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Life RECYCLO | Un dossier Pop’Sciences

LLife RECYCLO | Un dossier Pop’Sciences

Alors que le recyclage des eaux usées est encore peu présent en Europe et en France, la start-up lyonnaise TreeWater lance un projet de recyclage des eaux usées à destination des blanchisseries. Avec Pop’Sciences, suivez toute l’aventure du projet Life RECYCLO.

Dans le cadre du projet européen Life RECYCLO, la société TreeWater, une start-up lyonnaise issue du laboratoire DEEP de l’INSA Lyon, développe un procédé de traitement et de recyclage des eaux usées pour le secteur de la blanchisserie. L’objectif ? Proposer une meilleure gestion des ressources en eau et réduire le déversement de substances polluantes dans le milieu aquatique. Un projet qui prend place en France, en Espagne  et au Luxembourg de 2021 à 2024.

Partenaire du projet, Pop’Sciences vous propose de suivre toutes les avancées, les péripéties et les réussites de ce projet au sein de ce dossier mis à jour au fil de l’eau.

>> Retrouvez tous les épisodes du dossier :

Dossier Life RECYCLO

Sommes-nous d’accord pour laver notre linge avec de l’eau recyclée ? | Un dossier Pop’Sciences – épisode 3

SSommes-nous d’accord pour laver notre linge avec de l’eau recyclée ? | Un dossier Pop’Sciences – épisode 3

Le projet Life RECYCLO a pour objectif de développer un procédé de recyclage des eaux usées adapté au secteur de la blanchisserie. Dans le cadre de ce projet, s’est alors posée la question suivante : cela est-il acceptable, à la fois pour les gérants et les clients de blanchisseries, de laver du linge avec de l’eau recyclée ?

Dans le cadre du projet européen Life RECYCLO, la société TreeWater, une start-up lyonnaise issue du laboratoire DEEP de l’INSA Lyon, développe un procédé de traitement et de recyclage des eaux usées pour le secteur de la blanchisserie. L’objectif ? Proposer un procédé qui éliminera plus de 90 % des polluants issus des eaux de lavage de blanchisseries, et qui recyclera 50 à 80 % de ces eaux, pour qu’elles puissent être réutilisées par ces mêmes entreprises dans leur processus de nettoyage.

Une enquête sociale

Au sein de ce même projet, il a été décidé de mener une enquête de perception auprès d’acteurs de la blanchisserie afin de mesurer leur degré de sensibilisation à la nécessité de préserver l’eau, mais également de mesurer le degré d’acceptation d’un procédé de recyclage des eaux usées. Organisée par Pop’Sciences, cette enquête a été menée de février à juin 2022 dans toute l’Europe. Elle visait alors à interroger des gérants de blanchisseries, mais aussi leurs clients, ainsi que des acteurs clés du secteur de l’eau et de la blanchisserie, tels que des membres de l’Agence de l’eau ou des représentants de syndicats du textile européens.

Cette consultation a été conduite selon les méthodes de la psychologie sociale par le cabinet AD-HOC Lab. Elle s’est déroulée en deux étapes : une première phase d’entretiens avec 18 personnes, suivie de la diffusion d’un questionnaire pour obtenir des données quantitatives. Au total, 66 réponses exploitables ont été recueillies avec ce questionnaire. Si les résultats de cette étude ne sont pas généralisables, ils donnent néanmoins les tendances de ce secteur.

Une conscience environnementale

Êtes-vous sensibles à la préservation de l’environnement ? Cela a été la première interrogation de cette consultation. Et la réponse est alors quasi unanime : oui ! La protection de l’eau n’est alors pas en reste. Pour 94 % des répondants, la préservation de l’eau est un enjeu important dans leur vie personnelle. Les participants vivant dans le sud de la France ou en Espagne sont d’autant plus sensibles à ces questions qu’ils sont déjà impactés par des pénuries d’eau. De nombreuses personnes interrogées rapportent avoir mis en place des actions dans leur quotidien pour préserver cette ressource. « Nous sommes en train de construire une maison avec ma conjointe et nous allons faire installer une citerne d’eau dans le jardin pour les toilettes, les machines à laver, l’arrosage du jardin », relate un participant.*

La blanchisserie : un secteur à améliorer

Suivant cette tendance, l’impact des blanchisseries sur l’environnement est alors perçu de manière négative, autant par les clients que par les gérants de blanchisseries eux-mêmes. Ils sont ainsi d’accord sur le fait que cet impact négatif est principalement dû à la consommation d’eau trop importante de cette activité. Sont, ensuite, mis en cause le rejet de matières polluantes et la consommation énergétique de ces entreprises.

Pour contrer cela, 71 % des gérants estiment mettre en place des actions pour avoir un fonctionnement éco-responsable. Cela passe, par exemple, par l’utilisation de produits de lavage écologiques, l’achat de machines moins consommatrices en eau ou une attention portée à l’utilisation de l’énergie.

Un procédé de recyclage attractif

Le procédé proposé par Life RECYCLO attire ainsi l’intérêt de tous : 82 % des gérants le trouvent intéressant et 93 % des clients sont prêts à recourir aux services d’une blanchisserie utilisant une telle technologie. La plupart des personnes interrogées se disent confiantes dans ce type de procédé. Et les promesses de cette technologie leur apparaissent comme satisfaisantes, tant au niveau des économies d’eau que pour les économies financières qu’elles pourraient engendrer. Pour les gérants, ces économies apparaissent ainsi comme le facteur principal pouvant motiver la mise en place d’un procédé de recyclage. La motivation d’ordre environnementale est aussi un facteur important.

Du point de vue des clients, le facteur économique est également un élément majeur. L’impact environnemental n’arrive qu’en quatrième position. Il y a, en effet, sur ce point-là une certaine ambivalence dans les réponses. Lors des entretiens, certains ont fait remarquer que si les blanchisseries consomment moins d’eau, alors ils espèrent que le prix va diminuer. Néanmoins, lors de la diffusion des questionnaires, 83,3 % des répondants se déclarent prêts à payer plus cher un service en blanchisserie pour que celle-ci réduise sa consommation d’eau.

Des freins économiques

Bien que ce procédé intéresse, les personnes interrogées ont soulevé un certain nombre de problématiques liées à la mise en place d’un tel procédé. Du point de vue des gérants, le principal problème est alors le coût initial. Tous les acteurs du secteur de la blanchisserie ont ainsi soulevé l’importance des aides financières gouvernementales pour inciter à la mise en place de ce procédé. Elles permettraient notamment d’offrir l’accès aux moyennes et petites blanchisseries, pour lesquelles le prix pourrait être une véritable barrière. Un représentant du syndicat du textile européen a ainsi souligné : « Je pense qu’il est clair qu’il est nécessaire de traiter l’eau. Mais si vous êtes une grosse entreprise, vous pouvez investir, alors que si vous êtes de petite taille, cela sera difficile. Et avec l’augmentation actuelle du gaz et de l’électricité, votre priorité est d’abord de survivre. Ils ne peuvent pas s’occuper de changements écologiques, s’ils ne peuvent pas survivre. »*

Gérants, comme clients, ont également soulevé le besoin de preuves de l’efficacité du procédé, notamment pour être certains que cela ne dégrade pas la qualité de lavage du linge. L’accréditation de la technologie par un label a, ainsi, été fortement recommandée. Il sera donc nécessaire de démontrer l’efficience de la technique pour tout procédé de recyclage. Il s’agit alors de l’un des principaux objectifs du projet Life RECYCLO, au sein duquel la technologie sera testée jusqu’en 2024.

Prêts à recycler l’eau

Utiliser de l’eau recyclée pour le lavage du linge semble donc mettre d’accord les participants de l’enquête. Les consciences sont déjà éveillées concernant la nécessité de préserver l’eau. Et les solutions pour garantir sa protection sont donc bien accueillies. Le principal frein a la mise en place et à l’utilisation réelles de ce type de procédé semble donc économique.

En France, des aides existent pour l’installation de telles technologies. Et Treewater proposera notamment d’accompagner les entreprises dans leurs recherches pour contribuer à la mise en place de ce procédé. Ils ont également pour objectif de maintenir un coût le plus faible possible pour cette technologie, pour permettre son accès aux petites blanchisseries.

* Les citations au sein de cet article proviennent directement de l’enquête et sont donc anonymisées.

PPour en savoir plus

 Dossier Life RECYCLO de Pop’Sciences

Des ressources et actualisations suivront cet article pour compléter ce dossier tout au long de l’année….

 

Construire une machine à recycler l’eau : mode d’emploi | Un dossier Pop’Sciences – épisode 2

CConstruire une machine à recycler l’eau : mode d’emploi | Un dossier Pop’Sciences – épisode 2

Le projet Life RECYCLO a pour objectif de développer un procédé de recyclage des eaux usées [consultez l’épisode 1 du dossier Pop’Sciences]. Partenaire du projet, Pop’Sciences vous emmène découvrir les coulisses de la fabrication de ce système.

Dans le cadre du projet européen Life RECYCLO, la société TreeWater, une start-up lyonnaise issue du laboratoire DEEP de l’INSA Lyon, développe un procédé de traitement et de recyclage des eaux usées pour le secteur de la blanchisserie. L’objectif ? Proposer une meilleure gestion des ressources en eau et réduire le déversement de substances polluantes dans le milieu aquatique. Le procédé développé a pour but d’éliminer plus de 90 % des polluants. Ces eaux recyclées seront alors réutilisées par ces mêmes blanchisseries dans leur processus de nettoyage, avec un objectif d’économie de 50 à 80 % d’eau. Mais comment cela fonctionne-t-il exactement ? Comment fait-on pour recycler de l’eau ?

Le procédé RECYCLO se décompose en trois étapes : la coagulation-floculation, l’oxydation avancée et l’adsorption sur charbon actif. La seconde étape est la phase principale du processus : son principe est d’associer un composé chimique, le peroxyde d’hydrogène, et des rayons ultraviolets. Ce procédé doit être adapté à chaque blanchisserie selon ses effluents, c’est-à-dire ses eaux usées. Les ingénieurs de TreeWater font ainsi du sur-mesure pour mettre en place leur technique. Nous vous proposons de découvrir les trois étapes de ce recyclage au travers de la visite des laboratoires et installations de la start-up.

Du sur-mesure

Première étape de la recette : la coagulation-floculation. Pour la découvrir, nous nous sommes rendus dans le laboratoire de TreeWater, hébergé au laboratoire DEEP. Thibault Paulet, technicien recherche et développement, nous y accueille, entouré de béchers, pipettes et autres ustensiles. Et il nous explique en quoi consiste cette première étape : « La coagulation va permettre d’enlever tout ce qui n’est pas dissous dans l’eau, les matières en suspension. » Il s’agit ainsi d’une première phase de nettoyage de l’eau, qui est essentielle pour la suite. « Cela va rendre l’eau limpide et améliorer la transmission des rayonnements ultraviolets. Ce qui sera primordial pour l’étape suivante d’oxydation avancée à base de ces derniers », analyse Thibault Paulet.

Thibault Paulet est en train de déposer le coagulant dans un effluent de blanchisserie. / © S. Dizier

Pour mettre en place ce processus, il faut introduire un coagulant dans les effluents. Celui-ci va regrouper les molécules solides entre-elles. C’est alors à cette étape que les dosages doivent être faits au cas par cas. Tous les rejets d’eaux usées de blanchisseries ne contiennent pas les mêmes choses, et vont donc réagir différemment avec le coagulant. « Je dois faire des essais sur plusieurs concentrations, parce que si je ne mets pas assez de coagulant, cela ne va pas fonctionner, raconte Thibault Paulet. Mais si on en met trop, cela ne va pas coaguler non plus. Il faut donc trouver le juste milieu. » Le scientifique dépose donc précisément différentes quantités de coagulants dans plusieurs béchers remplis du même effluent. Le but est alors de déterminer quelle est la concentration idéale pour cet effluent précis. Plusieurs essais sont alors nécessaires pour trouver le bon dosage. Des agitateurs sont placés dans les béchers. Et c’est parti pour 200 rotations par minute pendant deux minutes. On voit alors déjà les particules apparaître.

Résultats de coagulation-floculation selon des concentrations de produits différentes (de gauche à droite : du moins au plus concentré). / © Thibault Paulet

Le floculant entre alors en jeu. Son but est de favoriser l’agrégation des molécules, telle une colle. Ce regroupement en amas de molécules rend ainsi la filtration plus aisée. Le technicien rajoute le floculant aux mélanges. Et après quelques tours de rotation supplémentaires, des nuages moutonneux de particules apparaissent au fond des béchers. Il ne reste plus qu’à les filtrer pour obtenir une eau limpide. Une fois le dosage idéal trouvé, cette eau va alors être soumise à des tests sur un prototype miniature du système d’oxydation avancée. Et si le test est concluant, on peut alors passer à la seconde étape de notre recyclage.

Peroxyde d’hydrogène et rayons ultraviolets

Pour cela direction Alixan, à quelques kilomètres de Valence, dans les locaux de TreeWater.  Dans un hangar en bois, les ingénieurs de la société s’affairent sur le pilote de leur procédé. Il s’agit de l’élément central de la deuxième phase du processus de recyclage : le système d’oxydation avancée. Le principe de cette technologie est d’associer le peroxyde d’hydrogène et les rayons ultraviolets. Ces derniers vont agir sur le peroxyde d’hydrogène, ce qui a alors pour effet de les transformer en radicaux hydroxyles. Ce sont alors ces radicaux qui vont détruire les polluants. Les rayons UV désinfectent également l’eau en parallèle.

Concrètement, le dispositif ressemble à un grand cylindre en métal dans lequel se trouvent les lampes UV et les effluents passent au milieu de celles-ci. Paul Moretti, chef de projet recherche et développement et coordinateur du projet Life RECYCLO, nous présente le pilote sur lequel sont faits les essais. « Ce n’est pas une installation finale, il s’agit d’une machine intermédiaire pour faire des essais à plus grande échelle qu’en laboratoire, nous explique-t-il. Cela permet d’identifier le rendement du traitement sur un effluent spécifique sur une période plus longue et avec de plus grands volumes. »

Le réacteur du système d’oxydation avancée du pilote comporte trois lampes UV. / © S. Dizier

Ce pilote comporte trois lampes UV. L’installation finale sera composée de V12, des réacteurs qui contiennent douze lampes et 75 litres d’eau. La quantité de réacteurs dépend alors de la quantité d’eau utilisée quotidiennement par les blanchisseries. Pour une blanchisserie de taille industrielle, comme la Blanchisserie Saint Jean, partenaire du projet, trois V12 seront nécessaires. Il faut alors compter sur des armoires électriques conséquentes pour alimenter ce processus. Vincent Fraisse, responsable conception et fabrication chez TreeWater, nous explique : « L’armoire pilote toute l’installation : les lampes UV, mais aussi tout ce qu’il y a autour comme les pompes, le moteur et l’automate qui pilote l’ensemble. » Tout l’appareillage nécessaire au recyclage – la coagulation/floculation, le système d’oxydation avancée et l’armoire électrique – sera ainsi placé dans un conteneur attenant à la blanchisserie ; une installation d’une taille non-négligeable.

L’armoire électrique nécessaire au fonctionnement de tout le processus de recyclage. / © S. Dizier

Après le passage dans le système d’oxydation avancée, vient alors l’étape finale de notre recette. Il s’agit de l’adsorption des impuretés sur charbon actif. Pour cela retour au laboratoire où les essais sont également effectués. « C’est le dernier traitement des effluents. L’eau va passer dans la colonne de charbon actif pour la débarrasser des toutes dernières impuretés », nous décrit Thibault Paulet. Après cette ultime étape, notre objectif est atteint : l’eau est recyclée. Elle peut alors être mélangée à 20 % d’eau potable et ainsi être réutilisée en toute sécurité pour le nettoyage du linge.

Trois prototypes à l’essai

Dans le cadre du projet Life RECYCLO, le premier prototype de cette technologie sera mis en place durant l’automne 2022 dans une blanchisserie espagnole près de Gérone. Deux autres prototypes seront installés en 2023 dans une blanchisserie luxembourgeoise et une blanchisserie française, la Blanchisserie Saint Jean (Gard). L’objectif est alors d’achever l’industrialisation de ce système breveté et de tester sa reproductibilité. Un projet à suivre jusqu’en 2024 !

Pour en savoir plus sur le projet Life RECYCLO, retrouvez le premier article du dossier RECYCLO de Pop’Sciences.

Des ressources et actualisations suivront cet article pour compléter ce dossier tout au long de l’année….

Eau futurE

EEau futurE

L’eau est un bien commun vital, mais c’est une ressource en danger. Pour dessiner notre quotidien de demain avec une eau plus rare, la Métropole de Lyon engage une démarche participative expérimentale avec ses habitants : Eau futurE. Car en imaginant le futur, on est plus actifs au présent !

Pour  imaginer ensemble d’autres façons d’utiliser et de partager l’eau demain, la Métropole de Lyon met en place des ateliers de projection dans le futur : théâtre, écriture, balades, projection de films… L’objectif ? Sensibiliser sur la raréfaction de l’eau, faire vivre une expérience immersive pour vous amener à vous questionner sur les enjeux futurs, créer de nouveaux récits sur la question de la gestion et de l’usage collectif de l’eau.

Plusieurs formats d’animations sont prévus, ateliers de projection dans le futur, de théâtre, d’écriture poétique, des balades prospectives… ayant le but de faire vivre une expérience immersive, sensibiliser et créer de nouveau récits.

Chaque format d’animation est conçu en partenariat avec divers partenaires locaux, qui s’occupe également de l’animation :

  • Balades prospectives avec l’Iloz et l’École Urbaine de Lyon,
  • Ateliers de théâtre participatif avec l’École Urbaine de Lyon,
  • Ateliers d’écriture poétique avec des poètes Justin Follenfant et Martin Fuster,
  • Ateliers de projection dans le futur avec l’association Imaginarium-s et le collectif la Guilde de l’Innovation.

Le cadrage scientifique de la démarche, le contenu de chaque animation ont été créés à partir d’un travail de recherche prospective fait par les équipes et le groupe de chercheurs du réseau de veille de la métropole : Aurélien Boutaud, docteur en sciences de la terre et de l’environnement, Hélène Delhay et Manon Loisel, consultante en coopérations territoriales.

Pour en savoir plus et consulter le programme :

Eau FuturE

 

 

Life RECYCLO au Festival Entre Rhône et Saône

LLife RECYCLO au Festival Entre Rhône et Saône

Présenté par les équipes de TreeWater et de Pop’Sciences, découvrez le projet Life RECYCLO lors du Festival entre Rhône et Saône les 2 et 3 juillet. / © Pop’Sciences

Le projet Life RECYCLO, dont Pop’Sciences est partenaire, va prendre part en juillet au Festival Entre Rhône et Saône. Cette toute première édition de cet événement lyonnais mettra alors l’eau à l’honneur.

Pop’Sciences est partenaire du projet européen Life RECYCLO. Ce projet, coordonné par la société Treewater, a pour objectif de développer un procédé de traitement et de recyclage des eaux usées adapté aux blanchisseries. Ce procédé permettra à terme d’éliminer plus de 90 % des polluants présents dans les eaux de blanchisseries, mais aussi de réutiliser les eaux usées nettoyées pour le lavage du linge, permettant une économie d’eau de 50 à 80 % d’eau.

Ce projet présente ainsi une solution concrète aux problématiques de préservation des eaux. Un sujet idéal pour le tout nouveau festival lyonnais dédié à l’eau.

L’eau à l’honneur

La ville de Lyon a choisi de célébrer cette ressource si précieuse avec la création du Festival entre Rhône et Saône. Des festivités seront alors organisées tout au long du premier week-end de juillet. Cela sera également l’occasion de rappeler l’importance de la préservation et de la protection des eaux. Des ateliers, des conférences, des expositions porteront alors autour de ces problématiques.

Vous pourrez ainsi retrouver des animations autour du projet Life RECYCLO les 2 et 3 juillet après-midi aux Guinguettes du Rhône, entre le pont Wilson et le pont de la Guillotière. Venez y rencontrer les équipes de TreeWater et de Pop’Sciences qui travaillent sur le projet. Des démonstrations en direct du procédé RECYCLO seront effectuées par les ingénieurs de Treewater. Cela sera également l’occasion de découvrir et de discuter des thématiques de gestion des eaux, et particulièrement des eaux usées.

Pour en savoir plus sur le projet Life RECYCLO :

Le dossier Pop’Sciences

Gadagne au festival Entre Rhône et Saône

GGadagne au festival Entre Rhône et Saône

A l’occasion du Festival Entre Rhône et Saône, Gadagne propose d’explorer l’histoire des habitant.es de lyon au travers de rencontres autour de la rivière et du fleuve. Au programme, rencontre-débat, balades urbaines pour explorer les cours d’eau à Lyon et échanges avec les médiateurs du musée en lien avec l’exposition Les pieds dans l’eau

PProgramme

  • Rencontre-débat : Les pollutions de la rivière et du fleuve | Vendredi 29 juin à 19h – durée 2h

En résonance avec le festival Entre Rhône et Saône.

Dès les années 1960, l’attention se porte sur les pollutions industrielles des cours d’eau, notamment en aval de Lyon  par des mouvements militants. Une législation se crée et de nombreuses actions sont alors engagées, contraignant les entreprises à contrôler leurs rejets et les villes à mettre en place des stations d’épuration.

Tout cela a contribué à améliorer la qualité de l’eau, mais le niveau de pollution du Rhône et de la Saône reste aujourd’hui encore élevé en raison des pollutions anciennes. En 2007, la découverte des poissons contaminés dans l’étang du Grand Large, puis le scandale des PCB (polychlorobiphényles) restent dans les mémoires.

Que peut-on dire de la situation actuelle  au regard de l’histoire ? Quelles réponses sont apportées aujourd’hui et demain ?

Cette rencontre-débat sera l’occasion  de dresser l’état des lieux des actions menées et les perspectives.

Animée par : Stéphane Frioux, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Lumière Lyon 2, membre du LARHRA (UMR CNRS 5190) – Membre Junior de l’Institut universitaire de France (2018-2023).

Intervenants : 

> Marina Coquery, INRAE, Head of Aquatic Chemistry Team (LAMA), UR RiverLy, Laboratoire national de référence pour la surveillance des milieux aquatiques, Observatoire des Sédiments du Rhône ;

> Lionel Rard, Association Odysseus ;

> Isabelle Eudes, chargée d’intervention Fleuve Rhône , Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

 

  • Balades urbaines adultes et en famille | samedi 1er et dimanche 3 juillet – durée 2h

Ces balades vous propose de découvrir l’histoire des cours d’eau et de comprendre les aménagements urbains.

Pour le détail des balades, consultez le site du musée d’histoire de Lyon – Gadagne

 

Dans une actualité marquée par les enjeux écologiques et une nouvelle envie de vivre la ville, le MHL explore les relations des Lyonnais-es avec la Saône et le Rhône, la rivière et le fleuve qui irriguent le territoire et font partie de son histoire et de son identité.

 

Pour en savoir plus :

Musée d’histoire de Lyon – Gadagne

 

 

 

 

L’eau, le visible et l’invisible

LL’eau, le visible et l’invisible

L’École Urbaine de Lyon, l’École Universitaire de Recherche H2O’Lyon et leurs partenaires proposent une semaine de l’eau, autour de la thématique des eaux souterraines, en résonance avec la Journée mondiale de l’eau de l’Unesco.

Une ressource invisible, mais dont l’impact est visible partout et dont la gestion et la sensibilisation sont des enjeux majeurs pour le futur.

Un programme très riche, à suivre en présentiel ou à distance, composé de webinaires, atelier, séminaire, balade, performance, lecture…

Inscrivez-vous !

Semaine de l’eau

 

 

Journées Mondiales de l’Eau

JJournées Mondiales de l’Eau

L’eau à Lyon et la pompe de Cornouailles est l’association de mise en valeur du patrimoine industriel que constituent la pompe de Cornouailles et les bassins filtrants sur le site Saint-Clair.

A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau 2022, l’association vous invite à participer à un évènement
co-organisé avec l’association Hydraulique Sans Frontières (HSF).

>> Le programme :

  • Samedi 19 mars de 10h à 18h – Journée de sensibilisation et de partage de savoir-faire sur des projets eau, assainissements et hygiène

Stands divers (associations, produits alternatifs, livres).
> Présentation de projets pilotés par HSF (Hydraulique Sans Frontières).
> Exposition de techniques alternatives dans le domaine de l’eau.
> Temps fort sur le bélier hydraulique.
> Découverte de l’Espace pédagogique à caractère culturel et scientifique d’EAL.
> 3 visites guidées du site. Inscription obligatoire en cliquant sur un des liens suivants : samedi 14h | samedi 15h | samedi 16h

Les règles sanitaires en vigueur à la date de l’évènement seront appliquées.

  • Mardi 22 Mars à 18h30 -Thème officiel 2022 : « Eaux souterraines : rendre visible l’invisible »
    Conférence sur le site de Saint-Clair sur le thème de La détection des eaux souterraines avec  Mattéo Martini, Maître de Conférences à l’Université Claude Bernard Lyon 1.

L’eau à Lyon et la pompe de Cornouailles

> Visitez l’ancienne usine des eaux comme si vous y étiez ! Cliquez ici

Rencontre « Les munitions du Léman »

RRencontre « Les munitions du Léman »

Quand le livre inspire l’engagement : des rencontres d’auteurs et d’autrices pour parler de transition écologique

Jeudi 3 mars, la Maison de l’Environnement invite l’association Odysseus 3.1 pour parler de la bande-dessinée Les munitions du Léman.

Des lacs gelés des Alpes à la Méditerranée, Odysseus 3.1 mêle exploration et recherche scientifique au service de la protection de l’environnement. Avec sa BD « Les munitions du Léman », l’association vous plonge au cœur d’un problème écologique majeur.

La Maison de l’Environnement et l’association Odysseus 3.1 vous donnent rendez-vous pour une rencontre avec les auteurs de cette bande-dessinée suivie d’une séance de dédicaces.

Une rencontre pour évoquer le rôle et les actions de l’association mais aussi aborder la question des pollutions de nos cours d’eau… et les manières de s’engager en faveur de la protection de la nature.

Rencontrez Lionel Rard, Joris Bayon et Nicolas Otero, accompagnés par Yves Paccalet, le célèbre écrivain naturaliste, et Loic Legoff, capitaine du Fort de Corbas et plongeur-demineur.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des rencontres d’auteurs et d’autrices à la Maison de l’Environnement organisées avec le soutien de la Métropole de Lyon

Maison de l’environnement

Recycler les eaux usées de blanchisseries : le projet Life RECYCLO | Un dossier Pop’Sciences – épisode 1

RRecycler les eaux usées de blanchisseries : le projet Life RECYCLO | Un dossier Pop’Sciences – épisode 1

Alors que le recyclage des eaux usées est encore peu présent en Europe et en France, la start-up lyonnaise TreeWater lance un projet de recyclage des eaux usées à destination des blanchisseries. Partenaire du projet, Pop’Sciences vous explique.

42 millions de m3 par an, c’est la quantité d’eau utilisée dans le secteur de la blanchisserie en Europe. Un chiffre non-négligeable, d’autant plus dans un contexte de réchauffement climatique où cette ressource va être amenée à être réduite drastiquement. C’est pour tenter de répondre à ce problème que le projet Life RECYCLO a vu le jour. Lancé en septembre 2021 par la société TreeWater, il fait partie du programme LIFE de la Commission européenne, qui finance les initiatives dans les domaines de l’environnement et du climat. Il a pour objectif de mettre en place un système de traitement des eaux usées de blanchisseries pour les recycler et pouvoir ensuite les réutiliser.

Selon la Commission européenne, les pénuries d’eau vont être amenées à augmenter de 50 % en Europe d’ici 2030. En France, nous en consommons actuellement 148 litres par jour et par personne. Une fois utilisées, les eaux sont traitées puis rejetées dans le milieu naturel. Mais elles ne sont que très rarement recyclées. Dans le monde, la réutilisation des eaux usées est très hétérogène selon les pays. Ce sont généralement les états pour lesquels cette ressource est limitée qui utilisent davantage des procédés de recyclage. Mexico réemploie, par exemple, près de 100 % de ses eaux usées pour l’irrigation. En Israël, le taux de réutilisation atteint 80 %. Mais ces exemples ne sont pas majoritaires. En Europe, alors que l’Espagne et l’Italie réutilisent respectivement 8 et 14 % de leurs eaux, la France n’en réemploie que moins de 1 %. En France, comme dans le monde, le principal usage de ce recyclage est l’irrigation agricole.

Recycler les eaux de blanchisseries

On dénombre environ 11 000 blanchisseries en Europe. Leurs eaux usées finissent le plus généralement dans les réseaux d’assainissement publics et ne sont que très peu réutilisées. Le lavage du linge conduit à l’émission de micropolluants tels que les phtalates (DEHP, DEP…), les phénols, les métaux lourds, les solvants ou les surfactants. Et les stations d’épuration ne sont très souvent pas adaptées au traitement de ces molécules particulières, qui terminent alors leur trajet dans notre environnement. Or, même à faible concentration, ces polluants affectent directement le milieu aquatique, les écosystèmes et donc notre santé. Plusieurs de ces substances sont ainsi des perturbateurs endocriniens, cancérogènes et mutagènes.

Station d’épuration © Shutterstock

Le projet Life RECYCLO propose de traiter les micropolluants présents dans les eaux usées de blanchisserie afin de permettre leur réutilisation dans le processus de lavage du linge. Le procédé RECYCLO est un système d’oxydation avancée, qui associe le peroxyde d’hydrogène et les rayons ultraviolets. Ces derniers vont transformer le peroxyde d’hydrogène en radicaux hydroxyles : ce sont alors eux qui vont détruire les polluants. Les rayons UV désinfectent également l’eau en parallèle. Ce procédé a pour objectif de réduire la consommation d’eau potable des blanchisseries de 50 à 80 %, mais également d’éliminer 90 % des polluants rejetés par le lavage du linge. D’autres procédés de recyclage existent et sont développés en France et dans le monde. Celui de TreeWater présente notamment les avantages de ne produire que peu de résidus de traitement et de dégrader directement les polluants organiques, contrairement à d’autres technologies qui ne font que les enlever.

Des tests, des analyses et une enquête sociologique

Après une première expérimentation réussie dans une blanchisserie du Gard, la Blanchisserie Saint-Jean, ce système breveté poursuit son développement. Le but de ce projet est alors d’achever son industrialisation et de tester sa reproductibilité. Il sera ainsi mis en place dans deux autres blanchisseries : la Fundacio Mas Xirgu en Espagne et Klin SARL au Luxembourg. Le système de la Blanchisserie Saint-Jean sera, quant à lui, transformé en laboratoire in-situ pour préparer le procédé aux nouvelles pollutions émergentes, comme les micro et les nanoplastiques. TreeWater, issue du laboratoire DEEP de l’INSA Lyon, et le Catalan Institute for Water Research de Gérone vont alors réaliser des analyses pour étudier l’efficacité du procédé.

En parallèle de ces essais techniques, une enquête sociologique sera également menée auprès de blanchisseries et de leur clientèle pour évaluer leur perception de la réutilisation des eaux usées dans ce contexte. Cette enquête est alors conduite par Pop’Sciences, qui s’occupe également de la communication de ce projet, à l’interface entre sciences et société.

Le premier prototype sera mis en place à la fin de l’été 2022. Les deux autres prototypes seront installés au début de l’année 2023. Ils seront, ensuite, suivis et étudiés de très près. Les résultats de l’enquête sont, eux, prévus pour l’automne 2022. Un projet à suivre jusqu’en 2024 !

Pour suivre toute l’actualité du projet :

Site de Life RECYCLO

Vous souhaitez savoir comment fonctionne une machine à recycler l’eau, alors découvrez l’épisode 2 du dossier RECYCLO de Pop’Sciences.

Des ressources et actualisations suivront cet article pour compléter ce dossier tout au long de l’année…

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