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Débris spatiaux : une pollution méconnue

DDébris spatiaux : une pollution méconnue

Ignorosphère : cet étudiant qui s’attaque à la pollution oubliée du spatial

À 22 ans, Sacha Perin, étudiant-entrepreneur à l’INSA Lyon, explore une zone d’ombre de la conquête spatiale : la pollution de la mésosphère. Entre constellations de satellites et débris incandescents, il cherche à mesurer l’impact de ceux qui redescendent sur Terre au sein de son projet de start-up au nom provisoire d’Ignorosphère.

Dans le vacarme discret de la conquête spatiale, certaines questions restent suspendues. Trop hautes pour nos instruments, trop basses pour nos satellites. C’est dans cette zone grise que s’est glissé Sacha Perin, 22 ans, élève en Filière Entrepreneuriat Émergence (FEE) à l’INSA Lyon, pour y bâtir un projet entrepreneurial aussi prospectif que stratégique.

Tout commence par une intuition. Celle que derrière l’enthousiasme technologique des constellations de satellites se cache un angle mort environnemental. À mesure que les objets en orbite basse se multiplient, leur fin de vie pose une question encore largement ignorée : que deviennent-ils en se désintégrant dans l’atmosphère ?

« Aujourd’hui, on estime que près de 10 % des particules de la haute atmosphère contiennent des métaux issus de l’industrie spatiale », alerte l’étudiant-entrepreneur. Le risque est celui d’une altération de la chimie atmosphérique et, à terme, d’effets climatiques encore mal anticipés.

Cyril Dion : « L’imaginaire précède toujours l’action et l’innovation »

CCyril Dion : « L’imaginaire précède toujours l’action et l’innovation »

Face à l’accélération du dérèglement climatique, à l’effondrement du vivant et à l’épuisement des ressources, les réponses purement techniques ne suffisent plus. C’est tout un modèle de développement – et les imaginaires qui le soutiennent – qui se trouve aujourd’hui remis en question. Comment produire, habiter, se déplacer autrement, sans reproduire les logiques qui ont conduit à la crise ? Quel rôle pour celles et ceux qui conçoivent les systèmes techniques de nos sociétés ?

Cyril Dion, écrivain, réalisateur et activiste écologiste, explore depuis plus de dix ans les liens entre récits, action collective et transformation des sociétés. Croisé lors de la Journée de l’ingénierie à Lyon, il appelle à un changement de cap profond, où l’innovation ne peut plus être pensée sans interroger ses finalités. Et où les ingénieurs ont un rôle clé à jouer, à condition de redéfinir le sens de leur action.

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Réinventer le recyclage des batteries lithium-ion

RRéinventer le recyclage des batteries lithium-ion

Batteries circulaires : l’enjeu décisif de la réincorporation des métaux recyclés

Alors que l’Europe impose un virage serré vers l’électrification, une question demeure : que faire des batteries une fois la route terminée ? Derrière l’essor des véhicules électriques se joue un enjeu stratégique central pour la transition énergétique, celui de recycler efficacement les batteries lithium-ion et de réintégrer leurs métaux critiques dans de nouvelles cellules, sans perte de performance ni de traçabilité. C’est précisément l’ambition du projet LabBatteriesVertes, qui entend mettre les batteries à l’épreuve du recyclage pour fermer durablement la boucle industrielle.

Sous l’objectif d’un microscope électronique, passe une poudre noire. À l’écran, des particules de matière active s’entremêlent. Cette poudre est communément appelée « black mass » par les spécialistes. Elle est issue du broyage de batteries lithium-ion en fin de vie, et elle concentre lithium, nickel, manganèse, parfois cobalt… Tout ce qui fait battre le cœur de nos véhicules électriques, mais aussi tout ce qui crispe les tensions géopolitiques mondiales.

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen sur les batteries (2023/1542), l’Union européenne impose des objectifs ambitieux de collecte, de rendement de recyclage et, surtout, l’intégration progressive de matières recyclées dans les nouvelles batteries mises sur le marché. 

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La danse comme arme de transition ?

LLa danse comme arme de transition ?

« La danse doit contribuer à résorber les déséquilibres que nous avons créés », Jérôme Bel

Face aux bouleversements écologiques, certains artistes choisissent de faire de leur pratique un terrain d’expérimentation et de transformation. De ralentir. D’écouter. De réapprendre à habiter le monde autrement.

Chorégraphe majeur de la scène contemporaine, Jérôme Bel a lui-même traversé une profonde éco-anxiété avant d’opérer, en 2019, un basculement radical : renoncer à l’avion, repenser ses modes de production, interroger l’anthropocentrisme inscrit dans l’histoire de la danse.

Pour lui, la crise climatique dépasse les seuls indicateurs scientifiques ; elle révèle une crise de sensibilité, une rupture avec le vivant. Un regard qui ouvre d’autres possibles. Entretien.

Dans « Danse non humaine », pièce que vous avez conçue avec l’historienne de l’art Estelle Zhong Mengual, vous avez étudié d’anciennes chorégraphies et avez souhaité montrer comment le vivant pouvait reprendre sa place au cœur de la danse ? 

Oui et ce n’est pas un exercice simple. La danse, contrairement à d’autres arts comme la photographie ou la peinture, s’incarne dans des corps humains. J’ai travaillé avec Estelle Zhong Mengual, à la demande du musée du Louvre, pour voir comment était représenté le non-humain dans l’histoire de la danse. Très vite, nous nous sommes aperçus qu’il y avait un problème. La danse reprend les codes de la culture occidentale dans laquelle, souvent, la nature n’a pas d’âme et est à la disposition de l’humain. Pourtant Philippe Descola, anthropologue, a beaucoup travaillé sur les cultures où le non-humain est respecté et non hiérarchisé. Cela montre justement que notre manière occidentale de penser le monde n’est pas universelle et qu’il y a des alternatives. Il est nécessaire de réinterroger le fonctionnement de notre système.

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Le futur de l’impression 3D ? La matière avant la machine

LLe futur de l’impression 3D ? La matière avant la machine

En impression 3D, tout se joue dans les matériaux : résistance, légèreté, durabilité, usages. Un enjeu clé pour l’industrie… et pour les ingénieur·es de demain.

Qu’il s’agisse de pièces de fusée, d’automobile, de pont ou même d’aliments, la fabrication additive (FA) redéfinit complètement le champ des possibles dans de très nombreux domaines d’activités. Elle offre des perspectives prometteuses en matière de matériaux, mais elle pose également des défis techniques, économiques et environnementaux qui nécessitent une maturation et une adaptation des procédés en lien avec les matériaux utilisés.

Plus connu sous la dénomination « impression 3D », ce procédé met en œuvre des polymères (plastiques) ou des alliages métalliques pour fabriquer des objets du quotidien. Les imprimantes 3D polymères sont accessibles au grand public pour quelques centaines d’euros. Elles permettent notamment de fabriquer des pièces prototypes (d’où le nom prototypage rapide), des coques de téléphone, des pièces de rechange, des prothèses, des bijoux, des jouets, des objets de décorations ou des maquettes.

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Écologie et complexité de la nature | CIN&SCIENCES

ÉÉcologie et complexité de la nature | CIN&SCIENCES

Les CIN&SCIENCES ! Toujours le même principe, décaler notre regard sur la science !

Le cycle CIN&SCIENCES propose à chaque séance la projection d’un film grand public, suivie d’une discussion avec un spécialiste pour en explorer les résonances avec des enjeux scientifiques contemporains.

Cette année nous avons choisi d’interroger l’écologie comme territoire de culture scientifique notamment sa posture devant son objet de recherche : la Nature. L’écologie entre nature et culture ? Une ligne de partage entre le familier et l’étranger. C’est cette ligne que nous souhaitons explorer.

Pour cela le Théâtre Astrée vous propose une alternance avec le Cinéma LE ZOLA de Villeurbanne 4 films qui accompagneront nos questions.

> Opus #3 – Science 2.0.1 – Écologie et complexité de la nature

Il faut se rendre à l’évidence la nature n’est pas simple. Les enjeux de santé, d’écologie, du vivre ensemble en définitive, enjoignent la science et particulièrement l’écologie scientifique à traiter avec la complexité de la nature. One Health en est une exemple contemporain et impérieux. Aujourd’hui, il s’agit de penser une santé mondiale incluant l’ensemble du vivant. La science qui, nous l’avons vu s’est séparée de la nature, en est-elle capable ? L’écologie, la Terre comme système complexe et One Health ? Pour illustrer ces questions nous vous proposons un monument inconnu du cinéma français : « Un homme qui dort » de Georges Perec et Bernard Queysanne de 1974. Un film bouleversant de lucidité, de douceur et de dureté.

Un jeune homme décide un matin de cesser d’être et d’interagir avec Paris, son univers. Il décide de n’être plus qu’un observateur. Et si cet homme était la science et Paris la nature, nous voici avec une métaphore de l’histoire de la science qui par autoconservation se détourne de la complexité du monde.

Intervenants :

  • Fabrice Vavre, biologiste et directeur du Laboratoire de Biométrie et de Biologie Évolutive – LBBE à Lyon1 Université.
  • Gilles Escarguel, paléobiologiste au Laboratoire d’Écologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés – LEHNA à Lyon1 Université et Vice-Président à la transition écologique.

> Pour en savoir plus :

Cin&sciences

 

La théorie du donut : un nouveau cadre pour penser l’économie de demain

LLa théorie du donut : un nouveau cadre pour penser l’économie de demain

La théorie du donut, développée par l’économiste britannique Kate Raworth, propose une nouvelle vision de l’économie intégrant les défis sociaux et environnementaux de notre siècle.

Elle définit un espace sûr et juste pour l’humanité, délimité par un plancher social et un plafond écologique.

Si ces travaux ont gagné en popularité ces dernières années, c’est notamment par leur représentation en forme de « donut », visuellement accessible et marquant.

Les fondamentaux du modèle développé par Kate Raworth ont d’ailleurs servi de base à plusieurs grandes villes européennes, qui s’en sont inspiré pour repenser leurs politiques économiques et urbaines.

L’ouvrage, intitulé « La Théorie du Donut, l’économie de demain en 7 principes » (éditions Plon, 2018), se présente comme un recueil d’idées pour avancer vers un monde plus juste et plus soutenable. […]

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Penser une écologie véritablement sincère | CIN&SCIENCES

PPenser une écologie véritablement sincère | CIN&SCIENCES

Des films décalés pour des questions qui ne le sont pas !

Et si un film devenait le point de départ d’une réflexion scientifique ? Le cycle CIN&SCIENCES propose à chaque séance la projection d’un film grand public, suivie d’une discussion avec un spécialiste pour en explorer les résonances avec des enjeux scientifiques contemporains.

Cette séance questionne plus particulièrement notre capacité à penser une écologie véritablement sincère. Les sciences ont objectivé voire réifié la nature. Alors, est-il possible de comprendre et de prendre soin de la nature quand elle nous est étrangère ?

Pour en savoir plus :

Cin&sciences

L’hybridation des roses, entre symbole de romantisme et génomique de pointe

LL’hybridation des roses, entre symbole de romantisme et génomique de pointe

Amour éternel, romantisme intemporel… Depuis l’Antiquité, la rose occupe une place à part dans l’imaginaire occidental et est une source intarissable d’inspiration pour les poètes, artistes et jardiniers. Pourtant, ce n’est qu’au XIXe siècle que la rose connaît sa véritable révolution : en quelques décennies, le monde des rosiers est passé d’une centaine de variétés à plus de 8 000 ! Une explosion de formes, de couleurs et de parfums qui marque ce que l’on peut appeler l’âge d’or des roses.

rosier sauvage, Laboratoire LBVPam

Une plongée dans les roses anciennes

Pour comprendre comment s’est opérée cette métamorphose, Thibault Leroy de l’INRAE d’Angers a mené un travail avec une équipe de chercheurs et le laboratoire LBVpam (Laboratoire de Biotechnologies Végétales appliquées aux plantes aromatiques et médicinales) de l’Université Jean Monnet. Les chercheurs ont étudié 204 variétés de rosiers encore présentes dans certaines collections botanique, ils ont pu dater avec précision la création de chaque variété, et grâce à l’analyse de leurs caractéristiques visibles (appelées « phénotypes ») et de leur ADN, ils sont parvenus à retracer leur histoire génétique en Europe.

Une véritable transformation génétique

Les résultats sont étonnants : en quelques générations seulement, le patrimoine génétique des rosiers européens s’est transformé, passant d’un héritage majoritairement local à un profil presque entièrement asiatique. Ce bouleversement s’explique par les échanges commerciaux du XIXᵉ siècle, lorsque des explorateurs et négociants rapportaient d’Orient des espèces exotiques aux fleurs et aux parfums si différents. Cependant cette transformation a eu un prix : la diversité génétique des rosiers s’est appauvrie, conséquence inévitable d’une sélection intensive. Certaines caractéristiques très prisées, comme le parfum dit « de thé » ou la floraison quasi continue jusqu’à l’automne, proviennent directement des rosiers chinois introduits à cette époque.

Un message pour la préservation des roses

Ce travail de recherche a également permis de créer le plus vaste catalogue d’associations génétiques (GWAS) jamais réalisé sur les rosiers, une ressource précieuse pour les futurs programmes de sélection. Il souligne aussi un message essentiel : préserver les anciennes variétés est crucial pour maintenir la richesse génétique des rosiers et assurer la sélection durable pour les générations à venir. A titre d’exemple, c’est dans ces collections que l’on pourra chercher des résistances naturelles aux pathogènes pour se passer des pesticides, ou de nouveaux parfums.

Cet article est publié en hommage à Laurence Hibrand-Saint Oyant, collègue d’Angers, décédée brusquement lors de ce travail.

>> Découvrez ici ce numéro de GENETICS

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Quand les éoliennes parlent : l’acoustique au cœur de la maintenance prédictive

QQuand les éoliennes parlent : l’acoustique au cœur de la maintenance prédictive

Vieillissement du parc éolien, coûts de maintenance élevés, objectifs climatiques ambitieux : la fiabilité des éoliennes est devenue un enjeu stratégique. À l’INSA Lyon, des chercheurs apprennent à lire les signaux vibratoires des machines pour anticiper les pannes et prolonger leur durée de vie.

Mieux vaut prévenir que guérir. La filière éolienne doit aujourd’hui faire face à un tournant majeur. Le parc existant en Europe est vieillissant : 50 % des éoliennes au Danemark ont plus de 15 ans, 40 % en Allemagne et, à ce stade seulement, 5% en France. D’ici à 2050, de nombreuses éoliennes devront encore être installées pour faire augmenter la part des énergies renouvelables et contribuer ainsi à l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone d’ici à 2050.

Dans ce contexte, la fiabilité des machines et leur maintenance sont des enjeux cruciaux. Anticiper les défauts de fonctionnement des éoliennes c’est intervenir au meilleur moment avant l’éventuelle panne pour éviter des dégâts majeurs et des coûts très importants, jusqu’à 450 000 euros rien que pour une boîte de vitesse d’une éolienne.

Au sein du Laboratoire de Vibrations Acoustique (LVA) de l’INSA Lyon, des chercheurs, pilotés par Jérôme Antoni, enseignant-chercheur au LVA et co-responsable (avec Didier Rémond du LAMCOS), du projet européen MOIRA (Monitoring Large-Scale Complex Systems), travaillent sur des méthodes mathématiques pour mieux percevoir les signaux vibratoires des machines et ainsi mieux anticiper les anomalies. Décryptage.

« Nous traitons ce que l’on appelle le signal vibratoire via des modèles mathématiques. Et chacun de ces signaux constitue une preuve de l’état de santé de ces machines tournantes », explique Jérôme Antoni, enseignant-chercheur au LVA.

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