscience. Garder un être intelligent et conscient apparaît choquant. Les derniers mots échangés avec Eric Baratay me reviennent à l’esprit : « Certes, ces savoirs médiatisés rendent les choses bien plus difficiles pour les jardins zoologiques. Mais attention l’histoire n’est pas linéaire !… On a connu des retournements scientifiques par le passé. Une bonne part des découvertes actuelles avait déjà été faite par l’école de Darwin entre les années 1870 et 1910, et on les avait sciemment occultées. Pareil revirement pourrait de nouveau arriver,
qui sait ?
» L’historien de souligner encore le contexte économique fragilisé de nos sociétés européennes actuelles. Un regain de pauvreté, par exemple, pourrait amener la population à reconsidérer ses priorités et donc ses exigences vis-à-vis de la condition animale.

Deux grues cendrées chantent à l’unisson sur le bord de la plaine d’Africaine. / © Caroline Depecker

A ma droite, sur les berges de la plaine africaine, deux grues cendrées crient à l’unisson, leurs cous tendus vers le ciel. Durant leurs migrations, elles le font très régulièrement pour guider le groupe. Leur chant peut s’entendre à plusieurs kilomètres. Un appel à la liberté ?

———————-
Note

* Une demande d’informations a été faite par courriel auprès de la mairie. Elle est restée sans retour.

ppour aller plus loin

  • Duel : les zoos sont-ils utiles ?, Brut, interview (vidéo) de Baptiste Mulot, chef vétérinaire au Zoo de Beauval et de Muriel Arnal, présidente de l’association de défense des animaux One Voice, 26-11-2021.
  • Biographies animales. Des vies retrouvées, Eric Baratay, Seuil, 2017.
  • Croiser les sciences pour lire les animaux, Eric Baratay, Éd. de la Sorbonne, 2020.
  • Révolutions animales, Karine Lou Matignon, Ed.Les liens qui libèrent, 2016.

 

Une introduction au bien-être animal

UUne introduction au bien-être animal

Pourquoi et comment prendre davantage en compte le bien-être des animaux ?

Il est aujourd’hui bien établi que les animaux sont des êtres sensibles. Cela signifie qu’ils sont capables de ressentir des émotions positives et de la souffrance. La société ayant aujourd’hui acté cette sensibilité animale, en découle une attente croissante en matière de bien-être animal. Il apparaît ainsi nécessaire d’améliorer les conditions de vie et d’abattage des animaux d’élevage. Cette amélioration passe par une implication et une mobilisation accrue de tous les acteurs, éleveurs et professionnels en contact quotidien avec les animaux, vétérinaires, services d’inspection de la santé publique vétérinaire, industriels, scientifiques ou encore associations de protection animale. Elle nécessite la production de connaissances scientifiques toujours plus précises et leur diffusion mais aussi l’amélioration du dialogue entre les acteurs ainsi qu’une meilleure formation des professionnels et une meilleure information de la société civile.

UUne attente sociétale forte

Le sujet du bien-être animal est au cœur des attentes citoyennes. C’est une question d’actualité pour les associations de protection animale, les médias, les citoyens, les industriels et le gouvernement.

 

Attentes sociétales

LLe bien-être animal pour l’intérêt commun

Le concept de One Welfare, autrement dit « Un seul bien-être » considère que le bien-être des animaux, le bien-être des personnes et l’environnement sont étroitement liés. Par exemple, l’éleveur qui s’efforce d’assurer le bien-être de ses animaux voit sa qualité de vie ainsi que son confort au travail mécaniquement améliorés, avec une interaction plus aisée avec ses animaux, un coût diminué (moins de dépenses vétérinaires) et une productivité accrue. Cela a également une incidence positive sur l’environnement du fait d’une diminution des intrants et de l’utilisation de médicaments.

one welfare

CComment améliorer le bien-être des animaux d’élevage ?

La prise en compte de la sensibilité des animaux suppose d’accorder une attention particulière à la problématique de leur bien-être. Historiquement, la réflexion autour de la thématique du bien-être animal a été à la croisée de nombreuses influences  philosophiques et morales, scientifiques, technologiques et  économiques, réglementaires et sociétales. Ces multiples approches influent sur les représentations de chacun et conduisent à des définitions parfois différentes du bien-être animal. L’établissement d’une méthode d’évaluation et d’amélioration du bien-être animal objective, pragmatique et basée sur des travaux scientifiques était donc nécessaire.

Le définir 

Pour améliorer le bien-être des animaux il faut d’abord s’accorder sur une définition consensuelle et scientifique.

Le bien-être animal est souvent traduit par le principe fondamental des 5 libertés individuelles. Elles expliquent les conditions que l’on doit offrir à l’animal pour assurer son bien-être (ce que l’on nomme la bientraitance).

Les 5 libertés individuelles d’un animal sont :

1. Ne pas souffrir de la faim ou de la soif

2. Ne pas souffrir d’inconfort

3. Ne pas souffrir de douleur, de blessure ou de maladie

4. Ne pas éprouver de peur et de détresse

5. Pouvoir exprimer les comportements naturels propre à l’espèce

Un animal est dans un état de bien-être si il est dans un état physique et mental positif. Mais cela dépend également de la façon dont il perçoit son environnement, d’où la définition de l’ANSES de 2018 :

Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes.
Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal.

L’évaluer 

On utilise des indicateurs scientifiquement validés. Il en existe 2 types :

  • Indicateurs sur l’environnement : ils permettent de s’assurer que l’animal est dans un environnement conforme à ses besoins.
  • Indicateurs sur les animaux : ils sont indispensables pour évaluer la façon dont l’animal perçoit les conditions qui lui sont fournies et donc pour mesurer son bien-être.

indicateurs

Méthode pour améliorer le bien-être 

Pour un usage pratique sur le terrain, les experts ont élaboré de nombreuses grilles d’évaluation adaptées à chaque situation, chaque système d’élevage, race et âge des animaux. L’évaluation est la première étape de la boucle d’amélioration du bien-être animal, démarche concrète pour l’amélioration du bien-être, au bénéfice des animaux d’élevage, mais aussi des éleveurs et de leur environnement.

LLes actions de la Chaire bien-être animal

La Chaire bien-être animale s’inscrit dans cette démarche scientifique d’amélioration du bien-être animal. Elle produit divers contenus destinés à former les différents acteurs de la filière et à informer le grand public : supports de formations en ligne ou présentielles, publications scientifiques, articles de vulgarisation, vidéos, podcasts ou infographies, parmi lesquels :

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de la Chaire bien-être animal

 

 

Illustrations : Macrovector – Freepik.com / Sabine Li – Chaire bien-être animal

Les animaux parlent. Sachons les écouter

LLes animaux parlent. Sachons les écouter

©PxHere

Que se cache-t-il derrière ces bruits animaux ? Que signifient-ils ? Forment-ils des langages ? Et peut-on percer leurs mystères ?

C’est en spécialiste de la Bioacoustique que Nicolas Mathevon répond à ces questions au cours de ce voyage sonore. De la moiteur de la jungle amazonienne aux étendues glacées de l’arctique, de la paruline brésilienne à l’éléphant de mer du Nord, du crocodile du Nil au fou à pieds bleu du Pacifique, il nous emmène explorer la diversité des vocalisations animales. Avec lui nous décryptons comment les animaux produisent et entendent des sons, quelles informations sont codées dans ces signaux, à quoi leur servent-elles dans la vie de tous les jours, et comment ces langages se sont mis en place au cours de l’histoire du vivant.

 

Les animaux parlent

PPour aller plus loin

Comment pensent les animaux

CComment pensent les animaux

Art de la consolation chez les corbeaux. Fake news chez les gallinacés. Roublardise chez les passereaux. Peines de cœur chez les poissons… Les preuves d’une intelligence animale s’accumulent (créativité, sensibilité, mémoire, culture, etc.) et la Recherche, en plein bouillonnement, bouleverse nos certitudes.

Par Loïc Bollache, professeur en écologie au laboratoire Chrono-Environnement du CNRS

Plus d’informations sur le site du :

Musée des Confluences