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Une brève histoire du cinéma – 1895-2025

UUne brève histoire du cinéma – 1895-2025

©Fayard

Une histoire fascinante du septième art comme vous ne l’avez jamais lue.

Le cinéma n’est pas né un jour de décembre 1895. Il est le fruit d’une envie collective millénaire, d’innovations techniques audacieuses et de désirs humains. De la lanterne magique aux studios virtuels, des frères Lumière à Netflix, cette brève histoire du cinéma déconstruit les mythes et révèle la complexité d’un art en perpétuelle mutation.

Martin Barnier et Laurent Jullier explorent les multiples facettes du cinéma : industrie mondiale, outil de propagande, laboratoire d’avant-garde. Comment le cinéma muet a-t-il conquis le monde ? Pourquoi les blockbusters dominent-ils aujourd’hui ? Décennie par décennie, les 130 ans de projections cinématographiques sont observés. Du « cinéma des premiers temps » aux films de 2025, l’évolution de ce média insubmersible est analysée.

Accessible et richement documentée, cette édition entièrement réactualisée offre un panorama global qui traverse les continents, les époques et les révolutions technologiques. Une lecture indispensable pour comprendre comment le cinéma façonne nos imaginaires et continue de nous captiver, des salles obscures aux écrans de poche.

>> Pour en savoir plus sur l’ouvrage : 

Université Lumière Lyon 2

Holy Destructors : une réflexion scientifique et hypnotique sur le cycle du vivant

HHoly Destructors : une réflexion scientifique et hypnotique sur le cycle du vivant

Là où l’humain cherche désespérément à le ralentir, les micro-organismes, architectes invisibles de la décomposition, réaffirment l’ordre naturel des choses : la destruction n’est pas une fin, mais le début d’un nouveau cycle.

Holy Destructors est un documentaire de Aistė Žegulytė, qui propose une réflexion scientifique et hypnotique sur le cycle du vivant. À travers l’exploration d’archives familiales, d’œuvres d’art millénaires ou de processions religieuses, Holy Destructors témoigne de l’inéluctable passage du temps.

Intervenants :

  • Philippe Martin, professeur d’histoire moderne, spécialiste de l’histoire religieuse à l’Université Lumière Lyon 2 ;
  • Mathieu Lericq, maître de conférences en histoire du cinéma, spécialiste des cultures d’Europe centrale à l’Université Lumière Lyon 2

>> Découvrez la bande-annonce :

>> Pour en savoir plus : 

Holy Destructors

Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau | Bobines de sciences

FFlow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau | Bobines de sciences

La Maison des Mathématiques et de l’Informatique – MMI -, en partenariat avec le Cinéma Comœdia vous invite à une projection-débat autour du film d’animation Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau.

Un chat se réveille dans un univers envahi par l’eau où toute vie humaine semble avoir disparu. Il trouve refuge sur un bateau avec un groupe d’autres animaux. Mais s’entendre avec eux s’avère un défi encore plus grand que de surmonter sa peur de l’eau. Tous devront désormais apprendre à surmonter leurs différences et à s’adapter au nouveau monde qui s’impose à eux.

Bobines de Sciences est un ciné-club autour des sciences au sens large : des sciences formelles (dont les mathématiques) aux sciences humaines et sociales, toutes importantes pour comprendre le monde. Une projection d’un film est suivie d’un débat avec la salle, en présence des invités, bien souvent des scientifiques lyonnais. Pas toujours 100% mathématique…

Intervenant : François-Xavier Dechaume-Moncharmont, professeur d’écologie comportementale à Lyon 1 Université.

Animé par : Olga Paris-Romaskevich, mathématicienne, chargée de recherche au CNRS à l’Institut Camille Jordan, et cinéphile.

>> Pour en savoir plus : 

Bobines de sciences

©FLOW

Nouvel An Lunaire autour du cavalier mongol de Hamid Sardar

NNouvel An Lunaire autour du cavalier mongol de Hamid Sardar

En 2026, la nouvelle année lunaire est placée sous le signe du cheval de feu. À cette occasion, l’Institut d’Asie Orientale vous invite à la projection du film documentaire Le Cavalier mongol de Hamid Sardar (Arte 2020).

Ce documentaire qui a reçu le Grand Prix au Festival international du film et du livre d’aventure de la Rochelle en 2019 relate l’histoire d’un cavalier héroïque en Mongolie, qui se lance à à la poursuite de voleurs de chevaux.

Depuis des siècles, à la frontière de la Mongolie et de la Sibérie russe, les tribus nomades du Darhat vivent de l’élevage de puissants chevaux semi-sauvages, qui les accompagnent lors de leurs migrations saisonnières des steppes aux montagnes. Mais depuis quelques années, des voleurs de tribus originaires de Tuva s’emparent de leurs troupeaux pour revendre les bêtes à des abattoirs russes en échange de quelques roubles. Lorsque son étalon blanc, irremplaçable gardien de ses chevaux contre les loups, disparaît, Shukhert, cavalier émérite et charismatique lutteur, se lance alors seul à la poursuite des bandits pour le retrouver et le ramener à temps avant l’hiver. Une traque folle dans des conditions extrêmes, qui conduit même ce justicier capable de tout – il fabrique lui-même ses skis de randonnée dans la forêt – à être emprisonné quelques semaines.

Dans les grandioses paysages des steppes mongoles, la traque épique de Shukhert prend des allures de western oriental. Surnommé avec respect par les siens « le dompteur de chevaux », tant ses prouesses pour les maîtriser forcent l’admiration, cet attachant héros mongol emmène le spectateur dans une aventure rocambolesque, au plus près du quotidien des nomades, entre chamanisme, rivalités et banditisme. Truffé de rencontres et de rebondissements, son périple permet aussi de découvrir la mosaïque d’une région complexe, traversée par de multiples tensions ethniques et socio-économiques. Avec ce somptueux documentaire, primé au Festival international du film et du livre d’aventure de La Rochelle en 2019, le photographe et réalisateur Hamid Sardar (Taïga) nous plonge, par sa connaissance du territoire et de la culture mongols, au cœur d’un monde contemporain encore empreint de mystère, d’ordinaire accessible aux seuls initiés.

> Programme :

  • 18h : Accueil du public
  • 18h30 : Ouverture du Nouvel An Lunaire, mot de bienvenue de Béatrice Jaluzot, directrice de l’Institut d’Asie Orientale
  • 18h40 : Table-ronde et présentation du film par Zolboo Sandagjav, PhD, Université de Berne, Jeanne Riaudel, doctorante Université Paris 1, laboratoire Prodig
  • 19h20 : Pause
  • 19h30 : Projection du film (durée : 1h25), avec la courtoisie de Arte France
  • 21h10 – 21h30 : Échanges et commentaires avec les intervenants

Intervenants : Zolboo Sandagjav, Université de Berne et Jeanne Riaudel, Université Paris 1.

Pour en savoir plus :

Institut d’Asie orientale

 

Les Bobines du sacré

LLes Bobines du sacré

Les religions sont-elles des facteurs de division ou de rapprochement ?

Riche d’une programmation de films documentaires consacrés au fait religieux, cette manifestation scientifique se propose de questionner le vivre-ensemble en présence de réalisateurs et d’enseignants-chercheurs des universités. Elle vise à offrir au grand public la possibilité de découvrir des films situés dans des contextes variés et abordant de nombreux sujets : le patrimoine religieux, les conflits religieux, les relations entre expression artistique et religion, la chasse aux sorcières, la vie en communauté des sœurs bénédictines, le rôle des aumôniers en milieu carcéral, etc.

Les récits singuliers des réalisateurs et réalisatrices sont autant d’occasions de se dépayser, de découvrir d’autres cultures et d’élargir le champ des questionnements. Les interventions de chercheurs en sciences humaines et sociales, fortes de la richesse de leurs travaux, apporteront également des éclairages complémentaires.
C’est précisément la rencontre entre ces regards — celui des réalisateurs et celui des chercheurs — que nous vous invitons à découvrir au fil de cette programmation.
Dans une perspective d’inclusion, quatre ateliers intitulés « Histoire et cinéma » seront organisés en amont du Festival à la maison d’arrêt de Corbas. Les participants à ces sessions prendront également part à la sélection du film qui recevra le prix attribué lors de cette nouvelle édition.

Le festival Les Bobines du sacré est organisé par l’Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité– ISERL – et la Bibliothèque municipale de Lyon. Il a pour vocation de favoriser les échanges et de constituer un espace culturel propice à la création de liens entre tous les citoyens. À l’issue de l’édition 2026, les partenaires du festival Les Bobines du sacré organiseront une cérémonie de remise du prix cinématographique « Regard Science et Culture ».

>> Pour en savoir plus et consulter le programme :

Les Bobines du sacré

Affiche du festival Les Bobines du sacré

©ISERL

Cap Corse, le mystère des anneaux

CCap Corse, le mystère des anneaux

À plus de 100 mètres de profondeur, au large de la Corse, d’étranges formations circulaires intriguent les scientifiques. Une expédition hors norme, menée par Laurent Ballesta et l’équipe Gombessa, explore ces anneaux pour percer leur secret, comprendre la biodiversité qu’ils abritent et évaluer les menaces pesant sur ces formations.

Venez découvrir la projection du film documentaire de Yann Rineau : Cap Corse, le mystère des anneaux, 2024 (90min), suivie d’une discussion avec Julie Deter, directrice scientifique à Andromède Océanologie au Grand Auditorium au Musée des Confluences.

>> Pour en savoir plus :

Cap Corse, le mystère des anneaux

« Méandres ou la rivière inventée » : comment refaire monde avec les rivières ?

«« Méandres ou la rivière inventée » : comment refaire monde avec les rivières ?

Marie Lusson a consacré une thèse ainsi qu’un film documentaire à la question des rivières. Au-delà des enjeux scientifiques, techniques et sociopolitiques liés à la restauration des cours d’eau, le film documentaire Méandres ou la rivière inventée invite à refaire monde avec les rivières, ses usagers et ses habitants – tant humains que non humains.

Le Vistre était à l’origine une rivière de plaine marécageuse qui s’écoulait au sud de Nîmes, de Bezouce à Mauguio. Dès le XIIe siècle, les marais sont desséchés et son cours est dévié. En 1774, drainages et dragages viennent lui assigner un lit fixe favorable à la navigation jusqu’à Aigues-Mortes. Les opérations de canalisation se succèdent ainsi jusqu’aux années 1950, où son cours large et profond permet alors d’évacuer rapidement les eaux pluviales et usées. Le Vistre modifié devient peu à peu un cloaque. Ses riverains se détournent de lui – et se plaignent de ses débordements destructeurs.

Affiche du film.

Ce point de départ est à la fois celui de la thèse de Marie Lusson (dirigée par Florian Charvolin et Christelle Gramaglia, soutenue en 2021) et du film documentaire Méandres ou la rivière inventée, coréalisé par Emilien de Bortoli et Marie Lusson en 2023.

Dans la thèse, il s’agissait d’exposer de manière critique la trajectoire sociohistorique de quatre rivières du sud-est de la France promises à une restauration pour rendre compte des controverses qui, dans certains cas, limitent les actions de réparation, et dans d’autres, font hésiter entre des travaux de terrassement lourds ou une mise en retrait pour redonner leurs espaces de divagation aux rivières.

Pour autant, le film déborde de la simple répétition illustrée de ce travail de recherche. Il vise avant tout la traduction à l’image de méthodes et concepts de sociologie inspirés par Bruno Latour. Il livre une expérience composite qui relève tout à la fois de l’œuvre d’auteur et du documentaire scientifique.

Des rivières devenues machines

Selon l’historien américain Richard White, qui s’est penché sur la trajectoire de la rivière Columbia, les travaux d’aménagement ont pour conséquence de désassembler les cours d’eau et leurs plaines alluviales pour les mettre au travail.

Beaucoup de rivières, comme le Vistre, sont ainsi devenues des « machines organiques » qui ne fonctionnent plus comme des écosystèmes, mais comme empilement d’entités appréhendées séparément, sur un mode dégradé.

Ces aménagements, qu’il s’agisse d’ouvrages hydroélectriques ou de digues, ont eu pour effet de corseter, fixer et inciser le lit des rivières, tandis que des rejets industriels et urbains dégradaient la qualité de l’eau. Leur profitabilité a toutefois été entamée lorsque l’artificialisation a commencé à générer des conséquences inattendues. Les écosystèmes aquatiques, réduits à l’état de machines organiques, se sont mis à dysfonctionner.

Des proliférations biologiques peuvent survenir. En certaines occasions, les cours d’eau sortent également des lits qui leur ont été assignés, provoquant des destructions d’autant plus importantes que des constructions ont été faites dans leurs plaines alluviales.

Les agriculteurs ont, de leur côté, drainé leurs champs ou pompé de l’eau. Les producteurs d’électricité s’en sont servi pour actionner leurs turbines. Les propriétaires de bateaux de commerce et de plaisance ne se sont plus préoccupés que des niveaux d’eau. Jusqu’aux pêcheurs qui ne se sont plus intéressés qu’à certaines espèces de poissons. Chacun s’est concentré sur une fonction, un service ou une ressource avec la même logique extractiviste, sans se soucier des autres ni de la santé des milieux concernés.

À force, l’accumulation des aménagements, prélèvements et rejets a conduit à la diminution des aménités habituellement tirées des rivières.

Des politiques de restauration encore trop technocentrées

D’autres conséquences indirectes sont à relever :

  • Les liens de dépendance qu’entretenaient nos sociétés avec les cours d’eau pour leurs besoins fondamentaux (boisson, irrigation, hygiène et production énergétique) ont été défaits.
  • Les ouvrages de protection ont éloigné certaines rivières de la vue et endormi la vigilance des riverains.

C’est pourquoi de nouvelles politiques de restauration ont été lancées, telle la Directive-cadre européenne sur l’eau de 2000 transcrite en droit français en 2006. Elles entendent remédier à la dégradation des milieux aquatiques comme cela a pu être fait pour le Vistre.

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La plupart des initiatives dans ce domaine restent toutefois très technocentrées et descendantes. Les professionnels ne convergent pas toujours sur les options à privilégier.

Plus encore, les projets techniques sont élaborés entre gestionnaires et bureaux d’études, indépendamment des habitants. Les controverses sont souvent vives et conduisent, dans les trois quarts des cas, à l’abandon des projets – surtout quand le portage politique fait défaut.

Une médiation artistique inspirée par Bruno Latour

Comment contribuer à l’émergence de projets de restauration qui ne fassent pas fi des controverses, mais au contraire apprennent d’elles pour explorer des pistes de récupération collective ? Les travaux du socioanthropologue des sciences et des techniques Bruno Latour ont ouvert des pistes fertiles.

Depuis ses premières recherches sociologiques sur l’acteur-réseau jusqu’à ses plus récents essais de philosophie sur le nouveau régime climatique (2015) et ses expérimentations artistiques et scientifiques sur la zone critique (2020), il s’est intéressé aux pratiques et aux productions des chercheurs et à leurs effets sur le monde, avant d’entamer un dialogue avec des artistes pour trouver des réponses à la crise écologique.

Il a notamment questionné la manière dont ceux qu’il appelle les « Modernes », ont cherché à s’émanciper d’une nature pensée comme extériorité et reléguée – dans le meilleur des cas – à l’état de décor. Ses recherches ont grandement contribué à renouveler les collaborations scientifiques et les médiations artistiques pour sortir de l’impuissance.

On citera, parmi ceux qu’il a inspirés, l’historienne d’art Estelle Zhong Megual et l’historienne et metteuse en scène Frédérique Ait-Touati, qui se sont penchées sur l’influence de la peinture et du théâtre sur nos perceptions de la nature, trop souvent réduite à l’état d’objet passif. Méandres hérite de cette réflexion collective.

Symétries entre humains et non-humains

Méandres est une œuvre composite qui doit grandement aux collaborations engagées par sa réalisatrice Marie Lusson avec :

  • son co-réalisateur, Émilien De Bortoli, artiste vidéaste et musicien,
  • les scientifiques, issus de plusieurs disciplines des sciences de la terre et de la vie et des sciences sociales de l’Inrae et de l’Université de Lyon,
  • les professionnels du documentaire créatif qu’elle a pu croiser lors de sa formation à l’école documentaire de Lussas.

Ce caractère multiple, qui a pu donner lieu à des tiraillements, est devenu au fur et à mesure une marque de fabrique et une force. Le film relève tout à la fois de l’œuvre d’auteur et du documentaire scientifique. Il montre plusieurs chercheurs et ingénieurs au travail – mais aussi une activiste engagée au chevet de sa rivière.

Il s’attarde également sur des êtres bien plus petits et régulièrement oubliés des réflexions sur le devenir des rivières : les galets, les sédiments, les débris de matière organique, les macro-invertébrés et les poissons les moins nobles qui les peuplent.

Image extraite du film Leviathan.

Le choix de traitement de l’image, qui s’inscrit dans la lignée des productions riches du Sensory Ethnography Lab de l’Université de Harvard, tel le film Leviathan sur la pêche hauturière, opère des effets de symétrisation entre des échelles très différentes.

Ainsi, l’œil de l’écologue est placé à la même échelle (par l’utilisation d’un objectif macro) que les organismes qu’elle observe. De même, des séquences sous-marines, des plans ralentis et des cadrages inhabituels, suivent les frémissements des larves et le déplacement de graviers.

Le film se présente comme connecteur et assembleur de réalités plurielles. La rivière elle-même est montrée comme agencement. Elle est une et plusieurs, mais surtout pleine des êtres qui l’habitent tout autant qu’ils la façonnent. Parmi eux, les non-humains, très souvent oubliés. Il est proposé au spectateur d’adopter momentanément leur point de vue d’une manière à la fois intelligible et sensible.

En cela, ce travail fait écho à des recherches en cours sur le rôle des castors dans le stockage de l’eau ou encore à des réflexions sur les droits des fleuves.

Les scientifiques y sont d’ailleurs traités d’une manière nouvelle : ils ne délivrent pas un discours d’autorité qui imposerait un diagnostic et des solutions. Ils se présentent, eux aussi, avec leurs fragilités et incertitudes, pris dans un entrelacs de relations et préoccupations. Ils ne sont ni nommés ni rattachés à une institution. L’image alterne entre de très gros plans sur leurs visages et leurs mains, et d’autres plans plus larges où, par exemple, un hydrologue acousticien disparaît dans la masse des rochers qui l’entourent.

Ces effets de zoom et dézoom sont pensés pour opérer des rapports de symétrie entre humains et non-humains, quelle que soit leur taille ou leur force. Il en est de même entre professionnels qualifiés et riverains. Ce n’est pas un hasard que le film se termine sur le visage d’une activiste qui explique son engagement en faveur du ruisseau des Aygalades, particulièrement abîmé par l’industrie et la ville, à Marseille.

La caméra nous propose de regarder sur le même plan des entités hétérogènes. L’objectif est de compenser, au moins momentanément, des inégalités, pour libérer les imaginaires et puissances d’agir. De fait, c’est presque une fiction qui nous est proposée pour engager la réflexion sur la restauration des rivières et les médiations indispensables à son succès.

L’autorité des scientifiques n’en est pas pour autant niée, mais elle est placée au même niveau que d’autres perspectives et expériences.

Les séquences dédiées à la descente de la rivière en radeau, qui constituent le fil rouge du film, apportent des contrepoints incarnés. Les jeunes gens embarqués dans cette aventure à la fois ludique et éprouvante, nous convient à ressentir la rivière : les niveaux et la force de l’eau selon le linéaire, les obstacles, le caractère glissant du substrat et les conditions météorologiques. L’alternance de moments joyeux et méditatifs ou le spectacle d’une peau qui se froisse sous l’influence du froid, renvoient les spectateurs à leurs propres souvenirs où l’enfance et ses jeux d’eau sont convoqués.

Enfin, le montage est construit de façon à créer des basculements fluides pour mêler le scientifique au poétique. Cette étape de montage a d’ailleurs été extrêmement longue, six semaines, témoignant de cette difficile cohabitation des registres.

Il en découle un film complexe dans lequel la voix off nous invite à nous interroger sur ce qui fait une rivière et sur les conséquences de nos choix. Elle n’a cependant pas vocation à démontrer ou dénoncer. Elle invite plutôt à la précaution, à l’hésitation et au tâtonnement collectif, pour éviter les erreurs du passé et définir des futurs plus favorables.

À quels êtres et dépendances devrions-nous faire attention pour refaire monde avec nos rivières et plus largement avec l’eau qui vient à nous manquer ? Méandres a non seulement touché un public large dans le cadre de festivals documentaires, mais il est encore régulièrement utilisé lors d’ateliers participatifs destinés à faciliter l’implication des riverains de cours d’eau abîmés dans la co-construction de projets de restauration écologiquement et socialement ambitieux.

Les auteures remercient leurs collègues Maria Alp et Sylvie Morardet (Inrae), mais aussi Béatrice Maurines et Oldrich Navratil (Université de Lyon) qui se sont impliqués dans l’écriture du film. Elles saluent tout particulièrement l’implication de Yannez Fouillet, de PY productions, pour son indéfectible soutien. Sans elle, Méandres n’aurait pas eu le même retentissement.The Conversation

Autrices : Marie Lusson, cinéaste, docteure en sociologie des sciences à l’Inrae, Christelle Gramaglia, sociologue des sciences de l’environnement, Inrae

Cet article est republié sous licence Creative Commons.

>> Lire l’article original :

THE CONVERSATION

MIAM Festival | Cosmos

MMIAM Festival | Cosmos

Dans le cadre du MIAM Festival, proposé par la Métropole de Lyon et dédié à l’alimentation, découvrez les jardins nourriciers, jardins émancipateurs avec diverses animations : visite, film et rencontre pour explorer le pouvoir des jardins.

Une double programmation dédiée aux jardins urbains – qu’ils soient familiaux, partagés et d’insertion – avec une visite des plus anciens jardins ouvriers de Lyon, créés en 1916 à Gerland, suivie d’une projection-rencontre à la Maison de l’environnement autour du documentaire La Jungle étroite, en présence de Gautier Chapuis, délégué au Maire de Lyon en charge notamment des jardins urbains.

©DR

« Le livre » est la plus ancienne section (1916) de l’Association des Jardins Ouvriers Communaux de Lyon. Ces jardins ont été créés à l’époque par des ouvriers imprimeurs sur un terrain appartenant aujourd’hui à la ville de Lyon. Ils jouxtent le parc de Gerland. Nous proposerons un court historique des lieux et une visite des jardins. La promenade se terminera par un temps d’échange avec les participant.es sur l’une des parcelles, autour de ce lieu, des plantes, de pratiques du jardinage…

Nous pourrons ensuite aller ensemble, pour celles et ceux qui le veulent, à la Maison de l’environnement pour la projection et rencontre.

Durée : environ 1h.

Tous publics (enfants dès 7 ans, sous la responsabilité de leurs proches)

>> Inscription gratuite, avec possibilité de faire un don en conscience à l’association.

©Benjamin HENNOT

L’association Fraternités ouvrières, à Mouscron en Belgique, ce sont des jardins-vergers sauvages, un grainier comptant six mille variétés de semences, des cours et des ateliers gratuits. Son passeur, porte-parole et cheville ouvrière, c’est Gilbert. Tous les jardiniers curieux de Lille, Bruxelles ou Gand, tous ceux et celles qui veulent lier social et jardinage passent là pour se frotter à sa parole et à son jardin, roboratifs et luxuriants.

A l’issue de la projection, nous échangerons avec Gautier Chapuis, Délégué au Maire de Lyon en charge de la Végétalisation, la Biodiversité, la Condition Animale et l’Alimentation.  Ce sera l’occasion d’évoquer la pratique du jardinage en ville, à travers les jardins ouvriers, familiaux et collectifs et leur histoire, d’explorer leur dimension d’éducation populaire, leur potentiel d’émancipation, leur dimensions politique et sociale, et leur dimension nourricière, ainsi que l’implantation de vergers en milieu urbain.

Durée : 57min.

>> Inscriptions, à prix libre

>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site :

COSMOS

Les Rencontres Montagnes et Sciences 2024 à Lyon

LLes Rencontres Montagnes et Sciences 2024 à Lyon

Les Rencontres Montagnes et Sciences, c’est le festival de films d’aventures scientifiques en montagne qui vous offre une bouffée d’air frais. Au programme : une sélection de films d’aventures scientifiques, choisis pour leur qualité visuelle, scientifique et récréative.

Après Grenoble, Valence ou encore Chambéry, la tournée régionale de Montagnes et Sciences continue, pour proposer au public lyonnais un rendez-vous unique combinant défi scientifique et aventure en montagne. Pour cette 10e édition, l’événement vous propose cinq films, qui vous mèneront des volcans islandais aux grottes de Chartreuse. Les projections seront suivie par des temps d’échanges avec des scientifiques locaux, des réalisateurs ou des spécialistes de certaines thématiques.

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Microcosmos, le peuple de l’herbe

MMicrocosmos, le peuple de l’herbe

Nous vous donnons rendez-vous avec ce film exceptionnel que nous sommes très heureux de vous faire redécouvrir sur grand écran, en partenariat avec l’association Arthropologia, dédiée aux insectes et à la biodiversité.

Produit par le réalisateur, acteur et producteur Jacques Perrin, le documentaire aussi merveilleux qu’inouï représente à sa sortie une prouesse technique sidérante.

Deux séances :

  • Mercredi 25 octobre à 14h | Rendez-vous Microcosmos (séances dédiées aux jeunes spectateurs) – Au Ciné Toboggan, à Décines.
  • Mardi 14 novembre à 20h | Rendez-vous Cosmos – Film & rencontre – Au Ciné Mourguet, à Sainte-Foy-lès-Lyon.

Plus d’information sur les sites :

Ciné Toboggan

Ciné Mourguet

Arthropologia

©DR