Croiser les savoirs scientifiques avec ceux des jardiniers du quotidien

CCroiser les savoirs scientifiques avec ceux des jardiniers du quotidien

En ville ou en campagne, individuel ou collectif, d’agrément ou nourricier… le jardin fait son grand retour dans nos sociétés ! Lieu d’expérimentation, de développement de la curiosité et de la sensibilité à la faune, la flore et à l’autre, il est aussi un lieu possible de sciences, un terrain pour les sciences humaines comme pour celles de la nature… Il est donc un lieu parfait de croisement de savoirs entre jardiniers, jardinières, amateurs, praticiens, professionnels et scientifiques.

En février 2021, la Boutique des sciences invite plusieurs chercheurs.euses à échanger sur les façons d’expérimenter en recherche en impliquant les acteurs de terrain et les citoyens jardiniers. C’est l’expérience menée à Lyon depuis plusieurs années avec l’association Le PASSE-Jardins qui sera présentée et analysée.

Comment croiser les savoirs scientifiques avec ceux des jardiniers du quotidien ? Depuis 2017, le PASSE-Jardins a créé un collectif de travail mixte, composé de salarié.es et de bénévoles, de chercheurs et non chercheurs dont l’objectif est de sensibiliser à la prise en compte de la biodiversité dans les jardins partagés. Les outils des sciences participatives y questionnent le rapport des jardinier.ères à la biodiversité ordinaire présente dans leur quotidien et constituent un ressort privilégié à la sensibilisation et à la compréhension des écosystèmes. Mais comment pérenniser l’implication des jardinier.es dans le temps ? Comment proposer un suivi complet du protocole (de l’observation à la saisie des données) ? Comment valoriser les données au niveau local ?

C’est à ces questions que le projet de Jeanne Cartier-Millon a tenté de répondre en 2020 dans le cadre de la Boutique des Sciences. Elle en présentera les résultats et les limites. Béatrice Maurines retracera la genèse, les avancées et les difficultés de la collaboration de cette association de jardiniers avec le monde de la recherche, réintérrogeant l’intérêt spécifique des méthodes participatives pour cet objet. Florian Charvolin enfin apportera un éclairage sur la définition et les impacts de ce type d’approche et leur place dans les paysages scientifiques et les territoires.

Intervenant.e.s :

  • Jeanne Cartier-Millon, master 2 Gestion de l’environnement – Université Jean Monnet Saint-Étienne
  • Béatrice Maurines, sociologue, Centre Max Weber
  • Florian Charvolin, sociologue, Centre Max Weber

En savoir plus :

Boutique des sciences

Soirée à 3 voix « Jardinage écologique »

SSoirée à 3 voix « Jardinage écologique »

En mai, cultivons notre jardin qu’il soit urbain ou de campagne ! 🌺

🌼 Pour découvrir le jardinage écologique, rencontrez 3 associations lors d’une soirée dédiée. Rencontrez tour à tour ces associations lors d’un petit atelier animé : de quoi repartir avec des bonnes idées et des réponses à plusieurs de vos questions.

🐝 Envie de jardiner au naturel et sans pesticides? Accueillez les pollinisateurs dans vos jardins avec les conseils de l’association Arthropologia
🐦 Et si votre balcon ou votre jardin devenait un refuge pour la faune ? La LPO vous expliquera comment aménager un petit coin dédié aux espèces sauvages
🐛 La vie des sols, la vie des vers de terre, le lombricompostage… comment ça marche? Par curiosité ou par envie de vous y mettre, rencontrez Eisenia qui accompagne particuliers et structures depuis 6 ans

🌿L’inscription est gratuite et obligatoire afin de permettre aux intervenant(e)s de préparer au mieux leur atelier.
https://www.helloasso.com/associations/maison-de-l-environnement/evenements/soiree-a-3-voix-jardinage-ecologique

Les jardins partagés de Lyon 7e

LLes jardins partagés de Lyon 7e

En mai, cultivons notre jardin qu’il soit urbain ou de campagne ! 🌼

🌻 En partant de la Maison de l’Environnement rejoindre la rive gauche du Rhône et traverser le Parc des Berges en direction du Sud vers le Parc de Gerland. Longer le fleuve jusqu’aux hôtels à abeilles, installations vouées à la découverte des abeilles sauvages et des insectes qui peuplent nos villes. Traverser la grande prairie du parc jusqu’à la fabuleuse mégaphorbiaie, magnifique jardin linéaire botanique de plantes aquatiques longeant une série d’aires cultivées et organisées selon le modèle d’une pépinière. Continuer jusqu’à la Maison des Fleurs qui présente une riche bibliothèque spécialisée sur l’art du jardinage des plantes et des fleurs des jardins du monde.

En sortant du Parc de Gerland nous observerons un bel exemple des jardins ouvriers mis en place par Edouard Herriot en 1956 « les jardins ouvriers communaux de Lyon, section du livre. » 35 parcelles de 120 m2 entretenues avec passion par d’anciens imprimeurs du labeur lyonnais.

Une balade alliant histoire et environnement avec l’association Promenades et Santé !

Maison de l’Environnement

Incroyables comestibles. Nathalie cultive un potager de rue

IIncroyables comestibles. Nathalie cultive un potager de rue

Membre des Incroyables comestibles, Nathalie présente l’action de ce mouvement citoyen qui met à la disposition de tous des bacs où chacun peut cultiver des plantes comestibles. 

L’espace public est de plus en plus investi par des habitants qui en font une extension de leur habitation ou de leur balcon. On se réapproprie la rue pour y faire pousser des plantes aromatiques, on cultive des jardins partagés, on dépose ses déchets biologiques pour les transformer en compost, etc. L’association Incroyables comestibles dispose par exemple des bacs dans l’espace public pour y planter des légumes, et dans certaines rues, des habitants fabriquent eux-mêmes des jardinières en palettes.

Propos recueillis par Ludovic Viévard, pour Pop’Sciences Mag : « Hackez la ville ! »

Nathalie est membre des Incroyables comestibles.

Quel est le principe des Incroyables comestibles ?

Incroyables comestibles est un mouvement citoyen totalement informel lancé en 2008, en Angleterre, à l’initiative d’un groupe d’habitants. Ils souhaitaient cultiver des plantes comestibles (légumes, fruits, aromatiques, etc.) dont tout le monde pourrait bénéficier. Le mouvement s’est vite étendu. À Lyon, il existe depuis 2011. C’est encore une petite communauté mais son côté informel fait qu’il est compliqué d’avoir une idée précise du nombre de ses membres. Il n’y a pas besoin d’être adhérent pour planter, arroser, cueillir ! Aujourd’hui, il y a neuf zones à Lyon où trouver des bacs, plus d’autres à Villeurbanne. Ces bacs sont situés dans l’espace public de façon à être accessibles et que chacun puisse se participer. On peut aussi le faire à l’échelle d’une résidence par exemple. Que ce soit l’un ou l’autre, le but est le même : cultiver, partager, sensibiliser. C’est la particularité des Incroyables comestibles.

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Dans les bacs des Incroyables comestibles, tout le monde peut jardiner et chacun peut piocher de quoi cuisiner !

Au-delà du partage des comestibles, le mouvement a-t-il d’autres buts ?

Oui. Il y a une volonté de pédagogie et de lien social. Avec ces bacs, inhabituels dans l’espace public, on attire l’attention des passants sur les possibilités de produire des comestibles dans l’espace urbain, même si on ne fait pas de gros volumes. Et puis, on les sensibilise à l’écologie, à une agriculture qui se fait sans engrais chimiques ni pesticides, avec des semences libres, en permaculture. Un troisième aspect pédagogique, est la redécouverte des saisonnalités. Voir les légumes pousser sous son nez, suivre leur développement, c’est rappeler que, par exemple, on ne trouve pas de tomates en hiver ! Pour finir, il y a aussi la volonté créer du lien. Le but, c’est que les plantes des bacs vivent de la collaboration de tous, y compris l’été quand il y a besoin d’un arrosage plus important. Ce qui fait qu’on a toujours besoin de bonnes âmes pour rejoindre les rangs, alors n’ayez pas peur d’utiliser les bacs existants !

Comment se passent vos relations avec les gestionnaires de l’espace public ?

Au départ, dans l’esprit des Incroyables comestibles, il n’y a pas de relations spécifiques avec les gestionnaires de l’espace public, ni demande d’autorisation ni information. Pour autant, on a à cœur que ça se passe bien. Ça ne sert à rien de mettre un bac le dimanche si les services de la Métropole l’enlèvent le lundi…  d’autant que ça pèse lourd ! C’est la raison pour laquelle, la plupart du temps, on contacte les mairies qui soutiennent assez facilement nos initiatives. Souvent même, les mairies nous aident en mettant à disposition un bac, de la terre… Finalement, c’est un hack de l’espace public qui est bien reçu et accompagné par le gestionnaire ! Sans doute parce qu’il permet du partage, du lien, l’animation de l’espace public, son entretien aussi.

Lien Facebook : https://www.facebook.com/IncroyablesComestiblesLyon