CERTAINS EVENEMENTS NE PEUVANT ÊTRE MAINTENUS EN PRESENTIEL SONT PROPOSES EN DISTANCIEL : MERCI DE CONSULTER LES SITES DES ORGANISATEURS

Géo-archéologie des risques naturels à Lyon

GGéo-archéologie des risques naturels à Lyon

Public : Dès 11 ans

Conférence sur les recherches paléoenvironnementales à Lyon.

Les Lyonnais ont toujours dû s’accommoder des caprices du climat, tels que crues, orages dévastateurs, tempêtes, canicules, grands froids… Des événements moins connus tels que les tremblements de terre et… le volcanisme (!) ont également touchés la ville.

Une conférence de 35 minutes, par Stéphane Gaillot, géo-archéologue au Service archéologique de la Ville de Lyon.

 

Retracez les événements climatiques lyonnais à travers le temps !

Cette conférence s’inscrit dans le cadre de la Fête de la Science 2020

 

SERVICE ARCHÉOLOGIQUE DE LA VILLE DE LYON

 

Lyon : le confinement, une parenthèse propice aux innovations sociales dans l’alimentation ?

LLyon : le confinement, une parenthèse propice aux innovations sociales dans l’alimentation ?

S’il est encore difficile d’affirmer qu’une modification durable dans la structuration des activités agroalimentaires et des comportements des consommateurs a été enclenchée avec le confinement, cette situation inédite, bien que malheureuse, a permis de voir émerger un certain nombre d’initiatives. Les acteurs du territoire, professionnels comme particuliers, ont dû et su agir à leur échelle pour contrer la vulnérabilité du secteur.

Prenant des formes variées, comme nous avons pu l’observer lors de nos travaux menés dans le cadre du projet ASIS, ces initiatives observées à Lyon et ses alentours illustrent tout à fait le concept d’innovation sociale, tel que défini par les chercheurs Nadine Richez-Battesti, Francesca Petrella, Delphine Vallade, à savoir « le processus par lequel des acteurs s’organisent pour apporter des réponses nouvelles à des besoins sociaux peu ou mal satisfaits ».

La crise sanitaire que nous traversons représente ainsi une opportunité critique pour saisir la capacité des acteurs à s’organiser dans la contrainte, à répondre à une problématique sociale immédiate et cruciale et à déclencher des processus d’innovation sociale.

Plans d’adaptation

En première ligne de l’approvisionnement de fruits et légumes en circuit court, les distributeurs de produits locaux ont vu fortement leur activité impactée. Beaucoup ont d’ailleurs été submergés par les demandes de nouveaux consommateurs, comme Alter-Conso, qui distribue des paniers de produits locaux, bio ou issus de l’agriculture paysanne et qui a dû faire face à une augmentation sans précédent de son activité. Mais continuer une activité de distribution alors que les mesures sanitaires s’intensifient n’est pas simple.

Samuel Hévin, salarié de la coopérative, explique :

« Au départ, on se dit qu’on va tout arrêter mais rapidement, que ça n’est pas possible… Les paysans avec qui on travaille, qu’est-ce qu’ils font faire de leur came ? Et les consommateurs, ils vont aller où ? On se positionne comme une alternative à la grande distribution et si on arrête, ils vont y retourner et on n’a pas envie de ça. »

En 24 heures, différents plans d’action sont échafaudés pour être parés à toutes les éventualités. La structure a su remettre en cause une organisation du travail pourtant bien huilée. Une leçon d’adaptation efficiente qui prouve la capacité de résilience de cet acteur local de l’alimentation.

L’épicerie Scarole & Marcellin, quant à elle, a dû adapter ses pratiques de distribution au cours du confinement après avoir réalisé la complexité de la situation. Pour concilier une équipe en sous-effectif, une demande croissante et des précautions sanitaires toujours plus exigeantes, c’est un système de commande à distance et de drive qui a été favorisé :

« On arrivait à faire 60 paniers par jour mais, c’était trop peu par rapport à la demande. On savait qu’on allait se priver d’une partie de la clientèle, mais on n’arrivait plus à faire face ! »

Les acteurs traditionnels de la distribution alimentation en circuits courts ont répondu au risque de manque de débouchés des producteurs, puisant dans leur capacité interne d’adaptation. D’autres initiatives ont été organisées, cette fois par des acteurs n’appartenant pas au champ de l’alimentation ou de l’agriculture, mais mobilisant les outils numériques, technologiques et collaboratifs.

Au cœur des initiatives, les réseaux sociaux

Parmi les solutions, le groupe Facebook Marchés Solidaires #69 a fait preuve de grande réactivité. À la suite de l’exemple donné à Montpellier, un groupe de Lyonnais a ouvert un groupe pour en faire un espace de rencontre entre producteurs en recherche de débouchés et consommateurs à la recherche de produits locaux.

Chloé Frézouls, une citoyenne lyonnaise, précise :

« Le 25 mars, donc c’est allé vite, on a lancé le projet des Marchés Solidaires à Lyon. On a eu 2 000 membres en 24 heures, donc on a doublé le score de Montpellier. Et finalement, sur le groupe de Lyon, à la mi-mai, on était 12 800, donc en un mois et demi ! »

Ce groupe à destination des maraîchers et producteurs commercialisant sur les marchés de plein vent, mais a été conçu sans que les initiateurs·trices ne disposent de réseau dans le domaine, comme en témoigne Chloé :

« Moi j’ai recensé des producteurs. Je leur ai envoyé un mail pour voir s’ils avaient des alternatives, si ça marchait pour eux ou s’il falltriceait qu’on les aide. Le but c’était qu’ils arrivent à poursuivre leur activité ».

Sur le groupe, se côtoient virtuellement producteurs et consommateurs, et les propositions d’action sont nombreuses : commandes de paniers, propriétaires de locaux qui profitent de leur fermeture pour accueillir des distributions, relais d’annonces Facebook, de groupes WhatsApp, initiatives de quartier et même parfois distribution « sauvage » dans la rue pour ceux qui n’ont pas d’autre choix…

Le groupe Facebook Marchés Solidaires #69.
Capture d’écran

Le groupe permet visibilité et débouchés assurés. Les consommateurs formulent également leurs demandes : certains recherchent un produit particulier dans leur quartier, d’autres leur producteur habituel… Au bilan, les initiateurs·trices ont donc surtout facilité la rencontre entre l’offre et la demande.

Quand le groupe fait la force

Dès le début du confinement, la jeune association lyonnaise BelleBouffe a établi une carte en ligne et participative qui permet d’identifier les points de rencontre où il est possible de consommer local, bio et raisonné dans la métropole de Lyon.

Marie-Amandine Vermillon, co-fondatrice de l’association, précise pourquoi ils ont eu l’idée d’agir :

« On commençait à voir émerger des choses où les gens se passaient des informations à propos des producteurs. On s’est dit, là, il faut un truc qui centralise tout ça parce que dans le flux continu des réseaux sociaux où tu perds l’information en moins de deux, ça va pas le faire ».

La première étape est plutôt artisanale : un tableur collaboratif permet à tout internaute d’ajouter une référence. Le succès est immédiat et la mise en place d’un outil plus complet devient nécessaire, BelleBouffe s’allie alors avec l’association Zéro Déchet Lyon pour aller plus loin. Ainsi est née l’initiative de la plate-forme Manger local à Lyon durant le Covid.

En moins de deux mois, ce sont près de 50 000 internautes qui consultent la carte, 650 solutions qui y sont référencées et de nombreux témoignages qui mettent en avant l’impact positif de cet outil sur les pratiques…

Carte participative de l’association BelleBouffe.
Capture d’écran

Avec BelleBouffe, Marie-Amandine Vermillon et Martin Cahen, autre co-fondateur, veulent promouvoir à plus long terme la transparence alimentaire :

« On veut utiliser le numérique pour voir à quel point ça peut être un levier pour la transition alimentaire et pour orienter nos actions. Notre objectif, c’était vraiment de faire en sorte que les données soient sous licence ODB (open database), donc sous format ouvert qui puisse être réapproprié par d’autres. Ces données, ce sont des communs qui permettent d’accéder à une ressource vitale : une alimentation de qualité ».

Avec une démarche collaborative qui se veut la plus exhaustive possible et qui vit grâce à l’implication des bénéficiaires, BelleBouffe et sa carte ont permis de réagir rapidement grâce à la force du collectif et d’un outil construit par et pour tous.

Une difficile institutionnalisation

L’approvisionnement de biens alimentaires rendu complexe par la crise sanitaire a favorisé le développement d’innovations sociales qui ont émergé en réponse à une demande sociale apparue de façon immédiate et brutale. Elles se sont donc déployées dans l’urgence et avec des ressources limitées.

Sans être nullement représentatives, nous en avons pointé certaines aux caractéristiques singulières : capacité des acteurs traditionnels de la distribution en circuits courts à maintenir leurs activités sous contraintes au moyen d’une forte flexibilité organisationnelle interne, inventivité de réseaux de citoyens et de nouvelles associations ancrées dans le champ de l’environnement, capacité à mobiliser les réseaux sociaux et les technologies du numérique.

Après quelques mois de cette parenthèse confinée, on constate à présent un déclin voire un abandon de ces nouvelles pratiques. Les acteurs de la distribution semblent avoir retrouvé un nombre raisonnable de consommateurs, les outils de communication déployés sont moins utilisés. Si nous avons constaté une capacité à répondre à un besoin urgent, caractéristique des premières étapes d’un processus d’innovation sociale, la phase de l’institutionnalisation de ces nouvelles pratiques semble plus difficile à atteindre.

Cela confirme d’une part la complexité et la centralité de la fonction d’intermédiation dans l’organisation des systèmes alimentaires localisés qui est évidemment accentuée en période critique. Les agriculteurs inscrits dans ce type de réseau semblent d’ailleurs avoir bien mieux réussi à traverser la période.

D’autre part, à propos du processus d’innovation sociale, le cas extrême du confinement montre qu’il importe bien de distinguer les situations de demande sociale forte (apparue en urgence) et les situations de non-satisfaction durable de besoins sociaux qui, si elles sont critiques en période extrême, demeurent quand la situation se rétablit.

Reste encore de la place pour des processus d’innovation sociale répondant aux besoins ardents de justice alimentaire de certains territoires. Le besoin est tout aussi urgent, extrême et nécessaire.

Auteure : Emilie Lanciano, Professeure des Universités, chercheure au laboratoire Coactis, Université Lumière Lyon 2

Co-rédigé avec : Pauline Remaud, chargée de mission ASIS, laboratoire Coactis.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons – 12-10-2020 >>> Lire l’article original.

Il est publié dans le cadre de la Fête de la science 2020 (du 2 au 12 octobre en métropole et du 6 au 16 novembre en outre-mer et à l’international) et dont The Conversation France est partenaire. Cette édition a pour thème : « Planète Nature ? ».

#FDS2020 | Fête de la science – Édition 2020 : du 2 au 12 octobre

##FDS2020 | Fête de la science – Édition 2020 : du 2 au 12 octobre

 

Sortez vos agendas !
La prochaine édition de la Fête de la science se déroule…

📆  Du 2 au 12 octobre 2020

🚩 Sur la Métropole de Lyon et le département du Rhône

Petite nouveauté 2020 : en 2020 la Fête de la science s’adapte au contexte sanitaire et innove en proposant pour la première fois des animations 100 % numériques (ateliers, conférences live, visites virtuelles…) ou en présentiel et plus intimistes.

Toutes les animations sont dédiées à la découverte des sciences et totalement gratuites.

Tentez l’expérience !

Toutes les informations par ici !

Initiée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, la Fête de la Science est la plus importante manifestation dédiée à la recherche et à l’innovation. La 29e édition se déroulera partout en France en octobre sous la thématique « Quelle relation entre l’homme et la nature ».

Dans la métropole lyonnaise et le département du Rhône, cet évènement est coordonné par Pop’Sciences – Université de Lyon avec le soutien financier de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Métropole de Lyon, de la ville de Villeurbanne, et le soutien de l’État et de l’Académie de Lyon.

Cette année, près de 200 opérations sont programmées dans 21 villes du département du Rhône grâce à la mobilisation de près de structures : établissements de recherche et d’enseignement supérieur, laboratoires, associations, entreprises, écoles, bibliothèques, médiathèques, lieux culturels… 

LLancement officiel

 

Le lancement officiel de la Fête de la science en métropole lyonnaise et Rhône a eu lieu mercredi 7 octobre à l’Université de Lyon.

Il s’intégrait à la programmation de la Rentrée Anthropocène #2020 présentée par Michel Lussault, Directeur de l’École urbaine de Lyon. Le lancement a été suivi par une conférence de François Gemenne  « L’Atlas de l’Anthropocène ».

>> Voir – ou revoir – le lancement :

Covid-19 : l’indispensable apport de la science des données

CCovid-19 : l’indispensable apport de la science des données

Avec des milliers de publications, la bibliographie sur les traitements contre le Covid-19 n’est plus abordable sans l’aide de l’informatique. Le projet Covid-nma permet, en intégrant plusieurs sources de données, d’établir une carte dynamique et interactive des essais cliniques.

A Lyon, cette démarche implique le Laboratoire d’Informatique en Image et Systèmes d’Information – LIRIS (CNRS / Université Claude Bernard Lyon1 / Université Lumière Lyon2 / INSA / ECL).

Lire l’article intégral sur :

CNRS Le Journal

Prévention et réactions face au coronavirus. Étions-nous prêts ?

PPrévention et réactions face au coronavirus. Étions-nous prêts ?

En septembre 2016, l’Université de Lyon s’associait au Lyonbiopôle pour une consultation citoyenne de grande ampleur sur les épidémies – en simultané dans 8 pays européens. Au regard de la crise sanitaire actuelle, les résultats de l’époque sont éloquents.

L’objectif de la consultation était que, dans chacun de ces 8 pays, des groupes de citoyens représentatifs de la population fassent remonter aux autorités leurs recommandations liées à la prévention et la réaction des autorités publiques lors d’un risque épidémique et d’une épidémie. 425 personnes ont participé à ces journées dans toute l’Europe et l’ensemble des résultats de la consultation sont accessibles ici.

11 mai 2020, par Samuel Belaud

Photo by Martin Sanchez

La consultation citoyenne, qui s’inscrivait dans le cadre du projet européen ASSET, visait à identifier l’approche que les citoyens européens considéraient la meilleure pour communiquer sur les épidémies et gérer une crise sanitaire de grande ampleur. Près de quatre ans plus tard, les opinions et les attentes qui étaient ressorties de l’étude sont très riches d’enseignement. Au regard de ce que la population espérait de la gestion de crise épidémique, quelles sont les réussites et les échecs actuels des modes de gouvernance de la crise du Covid-19 ?

Annuler les J.O ? Oui !

Les participants étaient invités à se prononcer sur l’équilibre entre sécurité, santé publique et libertés individuelles. Globalement, l’ensemble des citoyens s’entendait sur l’importance de réduire l’activité et les déplacements, bien que 30% des français se prononçaient a priori contre la fermeture des services publics (contre 14% dans les autres pays européens). Conscients des grands principes de sureté publique en cas d’épidémie, les répondants affirmaient quasiment d’une seule voix la primauté des soignants et des plus fragiles dans l’accès aux soins spécifiques à la / aux maladie/s causée/s par le virus.

Suivant l’intuition des participants à la consultation de 2016, les olympiades japonaises initialement prévues à l’été 2020 ont bel et bien été déprogrammées du calendrier des grands événements internationaux.

Informer sur le nombre de cas et de décès ? Certainement pas….

En temps de crise, difficile de conjuguer : communication, information et transparence. Pour éviter certains écueils dans les stratégies d’information actuellement à l’œuvre, les enseignements de cette consultation n’ont d’ailleurs pas tous été tirés dès lors qu’on se penche sur l’ordre d’importance des informations que les répondants s’attendaient à recevoir en cas de crise. Pour seulement 2% des répondants (0% pour la France), il s’agissait de connaître la quantité de contaminations et de décès… Loin des décomptes et classements quotidiens – télévisés et très largement commentés – actuellement à l’œuvre un peu partout autour du globe !

Un des objectifs de l’exercice de consultation était de dresser un panorama des sources d’information et des canaux de communication à privilégier en cas de crise et des niveaux de confiance qui leur étaient accordés. Malgré certaines faiblesses, alors récentes, dans les process d’information sanitaire (en septembre 2016, l’épidémie d’infections liées au virus Zika battait son plein et les critiques sur la gestion de crise de la grippe H1N1 de 2009 n’étaient pas retombées – en particulier en France), les répondants affichaient une meilleure confiance dans les relais d’informations classiques : grands médias, organismes de santé publique et médecins généralistes.

Une confiance à rebâtir autour des acteurs de santé publique et de recherche

La figure tutélaire du médecin généraliste reste pour une grande majorité d’européens la porte d’entrée vers une information de santé la plus fiable. Mais cette confiance s’effrite au fur et à mesure que l’on remonte la chaine de responsabilité sanitaire : vers les autorités étatiques et les organismes de recherche. Le souhait d’avoir affaire à des institutions de santé publique totalement indépendantes est d’autant plus important que la méfiance des lobbies est grande. Dès lors, à la lecture détaillée des résultats, les gouvernances européennes ont eu tout intérêt à développer des processus d’informations clairs, transparents et moins basés sur de l’immédiateté anxiogène que sur le temps long de la réflexion et de la concertation.

Tiraillés entre le temps long de des recherches scientifiques et l’impatience du résultat.

Un paradoxe surgit entre la volonté (affichée en 2016) de se fier au temps long de la recherche scientifique et l’insoutenable effort (actuel) d’être contraints d’attendre les résultats scientifiques sur des traitements ou des vaccins. Hydroxychloroquine en tête, nombre de sondés contemporains souhaitent accélérer les processus classiques de la science et outrepasser quelques étapes pourtant indispensables à la fiabilité du-dît traitement. En 2016, alors non concernés directement par l’urgence pandémique, les répondants n’en attendaient pas tant :

Les niveaux d’appréciation des risques et de confiance différaient parfois beaucoup entre la France et l’Europe. Les vaccins en particulier faisaient l’objet d’une défiance plus forte chez certains français, rassemblant, selon-eux, des risques à la fois sanitaires et sécuritaires qui ne prévalent pas sur les bénéfices que nous pourrions tirer d’une couverture vaccinale généralisée. Pourtant dans le cas du Covid-19, l’immunité de groupe (le virus circule et atteint au moins 70% de la population, de telle sorte que la propagation du virus s’interrompt) tant convoitée par l’ensemble des états ne pourra pas être atteinte de si tôt. Tant et si bien que l’immunité collective vaccinale demeure pour l’instant l’échappatoire le plus fiable… Mais il faudra patienter au moins 18 mois avant d’espérer qu’un vaccin efficace et fiable soit proposé.

De quoi relativiser certains résultats de 2016 :

Le pionnier de la radiothérapie anticancéreuse était lyonnais

LLe pionnier de la radiothérapie anticancéreuse était lyonnais

La première radiothérapie anticancéreuse «validée par des publications et des faits pratiques incontestables » a été réalisée en juillet 1896 par le Lyonnais Victor Despeignes. Une révolution au regard de ce qu’on considérait jusque là être une invention américaine.

Nicolas Foray, radiobiologiste et responsable du groupe de radiobiologie du Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (Centre Léon Bérard / Inserm/CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1), a reconstruit une biographie de ce « premier radiothérapeute de l’Histoire » qui devrait selon lui être « une de nos gloires nationales ». Plusieurs faits méconnus amenèrent ce médecin hygiéniste à créer ce traitement unique, né de la conjonction des idées pasteuriennes, de la découverte des rayons X et de l’aide technique probable des frères Lumière.

©Graeme Bartlett

François-Victor Despeignes est né à Lyon le 14 février 1866, au 14 de la rue de Bourbon, actuelle rue Victor-Hugo. Suite à ses études en médecine, il intègre un laboratoire de recherche et est accueilli dans différentes sociétés savantes de Lyon dès les années 1890. Au sein du laboratoire de parasitologie du Professeur Louis Lortet, il travail de 1890 à 1893 sur deux sujets majeurs de l’époque : la salubrité des eaux de ville et la tuberculose.

Plusieurs séries d’expérimentations le conduisent en 1896 à analyser le potentiel des rayons X pour détruire les bacilles tuberculeux. Nommé chef des travaux dès 1892, Victor Despeignes pouvait prétendre à l’agrégation et à la direction du laboratoire. Pourtant, en dépit du soutien de Louis Lortet, c’est René Koehler, docteur en médecine de Nancy, et surtout gendre de Louis Lumière, qui est désigné directeur. D’un caractère impétueux, Victor Despeignes renonce alors sur un coup de tête à son avenir lyonnais, et quitte la recherche universitaire pour un poste de médecin praticien.

Médecin de canton à Buis-les-Baronnies (Drôme) puis peu après aux Échelles (Savoie), entre 1894 et 1907, c’est dans le cadre de cette fonction qu’il réalise la première radiothérapie anticancéreuse.

Alors que le Professeur Lortet vient de faire connaître ses premiers résultats obtenus en soumettant à l’action des rayons Roentgen des cobayes auxquels avaient été inoculés des substances tuberculeuses, Victor Despeignes est convaincu du potentiel des rayons X pour traiter le cancer qu’il imagine être «une maladie parasitaire sinon microbienne». Pour soulager un de ses patients souffrant de ce qu’il nomme cancer de l’estomac, Victor Despeignes décide de mettre en œuvre un traitement aux rayons X à l’aide d’une instrumentation spécifique. Il combine alors savamment une source d’électricité (pile ou machine électrostatique), avec une bobine d’induction permettant l’augmentation du voltage et un tube à rayons X. Il ajoute au traitement radiothérapique, un traitement dit «accessoire» : «J’ordonnai le régime lacté, le vin de condurango et je continuai les injections de sérum artificiel» écrira-t-il.

Entre le 4 et le 12 juillet 1896, huit jours de ce traitement conduisent à une diminution considérable de la douleur du patient. A tel point qu’il pouvait se passer de l’emploi de narcotiques et que le volume de la tumeur avait sensiblement réduit.

Victor Despeignes écrit « constater une amélioration sensible permettant quelque espoir là où il n’y en avait plus » . Il ajoute qu’« en présence de ces résultats, et quoique la terminaison ait été funeste, nous nous demandons si ayant affaire à une affection cancéreuse moins avancée et à marche moins rapide, on ne pourrait pas espérer, sinon une guérison, du moins une survie considérable en employant le traitement que nous avons inauguré ».

À la suite des deux articles du Lyon Médical des 26 juillet et 2 août 1896, les faits furent mentionnés dans l’Indépendance Médicale du 5 août 1896, dans la Médecine Internationale d’octobre 1896 et dans l’Officiel Médical du 15 octobre 1896.

Victor Despeignes est nommé en, 1907, directeur du bureau d’Hygiène de Chambéry.

S’occupant seul du fonctionnement du laboratoire de bactériologie, de l’analyse bactériologique des eaux comme des examens et analyses dans le diagnostic des maladies, il est aussi à l’origine d’un système éducatif pour promouvoir les idées pasteuriennes sur l’asepsie. Combattant « les négligences », il est de nombreux combats parfois incongrus, à la frontière entre l’hygiénisme et de la morale. Il veut par exemple dissuader du port des jupes longues qui « soulèvent et ramènent à la maison des poussières pas toujours inoffensives », ou mettre en place la désinfection de tous les manuels scolaires durant les vacances. Il milite également pour la gratuité ou le remboursement des billets de train pour l’accès à une auscultation dans le service de vénérologie qu’il a créé à Chambéry. Aussi, envisage-t-il le « cinématographe au moyen duquel pourraient se faire des séances récréatives auxquelles on mêlerait des numéros instructifs ». En septembre 1907, Victor Despeignes est le président-fondateur de « La Savoisienne », « coopérative d’habitations hygiéniques à bon marché », ancêtres de nos HLM, et s‘engage dans la construction de 24 premières maisons individuelle.

En dépit du fait qu’entre le 4 et le 23 juillet 1896, Victor Despeignes ait effectué la première radiothérapie anticancéreuse validée par des publications et des faits pratiques incontestables, il ne participa à aucune discussion sur les essais cliniques de radiothérapie qui se sont déroulées dans les années 1930. Fait Chevalier de la Légion d’Honneur en 1935, Victor Despeignes décède le 30 juillet 1937 à son domicile de Chambéry.

Bien que le supposé cancer de l’estomac fut, de l’avis des experts, plutôt un lymphome gastrique, un évidence surgit : à l’heure du 120ème anniversaire de ce qui marqua la naissance de la radiothérapie, l’œuvre de Victor Despeignes semble ne pas être citée à sa juste valeur, que ce soit pour la prescience de sa tentative de juillet 1896 ou pour son action en faveur de l’hygiène publique.


Pour aller plus loin :

 

#FDS2019 | Racontez-nous votre expérience de la Fête de la Science

##FDS2019 | Racontez-nous votre expérience de la Fête de la Science

Votre avis sur cette édition de la Fête de la Science nous intéresse !

Rendez-vous incontournable entre scientifiques et citoyens, la Fête de la Science se tient cette année du 3 au 13 octobre 2019 sur la métropole lyonnaise et le département du Rhône pour, sous la thématique :

Raconter la science, imaginer l’avenir

Afin d’améliorer la prochaine édition donnez-nous votre avis s’il-vous-plaît !

  • Avez-vous aimé cette édition de la Fête de la Science ? Pourquoi ?
  • Racontez-nous une anecdote !

 

Questionnaire en ligne

(Ce questionnaire vous prendra deux minutes à remplir)

 

 

 

Sur la Métropole de Lyon et le Rhône, la Direction Culture, Sciences et Société de l’Université de Lyon coordonne la Fête de la Science.

 

 

Journées nationales de l’archéologie 2019

JJournées nationales de l’archéologie 2019

Découvrez le programme que vous proposent les archéologues du Service archéologique de la Ville de Lyon et les autres acteurs de l’archéologie lyonnaise aux musées Gadagne, au Village de l’Archéologie de Lugdunum – Musée & Théâtres romains et sur le site de fouille de la Visitation à l’occasion des Journées nationales de l’archéologie 2019.

PProgramme

Aux musées Gadagne

1 place du Petit Collège, Lyon 5e

Conférence le vendredi 14 juin (18h) : « L’aménagement d’un quartier médiéval en rive gauche de la Saône. Résultats de la fouille du parking St-Antoine » par Emmanuel Bernot, responsable de la fouille (SAVL).

Conférence gratuite sur réservation par courriel uniquement : gadagne.publics@mairie-lyon.fr
(merci d’indiquer vos nom, prénom et n° de téléphone ainsi que le nombre de places souhaitées).
Durée : 1h30.

À Lugdunum – Musée & Théâtres romains

17 rue Cléberg, Lyon 5e

  • Village de l’Archéologie (14, 15 et 16 juin)

En collaboration avec les autres acteurs de l’archéologie lyonnaise.
Découverte de la chaîne opératoire de l’archéologie, de la préparation d’un chantier à la restauration et la valorisation, en passant par l’étude en laboratoire : rencontrez archéologues et spécialistes et initiez-vous à leurs métiers (ateliers, manipulations, jeux…).

Vendredi 14 juin, 9h30h-17h : journée spéciale scolaires (COMPLET)
Samedi 15 et dimanche 16 juin, 10h-18h : tous publics, dès 5 ans

  • Visites guidées du chantier de fouille du parc de la Visitation (15 et 16 juin)

Sur inscription au service réservation du musée : 04 72 38 81 91 ou reservations.lugdunum@grandlyon.com
Départ du musée.
Samedi 15 (annulé pour cause d’intempéries) et dimanche 16 à 10h30, 11h30, 14h, 15h, 16h et 17h
Durée : 45 minutes

  • Et bien d’autres visites à découvrir….!

Journées de l’archéologie

>>> Voir le teaser

Fête de la science

FFête de la science

Revivez la Fête de la science 2020 depuis chez vous !

Visites virtuelles, ateliers scientifiques, jeux, expositions en ligne… Pop’Sciences vous invite à revivre la 29e édition de la Fête de la science depuis chez vous, grâce à plus de 30 activités numériques pour toute la famille.

 

 

Plongez dans une enquête archéologique, partez à la découverte des mammifères du grand froid, percez les mystères de la chimie de la pâte à crêpe… Avec Pop’Sciences c’est la Fête de la science toute l’année !

 

La 29e édition de la Fête de la science s’est tenue du 2 au 12 octobre 2020 sous une forme réinventée. Ludique, gratuite et ouverte à tous, elle a proposé près de 200 activités variées, en virtuel et en réel dans plus de 20 communes du département.

 

Revivez la Fête de la science 2020

Retour en images ET EN VIDEOS sur L’édition 2020

 

LLancement officiel de la 29e édition

Le lancement officiel de la Fête de la science en métropole lyonnaise et Rhône a eu lieu mercredi 7 octobre à l’Université de Lyon.

Il s’intégrait à la programmation de la Rentrée Anthropocène #2020 présentée par Michel Lussault, Directeur de l’École urbaine de Lyon. Le lancement a été suivi par une conférence de François Gemenne  L’Atlas de l’Anthropocène.

 

>> Voir – ou revoir – le lancement :

RRETOUR SUR LA PROGRAMMATION 2020

[CLIQUEZ] Programme des animations sur la Métropole de Lyon et le Rhône

Programmes interactifs ! Cliquez sur les liens, les villes et les animations.

[CLIQUEZ] Programme des animations pour les scolaires

 

> Renseignements directement auprès des structures organisatrices (voir contacts dans les programmes).

> Masque obligatoire et respect des gestes barrière sur les évènements en présentiel.

FFête de la science et pop’sciences

Sur la Métropole de Lyon et le Rhône, la Fête de la science est coordonnée par l’Université de Lyon via l’équipe Pop’Sciences. Retrouvez en temps réel en ligne sur Pop’Sciences toutes les informations concernant l’événement.

 

Les cités-produit, ou l’expérience de consommation de la ville

LLes cités-produit, ou l’expérience de consommation de la ville

Les villes ont la propension immédiate à symboliser une porte d’entrée de territoire. C’est-à-dire que leur notoriété historique et géographique, parfois antique, et leurs aménagements de réseaux d’entrée/sortie (ferroviaires, aériennes, et routières), en font des catalyseurs de valeur qui les ont poussés à s’engager depuis quelques décennies dans une démarche de marketing territorial qui, au départ, était d’avantage orientée vers la favorisation des flux touristiques.

Isabelle Lefort est professeure de géographie à l’Université Lyon 2, spécialiste des enjeux du tourisme, des loisirs et des patrimoines. Selon elle, le marketing territorial s’entend au sens des « politiques de régénération et d’attractivité urbaines » qui s’adressent directement à nos émotions et cherchent à produire des expériences singulières de la ville.

 

Une compétition mondiale

La mondialisation, entendue ici comme le processus d’accélération des échanges enregistré depuis les années 198O, produit et traduit un double mouvement de standardisation et de singularisation. Standardisation parce que les modalités des échanges, de la circulation des flux, de la normalisation des produits sont constitutives de la fluidité du marché. Singularisation, parce que l’entrée sur ce même marché requiert de déployer des avantages comparatifs (ce « plus » qui fait le propre du produit).

Après avoir historiquement concentré les fonctions de productions et de décisions, les grandes villes capitalisent aujourd’hui aussi sur leurs singularités urbaines (architecture, ambiance, infrastructures culturelles) pour participer d’un vaste système concurrentiel d’attractivités plurielles (installation d’entreprises, augmentation des flux touristiques). Après les produits matériels, les espaces sont devenus partie prenante du processus. Ce passage à la logique de marché et surtout les effets de la néo-libéralisation a certes (re)dessiné des hiérarchies mondiales (les villes-mondes) mais se décline aussi à des échelles moyennes, européenne par exemple, voire nationale.

Ce processus fonctionne en valorisant conjointement deux dimensions, conçues et déployées en système dynamique. La première concerne les relations extérieures des grandes villes, leur permettant de participer des flux de visiteurs et de touristes, ce dernier secteur de service étant particulièrement rémunérateur pour les acteurs économiques et globalement pour les territoires. La seconde participe d’une valorisation de l’installation résidentielle et d’entreprises (attraction de CSP supérieures, de niveau sélectif de services). Évidemment l’une et l’autre concourent à une même stratégie urbaine de développement, conçue selon la boucle vertueuse de leurs interrelations.

Quand le marketing s’applique au territoire

L’expression « marketing territorial » ne constitue pas une métaphore pour penser les mises sur le marché des villes, mais relève bien d’un transfert des pratiques managériales usitées pour les entreprises. Les outils développés par les professionnels de ce marketing montrent assez que les modes d’action déployés pour des produits ou des territoires présentent des similarités à la fois conceptuelles et méthodologiques. Il est ainsi significatif de relever que les (grandes) villes voire les métropoles ont mis en œuvre des politiques de labels (à l’instar des produits agricoles) avant de passer à la « marque » (stratégie de branding).

Les premiers relèvent de nomenclature nationale (en France, quartiers historiques valorisés par les labels de ville et de pays d’art et d’histoire, VPAH) ou internationale (label UNESCO). La labellisation implique l’adoption et le suivi d’un cahier des charges (plan de gestion par exemple) qui peut aisément conduire à reproduire, de façon générique et mimétique, les mêmes modes opératoires. La marque, au contraire, obéit à une logique de revendication de singularité. C’est ainsi qu’après le succès de New York (marque déposée en 1977), de nombreuses villes ont suivi cette trajectoire (Amsterdam, Lyon, Metz), élaborant des logos et mettant en place des campagnes de communications : «I’amsterdam», «Lond-on», «Only Lyon».

Toutefois, au moins deux paramètres y fonctionnent de façon spécifique par rapport au marketing d’entreprise ou institutionnel : pluralité et hétérogénéité statuaire des acteurs (politiques lato sensu et économiques) d’une part et d’autre part, objectifs conjoints de maximisation des profits (retours sur investissements) et territoriaux (création d’emplois, améliorations des situations territoriales). Les acteurs du marketing territorial, généralement initié et piloté par les collectivités territoriales, les chambres de commerce et/ou les représentants de l’Etat, rassemblent donc une pluralité d’instances (comité du tourisme, pôle de compétitivité, agence d’attractivité) ou des regroupements d’acteurs dans le cas du branding (Only Lyon, Hubstart Paris Region, Amsterdam Marketing, etc.). Ainsi à Lyon la marque déposée en 2OO7 combine opérations à destination de la population résidente (Lyon Welcome attitude), la mise en réseau des sites (« City card » et centrale de réservation ou le site « Mon week-end à Lyon »). Les stratégies d’iconi-cité de ce type de marketing sont visualisées par un flagship, figure iconique du territoire (à Lyon passage de Fourvière au Musée des Confluences).

 

L’expérience touristique, pierre angulaire du marketing territorial

Ce marketing territorial vise à recycler les matérialités (architecture, points de vue et paysages urbains) et immatérialités urbaines (réputation, imageries collectives) en « ressources », en travaillant à la fois les aménagements & leurs visibilités. Le secteur touristique, secteur de service fort rémunérateur, s’est ainsi profondément renouvelé dans son enrôlement métropolitain dans le cadre des politiques de régénération et d’attractivité urbaines après les crises industrielles de la fin des Trente Glorieuses. Les villes et métropoles sont ainsi redevenues des destinations touristiques (ce qu’elles étaient aux origines du tourisme), ou bien ont cherché à le devenir. La relation entre tourisme et métropole, dans un contexte de globalisation économique, se sont dès lors intensifiées et diversifiées, participant pleinement d’une stratégie de construction et de valorisation identitaires.

La montée en puissance des city break, ces courts séjours qui se sont développés conjointement au fractionnement des temps de vacances et à la dérèglementation du transport aérien qui en a abaissé les coûts pour les usagers en atteste. Ces espace-temps touristiques en ville (un gros week-end sous la forme d' »escapades en ville », de « week-end coups de cœur » et autres « découvertes capitales ») a d’abord bénéficié aux villes rentières de leur passé touristique (Amsterdam, Paris, Venise) puis a enclenché un processus de mimétisme qui rend compte aujourd’hui d’une offre très large. Les capitales nationales en ont évidemment profité (Berlin, Varsovie, Prague) mais également des villes de second rang dans les réseaux urbains (Turin, Milan, Lyon, Dublin). Cette concurrence fonctionne aujourd’hui comme un levier dont s’emparent des métropoles, voire des agglomérations de moindre taille, pour positionner leurs politiques publiques de développement et d’aménagement et actualiser les projets de patrimonialisation. C’est ainsi que les spécificités architecturales, les histoires et les paysages de la ville sont mobilisés pour produire un (nouveau) discours métropolitain, une forme de récit conçu pour faire circuler des valeurs attractives (reconquête des fronts d’eau, « starchitecture ») : ainsi à Lyon, la geste urbaine a fait appel pour  l’hypercentre historique à J. Nouvel (1993, Opéra), à D. Buren (1994, place des Terreaux) et pour les opérations d’envergues aux péricentres à R. Piano (1985-2007 pour la Cité Internationale) ou le projet Confluence (1998, Coop Himmelb(l)). Mais ce sont également des dispositifs de rénovation multifonctionnels qui y participent comme l’illustre la rénovation de l’Hôtel Dieu à Lyon qui combine offre commerciale, hôtelière de luxe et Cité de la gastronomie.

Sont alors mobilisés et recyclés des structures muséales, selon les normes des standards métropolitains (vague de rénovation des grands musées : Lyon, Berlin et l’Ile aux Musées, Athènes) voire crées de toutes pièces : les musées d’Art contemporain ont largement servi à cette stratégie, dont on espère une réplique du fameux effet Bilbao ou de la Tate Gallery à Liverpool. Mais ce sont également des modalités temporelles qui sont mobilisées : après avoir marchandisé les ressources héritées, c’est l’installation calendaire de moments urbains qui alimente et diversifie l’offre, après que la « tradition » se recycle en offres touristiques (carnaval de Venise ou de Menton, Fête de la Bière à Munich).

L’expérience « fête des lumières » s’exporte à Dubaï

Ainsi de l’événementialisation urbaine (festivals, biennales, capitale européenne de la culture, mais également congrès internationaux) dont l’objectif est d’assurer une actualisation régulière et pérenne. Ainsi à Lyon, Biennale de la danse (1984) et d’art contemporain (1991), Festival Lumière (2009), festival label Soie (2O11) se sont progressivement installés dans l’agenda métropolitain en plus des événements professionnels internationaux (SIRHA, Pollutec, Solutrans) ou artistiques (les Nuits de Fourvière)

Ce faisant, ce sont les pratiques du marketing expérientiel (censé être au plus près des attentes des différents publics cible) et du tourisme expérientiel (faire vivre des expériences singulières, faire éprouver des émotions) qui participent des mises en œuvre (déambulation, dégustation, immersion) pour faire advenir une nouvelle circulation des images et des représentations. La multiplication de ces offres participe d’un brouillage des catégories du tourisme et des loisirs dans la mesure où elles sont susceptibles d’être pratiquées aussi bien par les populations résidentielles que par les visiteurs. De ce point de vue, les mutations urbaines participent d’une transformation culturelle en profondeur du rapport à la ville (le Paris-plage initialement destiné aux parisiens est devenu une attractivité touristique), contribuant à des nouvelles figurations urbaines élaborées autour des paradigmes de la ville culturelle et festive.

Isabelle Lefort