PPouvait‑on prédire les inondations espagnoles de 2024 ? Le problème de la dérive des données illustrée par la climatologie Le temps est l’ennemi des statisticiens. Cet article annonce que même à l’ère des systèmes d’IA, un modèle météorologique qui serait uniquement fondé sur des données passées et des principes statistiques peut avoir des difficultés à prévoir correctement les quantités de pluie futures, dans le contexte du changement climatique – tout simplement parce que la situation évolue.Nous avons toutes et tous vu passer les images terribles des inondations espagnoles d’octobre 2024. Avec plus de 200 morts, cet évènement est passé directement au statut d’incident le plus meurtrier survenu en Espagne depuis les inondations de 1962. […]Un article de Rémi Vaucher, enseignant-chercheur en statistiques et en mathématiques appliquées à l’EPITA Lyon – The Conversation – 8 juin 2026>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION
DDébris spatiaux : une pollution méconnue Ignorosphère : cet étudiant qui s’attaque à la pollution oubliée du spatialÀ 22 ans, Sacha Perin, étudiant-entrepreneur à l’INSA Lyon, explore une zone d’ombre de la conquête spatiale : la pollution de la mésosphère. Entre constellations de satellites et débris incandescents, il cherche à mesurer l’impact de ceux qui redescendent sur Terre au sein de son projet de start-up au nom provisoire d’Ignorosphère.Dans le vacarme discret de la conquête spatiale, certaines questions restent suspendues. Trop hautes pour nos instruments, trop basses pour nos satellites. C’est dans cette zone grise que s’est glissé Sacha Perin, 22 ans, élève en Filière Entrepreneuriat Émergence (FEE) à l’INSA Lyon, pour y bâtir un projet entrepreneurial aussi prospectif que stratégique.Tout commence par une intuition. Celle que derrière l’enthousiasme technologique des constellations de satellites se cache un angle mort environnemental. À mesure que les objets en orbite basse se multiplient, leur fin de vie pose une question encore largement ignorée : que deviennent-ils en se désintégrant dans l’atmosphère ?« Aujourd’hui, on estime que près de 10 % des particules de la haute atmosphère contiennent des métaux issus de l’industrie spatiale », alerte l’étudiant-entrepreneur. Le risque est celui d’une altération de la chimie atmosphérique et, à terme, d’effets climatiques encore mal anticipés.[…]Lire la suite de l’article
MMettre en données le manuscrit | #3 Cycle de conférences sur l’IA L’Enssib poursuit son cycle de conférences consacré aux enjeux politiques et sociaux de l’intelligence artificielle, en donnant la parole à de jeunes chercheuses qui explorent la manière dont ces technologies transforment nos institutions et nos pratiques. L’intelligence artificielle au service du patrimoine écritLes récents progrès de l’intelligence artificielle, et plus particulièrement de la reconnaissance automatique de l’écriture (HTR), ont profondément transformé l’accès aux sources manuscrites médiévales. Ce qui relevait autrefois d’un patient travail d’expertise, mobilisant des années de recherche, peut désormais être accompli en quelques jours, ouvrant la voie à une mise en données à grande échelle du patrimoine écrit.Les impacts de la mise en données des manuscritsMais cette accélération technique s’accompagne de questionnements épistémologiques majeurs :qu’advient-il du document lorsqu’il devient donnée ?que change l’automatisation dans la pratique philologique et dans l’appréhension du texte ?Cette conférence proposera une réflexion sur la place des méthodes numériques dans la chaîne éditoriale et la construction des corpus, depuis le fac-similé jusqu’à l’édition critique. Elle explorera la stratification des données — image, transcription, normalisation, annotation — et les tensions entre fidélité documentaire, modélisation numérique et interprétation savante. Enfin, elle interrogera le rôle renouvelé de la philologie dans le contexte de la science ouverte, où le manuscrit devient à la fois objet patrimonial, ressource de recherche et jeu de données interopérable.Intervenante : Ariane Pinche, chargée de recherche au CNRS en études médiévales et humanités numériques au CIHAM – Laboratoire en Histoire, Archéologie, Littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux (UMR 5648).Évènement retransmise en direct sur la chaîne youtube de l’Enssib. : Youtube
LL’information échappe-t-elle à la question du genre ? Quel est le rôle du genre en matière de données et de systèmes d’information ? Quels dispositifs de sensibilisation et de formation existent ? Cette journée d’étude était proposée par l’Enssib et apporte quelques réponses à ces questions.> Lutter contre la violence des données issues de la datafication : pour une littératie des données queerIssue de certaines pratiques de datafication, une essentialisation des données fait subir aux personnes queer une invisibilisation de leurs quotidiens et des discriminations du fait de mauvais calibrages des jeux de données et des algorithmes associés. Cette conférence cherche à poser les bases d’une littératie des données queer afin de proposer des formes alternatives de données pour représenter au mieux les vies queer.Par : Ugo Verdi, docteur en Sciences de l’information et de la communication, ingénieur de recherche, Université de Bordeaux. > Présentation du projet Gender-Ed Coalition, porté par Savoir*DevenirCe projet porte sur la sensibilisation du grand public aux enjeux de l’éducation au genre en contexte de désinformation et vise à mettre en lumière les phénomènes de la désinformation sexiste et genrée et la violence qui en découle dans les médias sociaux.Par : Divina Frau-Meigs, professeur en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris III. > Nouvelles prises de conscience, nouveaux enjeux : quelle prise en compte au sein des dispositifs de sensibilisation et de formation ?Intervenantes :Céline Robert, responsable du fonds de recherche sur le genre ASPASIE, BU Education, Université Claude Bernard Lyon 1 ;Sylvie Tomolillo, responsable du Centre de ressources sur le genre, Bibliothèque Municipale de Lyon ;Aurélie Delmas, journaliste et formatrice au sein du Centre de formation des journalistes ;Marion Sabourdy, chargée des nouveaux médias à La Casemate (CCSTI Grenoble) et coordinatrice de la Fête de la Science en Isère : Editathon femmes et sciences.
CComment l’Union européenne protège-t-elle son marché des données ? | The Conversation Deux textes essentiels ont été adoptés pour organiser dans les pays de l’Union européenne le marché des données : le règlement sur la gouvernance des données de 2022, le Digital Governance Act, et le règlement sur les données, le Data Act, de 2023. | ©DCStudio/ShutterstockL’Union européenne a élaboré un nouveau corpus juridique ambitieux pour compléter le règlement général de protection des données autour de perspectives d’intérêt général. Le règlement sur la gouvernance des données – « Digital Governance Act » – vise à favoriser les nouveaux modes d’usage. Le règlement sur les données – « Data Act » – pose les conditions techniques de valorisation des données. Le règlement sur l’intelligence artificielle – « AI Act » – prolonge ce mouvement en s’intéressant à la qualité des données utilisées pour les systèmes d’IA.Du 20 au 24 janvier 2025, le 55ᵉ Forum économique mondial de Davos a été marqué par le renforcement de la concurrence entre les États-Unis et la Chine, notamment dans le domaine numérique.De façon novatrice, l’Union européenne s’efforce depuis plusieurs années de tracer une voie médiane. Elle se distingue des États-Unis, où l’organisation de l’espace des données est prioritairement laissée au secteur privé, ce qui emporte de puissants effets de concentration. Et elle s’éloigne de la Chine, où la surveillance d’État, qui vise des finalités de contrôle social, se combine avec un encadrement strict des grandes plates-formes et de l’utilisation des données.À rebours des orientations chinoises et états-uniennes, le Vieux Continent dessine un modèle original de régulation des données, concrétisé par la mise en place d’un nouveau marché. L’enjeu est là : la donnée étant la représentation numérique d’une information, il est possible d’en faire un objet d’exploitation. Bien sûr, l’organisation d’un tel marché n’est pas aisée. En effet, les grandes plates-formes disposent d’une propriété exclusive sur les très vastes quantités de données qu’elles collectent chaque jour.Du RGPD à la stratégie pour les donnéesLe 19 février 2020, la Commission européenne a présenté sa stratégie pour les données. Elle marque une importante évolution du discours juridique. En complément du règlement général sur la protection des données (RGPD) de 2016, la législation est désormais axée sur la circulation des données. Plus précisément, elle repose sur l’idée que les données sont des ressources à exploiter, notamment pour augmenter la croissance des entreprises et améliorer la réalisation des politiques publiques.Or, la Commission européenne a identifié plusieurs facteurs de limitation de la libre circulation des données : faible confiance dans le partage, insuffisante disponibilité des données, rôle marginal des fournisseurs européens de cloud et difficultés d’interopérabilité. Une telle situation est directement liée au fait qu’une grande partie des données reste entre les mains des grandes plates-formes.En réponse, une batterie de mesures est créée pour façonner un espace européen des données et dépasser le RGPD. En ce sens, le règlement libre flux de 2018 sur les données non personnelles a prohibé certaines exigences de localisation des données. Puis, la directive open data de 2019 a établi un premier régime des données ouvertes et érigé la libre réutilisation des données en principe.L’espace européen des donnéesDeux textes essentiels sont adoptés dans le sillage de la stratégie pour les données pour organiser le marché des données : le règlement sur la gouvernance des données de 2022 – Digital Governance Act (DGA) – et le règlement sur les données – Data Act (DA) – de 2023.Liens entre la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et l’Union européenne. | ©CNILLe Digital Governance Act (DGA) favorise les nouveaux modes d’usage des données, comme le partage volontaire. À cette fin, il met en place un régime juridique pour le déploiement d’organisations altruistes chargées de promouvoir le partage spontané. En France, depuis mai 2024, c’est la CNIL qui assume le rôle d’autorité compétente en matière d’altruisme des données.Gouvernance de la donnée (DGA)Le règlement sur la gouvernance des données – ou Digital Governance Act (DGA) – distingue les activités de production – collecte et fourniture de données –, d’intermédiation – renforcement de la disponibilité – et d’utilisation – exploitation des données en vue de leur valorisation.Parmi les services d’intermédiation de données, on trouve par exemple les plates-formes Hub One DataTrust pour les données du secteur aéroportuaire, ou MiTrust pour les données bancaires et financières.Le DGA fait aussi naître une nouvelle catégorie d’acteurs du numérique : les prestataires de services d’intermédiation de données. Ces tiers de confiance ont pour mission d’établir des relations commerciales afin de réaliser des partages de donnéesEnfin, le Digital Governance Act (DGA) préconise la création d’espaces communs d’échanges de données dans plusieurs secteurs stratégiques. Pour le moment, la démarche sectorielle la plus aboutie est l’espace européen des données de santé. L’objectif est de fournir un droit d’accès immédiat, gratuit et simplifié aux données de santé des personnes, ainsi qu’un droit à la portabilité des dossiers médicaux dans un format interopérable.Harmoniser les règles européennes (DA)En second lieu, le règlement sur les données – ou Data Act (DA) – vise, quant à lui, à harmoniser les règles relatives à l’accès aux données et à leur utilisation. Il s’intéresse aux données industrielles issues des objets connectés qui, là aussi, sont largement inutilisées malgré les volumes considérables générés.Ainsi, là où le Digital Governance Act (DGA) détaille les processus et les structures prévus pour faciliter le partage de données, le Data Act (DA) précise qui peut valoriser les données et selon quelles conditions. L’une des mesures les plus saillantes du texte est un dispositif de réquisition des données dans certaines situations d’urgence. Il quitte le domaine de la persuasion pour investir celui de la contrainte, le texte prévoit donc une véritable obligation de partage des données.Articulation avec l’Artificial Intelligence ActCe droit du marché européen des données doit aujourd’hui s’articuler avec le règlement sur l’intelligence artificielle ou AI Act de 2024, qui promeut la qualité et l’intégrité des données impliquées dans le fonctionnement des systèmes d’IA. À cet égard, le Digital Governance Act (DGA) et le AI Act sont étroitement liés. Les espaces communs des données sont censés garantir un accès fiable à des données de qualité pour l’entraînement des systèmes d’IA.Il reste évidemment la question de savoir quel va être l’avenir de ce nouveau volet de la politique européenne du numérique dans le contexte actuel de la rivalité sino-états-unienne. Il ne fait pas de doute que les grandes plates-formes peuvent considérablement ralentir la mise en application effective des textes. Le droit de l’UE étant ici principalement persuasif, la volonté des acteurs du numérique sera décisive.Auteur :Louis Feriel, enseignant-chercheur en droit privé, Institut catholique de Lyon – UCLy Cet article est republié sous licence Creative Commons.>> Lire l’article original :The Conversation
DDonnées personnelles : rien à cacher, mais beaucoup à perdre | The Conversation Nos données personnelles circulent sur Internet : nom, adresses, coordonnées bancaires ou de sécurité sociale, localisation en temps réel… et les affaires qui y sont liées se font une place pérenne dans le débat public, du scandale Facebook-Cambridge Analytica au vol de données à la Croix-Rouge, en passant par les récents blocages d’hôpitaux par des rançongiciels (ou ransomware) et l’interdiction de l’application TikTok pour les fonctionnaires de plusieurs pays.Mais si l’on sait de plus en plus que nos données personnelles sont « précieuses » et offrent des possibilités sans précédent en matière de commercialisation et d’innovation, il est parfois difficile de saisir ou d’expliquer pourquoi il faudrait les protéger.QQuels sont les risques liés à la divulgation de mes données personnelles ?Le premier risque concerne la perte du contrôle sur nos propres données. C’est ce qui arrive par exemple quand on autorise le traçage par des sites ou des applications : on autorise l’enregistrement de nos activités sur le Web ou sur notre smartphone (pages visitées, géolocalisation) et l’échange de ces données, et, une fois cet accord donné, nous n’avons plus aucun pouvoir sur la circulation de nos données.Ces informations sont utilisées le plus souvent pour du profilage qui permet d’alimenter l’économie de la publicité personnalisée régie dorénavant par des plates-formes d’enchères valorisant les données relatives aux profils utilisateurs contre des emplacements publicitaires.Mais, ces informations peuvent également être utilisées à mauvais escient. La connaissance de votre localisation peut aider le passage à l’acte d’un cambrioleur par exemple, et la connaissance de vos centres d’intérêts ou opinion politique peut vous exposer à des opérations d’influence.Le scandale Cambridge Analytica en est un exemple, avec l’exploitation de données personnelles de millions d’utilisateurs Facebook pour des campagnes de désinformation ciblées afin d’influencer des intentions de vote. Plus récemment, les révélations du Monde sur les entreprises de désinformation indiquent que cette pratique n’est pas un cas isolé.Un autre risque concerne l’hameçonnage : si des informations personnelles sont présentes dans un courriel ou SMS frauduleux, il vous paraîtra plus réaliste et abaissera vos barrières de vigilance. L’hameçonnage sert souvent à infecter la cible avec un rançongiciel (ransomware en anglais) : les cybercriminels utilisent des informations personnalisées pour gagner la confiance des destinataires et les inciter à ouvrir des pièces jointes, ou à cliquer sur des liens ou documents malveillants, ce qui permet dans un second temps de verrouiller les données de la victime et d’en interdire l’accès. Une rançon est ensuite réclamée pour les déverrouiller.Bien que les attaques par rançongiciel les plus médiatisées concernent des organisations, des hôpitaux par exemple, les particuliers sont également touchés.Dans le cas de l’usurpation d’identité, une personne malveillante utilise des informations personnelles qui permettent de nous identifier (« se logger ») sans notre accord : par exemple, en créant un faux profil sur une plate-forme et en rédigeant des commentaires sous l’identité de la victime afin de nuire à sa réputation.À un autre niveau, la surveillance de masse exercée par certains États capture les informations personnelles de leurs citoyens afin d’entraver la liberté d’expression ou de ficher les individus par exemple. Une surveillance accrue peut tendre vers un sentiment d’absence de sphère privée et ainsi brider le comportement des individus.En Europe, le RGPD (règlement général sur la protection des données) limite la récolte des données personnelles, notamment par les gouvernements, qui doivent justifier d’une raison suffisante pour toute surveillance.CChacun d’entre nous a une empreinte numérique uniqueCes problèmes touchent chacun d’entre nous. En effet, dans un monde de plus en plus numérique où nous générons quotidiennement des données à travers notre navigation sur Internet, nos smartphones, ou nos montres connectées, nous avons tous une « empreinte numérique unique ».En clair, il est généralement possible de ré-identifier quelqu’un juste à partir des « traces » que nous laissons derrière nous sur nos appareils numériques.Nos données personnelles permettent de nous identifier, comme une empreinte digitale numérique. Immo Wegmann/Unsplash, CC BYPar exemple, l’observation aléatoire de quatre lieux visités seulement représente une signature unique pour 98 % des individus. Cette unicité est généralisable dans un grand nombre de comportements humains.Cacher l’identité du propriétaire de données personnelles uniquement derrière un pseudonyme n’est pas une protection suffisante face au risque de réidentification, il est nécessaire d’anonymiser les données.DDonnées synthétiques, apprentissage fédéré : les nouvelles méthodes pour protéger les données personnellesTels les membres d’un « black bloc » essayant d’être indistinguables entre eux en s’habillant de manière identique dans une manifestation houleuse, l’anonymisation de données a pour but d’éviter qu’une personne ne se démarque du reste de la population considérée, afin de limiter l’information qu’un cyberattaquant pourrait extraire.Dans le cas de données de géolocalisation, on pourrait par exemple modifier les données afin que plusieurs utilisateurs partagent les mêmes lieux visités, ou alors introduire du bruit pour ajouter une incertitude sur les lieux réellement visités.Mais cette anonymisation a un coût car elle « déforme » les données et diminue leur valeur : une trop grande modification des données brutes dénature l’information véhiculée dans les données anonymisées. De plus, pour s’assurer de l’absence d’une empreinte réidentifiante, les modifications nécessaires sont très importantes et souvent incompatibles avec nombre d’applications.Trouver le bon compromis entre protection et utilité des informations anonymisées reste un challenge. À l’heure où certains voient les données comme le nouveau pétrole du XXIe siècle, l’enjeu est de taille car une donnée anonyme n’est plus considérée comme une donnée personnelle et échappe au RGPD, ce qui veut dire qu’elle peut être partagée sans consentement du propriétaire.Cette difficulté de trouver un compromis acceptable entre protection et utilité des données au travers de mécanismes d’anonymisation a fait évoluer les pratiques. De nouveaux paradigmes de protection des données personnelles ont vu le jour.Une première tendance consiste à générer des données synthétiques reproduisant les mêmes propriétés statistiques que les vraies données.Ces données générées de manière artificielle ne sont par conséquent pas liées à une personne et ne seraient plus encadrées par le RGPD. Un grand nombre d’entreprises voient en cette solution des promesses de partage d’information moins limitées. En pratique, les risques résiduels des modèles de génération synthétique ne sont pas négligeables et sont encore à l’étude.Une autre solution limitant le risque de partage de données personnelles est l’apprentissage fédéré. Dans l’apprentissage machine conventionnel, les données sont centralisées par une entité pour entraîner un modèle.Dans l’apprentissage fédéré, chaque utilisateur se voit attribuer un modèle qu’il entraîne localement sur ses propres données. Il envoie ensuite le résultat à une entité qui s’occupe d’agréger l’ensemble des modèles locaux. De manière itérative, cet apprentissage décentralisé permet de créer un modèle d’apprentissage sans divulguer de données personnelles.Ce nouveau paradigme de protection des données personnelles suscite beaucoup d’engouement. Cependant, plusieurs limitations subsistent, notamment sur la robustesse face aux acteurs malveillants qui souhaiteraient influencer le processus d’entraînement. Un participant pourrait par exemple modifier ses propres données pour que le modèle se trompe lors d’une tâche de classification particulière. Publié sur The Conversation le 29 mars 2023Auteur : Antoine Boutet, Maitre de conférence, Privacy, IA, au laboratoire CITI, Inria, INSA Lyon – Université de LyonCet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. >> Lire l’article original :The conversation>> Cet article a été actualisé le 28 octobre 2024 : L’opérateur mobile et fournisseur d’accès internet Free a annoncé avoir été victime d’une cyberattaque. Selon l’entreprise : « cette attaque a entraîné un accès non autorisé à une partie des données personnelles ». Quels sont les risques si vos données ont fuité ?Lire l’article actualisé :The Conversation
SSous surveillance : quelle protection des données dans un monde numérique ? | RDV UCLy Expert Reconnaissance faciale, protection de la voie publique, vidéosurveillance… les enregistrements vidéos s’immiscent dans nos vies quotidiennes et posent la question du respect des libertés fondamentales et de l’importance de protéger ses données personnelles.C’est donc un vaste sujet, qui concerne chacun de nous aussi bien dans le cadre personnel que professionnel, dont nos experts vont se saisir. Ils vous proposent d’interroger, au regard du cadre réglementaire et légal, les multiples enjeux d’un monde sous surveillance.Comment s’assurer de la conformité au RGPD de son installation de vidéosurveillance ou de vidéoprotection ?Peut-on évaluer la capacité de ces technologies à répondre aux enjeux sécuritaires qu’elles servent ? Comment composer avec des législations qui diffèrent, entre le pays qui fabrique la technologie et celui qui l’utilise ?>> Il sera également question des conflits de valeurs qui entourent le sujet :Peut-on conjuguer lutte contre l’insécurité et respect de la vie privée ?Quand il devient nécessaire de maintenir l’éclairage public nocturne pour que les caméras captent des images, comment concilier protection de l’environnement et vidéoprotection ?Photos de smartphones, enregistrements d’enceintes connectées… quel usage envisager pour ces données complémentaires, qui ne relèvent ni de la vidéosurveillance, ni de la vidéoprotection ?UCLy Expert vous donne rendez-vous à la croisée des enjeux numériques, juridiques et éthiques, pour vous donner des clés et vous aider à mieux appréhender les risques et bénéfices liés à ces nouvelles technologies !>> Pour en savoir plus :UCLY EXPERT
SSciences de l’information et des bibliothèques – Les Editions de l’Enssib ©enssibLes soirées de lancement des Éditions de l’Enssib L’Enssib organise, à chaque nouvelle parution d’un ouvrage des éditions de l’Enssib, une table ronde permettant l’échange et le débat, en présence des auteurs et d’enseignants chercheurs experts dans le domaine des sciences de l’information, du numérique et des métiers du livre.Ces tables rondes ont lieu une fois par mois, les jeudi de 17h30 à 19h, à l’amphithéâtre de l’Enssib. >> Regarder la vidéo :>> Retrouvez l’ensemble des vidéos sur la :chaîne youtube de l’Enssib
LLes bibliothèques face au monde des données L’ouvrage « Les bibliothèques face au monde des données » interroge l’évolution des pratiques bibliothéconomiques vers un modèle centré sur les données, qui peut constituer une nouvelle frontière pour les bibliothèques, au-delà de la seule transition bibliographique.La transformation numérique des processus documentaires amène les professionnels de l’information et des bibliothèques à gérer non seulement des documents imprimés ou numériques, mais encore des données numériques, structurées ou non. Ils sont de plus en plus concernés par ce nouveau monde de la donnée: toutes les bibliothèques produisent des données concernant leur activité (fréquentation, prêt, utilisateurs…) qu’il convient de gérer et sécuriser en vertu des nouvelles réglementations comme le RGPD en matière de protection des données personnelles, et suivant les recommandations de la science ouverte en faveur de l’ouverture et du partage des données de recherche. Autrice de l’ouvrage :Véronique Mesguich, consultante et formatrice à l’Enssib.Préfacière de l’ouvrage : Emmanuelle Bermès, Maître de conférences à l’École nationale des chartes – EnssibParu dans la collection « Papiers » , aux Presses de l’Enssib en 2023.Consultez l’introduction en libre-accès sur le site : EnssibDécouvrir l’ouvrage sur le site des presses : EnssibLa soirée de lancement de l’ouvrage a eu lieu le jeudi 5 octobre sous forme d’une table ronde.Inaugurée par : Nathalie Marcerou-Ramel, directrice de l’Enssib,Avec la participation de : Véronique Mesguich, consultante et formatrice, autrice de l’ouvrage, Agnieszka Tona, Maître de conférence – Enssib et Laetitia Bracco, Data librarian – Université de Lorraine.Modérée par : Florence Salanouve, directrice de la valorisation – Enssib.>> Regardez la vidéo :>> Plus d’information sur la page :ENSSIB
LLa Recherche de demain : enjeux des données sportives dans le football par Cédric Maiore | Visages de la science Cédric Maiore, docteur en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université Jean Moulin Lyon 3, a réalisé une thèse sur les représentations audiovisuelles du football à l’ère numérique. Il y analyse les formes et les enjeux de la (re)médiatisation du spectacle sportif footballistique, entre média télévisuel et dispositifs vidéoludiques avec l’apport notamment des données massives et des images de synthèse. >> Regarder la vidéo :La représentation audiovisuelle du football à l’ère numérique : Formes et enjeux de la remédiatisation du spectacle sportif footballistique, entre média télévisuel et dispositifs vidéoludiques.Thèse en Sciences de l’information et de la Communication soutenue le 12 décembre 2022.Les représentations vidéoludiques s’invitent de plus en plus dans la médiatisation du football. Cela interroge la porosité entre les différents niveaux de représentation de ce jeu-sport : du réel physique du match (spectacle sportif vivant) au réel médiatisé de la captation / retransmission télévisuelle jusqu’à l’hyperréalisme des dispositifs vidéoludiques récents.Notre recherche retrace l’histoire de la représentation audiovisuelle du football à la télévision et dans les jeux vidéo pour montrer la façon dont les grandes séries FIFA (EA Sports), Pro Evolution Soccer (Konami) et Football Manager (Sega) s’affranchissent progressivement de l’imagerie télévisuelle, tout en soulignant le rôle des données statistiques dans ce processus. En effet, ces titres intègrent chaque année des milliers d’avatars de joueurs existants distinguables graphiquement et dont les attributs in-game sont en lien avec leurs performances réelles.Cette thèse s’attache à mettre en lumière des formes de télescopages et d’interdépendances inédites qui sont en train de se produire entre les différents régimes de représentation du football, là où captation et retransmission télévisuelle, données statistiques et imagerie bidimensionnelle puis tridimensionnelle forment un amalgame dont les limites sont difficilement discernables et où les « niveaux » de réalité fusionnent.Pour en savoir plus :Thèse en ligne