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Alexis Catanzaro : L’entrepreneuriat, une affaire de famille | Visages de la science

AAlexis Catanzaro : L’entrepreneuriat, une affaire de famille | Visages de la science

©Jennifer Saniossian

Si son accent montpelliérain s’est un peu perdu, c’est bien de cette belle ville d’Occitanie qu’Alexis Catanzaro, professeur des universités en sciences de gestion et du management à l’IAE de Saint-Étienne et directeur du laboratoire Coactis Saint-Étienne, est originaire.

Issue d’une famille d’entrepreneurs (grand-parents, père, oncles, sœur) dans différentes activités, Alexis a toujours évolué dans un environnement d’entreprise. « Mon père avait une partie de son activité à la maison, moi j’allais dans son entreprise pendant les vacances » confie-t-il.

Mais s’il partage avec sa famille cette sensibilité au monde de l’entreprise, il va cependant prendre un chemin un peu différent. Il ne sera pas celui qui entreprend, mais celui qui étudie, comprend et accompagne les entrepreneurs en France et à l’international. « Durant mes études, j’ai découvert cette dimension internationale avec mes cours. Cette orientation me parlait. Je suis international dans mon état d’esprit, j’aime beaucoup voyager, rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles cultures ». D’autant que l’entreprise familiale est également très internationalisée faisant 60% de son chiffre d’affaire à l’export. C’est donc assez naturellement qu’il va se diriger dans un parcours mêlant accompagnement entrepreneurial et international. « Durant mes études, j’ai fait un stage dans le meilleur incubateur mondial, basé à Montpellier, qui accompagne de manière très efficace des entreprises à fort potentiel. C’est là que je me suis dit que la dimension accompagnement était celle qui m’intéressait le plus et notamment l’accompagnement à l’international. »

Licence de commerce international et Master Management International des PME en poche, il décide de poursuivre par un Doctorat en entrepreneuriat international. Autrement dit, étudier la manière dont les jeunes entreprises, les start-ups, les petites structures, parviennent malgré leurs petites tailles, leur jeunesse, leurs ressources limitées à s’internationaliser, à se développer dans de multiples marchés simultanément et comment les accompagner pour réussir dans cette stratégie.
Une personne a eu un rôle important à jouer sur ces années-là : son directeur de thèse, Karim Messeghem, professeur en gestion à l’université de Montpellier. « C’est l’expert français sur le sujet de l’accompagnement des entreprises », explique Alexis. « Il m’a beaucoup apporté, et a su me guider lors des stages, mémoires et surtout durant mon doctorat en me poussant vers une forme d’excellence, m’incitant à viser des standards internationaux ».

Alexis soutien sa thèse en décembre 2014 et est recruté en tant que Maître de Conférences au sein de lIAE de Saint-Étienne (Université Jean Monnet) à la rentrée 2015. Il se souvient d’une arrivée dans d’excellentes conditions, prenant la direction du Master Entrepreneuriat avant d’avoir d’autres responsabilités comme la Licence en anglais ou bien encore la mission « international » de l’IAE. « Ce que j’aime le plus, c’est voir évoluer l’intérêt de certains de mes étudiants sur des sujets travaillés en cours. Les voir se questionner, vouloir creuser le sujet, … ».
En parallèle de l’enseignement, il s’investit quelques années dans le projet BEELYS, pour accompagner les étudiants entrepreneurs.

Côté recherche, il se sent soutenu dans les projets qu’il mène au sein du laboratoire Coactis. Il prend la responsabilité de l’un des axes de recherche avant d’être élu directeur de Coactis Saint-Étienne en septembre 2023.
« En tant que directeur, mon objectif premier, c’est que les gens dans le labo se sentent bien, qu’ils aient envie de venir travailler. J’ai envie de prendre soin d’eux. Je ne me vois pas comme celui qui pense la stratégie du labo et pousse les collègues à mettre en place de nouveaux projets et publier plus. Je sais que mes collègues vont le faire par eux-mêmes, je travaille avec des gens brillants » explique-t-il.

2019, une année charnière

« Vers 2019, j’ai eu l’envie de repositionner un peu mes activités de recherche vers des sujets en lien avec la transition écologique, des sujets plus alignés avec mes convictions, porteurs de sens. J’ai même commencé à avoir une forme de conflit intérieur entre mon sujet historique sur le développement à l’international, la croissance, l’hyper croissance et ces convictions-là ». Alexis s’intéresse alors à l’anthropocène et la question de l’effondrement sociétal que certains prédisent comme étant l’avenir qui nous attend si l’on ne change pas de manière radicale.
Et c’est un sujet plutôt compliqué à appréhender en science de gestion, une discipline se caractérisant par l’action, à plus ou moins court terme, dans les organisations. Il s’agit de prospective lorsqu’il est question d’effondrement sociétal potentiel et d’effet de nos activités sur la biosphère à l’horizon 2040, 2050 ou bien encore 2100. Comment les entreprises réagissent-elles face à ce scenario ? Comment se sentent-elles d’évoluer pour s’adapter à ce nouveau monde ? Quels sont les verrous, les tensions, les paradoxes que cela fait émerger ? Dans quelles mesures cela remet en cause leur business model, leur activité, leur avenir ? Autant de questions qui font l’objet de la recherche actuelle d’Alexis.

Un sujet de recherche, oui, mais aussi une manière de pouvoir contribuer à son niveau à la question environnementale sur les décennies à venir. Une conviction personnelle, qu’il applique également dans sa vie de tous les jours : « Lorsque nous avons acheté notre maison, nous avons refait l’isolation, installé des panneaux solaires, créé un potager, mis un composteur et une cuve de récupération des eaux pluviales » précise Alexis.

D’ailleurs c’est également en 2019 qu’il co-fonde l’entreprise « Care Eat », un label anti-gaspillage à destination des professionnels des métiers de la restauration leur permettant d’évoluer dans leur pratique de gestion des denrées alimentaires et de se positionner sur une sorte de niveau d’engagement anti-gaspillage.
Et Alexis en est convaincu. Si le consommateur change ses pratiques dans une perspective bénéfique pour notre planète, les entreprises suivront puis les gouvernements. « Les entreprises sont le bras armé de l’économie, les décideurs ne peuvent pas faire sans elles. En tant que chercheur nous avons une responsabilité vis-à-vis de la société. Nous apportons des éléments de réflexion, partageons nos idées au travers d’ouvrages, d’articles, avec les entreprises, les structures d’accompagnement que nous rencontrons et progressivement cela pourra faire évoluer les choses dans le bon sens ».

>> Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Unité de Recherche Coactis : 

Coactis

Si vous participez à des ateliers collaboratifs, ne vous emballez pas, les décisions peuvent être déjà prises

SSi vous participez à des ateliers collaboratifs, ne vous emballez pas, les décisions peuvent être déjà prises

Les méthodes participatives de management ne seraient-elles pas qu’un leurre ? Cet article annonce qu’elles faciliteraient l’adhésion des collaborateurs aux décisions de l’entreprise déjà prises en amont. Gare à ne pas vous laisser happer par ces moments collaboratifs, on vous demandera certainement de rattraper la charge de travail restante.

« Ces entreprises qui ont adopté le management participatif et qui cartonnent », titre le média Guide Entreprise. « Management participatif : comment libérer le potentiel de vos équipes ? », demande la Voix du Nord … La presse se fait l’écho des méthodes participatives et collaboratives de management dans les entreprises françaises qui semblent rencontrer un succès.

Un article de Nathalie Tessier, enseignante-chercheuse à l’ESDES Business School de l’Institut catholique de Lyon – UCLy The Conversation – 11 mai 2026

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THE CONVERSATION

Stage et alternance en entreprise : comment prévenir le harcèlement sexuel et le combattre ?

SStage et alternance en entreprise : comment prévenir le harcèlement sexuel et le combattre ?

Alors que le mouvement MeToo a permis de mettre en lumière le harcèlement sexuel dans de nombreux milieux professionnels, celui que subissent les stagiaires et alternants est à la fois moins visible et moins bien géré par les organisations.

Pourtant, ces populations, jeunes, précaires, et avec une moins grande expérience et connaissance du monde de l’entreprise, sont particulièrement vulnérables. Cette enquête a été initiée en collaboration avec l’association « Balance Ton Stage”, fondée par des étudiants d’emlyon il y a cinq ans.

Intervenante : Lisa Buchter, professeure de sociologie, emlyon business school

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Research Afterwork #8

Pourquoi en France les start-ups dirigées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles dirigées par des hommes ?

PPourquoi en France les start-ups dirigées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles dirigées par des hommes ?

En France, les start-ups fondées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles fondées par des hommes. Ce constat illustre à quel point le financement reste l’un des principaux enjeux liés de l’entrepreneuriat féminin, parfois décrit comme un second plafond de verre. Il faut déjà s’imposer comme entrepreneuse, puis encore franchir la barrière de l’accès aux capitaux. […]

Un article de Pauline Gibard, maîtresse de conférence en entreprenariat à l’Université Jean Moulin Lyon 3

et de Marie-Christine Chalus, professeure des universités – DG IAE Lyon à l’Université Jean Moulin Lyon 3 The Conversation – 24 nov. 2025

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THE CONVERSATION

Entreprise apprenante : les étonnantes leçons de l’armée allemande | The Conversation

EEntreprise apprenante : les étonnantes leçons de l’armée allemande | The Conversation

L’armée allemande est un exemple peu connu d’organisation apprenante et pourtant. Les victoires militaires de l’armée du Kaiser et les suivantes s’expliquent aussi par une sorte de management moderne, où, par exemple, la notion de retour d’expériences est déjà présente.

En matière d’apprentissage organisationnel – défini comme la capacité collective de réfléchir sur l’expérience pour modifier les stratégies d’action au service d’objectifs partagés – il est fréquent de commencer par les moyens d’apprendre (les concepts, les principes, les outils et les pratiques) pour s’intéresser alors à sa contribution éventuelle à la performance de l’organisation. Parfois même, le lien de causalité est considéré comme un postulat de départ non questionné. Pourtant, au niveau de l’organisation, le lien empirique entre apprentissage et performance reste à démontrer de manière convaincante.

En adoptant l’approche inverse, on commence par identifier une organisation dont la performance est démontrée pour mettre ensuite en exergue des éléments observables liés à l’apprentissage qui sont considérés par les acteurs eux-mêmes comme à la source de cette performance. Et si on identifie une organisation perçue par ses pairs et ses concurrents comme sans égal, on peut s’attendre à trouver en son sein une architecture d’apprentissage organisationnel pensée, déployée et constamment affûtée. Testons cette hypothèse avec l’armée prussienne devenue l’armée allemande de la période impériale jusqu’en 1945.

Ainsi, exempt de portée politique, cet article est illustratif de pratiques de développement de capacités sans lien avec le contexte idéologique ou social des périodes historiques concernées. Le postulat est qu’une organisation, dont on réprouve sans condition les idées ou intérêts qu’elle a servis, peut être un objet de recherche dépassionné et une source d’approfondissement académique.

L’armée prussienne, puis allemande

Il est peu de notions plus sûres dans l’histoire moderne que celle de l’excellence militaire allemande. Et cette conviction est largement partagée par les historiens, comme Max Hastings (« Pendant de nombreuses années après 1945, la reconnaissance de la [supériorité militaire allemande] était trop douloureuse pour être partagée publiquement ») ; par les praticiens, comme le Field Marshal anglais Harold Alexander (« L’ennemi était plus rapide […] en attaque, en défense […], dans les remplacements […], pour monter des attaques et des contre-attaques et, par-dessus tout, plus rapide à décider sur le champ de bataille ») ; par les praticiens-analystes comme le colonel Trevor Dupuy pour qui le soldat allemand infligeait 50 % de plus de pertes à ses opposants et ce en toutes circonstances (en attaque ou en défense, en état de supériorité ou d’infériorité, avec ou sans le soutien aérien, en cas de victoire ou de défaite) ; ou encore pour les chercheurs, comme le théoricien israélien Martin van Creveld qui conclut son ouvrage de performance militaire comparée par un lapidaire :

« L’armée allemande était une organisation combattante exceptionnelle. Sur le plan du moral, de l’initiative, de la cohésion et de la résilience, elle n’avait probablement pas d’égal au sein des armées du XXe siècle. »

Si pour Bismarck, « l’humanité commence au rang de lieutenant », on comprendra, au-delà du bon mot, que la performance de l’armée allemande n’était pas le fait du hasard.

La question est alors de passer du « vouloir être performant » à le devenir réellement. L’exemple allemand montre de manière éloquente que la performance s’apprend. Pour analyser la stratégie de développement de la performance échafaudée par l’armée allemande pour en faire le fondement de sa culture organisationnelle, utilisons une grille de lecture développée par une équipe de chercheurs israéliens, experts de l’apprentissage, notamment en contexte militaire. Phénomène complexe, l’apprentissage organisationnel peut s’observer au travers de trois facettes : culturelle, structurelle et contextuelle.

Une culture favorable à l’apprentissage

Les normes comportementales de nature à faciliter l’apprentissage composent le volet culturel du développement collectif de capacités. Dans ce domaine, l’armée allemande était en avance sur son temps, ce qui pourrait être vrai encore aujourd’hui.

Au sein du corps des officiers, en particulier, la culture du débat, la tolérance à l’altérité de points de vue, l’absence de « solution parfaite », la transparence dans les échanges, le courage et l’intégrité de partager toute l’information, la curiosité pour comprendre les sujets en profondeur, et la responsabilité personnelle d’apprendre constamment et de mettre en pratique les acquis sont exceptionnels. Surtout dans un contexte militaire que l’on imagine aisément hiérarchique, étriqué et peu innovant. C’est tout le contraire que le corps des officiers, et l’armée allemande en général, donnent à voir à l’époque.

Cette culture organisationnelle facilitante de l’apprentissage collectif s’appuie sur deux leviers clés : la confiance interpersonnelle (fondée sur une sélection rigoureuse et une socialisation intense) et l’obsession de la performance, du travail bien fait. C’est cette culture qui permet à l’armée allemande de constamment apprendre de ses erreurs et de développer sa performance superlative.

Des simulations pour apprendre

Les procédures et processus par lesquels une organisation collecte, analyse, codifie, partage et dissémine toute information facilitant l’atteinte des objectifs de l’organisation constituent la facette structurelle de l’apprentissage organisationnel. On distingue la temporalité, à savoir s’entraîner sans relâche avant l’action et apprendre sans fard de l’expérience après l’action.

L’armée allemande a inventé, par exemple, la simulation intensive de combat pour entraîner ses officiers à la prise de décision en incertitude. Au travers de jeu de plateaux (Kriegsspiel) ou de galops d’essai annuels sur le terrain, l’entraînement en situation permet de développer les réflexes, d’identifier des points d’amélioration, de faire émerger de nouvelles tactiques et de transmettre les bonnes pratiques. L’entraînement des soldats s’effectue en conditions réelles, une philosophie « train as you fight » que les Américains reprendront après-guerre.

Après l’action, le retour d’expérience systématique (Erfahrungsberichte) analyse les décisions et les conséquences à tous les niveaux hiérarchiques pour réinjecter dans le système les leçons identifiées ou les hypothèses émergentes.

Un retour d’expérience XXL après la défaite de 1918

De même, à l’issue de la Grande Guerre, le chef d’État-Major von Seeckt lance un effort de retour d’expérience sans précédent pour comprendre la défaite militaire : 500 officiers sont mobilisés autour de 57 points (traversée de rivière, moral des troupes, justice militaire…) en répondant à quatre questions : Quelles situations apparues pendant la guerre n’avaient pas été envisagées ? Dans quelle mesure les conceptions d’avant-guerre étaient-elles efficaces pour faire face aux situations susmentionnées ? Quelles lignes directrices ont été élaborées dans l’emploi de nouvelles armes pendant la guerre ? Quels sont les problèmes posés par la guerre qui n’ont pas encore trouvé de solution ?

Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux.

Conceptualiser l’environnement, et en tirer (toutes) les conséquences

Si plusieurs éléments constituent cette facette contextuelle de l’apprentissage organisationnel, et en facilitent le développement, comme la criticité de l’erreur (perdre une bataille n’a rien de comparable à manquer ses objectifs trimestriels) ou la structure même du métier, deux caractéristiques se détachent nettement dans le contexte militaire allemand : le rapport à l’environnement et le leadership.

Dès Clausewitz et son Vom Krieg (1832), et plus encore avec Helmuth von Moltke, l’emblématique chef de l’État-Major prussien de 1857 à 1888, la conception de l’environnement par l’armée allemande est simple : le champ de bataille est par nature imprévisible et complexe, et il est vain de pratiquer le réductionnisme pour se convaincre qu’il est possible de le mettre en équation. Le choix est donc fait d’identifier, de sélectionner, de former et de faciliter la promotion d’artistes de la guerre et non d’exécutants ; en clair, des officiers et sous-officiers qui, au contact du terrain, vont s’adapter, prendre des risques, apprendre, innover, surprendre l’ennemi et vaincre.

Un leadership centré sur la performance collective

Le leadership au sein de l’armée allemande, c’est-à-dire la capacité à créer les conditions dans lesquelles les soldats seront préparés, compétents, motivés, créatifs, autonomes dans la pensée et proactifs dans l’action, est considéré comme une valeur cardinale à tous les échelons. Dans la plupart des conflits dans lesquels l’Allemagne sera impliquée entre 1864 et 1945, l’armée allemande aura des moyens matériels et un accès aux matières premières inférieurs à ses ennemis ; mais le leadership, centré sur la performance collective, le développement de capacités, l’exemplarité, et l’attachement aux soldats, plus que compenseront ces carences pour faire de l’armée allemande une impressionnante organisation apprenante (et performante).

Sans occulter le caractère funeste joué par l’armée d’Allemagne dans l’histoire, les entreprises d’aujourd’hui, jouant des coudes dans un environnement volatil et incertain, ont peut-être matière à trouver inspiration dans la manière avec laquelle les forces armées allemandes ont développé une infrastructure d’apprentissage organisationnel rarement égalée par son exhaustivité et son impact. En connaître les clés peut servir à tous.The Conversation

> L’auteur :

Thomas Misslin, Doctorant, Sciences de Gestion, Dauphine-PSL – Chef de projet, Executive Education, EM Lyon Business School

Cet article est republié sous licence Creative Commons.

>> Lire l’article original :

The Conversation

Leçons hérétiques sur l’histoire du temps présent / Cours public 2023

LLeçons hérétiques sur l’histoire du temps présent / Cours public 2023

L’anthropocène à la lumière de l’analyse historique

Comment l’histoire peut-elle penser l’Anthropocène ? Ce cours explorera des thèmes majeurs : rôle des technosciences et de l’innovation, remise en question de l’entreprise et de la rationalisation héritée des Lumières, redistribution des rôles entre « humains » et « non humains »…
Intervenant : Pierre Cornu, historien Université Lumière Lyon 2
Un cours public ouvert à tous, en 6 séances, dans le cadre du Cycle 2023 des cours publics de l’École urbaine de Lyon.
>> Venez suivre les 5 prochaines séances :
  • Mercredi 8 mars : 12h30 à 13h30
  • Mercredi 15 mars : 12h30 à 13h30 / Au siège de l’association Cité Anthropocène (même adresse que la Cité des Halles).
  • Mercredi 22 mars : 12h30 à 13h30
  • Mercredi 29 mars : 12h30 à 13h30
  • Mercredi 5 avril : 12h30 à 13h30

>> En savoir plus sur le cours (présentation, bio, podcast, vidéos des séances) :

Cours public

>> Regarder la 1re séance :

2022 : quel devenir des entreprises industrielles à risque majeur ?

22022 : quel devenir des entreprises industrielles à risque majeur ?

Quel impact les entreprises industrielles à risques majeurs ont sur le travail, la sécurité, la santé et l’environnement (social et naturel) ?

Ces deux journées d’étude sont organisées suite à la publication en novembre 2021 aux Presses des Mines par Michèle Dupré et Jean-Christophe Le Coze de l’ouvrage « Des usines, des matières et des hommes » qui entend relater la complexité socio-technique de ces sites industriels en croisant sociologie du travail, de l’emploi et de l’activité et la « safety science« .

Cependant, le contexte a beaucoup changé, notamment suite à l’incendie de Lubrizol en septembre 2019 et l’émoi suscité dans la ville de Rouen étendue aux territoires environnants.

En outre, la thématique de la transition écologique prend une ampleur nouvelle face à l’urgence, rappelée notamment par le GIEC, de la prise en compte de la question climatique. Ces interrogations obligent à reposer les conditions de fonctionnement de ces entreprises et les modes de régulation.

Parallèlement, suite au constat de dépendance par rapport à d’autres zones de production, émerge avec force une demande plurielle de réimplantation d’usines en France pour limiter les conséquences néfastes d’une mondialisation non régulée. La question environnementale entre alors en tension avec celle de l’emploi. Le concept d’« accidents NaTech », qui combine les notions  « naturel » et « technologique », commence à être avancé comme une dimension à analyser.

Ce changement de contexte oblige à revoir la thématique de la fabrique de la prévention des risques industriels majeurs. Au-delà de la prise en compte du travail des acteurs internes et externes à l’entreprise pour atteindre un niveau de sécurité, toujours contingent et en perpétuel changement, ces deux journées interdisciplinaires d’étude croiseront les regards de plusieurs chercheur.e.s ayant travaillé sur cette question et feront sans doute émerger des constats nouveaux.

Sera posée la question de la fabrique de la prévention, de la régulation par le droit, du contrôle et de la perception de ces activités dans les territoires, de leur impact sur la santé et l’environnement, tant social que naturel. Seront également analysées les évolutions en cours de ces différentes dimensions.

Nouvelle donne qui nous amène à reconsidérer notre question initiale : 2022: quel devenir des entreprises industrielles à risque majeur ?

> Pour en savoir plus :

Journée d’étude