KM3Net : deux observatoires sous-marins ouverts sur les trois infinis

KKM3Net : deux observatoires sous-marins ouverts sur les trois infinis

Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Caroline Depecker   |   2 juin 2020


Installer un laboratoire, dans les profondeurs abyssales, doté d’équipements capables de détecter autant la matière cosmique que les organismes marins, relève de la prouesse scientifique. Les fonds méditerranéens sont le théâtre de cet exploit, accompli grâce à une large coopération européenne dans le cadre du projet KM3Net.

KM3NeT, ou Kilometre Cube Neutrino Telescope, est un projet européen comprenant deux observatoires permettant de détecter la très faible lumière générée par les neutrinos, en cours d’installation en mer Méditerranée. Leur déploiement final est prévu pour 2026. L’un de ces télescopes sous-marins, baptisé ARCA (Astroparticle Research with Cosmics in the Abyss), arrimé à 3450 mètres de profondeur, au large de la Sicile, est dédié à la recherche de neutrinos de grande énergie[1] provenant de cataclysmes de l’univers tels que des supernovas ou la formation et l’évolution de trous noirs. Il comprendra à terme 230 lignes longues de 700 mètres supportant au total 128 000 capteurs optiques.

Illustration des lignes de détection sous-marine. KM3Net – MEUST – ORCA © Mathilde Destelle

ARCA sera jumelé avec un autre détecteur positionné au large de Toulon : ORCA (Oscillation Research with Cosmics in the Abyss). Immergé à 2500 mètre de fond, celui-ci est optimisé pour traquer les neutrinos de basse énergie[2] en provenance du soleil et de l’atmosphère terrestre. Son objectif : étudier certaines de leurs propriétés, comme leurs oscillations et leurs masses. Une fois achevé, ORCA totalisera 65 000 capteurs optiques répartis sur 115 lignes de détection. Le détecteur compte aujourd’hui six d’entre elles qui montrent un parfait état de fonctionnement.

« Nous sommes contents et soulagés », soufflait fin janvier 2020 Paschal Coyle, physicien au centre de physique des particules de Marseille (CPPM) et responsable scientifique d’ORCA. Le chercheur revenait alors d’une expédition en mer ayant permis d’ajouter deux nouvelles lignes au détecteur. « Positionner des lignes avec une précision d’un mètre, à l’aide d’un robot téléguidé depuis la surface située 2500 mètres plus haut ; tout en sécurisant les connexions électriques lors du branchement des câbles, afin que le signal soit bon… C’est un vrai défi ! » Relevé avec succès. Cette étape réussie a conclu la phase de démonstration du détecteur, qui peut donc continuer à se développer.

 

Un laboratoire sentinelle, témoin de l’état de santé des fonds marins

Tout en ayant ses yeux braqués sur l’infiniment grand de l’espace, ORCA zoome sur l’infiniment petit des particules. Il explore aussi l’infiniment bleu de l’océan. En effet, depuis trois ans, dans le cadre du projet MEUST-NUMerEnv*, ORCA est progressivement équipé d’instruments connectés en temps réel, et mis au service d’études en sciences de la mer, de la terre et de l’environnement. Véritable plateforme d’expérimentations pluridisciplinaires, ORCA a été intégré au réseau d’observatoires sous-marins EMSO (European Multidisciplinary Seafloor and water column Observatory). Les équipements ajoutés sont nombreux. Parmi eux, une ligne instrumentée autonome, baptisée ALBATROSS observe la colonne d‘eau. Elle collecte différentes  données : pression, température, conductivité, oxygène dissous, matières en suspension, courant. ORCA sera également doté de diverses sondes parmi lesquelles la Biocam, qui photographiera les espèces bioluminescentes.

Voir également l’enquête « Les abysses cachent un monde de lumière« , issue du Pop’Sciences Mag #6

Par ailleurs, Bathy-Bot, un robot chenillé bardé de capteurs et de caméras, évoluera à 2400m de profondeur autour de Bathyreef, un récif artificiel déposé sur le fond et dont la forme a été imaginée afin d’y favoriser l’épanouissement de vie marine. Enfin, des hydrophones répartis sur les lignes du détecteur renseignent sur le déplacement de cétacés et autres mammifères marins à proximité. « Les observatoires câblés comme ORCA constituent des sentinelles précieuses car elles fournissent un suivi pluriannuel, continu et en temps réel, de l’état de l’océan,  commente Séverine Martini, océanographe à l’institut Méditerranéen d’Océanologie de Marseille. Elles nous permettent de détecter ses modifications écologiques potentielles, face au réchauffement climatique et aux autres pressions anthropiques ». Et peut-être de les anticiper.

 


Références

[1] Neutrinos dont la puissance énergétique est comprise entre 1 et 10 téraélectronvolt (TeV)
[2] Neutrinos dont la puissance énergétique est comprise entre 3 et 100 gigaélectronvolt

* MEUST-NUMer Env est un projet porté par le CNRS, en partenariat avec Aix-Marseille Université (AMU) et l’université de Toulon (UTLN) et en concertation avec le Centre Européen des Technologies Sous-Marines de l’Ifremer. Son objectif est de développer une plateforme scientifique et technologique mutualisée entre sciences environnementales et astrophysique


Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Le télescope spatial Hubble fête ses 30 ans

LLe télescope spatial Hubble fête ses 30 ans

Vendredi 24 avril, le Planétarium met le télescope Hubble à l’honneur sur ses pages Facebook, Twitter et Instagram. Image-mystère, anecdotes, actualité et futur du télescope, mission de la « Space Academy @home », intervention de l’astrophysicienne Sandrine Codis lors de la session « Astronomer @home »…
Découvrez l’histoire de ce télescope, qui a permis des avancées spectaculaires pour la science, et qui a néanmoins connu de nombreuses péripéties !
A suivre de 9h à 17h :
  • Facebook : Planetarium.Vaulx.en.Velin
  • Twitter : PlanetariumVV
  • Instagram : leplanetariumvv

Planétarium Vaulx-en-Velin

EEn savoir plus sur Hubble

LSST : un télescope révolutionnaire… !

LLSST : un télescope révolutionnaire… !

LSST : un télescope révolutionnaire pour comprendre les secrets de notre Univers

“L’Humanité regarde les étoiles depuis toujours se demandant de quoi le monde est fait. […] »

« Il y a 25 ans, nous avons mis en orbite notre premier télescope spatial « Hubble » qui a radicalement changé notre vision de l’Univers. Nous savons maintenant que les galaxies s’éloignent de plus en plus vite les unes des autres sous l’influence d’une mystérieuse énergie noire.

Aujourd’hui, nous installons dans les montagnes Chiliennes « LSST »: le télescope le plus puissant jamais créé qui nous permettra d’observer en 3 nuits ce qu’Hubble aurait mis 125 années à acquérir. Cette aventure commencera dans deux ans et je vais vous présenter les défis que nous allons devoir relever pour observer et analyser 10 milliards de galaxies afin de comprendre de quoi est fait notre Univers et qui sait, peut être découvrir des choses inattendues. “  Mickael Rigault

 

Club d’astronomie Lyon Ampère 

Parcours Cosmos au Musée des Confluences | #FDS2018

PParcours Cosmos au Musée des Confluences | #FDS2018

 

 

 

 

 

Laissez-vous conter les mystères de l’Univers…

Observations, déambulation, rencontres, concert… Une exploration scientifique et artistique inédite et accessible à tous, proposée par le musée des Confluences et son partenaire privilégié, l’École normale supérieure de Lyon -ENS de Lyon, avec le Planétarium de Vaulx-en-Velin et le Club d’Astronomie Lyon-Ampère.

<Animations proposées

  • Conférence du Club d’Astronomie Lyon-Ampère

          Mardi 9 octobre de 19h à 20h30

Le musée des Confluences a le plaisir d’accueillir les astronomes de toute la région pour une série de conférences exposant leurs sujets de recherche et des débats sur tous les thèmes relatifs à l’astronomie.

En collaboration avec le Club d’Astronomie Lyon-Ampère

Public visé : 12 ans +

  • Un Temps pour vous

          Du mercredi 10 au vendredi 12 octobre de 13h30 à 18h – Samedi 13 et dimanche 14 octobre 2018 de 11h à 18h (rencontre/débat)

Lors de la Fête de la Science, les médiateurs du musée viennent à votre rencontre pour vous raconter les origines de l’Univers, entre science et mythologie.

Public visé : 6 ans +

  • Les Mathématiques du ciel

          Du mercredi 10 au vendredi 12 octobre de 13h30 à 18h – Samedi 13 et dimanche 14 octobre 2018 de 11h à 18h (exposition)

Le musée des Confluences vous propose une web-exposition sur tablette numérique pour découvrir la mécanique céleste à travers les mathématiques.

En collaboration avec l’ENS de Lyon

Public visé : 8 ans +

  • L’igloo du ciel

          Du mercredi 10 au vendredi 12 octobre de 13h30 à 18h – Samedi 13 et dimanche 14 octobre 2018 de 11h à 18h (atelier)

Venez profiter d’un planétarium mobile au format de poche pour découvrir les constellations, la rotation de la Terre et l’histoire de l’astronomie et de notre cosmologie.

En collaboration avec le Club d’Astronomie Lyon-Ampère

Public visé : 6 ans +

  • Astro Musée

          Du mercredi 10 au vendredi 12 octobre de 13h30 à 16h30  – Samedi 13 octobre de 13h30 à 17h (atelier)

 Venez participer à un atelier d’observation astronomique en plein jour.  Au programme : fonctionnement d’un télescope, spectroscopie, observation du Soleil, de Vénus et des croissants de Lune.

Selon conditions météorologiques | En collaboration avec l’ENS de Lyon

Public visé :  8 ans  +

  • Mélodie et rythmique de la musique Hindoustanie 

         Jeudi 11 octobre de 18h à 19h (atelier)

Dans le cadre du cycle des spectacles Vibrations du monde, vous êtes invités à une master-class sur la pratique et l’exploration du système mélodique (raga) et rythmique (tala) de la musique hindoustanie. Pratiquée dans le nord de l’Inde cette musique vous transportera.

Public visé : 6 ans  +

  • Du Big Bang aux exoplanètes

          Vendredi 12 octobre de 19h à 20h30 (conférence)

Venez rencontrer le vulgarisateur hors-pair, astrophysicien, Gilles Chabrier, directeur de recherches au CNRS et responsable du groupe d’astrophysique de l’ENS Lyon/CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1.

Public visé : 12 ans +

  • Cosmograff’

         Du mardi 9 au dimanche 14 octobre

Un voyage au cœur du Système Solaire en forme de balade urbaine ponctuée de stations spatiales, ludiques et pédagogiques, fruit d’une rencontre insolite entre street-artistes et scientifiques.
Parcours reliant le musée des Confluences au site Monod de l’ENS de Lyon.

En collaboration avec les associations DéMesures et Superposition et avec la complicité du Planétarium de Vaulx-en-Velin.

 

Ensemble de la programmation détaillée sur :

site musée des confluences

 

 

Consultez toute la programmation Fête de la Science 2018

en Métropole de Lyon et Rhône

 

 

 

 

Origine(s) | Un voyage interstellaire

OOrigine(s) | Un voyage interstellaire

“Moi qui passe et qui meurs, je vous contemple, étoiles !
Debout, tout près des dieux, dans la nuit aux cent voiles,
Je m’associe, infime, à cette immensité ;
Je goûte, en vous voyant, ma part d’éternité.”

— Claude Ptolémée

C’est l’histoire d’un voyage en montagne, dans le silence des hauts plateaux. Des scientifiques et des artistes y cheminent avec un télescope et une tente. La nuit ils s’asseyent sous les étoiles, regardent, écoutent et parlent.

Pourquoi le ciel est-il noir la nuit ? Sommes-nous vraiment tissés de poussière d’étoiles ? Qu’y-a-t-il à l’origine de l’univers ?

Origine(S) est un spectacle à cinq voix, une divagation sous les étoiles devenant voyage vers les singularités des trous noirs et jusqu’aux confins du langage.

Chapitre 1 : “Pourquoi le ciel est-il noir la nuit ?”
Chapitre 2 : “La beauté en physique”
Chapitre 3 : “Naissance, vie et mort des étoiles”
Chapitre 4 : “Voyage vers les trous noirs”
Chapitre 5 : “Vers l’instant zéro”
…scènes extraites ou librement inspirées de :
  • Trous Noirs et Distorsions du Temps – Kip. S Thorne
  • Discours sur l’origine de l’univers – Etienne Klein
  • Les Contemplations – Victor Hugo
  • Pourquoi il fait nuit ? – Conférence d’Hubert Reeves
  • L’origine de l’univers est-elle pensable ? – Conférence d’Etienne Klein

 

Mise en scène Jérôme Cochet
Avec Arthur Fourcade, Julien Lafosse, Alexandre Ouzia, Daniel Léocadie, Jérôme Cochet
Lumières Nolwenn Delcamp-Risse

 

Cie Les Non Alignés

 

Les toutes premières galaxies

LLes toutes premières galaxies

Regarder loin, c’est regarder dans le passé…

A l’aide des télescopes les plus puissants sur Terre, il nous est maintenant possible de voir la formation des premières galaxies et de leurs étoiles, témoins d’un passé plus ancien que la Terre elle-même. Pour capter leur faible lumière, les astronomes utilisent des télescopes et instruments toujours plus puissants, tels le spectrographe MUSE ou le futur télescope spatial James Webb.

L’intervenant vous présentera quelques-unes des toutes dernières découvertes sur ces galaxies, qui nous renseignent sur cette époque encore méconnue.

Intervenant : Johan Richard

Dans le cadre des conférences de la SAL, Société Astronomique de Lyon / Observatoire

En savoir plus : site de la SAL