FFamilles recomposées : la délicate question de l’égalité entre les enfants Aujourd’hui, les familles recomposées sont banales et courantes, mais de nombreuses questions se posent toujours aux parents et beaux-parents, comme celle d’un traitement égal entre tous les enfants du foyer.La recomposition familiale (le fait qu’au moins un des deux conjoins ait eu un enfant au cours d’une précédente union) est une réalité qui concerne un grand nombre de foyers : a minima, en France, 1 enfant sur 10 vit dans cette configuration, les données du recensement ne comptabilisant toutefois pas l’ensemble des familles que l’on définit couramment comme recomposées. […]Un article de Justine Vincent, postdoctorante à l’Université Lumière Lyon 2 – The Conversation – 13 janv. 2026>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION
RReconstruire les paysages passés | Visages de la science © Pierre-Olivier-Mazagol, géomaticien au laboratoire EVSLigérien d’origine, le parcours de Pierre-Olivier Mazagol ne le destinait pas directement à la géomatique.Lycéen, il s’imagine enseignant : « Je me destinais plutôt à l’enseignement dans le secondaire en SVT (Sciences de la vie et de la Terre) . Je ne savais pas ce qu’était la géomatique. J’ai découvert cette discipline, et le monde de la recherche, seulement en DEA (Diplôme d’études approfondies), puis en doctorat. »C’est après une maîtrise en Biologie des populations et des écosystèmes que Pierre-Olivier s’oriente vers la géographie, les systèmes d’information géographiques (SIG) et la géomatique (contraction de géographie et informatique, ensemble des outils informatiques utilisés pour mobiliser des données spatialisées). Il réalise son DEA à l’Université Jean Monnet – UJM – où il rencontre le Pr. Bernard Etlicher.« Ce sujet d’écologie du paysage me permettait de coupler la géographie et mon cursus en écologie. »C’est lors de ce DEA puis de sa thèse, toujours à l’UJM, que l’appétence de Pierre-Olivier pour la géomatique se confirme. Il aura tout de même exercé pendant un temps son idée première, puisqu’il financera sa thèse grâce à ses activités d’enseignement en SVT en collège et lycée.Recruté en 2007 comme ingénieur d’étude, il est aujourd’hui ingénieur de recherche en Sciences de l’information géographique au laboratoire EVS (Environnement – Ville – Société UMR 5600 CNRS).« Le travail consiste à récupérer des données existantes ou à en créer et à imaginer leur usage, comme la mise en application d’outils préexistants ou la création de nouveaux outils. Les études sur lesquelles je travaille sont souvent à vocation opérationnelle, en partenariat avec des PNR (Parcs naturels régionaux), l’’association Inter-Parcs du Massif central – IPAMAC -, la métropole… L’idée c’est de faire de la recherche qui puisse servir au territoire, et permettre de nous ancrer dans notre territoire. »Spécialiste de la géomatique, Pierre-Olivier s’intéresse principalement aux problématiques environnementales et aux héritages culturels.« Côté environnement, j’ai travaillé sur les corridors écologiques de la Trame verte et Bleue, avec le projet IPAMAC qui est un grand projet de cartographie du réseau écologique à l’échelle du Massif central. J’ai aussi travaillé sur le Contrat Territorial Corridors Biologiques et le Contrat Vert et Bleu de Saint-Étienne Métropole, en proposant des actions de recherche sur plusieurs années. »À cette liste s’ajoutent, par exemple, des travaux sur la prédétermination de la localisation des zones humides. Dans des zones difficiles d’accès et où la télédétection est inopérante du fait de couvert forestier important, le travail de Pierre-Olivier permet de déterminer la présence potentielle de zones humides en utilisant notamment des indices topographiques et géomorphométriques (formes et détails du terrain).Du côté de la thématique des héritages culturels, Pierre-Olivier donne un exemple :« J’ai travaillé sur la géovisualisation 3D du patrimoine englouti des Gorges de la Loire, pour reconstruire le paysage avant la mise en eau du barrage de Grangent. Ces travaux sont au service du territoire : nos résultats sont utilisés par le SMAGL – Syndicat Mixte d’Aménagement des Gorges de la Loire – dans le cadre de l’exposition permanente du Centre d’Interprétation des Gorges de la Loire au château d’Essalois, mais accessibles gratuitement et librement par le grand public, auquel on peut, d’une certaine façon, « rendre » ce paysage englouti et tous les éléments qui ont disparu lors de cet ennoiement, comme des ponts, des usines, une ancienne gare… »Plus tard, la méthodologie a été adaptée et réutilisée pour un projet sur la ville de Saint-Étienne, et sa reconstitution pendant la Seconde Guerre mondiale, avec son tissu urbain.« L’idée était de rendre compte de tous les événements qui avaient eu lieu pendant la guerre à Saint-Étienne, qu’ils soient des événements de résistance, de collaboration ou d’occupation, et de les repositionner sur une carte en trois dimensions. On peut se rendre compte des changements dans la ville depuis 1945. Ces cartes peuvent être utilisées dans les écoles, et dans de futures expositions comme celle du mémorial qui sera installée bientôt. »Tous ces travaux se font très souvent en équipe, avec des enseignants-chercheurs du laboratoire EVS, mais aussi avec d’autres partenaires :« J’ai un réseau avec lequel je travaille souvent. C’est cela qui est intéressant, comme par exemple dans mon partenariat stratégique Erasmus+ [1] à travers lequel j’ai pu travailler avec des collègues d’universités européennes… À l’issue du projet, nous avons décidé d’organiser à Saint-Étienne une série de séminaires internationaux « Héritages culturels et outils numériques » pour entretenir ce réseau. La prochaine édition se tiendra d’ailleurs le 4 février 2026. »En plus de ses activités de recherche, Pierre-Olivier enseigne dans plusieurs cursus de l’UJM : Master Géographie Numérique, Master Sciences de la Vie, et Master Histoire, Civilisations et Patrimoine.« J’aime être au contact des étudiants. Dans le cadre de l’une des activités d’enseignement que j’assure en Master Géonum, les « ateliers géomatiques », je propose des sujets avec des partenaires extérieurs à l’Université (associations, collectivités, entreprises). L’objectif est d’accompagner les étudiants tout au long de la réalisation de ces projets jusqu’à la présentation de leurs résultats. C’est l’occasion de les côtoyer lors d’activités très concrètes et de participer à leur formation autrement que par le biais de cours classiques. »Ces enseignements sont aussi pour Pierre-Olivier l’occasion de travailler avec la Graduate+ ARTS[2] de l’UJM.« Chaque année, j’aide des étudiants à mobiliser des bourses de stages et de mobilités internationales proposées par la Graduate+ ARTS. Les possibilités offertes par la Graduate+ ARTS sont très enrichissantes à la fois pour les étudiants qui découvrent le fonctionnement d’institutions culturelles ou de laboratoires internationaux, mais aussi pour EVS qui peut maintenir des relations avec ces structures. Cette année, une étudiante et un étudiant de Géonum ont d’ores et déjà obtenu auprès de ARTS des bourses de stages en laboratoire qui se dérouleront à EVS, sous ma direction. Un autre, je l’espère en obtiendra une, dans les prochains jours, pour aller se former auprès de mes collègues de l’Université de Silésie à Katowice ».Lorsque l’on parle des points positifs et négatifs de son métier, Pierre-olivier est optimiste :« Ce qui me plaît, c’est travailler avec les étudiants, les amener à effectuer des stages de très bon niveau, les accompagner dans la réalisation de leur projet et, lorsque c’est possible, valoriser les résultats que nous avons obtenus comme je l’ai fait avec des articles scientifiques dans lesquels les étudiants sont co-auteurs… J’aime aussi rencontrer d’autres chercheurs. À ce titre, l’alliance européenne Transform4Europe offre de belles opportunités. Il est toujours enrichissant d’échanger sur leurs problématiques, qui sont parfois communes aux nôtres. Enfin, j’aime aussi pouvoir travailler sur de nouvelles thématiques, comme je le fais en ce moment avec le Musée d’Art Moderne et Contemporain. Ce qui me plaît moins, ce sont les tâches administratives, notamment celles en lien avec les financements, qui sont encore plus complexes sur des projets européens. Et je n’apprécie pas le cloisonnement que l’on peut parfois ressentir entre les différents personnels de recherche. J’aime travailler en équipe, selon un objectif commun, avec la possibilité pour chacun, indépendamment de son statut, d’apporter sa pierre à l’édifice… »——————————–Notes :[1] Programme d’échange d’étudiants et d’enseignants entre les universités, les grandes écoles européennes et des établissements d’enseignement à travers le monde entier.[2] L’Institut ARTS porte un projet d’école graduée (Graduate+) qui bénéficie d’une aide de l’État gérée par l’Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030 (référence « ANR-21-SFRI-0001 »).PPour en savoir plusStotymap « Balade en paysage disparu »Géovisualisation 3D « Patrimoine engloutis des Gorges de la Loire »Géovisualisation 3D « Mémoire(s) de la Seconde Guerre mondiale à Saint-Étienne »Article « Cartographie et mémoire(s) des conflits : la Seconde Guerre mondiale à Saint-Étienne » dans le Bollettino della Società Geografica ItalianaArticle « Tools Against Oblivion: 3D Visualization of Sunken Landscapes and Cultural Heritages Applied to a Dam Reservoir in the Gorges de la Loire (France) »dans le Journal of Geovisualization and Spatial Analysis
CComment les collégiens se déplacent Niveau de vie, sexe, âge, ou encore quartier d’habitation influent sur les moyens de transports utilisés par les collégiens et collégiennes, révèle une vaste étude. Qui propose des pistes pour réduire leurs émissions de CO₂ et améliorer leur santé.Article en lien avec les travaux de Thibault Isambourg, actuellement doctorant au Laboratoire aménagement, économie, transports et chez Transdev, multinationale française de transports publics.Lire l’article complet
EExosquelette et plasticité cérébrale : Enguerran Houdry, kinésithérapeute-chercheur | Visages de la science ©HCLEnguerran Houdry consacre ses travaux de recherche à l’utilisation de l’exosquelette comme outil de rééducation physique pour des patients souffrant d’atteintes neurologiques. Entre soin, science et innovation technologique.Diplômé en 2016, Enguerran Houdry a exercé dans divers établissements avant de rejoindre les Hospices Civils de Lyon en septembre 2022. À l’hôpital Henry Gabrielle, il trouve le milieu professionnel auquel il aspirait. Confronté à une grande diversité de patients, il assouvit son intérêt pour la neurologie. « J’ai choisi la neurologie par passion pour la complexité des cas et l’absence de protocoles figés, ce qui exige une réflexion intense et constante ».Exercer dans le deuxième CHU de France, c’est aussi l’opportunité « d’un suivi au long cours, de quelques mois à plusieurs années, d’un travail en équipe avec les médecins, ergothérapeutes, psychomotriciens, orthophonistes, infirmiers, prothésistes, secrétaires, etc. » Parmi les patients qui passent entre ses mains, des blessés médullaires « et aussi des cas de plus en plus fréquents de jeunes souffrant de carences graves en vitamine B12 liées à l’inhalation de protoxyde d’azote », alerte-t-il. […] >> Lire la suite de l’article sur le site :HOSPICES CIVILS DE LYON
PPrototype et variation de l’autisme adulte : le rôle de la certitude clinique Le 19 novembre 2025, le Centre d’excellence iMIND a eu l’honneur de recevoir le professeur Laurent Mottron pour une conférence ayant trait à l’autisme chez l’adulte.Cette intervention a permis d’insister sur la complexité de l’investigation clinique à l’âge adulte. Le Pr Mottron a d’ailleurs présenté un nouveau modèle pour comprendre quelle sorte de différence est l’autisme : la bifurcation développementale asymétrique.>> Retrouvez le replay de cette conférence sur YouTube :iMIND
PPourquoi il est bon de faire du sport pour le cerveau, à tout âge | Cortex Mag Courir, nager, danser ou même simplement jardiner. Avoir une activité physique régulière a des conséquences positives sur le cerveau à chaque étape de notre vie, qu’il s’agisse de l’enfance pendant lequel se joue le développement cérébral ou de la vieillesse au cours de laquelle la préservation des capacités cognitives est capitale. De quoi parle-t-on ? Explications.Dès les premiers pas de l’humanité, notre espèce s’est façonnée à travers le mouvement. Nos ancêtres parcouraient des kilomètres chaque jour pour survivre, explorer et interagir avec leur environnement. Cette adaptation à l’effort physique n’était pas seulement une question de muscles ou d’endurance : elle a également sculpté notre cerveau et nos capacités cognitives.Si, en général, l’activité physique est définie comme « un mouvement corporel produit par des muscles squelettiques qui entraîne une dépense d’énergie » 1 – qu’il s’agisse de marcher, courir, danser ou jardiner – celle-ci implique bien plus qu’un simple coût énergétique. L’activité physique nécessite des besoins et entraîne des effets sur la cognition qui façonnent notre développement dès les premières années de vie et qui contribuent au maintien de nos capacités intellectuelles à mesure que nous vieillissons. […]1 Caspersen, C. J., Powell, K. E., & Christenson, G. M. (1985). Physical activity, exercise, and physical fitness: definitions and distinctions for health-related research. Public health reports, 100(2), 126.Un article rédigé par Camille Blondet et Marie Rochas, 9 janv. 2026, pour CORTEX Mag.>> Article à lire en intégralité sur :CORTEX MAG
FFaire preuve d’humilité pourrait restaurer la confiance dans les experts Selon une récente étude, reconnaître les limites de sa propre connaissance pourrait être un signal d’expertise tout aussi important que les diplômes et la confiance.À qui accorderiez-vous davantage de crédit ? À un expert qui prétend détenir toutes les réponses ou à celui qui reconnaît ses limites ? Au cours des cinq dernières années, nous nous sommes consacrés à l’analyse approfondie de cette question et des différentes réactions des individus.Notre projet de recherche est né d’une tension récurrente que nous avons tous deux perçue au début de nos carrières académiques. Les études universitaires nous ont fait prendre conscience des limites de nos connaissances, y compris dans le cadre d’une spécialisation approfondie dans un domaine spécifique. Les chercheurs qualifient cette prise de conscience personnelle « d’humilité intellectuelle. » Il s’agit d’une situation que de nombreux experts rencontrent lorsqu’ils sont amenés à changer de poste.[…]Auteurs : Lauren Keating, Professeure en comportement organisationnel et psychologie, emlyon business school, Ben Walker, Professeur en comportement organisationnel, Université de Wellington. >> Lire l’article complet sur :knowledge@emlyon
LLe futur de l’impression 3D ? La matière avant la machine En impression 3D, tout se joue dans les matériaux : résistance, légèreté, durabilité, usages. Un enjeu clé pour l’industrie… et pour les ingénieur·es de demain.Qu’il s’agisse de pièces de fusée, d’automobile, de pont ou même d’aliments, la fabrication additive (FA) redéfinit complètement le champ des possibles dans de très nombreux domaines d’activités. Elle offre des perspectives prometteuses en matière de matériaux, mais elle pose également des défis techniques, économiques et environnementaux qui nécessitent une maturation et une adaptation des procédés en lien avec les matériaux utilisés.Plus connu sous la dénomination « impression 3D », ce procédé met en œuvre des polymères (plastiques) ou des alliages métalliques pour fabriquer des objets du quotidien. Les imprimantes 3D polymères sont accessibles au grand public pour quelques centaines d’euros. Elles permettent notamment de fabriquer des pièces prototypes (d’où le nom prototypage rapide), des coques de téléphone, des pièces de rechange, des prothèses, des bijoux, des jouets, des objets de décorations ou des maquettes.Lire la suite de l’article
DDébats sur les rythmes scolaires : la discrète fin de la « guerre du caté » | The Conversation Bien que les débats sur les rythmes scolaires semblent se répéter et se ressembler au fil des décennies, nous constatons une évolution majeure qui a marqué la dernière Convention sur les temps de l’enfant. L’Église catholique, autrefois au cœur d’une véritable « guerre du caté », ne se fait pas entendre. Que nous révèle la fin des tensions autour du mercredi matin dans les emplois du temps scolaires ?La récente Convention citoyenne sur les temps de l’enfant (juin-novembre 2025) a rappelé la difficulté d’adapter les plannings scolaires aux rythmes biologiques des élèves. D’autres enjeux, économiques par exemple (notamment dans les débats sur les calendriers de vacances), s’entremêlent avec cet objectif. […]Un article de Yves Verneuil, Professeur des Universités en sciences de l’éducation à l’Université Lumière Lyon 2 – The Conversation – 14 janv. 2026>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION
PPourquoi en France les start-ups dirigées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles dirigées par des hommes ? Le financement d’une entreprise n’est pas seulement qu’une affaire d’argent, c’est une relation, une danse à deux où chaque partenaire projette des stéréotypes. À travers une étude, des entrepreneuses témoignent de ces représentations qu’elles portent parfois elles aussi. En France, les start-ups fondées par des femmes lèvent en moyenne 2,5 fois moins de fonds que celles fondées par des hommes. Ce constat illustre à quel point le financement reste l’un des principaux enjeux liés de l’entrepreneuriat féminin, parfois décrit comme un second plafond de verre. Il faut déjà s’imposer comme entrepreneuse, puis encore franchir la barrière de l’accès aux capitaux. […]Un article de Pauline Gibard, maîtresse de conférence en entreprenariat à l’Université Jean Moulin Lyon 3 et de Marie-Christine Chalus, professeure des universités – DG IAE Lyon à l’Université Jean Moulin Lyon 3 – The Conversation – 24 nov. 2025>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION