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EN SAVOIR PLUS

Planète minimaliste- Session d’écoute minimaliste et voyageuse

PPlanète minimaliste- Session d’écoute minimaliste et voyageuse

Examen d’une conscience sonore mondiale

On présente souvent la musique minimaliste comme une esthétique américaine, au risque de minimiser ses liens profonds avec les musiques non-occidentales. Née entre New York et la Californie, elle surgit aussi de Bali, du Japon, de l’Inde ou d’Afrique de l’Ouest. Le minimalisme est peut-être ce que l’exotisme nous a donné de meilleur : une conscience sonore mondiale, aussi riche qu’ambiguë.

Une heure pour tenter d’en faire le tour, entre tourisme sonore et ethnomusicologie, et arpenter l’imaginaire musical new-yorkais et californien des années 1960 et 1970, du gamelan indonésien aux pygmées de République Centraficaine en passant par les percussions du Ghana, la musique de cour japonaise et les rituels du bouddhisme tibétain.

Intervenant : Camille Rhonat, philosophe

Pour en savoir plus :

La Trinité Lyon

La formation de notre système solaire au bout des doigts

LLa formation de notre système solaire au bout des doigts

Le retour sur Terre des échantillons de l’astéroïde Bennu par la mission OSIRIS-REx a permis de révéler des informations cruciales sur la formation du système solaire et sur les processus ayant conduit à la présence de molécules organiques complexes, qui pourraient être pertinentes pour la chimie prébiotique.

Le 24 septembre 2023, la mission OSIRIS-REx de la NASA a rapporté sur Terre 121,6 grammes de matière prélevée sur l’astéroïde Bennu, un vestige ancien du système solaire riche en eau et en composés organiques. Véritable témoin des origines du système solaire, cet échantillon offre une opportunité exceptionnelle d’étudier les conditions qui régnaient dans la nébuleuse solaire il y a plus de 4,5 milliards d’années.

Les premières analyses, auxquelles a contribué Pierre-Marie Zanetta du laboratoire LGL-TPE (laboratoire de Géologie de Lyon – Terre, Planètes, Environnement) et publiées dans Nature Geoscience, ont déjà mis en évidence de nouvelles données sur l’histoire géochimique de Bennu. Ces recherches montrent notamment le rôle déterminant joué par les fluides dans l’évolution de l’astéroïde, apportant ainsi des indices essentiels sur les mécanismes ayant pu conduire à la formation de molécules organiques complexes et de phosphates, nécessaires, par exemple, à la constitution de l’ADN.

 

Retrouvez l’article complet sur le site de l’Observatoire de Lyon

Consultez le communiqué de presse sur le site du CNRS

Découvrez le portrait de Pierre-Marie Zanetta

La révolution des exoplanètes

LLa révolution des exoplanètes

La Société Astronomique de Lyon – SAL – vous invite à une conférence passionnante !

Après des siècles d’attente, la première planète autour d’une étoile autre que le Soleil a été découverte il y a tout juste trente ans à l’Observatoire de Haute-Provence.

Des milliers d’autres exoplanètes ont été détectées depuis, avec des télescopes au sol et depuis l’espace. Ces découvertes constituent une révolution en astrophysique, et pour la connaissance humaine en général.

Cette conférence présentera certaines des propriétés de ces nouvelles planètes, et comment elles ont été découvertes.

> L’intervenant :

Guillaume Hébrard  | Directeur de recherche au CNRS. Il travaille à l’Institut d’astrophysique de Paris et à l’Observatoire de Haute-Provence. Ses recherches sont notamment consacrées aux systèmes exoplanètaires, et il a observé de nombreuses éclipses.

>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : 

SAL 

La géologie étonnante du couple Pluton-Charon

LLa géologie étonnante du couple Pluton-Charon

La Société Astronomique de Lyon – SAL – vous invite à une conférence passionnante sur la dernière planète de notre système solaire et ses caractéristiques : Pluton.

Pluton est une planète active, avec localement des surfaces très jeunes. La géométrie des failles suggère l’existence d’un océan liquide sous une épaisse couche de glace. L’atmosphère, très ténue, est à l’origine de phénomènes météorologiques uniques dans le système solaire : neige de méthane, glaciers et lacs gelés d’azote solide, rivières d’azote liquide …

Cette étrange dynamique atmosphérique serait due aux particularités orbitales originales du couple Pluton-Charon (orbite très elliptique, axe de rotation très incliné …) à l’origine de saisons très contrastées.

Et si vous avez aimé les canyons de Mars, vous aimerez Charon, le satellite aux canyons.

>> Pour plus d’information, rendez-vous sur le site : 

SAL

Le retour d’échantillons martiens

LLe retour d’échantillons martiens

L’idée de rapporter sur Terre des morceaux de la planète Mars peut sembler audacieuse, voire étonnante. Cependant, cette conférence explore les raisons et les étapes de la préparation du premier retour d’échantillons martiens.

Cette odyssée scientifique et technologique a pris son essor avec l’arrivée du robot Perseverance sur la Planète rouge en février 2021. Au cours de cette présentation, nous plongerons dans les motivations derrière cette initiative, les défis scientifiques et techniques associés, ainsi que les étapes cruciales de cette mission exceptionnelle qui vise à rapporter des fragments de Mars sur notre planète.

>> Pour plus d’informations rendez-vous sur le site :

Salle de diffusion des savoirs de l’Observatoire de Lyon

SSalle de diffusion des savoirs de l’Observatoire de Lyon

 L’Observatoire de Lyon s’est doté d’une nouvelle salle d’atelier à destination notamment du public scolaire. Le service de diffusion des savoirs de l’Observatoire y propose des ateliers en astronomie et en géologie. 

Le service valorise les thématiques de recherche dans les disciplines du Centre de recherche astrophysique de Lyon – CRAL – et du Laboratoire de géologie de Lyon.

>> Les thématiques :

  • Terre
  • Planètes
  • Environnement

 

>> Pour plus d’informations pour chaque niveau rendez vous sur :

observatoire de Lyon : Primaire

Observatoire de Lyon : Collège

observatoire de Lyon : Lycée

Sciences en Bulles : la recherche en BD

SSciences en Bulles : la recherche en BD

Cette collection Sciences en bulles offre une aventure inédite de vulgarisation scientifique pour (re)découvrir la recherche et se familiariser avec des sujets aussi divers que la biodiversité, la biomécanique chez les insectes, les propriétés de fragmentation du plastique, comment les poissons font face à l’invasion de bruits, etc.

SSciences en bulles 2023

Comment les prothèses des athlètes handisport peuvent-elles les aider à améliorer leurs performances ? Les romains vivaient-ils déjà les spectacles sportifs comme nous ? L’intelligence artificielle peut-elle aider les gymnastes à rester en bonne santé ? Le roller derby, une autre manière de penser le sport ? Qu’il s’agisse d’histoire, de biomécanique, de sociologie, de physique ou encore de neurosciences, ces 10 BD vous font découvrir de façon ludique les travaux de recherche fascinants de ces jeunes chercheurs !

Pour la 32e édition de la Fête de la science, 10 doctorantes et doctorants ont mis en récit et en image leurs travaux de recherche dans le cinquième volume de Sciences en bulles sur le thème « Sport & Science ». Parmi eux, une doctorante de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Camille Savre (Université Savoie-Mont Blanc) a été sélectionné pour son travail de thèse en socio-anthropologie sur  « Pratiquer la cohabitation : analyse des modes d’interrelations entre biodiversité et sportifs dans le cadre de la pratique du trail »… A découvrir en BD !

Sport et science

SSciences en bulles 2022

Pour cette 31ᵉ édition de la Fête de la science, 11 doctorantes et doctorants ont croqué leurs thèses en BD dans un quatrième volume de « Sciences en bulles » intitulé « Réveil climatique : l’heure de l’action a sonné ! ».

Les insectes peuvent-ils nous aider à mieux appréhender le changement climatique ? Surveiller notre planète grâce à l’intelligence artificielle ? Le jeu vidéo pour expérimenter catastrophes et reconstructions ? Du sel pour stocker l’énergie de demain ? Construire la justice climatique par le débat citoyen : une utopie ? Avec ces 10 BD, pénétrez dans le secret des travaux menés par de jeunes chercheurs, à la pointe de la recherche scientifique, de façon à la fois ludique et passionnante.

Réveil Climatique

Parmi les 11 doctorants sélectionnés pour cette édition, Camille Zoude, doctorante du Laboratoire de Science des Matériaux (MatéIS) pour l’Université de Lyon (Insa de Lyon). Son sujet de thèse ? Le stockage d’énergie thermochimique dans des composites architecturés géopolymères-sel hygroscopiques.

SSciences en bulles 2021

En 2021, la Fête de la science a trente ans ! Quel thème plus propice à leur réunion que celui de cette édition anniversaire :
« Eurêka ! l’émotion de la découverte » ? En prenant le contrepied d’une science
prétendument froide et désincarnée, en levant le voile sur la pluie de sentiments qui irrigue le travail de recherche, en amenant le grand public à goûter aux joies de la connaissance, cette Fête de la science invite chercheurs et citoyens à se retrouver autour du plaisir de résoudre les grandes énigmes de la nature, de l’homme et de la société.

Euréka !

SSciences en bulles 2020

10 BD pour pénétrer dans le secret des travaux menés à l’interface entre l’Homme et la Nature.

La 2e édition de Sciences en bulles présente 10 sujets de recherche autour du thème : Planète nature. Ces sujets de recherches universitaires sont menés par des doctorants au cours de leurs thèses. La démarche scientifique et la diversité des disciplines scientifiques sont illustrées au travers de la BD.

Mieux comprendre ce qui nous entoure, c’est ouvrir la voie vers une meilleure cohabitation avec notre planète. Comment le pollen peut-il nous aider à reconstituer l’histoire des écosystèmes et l’impact de l’Homme ? Comment l’ours peut-il nous aider à aller sur Mars ? Comment les animaux dans le discours littéraire d’antan peut nourrir les réflexions d’aujourd’hui ?… Découvrez-le en lisant ces BD :

Planète nature

[Portrait] Émilie Rojas, doctorante en 1re année au sein de l’Équipe de Neuro – Éthologie Sensorielle (ENES) de Saint-Etienne, a fait partie des 10 doctorants sélectionnés par la coordination nationale de la Fête de la Science afin de présenter sa thèse en bande dessinée dans l’édition Planète Nature de Sciences en bulles, 2020. Découvrez son portrait à la rubrique Visages de la science de Pop’Sciences : Les poissent à l’épreuve du bruit.

SSciences en bulles 2019

12 sujets de recherche pour mettre les sciences en bulles | Fête de la science 2019

Il n’y a pas une seule et unique science, mais bel et bien plusieurs sciences. Ce livre, spécialement édité pour la Fête de la Science 2019, propose à ce titre de mettre en lumière 12 sujets de recherches universitaires conduites par des doctorants au cours de leurs thèses. Ainsi, ce nouvel opus a choisi de représenter la démarche scientifique à travers une diversité de disciplines scientifiques sous une forme originale, accessible et distrayante : la bande dessinée.

Ces sciences en bulles offrent une aventure inédite de vulgarisation scientifique pour (re)découvrir la recherche et se familiariser avec des sujets aussi divers que la biodiversité, la biomécanique chez les insectes, ou encore les propriétés de fragmentation du plastique.

Sciences en bulles 2019

Retrouvez notamment HBV, un virus bien caché par Fleur Chapus ou le rôle des hélicases DDX5 et DDX17 et du complexe protéique associé dans la régulation transcriptionnelle du minichromosome du virus de l’hépatite B – CRCL – Centre de recherche en cancérologie de Lyon, Université de Lyon.

Traquer les origines de la vie

TTraquer les origines de la vie

Comment les planètes se forment-elles ? Comment la vie émerge-t-elle de l’inerte ? Existe-elle ailleurs ? Voici quelques-unes des questions auxquelles le programme pluridisciplinaire Origins a décidé de s’attaquer.

« Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Existe-t-il d’autres formes de vie et pourrions-nous interagir avec elles ? » Top départ ! En septembre 2023 a démarré le Programme et équipement prioritaire de recherche (PEPR) Origins, piloté par le CNRS en partenariat avec 28 organismes scientifiques français. Le projet sera porté par l’astrophysicien Alessandro Morbidelli, du Laboratoire J-L Lagrange à Nice, connu notamment pour son modèle de formation du Système solaire appelé « Modèle de Nice » et Maud Langlois, astrophysicienne spécialiste de la détection directe des exoplanètes et directrice de recherche CNRS au Centre de recherche astrophysique de Lyon.

>> Lire l’article complet sur le site :

CNRS

De la Terre à la Lune, vers un nouvel écosystème ? / Cours public 2023

DDe la Terre à la Lune, vers un nouvel écosystème ? / Cours public 2023

Alors que la relation de l’homme à sa planète est désormais une préoccupation croissante, il convient de s’interroger sur les modalités de notre relation à l’espace. Découvrez les 3 vidéos du cours public proposé par la géographe Isabelle Sourbès-Verger (CNRS – Centre Alexandre-Koyré).

Cela fait quelque temps que les États-Unis évoquent la mise en place progressive d’un système Terre-Lune au sein duquel s’établiraient de nouvelles relations avec notre satellite naturel à l’horizon 2035. Déjà, la multiplication des constellations au voisinage proche de la Terre, entre 300 et 1500 km, marque une nette accélération de l’occupation de l’espace extra atmosphérique. Et des états de plus en plus nombreux annoncent des projets spatiaux en parallèle des ambitions des acteurs privés.

Comment comprendre cette extension des activités humaines ? Quels en sont les traits majeurs ? Le Traité de 1967 posait que l’exploration et l’utilisation de l’espace étaient l’apanage de l’humanité toute entière. Cinquante-cinq ans plus tard, ces principes sont-ils toujours appliqués ? Alors que la relation de l’homme à sa planète est désormais une préoccupation croissante, il convient de s’interroger sur les modalités de notre relation à l’espace.

Intervenante : Isabelle Sourbès-Verger est géographe, directrice de recherche au CNRS. Ses travaux portent sur les modalités d’occupation de l’espace circumterrestre et l’analyse comparée des politiques spatiales nationales. Cette approche croisée met en lumière les enjeux transverses de l’activité spatiale, allant de la coopération scientifique à la problématique de la guerre dans l’espace.

>>> Voir la vidéo de la 1re séance :

>>> Voir la vidéo de la 2e séance :

>>> Voir la vidéo de la 3e séance :

 

 

 

Comment s’est formée la Lune et quel est son âge ? | The Conversation

CComment s’est formée la Lune et quel est son âge ? | The Conversation

La Lune n’a pas encore dévoilé tous ses mystères. Ganapathy Kumar / Unsplash, CC BY-SA

En regardant un ciel dégagé le soir, nous sommes habitués à voir la Lune qui nous apparaît comme une boule lumineuse avec des tâches grisées. La compagne de la Terre est beaucoup plus petite que celle-ci puisque sa masse représente environ 1 % de celle de la Terre.

La plupart des gens sont familiers avec l’idée que la Lune tourne autour de la Terre et non l’inverse ou que la Lune est responsable des marées. Il est bien moins courant de se demander comment la Lune s’est formée et depuis combien de temps elle accompagne la Terre dans son périple autour du Soleil.

Ces deux questions simples font pourtant l’objet de débats intenses, depuis que l’homme a pris conscience de son existence. George Darwin, le fils de Charles, connu pour sa théorie de l’évolution, proposa que la Lune aurait été formée en s’étant séparée de la Terre sous l’effet d’une rotation rapide, il y a très longtemps. Dans les détails, cette théorie n’a plus cours, mais elle ressemble tout de même par certains côtés avec les théories actuelles. En effet, George Darwin a suggéré que la rotation rapide de la Terre a pu engendrer la formation de la Lune qui représenterait un morceau de Terre qui se serait détaché à cause de l’instabilité lié à la rotation de la Terre.

Une collision phénoménale

Actuellement, nous penchons pour une explication sensiblement différente. Il semble plus vraisemblable que la Lune se serait formée à partir d’un impact géant, c’est-à-dire une collision entre la Terre et un objet de taille planétaire dont la taille pourrait varier entre celle de la Lune et de Mars, voire plus gros.

Il existe plusieurs justifications à cette théorie. L’une d’elles est que la composition chimique de la Lune telle qu’elle a pu être mesurée avec les échantillons rapportés par les missions Apollo des années 1969 à 1972 montre que la Lune et la Terre ont des compositions presque semblables pour une bonne partie des éléments de la classification périodique de Mendeleïev.

Cependant, la Lune est différente de la Terre, car elle est plus pauvre que la Terre pour tous ses éléments volatils, c’est-à-dire des éléments qui se vaporisent à des températures modérées (comme le zinc, l’étain ou le potassium). Ceci implique sans aucun doute que la Lune a dû se former à des températures très élevées pour que ces éléments-là n’aient pu se condenser en même temps que les autres.

Une autre caractéristique importante de la Lune est que contrairement à Mars, Vénus, ou la Terre, son noyau métallique est très petit (seulement 1 ou 2 % de sa masse, alors qu’il représente 32 % de la masse de la Terre), ce qui implique un mode de formation qui doit être très différent de celui de Mars ou la Terre.

Il semblerait qu’une des conditions qui permettent d’obtenir une Lune qui ressemble autant à la Terre est qu’avant l’impact géant, la Terre aurait dû tourner sur elle-même à grande vitesse, ce qui rejoint étrangement le modèle proposé par George Darwin. Mais un ingrédient important supplémentaire est qu’il y ait eu un impact, une idée que n’avait pas imaginée Darwin.

A la suite de cet impact géant, l’énergie colossale libérée par l’impact a pu vaporiser la matière éjectée dans l’espace, puis à la faveur d’un refroidissement, cette matière éjectée a pu à nouveau se condenser pour former un liquide. Des gouttelettes de ce liquide ont pu s’agglomérer et, petit à petit, former la Lune. Pour les conditions de température et pression qui régnaient dans cet environnement très chaud jusqu’à au moins 4000 °C, il est possible de calculer les compositions chimiques de la matière qui se condensent et la comparer à celle de la Lune.

Un aspect critique est que ces calculs doivent reproduire la composition moyenne mesurée dans la Lune. Nos travaux ont ainsi pu montrer qu’il était possible d’obtenir la composition de la Lune en calculant la composition de condensation et de préciser les températures auxquelles se sont formées ces condensats. Ces résultats sembler invalider d’autres propositions qui attribueraient la composition de la Lune à une perte par évaporation qui se serait produite plus tard, alors que la Lune se serait déjà formée et serait une boule fondue qu’on appelle océan de magma par analogie aux océans terrestres.

Quel est l’âge de la Lune ?

Une autre question brûlante est celle de l’âge de la Lune. Il faut bien avouer que déterminer l’âge de la Lune est une tâche délicate qui ne peut être réalisée que de façon indirecte. Une approche simple pourrait consister à identifier les roches échantillonnées à la surface de la Lune et de prendre la plus vieille pour en déduire un âge de la Lune en utilisant par exemple la méthode de datation uranium-plomb ou lutétium-hafnium.

En utilisant cette méthode sur Terre, on aurait une idée fausse sur l’âge de la Terre, d’environ 300 millions d’années car les roches terrestres présentes à la surface de la Terre ne sont pas aussi anciennes que la Terre elle-même. Pour la Lune, cette approche est un peu plus justifiée car l’histoire géologique de la Lune est considérée comme étant plus brève, les roches lunaires les plus jeunes ont pour la plupart plus de 3 milliards d’années (même si une récente mission chinoise Chang’e a trouvé des roches de 2 milliards d’années).

De ce fait, la surface de la Lune a été moins remaniée que celle de la Terre par une histoire tectonique complexe qui aurait fait disparaître les roches anciennes présentes en surface. Suite à l’impact géant mentionné ci-dessus, la Lune serait une boule de magma qu’on nomme couramment un océan de magma. Ces océans de magma ont une durée de vie limitée (de quelques millions d’années !) car ils se refroidissent rapidement par leur surface. Il s’y forme alors une croûte qui dans le cas de la Lune aurait pu subsister jusqu’au temps présent.

Cette histoire si elle est vraie justifierait l’approche consistant à dater les roches de la surface de la Lune. La datation de la croûte lunaire la plus ancienne donne un âge de 4,36 milliards d’années, contre un âge de 4,52 milliards d’années pour la Terre environ. Ceci implique que la Lune se serait formée environ 210 millions d’années après le début du Système solaire.

Une autre méthode indirecte fondée sur les analyses des isotopes du tungstène donne quant à elle, un âge maximum d’environ 50 Ma, après le début du Système solaire, pour la Lune, ce qui est bien plus ancien que les âges des roches lunaires les plus anciennes. Dans ce cas, le principe de la datation repose sur une comparaison des abondances des isotopes du tungstène entre la Lune et de la Terre.

Pour expliquer le principe de cette méthode de datation, il faut faire appel à la présence de 182Hf qui est un isotope radioactif que l’on trouve en trace dans les objets les plus anciens du système solaire. En se désintégrant le 182Hf produit du 182W dont l’abondance peut être mesurée en laboratoire.

En faisant l’hypothèse que la Terre et la Lune sont issues des mêmes matériaux originels, on peut estimer que la Lune a dû se former après 50 Ma après le début du système solaire afin d’expliquer les très faibles différences en 182W observées entre la Lune et la Terre. D’autres méthodes dont le principe est très différent donnent un résultat cohérent avec ce dernier. Il subsiste donc encore des doutes sur l’âge exact de la Lune. Trancher entre ces deux possibilités n’est pas encore possible. Il existe encore d’autres méthodes plus ou moins complexes qui sont en accord l’âge ancien mais leur crédibilité n’est pas forcément plus forte. On peut espérer que les futures missions à destination de la Lune, comme les missions sous la bannière Artemis ou les missions chinoises nous aideront à résoudre ce dilemme.

Auteur : Bernard Bourdon, Directeur de Recherche, École Normale Supérieure de Lyon – 14 mai 2023

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons.

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The conversation