Suite aux mesures sanitaires prises concernant l'épidémie de Covid-19, les évènements en présentiel sont annulés jusqu'à nouvel ordre. Pop'Sciences reste mobilisé pour vous informer sur l'actualité scientifique et proposer des rendez-vous en distanciel.

12 solutions océaniques pour lutter contre le réchauffement climatique

112 solutions océaniques pour lutter contre le réchauffement climatique

Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Illustrations : Solène Rebière.

Textes : Benoît de La Fonchais   |   4 juin 2020


L’océan se trouve au cœur du système climatique de la planète. Sa santé est donc cruciale non seulement pour les écosystèmes marins mais aussi pour la survie de toute l’humanité.

Plus que jamais, nous devons le protéger. Mais nous pouvons aussi faire de l’océan le premier levier de lutte contre le réchauffement planétaire. C’est le message délivré par une équipe internationale de chercheurs en octobre 2018*. S’appuyant sur une vaste bibliographie, ils ont évalué le potentiel d’une douzaine de solutions, locales ou globales, que l’océan nous offre pour lutter contre le changement climatique.

Avertissement : toutes ne sont pas également réalistes, efficaces ou pertinentes (notamment les solutions génétiques ou de géo-ingénierie), mais elles représentent des pistes concrètes sur lesquelles gouvernements et populations doivent réfléchir ensemble.

* Ocean Solutions to Address Climate Change and Its Effects on Marine Ecosystems – Frontiers in Marine Science – Volume 5 – 2018 – p. 337

 

1. Développer les énergies marines renouvelables

Utiliser l’énergie des vents, des courants, de la marée, de la houle, exploiter les différences de température des eaux.

©Solène Rebière

 

2. Préserver et restaurer la végétation côtière

La végétation littorale (mangrove, marais salants, herbiers marins…) contribue à l’absorption du CO2 d’origine anthropique

©Solène Rebière

 

3. Fertiliser l’océan

Enrichir l’océan en éléments nutritifs (fer) pour développer le phytoplancton et augmenter ainsi sa capacité d’absorption en CO2.

4. Alcaliniser l’océan

Enrichir l’océan en ions magnésium, sodium ou calcium pour améliorer la solubilité du CO2

©Solène Rebière

 

5. Lutter contre la pollution

Limiter les sources de pollution d’origines terrestre ou fluviale (eaux usées, plastiques…).

6. Protéger les habitats et les écosystèmes

Créer des aires marines protégées pour préserver la biodiversité marine et les services rendus par les océans.

©Solène Rebière

 

7. Préserver les ressources

Arrêter la pêche intensive et la surexploitation des réserves halieutiques.

8. Augmenter l’albédo de l’océan (le pouvoir réfléchissant de sa surface)

Tapisser la surface de l’océan d’une mousse non polluante pour réfléchir les rayons lumineux.

©Solène Rebière

 

9. Augmenter le pouvoir réfléchissant des nuages

Pulvériser à grande échelle de l’eau de mer ou d’autres substances dans la basse atmosphère.

10. Surveiller l’hydrologie

Contrôler la qualité des eaux et des sédiments qui se déversent dans l’océan au niveau des grands
bassins fluviaux.

©Solène Rebière

 

11. Restaurer les écosystèmes dégradés

Revitaliser ou recréer des récifs coralliens, par exemple.

12. Agir sur la génétique

Modifier les gènes des espèces marines pour qu’elles s’adaptent au réchauffement climatique.

©Solène Rebière

 


Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Sphyrna Odyssey. À la rencontre des cachalots

SSphyrna Odyssey. À la rencontre des cachalots

Ce photo-reportage est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Ludovic Viévard   |   2 juin 2020


Placée sous la direction scientifique d’Hervé Glotin, professeur à l’Université de Toulon, la Mission Sphyrna Odyssey 2019 s’inscrit dans une série de campagnes initiées dès 2017. De septembre à décembre 2019, elle a parcouru plus de 2200 km entre Gène et les Baléares à la recherche des cachalots. Leurs clics sont repérés et enregistrés grâce à un dispositif d’écoute passive, ce qui renseigne les chercheurs sur leur comportement, et notamment leur cycle de vie.

©Pauline Cottaz

Le Sphyrna 55 (17 mètres) et le Sphyrna 70 (21 mètres) sont les drones de surface utilisés pour cette mission. Conçus et développés par le bureau d’études navales Sea Proven, ils sont autonomes, silencieux, et embarquent plus d’une tonne de matériel, dont des hydrophones.

 

©Pauline Cottaz

Marion Poupard et Marina Oger (stagiaire) analysent et écoutent en matériel, dont des hydrophones. temps réel les enregistrements réalisés par les Sphyrnas situés à plusieurs kilomètres du bateau.

 

© Crédits : Capture d’écran du fi lm « La planète des géants » Ciné Films Europe.

En janvier 2020, une semaine durant, de 1 à 7 cachalots ont été observés face à Toulon et au large de Nice. Des globicéphales ainsi que plusieurs espèces de dauphins ont également été vus et enregistrés.

 

À partir des sons enregistrés, ici à plus de 3 km, les chercheurs peuvent retracer en 3D la plongée des animaux. Un cycle de plongée dure environ 50 minutes, sur environ 3 km horizontalement et à une profondeur moyenne de 500 m. Mais les cachalots peuvent descendre beaucoup plus profondément, et jusqu’à 1400 mètres.

 

©Pauline Cottaz

Marion Poupard et Pierrick Rouf (Ingénieur en systèmes embarqués) planifient les prochaines heures de navigation des Sphyrnas en fonction des canyons sous-marins rencontrés. Au premier plan, Hervé Glotin analyse les signaux enregistrés.

 

©Pauline Cottaz

Sphyrna embarque une carte son appelée Jason fabriquée par la plateforme SMIOT de l’Université de Toulon. Elle permet d’enregistrer 5 voies avec une fréquence d’échantillonnage très élevée (1 million de points par seconde, 5 x 1 mHz). Reliée à cinq hydrophones placés sous la coque, elle permet de trianguler le son pour en localiser l’origine. Les chercheurs savent donc quel animal émet quel clic (1 par seconde environ) et en déduisent la trajectoire de l’animal.

 

©Pauline Cottaz

Les hydrophones sont des microphones conçus pour enregistrer sous l’eau. D’une très grande précision, ils sont placés sous la coque du Sphyrna et peuvent enregistrer des sons dans un rayon de 5 kilomètres autour du drone.

©Pauline Cottaz


Les représentations de l’océan au long de l’histoire

LLes représentations de l’océan au long de l’histoire

Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Grégory Fléchet   |   3 juin 2020


Alors que la Terre est majoritairement couverte d’eau, sa représentation cartographique a longtemps privilégié la visualisation des masses continentales au détriment des océans. Avec l’avènement des grandes explorations maritimes, les humains ont soudain pris conscience que ces masses d’eau étaient toutes reliées entre elles. Face à la difficulté de mettre en image cet océan global, les cartographes ont su faire preuve d’audace et de créativité pour donner à voir la dominance aquatique de notre belle bille bleue.

 

La Mappa Mundi d’Hereford.

Sur les mappemondes médiévales, telle que cette « carte du monde » datant de la fi n du XIIIe siècle, l’océan s’apparente à un espace inconnu encerclant les zones terrestres. Cette représentation du monde, tel que le conçoivent les Européens au Moyen-Âge, divise la Terre en trois continents séparés par la Mer Méditerranée : l’Asie y occupe le demi-cercle supérieur, l’Afrique le quart inférieur droit et l’Europe le quart inférieur gauche..

/DR

 

Projection de Mercator

Vers la fin du XVIe siècle, les normes de représentation du monde sont fixées par la communauté des cartographes flamands, à laquelle appartient Gerardus Mercator. Sur cette carte dessinée en 1587 par son fils Rumold, l’exagération du décalage longitudinal de l’Amérique du Sud par rapport à l’Amérique du Nord laisse la place à une « Mar del Zur » dans l’actuel Pacifique et à une « Mar del Nord » au niveau de l’Atlantique. L’existence de l’immense Terra Australis, qui occupe une large partie de l’hémisphère sud, ne sera réfutée qu’à la fi n du XVIIIe siècle, à la suite du deuxième voyage de James Cook.

/DR

 

Nouvelle mappemonde

La première tentative de représentation des océans comme une étendue unique et indivisible remonte à 1760. Elle est l’œuvre de l’ingénieur français Nicolas-Antoine Boulanger. Très novatrice pour l’époque, cette représentation divise le monde en un « hémisphère terrestre » réunissant toutes les terres émergées connues et un « hémisphère maritime » révélant toute l’étendue des masses d’eau de notre planète.

©gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Les océans au centre du monde

Cette carte conçue en 1942 par le géophysicien et océanographe sud-africain Athelstan Spilhaus propose une représentation de la Terre centrée sur les océans. Sur ce planisphère quelque peu déroutant, les pôles sont placés en Amérique du Sud et en Chine. Si ce parti pris a pour effet de déformer significativement les continents, il révèle combien les océans du globe forment en réalité une même masse d’eau liquide.

/DR

 

Dymaxion Air-Océan-Monde

Fruit de l’imagination de l’architecte américain Buckminster Fuller, cette projection élaboré en 1954 avec le concours du cartographe japonais Shoji Sadao se compose de vingt triangles individuels pouvant être agencés de multiples manières. Grâce à cette flexibilité qui permet de s’affranchir des habituelles conventions cartographiques, où le Nord est toujours placé en haut et le Sud en bas, l’océan global peut être représenté d’un seul bloc…

/DR


Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

26e édition de la Fête de la Science – Métropole de Lyon et Rhône

226e édition de la Fête de la Science – Métropole de Lyon et Rhône

La 26e édition de la Fête de la Science en métropole lyonnaise et Rhône s’est achevée le 15 octobre. Plus de 120 porteurs de projet ont proposé des événements et fait partager au public de tous âges leurs passions des sciences !

Plus de 40 000 visiteurs sont venus partager cette passion en participant aux divers ateliers, jeux, spectacles, débats, visites… proposés par les chercheurs, étudiants, membres d’associations, personnels de laboratoires, enseignants, élèves, etc. !!

Avec le bilan complet (en téléchargement ci-contre), retrouvez quelques-uns des événements de cette édition en images… et rendez-vous pour la prochaine édition, en octobre 2018  !

Crédits photos : Vincent Moncorgé, Ville de Sant-Genis Laval, Université de Lyon, CNRS Rhône Auvergne/Vanessa Cusimano, IUT Lyon 1, Ville de Saint-Priest

Voir la vidéo Fête de la Science Métropole de Lyon et Rhône

 

Au Laboratoire des Matériaux Avancés, Einstein dans le miroir

AAu Laboratoire des Matériaux Avancés, Einstein dans le miroir

Reportage sur un laboratoire artisan de la détection des ondes gravitationnelles

Du Laboratoire des Matériaux Avancés – LMA (CNRS / IN2P3 / EGO / Université Claude Bernard Lyon 1) de LyonTech-La Doua, sortent certains des miroirs avec lesquelles les ondes gravitationnelles, prédites par Einstein il y a cent ans, ont été observées pour la première fois …

Ces miroirs équipent les interféromètres du projet Advanced LIRGO comme du futur Advanced VIRGO.

Le reportage photos à voir sur Sciences pour Tous

Petit carnet illustré d’une résidence artistique en laboratoire

PPetit carnet illustré d’une résidence artistique en laboratoire

Dans le cadre de la 11ème édition du programme Et si on en parlait sur le langage, le collectif grenoblois d’artistes « Un Euro ne fait pas le Printemps » a investit une semaine durant les murs du laboratoire Dynamiques de Langage pour une résidence artistique d’un nouveau genre.

Yves Béal et Heiko Buchholz, ont travaillé à une nouvelle exploration : celle des mots. Pour aller à la rencontre du mot, du langage, des sons et des sens que nous, humains, produisons en permanence, les artistes et chercheurs ont confronté la poésie et la science en scrutant les particules du langage, leurs sens et leurs impressions sur nous. La semaine a été ponctuée d’ateliers d’écriture, de rencontres, de temps d’échanges et d’investigations sensibles des travaux de recherches menés au sein du laboratoire.

Heiko Buccholz nous livre un témoignage délicat et curieux de cette expérience à travers son petit carnet illustré :
1

Fig. 1 :

Yves Béal en train de se faire interviewer devant son plus long poème. Yves Béal ressemble ainsi beaucoup à un écrivain en train de se faire interviewer : cela lui donne un air important !

2

Fig. 2 :

Yoonmi, doctorante au DLL, mange de façon modérée, mais continue, des MNMs colorés pendant notre entretien, et elle nous en propose. Selon elle, elle en a besoin pour assumer le RDV, alors que nous, on tourne au café noir et aux fisherman’s friends. « It’s a bit strong » selon la publicité de ces bonbons irlandais.

3

Fig. 3 :

Salle sourde (détail). Cette salle est si sourde que l’on entend son propre corps. Moi, Heiko, j’entends mon acouphène. Mais comme j’aime bien mon acouphène, je ne suis pas inquiet, je me dis « Tiens, le voilà ».

J’aime mon acouphène parce que j’ai l’impression de m’entendre vivre.

 

Découvrez la suite ici