MMonnaies locales : comment les créer ? Pourquoi un tel essor ? | Triptyque (©) TriangleEt si dans votre porte monnaie se trouvaient des monnaies locales ? Quelle idée ! Et bien savez-vous qu’ il en existe plus de 70 en France ?Aussi, nous avons consacré ce triptyque à ce thème, et dans ce premier podcast, nous allons d’abord comprendre comment se créer une monnaie locale, quand ont-elles vu le jour, mais également pourquoi ont-elles pris leur essor autour des années 2008-2010 ?Pour en parler nous accueillons Marie FARE, maîtresse de conférences en sciences économiques à l’Université Lumière Lyon 2 et Jérôme Blanc, professeur de sciences économiques à Sciences Po Lyon et bien sûr membre de TRIANGLEÉcoutez le podcast :https://popsciences.universite-lyon.fr/app/uploads/2025/12/podcast-triangle-marie-fare-jerome-blanc-1-v2.wav > Lire la retranscription des propos de l’interview :Tout d’abord, comment se créé une monnaie locale, est-ce que tout le monde, institutions comprises, peut se lancer dans ce type de projet ? Pouvez-vous citer quelques exemples de monnaies locales en France ? Marie Fare – Les monnaies locales sont des projets collectifs et citoyens. Elles sont généralement mises en œuvre par des associations, soit préexistantes (par le développement d’un projet monétaire), soit créées autour du projet de monnaie locale. Elles réunissent au sein d’une association des citoyens particuliers, des professionnels, des artisans, commerçants, des associations partageant des valeurs. Parfois ces associations s’appuient sur des collectivités territoriales. La plus connue en France est l’eusko dans le Pays basque, à Lyon il y a la gonette, on compte aussi le cairn à Grenoble, le lien à Saint-Etienne, etc.Quel est ou quels sont les intérêts d’en créer une ? M.F – Ce ne sont pas des projets qui visent l’intérêt direct des individus qui l’utilisent, ou un intérêt individuel mais des projets qui ont une finalité collective et territoriale : promouvoir une forme d’économie de proximité soutenable. Les fondateurs, et les utilisateurs, cherchent donc une utilité indirecte, qui résulte du soin porté à ceux des acteurs économiques qui sont ancrés dans le territoire et ont une démarche soutenable, de transition écologique etc.Dans une enquête menée auprès des associations émettrices de monnaies locales en 2022, on identifie 3 principaux mobiles de création :Le premier est un mobile économique territorial, où l’économie locale, construite par réseaux, filières, proximité économique etc. prend le sens d’une économie humaine, éthique, mais aussi réelle et de qualité. Ce premier mobile, lié à l’ancrage territorial, se reflète dans les noms choisis par les ML. Ainsi, 59 % des ML répondantes ont choisi un nom faisant référence à une caractéristique de leur territoire, qu’elle soit historique, géographique ou culturelle.Un deuxième mobile, presque aussi important, renvoie à la qualité du lien social et à l’amélioration des capacités de chacun et du groupe, via le déploiement d’actions et de méthodes démocratiques, l’empowerment, la solidarité et l’existence, au fond, de liens chauds construisant une vie sociale réenchantée.Loin derrière ces deux mobiles, mais se dégageant tout de même des suivants, se trouve l’enjeu de la reconnaissance et du respect des enjeux écologiques et environnementaux, promouvant la responsabilité individuelle et collective.Comment se gèrent-elles, fonctionnent-elles ? M.F – Dans la mesure où elles visent un mobile économique territorial, ces monnaies peuvent être qualifiées de monnaies marchandes. Elles vont ainsi circuler au sein de l’économie de proximité d’un territoire délimité entre des producteurs, des consommateurs, et parfois des collectivités locales.Chacune de ces monnaies est gagée sur l’euro, au taux de 1 pour 1, et circule au sein d’un espace délimité géographiquement (département, bassins de vie) mais aussi communautairement (il faut être adhérent de l’association et partager des valeurs)Pour échanger en monnaie locale, il faut tout d’abord s’en procurer. Il faut pour cela adhérer à l’association émettrice de la monnaie, ensuite échanger des euros contre la monnaie locale.Ces monnaies locales visent donc des actes de consommation quotidienne et son acceptation repose sur l’adhésion d’entreprises. Elles circulent ainsi dans l’espace marchand classique et ne propose pas un système de prix spécifique.Cependant, elles ne ciblent qu’une partie de l’activité locale, c’est-à-dire un ensemble d’activités susceptibles de respecter les valeurs inscrites dans les chartes et autres documents rédigés par l’association locale ou par des réseaux de monnaies locales dont elle est membre. Afin de fixer leurs valeurs et leurs objectifs, les monnaies locales françaises tendent à élaborer des chartes assez tôt au démarrage du projet, en amont du lancement.D’ailleurs est-ce typique de la France ou existe-t-il des monnaies locales ailleurs en Europe, ou sur d’autres continents ? Où sont-elles le plus développées et pourquoi ? Jérôme Blance – La France est un cas particulier d’une dynamique plus large. Les monnaies locales sont une application particulière de « monnaies alternatives » qui émergent en Occident à partir du début des années 1980. Les monnaies locales en tant que telles apparaissent surtout au début des années 2000, au Brésil (où elles sont aujourd’hui très nombreuses et dynamiques), en Allemagne ou en Grande-Bretagne. La France puis la Belgique suivent, dans les années 20010. Entre 2010 et 2020, la France est le pays où elles se développent le plus rapidement. Plus de 90 ML ont été lancées entre le début 2010 et 2024.Cela dit, les projets sont assez différents entre, disons, les pays du sud comme le Brésil, où on vise d’abord à lutter contre la pauvreté (en mêlant monnaie locale, microcrédit et aujourd’hui revenu de base) et pays du nord, où l’on vise plutôt à réorienter les économies locales pour qu’elles soient plus dynamiques et soutenables.Si on se concentre sur la France, est-ce que ces monnaies sont plus facilement adoptées, par les citoyens, par les institutions publiques et privées ? Et Pourquoi ? J.B – Les associations de monnaies locales font un travail compliqué, car, habituellement, utiliser une monnaie a du sens si elle permet de régler des transactions ou des dettes dans un nombre diversifié de situations. Pour constituer ce vivier d’accepteurs, les associations mobilisent d’abord des professionnels, sans trop de difficultés. Sur cette base, la difficulté la plus importante consiste à recruter et préserver un ensemble élargi de particuliers afin d’obtenir un réseau d’usagers suffisamment dense et des transactions suffisamment dynamiques. Enfin, les associations émettrices peuvent s’appuyer, dans certains cas, sur les collectivités pour disposer de ressources mais aussi d’appuis pour l’utilisation de la monnaie (pour des services publics locaux notamment). Comme ces monnaies ne circulent pas d’elles-mêmes, leur circulation suppose une animation permanente, qui suppose elle-même de disposer de suffisamment de travail, bénévole ou, surtout, salarié. D’où l’enjeu très important des ressources dont peuvent disposer les associations émettrices.Concrètement que peut-on payer en monnaie locale ? J.B – Des choses du quotidien, en particulier des produits alimentaires locaux et bio et de la restauration, mais aussi des services de soin, produits d’hygiène et beauté, des services professionnels (informatiques notamment), des librairies, produits artisanaux etc. Dans certains cas, des services publics comme une bibliothèque, une piscine, des transports publics, ou encore l’eau courante, comme à Lyon. Un point important à garder à l’esprit est que les monnaies locales sont généralement employées en complément de l’euro : pour régler une transaction, on peut être amené à combiner monnaie locale et euro. On ne crée donc pas une bulle où ne circulerait que la monnaie locale. Il n’y a pas de sécession ou de communautarisme, dans les cas que l’on connaît aujourd’hui en France ou ailleurs. Ce sont des systèmes qui promeuvent, à l’intérieur de l’économie ordinaire, certains types de pratiques considérées comme vertueuses.Quelques références :Blanc Jérôme, Fare Marie et Lafuente-Sampietro Oriane, « Les monnaies locales associatives en France : quel bilan après une dizaine d’années de développement ? », Les Carnets de la Chaire ESS, avril 2024, no 10, pp. 1‑11. URL : https://seg.univ-lyon2.fr/la-chaire-ess/les-monnaies-locales-associatives-en-france-quel-bilan-apres-une-dizaine-dannees-de-developpementBlanc Jérôme, Fare Marie et Lafuente-Sampietro Oriane, Les monnaies locales en France en 2023. Résultats de la seconde enquête nationale [Rapport], Lyon, Rouen, Triangle UMR 5206, LASTA, 2023, 70 p., URL : https://shs.hal.science/halshs-04268002.Blanc Jérôme, Fare Marie et Lafuente-Sampietro Oriane, « Local currencies for territorial development : lessons from a national survey in France », Regional Studies, 31 décembre 2025, vol. 59, no 1, p. 2120974, doi:10.1080/00343404.2022.2120974.Dissaux Tristan, « Socioéconomie de la monnaie mobile et des monnaies locales au Kenya : quelles innovations monétaires pour quel développement ? », Revue de la régulation. Capitalisme, institutions, pouvoirs, 3 juillet 2019, no 25, doi:10.4000/regulation.15139.Fois Duclerc Mathilde et Lafuente-Sampietro Oriane, « Un intermédiaire monétaire créateur de proximités territoriales : la structuration d’un réseau d’entreprises autour de la monnaie locale eusko au Pays Basque », Revue d’Économie Régionale & Urbaine, 2023, Février, no 1, pp. 83‑109, doi:10.3917/reru.231.0083.Laurence Nicolas, « Monetary Contestation as a Driving Force of Institutional Change : The Case of the Eusko, a Local Currency in France », Journal of Economic Issues, 2 juillet 2024, vol. 58, no 3, pp. 906‑921, doi:10.1080/00213624.2024.2382040.Lung Yannick, « La légitimation des monnaies locales par la Loi ESS », RECMA. Revue internationale de l’économie sociale, 26 septembre 2024, no 372‑373, pp. 172‑176, doi:10.3917/recma.372.0176.Pinos Fabienne, « Communs et bien-être : quand la monnaie locale fait lien », in Timothée Duverger, Vincent Lhuillier et Abdourahmane Ndiaye (dir.), L’ESS en transition(s), Lormont, Editions Le Bord de L’eau, Territoires de l’ESS, 2024, pp. 171‑186, consulté le 24 juin 2024, URL : https://hal.science/hal-04615558.> À suivre…Les monnaies locales ont-elles leur place dans un système financier ? >> Pour en savoir plus :Triptyque – Laboratoire Triangle
Quelques références :Blanc Jérôme, Fare Marie et Lafuente-Sampietro Oriane, « Les monnaies locales associatives en France : quel bilan après une dizaine d’années de développement ? », Les Carnets de la Chaire ESS, avril 2024, no 10, pp. 1‑11. URL : https://seg.univ-lyon2.fr/la-chaire-ess/les-monnaies-locales-associatives-en-france-quel-bilan-apres-une-dizaine-dannees-de-developpementBlanc Jérôme, Fare Marie et Lafuente-Sampietro Oriane, Les monnaies locales en France en 2023. Résultats de la seconde enquête nationale [Rapport], Lyon, Rouen, Triangle UMR 5206, LASTA, 2023, 70 p., URL : https://shs.hal.science/halshs-04268002.Blanc Jérôme, Fare Marie et Lafuente-Sampietro Oriane, « Local currencies for territorial development : lessons from a national survey in France », Regional Studies, 31 décembre 2025, vol. 59, no 1, p. 2120974, doi:10.1080/00343404.2022.2120974.Dissaux Tristan, « Socioéconomie de la monnaie mobile et des monnaies locales au Kenya : quelles innovations monétaires pour quel développement ? », Revue de la régulation. Capitalisme, institutions, pouvoirs, 3 juillet 2019, no 25, doi:10.4000/regulation.15139.Fois Duclerc Mathilde et Lafuente-Sampietro Oriane, « Un intermédiaire monétaire créateur de proximités territoriales : la structuration d’un réseau d’entreprises autour de la monnaie locale eusko au Pays Basque », Revue d’Économie Régionale & Urbaine, 2023, Février, no 1, pp. 83‑109, doi:10.3917/reru.231.0083.Laurence Nicolas, « Monetary Contestation as a Driving Force of Institutional Change : The Case of the Eusko, a Local Currency in France », Journal of Economic Issues, 2 juillet 2024, vol. 58, no 3, pp. 906‑921, doi:10.1080/00213624.2024.2382040.Lung Yannick, « La légitimation des monnaies locales par la Loi ESS », RECMA. Revue internationale de l’économie sociale, 26 septembre 2024, no 372‑373, pp. 172‑176, doi:10.3917/recma.372.0176.Pinos Fabienne, « Communs et bien-être : quand la monnaie locale fait lien », in Timothée Duverger, Vincent Lhuillier et Abdourahmane Ndiaye (dir.), L’ESS en transition(s), Lormont, Editions Le Bord de L’eau, Territoires de l’ESS, 2024, pp. 171‑186, consulté le 24 juin 2024, URL : https://hal.science/hal-04615558.> À suivre…Les monnaies locales ont-elles leur place dans un système financier ? >> Pour en savoir plus :Triptyque – Laboratoire Triangle
TTissons des solidarités : entre Lyon et l’Afrique, mémoires de révolte et solidarité entrelacées Cette exposition explore l’art du tissage comme langage collectif : entre les traditions africaines et celles des canuts lyonnais, elle interroge la mémoire des gestes, la force du fil qui relie, et la solidarité des ouvriers face à l’industrialisation.« Quand le tisserand lève un pied, son autre pied descend. Quand l’un de ses pieds cesse de bouger, le mouvement s’arrête, le tissage s’interrompt. La navette passe d’un geste adroit de l’une à l’autre de ses mains, mais aucune d’elles ne pourrait assurer seule ce mouvement. Tout comme les gestes du tisserand, c’est l’union des contraires qui tisse nos vies. » Adage traditionnel peulEntre fil de soie et fil de coton, canuts lyonnais et tisserands africains sont des créateurs et des passeurs de mémoires, mémoires de révoltes et de solidarités. L’art de filer, d’entrelacer des éléments bigarrés et disparates pour que la chaîne et la trame puissent composer un tissu, le tissu de nos vies en commun : voilà le défi pour faire société ! »À travers outils, matières et voix, cette exposition dévoile comment le tissu devient à la fois œuvre, résistance et parole partagée.En partenariat avec : la Maison des Canuts.Commissaire d’exposition : Cyrille Aristide – Avec la participation de : Régine Rouch, Carrefour des Cultures Africaines, Pascal Janin, Maison Internationale Missionnaire de Lyon, Marlène Racault, bibliothécaire du Carrefour des Cultures Africaines – CCAPour en savoir plus :Carrefour des cultures africaines
LLa solidarité en droit de la protection sociale | Cycle « Raconte ta recherche » Souvent a-t-on pu trouver des lectures passionnantes traitant des liens entre solidarité et protection sociale d’un point de vue historique, sociologique, ou encore économique. Rarement, en revanche, la solidarité a fait l’objet d’une étude générale en droit de la protection sociale.Afin de mesurer les évolutions qui parcourent le droit de la protection sociale et leurs répercussions sur la solidarité, il faut d’abord contribuer à l’identification juridique de cette notion. Force est de constater que la solidarité dispose d’une traduction spécifique en droit de la protection sociale à travers la création d’un rapport de droit singulier entre les individus et une normativité tout aussi singulière. Or, l’inflation des réformes du droit de la protection sociale ces dernières font naître des contraintes sur la solidarité qui se trouve alors tiraillée entre l’assistance publique et l’assurance marchande. L’étude de ce processus, largement impulsé par le droit de l’Union européenne, ne devra toutefois pas empêcher une hypothèse contraire : celle de la permanence de la solidarité dans le droit de la protection sociale. Pour la défendre, encore faut-il identifier en droit positif des mécanismes susceptibles de l’étayer. Parmi ceux-ci, une attention particulière peut être portée sur les mécanismes de protection sociale complémentaire. Le transfert de charge de protection sociale sur de nouvelles collectivités doit pouvoir s’analyser, non plus comme un simple désengagement de l’État ou une privatisation de la sécurité sociale, mais comme une opportunité unique de consolider la protection sociale au service de la solidarité. Plus largement, et en dehors du seul champ de la protection sociale complémentaire, il semble nécessaire de s’intéresser dans cette même optique à l’accès aux droits des individus. Cet objectif d’accès aux droits suppose tout à la fois une redéfinition du rôle des acteurs de la protection sociale ainsi que de la place accordée aux bénéficiaires au sein du système de protection sociale afin de dépasser la figure de l’individu consommateur, sujet passif du droit à la protection sociale, à l’individu-acteur, sujet actif du droit de la protection sociale.La solidarité en droit de la protection sociale : analyse d’un rapport de droit redistributif, une thèse de Gauthier Lacroix, docteur en droit et juriste élève avocat en droit de la protection sociale, sous la direction de Mme Dominique Asquinazi-Bailleux, professeure de droit privé et sciences criminelles – Université Jean Moulin Lyon 3 – Faculté de Droit.Pour en savoir plus :Raconte ta recherche
LL’humain, au coeur des Grandes Voisines A la découverte d’un tiers lieu social et solidaire …Et nous revoici de nouveau chez les Grandes Voisines, car dans ce deuxième podcast dont notre triptyque leur est consacré, nous allons découvrir les personnes qui y travaillent, les enjeux auxquels elles sont confrontées, leur difficulté, leur utilité également. Pour en discuter, nous sommes avec Salomé COUSINIE, doctorante en 4ème année à Triangle, dont le sujet de thèse est « Les Grandes Voisines, un tiers lieu redéfinissant le rapport au politique et à l’engagement des participants« . Alors, prêts pour partir à la rencontre de ces travailleurs ?> Écoutez le podcast :https://popsciences.universite-lyon.fr/app/uploads/2025/04/podcast-triangle-salome_cousinie-2-v2.wav> Lire la retranscription des propos de l’interview :Pourquoi avez-vous choisi ce sujet de thèse ?Salomé Cousinié – Je l’ai choisi parce que, si la recherche sur les tiers-lieux est en pleine expansion, il n’y a pas encore beaucoup de littérature sur les tiers-lieux comme « Les Grandes Voisines ». Lorsque j’ai appris l’ouverture du lieu, je me suis dit que c’était l’occasion de faire une thèse sur le sujet. Je m’intéressais avant ma thèse aux questions d’organisation de l’accueil des personnes en situation de précarité et du travail social et du coup « Les Grandes Voisines » me semblait donc être une bonne opportunité pour réfléchir su ces questions.Comment s’organisent les travailleurs sociaux chez « Les Grandes Voisines » ?S.C. – Alors les travailleurs sociaux sont organisés par service, et il y en a 5 au total : deux gérés par Le Foyer Notre-Dame des Sans-Abris et trois par l’Armée du Salut. Il y a aussi des travailleurs sociaux et des encadrants techniques qui accompagnent les salariés en insertion (ceux qui s’occupent donc du ménage des locaux, de la maintenance, de la blanchisserie, de l’épicerie sociale, etc). En fait chacun a des missions spécifiques en fonction du public qu’il accompagne mais peut échanger sur des pratiques avec d’autres travailleurs sociaux, puisqu’en fait ils travaillent côte-à-côte, sur le même lieu, et créent et développent des projets en commun, comme un atelier partagé, un jardin partagé, un relai asso-femmes, etc.© les grandes voisinesOnt-ils choisi ce lieu ou, est-ce qu’ils sont placés d’office ici par leurs institutions respectives ?S.C. – Certains l’ont choisi et d’autres non. Il s’agissait pour certains services de déménagements, donc les travailleurs sociaux ont suivi leur service. D’autres ont pu postuler une fois le site installé et ont été attiré par le côté atypique du lieu. Tous et toutes ne connaissaient pas forcément le terme tiers-lieu, et encore moins un dispositif comme « Les Grandes Voisines » puisqu’il n’y en a pas beaucoup. C’était donc une découverte pour un grand nombre d’entre eux, y compris pour les directions des deux associations gestionnaires qui ont appris en faisant même s’ils avaient déjà visité d’autres lieux similaires. Seul Plateau Urbain, dont c’est le métier, connaissait ce type de dispositif.Et quelles sont les particularités de leur travail chez « Les Grandes Voisines », par rapport à d’autres structures disons plus traditionnelles ?S.C. – Une des particularités de leur travail sur ce site est qu’ils sont nombreux à travailler sur un même lieu mais en accompagnant des publics aux vulnérabilités différentes et amenés à vivre ensemble et à partager des mêmes espaces, à cohabiter, ce qui n’est pas toujours évident mais qui peut être très riche en terme de partage de pratiques et de réflexion sur l’accompagnement social. Puis, et surtout, ils ont une offre culturelle et artistique, de lieux et activités communes, assez importante. Et cette offre, elle est proposée par d’autres personnes que les travailleurs sociaux alors que sur un site disons un peu plus « classique », cet aspect est en général à la charge du travailleur social, même si un animateur est parfois présent. Attention, cela ne veut pas dire que les travailleurs sociaux ne prennent pas en charge cet aspect-là au sein des « Grandes Voisines », il peuvent et parfois doivent y contribuer, ce qui peut s’avérer très chronophage. Mais en tout cas,il vrai que les propositions affluent davantage dans ce type de lieu et que les travailleurs sociaux n’en sont pas forcément les instigateurs.Chez « Les Grandes Voisines », il existe un espace pour accueillir les porteurs de projets afin de leur permettre de lancer leur activité avec un petit budget. L’idée est que cela soit aussi un tremplin pour eux. Qui sont ces porteurs de projets ? Est-ce que le fait d’être chez les Grandes Voisines les aide vraiment ? Quelles sont les interactions sociales qu’ils ont avec les travailleurs sociaux mais également les habitants ?S.C. – Les porteurs de projet sont des entreprises, des associations, des artisans ou encore des artistes qui louent donc à prix réduit des locaux. Comme vous dites, cela leur permet de lancer leur activité sans trop de frais, donc oui, d’un point de vue économique être aux Grandes Voisines les aide vraiment. Cela étant, un autre aspect qui peut être intéressant pour eux, c’est la rencontre avec les autres porteurs de projet, ce qui est permis pas le lieu via des instances organisationnelles ou collectives mais aussi des temps festifs comme des apéros, des repas partagés ou les événements culturels, etc.. Ils peuvent ainsi être amenés à monter des projets ensemble. Pour d’autres encore, le fait que ce lieu accueille un public qui peut être destinataire de leurs activités leur permet de mettre en place des projets rémunérés plus facilement. Je pense par exemple aux artistes qui mettent en place des ateliers culturels et artistiques (donc art plastique, danse, ou chant…). Dans ces cas-là, ils travaillent avec les travailleurs sociaux et les personnes hébergées.Enfin, comment ces travailleurs sociaux envisagent-ils leur avenir dans ce type de projet ?S.C. – Alors tout dépend des travailleurs sociaux, de l’intérêt qu’ils avaient au départ pour le projet et de leur expérience du tiers-lieu. En fait certains y trouvent une opportunité pour échanger sur leurs pratiques, rencontrer d’autres corps de métier et univers sociaux, et cet aspect prend le pas sur certaines difficultés qu’ils peuvent rencontrer. D’autres ressentent une fatigue due au nombre important d’activités proposées sur le site et même si ils reconnaissent un certain intérêt au tiers-lieu, ils préfèrent se recentrer sur leur service d’hébergement. Dans la littérature scientifique qui commence à exister sur le sujet, il ressort souvent qu’il est demandé aux travailleurs sociaux d’être des « couteaux-suisses » les obligeant à porter différentes casquettes, donc que cette multiplication des missions est très énergivore.Précédemment : les Grandes Voisines : Tiers lieu social et solidaire > À suivre…Le prochain podcast, nous interrogera quant à l’avenir ce type de lieu……Rendez-vous jeudi prochain !>> Pour en savoir plus :Triptyque – Laboratoire Triangle
LLutte contre les violences sexistes et sexuelles : quelles avancées après #metoo ? Organisée dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes, cette conférence fera l’état du sexisme en France, qui semble perdurer et forme le lit des violences sexistes et sexuelles. Nos intervenantes prendront appui sur l’un des derniers rapports du Haut Conseil de l’Égalité pour parler de cette question. Il s’agira également de présenter les dispositifs et actions portés par l’Université Jean Moulin Lyon 3 dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.Animée par : Gaëlle Marti, professeure de droit public à l’Université Jean Moulin Lyon 3, et Mathilde Philip-Gay, professeure de droit public et vice-présidente Égalité, laïcité et lutte contre toutes les discriminations à l’Université Jean Moulin Lyon 3.Pour en savoir plus :Bibliothèques Universitaires Lyon 3
11983 : un tournant pour comprendre le monde d’aujourd’hui 1983 est une année charnière sur le plan économique, politique et social. Revenir sur ce virage des années 80, c’est se poser la question du contemporain et de la dislocation du lien de solidarité qui unissait français et immigrés dans un contexte de crise économique grandissante et d’augmentation du chômage.Cela pose aussi la question du « rendez-vous raté » (Beaud, Masclet) entre la gauche et les banlieues, en soulignant aussi la récupération des luttes des jeunes français issus de l’immigration et de leur marginalisation.Intervenants :Samir HADJ BELGACEM, maître de conférences en sociologie, Université Jean Monnet – Saint-Étienne,Alice CARRÉ, conception et écriture du spectacle 1983,Margaux ESKENAZI, conception et mise en scène du spectacle 1983.Animée par : Philippe DELAIGUE, maître de conférences en histoire du droit, Université Jean Moulin Lyon 3.En partenariat avec : le TNP – Villeurbanne et le Collège de Droit de l’Université Jean Moulin Lyon 3.Pour en savoir plus :Université Jean Moulin Lyon 3
LLes dessous de l’égalité : quel regard porter sur les expériences à Lyon 3 ? Organisée dans le cadre de la journée internationale du droit des femmes, cette conférence présentera certaines des actions portées par l’Université Jean Moulin Lyon 3 pour favoriser l’égalité des genres et lutter contre les discriminations. Il s’agira également, en collaboration avec le public, de réfléchir aux actions à enclencher à l’avenir, et nourrir un débat constructifAnimée par : Catherine Mercier-Suissa, chargée de mission à l’inclusion, aux égalités et à la solidarité de l’Université Jean Moulin Lyon 3 et Pascale Levet, professeure associée en gestion des ressources humaines à l’iaelyon.Pour en savoir plus :Université Lyon 3
CComprendre la pauvreté en croisant les savoirs Comprendre la pauvreté avec ceux et celles qui la vivent : présentation d’une recherche participative en croisement des savoirs.Les séminaires Recherche participative de la Boutique des SciencesLa Boutique des sciences de l’Université de Lyon lance son séminaire d’échanges de bonnes pratiques et de réflexion méthodologiques et épistémologiques sur le thème des recherches académiques coproduites avec des citoyens dite recherches participatives. Une fois par mois dans un lieu différent de la communauté de l’UdL, 1h à 1h30 de présentation et d’échange sur la recherche participative ici et ailleurs. A l’heure du déjeuner ou en fin de journée : chercheurs, étudiants, associations, venez échanger, poser vos questions ou partager vos bonnes pratiques !4ème séance – 12 Février – 18h30/20h30 – Grand Amphi UdLIntervenants: Elena Lasida de l’Institut catholique de Paris, Marianne de Laat et Alexie Gasengayire du mouvement ATD Quart Monde.En ce mois de février, ce sont Elena Lasida, chercheure de l’Institut Catholique de Paris, Marianne de Laat et Alexie Gasengayire, volontaires permanentes du mouvement ATD Quart Monde, qui parleront de la méthodologie mise en œuvre dans une recherche internationale sur ‘Les dimensions cachées de la pauvreté’.Ce programme de recherche a été mis en place par le Mouvement international ATD Quart Monde et l’Université d’Oxford et s’est déroulé entre 2017 et 2019, dans six pays : le Bangladesh, la Bolivie, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Tanzanie. Plus de mille personnes ont participé à ce programme, dont plus de la moitié étaient des personnes en situation de pauvreté.En mettant en œuvre la méthodologie du Croisement des savoirs et des pratiques développées depuis vingt ans par ATD Quart Monde en lien avec des professionnels et des scientifiques, cette recherche participative a pour originalité de reconnaître les personnes en situation de pauvreté en qualité de co-chercheuses, à égalité avec les universitaires et les professionnels. Cette approche, qui met en confrontation différents savoirs, permet ainsi de changer de paradigme : les populations qui étaient l’objet de programmes pensés par d’autres deviennent source d’une connaissance indispensable pour lutter efficacement contre la pauvreté.Elena Lasida et Marianne de Laat étaient les coordinatrices de la recherche en France, et Alexie Gasengayire en Tanzanie. Elles expliqueront la méthodologie mise en œuvre, ses forces et ses limites, et aborderont des questions épistémologiques, éthiques et politiques que posent les recherches en croisement des savoirs. + D’INFOS ET INSCRIPTION EN LIGNE
TTerritoires : solidarité, sociabilité, équité Film documentaire : « Regards croisés à Terraillon »Sur la participation citoyenne développée autour du nouveau parc Bron Terraillon. Ce film a été réalisé par 12 jeunes du centre social Gérard Philipe de Bron, et 6 étudiants de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, accompagnés de l’association « on the Green Road ». Le grand débat : « Territoires : solidarité, sociabilité, équité »« La ville, la métropole sont historiquement présentés comme des espaces de production de solidarités et de sociabilités. Quelles en sont les formes contemporaines et les évolutions qui les questionnent ? L’émergence de l’espace métropolitain est-elle le garant à plus d’équité ou signe-t-elle le déclin des solidarités ? Et au-delà de la ville, de la métropole, les espaces péri-urbains et ruraux ont évidemment développé des sociabilités et solidarités, mais sont-elles différentes ? Plus simplement que peut-on dire des rapports entre les espaces et les personnes qui les habitent, et existe t-il un seuil d’échelle au-delà duquel les échanges se compliquent voire ne sont plus possibles. » avec Bruce Bégout, philosophe, écrivain, maître de conférences à l’Université Bordeaux 3, et Guillaume Faburel, géographe, professeur d’Etudes Urbaines à l’Université Lyon 2 et Sciences Po Lyon. Le débat se poursuivra par un temps de dédicaces des intervenants et un apéritif dans une ambiance jazzy avec le groupe Locomotif de la MJC Louis Aragon.Entrée libre et gratuite. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la restitution des ateliers citoyens, les 22 et 23 mai 2019, des Rencontres Scientifiques Nationales de Bron. Découvrez ci-joint l’invitation et le programme de ces journées : animations, expositions, vidéos, débat… Plus d’informations sur : www.ville-bron.fr ; www.ifsttar.fr ; www.mediathequebron.fr Rencontres Scientifiques Nationales de Bron/RSNB
RRepenser les exils… Mémoire, Europe, humanitaire et solidarités. Le 28 novembre 2017 à Saint-Étienne s’est tenue la soirée de clôture des 13e rencontres Et si on en parlait, en collaboration avec Traces -Histoire mémoires & actualités des migrations -Rhône Alpes Auvergne.À l’échelle planétaire et depuis l’avènement d’Homo sapiens, l’exil et les flux migratoires n’ont cessé de façonner les sociétés, d’entrechoquer les cultures et de se faire rencontrer les Hommes au rythme des conflits, des aléas climatiques, ou encore des opportunités commerciales. 4 vidéos pour comprendre les phénomènes migratoires et les traces laissées par ces croisements de populations dans notre Histoire … dans nos histoires.Mettre et garder en mémoire ce que nos sociétés, notre droit, les arts et les territoires doivent à la diversité culturelle, autour de chercheurs (en sociologie, histoire, philosophie, droit, etc.), écrivains, artistes et représentants de la société civile.