Des bruits plein la thèse | Visages de la science

DDes bruits plein la thèse | Visages de la science

Histoire d’un duo art-sciences

L’histoire commence avec celle de Pierrick Chilloux…

« Après une licence Arts du spectacle et un cycle de théâtre à l’Université et au Conservatoire Régional de Poitiers, je suis entré en Master Cinéma et audiovisuel à l’Université Lyon 2, avec l’intention de m’orienter dans la réalisation de documentaires scientifiques. À mon arrivée à Lyon, j’ai du choisir le sujet de mon court métrage de Master 1. J’avais entendu parler de Ma Thèse en 180 secondes (MT 180) lors de ma formation au Conservatoire, et je souhaitais déjà écrire un film autour du concours. La diversité et l’importance de l’activité de recherche Lyonnaise promettait une expérience d’autant plus enrichissante que je ne connaissais pas du tout le milieu doctorant et scientifique, même si ce dernier m’a toujours fasciné. Mon professeur référent, Jacques Gerstenkorn était également très enthousiaste lorsque je lui ai fait part de mon idée.

J’ai donc commencé à rencontrer des doctorants qui n’étaient pas forcément candidats au concours, afin d’en apprendre plus. L’évènement Ma Thèse pour les Nuls organisé lors de la Fête de la Science par des LabEx de l’Université de Lyon, m’a conforté dans le choix de mon sujet. Ce concours, permet à une dizaine de doctorants de présenter son sujet de thèse en trois minutes, comme pour MT 180, mais de manière à parler aux plus jeunes. Après avoir reçu l’autorisation de l’Université de Lyon, le Conseil des Présidents d’Université et le CNRS, j’ai pu suivre la formation d’écriture et de jeu théâtral proposée par l’Université. Je souhaitais construire mon documentaire comme un journal de bord commun avec un doctorant candidat, en le suivant dans sa préparation au concours et en lui proposant mon aide pour la réalisation de la vidéo de pré-selection.

De novembre à février 2019, j’ai d’abord suivi Suzanne Bussod, doctorante en imagerie médicale au LabEx PRIMES et au laboratoire CREATIS, que j’avais rencontré de sa participation à Ma Thèse pour les Nuls. Elle m’a beaucoup aidé pour mon projet, et le film tient beaucoup de la confiance qu’elle m’a donné. En février, Suzanne n’a pas été sélectionnée pour la finale locale sur scène, et elle m’a proposé de suivre un de ses collègues de CREATIS, Valentin Baron. J’ai alors décidé de filmer la suite de l’aventure avec lui, son sujet de thèse, et son approche du travail m’aillant paru très intéressants. Travaillant sa thèse en partie en entreprise et en partie en laboratoire, Valentin avait choisi de s’entraîner pas seulement à la Ligue d’Improvisation Lyonnaise, ou se tenait la partie théâtrale de la formation, mais aussi devant ses collègues et ses amis. Il voulait faire de sa présentation un outil tout-terrain. Cette façon d’amener son sujet – et le théâtre – partout m’a beaucoup plu.

Chacun de nous deux proposait des idées pour se préparer au mieux à la scène. Au fil des tournages, Valentin en oubliait presque la caméra. Quelques jours avant la finale locale, le Président de la République a annoncé le confinement pour freiner l’épidémie de Coronavirus, annulant du même coup la suite du concours. Valentin et moi avons été obligés de dépasser les enjeux du concours et de réfléchir autrement ce que nous avions vécu. C’est ce que j’ai cherché à faire sentir dans mon essai documentaire de vingt minutes. Le Coronavirus a permis, paradoxalement, d’apprécier à sa juste valeur le travail de Valentin, et de penser la place du scientifique dans la cité. Je pense en effet qu’il revient à chacun de créer sa propre scène. »

… Et se poursuit avec Valentin Baron

« Mon travail de thèse consiste à utiliser des mesures issues d’antennes de microphones pour chercher à décrire des sources acoustiques (des objets bruyants). A partir de plusieurs microphones dont on connait le positionnement, il est possible de retrouver la position d’une source de bruit dans l’espace, par exemple.

Ces techniques dites de traitement d’antenne, je les applique dans deux projets complètement différents. Le premier, en acoustique sous-marine, cherche à prédire l’impact que des machines minières utilisées en grande profondeur causent sur leur environnement. Une fois que je les ai localisées, je calcule leur niveau sonore pour établir des seuils à ne pas dépasser. Le deuxième est quant à lui tourné vers l’acoustique aérienne, et cherche à détecter des drones aux abords de sites sensibles. Après une première étape de localisation d’une source de bruit, une étape d’identification permet de déterminer s’il s’agit d’une menace potentielle (un drone) ou non (un oiseau, par exemple). Une fois cette identification effectuée, des mesures de neutralisation proportionnées à la menace peuvent être mises en œuvre.

Ce travail de thèse appliqué à des domaines variés (l’acoustique sous-marine et aérienne), traduit bien la transversalité de la spécialité que j’ai apprise durant ma formation en école d’ingénieur : le traitement du signal. Cette matière, souvent difficile à définir même au sein des écoles, me passionne grâce aux nombreuses possibilités applicatives qu’elle offre, qui vont des télécommunications à la science des données, en passant par l’imagerie médicale ou encore le multimédia. »

Valentin faisait partie des 14 candidats sélectionnés au concours MT 180 de 2020 dont la finale lyonnaise devait se tenir en mars. Le concours n’a pas eu lieu en raison du confinement imposé par l’épidémie de Covid-19. Non découragé, Valentin Baron s’est représenté pour la finale locale Université de Lyon 2021, qui s’est déroulé en mars (suivie en ligne et en direct par le public) où a remporté le prix des internautes !

Le court métrage Des bruits plein la thèse a été nominé en 2021 au Festival Traces de Vies dans la catégorie Premier Geste Documentaire.

>> A découvrir !

 

>> La prestation finale de Valentin Baron au concours MT180 de l’Université de Lyon – édition 2021 :

Nouvel an lunaire 2021| Exploration et voyage en Asie

NNouvel an lunaire 2021| Exploration et voyage en Asie

Comme chaque année, l’ENS de Lyon et l’Institut d’Asie Orientale (IAO) fêtent le nouvel an lunaire, placé cette année sous le signe du buffle. En raison du contexte sanitaire, l’événement aura lieu en ligne et nous espérons que la programmation vous apportera une bouffée d’air frais et un soupçon d’évasion…

Programme

18h00 – Ouverture et présentation des films par Claudia Astarita et Virginie Berthebaud

18h15Alexandra David-Néel, Du Sikkim au Tibet interdit, documentaire de Jeanne Mascolo de Filippis et Antoine de Maximy. (52mn)

Ce documentaire retrace la vie d’Alexandra David-Neel, première occidentale à pénétrer dans Lhassa en 1924. De ses débuts en tant que cantatrice à ses voyages en Asie, de ses premières affinités avec le féminisme et l’anarchisme à ses ermitages en terre bouddhiste, les multiples facettes de cette femme hors du commun nous sont présentées à travers les archives et les récits de l’exploratrice qui fut aussi une écrivaine prolifique. Le témoignage précieux de Marie-Madeleine Peyronnet, sa dernière gouvernante et amie, complète le tableau de sa vie avec humour et émotion.

19h10 – Table ronde avec Jeanne Mascolo de Filippis, réalisatrice du documentaire, et Samuel Thévoz, chercheur et spécialiste du récit de voyage au Tibet, éditeur du premier roman d’Alexandra David-Neel.

20h00Altay skiing adventure, documentaire de Li Shuang. (20mn)

En 2005, des peintures rupestres ont été retrouvées à l’extrême nord de la Chine, dans la région de l’Altaï. Datées de 10 000 ans, elles représentent des hommes skis aux pieds. Aujourd’hui, à Hemu, petit village de la préfecture d’Altaï, les habitants perpétuent la tradition en fabriquant eux-mêmes leurs skis selon des techniques ancestrales. Cinq skieurs chinois vont à leur rencontre et partagent avec eux quelques moments de glisse mémorables…

20h20 – Clôture

 

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ENS de Lyon

[Regards sur…] Cinéma et crise sanitaire : diffusion, production et représentation des épidémies

[[Regards sur…] Cinéma et crise sanitaire : diffusion, production et représentation des épidémies

Pendant toute la durée du confinement, l’industrie cinématographique a connu des bouleversements majeurs : alors que les cinémas étaient fermés et les plateaux de tournage à l’arrêt, les plateformes de diffusion de films et de séries ont largement diversifié leur offre, témoignant de notre besoin impérieux de fiction !

La crise sanitaire n’a pas seulement modifié les formes de consommation et la production des films, les épidémies ont également fortement nourri l’inspiration des scénaristes et réalisateurs, s’appuyant sur les crises sanitaires passées ou bien redoutées par la communauté scientifique.

Martin Barnier, professeur en études cinématographiques à l’Université Lumière Lyon 2 (laboratoire Passages XX-XXI), nous livre son analyse sur ces bouleversements  et sur les représentations des épidémies à travers l’histoire du cinéma.

 

Projection commentée : Her

PProjection commentée : Her

En partenariat avec le CNRS, l’Aquarium Ciné Café propose un cycle de rencontres « Ciné-Club » associant projections de films et rencontres avec des scientifiques.

La première séance sera consacrée au thème de l’intelligence artificielle, avec la projection du film Her (Spike Jonze, 2014) en présence de Mathieu Lefort, maître de conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1, membre du Laboratoire d’Informatique en Image et Systèmes d’Information.

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Conférences : la science décrypte films et musiques

CConférences : la science décrypte films et musiques

Le confinement est une période propice à la découverte de films ou à l’écoute de musique. Le musée des Confluences propose le visionnage de deux conférences sur ces thèmes, plébiscitées par le public : l’une pour repérer les aberrations scientifiques des grands films de science-fiction, la seconde pour comprendre le bien-être procuré par l’écoute de notre album préféré.

« La science au cinéma, ou comment repérer les aberrations dans les films » – 56 min
Conférence du 16 janvier 2018 en partenariat avec le CALA (Club d’Astronomie de Lyon Ampère). Animée par Arnaud Vericel, doctorant au Centre de Recherche en Astrophysique de Lyon.

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« Le pouvoir insoupçonné de la musique sur notre cerveau » – 1h40
Conférence du 3 avril 2019 en partenariat avec le CNRS animée par Barbara Tillmann, chercheuse au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, médaillée du CNRS et Valentin Guichard, pianiste.

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Analyse « psycho-cinématographique » : STALKER (1979) d’Andreï Tarkovski

AAnalyse « psycho-cinématographique » : STALKER (1979) d’Andreï Tarkovski

Réalisés à l’aube des années 1980, The Thing et Stalker sont deux œuvres cinématographiques stylistiquement et philosophiquement très différentes, l’une originaire de l’Amérique de Reagan et l’autre de l’Union soviétique de Brejnev. Toutes deux pourtant, en racontant les aventures d’un petit groupe d’hommes perdus dans une nature sauvage, traitent en creux de l’idée d’une catastrophe susceptible de remettre en cause la survie de l’humanité. Nous proposons de revenir sur ces deux films au moment où, dans le réel, la menace d’une fin du monde tel que nous le connaissons se fait plus concrète.

Lors de chaque séance et en lien avec ces préoccupations, une heure sera consacrée à une analyse « psycho-cinématographique » du film abordé, appuyée d’extraits de celui-ci, suivie d’une heure de débat avec le public.

Seconde séance le jeudi 30 janvier : Stalker (1979) d’Andreï Tarkovski (https://fr.wikipedia.org/wiki/Stalker_(film,_1979)

Comme dans The Thing, étudié lors de notre précédente intervention, un bouleversement extra-terrestre ou peut-être cosmique aurait eu lieu, à l’origine de la situation dans laquelle le film se déroule. Il existe désormais une « Zone » aux pouvoirs et aux dangers méconnus, que les autorités interdisent d’accès. Des guides clandestins, les « stalkers », conduisent des personnes dans la Zone, au cœur de laquelle se trouverait la « Chambre », un endroit censé exaucer le vœu le plus cher de ceux qui y parviennent. Un stalker emmène deux hommes, le Professeur et l’Écrivain. Il leur impose des règles imprévisibles et mystérieuses afin de progresser dans cet espace revenu à l’état sauvage…

  • Série : Fins du monde ? Analyses psycho-cinématographiques de films
  • Intervenants : Frédéric Jars, J.-F. Buiré
  • Lieu : TNP (salle Laurent Terzieff)
  • Horaires : 19h à 21h

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« Le Dictateur » de Charlie Chaplin | Cycle de conférences Questions de société

«« Le Dictateur » de Charlie Chaplin | Cycle de conférences Questions de société

Le Dictateur est un événement considérable dans l’histoire du cinéma : éminemment politique, il s’attaque fron­talement au nazisme et à son incarnation, Adolf Hitler, au moment même où les troupes allemandes déferlent sur l’Europe.

À la fin des années 1930, alors que l’industrie hollywoodienne hésite à produire des œuvres antinazies, Charlie Chaplin fait le choix de confronter Charlot à Hitler. Celui que la droite américaine soupçonne d’être « communiste » ou « juif » ne livre alors pas un film patriotique mais un film humaniste, universel. Le premier film parlant de Chaplin sera un cri d’alarme, un cri politique adressé au monde entier.

C’est sous cet angle, celui du film politique, que Jean-Pierre Esquenazi analyse les scènes, les personnages, les dialogues du Dictateur. Car cette prise de position politique s’accompagne d’une rupture esthétique dans la filmographie de Chaplin.

Un regard nouveau sur cet immense classique, servi par une splendide iconographie issue des archives Chaplin.

 

>>> Infos & Inscription sur le site Université Jean Moulin Lyon 3

Nouvel an lunaire 2020 | Trajectoires de femmes et mutations sociales au Viêt-Nam

NNouvel an lunaire 2020 | Trajectoires de femmes et mutations sociales au Viêt-Nam

À l’occasion de l’avènement de l’année de la Souris de Métal, l’Institut d’Asie Orientale propose un focus en deux temps sur une société vietnamienne en pleine mutation.

Trois trajectoires de femmes, issues de trois régions et de trois générations différentes, rythmeront la première partie de la soirée à travers trois documentaires des ateliers Varan à Hanoi. Dans la seconde partie, le deuxième long métrage de Phan Dang Di nous plongera dans une chronique des années 1990 dans le sud du pays dans laquelle la violence des rapports sociaux se mêle à la sensualité des corps et des nouvelles affirmations individuelles de la jeunesse.

Programme

17h00 : Vœux de Béatrice Jaluzot pour le Nouvel an lunaire suivis d’une présentation des films par Tatiana Tepliashina et François Guillemot.

Projections de trois documentaires :

  • P. A. de Phan Huynh Trang (2006, 42 min)
  • Maman est partie à la ville de Tran Thi Cuc Phuong (2010, 31 min)
  • Madame la chef de quartier de Dung Hoang (2009, 42 min)

19h30 : Entracte

20h00 : Film de fiction

  • Mékong Stories de Phan Dang Di (2016, 1h42)

 

En savoir plus :

ENS de Lyon

Ciné-Défis : Projection du documentaire « Demain »

CCiné-Défis : Projection du documentaire « Demain »

Des projections gratuites pour découvrir les défis environnementaux et les solutions sur le territoire

En 2020, relevez les défis de la décennie à venir avec la Maison de l’Environnement à travers une programmation renouvelée.
Les Ciné-Défis, c’est un rendez-vous quinzomadaire pour découvrir un ou plusieurs défis et des solutions pour accompagner la transition écologique sur le territoire : une projection gratuite + une présentation de solutions concrètes pour s’engager sur le territoire.
Retrouvez toutes les activités de la Maison de l’Environnement sur www.maison-environnement.fr à la rubrique « Agenda« 

Festival INTERFERENCES | 4e édition

FFestival INTERFERENCES | 4e édition

En croisant l’approche sensible du cinéma, la parole citoyenne et l’actualité des chercheurs, le Festival Interférences revisite nos perceptions et notre compréhension du monde.

Le Festival accueille pendant dix jours et dans une pluralité de lieux, du cinéma documentaire d’auteur allié à des temps d’échanges collectifs.

Chaque film vient nous interroger sur la formulation de nos intérêts tout autant que sur celles de nos ressentis. Le Festival Interférences propose donc de faire dialoguer les multiples formes de connaissances à partir des ressources de chacun.

A l’issue des projections, les spectateurs peuvent faire entendre leurs voix et sont libres de leurs modalités de participation.

10 jours de festival, 37 films, 24 invité.e.s, 25 séances pour échanger et débattre !

Festival Interférences

Affiche Festival Interférences 2019