Juillet 1969- Juillet 2019 : l'Homme marchait sur la Lune il y 50 ans !

Les Mercredis de l’Anthropocène

LLes Mercredis de l’Anthropocène

Chaque semaine, dès avril 2019, jusqu’au 10 juillet, initiés par l’École Urbaine de Lyon, les Mercredis de l’Anthropocène invitent à mieux comprendre le monde urbain anthropocène. Chercheurs et experts de tous horizons, à partir de sujets précis, croisent leurs paroles, pointent des problématiques et tout autant mettent au jour des solutions.

PProgramme

12 JUIN – LA VILLE CULTIVÉE
CLAIRE DELFOSSE, géographe, professeure à l’Université Lumière Lyon 2, directrice du Laboratoire d’Etudes Rurales.
AUGUSTIN ROSENSTIEHL, architecte, cofondateur de l’agence SOA, et commissaire de l’exposition Capital agricole, manifeste pour un nouvel urbanisme agricole (Pavillon de l’Arsenal > fin janvier 2019)

19 JUIN – ANTHROPOCÈNE ET OUTILS NUMÉRIQUES
JULIA BONACCORSI, professeure à l’Université Lyon 2, directrice adjointe du Laboratoire ELICO, et membre du LabEx Intelligence des Mondes urbains. Ses recherches portent sur les enjeux politiques et culturels des transformations de la culture écrite et la médiatisation numérique.
NICOLAS NOVA, co-fondateur du Near Future Laboratory, agence de recherche et de prospective, et des Lift Conference, une série de conférences sur les technologies et l’innovation ; et professeur associé à la Haute École d’art et de design (Genève), où il aborde l’ethnographie, l’histoire des cultures numériques et la recherche en design.

26 JUIN – LA VILLE COLLABORATIVE
ROELOF VERHAGE, maître de conférence en urbanisme à l’Université Lumière Lyon 2, membre du Laboratoire TRIANGLE, ses recherches portent en particulier sur l’articulation entre acteurs publics et privés dans le développement et la régénération urbains.
NICOLAS DÉTRIE, spécialiste de l’économie urbaine, il a dirigé l’association Les Ateliers de Cergy, un réseau de réflexion sur la ville, avant de co-fonder Yes We Camp, collectif à l’origine des Grand Voisins. Il lance cet été 2019, en partenariat avec le collectif d’entrepreneurs Ancoats et l’agence Codesign-it!, à l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée, un diplôme sur les « espaces communs » de la ville.

3 JUILLET – QUE NOUS DIT LE CIRQUE DE L’ANTHROPOCÈNE ?
JULIE SERMON, professeure en Histoire et Esthétique du théâtre contemporain l’Université Lumière Lyon 2, membre du Laboratoire Passages XX-XXI.
SYLVAIN JULIEN, artiste de cirque, accueilli en résidence aux Subsistances pour son prochain spectacle mOndes du 17 au 20 avril 2019. mOndes est la poursuite de l’obsession d’un jongleur de s’emparer d’un objet, le cerceau, comme une réponse absolue à la question : Comment être au monde ?

10 JUILLET – LA VILLE SOCIALE ET SOLIDAIRE
CHRISTOPHE TROMBERT, ancien assistant de service social, maître de conférences en sociologie à l’Université Lumière Lyon 2, membre du Centre Max Weber. Ses recherches portent en particulier sur les politiques sociales et les dispositifs d’insertion par les intervenants sociaux.
GUILLAUME POIGNON, centralien, actuel directeur de l’Atelier Emmaüs, maison d’édition d’un nouveau genre : l’artisanat et le réemploi comme leviers d’insertion professionnelle.

 

Les Mercredis de l’Anthropocène

Qu’ont encore à vendre les grandes villes ?

QQu’ont encore à vendre les grandes villes ?

En 2007 le seuil des 50% de la population mondiale vivant en ville a été dépassé. Ce chiffre concrétise à lui seul le phénomène d’urbanisation galopante de nos sociétés. Les métropoles mondiales s’étalent ainsi sans discontinuer et concentrent toujours plus de populations et d’activités. La compétition fait rage entre ces grandes villes. Elles développent alors des discours marketing qui vantent l’ampleur de la concentration de leurs pouvoirs … et visent à en accumuler davantage. Comment peuvent-elles encore faire la différence dans la concurrence mondiale ? Et qu’ont-elles encore à nous vendre ?

Pierre Cornu, historien, professeur à l’Université Lumière Lyon 2 (Laboratoire d’études rurales), Isabelle Lefort, géographe, professeure à l’Université Lumière Lyon 2 (Laboratoire EVS) et Guillaume Faburel, géographe, professeur à l’Université Lumière Lyon 2 et à Sciences Po Lyon (UMR Triangle), analysent ces phénomènes de polarisation des pouvoirs au sein de grandes métropoles et des récits qui les accompagnent.

Introduction et propos recueillis par Samuel Belaud


La concurrence entre les villes se concrétise notamment par la quête incessante qu’elles ont à occuper les premières places de classements comparatifs, désignant au hasard les cités où il fait bon vivre, investir, manger, voyager, faire du sport ou respirer. Ces classifications sont autant d’arguments qu’ont les grandes villes pour construire des récits de promotion, d’attractivité et de positionnement face à leurs rivales. Ces récits sont formalisés dans des stratégies dites de city-branding ou de marketing territorial.

L’âge d’Or des villes

Le début du dernier millénaire marque un retour en force des villes face à l’hégémonie des planifications nationales des deux siècles précédents. En effet, le 1er juin 2017, le président nouvellement élu du 2nd pays le plus pollueur de notre planète, décide sine die de se retirer de l’« accord de Paris » pour lequel les États-Unis s’étaient engagés lors de la COP 21. En réponse un groupe d’états et de villes américaines se sont engagés à faire que leurs territoires respectent les termes de l’accord. Le gouverneur de New-York de l’époque, Andrew Cuomo, avait alors déclaré leur détermination à « atteindre l’objectif américain de réduction de 26 à 28% des émissions de gaz à effet de serre » par rapport à 2005. Il n’a fallu que quelques mois pour que les villes Françaises rejoignent le mouvement. Les grandes villes jouent désormais un rôle diplomatique très important aux côtés des états et le C40 Cities Climate Leadership en est une concrétisation majeure. A lui seul, ce consortium représente plus d’un demi-milliard d’habitants et un quart de l’économie mondiale.

Infographie : C40 Cities Climate Leadership

Villes-monde et monde de villes

Les métropoles agissent dès lors pour accroitre la concentration de leurs pouvoirs (économiques, réseaux de communication, politiques …) et pour maintenir un niveau suffisant de « compétences » afin de pouvoir « peser » dans le marché concurrentiel des villes. Le paradoxe est alors saisissant. D’un côté se développe la standardisation mondiale des lieux et de leurs pratiques. Marc Augé[1] décrit ainsi des « non-lieux » florissants à travers le monde. Des portions d’espaces dénuées de sens et d’identité comme les autoroutes, les magasins franchisés, les aéroports… où les individus s’ignorent et transitent. Ces « non-lieux » participent d’une symbolique mondialisée de la ville, permettant à n’importe qui de rapidement s’y identifier. De l’autre, dans un contexte de marché et de concurrence, chaque ville défend la volonté de se différencier des autres et défend une identité singulière. Marc Augé à ce propos précise qu’« aucune société ne peut se penser elle-même si elle ne dispose pas de quelques autres pour servir de comparaison ». Un véritable paradoxe pour des métropoles de plus en plus confrontées à la prolifération de lieux qui ne lui sont pas symboliquement propres. Alors, les stratégies d’attractivité proposent des récits qui sont articulés autour de singularités qui subsistent (sociales, historiques, écologiques, voire politiques).

Valoriser ses lieux anthropologiques

L’objectif est donc le même pour toutes les villes : attirer et concentrer des touristes, des entreprises, des hauts-revenus, de nouveaux habitants, des infrastructures de pouvoir… Pour ce faire, les récits qu’elles produisent s’accompagnent du renouvellement ou de la création d’une « offre territoriale » adaptée au marché mondial. Composée par exemple de nouveaux ensembles urbanistiques, d’évènements phares, d’une offre touristique forte, d’avantages fiscaux attractifs, de signatures architecturales de renom, ou encore de nouveaux services innovants de mobilité. Chacun y va de son « avantage concurrentiel ». Les grandes villes ont toujours été construites socialement, désormais la publicité de leurs ressources est un levier indispensable de leur développement économique social et politique.

 

[1] AUGE M., 1994, « Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité » dans L’Homme, vol. 34, n° 129, pp. 193-194.


LA SUITE DU DOSSIER :

<Les cités-produit, ou l’expérience de consommation de la ville

© Jason Lam

Les villes ont la propension immédiate à symboliser une porte d’entrée de territoire. C’est-à-dire que leur notoriété historique et géographique, parfois antique, et leurs aménagements de réseaux d’entrée/sortie (ferroviaires, aériennes, et routières), en font des catalyseurs de valeur qui les ont poussés à s’engager depuis quelques décennies dans une démarche de marketing territorial qui, au départ, était d’avantage orientée vers la favorisation des flux touristiques. Isabelle Lefort est professeure de géographie à l’Université Lyon 2, spécialiste des enjeux du tourisme, des loisirs et des patrimoines. Selon elle, le marketing territorial s’entend au sens des « politiques de régénération et d’attractivité urbaines » qui s’adressent directement à nos émotions et cherchent à produire des expériences singulières de la ville.

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<Le marketing des métropoles face à « l’artificialisation croissante des existences »

© Donn Strain

Une part de la communauté scientifique traitant des questions urbaines, tend à constater certains effets délétères de la « métropolisation » sur notre environnement et au service du creusement d’inégalités socio-territoriales. Les métropoles qui sentent peut-être le vent tourner adoptent déjà de nouveaux récits qui visent autant à rassurer, qu’à engager ceux à qui ils s’adressent. Guillaume Faburel est géographe, professeur à l’Université Lumière Lyon 2 et à Sciences Po Lyon. Il s’attend à une réorganisation de nos vies citadines, prévient du risque « expansionniste » des grandes villes et plaide pour « un changement radical de trajectoire des métropoles », moins denses et moins artificialisées.

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<Les imaginaires urbains dans la nouvelle donne territoriale

© Azamat Kinzhitaev

Les atouts d’un territoire vis-à-vis d’un autre, ne se résument plus seulement à ses infrastructures, ses services orientés business, son offre touristique, ou encore son architecture. Vues les aspirations citoyennes grandissantes à moins de ville, à davantage d’air et à moins de densité, les territoires tendent à valoriser de nouveaux espace-temps plus sobres ou à proposer des expériences socialement et écologiquement vertueuses.

Ce réenchantement n’est pourtant pas évident pour l’ensemble des candidats au « droit de cité » analyse Pierre Cornu, professeur d’histoire contemporaine et membre du Laboratoire d’Études Rurales (Université Lyon 2).

 

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Territoires : solidarité, sociabilité, équité

TTerritoires : solidarité, sociabilité, équité

Film documentaire : « Regards croisés à Terraillon »

Sur la participation citoyenne développée autour du nouveau parc Bron Terraillon. Ce film a été réalisé par 12 jeunes du centre social Gérard Philipe de Bron, et 6 étudiants de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, accompagnés de l’association « on the Green Road ».

 

Le grand débat : « Territoires : solidarité, sociabilité, équité »

« La ville, la métropole sont historiquement présentés comme des espaces de production de solidarités et de sociabilités. Quelles en sont les formes contemporaines et les évolutions qui les questionnent ? L’émergence de l’espace métropolitain est-elle le garant à plus d’équité ou signe-t-elle le déclin des solidarités ? Et au-delà de la ville, de la métropole, les espaces péri-urbains et ruraux ont évidemment développé des sociabilités et solidarités, mais sont-elles différentes ? Plus simplement que peut-on dire des rapports entre les espaces et les personnes qui les habitent, et existe t-il un seuil d’échelle au-delà duquel les échanges se compliquent voire ne sont plus possibles. »

avec Bruce Bégout, philosophe, écrivain, maître de conférences à l’Université Bordeaux 3, et Guillaume Faburel, géographe, professeur d’Etudes Urbaines à l’Université Lyon 2 et Sciences Po Lyon.

 

Le débat se poursuivra par un temps de dédicaces des intervenants et un apéritif dans une ambiance jazzy avec le groupe Locomotif de la MJC Louis Aragon.

Entrée libre et gratuite.

 

Cet événement s’inscrit dans le cadre de la restitution des ateliers citoyens, les 22 et 23 mai 2019, des Rencontres Scientifiques Nationales de Bron.

 

Découvrez ci-joint l’invitation et le programme de ces journées :  animations, expositions, vidéos, débat…

 

Plus d’informations sur : www.ville-bron.fr ; www.ifsttar.fr ; www.mediathequebron.fr

 

Rencontres Scientifiques Nationales de Bron/RSNB

Les 48h de l’agriculture urbaine

LLes 48h de l’agriculture urbaine

Le Village des 48h de l’Agriculture Urbaine, co-organisé par Groof, Place au terreau et Urbacultures, véritable festival de jardinage urbain, porte une réflexion globale sur la ville écoresponsable à échelle humaine, en cherchant à informer sur les démarches alternatives et à inspirer des manières de produire et de consommer.

Cet événement autour de l’agriculture urbaine présente :

  • Des tables rondes : Nourrir la ville de demain, Que peut l’Urbanisme transitoire ?, Quelle pérennité pour les projets en Agriculture urbaine ?
  • Des stands de sensibilisation
  • Des stands d’animations : ateliers participatifs (initiation au jardinage, construction de jardinières en palette, trocs de graines …), porteur de parole, fresque participative
  • Ainsi que des stands d’alimentation: food trucks, des espaces de détente, une scène ouverte avec la participation d’artistes (musiciens, slameurs…) et d’une fanfare.

En partenariat avec : Cultive ta ville, Université de Lyon, Université Lumière Lyon 2, Institut d’urbanisme de Lyon, CROUS Lyon.

En savoir plus :

Les 48h

Qu’est-ce que l’anthropocène ?

QQu’est-ce que l’anthropocène ?

Le terme Anthropocène s’impose et se diffuse de plus en plus, tant auprès des scientifiques que du grand public. Dans un cas comme dans l’autre, il suscite de nombreux débats et discussions, ce qui est un indice de sa puissance. Celle-ci est due à ce qu’il recouvre : l’idée d’une bifurcation dans l’histoire de l’humanisation de la planète et une bifurcation qui menace possiblement l’habitabilité de la Terre.

C’est la raison pour laquelle il a été placé au cœur du projet scientifique et pédagogique de l’Ecole urbaine de Lyon, avec notamment un cycle de cours publics qui lui est entièrement consacré, assuré par Michel Lussault, géographe et directeur de l’Ecole urbaine de Lyon.

Les Cours publics de l’Ecole urbaine de Lyon consacrés aux questions urbaines et anthropocènes.

Cette activité est conçue sur le modèle des cours du Collège de France. Il s’agit de proposer à des chercheurs de l’Université de Lyon, de toute origine disciplinaire, de présenter à tous ceux qui souhaitent suivre ces séances (librement, sans condition de diplômes et sans évaluation finale), les résultats de leurs travaux de recherche, dans une perspective de remise au cœur de la société des savoirs scientifiques.

PProgramme complet

Pour cette première année, ce cours, qui se prolongera les années universitaires suivantes, posera les cadres d’une possible théorie critique de l’anthropocène.
Il s’agira de présenter les différentes approches de l’anthropocène, mais aussi les contestations existantes de la pertinence de ce mot.

Le programme comporte 6 séances d’1h30 (dont une petite période de questions en fin de séance) :

1. Leçon inaugurale. Planète, Terre, Monde : le global entre en scène.
Jeudi 24 janvier, 17 heures, Halles du Faubourg, 10, impasse des Chalets, Lyon 7e
Ecouter le podcast de la leçon inaugurale

2. La rupture des années 1950 ou la « grande accélération ».
Jeudi 14 février, 12h30, amphithéâtre de la MILC, 35 rue Raulin, Lyon 7e
Ecouter le podcast de la 2e séance

3. Pourquoi faudrait-il admettre la nouveauté de l’anthropocène ? La promotion de la pensée du système et ses conséquences scientifiques et politiques.
Jeudi 28 février, 12h30, Salle 110, à l’IUT Lyon 3, 88 rue Pasteur, Lyon 7e

Ecouter le podcast de la 3ème séance

4. Le système-PTM, un état des lieux 1.
Jeudi 7 mars, 12h30, Amphi 8, bâtiment Thémis, Université Lyon 1, Campus Lyon Tech la Doua, Villeurbanne.

Ecouter le podcast de la 4ème séance

La pensée du système : mode d’emploi.
Nous avons donc vu lors de la séance précédente que l’anthropocène serait ce moment où l’on objective l’existence d’un système-terre global (ce que dans ce cours on appelle le système PTM, Planète/Terre/Monde, cf. séance 1 et 2) et d’une science nouvelle : the Earth System Science. On proposera de considérer qu’il en vérité existe en vérité trois manières principales d’aborder ce système, à la fois complémentaires, en liens et recoupements, et spécifiques. A savoir, ce qu’on désignera par : i. le systémisme orienté par les modèles de la physique ; ii. le « néo-organicisme » ; iii le « relationnisme ». On commencera également à examiner la manière dont ces recherches — qu’elles soient scientifiques stricto sensu, philosophiques, spéculatives — infusent dans le champ politique, notamment en matière (de tentatives) de gouvernement mondial des problèmes de changement global.

5. Le système-PTM, un état des lieux 2 : le rôle et la place de l’urbanisation.
Jeudi 14 mars 12h30, Université de Lyon, Grand amphithéâtre, 92, rue Pasteur, Lyon 7e

6. Quelle trajectoire pour le système-PTM ? L’anthropocène comme défi scientifique et politique mondial.
Jeudi 11 avril, 12h30, aux Halles du Faubourg, Lyon 7ème (tramway T2 Arrêt Route de Vienne)

Plus d’information sur le site :

Ecole urbaine de Lyon

Accueillir la biodiversité dans mon quartier

AAccueillir la biodiversité dans mon quartier

Au mois de février, et si on réfléchissait ensemble comment vivre sa ville ?

Propriétaire, co-propriétaire ou simple citoyen si vous souhaitez accueillir de la biodiversité dans vos espaces verts de proximité (public ou privé), venez découvrir en présence d’Asso Arthropologia et du Service Patrimoine Végétal de la Métropole de Lyon, les différentes possibilités.

S’en suivra, le samedi suivant, un temps autour d’exemples concrets que vous pourrez présenter afin d’échanger et trouver ensemble des pistes d’actions.

CONFÉRENCE
📆 Jeudi 14 février, 19h
📝 Inscription

ATELIER
📆 Samedi 16 février, 14h
📝 Inscription

 

Maison de l’environnement

[Pop’Cast] Quelle vie nocturne pour nos villes de demain ?

[[Pop’Cast] Quelle vie nocturne pour nos villes de demain ?

Ré-écoutez le podcast de l’émission radiophonique enregistrée le 5 décembre 2018 à La Commune (Lyon), dans le cadre du Pop’Sciences Forum « Citoyens, la ville de demain vous appartient ! ». Quels sont les leviers culturels, économiques et sociaux à activer pour contrevenir aux tensions nocturnes entre fêtards, touristes, travailleurs, vagabonds et dormeurs ?

Culture, tourisme, travail, bruit… les dormeurs cohabitent de plus en plus avec la ville en continu. Cette ville qui, la nuit, change de visage. Ses quartiers se détachent les uns des autres et deviennent très imprégnés d’une ambiance nocturne qui leur est propre : le quartier clubbing, le quartier dortoir, le quartier zonard, le quartier en chantier, le quartier “coupe-gorge”, le quartier des restaurants, le quartier du tourisme “by night” …

  • Invités : Marie Bonte, géographe et ATER (Université Jean Moulin – Lyon, Laboratoire Environnement, Ville, Société); Emanuele Giordano, chercheur en géographie et aménagement associé au laboratoire LATTS et enseignant à l’École d’Urbanisme de Paris.
  • Animation : en cours de confirmation

[Pop’Cast] Opportunités et limites du logement collaboratif

[[Pop’Cast] Opportunités et limites du logement collaboratif

Ré-écoutez le podcast de l’émission radiophonique enregistrée le 27 novembre 2018, dans le cadre du Pop’Sciences Forum « Citoyens, la ville de demain vous appartient ! ». L’occasion de reconsidérer notre manière d’habiter, de se réapproprier la cité, de partager les quotidiens et de mieux vivre ensemble dans nos quartiers.

Ce plateau radio s’attache à rêver les prochains lieux de la cité et à penser notre manière de l’habiter. A quel modèle économique se rattacher, entre les objectifs marchands du logement classique et les aspirations collectives et non-marchandes d’une partie des habitants ? Quel modèle social soutenir, en évitant les effets de communautés et d’entre-soi ? Débats et réflexions sur nos manières d’habiter la ville et d’investir des lieux, à partir de retours d’expériences à Vienne, Lyon et ailleurs dans le monde.

  • Invités : Guillaume Faburel, géographe et professeur des universités (Université Lyon 2, Laboratoire Triangle, École urbaine de Lyon), Aurore Meyfroidt, géographe (laboratoire PACTE; Labex Intelligences des Mondes Urbains)
  • Animation : Samuel Belaud (Université de Lyon)

De 1968 à 2018 : les 50 ans du droit à la ville

DDe 1968 à 2018 : les 50 ans du droit à la ville

Ce dossier thématique aborde la notion de “droit à la ville”. Il intervient dans le cadre du 50e anniversaire de la publication de l’ouvrage Le droit à la ville par Henri Lefebvre en 1968.

Il a été réalisé dans le cadre d’une collaboration entre la Direction Culture, Sciences, Société de l’Université de Lyon et l’École Urbaine de Lyon, visant à impliquer dans un projet de médiation scientifique cinq étudiants de la mention de master Ville et Environnements Urbains (VEU), Khrystyna Gorbachova, Iris Huneau, Lucas Hurstel, Johanna Lubineau et Eya Naimi, encadrés par Samuel Belaud (Université de Lyon) et Mathilde Girault (UMR Triangle). Lorsqu’on se penche sur la notion de droit à la ville, ce format pédagogique révèle toute sa portée performatrice !

 

Le “droit à la ville” est une notion introduite dans l’ouvrage homonyme de Henri Lefebvre, publié en 1968. Ce court manifeste critique vivement les modes de productions dominants de la ville. Il se place particulièrement en contre-courant de la ville capitaliste et néolibérale, considérant les inégalités sociales (de classe) qui la structurent. Le “droit à la ville” s’oppose aussi à la ville fonctionnaliste et standardisée, pour prôner le droit des habitants à auto-produire leur ville. Le “droit à la ville” pourrait se définir par le droit de chaque habitant à imaginer et fabriquer son lieu de vie, à se l’approprier, à y vivre à sa manière, etc. Il ne s’agit donc pas d’un droit au sens institutionnel du terme que l’on pourrait revendiquer, à l’instar des droits de l’homme, mais davantage d’un rapport singulier implicatif que chaque habitant entretient avec la ville comme lieu d’habiter.

50 ans après la publication de cet ouvrage, le contexte urbain a changé mais la notion de “droit à la ville n’est pour autant pas moins d’actualité. Les villes ont grossi et concentré de plus en plus de richesses, les centres-villes se sont patrimonialisés ce qui a engendré une gentrification des quartiers connexes, la compétition métropolitaine a entériné les pouvoirs urbains comme espaces décisionnels, la participation institutionnelle a mis en avant la figure du citoyen et du débat public mais a aussi suscité quelques frustrations, les vagues de migration ont mis en défaut les capacités d’accueil de métropoles pourtant vantées comme espace du cosmopolitisme… Se sont renforcées les ségrégations sociales, les exclusions territoriales, les inégalités environnementales…

Si l’on se penche sur le travail de nombreuses associations et collectifs œuvrant dans divers domaines comme la place des femmes dans l’espace public, le droit au logement, les formes d’appropriations de l’espace public par les citadins, ou la reconnaissance des “invisibles” de la ville  (SDF, minorités, etc.), l’ancrage du “droit à la ville” dans notre époque actuelle apparaît bien réelle. Nous pourrions même dire que certains font du droit à la ville sans le savoir : afin de mettre en avant toute l’actualité de cette notion, nous proposons une carte collaborative d’associations et de collectifs qui, selon nous, agissent selon les principes du droit à la ville tel que nous avons pu le définir dans ce dossier.

Consulter la carte

 

La publication de ce dossier thématique naît conjointement d’une initiative de l’association étudiante de la Mention de master VEU, Urbagora 2.0, qui a réalisé courant mars plusieurs événements visant à faire connaitre cette notion et débattre de son actualité. Ces événements seront rapportés par la suite dans ce dossier.

Les articles

Le droit à la ville, une théorie portée à tous ?  – Johanna Lubineau

Créer du commun par l’habiter : le cas de trajectoires militantes dans le squat officiel bruxellois « 123 » – Khrystyna Gorbachova

La monotonie paysagère comme aliénation moderneEya Naimi

Le son comme révélateur des inégalités sociales – Lucas Hurstel

 

Iris Huneau

Ce travail a bénéficié d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’Investissements d’avenir portant la référence ANR-17-CONV-0004.

La monotonie paysagère comme aliénation moderne

LLa monotonie paysagère comme aliénation moderne

Critique d’un urbanisme rationnel

Dans la critique de la ville que fait Henri Lefebvre, plus généralement une critique du mode de production de l’espace urbain, notamment de ses principes spatiaux de planification et concentration urbaines, la ville réunirait l’ensemble de la diversité des activités humaines, qu’elle organiserait spatialement. Ces principes font de la ville un objet technique composé de zones spatiales précises auxquelles est affectée une fonction bien déterminée. Les lieux n’existeraient plus en soi mais pour répondre à une fonction précise (économique, sociale, résidentielle, servicielle, administrative, symbolique…).

Ce fonctionnalisme est hérité des théories de Le Corbusier et plus généralement du courant de l’architecture moderne, visant à rationaliser au maximum l’espace urbain dans son organisation (zonage, circulation…) et son usage (ex : identification des fonctions). Domine alors une représentation isonomique de l’espace urbain, en faisant un espace homogène, plane et continu. Il n’y aurait jamais de résistance physique des lieux dans leurs aménagements, mais une maîtrise entière de l’espace.

Or, Henri Lefebvre montre que cet urbanisme rationnel n’a pas réussi à assurer l’harmonie des usages dans la ville.

« Dans les villes historiques, les monuments ont des fonctions si complexes que le concept de « fonction » ne parvient pas à les épuiser. Ils rappellent et ils appellent. Ils rendent présents un passé et un avenir. Ils sont la mémoire de la Cité et son ciment. Ils unissent et réunissent : cathédrales, palais, théâtres, édifices divers. »

(Lefebvre, 1961, p. 196).

La standardisation du bâti dans des formes géométriques et l’homogénéisation des façades ont contribué à une sorte de répétition dans le paysage urbain. Cette unification en termes de fonction, forme ou esthétique crée une monotonie dans les paysages urbains qui ne seraient plus source de stimulation sensorielle, de sollicitation imaginative, d’invitation à la rêverie, d’inspiration créative… La monotonie rend l’habitant aliéné au paysage urbain.

En attestent les critiques qui ont rapidement émergé des grands ensembles : bien que pensés comme des nouveaux quartiers confortables, particulièrement dans le contexte de la pénurie de logements dans les années 60, les grands ensembles ont rapidement été décrits comme des  « barres en béton », matière froide. C’est la répétition de ces barres qui a donné une monotonie visuelle dans un petit espace caractérisé pourtant par une mixité sociale et une forte densité pensée comme synonyme d’activités.

Ce même problème se retrouve aussi à l’échelle de la ville. Par le fait d’une intensité d’urbanisation, d’une rapidité d’occupation de sol et d’une unification des paysages, les villes perdent leur identité et leur mémoire ; par la suite, s’est opérée une dégradation dans la relation de l’individu avec son milieu, il devient progressivement passif dans ses comportements, n’interagit plus avec son milieu.

La qualité de vie comme standardisation dans la compétition urbaine

La qualité de vie en ville comme principe d’aménagement a progressivement suppléé la conception de l’homme au sein de l’urbanisme : à l’homo oeconomicus des années 70 cherchant à tout prix l’optimisation économique de ses choix (Chombart de Lauwe, 1965), aurait fait place un urbain de plus en plus soucieux de son cadre de vie et de la réalisation de ses aspirations.

Or, force est de constater que cadres de vie et aspirations sont construits socialement, en vue des avantages compétitifs qu’ils charrient (Reigner, 2015) : la qualité de vie en ville est devenue un argument premier des stratégies de marketing territorial. La qualité de vie n’est plus recherchée en soi, mais au regard de son rôle dans une attractivité résidentielle socialement sélective. Il en découle une standardisation dans les formes urbaines de la qualité de vie :  piétonnisation et valorisation du patrimoine bâti, modernisation du mobilier urbain et installation d’aires de jeux, construction de grandes arénas et de stades de sport, accueil de festivals urbains et d’événements sportifs… afin d’avoir une ville récréative. Que l’on soit à Paris ou à Lyon, à Londres ou à New-York, nous retrouvons les mêmes formes et rythmes de la qualité de vie. Nous sommes loin ici d’« une appréhension psychogéographique de l’espace urbain »[1] par les pratiques habitantes.

Les politiques de renouvellement urbain des quarante dernières années ont fortement contribué à l’unification des villes par des modèles d’aménagement et de développement similaires comme l’exemple de régénération des « water fronts ». Ces espaces offrent une forte attractivité touristique mais aussi contribuent à la visibilité régionale et même nationale des villes. L’exemple des berges du Rhône en témoigne puisque cet aménagement a initié d’autres similaires dans les autres grandes villes françaises (ex : Bordeaux).

Les berges du Rhône est un espace public linéaire de plus de cinq kilomètres en plein centre-ville de Lyon. C’est une promenade piétonne rythmée par huit séquences pour offrir une variété d’ambiances paysagères à ses multiples usagers : enfants, familles, jeunes…  Ce projet a réussi à mettre en valeur la rivière et la considérer comme un atout favorisant la qualité de vie dans cette ville.

Les berges du Rhône sont un espace de loisir et de détente. Elles ont été aménagées de manière à répondre à plusieurs besoins de loisirs : récréatifs, sportifs, touristiques… Une répartition spatiale des activités est assurée par deux lignes qui longent le Rhône, dédiée respectivement aux promeneurs et aux cyclistes. La piscine située dans la zone sud de la promenade offre un espace sportif aux habitants pour nager dans un cadre un peu différent. Des espaces d’aire de jeux pour enfants, terrain de foot et de pétanque sont aussi prévus pour pratiquer différents sports : boxe, escalade… et surf. Ainsi, un tel aménagement favorise non seulement un mode de vie physiquement actif (prônant un urbain dynamique et en bonne santé), mais également des pratiques récréatives. Nous observons ainsi un tri et un gouvernement des corps par les loisirs.

Enfin, cet espace accueille des événements festifs pour certaines périodes. Il est devenu un outil de politique urbaine « en valorisant symboliquement les territoires et en retravaillant pratiquement les principes de l’urbanisme fonctionnel des années 1970. »[2]

 

(photos : Eya Naimi, 2018)

Une ville ludique en réponse à l’urbanisme des loisirs  

Cette standardisation s’avère assez éloignée de l’ambition annoncée de divertissement dans ces politiques urbaines. Elle s’oppose aussi à la proposition d’ Henri Lefebvre de « ludifier » les pratiques dans la ville afin d’inciter les gens à explorer et pratiquer leur ville. L’idée est de faire de la ville un « terrain de jeux » qui incite à s’évader au quotidien en ayant recours à l’imagination, le détournement fonctionnel, l’auto-dérision… Le jeu serait un mode d’exploration de la ville en réponse à la monotonie de l’urbain et du quotidien, contrairement aux loisirs qui s’inscriraient dans des usages prédéfinis par des aménagements.

 « Le jeu, à notre avis, est multiforme et multiple. Loisir et jeu ne se recouvrent pas exactement. Ne serait-ce pas le jeu qui parachève et couronne la sociabilité ? Il déploie ses diversités et ses inventions entre les activités intégrées à la vie quotidienne, au sein de la famille, et les grandes évasions, départs, vacances, camping, montagne et mer. Les intermédiaires sont innombrables : jeux de défi ou de hasard, jeux dans » les cafés (cartes, billard, juke-boxes) ou dans les clubs, jeux sérieux (échecs) ou frivoles (paris, etc.), sans oublier le « lèche-vitrine », trop dédaigné par beaucoup d’urbanistes, le pur et simple bavardage et quelques autres formes. Le jeu ne correspond à aucun besoin élémentaire, encore qu’il les présuppose tous. Il correspond à des désirs affinés et différenciés, selon les individus et les groupes, désirs que tuent vite la monotonie et l’absence de possibilités. »

(Lefebvre, 1971, p. 197).

 

Eya Naimi

[1]Philippe Simay, « Une autre ville pour une autre vie. Henri Lefebvre et les situationnistes », Métropoles, 2008. URL : http://journals.openedition.org/metropoles/2902

[2]Benjamin Pradel, « Mettre en scène et mettre en intrigue : un urbanisme festif des espaces publics », Géocarrefour, Vol. 82/3 | 2007, 123-130.