PPrise en charge des conjoints violents : quels sont les enjeux actuels ? | Triptyque (©) TriangleDans ce dernier podcast dont le triptyque est la prise en charge des conjoints violents en France noussoci allons explorer les enjeux et limites de cette prise en charge, telle qu’elle prend forme actuellement.Pour en parler nous sommes avec Jessica Blouin, doctorante à TRIANGLE en première année dont le sujet de thèse est : « Sociohistoire de la prise en charge des auteurs de violences conjugales en France (1978-2021) ». Écoutez le podcast :https://popsciences.universite-lyon.fr/app/uploads/2025/12/podcast-triangle-jessica_blouin-3-v2.wav> Lire la retranscription des propos de l’interview :Quels sont les impacts de ces prises en charge ? Comment sont-ils mesurés ? Qu’est-ce qu’ils nous apprennent ?Jessica Blouin – Un objectif central de la prise en charge des conjoints violents, c’est la lutte contre la récidive. Or parmi les structures, celle-ci n’est pas formalisée, homogénéisée et systématisée. Et on ne sait pas quel est le chiffre national de référence : en date du printemps 2022, ce chiffre varie selon les sources de 8 à 60 %. Au-delà de l’indicateur de la récidive, l’évaluation des prises en charge se fait beaucoup à partir des propos des hommes concernés ; le point de vue de la conjointe ou ex-conjointe n’est pas pris en compte. À l’échelle européenne c’est pourtant une recommandation.Il peut être considéré que le résultat de l’intervention est satisfaisant à partir du moment où l’homme pris en charge reconnaît sa pleine responsabilité de la violence commise, en arrêtant de chercher à culpabiliser sa conjointe dans sa façon d’en parler ; ou bien à partir du moment où il s’investit dans les propositions de l’équipe, dans la psychothérapie, dans des démarches d’insertion sociale, etc. ; ou bien à partir du moment où il est allé au bout du programme de prise en charge.La question de comment évaluer l’efficacité de ces prises en charge est encore en débat à l’échelle internationale.Au-delà de l’évaluation formelle, est-ce que les sciences sociales ont étudié l’impact de ces prises en charge sur les hommes concernés ?J.B. – Les sociologues Marine Delaunay et Cristina Oddone ont commencé à montrer que les prises en charge telles qu’elles sont réalisées actuellement en France semblent peu efficaces voire peuvent être contre-productives. Elles sont trop courtes, donc les changements chez les hommes pris en charge ne peuvent qu’être superficiels. Par exemple, ils vont apprendre des techniques de gestion de la colère ou de communication non-violente, mais ça ne va pas forcément changer leur vision des rôles masculins et féminins dans l’espace conjugal et familial, donc ils pourront toujours considérer que leur conjointe est défaillante, ou les provoque, etc. Ça va être par exemple le cas d’hommes qui vont certes cesser de recourir à la violence physique, mais qui maintiendront leur pouvoir de manière plus insidieuse. Ou le cas de ceux qui vont investir davantage leur rôle de père, mais dans un sens où ils se considéreront meilleur père que la conjointe est mère. Par ailleurs, parce que le contexte ne les y encourage pas, beaucoup de professionnel·le·s restent dans les représentations ordinairement sexistes qu’on a toutes et tous (par exemple : elle l’a peut-être un peu cherché, elle exagère peut-être un peu les faits, etc.) – ce qui fait qu’ils et elles ont une façon de présenter les choses aux hommes pris en charge qui leur confirme ces croyances communes autour du masculin et du féminin.Est-ce que les professionnel·le·s sont formé·e·s pour cette prise en charge des auteurs ?J.B. – Ça pose la question de la spécificité des violences conjugales, qui nécessiterait donc une formation spécifique. Pour l’instant, les professionnel·le·s sont plutôt formé·e·s à l’exercice généraliste d’une profession, le plus souvent éducation spécialisée et psychothérapie. Le thème des violences est un premier niveau de spécialisation, ce qui fait que certains pros disent qu’ils sont spécialistes de la violence conjugale parce que spécialistes de la violence en général. Mais la sphère conjugale et familiale n’est pas qu’un espace d’étroite proximité physique et affective et donc d’enjeux psycho-émotionnels, elle est aussi un espace où s’incarne à l’échelle individuelle la domination masculine dont on a parlé au 1er épisode. Donc dans la formation des professionnel·le·s, le plus souvent le système de genre n’est pas abordé du tout, ou très succinctement, ou bien encore dans des modules facultatifs.Développer des formations adaptées, ça implique de développer la traduction de l’enjeu du genre dans de l’outillage pratique, c’est-à-dire des postures professionnelles, des principes d’organisation des activités, des thèmes de discussion, des méthodes et supports matériels, etc. Il y aurait un gros chantier à mener à ce sujet.Est-ce qu’un cadre de référence est posé par l’État pour ces prises en charge ?J.B. – Non, pas vraiment. Du côté du législateur il y a des éléments, mais très peu, dans le Code pénal et le Code de procédure pénale. L’appel à projet de 2021 pour la labellisation des CPCA formule quelques attendus : il faut qu’il y ait une solution d’hébergement, un entretien individuel préalable, un module de responsabilisation basé sur la définition pénale du stage de responsabilisation, et il peut y avoir un accompagnement psychologique, médical ou socio-professionnel. Les projets candidats devaient adhérer à une charte d’engagements fédérateurs. C’est mieux que rien, mais on ne peut pas dire que ce soit à l’avant-garde de la prise en charge des agresseurs.Par ailleurs, depuis que la nécessité de cette prise en charge est mentionnée par la politique nationale de lutte contre les violences faites aux femmes dans les années 2000, jusqu’aux CPCA, il n’y a pas eu d’état des lieux de l’existant, d’analyse des pratiques existantes, réalisé par l’État ou par la FNACAV – la Fédération Nationale des Associations et Centres de prise en charge des Auteurs de Violences conjugales et familiales. C’est difficile, dans ces conditions, d’établir des bonnes pratiques officielles.Oui, et puis il manque aussi des moyens, des financements ?J. B- Oui tout à fait. Pérenniser l’existant, développer une prise en charge longue, approfondie, et avec hébergement, développer des outils et méthodes spécifiques, former les professionnel·le·s, tout ça nécessite un budget bien supérieur à ce qui est alloué actuellement. Mais c’est un sujet sensible, car l’argent manque déjà beaucoup pour l’accompagnement des femmes victimes, donc les associations concernées craignent que le financement de la prise en charge des perpétrateurs diminue leurs propres ressources. C’est l’ensemble de la politique nationale de lutte contre les violences faites aux femmes qu’il faudrait largement augmenter.Pour finir, diriez-vous qu’aujourd’hui, les violences conjugales ont augmenté, diminué, ont évolué depuis les temps où on les étudie ? Pourquoi ?J. B- La déclaration de violences conjugales et leur identification par les forces de l’ordre a augmenté, ce qui ne veut pas forcément dire que le nombre de faits ou leur gravité a augmenté. D’une part, les violences conjugales sont de mieux en mieux identifiées par les victimes, l’entourage, le voisinage, et la généralisation de la lutte contre ces violences favorisent le sentiment de légitimité à dénoncer et à demander aide, protection et réparation. D’autre part, jusqu’à maintenant les normes égalitaires prennent de plus en plus de place – on peut donc émettre l’hypothèse que ça régule, au sein du groupe social masculin, le recours au contrôle, à la coercition et à la violence envers la partenaire intime. Mais toutes ces évolutions sont extrêmement lentes, l’inertie sociale et la résistance masculine sont très fortes. Les chiffres de femmes victimes de violences conjugales, de féminicides par partenaire intime ou ex, et de suicides forcés, restent terriblement élevés.Les références citées :DELAUNAY Marine (2019). Les violences entre partenaires intimes : de l’indignation politique et morale aux pratiques routinières des institutions pénales. Une comparaison entre la France et la Suède, thèse de doctorat en sociologie, Université de Bordeaux.DELAUNAY Marine (2023). « La responsabilisation des auteurs de violences conjugales à l’épreuve de leurs stratégies de contestation des décisions pénales », Déviance et Société, 2023/3 (Vol. 47), p.401-433.ODDONE Cristina (2020). « Masculinités à l’épreuve de la loi. Changer (ou pas) dans le cadre des programmes de prise en charge pour auteurs de violences en France et en Italie », dans BODIOU Lydie, CHAUVAUD Frédéric, GRIHOM Marie-José (dir.), Les violences en famille. Histoire et actualités, Hermann Éditeurs, p. 153-167.ODDONE Cristina (2021). « La mise en scène de la masculinité dans les programmes pour auteurs de violences conjugales », in METZ Claire, THÉVENOT Anne (dir.), Faire face aux violences conjugales. Approches croisées d’une notion complexe, Presses universitaires de Strasbourg (« Famille, psyché, société »), p. 205-223. PrécédemmentPrise en charge des conjoints violentsLes violences conjugales> À suivre…Ce triptyque est terminé, et nous vous donnons rendez-vous pour un tout nouveau thème la semaine prochaine.Alors à jeudi prochain !>> Pour en savoir plus : Triptyque – Laboratoire Triangle
QQu’est-ce que la violence conjugale ? | Triptyque (©) Triangle Dans ce premier podcast, nous essaierons de définir et de décrire les violences conjugales et de comprendre si elles sont une violence de genre. Pour en parler nous sommes avec Jessica Blouin, doctorante à TRIANGLE en première année dont le sujet de thèse est : « Sociohistoire de la prise en charge des auteurs de violences conjugales en France (1978-2021) ».Écoutez le podcast :https://popsciences.universite-lyon.fr/app/uploads/2025/11/podcast-triangle-jessica_blouin-1-v2.wav> Lire la retranscription des propos de l’interview : Avant tout, pouvez-vous nous définir ce que l’on considère comme violences conjugales ?Jessica Blouin – D’un point de vue sociologique, d’abord. Un très large ensemble de recherches menées depuis les années 60 un peu partout dans le monde montre que les violences conjugales sont des violences qui s’exercent entre partenaires intimes ou ex-partenaires intimes, et qui s’inscrivent dans un système de bi-catégorisation hiérarchisée des sexes (c’est à dire qu’on est soit un homme, soit une femme, et que le masculin a plus de valeur que le féminin). Ces violences, elles s’inscrivent aussi dans une injonction à l’hétérosexualité et aux normes qui lui sont liées. Tout ceci constitue le rapport de domination du groupe social et des personnes dites « hommes » sur le groupe social et les personnes dites « femmes ». Ce rapport de domination, il traverse et oriente l’ensemble des sociétés, à toutes les échelles, dans toutes les sphères d’activité humaine, et à tous les âges de la vie. C’est ce qui fait qu’on parle de système de genre.(©) Pixabay« Domination », c’est un terme qui peut paraitre fort. Pourtant, pensons d’une part aux multiples inégalités entre les femmes et les hommes, et d’autre part aux dépréciations, aux contraintes, aux menaces et aux violences de toutes sortes que subissent les femmes. Tous ces éléments mis bout à bout forment un fonctionnement global, sociétal, qui est majoritairement au bénéfice collectif et/ou individuel des hommes et au détriment collectif et/ou individuel des femmes. Comme dit précédemment, le phénomène, il est largement documenté, décrit, mesuré, par de très nombreuses recherches – le genre, c’est-à-dire le rapport de domination basé sur le sexe, c’est donc pas une théorie, c’est une réalité sociale, un fait sociologique.Là je voudrais préciser une chose : jusqu’ici je n’ai parlé que d’hommes et de femmes qui relationnent ensemble, mais en fait c’est une simplification pour aider à comprendre petit à petit, parce que la transphobie et l’homophobie s’inscrivent aussi dans le système de genre, et que ce système s’entremêle avec d’autres rapports de domination : les rapports supposé de « race », de classe, d’âge, de religion, de condition de santé, etc.Voilà, ça c’était pour le cadre général du genre. Rapprochons-nous maintenant de la question des violences conjugales. On peut déduire de l’enquête nationale « Vécu et ressenti en matière de sécurité », publiée par le ministère de l’Intérieur, qu’en 2022 environ 77 % des auteurs de violences conjugales sont des hommes. Parmi les violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2023, 86 % des mis en cause sont des hommes. La même année, 92 % des condamnations pour violences au sein du couple visent des hommes. On sait aussi que sur une moyenne de la période 2019-2023, 84,6 % des auteurs d’homicides au sein du couple sont des hommes, ils sont donc alors auteurs de féminicides – sachant que 43,9 % des femmes autrices ont vécus des violences de la part de leur conjoint avant de les tuer, contre 12,4 % des hommes auteurs. On ne peut que constater que les violences conjugales sont très très majoritairement le fait d’hommes sur des femmes.Et d’un point de vue juridique, comment sont définies les violences conjugales ?J.B. – Alors d’un point de vue juridique, en France les violences conjugales ne sont pas en elles-mêmes une catégorie d’infraction. Donc quand on dit « il a été condamné pour violences conjugales », c’est un raccourci de langage. Pour faire simple, ces violences existent dans le droit en tant que circonstance qui aggrave la peine encourue, au sein de la catégorie « atteinte à l’intégrité physique et psychique de la personne ». L’infraction, ce pour quoi il peut y avoir condamnations c’est des violences sur autrui, et le fait que la victime soit la conjointe, ça alourdit la peine prévue pour cette infraction-là.Et comment se manifestent les violences conjugales ?J.B. – En fait, c’est un ensemble de paroles, de langage non-verbal, de gestes, de démarches, qui créent et nourrissent un certain climat relationnel, et qui visent pour les agresseurs à assoir et maintenir leur pouvoir sur leur conjointe et le contrôle de leur conjointe – et souvent des enfants, aussi.Donc finalement ça ne se résume pas forcément à des coups ou des violences sexuelles ?J.B. – Non effectivement, c’est aussi la micro-régulation du quotidien (c’est à dire les conjoints qui exigent que les serviettes de bain soient pliées de telle manière, les couverts rangés de telle manière, ou que la routine domestique quotidienne soit déroulée dans un ordre bien précis sous peine de représailles). C’est aussi les contraintes sur les tenues, le maquillage, les heures et lieux de sortie, sur les personnes fréquentées, sur les regards et paroles échangés avec d’autres hommes. Ce sont les moqueries, les dépréciations et humiliations, en privé et en public, les insultes, les incitations au suicide. C’est le chantage affectif, le silence, les disparitions régulières, les menaces, le chantage au suicide, les explosions de colère, les objets cassés, les violences sur les animaux domestiques. C’est aussi la surveillance des moyens de communication, la géolocalisation, le harcèlement ; la surveillance des dépenses, la captation des aides financières ; la confiscation des documents administratifs, etc. Ce sont les pressions sur les enfants ; l’enrôlement des proches et des professionnel·le·s dans une vision négative de la conjointe. Et évidemment, ça peut aussi être des coups par séquences explosives, des agressions sexuelles et des viols, spectaculaires ou « ordinaires », mais en terme de violences physiques cela peut aussi être des « petites » tortures physiques, des séquestrations, des privations de nourriture ou de sommeil, etc.Ça peut s’installer très progressivement, un peu comme dans l’histoire de la grenouille plongée dans une eau qui chauffe petit à petit, et qui ne se rend pas compte qu’elle est en train de mourir ébouillantée. L’entourage non plus d’ailleurs, ne se rend pas forcément compte que quelque chose cloche, parce que tant que la victime est sous contrôle et agit d’une manière qui parait normale, on pourrait croire qu’il ne se passe rien. C’est ce qu’il y a de très ordinaire, de très banal dans la violence conjugale. Et soit dit en passant, c’est notamment ce qui fait que la prévention en matière de vie affective et sexuelle est si importante. Ensuite, au moindre élément qui perturbe l’équilibre du contrôle, les violences deviennent plus « extra-ordinaires », plus visibles ou plus facilement identifiables que ce soit par les victimes elles-mêmes ou par l’entourage.Pour en savoir plus sur cette dynamique de contrôle coercitif, je renvoie à l’épisode 78 de l’excellent podcast « Les Couilles sur la table », où Victoire Tuaillon interroge les sociologues Gwénola Sueur et Pierre-Guillaume Prigent.Existe-t-il des profils particuliers plus touchés par les violences conjugales que d’autres ? Et puis, peut-on dresser un profil des agresseurs ?J.B. – Grâce à deux grandes enquêtes publiques d’échelle nationale menées en 2000 et 2015 (voir références ci-dessous), on sait que les violences conjugales existent dans tous les groupes sociaux. Par contre, elles sont plus facilement captées au sein des groupes sociaux défavorisés, qui sont de base davantage en contact avec les administrations et sous l’attention des institutions.Il n’y a pas vraiment de consensus sur un profil général d’agresseur, au-delà du fait qu’il s’agit très majoritairement d’hommes hétérosexuels et cisgenres (c’est-à-dire assignés hommes à la naissance et qui se reconnaissent dans cette identité de genre).Les références citées :Enquête nationale « Vécu et ressenti en matière de sécurité » (VRS) – Édition 2022, publiée en décembre 2023. InterStats – Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).« Info rapide n°44 – « Violences conjugales enregistrées par les services de sécurité en 2023 », novembre 2024. InterStats – Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).« Les violences sexistes et sexuelles en France en 2023 », Lettre de l’Observatoire national des violences faites aux femmes (MIPROF), N°22, novembre 2024.Étude nationale sur les morts violentes au sein du couple. Ministère de l’intérieur, éditions 2020 à 2024. Édition 2024 (données 2023) : lien vers le sitePodcast Les Couilles sur la table, épisode n° 78, « Violences conjugales, banalité du mâle » Avec Gwénola Sueur et Pierre-Guillaume PrigentEnquête ENVEFF – Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France : Maryse Jaspard et al. (2003). Les violences envers les femmes en France : une enquête nationale, La Documentation française, 370 pages.Enquête VIRAGE – Violences en rapports de genre : BROWN Elizabeth, DEBAUCHE Alice, HAMEL Christel, MAZUY Magali (dir.) (2021). Violences et rapports de genre. Enquête sur les violences de genre en France, Ined Éditions (« Grandes Enquêtes »), 528 pages. > À suivre…Le deuxième podcast expliquera comment sont pris en charge les conjoints violents.>> Pour en savoir plus :Triptyque – Laboratoire Triangle
DDéconstruire les idées reçues sur les violences conjugales par l’anthropologie La violence conjugale n’épargne aucun milieu, et son analyse révèle bien plus qu’un simple dérapage individuel. Derrière chaque histoire, il y a des rapports de pouvoir, des normes sociales, et des modèles patriarcaux bousculés. De la Polynésie au Groenland, des classes populaires aux élites, les enquêtes anthropologiques montrent que cette violence est profondément ancrée dans des systèmes sociaux, où le contrôle masculin reste un enjeu central.Au-delà des clichés et des explications toutes faites, ces violences prennent racine dans des contextes de domination — qu’elle soit sociale, raciale, économique ou coloniale — et se manifestent souvent quand des équilibres de genre sont remis en cause. Les milieux favorisés, eux, savent mieux dissimuler et esquiver la justice.Plutôt que d’en rester à une lecture morale ou pathologique, il devient urgent d’écouter ce que disent les sciences sociales : transformer les normes de genre, comprendre les masculinités en crise et repenser la prise en charge, y compris des agresseurs. Car c’est dans cette complexité qu’on peut vraiment espérer faire reculer ce fléau silencieux.Une analyse à découvrir dans un article écrit par Rougeon Marina, UCLy (Institut catholique de Lyon)>> Lire l’article :THE CONVERSATION
JJournée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, l’Université Jean Moulin vous donne rendez-vous du 25 novembre au 6 décembre pour mieux comprendre l’impact de toutes les formes de violences dont les femmes sont encore victimes en 2019.AAu programmeTable ronde autour du cyberharcèlement animée par Julie HAINAUT, Journaliste et auteure, Anne-Sophie CHAVENT, Maître de conférences en droit pénal, Université Jean Moulin Lyon 3, Yannis GANSEL, Psychiatre, Marion GHIBAUDO, Responsable prévention / formation, Association Filactions.Modération par Marion GIRER, Chargée de mission pour la promotion des égalités à l’Université Jean Moulin Lyon 325 novembre | 18h à 20h | Auditorium Malraux – Manufacture des Tabacs Stand d’informations « Les violences sexistes et conjugales », animé par les associations Filactions et ALyon-Nous25 novembre | 11h30 à 14h30 | Espace rue Nord – Manufacture des Tabacs Exposition photo « De l’invisible au visible : brisons le silence contre les violences conjugales » en collaboration avec le collectif féministe ALyon-Nous et l’association de prévention des violences conjugales, Filactions.25 novembre au 6 décembre | Bibliothèque universitaire – Manufacture des Tabacs > Programme et inscriptions sur le site de :Université Jean Moulin Lyon 3