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Le temps de la mémoire. Rencontre avec Javier Cercas et Philippe Sands

LLe temps de la mémoire. Rencontre avec Javier Cercas et Philippe Sands

« Le temps de la mémoire » réunira Philippe Sands et Javier Cercas pour une discussion sur les liens qu’entretiennent archives familiales, enquête et littérature.

 

Philippe Sands

Avocat international francobritannique spécialisé dans la défense des droits de l’homme, Philippe Sands est professeur de droit à l’University College de Londres. Invité à donner une conférence en Ukraine dans la ville de Lviv, autrefois Lemberg, Philippe Sands raconte dansRetour à Lemberg (Albin Michel,2017) comment il découvre une série de coïncidences historiques qui le conduiront de Lemberg à Nuremberg, des secrets de sa famille à l’histoire universelle.

Javier Cercas

Auteur d’une œuvre foisonnante, traduite dans une vingtaine de langues, Javier Cercas est l’un des plus grands romanciers espagnols contemporains. Il collabore également au journal El País. Son roman Le Monarque des ombres (Actes Sud, 2018) retrace le parcours d’un jeune homme, le grandoncle de Javier Cercas, qui a lutté pour une cause moralement indéfendable et est mort en 1938, du mauvais côté de l’Histoire, celui de lidéologie franquiste.

Animé par Sandrine Treiner / Écrivaine, directrice de France Culture

 

Roman social ?

RRoman social ?

Animé par Yann Perreau (Journaliste / Les Inrocks)

Grèves, luttes, occupations, répressions, en 1978 comme en 2014, dans un monde où l’économie devient sauvage et la politique cynique : l’histoire se répète.Comment dire la violence sociale d’hier et d’aujourd’hui ? François Bégaudeau, en grand témoin de son temps, et Thomas B. Reverdy, en conteur des origines du néolibéralisme, s’inscrivent chacun dans la tradition du roman social pour dresser le portrait fracturé de nos sociétés.

 

Carte blanche à Jean Pruvost

CCarte blanche à Jean Pruvost

Rencontre avec  Jean Pruvost professeur émérite de lexicologie et d’histoire de la langue française à l’Université de Cergy-Pontoise, un évènement  organisée par la  Villa Gillet dans le cadre des Assises Internationales du Roman 2018 animée par Anne Paris, élève-conservateur à l’Enssib.

Qui sait que l’arabe vient en troisième position après l’anglais et l’italien pour la quantité de termes intégrés au français ?

De la tasse de café à l’orangeade, de la jupe de coton au gilet de satin, de l’algèbre à la chimie ou aux amalgames, à propos de la faune, de la flore, des arts, des parfums, des bijoux, de l’habitat, des transports ou de la guerre, nous employons chaque jour des mots empruntés à l’arabe.

Jean Pruvost se livre à une exploration réjouissante de cette langue véhiculée par les croisades, les conquêtes arabes, les échanges commerciaux en Méditerranée, et plus près de nous par l’exil des pieds noirs ou encore le rap.

Carte blanche J. Pruvost - Bibliothèque municipale

 

 

 

 

 

 » Un formidable voyage au cœur de l’Histoire et de la langue « . Ce livre est d’utilité publique.

Dernières publications:

Pleins feux sur nos dictionnaires en 2500 citations(Honoré Champion, mars 2018)

Nos ancêtres les Arabes. Ce que notre langues leurs doit (j.-C. Lattès, mars 2017)

Mots, expressions et proverbes oubliés, avec Mélanie Mettra (Garnier, 2017

 

SITE DE LA BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE DE LYON

 

Les écritures post-coloniales

LLes écritures post-coloniales

Vendredi 2 et samedi 3 février au Théâtre National Populaire.

Deux soirées pour penser le post-colonialisme, deux soirées pour faire dialoguer la littérature, l’histoire, la musique, la poésie, les arts,…Cycle conçu et organisé par la Villa Gillet avec le Théâtre National Populaire, l’Ambassade des Pays-Bas en France, le Fonds des lettres néerlandaises et Flanders Literature.

 

VVendredi 2 février

• 18h30 – Exposer le fait colonial

À partir de l’analyse de l’exposition coloniale de 1931 à Paris, comprendre les enjeux politiques et esthétiques de la muséographie contemporaine du fait colonial.

Avec Martine Gosselink, Marianne Amar et Michel Pierre.

Débat animé par Cédric Lesec / Directeur des relations extérieures et de la diffusion du Musée des Confluences.

 

• 20h30 – Contre l’oubli : se souvenir de la violence coloniale

L’histoire “post-coloniale” des guerres d’indépendance refoule souvent les violences qui les ont accompagnées et qui en découlent. Comment lutter contre cet oubli ?

Avec Abram de Swaan et Sylvie Thénault.

Débat animé par Thibaut Sardier / Journaliste et géographe (28 minutes Arte / Libé / France Culture)

 

• 22h30 – Création musicale autour d’Une Saison au Congo d’Aimé Césaire

Par Fabrice Devienne avec cinq musiciens et un slameur.  Une invitation au voyage, alliant les textes poétiques de Aimé Césaire et un univers musical aux confluences de l’Afrique, de Cuba et du jazz.

 

SSamedi 3 février

• 18h – Actualité du passé colonial : réparer un récit brisé

Romans, nouvelles, films, bandes dessinées : jamais le passé colonial n’a été aussi présent dans le domaine des œuvres de fiction. Mais qu’en est-il du côté de l’histoire telle qu’elle s’écrit ? Dialogue autour de cette nouvelle histoire des colonisations.

Avec Romain Bertrand, François-Xavier Fauvelle , Martin Bossenbroek et Paul Bijl.

Débat animé Julie Clarini / Le Monde

 

• 20h – Mettre en récit le colonialisme Entre fiction et non-fiction, comment dire le fait colonial ?

Mémoires et stratégies d’écriture, faits et imagination.

Avec Lieve Joris et Éric Vuillard.

Débat animé par Margot Dijkgraaf / Critique littéraire

 

• 22h30 – Paul Wamo présente SOL

Spectacle spoken word et musique

Avec Paul Wamo

 

 

Journée « Autour des Dictionnaires »

JJournée « Autour des Dictionnaires »

Á l’Académie de Lyon, le jeudi 16 novembre – date de naissance de D’Alembert – le colloque « Autour des Dictionnaires » a permis de dégager l’importance des ouvrages concernés, ainsi que des difficultés auxquelles se heurte leur élaboration. Et ceci sur plusieurs plans :

–          Lexicographique : un cas intéressant est celui de la reconstitution et de la traduction du vocabulaire des langues anciennes disparues, en particulier d’Orient et d’Extrême-Orient. L’état de conservation des tablettes d’argile parvenues jusqu’à nous est étonnant : le « numérique » franchira-t-il aussi allègrement les siècles futurs ?

–          Historique : le récit de l’écriture laborieuse, au XVIIe siècle, du dictionnaire de l’Académie française conduit à analyser l’ouvrage du franc-tireur Furetière (évincé de la compagnie). Au passage, la dichotomie écrivain/auteur au XVIIe siècle est mise en lumière.

–          Bibliographique : seule une approche d’« histoire critique » des diverses éditions de L’Encyclopédie de D’Alembert et Diderot peut permettre une classification – et donc une citation – rationnelle de ce magnum opus. L’aventure de la construction et de l’impression de l’ouvrage, à la fois pittoresque et ténébreuse, met en scène des personnages dignes de Balzac.

–          Littéraire : l’introduction, dans les romans des XVIIe et du XVIIIe siècles, de termes utilisés dans les jeux de société – qui font fureur à l’époque – a des conséquences importantes : si l’on ignore cette origine, il en résulte des erreurs d’attribution de sens à des mots très courants – et apparemment banals.

–          Religieux : le périmètre d’un dictionnaire du catholicisme, qui doit être nécessairement défini, soulève plusieurs questions : faut-il remonter jusqu’à Jésus-Christ ? Quelle place accorder à la Réforme, à Luther ? Quels papes choisir ?

–          Institutionnel : les mêmes difficultés de choix se posent pour la rédaction d’un dictionnaire des institutions lyonnaises. D’ailleurs, que recouvre exactement le terme d’« institution » ?

–          Iconographique : au-delà du classique « trombinoscope », l’illustration d’un dictionnaire biographique peut exploiter des documents très variés : médailles, tableaux, statues, bustes, ouvrages, caricatures, instruments scientifiques, etc.

En conclusion, au-delà de leur vocation d’outils pratiques, les dictionnaires constituent pour l’historien et le littérateur des « marqueurs » disciplinaires et des « objets » situés à l’interface de plusieurs champs du savoir. Ils ont encore beaucoup à nous apprendre …

Ecrit par Philippe Jaussaud, Professeur de Toxicologie et d’Histoire des Sciences

Sciences, Société, Historicité, Education, Pratiques (SP2HEP)
Faculté des Sciences et Technologies
Université Claude Bernard Lyon 1

 

Site Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon

Un magnétisme entre rap et langue française ?

UUn magnétisme entre rap et langue française ?

Bettina Ghio est docteure en littérature et civilisation françaises, enseignante au lycée et chargée de cours à l’université Paris 3. Ce témoignage vient en écho aux échanges de la table-ronde « Rap, littérature et poésie … par amour ? », qui s’est tenue le 4 novembre 2016 au Sucre à Lyon dans le cadre des 11èmes rencontres « Et si on en parlait », organisées par l’Université de Lyon. Bettina est auteure de Sans fautes de frappe. Rap et littérature, un ouvrage qui propose une exploration du rap français au miroir de l’histoire littéraire.

ESOEP : En développant son argot, son parler-lascar et ses métagores, les rappeurs ont-ils fait éclore un mouvement artistique sur les braises d’une langue qui ne les représentait plus ?

B.G : La question de la langue, et notamment de la langue française, est plus que complexe dans le rap hexagonal. Contre toute attente, les rappeurs qui utilisent exclusivement le parler banlieusard dans leurs textes ne sont pas si nombreux que ça. En tant qu’artistes à part entière, ils sont plusieurs à choisir le registre de langue selon les exigences de rythme et de prosodie. Il n’est pas rare que des rappeurs emploient aussi un langage soutenu ou encore des termes désuets. Je pense qu’il y a une distinction essentielle à faire entre le rappeur en tant qu’individu qui a sa façon de parler (s’il vient ou non de banlieue) et son texte en tant qu’objet artistique.

Ce n’est donc peut-être pas la langue qui ne les représentait plus, mais l’expression de cette langue. Ils ont réussi à faire du français une langue littéraire qui parle aussi de la banlieue, des rapports avec les institutions, de racisme, etc. Il me semble que beaucoup de rappeurs s’approprient la langue française à la façon des écrivains de la négritude pour rappeler qu’elle leur appartient – à eux-aussi – à part entière. De là l’idée que je propose du rap comme le « lieu d’une réconciliation » entre l’univers marginal des banlieues et la « haute culture ».

ESOEP : On peut alors déceler une certaine continuité avec l’héritage culturel français, en particulier littéraire. Nombreuses sont les références aux classiques de la littérature et de la poésie française, comme si nous assistions à un mouvement continu des artistes à aller contre les institutions et de les remettre en cause. Est-ce une spécificité française du rap ?

Je ne suis pas certaine que les références à la littérature française soient dans le rap pour remettre en cause les institutions, même si dans certains cas on peut faire cette lecture : NTM avec l’oxymore de Corneille (« l’obscure clarté de l’espoir ») …

 

Découvrez la suite de cette interview sur Et si on en parlait