Comment pensent les animaux

CComment pensent les animaux

Art de la consolation chez les corbeaux. Fake news chez les gallinacés. Roublardise chez les passereaux. Peines de cœur chez les poissons… Les preuves d’une intelligence animale s’accumulent (créativité, sensibilité, mémoire, culture, etc.) et la Recherche, en plein bouillonnement, bouleverse nos certitudes.

Par Loïc Bollache, professeur en écologie au laboratoire Chrono-Environnement du CNRS

Plus d’informations sur le site du :

Musée des Confluences

C’est rapport aux bêtes

CC’est rapport aux bêtes

Animalement vôtre

Amour ? Rejet ? Désintérêt ? Ignorance ? Passion meurtrière ? Qu’en est-il de notre rapport aux bêtes ?

Sur scène, une cage, un musicien, une lectrice. À eux trois, ils font imaginer toutes ces bêtes sans qui nous ne serions pas ce que nous sommes. Où l’on volète de l’éléphant au polydesme aplati, du homard au tamagotchi… Ces textes choisis, lus sur la musique de cage créée par François Salès évoquent en finesse et légèreté, poésie et humour grinçant, la complexité de nos rapports aux animaux.

Par la Nième Compagnie
Avec : François Salès, Claire Truche
Dans le cadre de la Fête de la Science

Changements climatiques et dates de naissance

CChangements climatiques et dates de naissance

Chez les herbivores, la date de naissance est loin d’être un hasard. Elle est le fruit d’une savante combinaison entre le besoin de protéger les nouveaux-nés des prédateurs mais aussi de leur apporter suffisamment de nourriture pour assurer leur croissance. Et pour ce faire, toutes les espèces n’ont pas joué les mêmes cartes !

Avez-vous déjà entendu parler de ces faons retrouvés seuls par des promeneurs, comme abandonnés dans la forêt ? Ne les dérangez surtout pas, ils sont en fait cachés et c’est normal ! Chez les mammifères herbivores à sabot, qu’on appelle aussi ongulés, il existe deux façons de s’occuper de ses petits pendant leurs premières semaines de vie. « A la dure », quand le nouveau-né doit se mettre sur ses pieds dès sa naissance et suivre sa mère par tous les temps, comme le font les zèbres. On parle alors d’espèces du type « follower », littéralement « suiveur ». Ou bien « à la pacha », quand la mère laisse son petit dormir toute la journée, bien caché entre les herbes hautes, et ne vient le déranger que pour le faire téter, comme c’est le cas pour les chevreuils. Cette fois il s’agit de « hiders », qu’on pourrait qualifier de « maîtres du cache-cache ». Mais derrière ces deux méthodes d’éducation aux antipodes l’une de l’autre se cachent des implications bien plus importantes qu’on pourrait le croire.

« Hiders » et « followers »

La girafe, malgré ce qu’on pourrait croire au vu de sa grande taille, fait partie des « hiders » car elle cache son petit dans un bosquet ou des hautes herbes pendant une à trois semaines après sa naissance /©Lucie Thel, Parc Kruger – Afrique du Sud

La plupart des herbivores constituent un mets de choix pour les carnivores, particulièrement un bébé sans défense. C’est pourquoi ces mères du règne animal ont mis en place des stratégies pour protéger leurs petits des prédateurs. Les « hiders », en plus de cacher leurs petits, ont opté pour des naissances étalées dans le temps. On retrouve cette stratégie chez les espèces dont les membres vivent en petit groupes, voire seuls. Bilan : des petits peu nombreux mais très bien cachés, les prédateurs seront bien chanceux s’ils parviennent à les débusquer ! A l’opposé, les « followers » observent un pic de natalité très resserré dans le temps. Les prédateurs disposent alors d’une telle abondance de proies qu’ils ne les mangeront pas toutes, et loin s’en faut ! C’est souvent le cas des espèces qui vivent en très grands groupes. On peut citer notamment l’exemple du gnou, espèce chez qui plus de 80 % des jeunes naissent sur un laps de temps de deux à trois semaines.

A présent que la sécurité des petits est assurée, la mère doit se préoccuper de les nourrir.

Une stratégie de naissance liée aux ressources alimentaires

Élever un petit demande beaucoup d’énergie, surtout pendant les premiers mois suivant la naissance. La mère doit en effet s’alimenter suffisamment pour subvenir à ses propres besoins, mais aussi produire le lait qui assurera ceux de son petit. Un herbivore peut se nourrir d’herbe ou de feuilles. L’herbe a la merveilleuse capacité de pousser très rapidement aussitôt qu’elle reçoit de l’eau. Dès que le temps passe au beau fixe, elle a tendance à dépérir : c’est le cas notamment dans les paysages de savane en Afrique de l’Est et Australe, souvent caractérisés par la succession de saisons humides et de saisons sèches. Au contraire, les arbres et arbustes poussent lentement mais sûrement en puisant l’eau stockée dans le sol, disponible toute l’année. Ainsi, les herbivores qui préfèrent l’herbe mettront plutôt bas au moment précis où celle-ci est abondante et riche en nutriments, tandis que ceux qui préfèrent les feuilles mettront plutôt bas sur une période bien plus étendue.

Le buffle profite de la saison humide, période où l’herbe est riche en protéines, pour mettre bas et ainsi assurer des ressources suffisantes pour la croissance des veaux. /©Lucie Thel, Parc Kruger – Afrique du Sud

Influence des changements climatiques…

Faire en sorte que son petit naisse au bon moment par rapport à la ressource alimentaire pour lui assurer une bonne croissance, mais aussi par rapport aux autres petits pour le protéger des prédateurs, vous l’aurez compris, n’est pas chose facile pour une femelle herbivore.

Les périodes de naissance qu’on observe aujourd’hui sont le fruit d’une longue et lente sélection naturelle. Toutefois, avec les bouleversements que connaît notre planète à cause des changements climatiques, ces formidables adaptations sont remises en cause ! Les saisons sont fortement perturbées, les crues et sécheresses plus fréquentes et dévastatrices, les prédateurs disparaissent… Les chercheurs d’aujourd’hui se demandent comment ces changements vont affecter les espèces d’ongulés sauvages, selon leurs stratégies de naissance. Dans le cadre des recherches qui sont menées sur ces thématiques, je réalise une thèse (3 ans de recherches au Laboratoire de Biométrie et Biologie Évolutive de Lyon), afin d’établir les meilleures méthodes permettant de décrire précisément ces périodes. Ces connaissances nous permettront de mieux comprendre les raisons qui font qu’on observe ces périodes de naissance et pas d’autres, ou encore comment celle-ci pourraient évoluer avec le temps, en lien avec les changements climatiques.

Article écrit par Lucie Thel, doctorante au Laboratoire de Biométrie et Biologie Évolutive

(Université Claude Bernard Lyon 1, HCL, CNRS, Inria, VetAgro Sup)

Article publié dans le cadre des dossiers  « Les doctorants parlent de

leur recherche » en partenariat avec Pop’Sciences

——————————————–

Sources

– Estes, R. D. (1976). The significance of breeding synchrony in the wildebeest African Journal of Ecology, Wiley Online Library, 14, 135-152

– Lent, P. C. (1974). Mother-infant relationships in ungulates The behaviour of ungulates and its relation to management, International Union for Conservation of Nature and Natural Resources, Morges, Switzerland, New Series, 24:1-940 (V. Geist and F. Walther, eds.), 1, 14-55

– Rutberg, A. T. (1987). Adaptive hypotheses of birth synchrony in ruminants: an interspecific test The American Naturalist, University of Chicago Press, 130, 692-710

– Ryan, S.; Knechtel, C. & Getz, W. (2007). Ecological cues, gestation length, and birth timing in African buffalo (Syncerus caffer) Behavioral Ecology, Oxford University Press, 18, 635-644

– Sinclair, A.; Mduma, S. A. & Arcese, P. (2000). What determines phenology and synchrony of ungulate breeding in Serengeti ? Ecology, Wiley Online Library, 81, 2100-2111

PPour aller plus loin

Demain, les animaux du futur

DDemain, les animaux du futur

Voyageant dans les mers, les forêts et les déserts du futur, découvrez des animaux à la morphologie et au mode de vie décoiffants : têtards de 40 mètres de long, poux-pieuvres, pingouins à propulsion, oursins-tueurs… Une conférence aux confins de la science et de la fiction, qui pousse autant à la rêverie qu’à la réflexion sur l’évolution du vivant.

Intervenant : Jean-Sébastien Steyer, paléontologue au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris et au CNRS

Rencontre suivie d’une séance de dédicace à la boutique du musée

Plus d’informations sur le site du :

Musée des Confluences

Sortie nature « Les animaux mal-aimés » avec la LPO

SSortie nature « Les animaux mal-aimés » avec la LPO

En mai, cultivons notre jardin qu’il soit urbain ou de campagne ! 🌼

🌿 La LPO Rhône vous invite à Partir à la découverte de ces animaux qui ont une mauvaise réputation et changer les regards, surpasser ses peurs et ses à priori en apprenant à les connaitre. Une approche sensorielle et sociétale en extérieur. 🐸🕷️🐍

🌿 Rendez-vous à la Maison de l’environnement, la balade se déroulera dans le parc de Gerland.

🌿 Inscriptions : https://www.helloasso.com/associations/maison-de-l-environnement/evenements/sortie-nature-les-animaux-mal-aimes-avec-la-lpo

Chaos Danse 17e Édition | « O que importa é o caminho » + « Thermorégulation sociale »

CChaos Danse 17e Édition | « O que importa é o caminho » + « Thermorégulation sociale »

Dans le cadre du Festival Les Arts du Campus – Journées des Arts et de la Culture dans l’Enseignement supérieur 2019, nous avons fait pour vous une sélection des activités de culture scientifique à ne pas manquer …

Chaos Danse 17ème Édition / O que importa é o caminho + Thermorégulation sociale

O que importa e o caminho : Dans un corps à corps avec un piano volant, Joana Schweizer ne fait plus qu’un avec l’instrument. Thermorégulation sociale : Les recherches sur les comportements animaux ont inspiré les deux chorégraphes de la Compagnie Tiers Temps.

  • Mercredi 3 avril, à 19h19. Campus LyonTech-La Doua / Théâtre Astrée / 6 avenue Gaston Berger, 69100 Villeurbanne. Tarifs : 6€ à 12€. Gratuit pour les étudiants. Réservation sur theatre-astree.univ-lyon.fr

 

Les autres évènements CSTI du festival :

 

TOUTE LA PROGRAMMATION :

JACES

Stage nature de printemps (8-12 ans)

SStage nature de printemps (8-12 ans)

Pour les curieux et curieuses de nature, et si l’on partait à la découverte des animaux et des plantes de Lyon?

Ouvrez votre restaurant pour les pollinisateurs, découvrez les poissons du Rhône, réalisez votre peinture à base de plantes, découvrez les oiseaux du parc… 5 jours de découverte et d’aventure dans le parc de Gerland et à la Maison de l’Environnement !

Chaque jour des thèmes faune-flore différents pour découvrir les petites bêtes des champs, les animaux du Rhône et les arbres qui nous entourent à Lyon.

Les ateliers sont accessibles de 8 à 12 ans pour 15 enfants par jour maximum.

Horaires : accueil à partir de 8h30 / fin des activités à 17h
Lieu : Maison de l’Environnement, 14 avenue Tony Garnier (Lyon 7)
Tarif : 30€/jour ou 125€ les 5 jour

Prévoir pique-nique, boissons, goûters et tenue d’extérieur

Programme complet et inscriptions : http://www.maison-environnement.fr/stage-nature-de-printemps-2019/

Collections animales, zoos et exhibitions d’animaux dans l’Antiquité : Assyrie, Grèce et monde romain

CCollections animales, zoos et exhibitions d’animaux dans l’Antiquité : Assyrie, Grèce et monde romain

Les Grecs, notamment à l’époque hellénistique, et les Romains, surtout à partir du IIe siècle avant notre ère, ont importé des spécimens d’espèces lointaines et exotiques, tels le rhinocéros ou la girafe, à titre de curiosités. De telles importations d’animaux sauvages doivent être replacées dans une histoire de la longue durée des relations diplomatiques et économiques, notamment tributaires, entre centres et périphéries.

L’importation d’animaux lointains est une pratique attestée très tôt en Egypte et dans l’Orient ancien; au premier millénaire avant notre ère, des animaux exotiques ont ainsi été acheminés jusqu’au cœur de l’empire néo-assyrien, puis de l’empire achéménide, avant de l’être dans certains endroits du monde grec, puis romain.

Quels étaient les animaux concernés, d’où venaient-ils ? Pourquoi mettait-on autant d’énergie à les faire venir ? Peut-on parler à leur propos de véritables collections ? Existait-il quelque chose d’analogue à nos modernes parcs zoologiques ? Dans quels types de mises en scène utilisait-on ces animaux ? Pourquoi les faisait-on défiler dans de somptueuses processions, ou combattre dans l’arène au cours de sanglantes chasses-spectacles ?

Telles sont quelques-unes des questions auxquelles nous tenterons de répondre.

 

Intervenant : Jean Trinquier, maître de conférences en littérature latine à l’ENS-Paris, laboratoire AOrOc

Dans le cadre du cycle Jean Pouilloux organisé par la MOM

 

En savoir plus :

Maison de l’Orient et de la Méditerranée

 

Des Animaux et des Hommes | #FDS2018

DDes Animaux et des Hommes | #FDS2018

En famille, venez en apprendre plus sur les chantiers archéologiques et les trouvailles que l’on peut y faire : vous ferez de nombreuses découvertes autour des animaux ! En compagnie des archéologues et archéozoologues du Service archéologique de la Ville de Lyon et des animateurs des Francas, vous apprendrez qui étudie les os d’animaux et pourquoi, les différences qui existent entre un animal apprivoisé et domestiqué, quel est le rôle de l’Homme dans la transformation de certaines espèces… Après ce forum des enfants citoyens, vous ne regarderez plus les animaux de la même manière !

Intervenants :  Archéologues et archéozoologue du Service archéologique et animateur des Francas

Public visé : 9 – 13 ans | Inscription obligatoire

 

Service Archéologique de la ville de Lyon

Consultez toute la programmation Fête de la Science 2018

en Métropole de Lyon et Rhône

Que se disent les animaux ?

QQue se disent les animaux ?

Le crocodile vagit, le grillon craquette, l’hyène rit, la mésange zinzinule… De nombreux animaux communiquent par des sons, mais que se disent-ils ?

Par des enregistrements et des expériences, menés dans les endroits parmi les plus reculés de notre planète, les chercheurs et chercheuses en bioacoustique explorent les signaux sonores des animaux.

Lors de sa conférence, Nicolas Mathevon exposera la diversité de ces mondes, depuis les pleurs des petits crocodiles à ceux des bébés humains en passant par les joutes sonores des éléphants de mer. Il décortiquera les informations portées par les vocalisations animales et soulignera la complexité de leurs communications, fournissant un éclairage inédit sur l’origine de notre propre langage.

Elisa Demuru présentera ses recherches qui visent à  explorer les effets de  l’expérience sociale dans les premières années de vie sur la communication chez le bonobo (Pan paniscus) en étudiant les gestes, expressions faciales et vocalisations émis au cours d’interactions ludiques. En effet, l’acquisition des compétences sociales, émotionnelles et mentales dépend d’une combinaison de facteurs physiques et sociaux qui doivent être présents dans les premières années de vie. Chez l’humain et les autres primates, le jeu est le principal contexte dans lequel les jeunes doivent gérer des relations sociales et peut être utilisé pour dévoiler les déficiences causées par un développement social perturbé.

Intervenants :

  • Nicolas Mathevon – professeur à l’Université de Lyon, membre de l’Institut universitaire de France, biologiste du comportement animal- Equipe de Neuro-Ethologie Sensorielle, CNRS, LabEx CeLyA (Centre Lyonnais de l’Acoustique)
  •  Elisa Demuru – Post doctorante – Laboratoire Dynamique Du Langage, CNRS – Université Lumière Lyon 2, LabEx ASLAN (Systèmes dynamiques complexes du langage), et Équipe de Neuro-Éthologie Sensorielle, CNRS, Université Jean Monnet, Saint-Étienne

Organisée par : Association des Amis de l’Université de Lyon

En partenariat avec : les LabEx ASLAN et CeLyA de l’Université de Lyon

————————————————–

A l’issue de la conférence, remise à Elisa Demuru du

Prix du Post doctorant étranger 2019 de l’Université de Lyon.

————————————————–

Suivre la conférence en direct

Vous pouvez poser des questions en envoyant un sms au  06 88 64 73 50

 

Pour en savoir plus, consulter le site de l’Association des Amis de l’Université de Lyon :

AAUL