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Industrie : quel est son avenir ? | Triptyque

IIndustrie : quel est son avenir ? | Triptyque

Transition écologique, concurrence asiatique, économie dominée par les services… Y-a-t-il un avenir pour l’industrie ou…pas ?

Dans ce troisième et dernier podcast dont le triptyque est consacré à l’industrie, Hervé Joly directeur de recherche CNRS et chercheur à TRIANGLE va nous apporter quelques réponses.

Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

 

Est-ce vraiment si grave que l’industrie décline dans une économie dominée par les services ?

Hervé Joly – L’industrie a un temps été considéré comme ringarde en France, comme une activité appelée à décliner, qui fabriquerait des objets matériels devenus secondaires par rapport aux flux de contenus numériques. Le symbole de cette tendance a été la déclaration du PDG d’Alcatel Serge Tchuruk en 2001 annonçant son intention d’évoluer vers une entreprise de téléphonie sans usine, la fabrication secondaire du matériel pouvant être sous-traitée à des tiers. Ce programme a été largement mis en œuvre, mais cela n’a pas sauvé l’entreprise. Alcatel a aujourd’hui disparu, absorbée en 2016 par le groupe finlandais Nokia qui ne maintient que des activités limitées en France. On a retrouvé aussi cette vision dans la décision en 1997 du gouvernement Jospin, exigée par ses partenaires écologistes, d’abandonner le projet d’aménagement du canal Rhin-Rhône, sous prétexte qu’il n’y aurait plus grand-chose de pondéreux à transporter sur des péniches. C’est oublier que, si les services numériques ont une importance croissante dans l’économie, ils reposent aussi sur des infrastructures dont la fourniture dépend de l’industrie : il faut des bâtiments pour les abriter, donc du sable, du ciment, de la ferraille, etc. pour les construire, des serveurs pour gérer des données de plus en plus lourdes, des câbles pour transporter les énergies qui les alimentent ou les flux d’informations qu’ils génèrent, etc.
D’autre part, l’importance des services est souvent surestimée ; les services ne sont pas hors sol beaucoup de services sont souvent des services à l’industrie, d’autant que les entreprises industrielles ont de plus en plus tendance à sous-traiter des activités qu’elles accomplissaient auparavant en interne : la gestion informatique est confiée à des prestataires, la surveillance à une société de gardiennage, le ménage à une entreprise de propreté, la cantine à une entreprise de restauration, etc. Si l’usine disparaît, toutes ces activités périphériques disparaissent. L’industrie génère donc beaucoup d’emplois induits.

Mais, dans une économie qui doit devenir sobre pour respecter nos engagements climatiques, la désindustrialisation n’est-elle pas nécessaire ?

H.J. – Ce qu’il faut bien voir c’est que la désindustrialisation ne correspond souvent pas une baisse des consommations des produits correspondants. Par exemple, on produit de moins en moins de voitures en France, mais le nombre d’immatriculations de voitures neuves n’a pas vraiment régressé, tout juste stagné, sauf ces dernières années pour des raisons, peut-être en partie conjoncturelles (crises sanitaire et énergétique). On importe une part croissante de véhicules de l’étranger. Et donc c’est l’ensemble de la chaîne industrielle qui est affectée, depuis les producteurs d’acier plat pour les carrosseries à tous les équipementiers jusqu’aux fabricants de pneumatiques. Délocaliser des productions à l’étranger diminue les émissions de CO2 de l’industrie en France, mais pas les émissions mondiales, surtout si la production à l’étranger ne répond pas aux mêmes normes qu’en France. D’autre part, la réduction des émissions ne doit pas reposer nécessairement sur une baisse des productions globales, mais sur une transformation des modes de production. Beaucoup de procédés, comme les hauts-fourneaux pour le fer ou les fours pour le ciment, doivent, avec le recours à l’électricité ou éventuellement à l’hydrogène plutôt qu’au charbon ou au mazout, tendre vers la décarbonation. Par ailleurs, l’industrie doit beaucoup plus reposer sur le recyclage des matériaux, des gravats, ou des ferrailles, etc., plutôt que l’utilisation de matières naturelles, nouvelles. Enfin, la transition énergétique repose aussi, qu’elle soit solaire, éolienne, mais aussi nucléaire, sur de nouvelles productions. Il faut là produire plus pour produire mieux. L’industrie n’a donc pas nécessairement vocation à être perdante.

Est-ce que l’industrie a un avenir en France face à la concurrence asiatique ?

H.J. – L’industrie asiatique, indienne, chinoise, indochinoise, etc., est effectivement la principale menace qui pèse sur l’industrie française et européenne, même si l’industrie se développe ailleurs, en Afrique, au Maghreb notamment, ou en Amérique du Sud. Longtemps, il s’agissait de productions de basse technologie, de grandes séries auxquelles on a facilement renoncé en se disant que de toute façon on ne pourrait pas être compétitifs. Le problème est qu’entre-temps ces pays, notamment la Chine, montent en gamme et nous concurrencent de plus en plus dans des domaines qui étaient encore nos points forts. Les voitures chinoises ou sud-coréennes n’ont aujourd’hui plus grand-chose à envier aux voitures françaises ou européennes ; on peut se demander si demain il n’en sera pas la même chose pour les avions ou les TGV. Pour vendre ces productions dans ces pays asiatiques, nous sommes déjà amenés à faire des transferts de technologie et à délocaliser des productions, ce qui risque à terme de déboucher sur une concurrence frontale. Même notre industrie du luxe, des produits de beauté notamment dont les Asiatiques sont friands, pourrait perdre sa suprématie. Le problème est que ces pays ont un marché intérieur considérable, en plein développement, qui leur permet de produire à une échelle qui n’est pas la nôtre. Mais il faut aussi prendre en compte les évolutions démographiques. La dénatalité que connaissent ces pays, en Asie, encore plus forte qu’en Europe occidentale, va limiter à terme leur main-d’œuvre disponible et pourrait aussi affecter leur compétitivité.

©PixabayEst-ce que c’est un problème propre à la France ?

H.J. – Non, toute l’industrie européenne est touchée par cette concurrence asiatique. La Grande-Bretagne a déjà depuis longtemps largement réduit ses ambitions industrielles, comptant sur plus sur ses activités financières et commerciales. Mais d’autres pays ont mieux résisté que la France, l’Allemagne, mais aussi l’Italie voire l’Espagne notamment. L’Allemagne a longtemps pu compter sur son industrie des biens d’équipement, des machines-outils en particulier, largement disparue en France, qui faisait que toute entreprise qui investissait dans le monde faisant souvent appel à du matériel allemand pour développer ses chaînes de production. Cette suprématie tend à s’estomper, d’une part parce qu’il y a moins d’investissements industriels en Europe et d’autre part parce que les pays asiatiques tendent aussi à développer leurs propres compétences dans ce domaine des machines outils. L’industrie allemande, depuis le moteur du Rudolf Diesel ou la bougie de Robert Bosch, reposait aussi beaucoup sur le moteur thermique, dont la remise en cause en faveur d’un moteur électrique moins riche en équipements l’affecte beaucoup. Mais, même si l’industrie allemande est en crise, elle part de plus haut. De son côté, l’Italie a maintenu une industrie dans des secteurs comme la chaussure, le meuble, la mécanique qui ont mieux résisté qu’en France.

Alors qu’est-ce qui manque à l’industrie française ?

H.J. – L’industrie française dispose de grands groupes phares qui sont leaders mondiaux dans leur domaine, « Saint-Gobain » dans le verre plat, « Air liquide » dans les gaz industriels, « L’Oréal » dans les produits de beauté, « LVMH » ou « Kéring » dans les industries du luxe, etc. Le problème est que ces phares sont un peu des arbres qui cachent le désert. Derrière ces grands groupes de quelques dizaines milliers de salariés on manque de « petits groupes » de quelques milliers ou d’entreprises de taille intermédiaires de quelques centaines de salariés qui soient assez puissants pour s’engager dans la concurrence internationale. Nos autres entreprises sont souvent des PME trop petites pour en avoir les moyens. Lorsque ces entreprises, familiales souvent, sont en difficultés ou en vente, nos grands groupes qui tendent de plus en plus à se limiter aux spécialités dans lesquels ils sont leaders mondiaux, ne sont pas intéressés à les racheter. La Banque publique d’investissement ne peut pas tout faire, les fonds d’investissement privés sont trop rares, et beaucoup d’entreprises tombent dans l’escarcelle de groupes ou de fonds étrangers. Ce n’est pas nécessairement une catastrophe. Beaucoup d’entreprises françaises appartenant à des groupes suédois ou japonais se portent bien, mais il y a quand même un risque, par l’éloignement des centres de décision, de plus grande vulnérabilité, que lorsque des choix d’investissement doivent se faire, ils se fassent aux dépens des sites français. La France a des atouts, par la qualité de ses infrastructures, de ses formations, mais elle a aussi des handicaps, par ses coûts de production élevés, ses normes exigeantes. On a fait des efforts ces dernières années pour les réduire, mais comme les concurrents en font aussi, les écarts de compétitivité ne se réduisent pas ! Dans un déclin général de l’industrie en Europe, il est difficile de faire moins mal quand on part de plus bas…

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Industrie : ses grandeurs et ses limites en France

Histoire d’un déclin annoncé

> À suivre…

Ce triptyque est terminé, et nous vous donnons rendez-vous pour un tout nouveau thème la semaine prochaine.

Alors à jeudi prochain !

>> Pour en savoir plus :

 

Triptyque – Laboratoire Triangle

Industrie : histoire d’un déclin annoncé… | Triptyque

IIndustrie : histoire d’un déclin annoncé… | Triptyque

 

Fermetures d’usines, délocalisations, perte de nos savoir faire, l’industrie française est en souffrance. Quand cela a commencé ? Quelles sont les branches les plus affectées ? Que font les politiques publiques ? Existe-t-il encore aujourd’hui de belles réussites industrielles ? Autant de questions, que nous allons aborder dans ce deuxième podcast, dont le triptyque est consacré à l’industrie.

 

Pour en parler nous sommes avec Hervé Joly directeur de recherche CNRS et chercheur à TRIANGLE

Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

De quand date le déclin de l’industrie française ? Quelles en sont les causes ? Les difficultés sont-elles plus grandes qu’ailleurs en Europe ?

Hervé Joly – Il y a eu dès les années 1930 un déclin en France de certaines industries comme le textile, mais l’emploi industriel s’est globalement maintenu grâce au développement de nouvelles industries, comme la construction automobile ou aéronautique, les équipements électriques, etc. Le véritable déclin de l’industrie a commencé avec la crise de 1974, qui entraîne de lourdes restructurations. Les créations et croissances d’industries nouvelles ne compensent plus les restructurations massives dans les industries anciennes comme le textile, les houillères, ou la sidérurgie, etc. La France souffre d’un coût du travail élevé par rapport à ses productions pas assez tournées vers le haut de gamme et les hautes technologies. L’Allemagne par exemple a aussi un coût du travail élevé, mais son industrie a une image de qualité qui lui permet de vendre plus cher en Europe. Les difficultés se sont accentuées avec la chute du rideau de fer, en 1989-90 qui a ouvert la concurrence avec les anciens pays communistes au coût du travail bien plus faible, et avec la mondialisation des échanges, qui a incité à des délocalisations ou à des importations en provenance des pays asiatiques en particulier. Progressivement, ce sont presque toutes les industries qui se sont trouvées confrontées à cette concurrence agressive.

Quelles sont les branches et les régions qui ont été les plus affectées par le déclin de l’industrie ?

H.D – Les places fortes des industries traditionnelles, des houillères, de la métallurgie ou du textile, comme la Lorraine, les Ardennes, le Nord, le bassin stéphanois ont été particulièrement touchées. Les industries de la machine-outil et des équipements industriels ont également beaucoup décliné. L’industrie française est devenue très dépendante des importations, notamment allemandes, pour ses investissements. D’autres régions aux industries plus mélangées, comme les agglomérations lyonnaise, grenobloise, bordelaise, etc. s’en sortent mieux. Mais, dans toutes les régions, des entreprises importantes qui faisaient vivre de petites villes ont fermé, entraînant des marasmes qui n’ont pas toujours pu être compensés. Même lorsque les usines n’ont pas fermé, elles sont souvent aujourd’hui des effectifs très réduits. Les industries qui survivent en France sont très mécanisées, automatisées. On produit parfois autant qu’avant avec beaucoup moins de main-d’œuvre. Et les emplois qui subsistent sont plutôt des techniciens qualifiés qui assurent la surveillance ou la maintenance des machines. Les emplois d’ouvriers peu qualifiés ont souvent disparu, et le reste – le transport, le gardiennage, le nettoyage, etc. – a souvent été externalisé auprès de prestataires de services. Les entreprises n’emploient plus elles-mêmes que le personnel directement nécessaire à leurs activités propres.

Est-ce que la France a connu aussi dans la période récente des réussites industrielles ?

H.D – Il existe aussi de belles réussites industrielles, comme l’aéronautique autour d’Airbus, qui constitue un bassin d’emploi considérable qui, avec les sous-traitants, fait largement vivre la région toulousaine en particulier. Les industries de la défense, qui ne peuvent pas pour des raisons stratégiques être délocalisées, sont également très développées. L’industrie pharmaceutique se maintient bien. On peut citer aussi toute l’industrie agro-alimentaire très implantée notamment dans les zones rurales de l’Ouest de la France ; elle s’appuie sur nos nombreuses ressources agricoles. Le luxe, avec les produits de beauté ou la maroquinerie, offre également de nombreux emplois ; les marges dégagées dans ces secteurs et l’importance de la référence au « made in France », incitent moins à des délocalisations.

©PixabayEst-ce que les politiques publiques peuvent contribuer efficacement à sauver l’industrie ?

H.D – Des politiques industrielles volontaristes ont permis le développement de productions nationales importantes comme le TGV, la construction nucléaire ou l’aéronautique de défense. De manière générale, l’industrie française est assez dépendante de commandes des administrations et des entreprises publiques comme EdF ou la SNCF, qui sont moins délocalisées. Mais si l’État sait promouvoir l’industrie de grands équipements, il est moins à l’aise avec des productions plus pointues relevant de commandes privées. Les plans machines-outils ou informatique ont ainsi plutôt été des échecs. Il en est de même pour les productions de biens de consommation privée, comme l’électro-ménager, pour lesquels l’industrie française n’est plus guère compétitive. On annonce à l’automne 2025 la mise en règlement judiciaire d’un des derniers fabricants nationaux, Brandt, qui appartient depuis trois ans à un groupe algérien. L’État s’est efforcé ces dernières années de réduire le coût du travail, en diminuant les cotisations sociales ou la fiscalité sur les entreprises, mais comme les autres pays concurrents ont eu tendance à faire la même chose, la France a gardé un désavantage de compétitivité.

Est-ce que l’industrie est handicapée en France par un manque de capitaux, lié notamment à l’absence de fonds de pensions ?

H. D. – Lorsque des fondateurs ou des familles propriétaires se retirent du capital d’une entreprise, la France manque souvent d’investisseurs de substitution. Il existe des fonds d’investissements privés, mais ils sont trop peu nombreux. La seule Banque publique d’investissement (BPI France), si elle est présente au capital de nombreuses entreprises, ne suffit pas à préserver un contrôle national. Les cessions profitent souvent à des investisseurs étrangers qui prennent ainsi le contrôle d’entreprises françaises. Ce n’est pas nécessairement une catastrophe, car des groupes étrangers peuvent aussi faire des investissements importants pour développer les capacités de production. Mais, en cas de crise, l’éloignement des centres de décision peut amener ces groupes, moins sensibles aux pressions politiques nationales, à arbitrer en défaveur de leurs sites de production français. Les entreprises dont le capital est coté en bourse ont souvent un actionnariat très international. Le faible développement des régimes de retraite par capitalisation ouvre la voie aux fonds de pension étrangers qui se montrent des actionnaires exigeants en matière de rendement.
Donc l’industrie a fortement décliné dans sa part de l’emploi national et souvent aussi dans ses productions. Certaines branches ont été largement abandonnées. La France n’est pas autant devenue un pays sans usines, même si elles sont moins visibles qu’avant, plus éloignées des centres urbains, aussi moins marquées par leurs nuisances (on voit moins de fumées d’usine). Mais elles restent essentielles à l’équilibre de nos territoires, notamment par l’importance des emplois induits dans les services.

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Industrie : ses grandeurs et ses limites en France

> À suivre…

L’industrie a-t-elle un avenir ?

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Triptyque – Laboratoire Triangle

Industrie : ses grandeurs et… ses limites en France | Triptyque

IIndustrie : ses grandeurs et… ses limites en France | Triptyque

Industrie  : un terme d’actualité aujourd’hui surtout pour ce qui concerne la désindustrialisation. Cependant en France, nous avons encore des grandes réussites industrielles même si la désindustrialisation fait parler d’elle.

Mais revenons à l’industrie. Quelle est t-elle exactement ? Des usines, des machines et de la fumée…ou encore beaucoup plus que cela ? A partir de quand naît-elle vraiment ? Quelle est son histoire ? Comment s’est-elle répartie sur le territoire ? Et quelles sont ses faiblesses ? Autant de questions qui seront abordées dans ce premier podcast consacré à …l’industrie. 

Pour en discuter nous sommes avec Hervé Joly, directeur de recherches au CNRS,  à TRIANGLE.

Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

Avant de commencer, pouvez-vous nous préciser ce qu’on entend par industrie ? Et quelles sont les activités que cela regroupe ?

Hervé Joly – L’industrie se distingue traditionnellement, d’une part, des activités relevant de l’exploitation de la terre (agriculture, élevage, sylviculture) et de l’exploitation de la mer (pêche), d’autre part des activités de commerce et de services (transports, hébergement, restauration, information, finances et assurances, etc.). Selon l’INSEE relèvent de l’industrie des activités qui combinent des facteurs de production pour fabriquer des biens matériels destinés au marché. Elle comprend une composante manufacturière, qui transforme des biens, mais aussi une dimension extractive, avec l’extraction de produits minéraux présents dans le sous-sol sous forme solide (houille, minerais), liquide (pétrole) ou gazeuse (gaz naturel). On associe aussi souvent à l’industrie des activités de production et de distribution d’eau, gaz ou électricité, ainsi que celles de construction (la branche des bâtiments travaux publics).

(©) PixabayQuelles ont été les différentes vagues d’industrialisation en France, à quelles innovations techniques ont-elles correspondu ?

H. J. – L’homme a depuis des millénaires fabriqué des objets en bois, en métal, en tissus, etc., mais il l’a longtemps fait manuellement, à petite échelle, d’une manière qui relevait plus de l’artisanat. Jusqu’au début du XIXe siècle, on parle tout au plus pour les nombreux petits ateliers qui peuvent exister de « proto-industrialisation ». Le recours à la force animale des bœufs ou chevaux, ou à la force motrice des cours d’eau a pu permettre de recourir, notamment dans les activités textiles, à des premières formes de mécanisation reposant sur d’autres tractions qu’humaine.

On a donc déjà des formes d’usines qui peuvent se développer en vertu de l’intérêt qu’il y avait rassembler plusieurs ouvriers sur un même site pour profiter d’une même source d’énergie. Mais c’est qu’avec le développement des chaudières et machines à vapeur au cours de la première moitié du XIXe siècle que l’industrie se distingue définitivement de l’artisanat, avec le développement d’usines métallurgiques, mécaniques ou textiles de grande taille, grâce aux économies d’échelle que permet l’énergie puissante tirée du charbon. Cela correspond à ce que l’on appelle la Première Révolution industrielle. Une Deuxième Révolution industrielle survient dans les deux dernières décennies du XIXe siècle avec la double diffusion de l’électricité et du moteur à explosion, qui permet le développement notamment de l’industrie automobile et de la construction électrique. Plus récemment, à partir des années 1960, on parle de Troisième Révolution industrielle avec le développement des industries électroniques et informatiques. Il faut bien voir que ces Révolutions ne correspondent pas à des phases successives, mais à des empilements, les nouvelles industries s’ajoutant à chaque fois aux précédentes qui ne disparaissent pas.

Comment l’industrie française s’est-elle répartie sur le territoire national, entre les régions, entre les villes et les campagnes ?

H.J. – L’implantation de l’industrie dépend traditionnellement d’une triple contrainte, les approvisionnements, la main-d’œuvre et les débouchés. Il faut d’abord disposer de sources d’énergie et de matières premières qui peuvent être difficiles ou coûteuses à transporter ; donc on va avoir tendance à s’implanter près de ces sources ou là où elles peuvent être facilement transportées. La proximité avec les rivières et les fleuves a souvent été essentielle, à la fois pour recourir à la force motrice, pour consommer de l’eau ou pour recourir au transport fluvial. L’industrie qui transforme du bois va s’implanter de manière privilégiée à proximité des massifs forestiers, l’industrie qui traite la laine là où il y a de l’élevage, l’industrie sidérurgique grosse consommatrice de houille dans ses hauts-fourneaux là où il y a du charbon et éventuellement, comme en Lorraine, aussi du minerai de fer. Mais il faut disposer de main-d’œuvre sur place, ce qui incite l’industrie à s’implanter, si ce n’est dans le cœur des villes, du moins dans leurs périphéries immédiates, où elles sont souvent d’ailleurs rapidement rattrapées par l’urbanisation, ce qui entraîne souvent des problèmes de nuisance.

Mais il y a aussi, avec la mécanisation de l’agriculture, de la main-d’œuvre disponible dans de nombreuses zones rurales. L’industrie, lorsqu’elle a notamment besoin de recourir comme l’électrochimie ou l’électrométallurgie à des chutes hydrauliques, pour produire de l’électricité peut également s’implanter dans des zones de montagne peu peuplées, mais il faut là réussir à attirer de la main-d’œuvre, en lui offrant des logements et des services attractifs. Enfin, le transport des productions ayant aussi un coût, notamment lorsqu’elles sont pondéreuses comme l’acier ou le ciment, l’industrie a intérêt à s’implanter près de ses bassins de consommation. Le résultat est que, s’il y a des bassins plus industrialisés que d’autres, il y a de l’industrie sur l’ensemble du territoire, des grandes aux petites villes, des plaines aux zones montagneuses.

Et quels ont été les points forts de l’industrie en France ? Comment se situe la France par rapport aux autres pays européens ?

H.J. – La France est un vaste territoire qui dispose de nombreuses ressources, hydrauliques, agricoles, minières, etc. Le développement de l’instruction permet d’avoir une main-d’œuvre qualifiée. Il existe par ailleurs des bassins de consommation importants, avec de grandes villes où existent des couches bourgeoises à pouvoir d’achat élevé. Les industries sidérurgiques, mécaniques ou textiles françaises ont donc connu un développement qui, même s’il n’a pas rattrapé celui de l’Angleterre pionnière, ou s’il a été dépassé par l’Allemagne dans le dernier tiers du XIXe siècle, restait dans la moyenne supérieure en Europe, la France restant par ailleurs un grand pays agricole. L’industrie française présentait un éventail très complet de productions qui permettait à la France de couvrir l’essentiel de ses besoins aussi bien en métropole que dans son vaste empire colonial. Les tissus et vêtements, les automobiles, les camions, les avions français, etc. étaient une référence dans le monde entier.

L’industrialisation française est-elle marquée de longue date, par rapport à ses concurrents, par des faiblesses ? A-t-elle connu des crises anciennes ?

H.J. – L’industrie française avait des difficultés liées d’abord à des insuffisances d’approvisionnement national. Si elle disposait d’importantes ressources hydrauliques dans ses massifs montagneux, ceux-ci étaient éloignés des grands bassins industriels, la France n’exploitait pas assez de charbon et devait importer un tiers de sa production, avec des coûts d’acheminement élevés. Au XXe siècle, elle a manqué de pétrole national, ses colonies n’étant pas non plus longtemps en mesure de lui en fournir et il a fallu le démantèlement de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale pour qu’elle acquiert des droits que lui ont concédé les Britanniques au Moyen-Orient ; ce sera l’origine de la compagnie française des pétroles (naissance de Total Énergie). La France a aussi cruellement, avec une natalité longtemps plus faible qu’ailleurs en Europe, manqué de main-d’œuvre, ce qui l’a obligé à recourir massivement à une immigration peu qualifiée. L’industrie française s’est ainsi insuffisamment tournée vers des fabrications haut de gamme, ce qui l’a rendu plus vulnérable face à la concurrence étrangère.
L’industrie française a connu des crises conjoncturelles lors de récessions économiques, du fait de contractions de la demande, notamment dans le cadre de la Grande Dépression qui touche la France plutôt au début des années 1880. Mais l’industrie a ensuite redémarré avec la demande. La Grande Crise américaine de 1929 qui traverse l’Atlantique à partir de 1931 a un impact structurel plus durable. Des industries entières, comme l’industrie textile, sont durablement touchées et sont amenées à réduire leurs capacités de production. Au début des années 1960, la décolonisation prive aussi la France de l’importance de ses débouchés coloniaux, en même temps que sur la marché intérieur la concurrence européenne s’affirme avec l’ouverture des frontières permise par le Traité de Rome.

 

> À suivre…

Industrie : histoire d’un déclin annoncé.

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Triptyque – Laboratoire Triangle

AlpTextyles – Valoriser les fibres naturelles, les plantes tinctoriales et les savoir-faire textiles des régions alpines

AAlpTextyles – Valoriser les fibres naturelles, les plantes tinctoriales et les savoir-faire textiles des régions alpines

Dans un contexte où la France s’interroge sur les impacts de l’ultra-fast fashion, le Lifestyle Research Center propose l’exposition AlpTextyles. Cette exposition présente une sélection des travaux menés dans le cadre du projet européen AlpTextyles (Solutions collaboratives pour une relocalisation respectueuse du patrimoine et des consommateurs des chaînes de valeur textiles alpines durables, circulaires et innovantes).

Depuis trois ans, l’équipe du centre contribue à démontrer qu’il est possible de relocaliser des chaînes de valeur textiles durables et circulaires en s’appuyant sur les fibres naturelles alpines, les plantes tinctoriales et les savoir-faire patrimoniaux. Les recherches qualitatives et quantitatives, l’étude de marques pionnières et la conception d’actions pilotes – dont un pilote transfrontalier consacré aux laines de races autochtones – montrent comment production et consommation peuvent retrouver sens et cohérence territoriale.

L’exposition propose un parcours des travaux réalisés, incluant plusieurs prototypes développés dans le projet, parmi lesquels la Wool Library, qui offre une découverte tactile de la diversité et du potentiel des laines alpines.

Pour en savoir plus :

Emlyon bibliothèque

Pourra-t-on un jour traiter des cancers avec des sous-produits de l’industrie textile ? | The Conversation

PPourra-t-on un jour traiter des cancers avec des sous-produits de l’industrie textile ? | The Conversation

Les cancers sont la cause principale de mortalité précoce dans les pays développés, entraînant près de 1,5 million de décès annuels dans l’Union européenne. Ils constituent un enjeu de santé publique majeur. La diversité de leurs formes, localisations et expressions implique que les traitements mettent en œuvre une grande variété de modalités thérapeutiques complémentaires, des rayons X, chimiothérapie, chirurgie, immunothérapie entre autres.

Parmi l’arsenal des traitements développés pour cibler des cancers de types très différents, la « photochimiothérapie » (dite aussi photothérapie dynamique ou PDT en anglais) utilise l’interaction entre un colorant et une source lumineuse, qui génère des composés chimiques qui sont toxiques pour les cellules.

Ce protocole thérapeutique est utilisé depuis une quarantaine d’années, et de manière croissante depuis le début des années 2000, en milieu clinique principalement pour le traitement de cancers de la peau ou de l’épithélium, mais également dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (une maladie caractérisée par le développement anarchique de vaisseaux sanguins au niveau du centre la rétine conduisant à une dégradation puis une perte progressive de la vue).

La photochimiothérapie présente des avantages en comparaison aux autres chimiothérapies, notamment parce qu’elle permet de cibler plus finement les cellules cancéreuses (par rapport aux cellules saines de l’organisme) par une irradiation lumineuse sélective.

Avec nos collaborateurs, nous avons récemment montré qu’une nouvelle molécule, dérivée d’un colorant abondamment utilisé dans l’industrie, présente des propriétés remarquables pour la photochimiothérapie. Nous espérons qu’elle pourrait être une perspective intéressante dans de futurs protocoles de traitement de cancers par cette méthode.

LLa lumière peut transmettre de l’énergie à son environnement

La lumière est porteuse d’énergie. Cette même énergie qui permet la photosynthèse et apporte à la terre les conditions climatiques propices au développement de la vie est absorbée par les molécules et matériaux qui constituent notre environnement, ce qui leur confère leur couleur. Certaines molécules, appelées « colorants » ou « pigments », présentent des teintes particulièrement vives et caractéristiques qui ont été mises à profit depuis l’aube de l’humanité pour la réalisation d’œuvres picturales ou la teinture de vêtements, comme pour le colorant utilisé comme base moléculaire dans notre étude, en particulier.

fiole de colorant photoluminescent
Le composé de la nouvelle étude est dérivé d’un colorant industriel. À la lumière du jour, il est jaune, mais sous ultra-violets, il apparaît vert : c’est la photoluminescence.
Clément Cabanetos, Fourni par l’auteur

Suite à l’absorption d’un photon, chaque molécule de colorant atteint un état d’énergie élevé, dit « excité », qui est par nature instable : afin de retrouver sa stabilité, la molécule va chercher à se débarrasser de cet excès d’énergie. Généralement, elle vibre fortement et transmet cette chaleur à son environnement.

Elle peut aussi se désexciter en émettant un nouveau photon, d’énergie un peu plus basse que celui absorbé – et donc d’une couleur différente. Ce phénomène est appelé « photoluminescence » et explique par exemple la brillance des vêtements blancs sous l’éclairage ultra-violet des boîtes de nuit.

Lorsqu’aucun de ces deux mécanismes n’est possible, la molécule utilise son énergie excédentaire pour produire des transformations chimiques. C’est ce qu’on appelle la « photochimie », dont les utilisations pratiques couvrent une très large gamme d’applications, allant du stockage de l’énergie à la production de médicaments ou de matériaux polymères.

CComment utiliser la lumière pour attaquer des cellules cancéreuses ?

Une application moins connue mettant en jeu ce processus est la photochimiothérapie. Le concept est relativement simple : une molécule, appelée « photo-sensibilisateur », est appliquée localement sur la zone à traiter, ou injectée par voie intraveineuse. Elle s’accumule dans les cellules cancéreuses, idéalement avec une forte sélectivité (c’est-à-dire qu’elle ne s’accumule pas, idéalement, dans les cellules saines).

Puis, sous l’effet d’une irradiation lumineuse, dont la longueur d’onde peut s’étendre, suivant le type de tumeur à traiter et la profondeur ciblée, du proche UV au proche infrarouge la molécule excitée va transmettre l’énergie absorbée aux molécules voisines, en premier lieu de dioxygène.

Le dioxygène est en effet présent partout dans l’organisme car il est un carburant indispensable à la production d’énergie par la machinerie cellulaire. Mais sa forme excitée, dite « singulet », conduit à un emballement de sa réactivité chimique. Ainsi, produire cette forme excitée « singulet » à proximité de biomolécules aussi importantes que l’ADN ou l’ARN fait l’effet d’une bombe : des cascades de réaction oxydatives conduisent à la dégradation des séquences de bases nucléiques, qui codent l’information génétique. Ceci empêche la production de protéines, enzymes et autres biomolécules indispensables au bon fonctionnement de la cellule.

deux photos de microscopie
Des cellules cancéreuses avant et après traitement par une nouvelle molécule sensible à la lumière. Le colorant rouge est un indicateur indirect de la dégradation cellulaire. La barre d’échelle représente 20 micromètres.
Marco Deiana et Nasim Sabouri, Université de Umea, Suède, Fourni par l’auteur

Devenue non viable, la cellule va rapidement déclencher une cascade de mécanismes qui conduit à sa mort par « apoptose » et à son élimination par le système immunitaire.

La photochimiothérapie présente de nombreux avantages, notamment par rapport aux autres chimiothérapies classiquement utilisées dans le traitement du cancer : bien que dans toute chimiothérapie, le traitement soit dès l’origine conçu pour s’accumuler préférentiellement dans les tissus cancéreux, une certaine proportion de la molécule va inévitablement s’accumuler dans des cellules saines, notamment si ces dernières ont des phases de multiplication rapide. C’est ainsi que la plupart de ces traitements s’accompagnent, parmi les effets secondaires les plus visibles, d’une perte des cheveux, et sont généralement mal tolérés par l’organisme.

Dans le cas de la photochimiothérapie, ces effets secondaires sont minimisés par le fait que l’activation du traitement nécessite, en plus de la molécule, un second levier : l’irradiation lumineuse du tissu à traiter.

En revanche, le traitement par photochimiothérapie est limité par la profondeur de pénétration de la lumière, ce qui restreint son utilisation aux cancers superficiels de la peau (carcinomes), ou accessibles par endoscopie (cancers de la vessie, de la prostate, de l’œsophage, des poumons…) ou encore en appui à une intervention chirurgicale d’exérèse (c’est-à-dire retrait) de la tumeur notamment par coelioscopie.

Dans ce cadre, les travaux pionniers d’une équipe française Inserm du CHU de Lille ont conduit au développement d’une approche novatrice alliant microchirurgie et photochimiothérapie pour le traitement du glioblastome, l’une des formes de tumeurs cérébrales les plus agressives.

UUne nouvelle molécule prometteuse pour la photochimiothérapie

Ainsi, nous avons développé avec nos collègues du CNRS, de l’université d’Anjou, de l’ENS, de l’université de Yonsei en Corée du Sud et de l’université d’Umea en Suède une nouvelle molécule dont les premières études semblent indiquer une efficacité exceptionnelle en photochimiothérapie.

simulation moléculaire
Interaction du colorant (orange) avec des petits fragments d’ADN (bleu) – modélisation moléculaire.
Natacha Gillet, Fourni par l’auteur

Cette molécule a été conçue selon le principe du « surcyclage », c’est-à-dire la valorisation par modification chimique d’une molécule existante afin de lui apporter de nouvelles propriétés.

La molécule que nous avons utilisée est un colorant jaune utilisé à la tonne depuis les années 1970 comme colorant pour l’industrie textile et plastique. Nous avons fonctionnalisé ce colorant en lui ajoutant des groupements chimiques, ce qui la rend extrêmement photosensible et capable d’exciter la forme singulet du dioxygène.

Au contact des cellules cancéreuses (in vitro, sur cellules cancéreuses ou ex vivo sur des organoïdes tumoraux de pancréas de souris), le colorant s’accumule spécifiquement au sein des « exosomes ». Les exosomes sont des compartiments cellulaires surexprimés dans les cellules cancéreuses, qui sont impliqués dans la communication intercellulaire, et très probablement dans les processus de diffusion des cancers par métastase.

Nous avons identifié, à l’intérieur de ces exosomes, que la molécule de colorant modifié interagit avec des fragments spécifiques d’ADN. Sous irradiation par lumière bleue, ces fragments se dégradent fortement, ce qui conduit à une mort cellulaire. De façon cruciale, cette mort cellulaire est atteinte à des concentrations du colorant photosensibilisateur 10 à 100 fois inférieures aux composés utilisés cliniquement, généralement accumulés dans le noyau ou les mitochondries des cellules (des compartiments considérés comme les rouages essentiels de la machinerie cellulaire).

En revanche, en l’absence d’irradiation, aucune toxicité n’est observée même à des concentrations élevées de la molécule, ce qui laisse espérer des effets secondaires modérés en comparaison aux traitements PDT existants, par exemple la temoporfin. Bien que le chemin soit encore long avant une utilisation clinique, cette molécule et plus généralement le ciblage des exosomes pour la PDT apparaissent riches en promesses.The Conversation

 

Article publié sur The Conversation le 14 juin 2023

Cyrille Monnereau, Docteur en chimie et science des matériaux, professeur associé, ENS de Lyon et Clément Cabanetos, CNRS researcher, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

À l’Ecole de l’Anthropocène revient au Rize avec sa 5e édition

ÀÀ l’Ecole de l’Anthropocène revient au Rize avec sa 5e édition

Cinq journées pour comprendre, imaginer, construire les possibles autour du changement global.

Du 24 au 28 janvier 2023, l’École urbaine de LyonUniversité de Lyon et ses partenaires proposent la 5e édition de l’événement « À l’École de l’Anthropocène » accueillie, pour la seconde année, au Rize à Villeurbanne. L’exploration de la question anthropocène, pour tous les publics, se poursuit à travers une diversité féconde de formats et d’acteurs. L’anthropologue Tim Ingold sera l’invité d’honneur de cette édition placée sous le signe de la fragilité, du soin et de la relationnalité.

Au programme, soirées débats, conférences, performances – cours publics – ateliers, séminaires – balades et visite de l’exposition « ça se trame à Villeurbanne » – portraits de figures de l’écologie – cartes blanches à des collectifs – rencontres à la médiathèque du Rize avec des auteurs autour de leur parution récente – programmation cinéma adulte et jeunesse au Comoedia – programmation de Radio Anthropocène.

PROGRAMME

>> Pour en savoir plus : ecoleanthropocene.universite-lyon.fr

Un événement produit par : l’École urbaine de Lyon/Université de Lyon,

En partenariat avec : le Rize, le LabEx IMU (Intelligences des Mondes Urbains) et Cité anthropocène.
Une programmation préparée en collaboration avec : October Octopus.

Partenaires : Ville de VilleurbanneMétropole de LyonCentre national d’études spatiales (CNES)Laboratoire Environnement Ville Société (EVS)Comœdia SERLMaison du projet Gratte-Ciel Centre-VilleLyonBD FestivalCentre de Culture Contemporaine de Barcelone (CCCB)Ville de LyonRadio Bellevue WebLyon Music.

 

Escape Game « La contre révolution industrielle »

EEscape Game « La contre révolution industrielle »

Comment se sensibiliser de manière ludique aux conséquences de la surexploitation des ressources ? Zafiro, Mohamed et Marius viennent de 3 continents différents et ont construit ensemble un Escape Game dans le cadre du projet PrODDige avec le SCD et On The Green Road. Ils vous invitent à le tester le samedi 4 juin à la Maison de l’Environnement.

Vous faites partie d’un petit groupe qui a décidé de mettre fin aux exactions d’un grand conglomérat industriel. Au cours de cet Escape Game, réalisez 3 missions pour mettre la main sur des documents compromettants qui vous permettront de révéler au grand public les drames qui se jouent tous les jours à cause de la surexploitation des ressources et la recherche du profit : travail des enfants, assassinat de militants écologistes…

Explorez les conséquences de l’industrie minière, de l’industrie agroalimentaire et de l’industrie textile tout en découvrant des alternatives plus éthiques sur le territoire lyonnais. Votre esprit d’équipe et votre instinct seront vos meilleurs alliés !

Inscrivez-vous en famille ou avec vos amis !

3 sessions sont organisées le 4 juin à la Maison de l’Environnement (Lyon 7e) et d’autres bientôt.

Pour en savoir plus :

Maison de l’Environnement

Le textile Made in France a-t-il une chance ? | Interview Pop’Sciences

LLe textile Made in France a-t-il une chance ? | Interview Pop’Sciences

Au travers de son nouveau magazine et de 3 entretiens croisés, Pop’Sciences interroge les conditions d’une réconciliation entre l’industrie et la société.

Pierric Chalvin, délégué général d’UNITEX Auvergne-Rhône-Alpes et Victorien Pliez, docteur en histoire contemporaine, nous éclairent : peut-on parler d’un réveil du textile made in France ? Quels défis cette filière doit-elle relever pour sortir des modèles industriels dominants, que ce soit écologiquement, socialement et économiquement.

> Pour aller plus loin, lisez le nouveau Pop’Sciences Mag :

Réconcilier industrie et société

Fête de l’industrie

FFête de l’industrie

Dans le cadre de la fête de l’industrie, les associations Silk me Back, Vive la TASE !, Symphomix, et Carton-Pâte Records organisent conjointement une journée découverte de l’Ensemble Industriel Remarquable de Vaulx-en-Velin.

Des visites guidées de l’ancienne usine Tase seront proposées au public (sur inscription).

Kimono Naomi Collins - Isabelle Moulin_Collection Soieries Bonnet-Silk me Back_Photo Stéphane Rambaud à l’Usine Tase

Kimono Naomi Collins – Isabelle Moulin_Collection Soieries Bonnet-Silk me Back_Photo Stéphane Rambaud à l’Usine Tase

L’usine TASE a été construite en 1924 par la famille Gillet, initialement teinturiers ayant fait leur fortune sur le noir, pour y faire fabriquer ce que l’on appelait, au grand dam des soyeux lyonnais, la soie artificielle devenue rayonne ou viscose. L’usine TASE est une véritable colonie industrielle installée à la campagne, proche du Rhône et de l’usine hydroélectrique Cusset. Elle est conçue sur le modèle britannique, rassemblant unité de production, habitations ouvrières, infrastructures liées aux soins et aux loisirs.

A son apogée en 1929, l’usine comptait près de 3 500 salariés. A la suite de nombreuses crises qui touchèrent notamment la production de viscose, la TASE ferma ses portes en 1980. Elle est aujourd’hui classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Vive la Tase !

Fête de l'industrie-Vive la Tase- 7 juillet 2018