Le temps du temps

LLe temps du temps

Animé par Jean-Philippe Pierron (Philosophe /Université Jean Moulin Lyon 3)

« Pas plus que les anthropologues ne savent ce qu’est un Homme, les historiens ne savent ce qu’est le temps. C’est leur impensé, peut-être même leur point aveugle : ils font avec, et voilà tout. Fernand Braudel disait du temps des historiens qu’il collait à ses instruments d’analyse comme la terre à la bêche du jardinier. Les historiens doivent donc trahir le temps — telle est la sagesse de leur indiscipline. »
Patrick Boucheron

« Nous répétons souvent que le temps est cette sorte de fluide qui transporte tous les objets, qui vieillit les êtres, altère et use les choses, ronge les roches, améliore parfois les sociétés et plus sûrement les vins. Mais dire cela ne suffit guère à révéler sa véritable nature. Qu’est-ce donc, au fond, que le temps ! Comme se le représentent les physiciens, qui en ont fait une variable mathématique, abstraite et neutre ? Comme le pensent les philosophes, pas toujours d’accord entre eux ? »
Etienne Klein

Villa Gillet

 

Les espèces stellaires sont-elles des espèces naturelles ?

LLes espèces stellaires sont-elles des espèces naturelles ?

Stéphanie Ruphy

Stéphanie Ruphy

Intervention de Stéphanie RUPHY , Professeur à la Faculté de philosophie de l’Université Jean Moulin Lyon 3 où elle enseigne la philosophie des sciences.

Dans le cadre des conférences de l’Université Jean Moulin Lyon 3, organisée par la Société rhodanienne de Philosophie.

 

 

 

« Comme tout amateur des merveilles célestes ne manquerait pas de le confirmer, rien ne ressemble plus à une étoile qu’une autre étoile, même observée avec un télescope. C’est peut-être la raison pour laquelle les classifications stellaires n’ont guère reçu d’attention philosophique, en dépit de leur riche histoire et du rôle crucial qu’elles jouent en astrophysique : la diversité des étoiles est loin d’être aussi manifeste et immédiatement accessible que celle des plantes, des animaux, des minéraux ou encore des substances chimiques. Il n’est dès lors guère surprenant que les discussions philosophiques portant sur l’existence, ou non, d’un « ordre naturel » aient principalement concerné la biologie ou la physique-chimie.

Comme je m’efforcerai de le montrer dans cette intervention, la pratique et les succès de la taxinomie stellaire posent pourtant de fructueuses questions aux principales positions philosophiques actuelles sur les classifications et les espèces naturelles (e.g. réalisme/antiréalisme ; monisme/pluralisme). Je serai alors conduite à rejeter toute lecture essentialiste ou même réaliste de la notion d’espèce naturelle en science, et à offrir une interprétation essentiellement pragmatique de la stabilité des systèmes taxinomiques dans les sciences physiques. Je conclurai par quelques remarques générales concernant l’impact des pratiques taxinomiques scientifiques sur les doctrines philosophiques des classifications et des espèces naturelles. » Stéphanie Ruphy

En savoir plus : site de l’Université Jean Moulin Lyon 3