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Décarboner la santé pour soigner durablement | Conférence

DDécarboner la santé pour soigner durablement | Conférence

« Avant d’aller sur Mars », un tout nouveau cycle de conférences proposé par les étudiants de VetAgro Sup pour ouvrir le débat sur des sujets environnementaux.

Celui-ci vous propose de suivre la conférence « Décarboner la Santé pour soigner durablement » par Stéphane Renard.

Du bilan carbone de la santé humaine à la décarbonation de la santé animal.
L’économie française a pour ambition d’arriver à la neutralité carbone en 2050, afin de ne plus contribuer au dérèglement climatique. Quel qu’en soit le scénario, il passe par une réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de près de 80%. Le Shift project a fait une analyse approfondie du secteur de la santé humaine et des leviers de décarbonation possible. Nous examinerons ensemble ces travaux et ces leviers de transformation pour imaginer un secteur de santé vétérinaire désirable pour 2050.”

>> A suivre :

  • en ligne sur Youtube
  • Sur site sur inscription

>> Pour plus d’information rendez-vous sur le site :

Vetagro sup

Coalition Secrets Toxiques

CCoalition Secrets Toxiques

Visuel Table ronde Secrets toxiques

En 2023 et 2024, la campagne Secrets Toxiques sera sur les routes de France pour des dizaines d’événements visant à alerter l’opinion publique sur la sous-évaluation de la toxicité des pesticides autorisés.

Projections-débats, colloques, rassemblements jalonneront ce Tour de France citoyen qui vise à obtenir un changement des pratiques d’homologation des pesticides pour faire face aux dangers sanitaires et à la destruction en cours de la biodiversité.

 

Pesticides : la prochaine bombe sanitaire ? Secteur associatif, citoyen, scientifique…Comment se protéger, qui peut agir ?

Intervenants :

  • Pierre Athanaze, Vice-président de la Métropole de Lyon,
  • Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS en chimie et toxicologie,
  • Aline Verrier, référente prévention à Mutuelle Entrain,
  • Guillaume Tumerelle, avocat spécialiste en droit de l’environnement.

Animée par : Andy Battentier -bdirecteur de campagne de Secrets toxiques.

La table-ronde sera précédée d’une projection du film Secrets toxiques à 18h et sera suivie d’un temps convivial d’échanges.

Pour en savoir plus :

Maison de l’environnement

Éco-anxieux : et maintenant on fait quoi ?

ÉÉco-anxieux : et maintenant on fait quoi ?

Logo Agir Ensemble

L’actualité climatique vous angoisse, les questions environnementales vous inquiètent et prennent une place très importante dans votre vie ? Mais comment aller plus loin et transformer ce sentiment en moteur de changement et en passage à l’action ? L’alliance Agir ensemble, pilotée par la ComUE Université de Lyon et le Crous de Lyon, vous invite à venir échanger notamment avec Camille Étienne, militante écologiste et Cécile Delolme, directrice de l’ENTPE, autour de ces questions.

La ComUE Université de Lyon, le Crous de Lyon, les métropoles de Lyon et Saint-Étienne, la CASDEN Banque populaire, le RESES et la MGEN, associés au sein de l’alliance Agir ensemble, ont souhaité proposer un événement autour de l’éco-anxiété pour cette année 2024.

L’éco-anxiété peut se définir comme un sentiment de préoccupation, d’inquiétude, d’impuissance, d’anxiété que nous ressentons face aux bouleversements environnementaux actuels. Il touche de plus en plus de personnes, et particulièrement les jeunes : « 59 % des 16-25 ans dans le monde en souffriraient, dont 58 % des jeunes français, selon une étude de la revue The Lancet Planetary Health en 2021 ».

>> Une soirée en deux temps :

  • De 18h à 19h30 :  table ronde Éco-anxieux ? Et maintenant, on fait quoi ?
    Intervenantes : Camille Étienne, militante écologiste ; Cécile Delolme, directrice de l’ENTPE ; Nadège Raffoux, doctorante en psychologie à l’université Lumière Lyon 2 ; un·e étudiant·e (en cours de sollicitation).
    Ce temps aura lieu dans l’amphithéâtre de la ComUE Université de Lyon, au 90 rue Pasteur – Lyon 7e,  et en distanciel (modalités à venir).
    Les inscriptions sont obligatoires pour pouvoir assister à la table-ronde en présentiel.

Je m’inscris

  • De 19h30 à 21h30 : forum avec des structures engagées du territoire pour échanger et se donner des clés de passage à l’action sur le territoire (Anciela, FNE, On the green road…).
    Ce temps aura lieu uniquement en présentiel, au restaurant universitaire des Quais du Crous de Lyon.

>> En savoir plus sur :

la RSE à l’Université de Lyon

Loin du mythe de l’écologie punitive, la faiblesse des polices de l’environnement | The Conversation

LLoin du mythe de l’écologie punitive, la faiblesse des polices de l’environnement | The Conversation

Les polices de l’environnement sont la cible de critiques et d’attaques de plus en plus médiatisées. Pourtant, leurs missions, leurs prérogatives et leurs activités restent très peu connues. Les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) n’avaient d’ailleurs fait l’objet d’aucun ouvrage universitaire jusqu’à celui-ci. Les sociologues Léo Magnin, Rémi Rouméas et l’agrégé de philosophie Robin Basier nous y font découvrir les moyens plus que modestes de ses fonctionnaires censés réaliser une tâche colossale : l’OFB dispose seulement de 1700 inspecteurs pour constater et rechercher les infractions environnementales commises sur les 641 000 kilomètres carrés du territoire français.

Ajoutez à cela un manque de temps et de formation du côté de la magistrature, des syndicats agricoles qui ont trouvé en la police de l’environnement un adversaire institutionnel de prédilection, et l’idée même d’une écologie punitive devient soudainement très peu en phase avec la réalité du terrain. Extraits choisis de Polices environnementales sous contraintes paru le 2 février 2024 dans la collection « Sciences durables » des éditions Rue d’Ulm


À en croire une formule répandue, « l’écologie a gagné la bataille des idées ». La métaphore militaire et militante ne nous dit cependant pas grand-chose. D’abord, elle fait l’impasse sur la diversité idéologique des positions sur la question environnementale. Ensuite, elle suppose de manière trompeuse que la politique n’est qu’un bras de fer argumentatif : une fois le combat gagné, la mise en œuvre des idées ne serait plus de la politique mais de l’intendance.

Ce présupposé intellectualiste, qui affirme le primat des idées sur les pratiques, est renforcé par la mise à l’agenda de questions de recherche perçues comme essentiellement spéculatives. Ainsi, des juristes et des philosophes se demandent s’il faut accorder des droits à la nature, ou comment nous devons transformer nos sensibilités. Nous pensons que ces interrogations devraient être renforcées par des investigations empiriques sur l’état actuel de l’application du droit.

Le droit de l’environnement ne doit pas être envisagé uniquement comme un ensemble de textes de lois, mais également comme une activité sociale, notamment une activité de contrôle qui veille à son application. Par conséquent, le fait que l’écologie soit mieux prise en compte dans la doctrine juridique n’est pas nécessairement un gage de sa force. Et ce qui est vrai de la qualité du droit l’est aussi de sa quantité : la multiplication des textes n’est pas une garantie d’une meilleure protection de l’environnement. Ce constat est consolidé par les travaux de science politique qui font état d’un écart considérable entre les objectifs environnementaux fixés par le droit et les résultats atteints dans les faits.

Alors que les rapports successifs du GIEC et de l’IPBES soulignent l’impérieuse nécessité d’agir, il importe de décrire l’action publique environnementale pour identifier ce qui pourrait enrichir et accélérer sa mise en œuvre. C’est à cet effet que nous avons porté nos regards sur un opérateur décisif et paradoxalement ignoré : la police de l’environnement.

Suivre cette police méconnue nous conduit à une lecture originale des rapports entre politique et environnement. Un grand nombre de débats contemporains tournent en effet autour de la question de la contrainte dans l’application du droit : parce qu’il est avéré que les initiatives individuelles sont insuffisantes, dans quelle mesure l’État peut-il légitimement contraindre les entreprises et les citoyens ? C’est dans ce cadre que les secteurs productifs concernés par les réglementations environnementales développent un discours critique qui fustige l’avènement d’une « écologie punitive ». Ils reprochent ainsi à la puissance publique d’abuser des outils de coercition à sa disposition.

À rebours d’un tel récit, nous développons la thèse suivante : les polices de l’environnement sont plus caractérisées par les contraintes qui les empêchent d’agir que par la force contraignante qu’elles peuvent réellement déployer. Autrement dit, la force de l’action coercitive de l’État en matière environnementale semble largement surévaluée par ses détracteurs, qui passent sous silence les multiples obstacles que les policiers de l’environnement rencontrent dans leur pratique.

[…]

Des polices de l’environnement aux effectifs modestes et aux missions diverses

La multiplicité des services de police de l’environnement a pour effet de masquer la modestie de leurs effectifs. Celle-ci apparaît clairement quand le nombre d’agents est rapporté aux éléments naturels qu’ils inspectent. Entre 2007 et 2017, les agents spécialisés dans les milieux aquatiques représentaient 2,5 équivalents temps plein par département, soit un équivalent temps plein pour 1 000 kilomètres de rivière. Aujourd’hui, environ 1 500 inspecteurs sont chargés du contrôle de 500 000 installations classées pour l’environnement (ICPE) et 3 100 inspecteurs « eau et nature » doivent constater les infractions environnementales commises sur les 641 000 kilomètres carrés du territoire français.

Parmi ces 4 600 inspecteurs de l’environnement, plus de la moitié appartiennent aux services déconcentrés de l’État (2 650). Les agents restants font partie des établissements publics, principalement de l’OFB (1 700) et, dans une moindre mesure, des parcs nationaux (250). Les effectifs globaux ont peu évolué depuis le milieu du XXe siècle alors que les missions de la police se sont diversifiées : le contrôle sur place n’est qu’une activité parmi d’autres et le temps que les agents lui consacrent est limité ; a fortiori dans le cas des contrôles inopinés qui sont parfois restreints par des plans de contrôle interservices établis en amont par les services déconcentrés de l’État.

En pratique, la polyvalence de ces « petites » polices se traduit par le décalage entre le temps passé sur le terrain et celui dévolu aux tâches administratives, à savoir la rédaction de procès-verbaux, d’avis techniques, le transfert des données sur les logiciels dédiés ou encore la réalisation d’auditions. Ce temps mobilisé constitue souvent pour les inspecteurs une contrainte qui les empêche de remplir leurs objectifs de contrôle. Ces tâches de rédaction produisent une surcharge de travail qui peut les inciter à considérer l’engagement d’une procédure comme un dernier recours, une fois que toutes les autres voies moins formalisées (conseils, avertissements informels, avertissements judiciaires, etc.) ont été tentées. Cet état de fait permet de comprendre pourquoi le nombre de procédures environnementales annuelles ne dépasse pas la trentaine dans certains départements.

[…]

La pauvreté du contentieux environnemental dans les tribunaux

Détruire des colonies d’abeilles par étouffage (R215-3 du code rural), poursuivre le défrichement illicite de bois (L362-2 du code forestier), rejeter des substances en mer (L218-11 du code de l’environnement) exposent les personnes à des amendes de plusieurs milliers d’euros voire à des mois d’emprisonnement. Arguant que les sanctions administratives et la réparation civile ne suffisent pas à discipliner les activités préjudiciables à l’air, au sol, à l’eau et à la faune et la flore, les instances européennes nourrissent beaucoup d’espoir à l’égard de la pénalisation du droit de l’environnement, et ont obligé les États membres à renforcer leur appareil judiciaire. Le droit de l’environnement accumule des textes punitifs, mais le travail des polices de l’environnement mène-t-il à des sanctions ?

Le constat est unanime et ancien quant à la pauvreté du contentieux environnemental dans les tribunaux. Au début des années 1990, la protection de l’environnement ne représentait que 2 % de l’activité des tribunaux correctionnels. Les derniers rapports sur la réponse pénale (2015-2019) ne signalent pas d’inversion de tendance : l’environnement représente désormais moins de 1 % des affaires pénales traitées et moins d’un délinquant environnemental sur dix est jugé en audience classique au tribunal correctionnel. Dans la pratique, les parquets des tribunaux ne se rendent pas toujours compte qu’ils sont concernés par un dossier environnemental parce que les procès-verbaux ne sont pas systématiquement signalés. La voie judiciaire suppose une coopération subtile et rare entre police, parquet et associations constituées parties civiles.

L’environnement se trouve de fait absorbé dans les modes de gestion de masse des tribunaux, traitement caractéristique des politiques de « déstockage » et d’accélération de la réponse pénale

[…]

La difficile reconnaissance de l’insécurité environnementale

La singularité des polices environnementales est qu’elles ne défendent pas un ordre public préexistant, mais qu’elles participent à la construction d’une société durable qui n’existe pas aujourd’hui. Par conséquent, la force de l’ordre établi s’impose aux forces de l’ordre environnemental comme un obstacle à surmonter. Parce qu’elles s’inscrivent dans la thématique « environnement », condamnée à n’avoir qu’un effet résiduel à moins d’une profonde transformation politique, ces polices souffrent d’un empêchement chronique. Nous voyons en elles des polices d’avant-garde, à la fois minoritaires et réformatrices, qui ne peuvent compter sur aucun sens écologique de l’histoire qui jouerait en leur faveur. L’écologisation de nos sociétés n’a rien d’automatique et demeure un processus hautement contingent, sinon un objectif essentiellement discursif.

La faiblesse des polices spéciales de l’environnement s’explique en définitive par le manque de cohérence et de moyens des objectifs politiques que nous nous donnons collectivement. Le pouvoir répressif n’a en réalité pas d’effets notoires s’il n’est pas soutenu par une démarche d’explicitation de l’intérêt général qu’il préserve. La sécurité environnementale n’est aujourd’hui soutenue par aucune campagne massive de sensibilisation, à la différence de la lutte contre le tabagisme ou les accidents de la route, alors même qu’elle repose sur des connaissances rigoureuses. L’interdiction de fumer dans les lieux publics et l’obligation de porter une ceinture de sécurité sont des précédents potentiellement inspirants : dans ces cas, le couple obligation-répression, accompagné d’une communication intensive, a permis une transformation des pratiques à grande échelle. Sommes-nous condamnés à ne prendre en compte l’environnement qu’une fois que la santé humaine est directement attaquée ? En miroir, ce que nous pourrions nommer « l’insécurité environnementale » est pour l’instant une expression tout à fait marginale, au contraire de la notion d’insécurité civile qui légitime l’action des polices généralistes et des risques sociaux auxquels répond la Sécurité sociale. Cette indifférence interroge d’autant plus qu’il est vraisemblable que la généralisation de l’insécurité environnementale, par exemple l’aggravation des sécheresses, entraîne déjà et continuera d’entraîner un accroissement de l’insécurité civile et de l’insécurité sociale.


Ce livre a été écrit avec Robin Basier, ancien élève de l’ENS de Lyon et agrégé de philosophie.The Conversation

>> Les auteurs :

Léo Magnin, Research fellow, Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et Rémi Rouméas, Docteur en Sociologie , ENS de Lyon

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

>> Pour lire l’article original, rendez-vous sur le site :

THE CONVERSATION

En forêt avec Vincent Munier

EEn forêt avec Vincent Munier

Du crépuscule à l’aube, la forêt est le décor d’une vie foisonnante. Photographe et cinéaste amoureux de la nature sauvage, Vincent Munier parcourt les forêts françaises, en particulier celles des Vosges, depuis son enfance. Avec cette exposition, il nous propose un voyage visuel et sonore dans une nature en apparence familière, mais souvent méconnue. Cerfs, chouettes, lynx, grands tétras, pics-noirs… les images, fixes et animées, révèlent la faune qui peuple les forêts en nous invitant à observer, comme à l’affût, pour mieux nous émerveiller de cet univers grandiose et menacé.

Plus d’informations sur le site du :

MUSÉE DES CONFLUENCES

« Ouvrir le futur avec joie » aux côtés du peuple Kogi

«« Ouvrir le futur avec joie » aux côtés du peuple Kogi

En 2018, dans la Drôme, une première rencontre totalement inédite avait réuni des représentants du peuple kogi, des scientifiques et des experts occidentaux pour partager leurs connaissances et mener un diagnostic de territoire. En octobre dernier, le projet intitulé Shikwakala1, a entamé sa deuxième édition et a fait escale à l’INSA Lyon. Le jeudi 5 octobre 2023, les savoirs scientifiques ont rencontré les connaissances ancestrales de ce peuple racine vivant dans la Sierra Nevada de Santa Maria, en Colombie. À travers une écoute mutuelle entre les deux approches, ce moment a été l’occasion d’un dialogue pour tenter de composer un « monde commun » et répondre à la question « comment remettre le vivant au cœur de nos actions ? »

La mission confiée par la mère Terre : une quête qui résonne vers l’Occident
Les Kogis sont les descendants directs de l’une des plus grandes civilisations précolombiennes du continent latino-américain, les Tayronas. Vivant à plusieurs jours de marche dans la Sierra Nevada de Santa Marta, le plus haut massif côtier de la planète, ils considèrent leur environnement comme « le cœur du monde ». Ces paysages nécessairement isolés et protégés présentent un écosystème unique : pas moins de 96 espèces endémiques et 7 % des espèces d’oiseaux de la planète2 y ont été recensés à ce jour. Le peuple kogi poursuit une quête : celle de tisser un équilibre avec le vivant, en prenant soin des « points chauds » de la « mère Terre ». Éric Julien, géographe et fondateur de l’association Tchendukua – Ici et Ailleurs, aime illustrer leur appréhension de l’environnement naturel par la métaphore suivante : « Ils sont le stéthoscope qui écoute la Terre, qu’ils comparent à un énorme corps humain. Quand on regarde un corps humain, on ne voit pas de prime abord les réseaux sanguins, nerveux, ventilatoires, énergétiques qui relient les organes entre eux. Pour la Terre, c’est pareil : il y a des réseaux sanguins (eaux), ventilatoires (vents, airs…), nerveux (radioactivité naturelle, champs magnétiques…)3 ». Seulement, cet équilibre est menacé par « les petits frères », la société occidentale. « Cette mère est un comme un grand corps humain, et s’il en manque une partie, le reste ne peut plus fonctionner ».

 

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Les Kogis vivent dans la Sierra Nevada de Santa Marta, le plus haut massif côtier de la planète. (ⓒTchendukua – Ici et Ailleurs)

Pour répondre à la mission confiée par la mère Terre, celle d’enseigner à ceux qu’ils nomment « les petits frères » l’harmonie des choses, les Kogis et l’association Tchendukua – Ici et Ailleurs ont pensé le projet « Shikwakala », invitant à renouer avec le vivant dans une relation d’épanouissement réciproque. (…)

LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE

Notes :

[1] Shikwakala est le terme choisi par le gouverneur kogi Arregocés Conchacala pour nommer le projet de dialogue avec les autorités spirituelles de la Sierra Nevada de Santa Marta et des scientifiques occidentaux. « Shikwá est un fil invisible, créé dans l’esprit, qui enveloppe la terre entière d’est en ouest, formant un réseau de connexion entre la terre, le soleil et le reste de l’univers, rendant possible sa rotation constante. »
[2] La Sierra Nevada de Santa Marta est l’un des plus importants « hotspots » de biodiversité au monde.

Pister les créatures fabuleuses

PPister les créatures fabuleuses

D’après la conférence du philosophe Baptiste Morizot – Pauline Ringeade – L’IMAGINARIUM

Philosophe du vivant, Baptiste Morizot est aussi un pisteur d’animaux et ses récits en pleine nature aident à comprendre pourquoi l’humain doit mieux cohabiter avec la faune sauvage. Portés sur scène par une actrice en solo, ses mots vibrent avec les bruissements de la forêt et de ses habitants.

Approchez-vous, regardez, là ! Une empreinte. Celle d’un nanoulak, probablement, ce nouvel hybride entre une ourse polaire et un grizzly. Merci le réchauffement climatique ! Mais, chut, écoutez… Un loup ? Un renard ? À sa table sonore, la comédienne nous emmène découvrir les traces de ces animaux qu’on pensait cachés ou invisibles. Mais ils sont là, il suffit de scruter les indices. C’est ce qu’explique Baptiste Morizot, philosophe et pisteur, dont la conférence pour jeune public est ici adaptée pour le théâtre.

Apprendre à pister, c’est apprendre comment vivent les autres vivants. C’est une manière d’apprendre à vivre avec eux. Sans détruire leur monde parce qu’on ignore comment il est constitué. »

Grâce à la mise en scène inventive de Pauline Ringeade, on ne la voit pas sur le plateau, cette faune familière, du moins pas avec ses yeux. On la devine, on la perçoit dans le jeu de sons et d’objets qui se construit sur place et on ne manque pas de rire des contorsions de la comédienne pour l’imiter. On comprend surtout, à travers les mots de l’auteur, que ces animaux nous observent aussi, nous, bêtes curieuses, qui piétinons notre écosystème sans penser au lendemain. Il y a urgence à pister et à vivre ensemble.

Séance en LSF, le 20 décembre.

En savoir plus le spectacle : 

THÉÂTRE NOUVELLE GÉNÉRATION

©TNG

 

Engager les bibliothèques dans la transition écologique

EEngager les bibliothèques dans la transition écologique

Soirée de lancement de l’ouvrage Engager les bibliothèques dans la transition écologique (#52)  paru aux Presses de l’Enssib (collection La boîte à outils), sous la direction de Reine Bürki.

 

Les enjeux écologiques sont au cœur des préoccupations de notre société actuelle et prennent une place grandissante dans les politiques publiques. À ce titre, les bibliothèques sont confrontées aux différentes transitions à l’œuvre, et en particulier aux questions de responsabilités sociétales et environnementales. Quelle est leur place dans ces enjeux ? Comment peuvent-elles s’en emparer, tant du point de vue organisationnel, que de l’accueil et des services, du numérique ou des collections ? Un ouvrage collectif qui permet d’identifier les leviers d’action pour la bibliothèque et d’agir concrètement, au quotidien et stratégiquement, en équipe et avec ses partenaires.

Avec la participation de : 

  • Reine Bürki, coordinatrice de l’ouvrage, Responsable du développement des projets et des partenariats de l’Enssib
  • Johanna Ouazzani, Chargée de mission au ministère de la culture
  • Nathalia Leclerc, Responsable adjointe des Services aux publics SCD de l’université Lyon1

Rencontre modérée par :  Florence Salanouve, directrice de la valorisation de l’Enssib

 

INSCRIPTION

>>> Possibilité également de suivre la table ronde à distance : connectez-vous ici

Réapprendre le commun à l’épreuve de la vulnérabilité. La crise un levier d’espérance ?

RRéapprendre le commun à l’épreuve de la vulnérabilité. La crise un levier d’espérance ?

Face à la vulnérabilisation croissante de nos sociétés et institutions, 23 scientifiques (philosophe, neurologue, juriste, médecin, théologien, architecte, psychologue…) sont appelés à réfléchir sur les défis à venir du vivre-ensemble : transition écologique, refondation de la démocratie, reconstruction du lien social, du système éducatif au monde du travail.

Si les termes « vulnérabilité » et « vulnérable(s) », depuis leur usage en Sciences Humaines et Sociales dès la fin du 20e siècle, ont été souvent utilisés pour désigner des catégories déterminées de personnes et de groupes, ou des conditions spécifiques (âges de la vie, statut social, marginalisation économique…) les derniers évènements nous obligent à reconnaître la vulnérabilisation systémique de nos sociétés dans leur complexité grandissante : de la crise environnementale à la fragilisation des démocraties ; de la radicalisation des conflits (politiques, sociaux, religieux…) à la montée des inégalités dans et entre les pays.

L’originalité du projet porté par la Chaire est d’explorer et de mettre à l’épreuve de la société ce concept à la fois plus large et plus radical de vulnérabilité. Le premier colloque, « Vulnérabilité(s). Du cadre théorique aux enjeux pratiques », a permis d’évaluer la pertinence scientifique du concept à la croisée des champs disciplinaires et d’en mesurer les enjeux sociaux, le caractère éminemment opératoire.

Ce deuxième colloque de la Chaire Vulnérabilités entend réfléchir, toujours par une approche pluridisciplinaire, aux crises qui frappent nos systèmes de vie en commun et qui sont autant de manifestations d’une vulnérabilité partagée, ce qui met en relief un long et profond « déclin de l’institution » (Cf. F. Dubet, 2010) ; ce qui nous met face à une éclipse de l’institutio s’exprimant dans plusieurs « endroits » du vivre-ensemble : l’État, l’éducation, la santé, l’environnement, la famille, l’économie, le travail…

AAu programme :

  • Mercredi 25 octobre – 18h – 19h30 / Conférence inauguraleCarla Canullo, professeure de philosophie à l’université de Macerata (Italie), invitée du Collegium de Lyon, proposera une réflexion autour de La blessure qui sauve : la vulnérabilité entre crise et effondrement.

 

  • Jeudi 26 octobre – 9h – 17h45

9h – 12h20 : Comprendre la crise – où l’on parlera d’expérience historique de la crise, où l’on débattra de droit et de bioéthique, où l’on pensera les vulnérabilités systémiques en santé à l’heure de la médecine personnalisée, de la puissance spirituelle de la non puissance, des enjeux de la vulnérabilité au travail…

14h00 – 17h45 : Réapprendre à vivre ensemble – où l’on parlera de l’impact des crises sur le système d’éducation, où l’on dialoguera entre psychologie et sociologie pour partager les tendances et décrypter les représentations sociales de la vulnérabilité chez quelques travailleurs du social, où l’on explorera les régimes de  l’hospitalité, où l’on se se demandera comment la pratiquer…

>> Retrouver le programme détaillé et le formulaire d’inscription sur :

UCLY – Chaire Vulnérabilités

 

L’IA en FAQ, les étudiants nous répondent | #6 Dossier Pop’Sciences « Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient »

LL’IA en FAQ, les étudiants nous répondent | #6 Dossier Pop’Sciences « Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient »

Article #6 – Dossier Pop’Sciences Diagnostic 2.0 : Quand l’IA intervient

Dans cette série de questions et réponses, les étudiants de première année du cycle d’ingénieur de l’EPITA, école d’ingénierie informatique, répondent à nos questions concernant l’IA. A-t-elle toujours raison ? Peut-elle développer des sentiments ? Ou, est-elle capable de réelles créations ? Les étudiants nous éclairent.

SSommaire :

  1. L’IA peut-elle éprouver des sentiments ?
  2. L’IA est-elle toujours infaillible ?
  3. L’IA est-elle écologique ?
  4. L’IA favorise-t-elle la désinformation ?
  5. L’IA peut-elle être créative ?
  6. Peut-on reconnaitre une image générée par IA ?
  7. L’IA va-t-elle abolir le travail ?

11. l’IA peut-elle éprouver des sentiments ?

Les chercheurs s’accordent sur le fait que l’IA ne possède ni conscience de soi, ni expérience personnelle, remettant ainsi en question sa capacité à ressentir des sentiments. Cynthia Breazeal, professeure au MIT et experte en robotique sociale, souligne que l’IA est une simulation programmée de comportements émotionnels, dépourvue de l’expérience intérieure propre aux humains. Si elle peut détecter et répondre aux émotions humaines, cela reste une imitation basée sur des règles préétablies.

Par exemple, Sophia, un robot développé par Hanson Robotics, peut donner l’impression de ressentir des émotions grâce à des expressions faciales et des réponses préprogrammées. Elle crée une apparence d’émotion basée sur des règles préétablies, sans réelle expérience émotionnelle.

En outre, les sentiments humains sont influencés par des facteurs biologiques, sociaux et culturels, des capacités qui font défaut à l’IA statique qui ne peut évoluer avec le temps. En somme, les recherches soulignent que l’IA ne peut ressentir d’émotions véritables, ne pouvant que les feindre, tout au plus.

Léo Arpin & Adrien Guinard

22. L’IA est-elle toujours infaillible ?

Exemple d’une image capturée sous une lumière idéale (en haut) et d’image prise d’une image prise dans des conditions de faible éclairage (en bas). ©Lars Karlsson

Les capacités de l’IA dépendent avant tout des données avec lesquelles elle a été entraînée. De fait, elle est susceptible d’être influencée par les biais présents dans ces mêmes données. Donc, si les données sont biaisées ou reflètent des préjugés humains, l’IA risque de reproduire ces même biais dans ses prédictions. Par exemple, si un système de recrutement automatisé est entraîné sur des données historiques qui favorisent certains groupes au détriment d’autres, il peut perpétuer ces inégalités lors de l’évaluation des candidatures.

De même, l’IA est limitée par les situations étrangères à celles sur lesquelles elle a été formée. Si un modèle d’IA est entraîné pour reconnaître des objets sur une image prise dans des conditions de lumière optimales, celui-ci peut peiner les reconnaître sur des images prises dans un contexte différent.

 

Non seulement les conditions de l’environnement d’entraînement influent sur les résultats, mais il faut aussi tenir compte du fait qu’une IA n’est jamais précise à 100%. En effet, au cours de son entraînement, lorsque l’on teste l’algorithme avec une base de données complète (dont on connaît le résultat), celui-ci montre déjà des incohérences. On s’approche toujours, mais on n’atteint jamais la perfection, il est donc impossible d’avoir une IA totalement fiable.

Pour pallier ces limites, la supervision humaine est cruciale. Les experts doivent continuer à surveiller et à évaluer les performances de l’IA, en s’assurant qu’elle prend des décisions justes, transparentes et éthiques. Il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de contrôle et de réglementation pour garantir une juste utilisation de l’IA. Des techniques telles que l’apprentissage par renforcement et l’apprentissage fédéré sont justement développées pour réduire les biais et améliorer la capacité de l’IA à généraliser dans de nouvelles situations.

Arthur De Sousa, Raphaël Hatte, Pierre Raimondi & Maui Tadeje

 

33. L’IA est-elle écologique ?

©Freepik

Aux vues de la crise climatique que nous traversons, la croissance de l’Intelligence Artificielle pose question. Les modèles d’apprentissage automatique, et notamment les Large Language Models (LLM) sont très gourmands en énergie. L’entraînement de ces mastodontes, la fabrication du matériel, la maintenance de l’infrastructure, son déploiement ou encore le type d’énergie utilisé sont autant de facteurs pesant dans la balance de leur empreinte carbone. Et cela représente un coût non-négligeable en termes d’émissions de dioxyde de carbone.

Par exemple, l’entreprise Hugging Face a estimé l’empreinte carbone l’entraînement de sa propre LLM (dénommé BLOOM), à environ 25 tonnes de dioxyde de carbone, soit autant qu’une voiture ayant parcourue 130 000km. En comparaison à BLOOM, l’empreinte carbone liée à l’entraînement de ChatGPT-3 et d’OPT de META sont respectivement estimés à 500 et 70 tonnes de dioxyde de carbone. Ce bilan colossal attribué à GPT-3 est entre autres dû à l’ancienneté de l’équipement utilisé. L’optimisation des LLM est un autre paramètre jouant largement sur l’empreinte carbone. Par exemple, LLaMA est un LLM qui peut compter tout au plus 65 milliards de paramètres et ayant tout de même les capacités de rivaliser contre GPT-3 d’Open-AI malgré ses 162 milliards de paramètres. Or, le nombre de paramètres d’une LLM impacte grandement sa consommation en énergie.

Pour autant, l’IA peut être mise au service de pratiques plus écologiques. Elle est notamment capable d’optimiser l’utilisation des ressources dans divers secteurs, comme l’énergie, la logistique ou l’agriculture. Cette aide à la gestion des ressources agricoles par IA en fonction des besoins réels, tels que l’eau ou les pesticides, permet de réduire les gaspillages et de minimiser l’impact environnemental.

En investissant dans des solutions énergétiques durables, en favorisant la recherche sur des modèles plus efficaces et en réglementant judicieusement l’utilisation de l’IA, nous pourrons peut-être exploiter son potentiel tout en agissant de manière responsable vis-à-vis de notre planète et des générations futures.

Mehdi Ismaili & Gregoire Vest

44. L’IA favorise-t-elle la désinformation

L’IA possède la capacité de générer du contenu de manière automatisée, y compris des textes, des images et des vidéos. Cette fonctionnalité, bien qu’offrant des possibilités intéressantes, peut également être détournée pour créer et diffuser de fausses informations. Des algorithmes d’apprentissage automatique peuvent être entraînés pour produire des articles, des tweets ou des vidéos qui semblent authentiques, mais qui sont en réalité des faux. Cette situation ouvre la porte à une propagation rapide de désinformation à grande échelle, comme les célèbres « photos » du pape en doudoune ou de Donald Trump se faisant arrêter.

Outre la production de contenus, l’IA peut être utilisée pour manipuler l’opinion publique. Les algorithmes peuvent analyser les comportements en ligne des utilisateurs et cibler des publicités ou des contenus spécifiques afin d’influencer leurs opinions. En comprenant les préférences d’un individu, l’IA peut personnaliser les messages pour maximiser leur impact. Cela peut entraîner la création d’une bulle informationnelle dans laquelle les individus sont exposés à des idées similaires, renforçant leurs croyances et limitant la diversité des opinions.

Heureusement, l’IA peut également être utilisée pour détecter la désinformation. Des algorithmes peuvent analyser les caractéristiques des contenus suspects pour les identifier. Le traitement du langage naturel et l’apprentissage automatique permettent de repérer les incohérences, les biais et manipulations dans les articles, les images ou les vidéos. Toutefois, ces outils doivent être constamment améliorés pour rester efficaces face au progrès technique de la désinformation.

Emil Toulouse, Todd Tavernier & Remi Decourcelle

 

55. L’IA peut-elle être créative ?

Tableau généré via Dall-E ©Léo Raimbault

La créativité, généralement définie comme la capacité à produire quelque chose de nouveau et de valeur, concerne des domaines tels que les arts, la musique ou la littérature. L’IA est désormais souvent utilisée pour susciter, inspirer ou créer des œuvres dans ces sphères. Elle peut même être entraînée à reconnaître divers styles artistiques afin de générer des peintures fidèles à un courant ou à un artiste précis. À titre d’exemple, des réalisations comme “The next Rembrandt” ou “Le portrait d’Edmond de Belamy” se sont vendues aux enchères en 2018 pour 432 500$. La sphère musicale est également concernée, notamment avec la chanteuse “IA” qui, comme son nom l’indique est une IA, dont le premier album ‘00’ s’est vendu à plus de 2 millions d’exemplaires en l’espace d’un mois.

Cependant, il est important de comprendre que l’IA ne crée pas intrinsèquement quelque chose de nouveau. En effet, elle utilise des algorithmes pour générer des créations « mélangeant » des parties d’œuvres préexistantes sur lesquels elle a fait son apprentissage. On peut donc toujours considérée la créativité comme une caractéristique propre à l’humain. Cependant, cela ne signifie pas que l’IA n’a pas de valeur dans la création artistique. Ces programmes peuvent grandement soutenir les artistes en favorisant la génération d’idées novatrices et l’expérimenter de nouvelles approches.

Il est également difficilement envisageable que l’IA puisse remplacer la créativité humaine. Les êtres humains ont la capacité d’effectuer des associations inattendues, de casser les codes, et de concevoir des concepts jusqu’alors inexistants. L’IA, quant à elle, est limitée par les algorithmes et les données qu’elle utilise pour générer ses créations.

En somme, l’IA peut être utilisée pour générer des créations qui ressemblent à celles qui ont été produites par des êtres humains, mais elle ne peut pas supplanter la créativité humaine. Les programmes d’IA restent néanmoins de précieux outils pour nourrir la créativité et la technique des artistes.

Paul Gravejal, Aymen Gassem & Sandro Ferroni

 

66. Peut-on reconnaitre une image générée par IA ?

L’intelligence artificielle (IA) a récemment connu des avancées spectaculaires dans la génération d’images de plus en plus réalistes. Il est aujourd’hui courant de voir des images de célébrités créées de toutes pièces ; le meilleur exemple étant celles du pape habillé d’une grande doudoune blanche. Cependant, le degré de réalisme atteint un tel niveau qu’il peut être difficile de reconnaître une image générée par une IA.

Saurez-vous repérer l’anomalie sur cette image générée par IA ? ©Pop’Sciences

Cette difficulté dans la distinction d’une image générée par IA réside dans le fait qu’elle travaille avec un volume colossal de données. Les modèles IA analysent et apprennent les caractéristiques communes d’images existantes, puis les reproduisent dans leurs créations. Par exemple, l’IA Stable Diffusion a été entrainée à partir d’une base de données de 2,3 milliards d’images.

Néanmoins, lorsqu’il s’agit de créer l’image d’une personne, l’IA a encore beaucoup de difficultés pour certaines zones spécifiques comme les mains. Même pour un dessinateur humain, les mains demeurent la partie du corps la plus complexe et difficile à représenter. Les défis sont nombreux, que ce soit en termes de forme, de nombre de doigts visibles, de perspectives variées ou de proportions.

Étant donné que les IA sont entrainées sur de gigantesques bases de données, elles font face à des millions de combinaisons différentes de mains et n’arrivent donc pas à modéliser correctement cette partie du corps humain. Ainsi, dans les images générées incluant des mains, il est très courant d’observer des moignons, des articulations improbables, ainsi que des doigts déformés ou en quantité inexacte.

Une autre manière de déceler une image générée est d’étudier les pixels de cette dernière. En effet, l’IA ne va pas créer, comme un humain le ferait, en dessinant des zones de couleurs unies.  Elle commence par une « bouillie » de pixels, puis en cherche à lier ces derniers pour obtenir l’image voulue : on appelle cela la réduction du bruit de l’image. Ainsi, par une simple sélection de couleur sur un logiciel d’édition d’image, on peut parfois permettre de retrouver cette « bouillie » de pixels.

Or, s’il existe également des logiciels permettant de détecter ces artefacts automatiquement comme « AI or Not », la frontière entre la réalité et ce qui est généré par l’IA continue de se réduire, risquant de créer de plus en plus de confusions concernant la véracité des contenus que nous ingérons au quotidien.

Nathan Goetschy, Rémi Jeulin & Clovis Lechien

77. L’IA va-t-elle abolir le travail ?

Dans l’ombre de l’IA grandit une certaine inquiétude : l’IA ne va-t-elle pas finir par nous remplacer ? Mais l’intelligence artificielle qui représente tout outil utilisé par une machine afin de « reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité » est-elle réellement capable de rendre le travail des humains obsolètes ?

Mouvement de boycott des technologies IA par des illustrateurs. source: “Is AI Art Here to Steal Your Career Away?” by Polydin Studio

L’IA est de plus en plus présente au niveau des travaux répétitifs ou dangereux puisqu’elle se montre parfois plus efficace ou rencontrant moins de risques qu’un humain. Elle fait également son entrée dans les domaines artistiques et informatiques. Citons Midjourney ou ChatGpt, par exemple, à l’origine de plusieurs scandales qui ont levé le voile sur cette problématique émergente.

Nous sommes pour autant bien loin d’une abolition du travail « humain ». De nouveaux emplois voient le jour pour créer ou gérer ces nouvelles technologies liées à l’IA (ingénieurs, gestionnaires de bases de données d’apprentissage, etc.). Et, bien que plus efficaces que nous pour certaines tâches, l’IA a encore du chemin à faire avant de nous remplacer, notamment dans les métiers nécessitant de l’empathie ou ceux demandant beaucoup de capacités d’adaptation. À l’heure actuelle, elle demande une immense puissance de calcul, ce qui en fait rarement la meilleure solution, quand elle n’est pas simplement hors de propos. La méfiance envers l’IA freine également l’intégration de cette technologie dans le monde du travail.

L’abolition du travail par l’IA ne risque donc pas d’arriver de sitôt. De plus, avec un bon équilibre, l’IA peut au contraire devenir un outil et une aide extrêmement efficace plutôt qu’une menace.

Garice Morin, Alice Cariou, Eliana Junker