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Comment l’école peut-elle devenir actrice de la justice alimentaire ?

CComment l’école peut-elle devenir actrice de la justice alimentaire ?

De nombreuses initiatives montrent que l’école, au sens large, est devenue un acteur central de l’éducation à l’alimentation des enfants et adolescents. Comme d’autres « questions socialement vives », l’alimentation est au cœur de controverses croissantes (bien-être animal, usage des pesticides, parmi d’autres) qui exigent de sortir du débat d’opinions.

Longtemps réduite à sa dimension nutritionnelle, l’alimentation à l’école aborde désormais toutes les composantes du système agroalimentaire (production, transport, transformation, distribution, consommation, gestion des déchets) et l’intégralité du fait alimentaire en termes économiques, sociaux, culturels et écologiques. Toutefois, malgré les ambitions affichées, elle peine à répondre aux problématiques rencontrées par les élèves au quotidien et aux inégalités d’accès des territoires à une alimentation saine et durable.

Comment proposer une éducation susceptible de transformer positivement les territoires au-delà du périmètre de la salle de classe et de la cantine, ainsi que les pratiques alimentaires de leurs habitants ? La question revêt une importance particulière dans les espaces les plus défavorisés où les injustices alimentaires sont nombreuses, appelant des politiques publiques ambitieuses.

Créer du lien

Plusieurs limites de l’éducation à l’alimentation à l’école apparaissent. Tout d’abord, il existe parfois une rupture entre les messages délivrés et l’alimentation disponible localement pour les élèves et leurs familles.

Encourager des pratiques de consommation liées à l’agriculture biologique, aux circuits courts ou à la saisonnalité auprès des élèves est difficile à soutenir quand cette offre n’est pas accessible, ni géographiquement ni financièrement. Pire, selon la sociologue Aurélie Maurice, la dichotomie entre les normes du « bien manger » diffusées par l’école et la réalité de l’alimentation des familles suscite souvent chez les élèves de milieux défavorisés, au mieux de l’indifférence, au pire du rejet.

De plus, le modèle éducatif dominant s’axe autour de la responsabilité de l’individu dans ses choix alimentaires, choix qui résultent de dynamiques internationales sur lesquelles les jeunes estiment avoir peu de contrôle. Ces limites nourrissent des situations d’impuissance chez les élèves, sans proposer d’évolution possible.

La justice « agri-alimentaire » désigne un processus de reconnexion de l’ensemble des acteurs, des activités et des espaces des systèmes alimentaires afin de rendre ces derniers plus inclusifs, en soulignant l’interdépendance à l’agriculture. Issu des mouvements « grassroots » et activistes dans les quartiers urbains défavorisés aux États-Unis, le mouvement pour la justice alimentaire fait une large place aux initiatives éducatives.

Dans la lignée de ces travaux, l’éducation « agri-alimentaire » encourage la mise en relation d’acteurs qui souvent ne se connaissent pas, s’ignorent, sont nourris de préjugés : les adolescents urbains, d’un côté, les agriculteurs et autres acteurs des systèmes alimentaires, de l’autre. L’hypothèse est la suivante : c’est avec l’expérience du lien que les situations d’injustice alimentaire peuvent évoluer. L’expression est proposée par le Réseau Marguerite, porté en région lyonnaise par des enseignants de secondaire et des chercheurs.

Réflexions, activités, rencontres, encouragent les élèves à être forces de proposition sur des actions concrètes qui favorisent le lien et, ainsi, la justice agri-alimentaire dans leur espace proche. Nous proposons ici quelques exemples déployés en collège, un niveau souvent délaissé en éducation à l’alimentation au profit de l’école primaire.

Connaître son environnement agricole et alimentaire

Face à l’inadéquation entre certaines propositions d’éducation alimentaire et les besoins du territoire d’implantation, faire un diagnostic de l’environnement alimentaire scolaire est une étape clé de l’éducation agri-alimentaire. On suggère pour ce faire l’emploi de la cartographie sensible, qui représente un espace vécu.

Au niveau cinquième, dans deux collèges de la région lyonnaise et à l’étranger (Mexico), les élèves déambulent dans l’établissement, un stylo à la main, et prennent en note tous les éléments (matériels, immatériels, discursifs) en lien avec l’alimentation. Réfectoire, poubelles, mais aussi odeurs, affiches, emballages, souvenirs… sont reportés sur une feuille et construisent la carte sensible.

Ces cartes illustrent la diversité des expériences que font les élèves autour de l’alimentation au collège. Applicable au territoire proche, la méthodologie suscite des activités inspirées des problématiques alimentaires des adolescents, du collège, du quartier, de leur famille. Les cartes tissent une base de discussion fertile avec les décideurs locaux sur le type d’offre alimentaire à déployer. Un monde s’élargit au-delà des habituels potagers scolaires – sans rien enlever à leur intérêt.

Les élèves réalisent une carte sensible à partir de leurs observations de l’environnement alimentaire de leur collège. / Alexandra Pech, Author provided

 

 

Plusieurs propositions créent la rencontre entre les collégiens et les différents métiers et lieux de l’agriculture et de l’alimentation. L’organisation d’un concours de cuisine inter-collèges à Vénissieux, en partenariat avec l’association VRAC, a été l’occasion de rencontrer des horticulteurs, maraîchers, chefs étoilés, journalistes gastronomiques et de visiter des lieux aussi divers qu’une exploitation agricole ou l’Institut Paul Bocuse.

La création d’un forum des agriculteurs dans un collège de l’Ain a montré la diversité du bassin agricole proche. Le développement d’une méthodologie pour ouvrir une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) en collège implanté dans un quartier politique de la ville encourage la venue de producteurs dans ce « vide alimentaire » déconnecté de son agriculture locale.

L’élaboration d’ateliers de cuisine avec les résidents de la maison de retraite de Villeurbanne, avec l’association Santé Goût Terroir, fait découvrir les terroirs locaux et les savoirs anciens. Voilà donc autant d’actions qui ouvrent la salle de classe aux réalités locales des uns et des autres, en rupture avec les clichés.

Dernières retouches lors du concours de cuisine inter-collèges Véni’Chefs dans la cantine du collège Paul Éluard, à Vénissieux. / Frédéric Vivien, Réseau Marguerite, 2018, Author provided

L’impuissance des consommateurs face aux industries agroalimentaires crée une forme de découragement. La dénonciation frontale des phénomènes est peu opératoire : qui ne connaît pas les méfaits des sodas ? Pourquoi les pratiques ne suivent-elles pas ? L’école est un espace pour questionner les choix, qui tiennent aussi à l’offre disponible et aux manipulations publicitaires.

Une équipe a emmené les élèves dans la démarche d’enquête « Sugar Killer » sur les dangers du sucre et du marketing à Vaulx-en-Velin, autour de l’artiste Thierry Boutonnier. Après avoir décodé les étiquettes nutritionnelles de produits les plus consommés (sodas, chips), les élèves ont contacté les services consommateurs pour percer l’opacité des informations et se heurtent au manque de clarté des industriels. Ils ont organisé alors une table ronde publique avec des représentants des marques, une scientifique et un représentant politique et les interpellent sur les manquements des industriels.

Tout en étant confrontés à leur maigre pouvoir de consommateurs, ils ont pu participer à une démarche citoyenne où ils se construisent un positionnement – l’effort collectif des adultes étant de ne jamais dénoncer ouvertement.

Dans le cadre de l’enquête Sugar Killer, des élèves de 5ᵉ de Vaulx-en-Velin rencontrent Martine Cador, chercheuse (CNRS) en neuropsychopharmacologie spécialiste de l’addiction au sucre chez les adolescents, aux Halles du Faubourg (Lyon). / Adrien Pinon, Author provided

Ces propositions illustrent la diversité des initiatives que peut recouper l’éducation à l’alimentation à l’école. Dans un moment où dominent les potagers et actions en restauration scolaire, l’éducation agri-alimentaire invite à la créativité. Une gageure pour une meilleure appréhension des systèmes alimentaires, mais surtout pour des expériences moins normatives et plus inspirées des problématiques et possibilités des enseignants, élèves, établissements.

Il est difficile d’évaluer l’impact à court terme de ces actions dans des territoires traversés par l’injustice alimentaire. Néanmoins, on peut affirmer qu’elles sortent l’éducation à l’alimentation d’un discours directif (« il faut manger ceci ou cela ») et encouragent le débat d’idées, l’esprit critique, et, surtout, le plaisir d’apprendre. Une étape qui n’est pas sans rappeler le plaisir que l’alimentation peut aussi représenter et que les controverses actuelles tendent à inquiéter.The Conversation

Auteures :

Cet article a été publié dans le cadre de la Fête de la science 2020 dont The Conversation France est partenaire. Cette édition avait pour thème : Planète Nature ?.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. >>> Lire l’article original.

Les rapports entre humains et animaux

LLes rapports entre humains et animaux

Nous, les humains, sommes habitués à être dans une situation de pouvoir sur les animaux, où nous prenons des décisions pour eux : par exemple, nous élevons certains animaux pour qu’ils nous soient utiles, et nous en éliminons d’autres que nous trouvons nuisibles. Sans y réfléchir, il nous paraît naturel de les dominer.

Corine Pelluchon, Professeure en philosophie, spécialiste en philosophie politique et éthique appliquée à l’Université Gustave Eiffel nous fait part de sa position sur le sujet.

Contenu téléchargeable, jeux, film d’animation, vidéos, page « enseignants », retrouvez toutes les ressources pédagogiques de l’Université Gustave Eiffel pour interagir avec vos élèves, de façon ludique et pédagogique.

 

Une initiative portée par le service Diffusion des Savoirs et Ouverture à la Société de l’Université Gustave Eiffel.

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Des « Neurocontes » illustrés pour expliquer les mystères du cerveau aux enfants

DDes « Neurocontes » illustrés pour expliquer les mystères du cerveau aux enfants

Rencontre avec la chercheuse Mani Saignavongs qui s’est associée à l’illustrateur Benjamin Barret pour raconter au jeune public (mais pas que !) des histoires de patients célèbres et, à travers elles, l’histoire de la recherche sur le cerveau.

Dans leur livre Neurocontes, histoires de cerveaux extraordinaires, ils mettent à l’honneur des patients aux histoires insolites et en profitent pour enseigner au lecteur comment ces patients ont fait progresser les connaissances scientifiques.

A lire dans son intégralité sur :

CORTEX Mag

La chimie des dents de lait

LLa chimie des dents de lait

De quoi se nourrissaient les très jeunes enfants pendant la préhistoire ? Comment le savoir alors que cela s’est passé il y a si longtemps ? En analysant des dents de lait fossiles !

Vincent Balter est directeur de recherche au CNRS en géochimie, au Laboratoire de géologie de Lyon*. Il étudie plus particulièrement les os et les dents fossiles, qui lui permettent de comprendre certains aspects du mode de vie de l’époque.

Dans une vidéo relayée par la Cité des sciences et de l’industrie, ce chercheur explique en détails l’analyse des dents de lait :

  • prélèvement d’un petit échantillon
  • analyse de la composition chimique de la dent
  • intérêt particulier pour les différents types ou isotopes de calcium
  • conclusions sur l’âge de sevrage (âge à partir duquel on ne boit plus de lait maternel)
  • comparaisons de modes de vie de différents groupes à partir des fossiles

 

Voir la vidéo

 

*Laboratoire de géologie de Lyon (LGL -TPE – Université Claude Bernard Lyon 1 / CNRS / ENS de Lyon)

Projet Pangolin

PProjet Pangolin

Le Projet Pangolin, c’est une équipe de bénévoles composée de doctorant-e-s et jeunes chercheur-e-s en écologie et biologie évolutive. Engagé-e-s professionnellement et personnellement dans l’écologie, nous sommes animé-e-s d’une profonde envie de faire changer les choses.

Loin des discours moralisateurs, nous sommes intimement convaincue-e-s que le dialogue, la bienveillance et l’éducation constituent les clés pour éveiller une conscience écologique chez le jeune public, dès son plus jeune âge.

Persuadé-e-s que la clé de la responsabilisation passe par la compréhension des mécanismes qui régissent notre planète, les membres du Projet Pangolin proposent aux élèves, de la primaire au lycée, de mieux comprendre comment fonctionnent les écosystèmes. Une fois ces notions abordées, nous leur proposons de discuter ensemble d’actions concrètes à mener au quotidien. Ainsi, ils peuvent à leur échelle participer activement à la protection de notre environnement.

Pour ce faire, des interventions bénévoles assurées par l’équipe du Projet Pangolin sont proposées aux établissements scolaires. Des outils « clés en main » sont également mis à la disposition des enseignants sur le site web du projet. Ces outils permettent aux enseignants d’assurer nos séances dans leurs classes en autonomie.

Projet Pangolin

N’hésitez pas à découvrir les plaquettes détaillées des séances que nous proposons, en allant faire un tour ici :

Séance PRIMAIRE  &  Séance COLLÈGE – LYCÉE

(elles ont été testées et approuvées dans de nombreux établissements scolaires)

 

Les interventions dans vos établissements scolaires sont assurées de manière bénévole et gratuite par notre équipe. Toutefois, une indemnisation des frais de déplacement pourra être demandée en fonction de votre localisation. Si vous souhaitez apporter un soutien financier au projet pour lui permettre de se pérenniser et de se développer, et ainsi nous permettre de vous proposer régulièrement de nouveaux ateliers, n’hésitez pas à nous contacter pour que nous puissions vous communiquer toutes les modalités.

Sciences et confinement

SSciences et confinement

Et en ces temps de confinement… Plusieurs organismes proposent des ateliers, animations, ressources… pour tous les âges, à faire chez soi !

Pop’Sciences a recensé quelques unes de ces initiatives…

Le véhicule autonome

LLe véhicule autonome

Imagine-toi dans la future voiture : elle t’emmène où tu veux sans rien avoir à faire, tu lui indiques juste la destination et ensuite tu peux jouer, dormir, manger, etc.

Ce n’est pas un rêve mais les avantages d’un véhicule autonome. Une technologie innovante sur laquelle des milliers de personnes travaillent dans le monde : des chercheurs, dont plusieurs équipes de l’Ifsttar, des constructeurs automobiles, mais aussi des géants du web tels que Google, Apple, Amazon et Uber.

 

 

Contenu téléchargeable, jeux, film d’animation, vidéos, page « enseignants », retrouvez toutes les ressources pédagogiques de l’Ifsttar pour interagir avec vos élèves, de façon ludique et pédagogique.

 

Pour en savoir plus sur le sujet, découvrez le dossier thématique : Regards croisés sur le véhicule autonome

 

Une initiative portée par le service Promotion et Partage des Savoirs de l‘Ifsttar.

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Les routes de 5ème génération

LLes routes de 5ème génération

Nous sommes lundi, il est 8h15 et ton père t’emmène à l’école dans sa toute nouvelle voiture électrique*. Au bout d’à peine cinq minutes, vous vous retrouvez bloqués dans les embouteillages. Ton père s’impatiente, et pour ne rien arranger, le voyant de recharge de la batterie de la voiture s’allume. Comment faire ?

 

 

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Pour en savoir plus sur le sujet, découvrez le dossier thématique : A quoi ressemblerons les routes de 5ème génération R5G ?

 

Une initiative portée par le service Promotion et Partage des Savoirs de l‘Ifsttar.

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Le transport de marchandises en ville

LLe transport de marchandises en ville

Pour arriver jusqu’à nous, les objets que nous achetons doivent souvent faire de longs voyages à partir du moment où ils sont fabriqués. Toutes les activités qui organisent ce transport de marchandises s’appellent la logistique.

Suivons ensemble le chemin d’un colis…

 

 

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Pour en savoir plus sur le sujet, découvrez le dossier thématique : Quelle logistique urbaine dans le futur ?

 

Une initiative portée par le service Promotion et Partage des Savoirs de l‘Ifsttar.

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Filles et garçons sur la route

FFilles et garçons sur la route

 

Quand tu roules en vélo, trottinette, bus ou voiture avec tes parents, remarques-tu que les filles et les garçons peuvent avoir des comportements différents ? A ton avis, qui conduit le plus vite ? As-tu déjà vu des filles en scooter faire de la « roue arrière » ?

Ces comportements, souvent risqués, sont observés et étudiés par des chercheurs de l’Ifsttar pour en comprendre les raisons. Cela peut nous aider à mieux repérer nos comportements dangereux.

 

 

Contenu téléchargeable, jeux, film d’animation, vidéos, page « enseignants », retrouvez toutes les ressources pédagogiques de l’Ifsttar pour interagir avec vos élèves, de façon ludique et pédagogique.

 

Pour en savoir plus sur le dossier thématique : Transport, mobilité, sécurité : une question de genre ?

 

Une initiative portée par le service Promotion et Partage des Savoirs de l‘Ifsttar.

 

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