TOUTE L’ÉQUIPE POP'SCIENCES VOUS SOUHAITE UNE BELLE NOUVELLE ANNÉE.

Pourquoi les enfants dyspraxiques ont du mal en mathématiques

PPourquoi les enfants dyspraxiques ont du mal en mathématiques

Les enfants présentant un trouble du développement de la coordination motrice ont souvent aussi des difficultés en mathématiques. Deux chercheuses ont montré comment la dyspraxie impactait deux capacités indispensables à la mise en place du dénombrement.

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Pourquoi certains se rappellent-ils mieux leurs rêves que d’autres ?

PPourquoi certains se rappellent-ils mieux leurs rêves que d’autres ?

Tout le monde rêve toutes les nuits. Pourtant, si certains arrivent à décrire leurs songes dans les moindres détails, d’autres n’en retiennent que de brefs fragments confus, voire pensent – à tort – qu’ils ne rêvent pas.

Cette inégalité intrigue les neuroscientifiques spécialistes du sommeil : qu’est-ce qui différencie les grands des petits rêveurs ?

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CORTEX Mag

Parlons DATA, parlons méthodes !

PParlons DATA, parlons méthodes !

Les acteurs du projet d’expérimentations de navettes autonomes (projet ENA) se sont réunis au mois de mars, pour convenir d’une méthodologie d’identification et de gestion des données, potentiellement produites ou utilisées sur chacun des territoires. La mise en place de cette méthodologie commune est apparue comme essentielle aux membres du consortium pour répondre aux enjeux de confidentialité, de partage et de diffusion des données.

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Quand les chercheurs recréent l’ambiance d’un café pour le recueil de données

QQuand les chercheurs recréent l’ambiance d’un café pour le recueil de données

Le projet d’expérimentations de navettes autonomes (projet ENA) propose de répondre à la problématique du droit à la mobilité pour tous et partout. Pour cela, les besoins et les attentes des usagers, en terme de mobilité (offres de service, sécurité ou encore confort), doivent être recueillis et analysés sur chaque territoire d’expérimentation.

Les futurs usagers de cette nouvelle technologie seront, pour cela, invités à participer à des « focus group » (ou groupes de discussions), technique de recueil de données propre aux sciences humaines et sociales, qui facilite l’échange et la discussion des participants.

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LUMINA à bord de l’ISS

LLUMINA à bord de l’ISS

Pour la toute première fois, un dosimètre à fibre optique va être envoyé au sein de la Station Spatiale Internationale. Ce projet, appelé LUMINA, est coordonné par Sylvain Girard, enseignant-chercheur de l’Université Jean Monnet, au laboratoire Hubert Curien (UJM/CNRS/IOGS) et responsable scientifique du LabH6 (UJM, CNRS et la société française de hautes technologies iXblue).

<UNE TECHNOLOGIE DÉVELOPPÉE PAR DES CHERCHEURS DE L’UNIVERSITÉ JEAN MONNET SAINT-ÉTIENNE EMBARQUERA PROCHAINEMENT À BORD DE L’ISS !

L’optimisation de la tenue aux radiations des fibres optiques fait partie des différents axes de recherche menés au sein du laboratoire Hubert Curien. La qualité des résultats obtenus a permis à ses chercheurs d’acquérir une reconnaissance au niveau européen et même mondial.

C’est ainsi que le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) a souhaité que le dosimètre à fibres optiques conçu par les chercheurs de l’UJM en étroite collaboration avec iXblue et le CERN, puisse intégrer la Station Spatiale Internationale (ISS) grâce au projet LUMINA. Cette opération se fera dans le cadre (si le calendrier ne bouge pas d’ici-là) de la mission ALPHA menée par le célèbre astronaute de l’Agence Spatiale Européenne, Thomas Pesquet.

L’utilisation de la fibre optique permet de détecter de très faibles niveaux de radiation. En effet, les radiations créent des défauts dans la fibre qui affaiblissent sa capacité à propager la lumière. Petit à petit, la fibre s’opacifie et la puissance détectée en sortie de fibre diminue… Avec le dosimètre à fibres optiques, on peut corréler la perte de cette puissance lumineuse au niveau de radiation reçue par la fibre.

LUMINAtest@CosimoCampanella

Concrètement, des données seront récoltées en temps réel pendant plusieurs mois. Thomas Pesquet, ou un autre astronaute, pourra se connecter en Bluetooth sur le dosimètre, récupérer les données et les renvoyer sur terre pour analyse.

Le challenge de LUMINA est de pouvoir détecter des niveaux de radiation extrêmement faibles…Il faut savoir que le niveau de radiation, fort heureusement pour les astronautes, est plutôt bas au sein de l’ISS. C’est un niveau de radiation presque comparable à celui que l’on peut recevoir sur un vol Paris-New-York.

Mais ce niveau peut fortement varier dans l’espace et en fonction des missions envisagées d’où l’importance du dosimètre à fibre optique. A terme, cette technologie pourrait être intégrée dans de futures missions spatiales et permettre de prévenir les astronautes de l’imminence d’une tempête solaire très fortement chargée en radiations et donc très dangereuse.

La reconnaissance des travaux menés au sein du laboratoire Hubert Curien permettra l’application d’autres expériences à mener dans l’espace. Une belle réussite à suivre dans les mois à venir ! 

Guide du naturaliste #1 : Les oiseaux de France

GGuide du naturaliste #1 : Les oiseaux de France

Apprendre à reconnaître 12 espèces d’oiseaux communs

Nous sommes souvent subjugués par les connaissances de nos grands-parents en ce qui concerne la biodiversité qui nous entoure. Nos générations ont en effet quelque peu perdu ce lien à la nature. De ce fait, il nous est bien trop souvent difficile de savoir identifier les espèces communes avec lesquelles nous vivons. L’objectif de ce premier guide du naturaliste est donc de vous fournir toutes les informations nécessaires pour vous permettre de reconnaître 12 espèces d’oiseaux communs, tout en éveillant votre curiosité ! 

Pour ce faire, vous retrouverez tout d’abord la présentation de 12 espèces d’oiseaux rencontrées fréquemment en France. À la fin de ces présentations vous pourrez télécharger les fiches d’identités correspondantes !

Nous vous donnerons ensuite des astuces de nourrissage pour les aider à survivre à l’hiver.

Et enfin, nous vous présenterons quelques précieux conseils pour vous permettre d’installer des nichoirs adaptés aux oiseaux qui visitent vos jardins, et ainsi de participer à la diminution de la fragmentation de leur habitat.

>> Pour tout savoir et devenir de vrais naturalistes, rendez-vous juste ici :

Guide du naturaliste #1 : Reconnaître 12 espèces d’oiseaux communs

 

Avec la Covid-19, on met enfin le nez sur la perte de l’odorat

AAvec la Covid-19, on met enfin le nez sur la perte de l’odorat

Le déficit olfactif, l’un des effets de la Covid-19, génère de réelles difficultés dans la vie sociale, pouvant se traduire par une tendance à l’isolement ou des symptômes dépressifs.

Dans ce billet publié dans CNRS le Journal avec Libération, Moustafa Bensafi, Catherine Rouby et Camille Ferdenzi-Lemaître, chercheurs en neurosciences et psychologie de l’olfaction au Centre de recherche en neurosciences de Lyon, livrent leur analyse et appellent à une meilleure prise en charge médicale.

Lire l’article sur CNRS le Journal

IRM-LINAC. La radiothérapie gagne en précision et en efficacité

IIRM-LINAC. La radiothérapie gagne en précision et en efficacité

Un IRM-LINAC vient juste d’être installé aux Hospices civils de Lyon (HCL), dans le service du Professeur Olivier Chapet. Cette nouvelle instrumentation combine simultanément un accélérateur – et donc l’émission d’un rayonnement pour le traitement des tumeurs – et un IRM assurant l’acquisition rapide et concomitante d’images de très grande qualité, équivalente à celles obtenues en radiologie.

Jusqu’à présent on se basait principalement sur l’imagerie scanner pour le suivi des tumeurs, une modalité d’imagerie extrêmement performante pour mettre en valeur les éléments lourds (structure osseuse).

L’IRM détecte quant à lui certains éléments légers comme l’hydrogène, présent dans l’eau et les tissus biologiques. Il est, en ce sens, beaucoup plus sensible pour étudier les tissus mous et offre ainsi de nouvelles perspectives.

Délicate livraison de l’IRM LINAC aux HCL / ©Société Julien RAMBAUD

Dès lors, les avantages de cette technologie IRM-LINAC sont multiples :

  • Intégration en temps réel d’images de haute qualité permettant la visualisation précise des tumeurs, pour un suivi plus rigoureux des zones à irradier pendant le traitement
  • Visualisation d’organes et de tumeurs peu visibles au scanner
  • Adaptation du traitement à chaque séance en fonction de la position et de la forme de la tumeur, de la réponse au traitement et des tissus sains avoisinants

De nouveaux projets de recherche innovants et multidisciplinaires peuvent alors se développer. Ils permettent de créer de futurs outils informatiques faisant appel à l’intelligence artificielle pour une analyse plus rapide des images IRM. D’autres projets permettront d’intégrer des données de radiobiologie dans l’adaptation du traitement, ou encore d’accroître la visibilité de la tumeur par différents moyens de contrastes.

Autant de perspectives positives, qui confirment la place prépondérante qu’occupe la radiothérapie dans les traitements de lutte contre le cancer.

Pour aller plus loin, découvrez l’article du Pop’Sciences Mag :

Radiothérapie : 130 ans d’innovation

Sous le regard des chercheurs, la faune égyptienne se révèle | Un article Pop’Sciences

SSous le regard des chercheurs, la faune égyptienne se révèle | Un article Pop’Sciences

Plusieurs dizaines de millions de momies d’animaux sacrifiés aux dieux égyptiens ont été découvertes dans les catacombes de la vallée du Nil. 2500 d’entre elles ont trouvé refuge à Lyon, au sein des collections du musée des Confluences. Depuis huit ans, elles sont le sujet d’études atypiques de physiciens et de chimistes qui, en collaboration avec les archéologues, cherchent à mieux comprendre le culte dont ces animaux ont fait l’objet. Enquête au pays des thanatopracteurs, point de départ : la réserve Lortet.

Un article rédigé par Caroline Depecker, journaliste,

pour Pop’Sciences – 11 décembre 2020

Le bruit sourd du ventilateur, chargé d’assécher l’air de la pièce, étouffe quelque peu celui des feuilles de papier de soie. De ses mains gantées, Didier Berthet extirpe délicatement un ibis brunâtre du tiroir blanc : il semble dormir paisiblement, d’un sommeil vieux de presque 3000 ans. L’oiseau a les ailes repliées sur son ventre, la tête tournée sur le côté. « Emmaillotés dans leurs bandelettes, certains de nos ibis momifiés prennent alors une forme qui ressemble à celle d’un gros « cornet de glace » », commente le conservateur du musée des Confluences. Il sourit : « C’est ainsi, qu’entre nous, on désigne ce type de momies ».

Ibis sacré momifié, momie « cornet de glace » / © Romain Amiot/LGL-TPE/CNRS

Pénétrer la « réserve Lortet », c’est faire un grand bond dans le temps et l’espace. Arpenter, non les pyramides des Pharaons, mais leur environnement naturel et aller à la rencontre de la faune de l’époque. Crocodiles, chats, chiens, gazelles, musaraignes, poissons, faucons… Rangées soigneusement le long des murs ou dans des étagères, figées, les momies semblent dans l’attente de renaître. Une expérience troublante. Elles sont près de 2500, ramenées d’Égypte au début du 20e siècle par Louis Lortet, alors directeur du Muséum de Lyon. Cette collection est, hors son pays d’origine, la plus importante au monde. Qualifiée d’un point de vue zoologique par le scientifique lyonnais, elle a donné lieu récemment à un vaste programme de recherche associant sciences humaines (égyptologie, archéozoologie) et sciences de la vie ou de la matière. De 2013 à 2018, à travers le projet MAHES, de nombreux experts se sont penchés sur les momies, et ont levé un coin du voile sur le culte dont leurs animaux ont fait l’objet. Les études se poursuivent aujourd’hui, livrant des informations précieuses.

L’industrie funéraire des momies sacrées et ex-votos

Dans les croyances de l’Égypte ancienne, les divinités peuvent s’incarner sous forme animale : l’esprit divin anime le corps de son animal totem, lequel est reconnaissable à certains traits distinctifs. Sacré, celui-ci est élevé et choyé dans un temple avec toutes les attentions dues à un dieu (offrandes, visites des fidèles). Mort, son corps est préservé par momification pour que l’esprit puisse évoluer dans l’au-delà. Associé à une divinité zoomorphe, sans pour autant être son incarnation, un animal momifié aurait pu aussi être offert à un dieu en guise d’ex-voto, c’est-à-dire dans l’espoir qu’une prière soit entendue. « A la différence d’une momie sacrée, dans le cas de la momie votive, l’animal devient important après sa mort, explique Camille Berruyer, archéozoologue doctorante au laboratoire Archéorient1 de Lyon et à l’ESRF2. C’est le médium-cadavre, frais ou pas, qui est utilisé pour certains rites dont on ne sait pas grand-chose en réalité. » Cette différence de statut jouait-elle sur les pratiques liées à la momification ? Pour la chercheuse, « la question est complexe et reste largement ouverte ». Et elle n’est pas la seule.

Paul Tafforeau, scientifique ESRF, paléontologue et Camille Berruyer, doctorante, sur la ligne BM05 de l’ESRF, lors de l’étude d’une autre momie.
/ © Pierre Jayet

Plusieurs dizaines de millions de momies animales ont été mises au jour dans des catacombes de la vallée du Nil et témoignent d’une intense ferveur religieuse. Pendant les 1000 ans qu’a duré cette véritable « industrie » funéraire (du 7e siècle av. J.-C. jusqu’à l’époque romaine, 1er-3e siècle ap. J.-C.), comment les Égyptiens se sont-ils approvisionnés en matière première ? Des traces archéologiques témoignent du recours à l’élevage intensif pour certaines espèces dont les animaux domestiques : les « fermes à chats » en sont un bon exemple. Pour la faune sauvage, la réponse s’avère plus délicate.

Sur les traces des oiseaux migrateurs

Publiée en septembre, une étude confirme ce que suggèrent des fresques murales : les Égyptiens pratiquaient de façon massive la chasse aux ibis et aux rapaces afin d’honorer, respectivement, Thot (dieu de la science et inventeur de l’écriture) et Horus (dieu protecteur des pharaons). Une pratique qui a dû exercer une pression écologique forte sur l’avifaune de l’époque. Pour arriver à cette conclusion, des scientifiques de l’Université Claude Bernard Lyon1 et du C2RMF3 ont effectué des mesures sur des fragments de plumes et d’os, prélevés sur onze momies d’ibis et neuf de rapaces. Ils en ont déterminé les compositions isotopiques, c’est-à-dire l’abondance relative en différentes versions (« lourdes ou légères ») d’éléments chimiques comme l’oxygène, le carbone, l’azote ou le strontium, et les ont comparées à une même analyse faite sur des momies d’Égyptiens contemporains des oiseaux. Leur hypothèse de travail : si les volatiles – migrateurs à l’état sauvage – étaient issus d’élevage, leur alimentation devait être homogène et d’origine locale. Cette homogénéité devrait transparaître alors dans la composition isotopique des restes d’animaux momifiés et être similaire, ou inférieure, à celle des humains. « Or, la variabilité isotopique, et donc alimentaire, observée chez les oiseaux est supérieure à celle des hommes, explique Romain Amiot, paléontologue et géochimiste au laboratoire de géologie de Lyon (LGL-TPE4) qui a participé à l’étude. Cette observation est compatible avec un environnement changeant où les oiseaux picorent ce qu’ils trouvent sous leur bec. Certaines signatures « exotiques » évoquent le comportement migratoire des rapaces sur de longues distances, les ibis voyageaient, eux, le long du cours du Nil ». Le scénario probable ? Les oiseaux étaient chassés, puis embaumés peu de temps après leur capture. « Nous n’avons pas trouvé, en effet, d’éléments suggérant une captivité prolongée, précise Romain Amiot. Mais nous ne pouvons être catégoriques, vu le peu d’échantillons prélevés afin de préserver la valeur patrimoniale des objets étudiés ».

Momie-ossement d’ibis à la patte cassée / © Caroline Depecker

 

Autopsies virtuelles de sauriens

La découverte d’ibis momifiés, à l’état d’œuf ou de juvénile, suggère que les échassiers ont pu aussi avoir été élevés. Ce que confirme Didier Berthet : « Nous avons, en section ostéologie, le squelette d’un ibis dont la patte cassée s’est ressoudée. En milieu sauvage, un oiseau blessé de la sorte n’aurait pu survivre : on a donc pris soin de lui ». Pareil schéma peut être brossé pour les crocodiles. On estime qu’une quarantaine de sauriens sacrés ont été entretenus en même temps dans des temples afin d’honorer Sobek, le dieu de l’eau et de la fertilité. On sait encore que des éclosoirs et nurseries destinés aux reptiles existaient. Cependant, en 2019, une équipe de chercheurs, dont Camille Berruyer faisait partie, a apporté la preuve que des crocodiles sauvages étaient chassés pour confectionner les momies. Une première. En utilisant la micro-tomographie à rayons X, une technique d’imagerie non destructive disponible à l’ESRF, la chercheuse et ses collaborateurs ont reconstitué l’image 3D d’une momie de crocodile vieille de 2000 ans. L’autopsie virtuelle du saurien, âgé de 3 ou 4 ans, a révélé que l’animal était mort d’un coup unique porté à la tête et qu’il avait mangé, pour dernier repas, une souris et plusieurs insectes. Un faisceau d’indices suggérant une vie sauvage au moment du décès.

Momies de bébés crocodiles rassemblées en « brochettes »
/ © Caroline Depecker

 

Élevage, chasse… Les Égyptiens n’hésitaient pas enfin à recourir aux charognes pour confectionner les momies votives. C’est l’éclairage nouveau qu’a apporté la chercheuse sur les crocodiles, en février dernier. « L’aspect extérieur d’une des momies prévues à l’étude nous avait alertés, relate-t-elle. Très mal conservée et sans bandelette, elle semblait réduite à l’état de peau tannée. On devinait un début d’incision sous la gorge. Tout cela nous indiquait que son mode de préparation était anormal ». Les images 3D révèlent que, de façon inhabituelle, tous les organes, les muscles et la majorité des os du saurien ont été retirés. La cavité interne du crâne, difficilement accessible, n’a pu être aussi bien nettoyée que le reste du corps.

En prêtant attention aux micro-détails de la membrane crânienne toujours présente, la chercheuse observe la présence d’insectes nécrophages, de 3e escouade, restés collés. « C’est à partir d’un cadavre putréfié depuis plusieurs semaines que cette momie a été préparée. Toutes les opérations qu’a subi l’animal lors de sa momification visaient à ce qu’il ne pourrisse pas davantage », conclut Camille Berruyer.

Insectes nécrophages radiographies dans un crane de crocodile (adulte en vert, larves en brun et œufs en bleu), rendus 3 D / © ESRF

La signature en carbone des baumes

Les momies « démaillotées » de Lyon sont de couleurs différentes : certaines sont brun clair, d’autres plus sombres. Des différences de coloration associées aux baumes utilisés pour les fabriquer. A partir d’une vingtaine de spécimen d’espèces variées, issus de la collection, la composition générale de ces pâtes a été déterminée. Comme pour les humains, elle renferme de la résine de pin, aux propriétés antimicrobiennes, ainsi que de la cire d’abeille, des graisses animales ou des gommes végétales. Pourrait-on aller plus loin ? Dans le cadre des travaux de Romain Amiot, les fragments d’oiseaux investigués ont dû être « lavés » avant analyse, donnant lieu à des fractions liquides enrichies en baume et isolées. Une étude préliminaire, portant sur quatre d’entre elles (associées à un ibis et trois rapaces issus de sites différents) a montré des variations intéressantes dans la formulation des baumes. « Au contraire des rapaces, l’ibis a été embaumé sans résine de pin, commente Vincent Grossi, géochimiste au LGL-TPE4 qui a encadré l’étude. Et, d’après nos observations, le taux de carbone 13 (un des isotopes du carbone) de certaines molécules contenues dans ces baumes pourrait constituer un indicateur traduisant différentes recettes ou ateliers de momification. Ce sont de premiers résultats, mais ils nous motivent pour en savoir davantage ». La suite est prévue au printemps 2021.

Sous le regard curieux des chercheurs, les momies animales de Lyon continueront donc à nous relater leur histoire. En attendant, qu’un jour, elles puissent faire l’objet d’une exposition à la mesure de leur valeur au musée des Confluences.

Grandes momies animales (crocodiles, béliers …) conservées dans la réserve Lortet
/ © Caroline Depecker

 

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Notes :

1 Laboratoire Archéorient, environnements et sociétés de l’Orient ancien

2 ESRF – European Synchrotron Radiation Facility : installation européenne de rayonnement synchrotron située à Grenoble

3 LGL-TPE – Laboratoire de Géologie de Lyon : Terre, Planètes, Environnement

4 C2RMF – Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France

PPour aller plus loin

Le freestyle, entre prise de risque et quête d’esthétique

LLe freestyle, entre prise de risque et quête d’esthétique

Entre sensations, esthétique et prise de risques, pas facile de trouver l’équilibre. Sciences pour tous est allé sur le terrain des snowboardeurs avec Bastien Soulé, enseignant-chercheur au laboratoire L-VIS.

Pratiquant ou simple spectateur, le freestyle fascine. Les acrobaties dont sont capables snowboardeurs comme skieurs inspirent l’admiration, mais aussi la crainte. Car la quête de sensations, la recherche de style dans ces sports extrêmes demeurent indissociables d’une forte prise de risques. Une tension à laquelle les gestionnaires de stations ski sont confrontés avec les snowparks qui, bien que plébiscités par les clients, restent intrinsèquement accidentogènes.

Alors que ces espaces ont contribué à renouveler les sports d’hiver, quelle gestion des risques et quelle prévention mettre en place auprès des usagers ? C’est l’une des nombreuses questions à laquelle tentent de répondre des chercheure-e-s en STAPS dans l’ouvrage « du Freestyle aux snowparks ».

 

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