A la frontière de l’intensité

AA la frontière de l’intensité

Créée par des membres du groupe de recherche Intensity Frontier, un groupe de recherche de l’Institut de Physique Nucléaire et de Physique des Particules du CNRS, cette exposition photographique vise à partager le merveilleux de la physique des particules. Car pour voir l’infiniment petit, des machines gigantesques sont nécessaires, des objets uniques à la beauté étrange et fascinante…

Une maquette du détecteur CMS – solénoïde compact pour muons – du CERN, l’un des dispositifs ayant permis de découvrir le boson de Higgs, sera également présentée.

Des rencontres autour de l’exposition sont proposées par Antoine Cazes, chercheur à l’Institut des 2 Infinis de Lyon :

  • les lundis, 10, 17, 31 mai et le 7 juin, de 12h30 à 13h  | durée 30 min – limitée à 6 personnes – Sur inscription

En partenariat avec : Institut de Physique des 2 Infinis de Lyon – IP2I

En savoir plus :

A la frontière de l’intensité

Quand un faisceau de lumière mesure les rayons du Soleil depuis l’ISS | Un article Pop’Sciences

QQuand un faisceau de lumière mesure les rayons du Soleil depuis l’ISS | Un article Pop’Sciences

Thomas Pesquet s’envolera bientôt depuis Cap Canaveral à destination de la Station spatiale internationale. Dans le cadre de la mission Alpha et pour son deuxième séjour en orbite, le spationaute français, testera l’utilisation de LUMINA, un dosimètre à fibre optique mis au point dans les laboratoires de l’Université de Saint-Étienne. Si le dispositif tient ses promesses, notamment en termes de sensibilité de mesure, LUMINA pourrait devenir un outil indispensable à la protection des astronautes vis-à-vis des radiations solaires lorsqu’ils sont en mission dans l’espace.

Un article rédigé par Caroline Depecker, journaliste scientifique

pour Pop’Sciences – 14 avril 2021

Sauf report de dernière minute, le compte à rebours sera lancé le 22 avril. A 6h11 heure de Floride, soit 12h11 en France métropolitaine, l’astronaute de l’Agence spatiale européenne Thomas Pesquet décollera de Cap Canaveral vers la station spatiale internationale (ISS). Il sera accueilli à bord de la capsule Crew Dragon de la firme SpaceX. Après la mission Proxima de 2016-17, ce sera la seconde occasion pour le plus médiatique des spationautes français d’expérimenter les effets de l’impesanteur à quelques 400 km d’altitude. Dans le cadre de cette nouvelle mission, nommée Alpha, sur la centaine d’expériences auxquelles Thomas Pesquet contribuera pendant son séjour de six mois, l’une d’entre elles utilise le tout nouveau dosimètre à fibre optique développé par les chercheurs de l’Université Jean Monnet (UJM) de Saint-Étienne. Ce dispositif est testé dans le cadre de l’expérience LUMINA.

Mission Alpha / © ESA (en anglais)

Protéger les astronautes en route vers Mars des radiations solaires

Pour les agences spatiales, la mesure des radiations, émises principalement par le Soleil, est un réel sujet de préoccupation.
Au sein de l’ISS, son niveau est presque comparable à celui que l’on reçoit lors d’un vol Paris-New-York. « Là-haut, le blindage de la station et la présence des ceintures de Van Allen (une portion de la magnétosphère terrestre) protège les astronautes de niveaux radiatifs trop élevés », explique Rémi Canton, chef de projet de la mission Alpha et responsable du Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos), une structure qui dépend du Centre national d’études spatiales (Cnes) de Toulouse. Mais, plus on s’éloigne de l’ISS et de la Terre, et dans le cadre des missions habitées à destination de la Lune ou de Mars, l’affaire est tout autre. « La quantité totale de radiations absorbée par un astronaute est le facteur principal limitant sa carrière. Après un certain temps passé dans l’espace, la dose ionisante maximale tolérable est atteinte, c’est le moment de la retraite. Dans le cas d’un voyage vers Mars, les calculs montrent que celle-ci serait déjà en grande partie atteinte une fois arrivé sur la planète rouge ! », complète l’ingénieur du Cnes. La mise au point de systèmes de protection renforcée (blindages entre autres), mais aussi d’outils capables de mesurer finement les niveaux d’exposition aux radiations et de s’activer en cas d’alerte est donc cruciale pour la santé des spationautes qui pourraient être envoyés en mission spatiale dans le futur.

Station spatiale internationale / © Pixabay

C’est là qu’intervient LUMINA. « Il s’agit pour nous de valider dans l’espace ce dosimètre capable d’atteindre robustesse inédite à l’environnement. Un outil qui constitue une véritable technologie de rupture », précise Florence Clément, responsable de l’expérience LUMINA au Cadmos.

Détecter les rayonnements en temps réel

Le dosimètre à fibre optique de LUMINA est le fruit d’une collaboration entre le laboratoire Hubert Curien de l’UJM, la société française de hautes technologies iXBlue, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (Cern) et le Cnes.

Son principe ? Sous l’effet des radiations, des défauts apparaissent naturellement dans une fibre optique et affaiblissent sa capacité à propager la lumière : celle-ci s’opacifie progressivement. Lorsqu’on injecte un signal lumineux à l’entrée, la puissance détectée à sa sortie diminue au fur et à mesure de cette opacification. « Cette propriété, qui est plutôt un inconvénient des fibres, nous l’avons détournée utilement comme moyen de mesure, explique Sylvain Girard, chercheur en physique au sein du laboratoire Hubert Curien et responsable scientifique universitaire du projet LUMINA. On est capable en effet de corréler directement la perte de puissance lumineuse observée avec la dose de radiations que la fibre a reçue. Et en jouant sur la composition des matériaux, on arrive à ajuster la sensibilité de détection de la fibre à des niveaux de radiations extrêmement bas ».

Les partenaires de l’expérience LUMINA (de gauche à droite: Sylvain Girard, Nicolas Balcon (Cnes), Pierrick Cheiney (iXblue), Florence Clément (Cnes) / © Cnes – DE PRADA Thierry, 2021

Écusson de l’expérience LUMINA embarquée à bord de l’ISS lors de la mission Alpha. / © CNES/GRARD Emmanuel, 2021

 

 

 

Les doses de rayonnements auxquelles sont soumis les spationautes sont suivies depuis le début de l’occupation permanente de l’ISS, en 2000. Cette mesure est, en général, réalisée par des dosimètres dits « passifs » : ces derniers comptent le nombre de particules ionisantes rencontrées pendant tout le temps de la mission et restituent cette information à postériori, une fois sur Terre. La dose journalière absorbée par le spationaute est ainsi une valeur moyennée. A la différence, LUMINA associée à ses cartes électroniques, constitue un capteur actif qui enregistre chaque seconde la quantité de radiations impactant la station par unité de temps. Ses données sont récupérables à tout moment par Thomas Pesquet ou l’un de ses collègues : pour cela il suffit de se connecter par Bluetooth au dosimètre à l’aide d’une tablette.

Les autres avantages de LUMINA

Ils sont nombreux…
– Son faible encombrement. Avec ses deux bobines de fibres, longues de plusieurs kilomètres et fonctionnant respectivement dans le visible et l’infrarouge, le volume du dispositif de mesure avoisine celui d’un parallélépipède de 27 x 27 x 10 cm.
Il pourrait être facilement réduit pour équiper un satellite ou devenir un système portatif. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des systèmes actifs de détection de particules actuels, certains atteignant la taille d’une petite armoire.
– Le verre, matériau principal de la fibre, la préserve des perturbations électromagnétiques.
– La mesure des radiations incidentes se fait indépendamment du flux de particules.
– Le dosimètre répond de la même façon sur une large plage de températures compatible avec celle des missions spatiales (entre -80°C et +120°C).
– Enfin, l’utilisation de la fibre optique permet mesurer la dose déposée par tous types de particules : protons, rayons gamma ou X ou neutrons.

Les expériences de la mission Alpha, embarquée à bord de l’ ISS / © Cnes – GRARD Emmanuel, 2021

« Toutes ces propriétés, couplées à la très grande sensibilité de LUMINA, nous permettent d’imaginer l’utiliser comme système autonome de prévention en cas de tempête solaire, envisage Sylvain Girard. Quelques heures avant l’arrivée d’un tsunami, l’observation de la montée des eaux sert d’alerte aux populations pour se mettre à l’abri. C’est un peu la même idée poursuivie ici : la détection d’une toute petite élévation du niveau des radiations, prémices d’une irruption solaire, serait le signal pour le spationaute d’aller se protéger. Un exemple d’utilisation qu’on imagine parmi d’autres possibles ».

L’utilisation de la fibre optique est onéreuse face aux dosimètres disponibles sur le marché, et dont le coût avoisine les quelques dizaines d’euros. Récente, la technologie doit encore faire ses preuves, mais, dans certains secteurs privilégiés, l’intérêt est d’ores et déjà présent. « Nous avons une dizaine de projets en cours de développement sur le sujet, précise le chercheur de l’UJM. Dans le domaine du spatial, du nucléaire civil ou bien de la médecine. Il s’agit d’une petite révolution en marche ! »

Le planning de travail prévu sur 1 à 5 ans 

Comme la majorité des expériences, LUMINA ne partira pas en même temps que Thomas Pesquet, le dosimètre devrait s’envoler en août depuis Wallops Island, en Virginie (USA), pour rejoindre l’ISS. Ce délai laissera le temps à l’équipe de recherche française de finir les derniers réglages de calibration de l’appareil, à l’aide d’une version jumelle du modèle embarqué dans la station.

Dès l’activation de LUMINA, il est prévu de récolter les données du dosimètre et de les transmettre pour analyse sur Terre de façon hebdomadaire tout d’abord, puis mensuellement, une fois la bonne tenue du détecteur confirmée. Leur exploitation fera l’objet d’un travail de recherche doctoral spécifique avec à la clé, une réponse essentielle : la sensibilité de mesure est-elle bien au rendez-vous pour détecter des niveaux de radiations extrêmement faibles, soit aux alentours de 200 µGy (microGray) ?

Les expériences de la mission Alpha, embarquées à bord de l’ISS / ©Cnes – GRARD Emmanuel, 2021

Idéalement, le Cadmos souhaiterait que cette expérience fonctionne pendant cinq ans. Dans un premier temps, le dosimètre sera seulement utilisé à l’intérieur du complexe spatial. Dans un second temps, il pourrait être adapté pour fonctionner à l’extérieur de l’ISS de manière à comparer les mesures prises dans ces deux environnements différents.

La science à bord de l’ISS

Le vol Crew Dragon-2 s’inscrit dans le cadre de la rotation des équipages de la Station spatiale Internationale. Les quatre astronautes qui s’envoleront à son bord, iront compléter l’équipage de trois personnes déjà en orbite : la station aura atteint alors sa capacité d’accueil maximale. Le but principal de ces expéditions : la science.

Qu’y étudie-t-on ? Rémi Canton : « Il y a deux volets importants dans l’utilisation de l’ISS : l’un est de préparer les futures missions de longue, voire très longue durée. L’autre concerne le travail de recherche fondamentale dans un environnement où règne en permanence la micropesanteur ». Dans le laboratoire spatial, et nulle part ailleurs, il est possible d’observer sur le long terme des phénomènes en physique, sciences de la matière ou de la vie quasi « libérés » du champ de pesanteur terrestre et non plus « écrasés » par lui.
Au-delà des expériences menées en biologie et en médecine pour comprendre les effets des vols spatiaux sur le corps humain, l’ensemble des domaines abordés est vaste : astronomie, mécanique des fluides, sciences des matériaux, mécanique quantique, exobiologie, neurosciences… « Nous n’avons aucun problème à nous renouveler, souligne le scientifique du Cnes. Nous croulons sous les demandes d’expérimentation de protocoles scientifiques. On va dans l’espace malgré l’espace…

Malgré les contraintes scientifiques, logistiques et matérielles importantes pour tout le monde, mais cela vaut le coup ! L’intérêt de la station comme laboratoire de recherche est indéniable. » Pour la mission Alpha, le nombre d’expériences fournies par le Cadmos sera d’une douzaine.

PPour aller plus loin

 

L’IN2P3 fête ses 50 ans

LL’IN2P3 fête ses 50 ans

Le 14 avril 1971, le décret de création de l’IN2P3 – Institut national de physique nucléaire et de physique des particules – paraît au Journal Officiel. Objectif ? Fédérer la recherche française en physique nucléaire et physique des particules ! L’IN2P3 fête 50 ans d’exploration scientifique de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Rendez-vous le 14 avril dès 14h : on y parlera histoire, découvertes scientifiques, mais aussi métiers de la recherche
En savoir plus :
>>> Suivre en direct sur Twitch : 50 ans de l’IN2P3

Mission Alpha : décollage de Thomas Pesquet en direct !

MMission Alpha : décollage de Thomas Pesquet en direct !

L’astronaute français Thomas Pesquet part une nouvelle fois pour la Station Spatiale Internationale, en compagnie de 3 autres astronautes :  le japonais Akihiko Hoshide et les américains Megan McArthur et Robert Shane Kimbrough. Mais, contrairement à son premier séjour à bord de l’ISS en 2016, qui avait démarré à bord d’un vaisseau Soyouz lancé depuis la base de Baïkonour au Kazakhstan, Thomas partira, cette fois-ci à bord de la capsule CrewDragon, montée sur un lanceur privé de la société américaine SpaceX, depuis Cap Canaveral en Floride.

Le Planétarium vous propose de vivre ensemble deux moments forts de ce voyage vers l’espace, en direct sur notre chaîne Twitch :

  • ANNULE | Jeudi 22 avril : décollage reporté à vendredi 23 avril à 11h49 en raison de conditions météorologiques défavorables ce jeudi.
  • Vendredi 23 avril, à partir de 10h : retrouvez Pierre, médiateur scientifique au Planétarium de Vaulx-en-Velin, accompagné de l’astronaute Michel Tognini et du journaliste spatial Eric Bottlaender pour partager l’émotion du décollage de Thomas Pesquet en direct. | Le lancement est prévu à 11h49 (horaire susceptible d’évoluer…)
  • Samedi 24 avril : 23 heures après le décollage, nous nous retrouverons, de nouveau en direct, pour, cette fois, vivre l’amarrage du vaisseau spatial à l’ISS et l’entrée de Thomas Pesquet dans cette immense base de recherche spatiale | Live à partir de 10h

Ne ratez pas ce moment historique !

Suivre le direct

Intérieur de la capsule CrewDragon / ©Flickr

Thomas Pesquet / ©Josh Valcarcel – NASA – John – Hasselblad H6D / Flickr

Les galaxies naines pour étudier la jeunesse de l’Univers

LLes galaxies naines pour étudier la jeunesse de l’Univers

Le modèle cosmologique standard prédit que les galaxies naissent au sein de filaments de gaz et de matière noire. Pour la première fois, ces filaments ont pu être observés directement grâce à l’instrument MUSE installé sur le Très Grand Télescope (VLT) de l’ESO de l’Observatoire Paranal au nord du Chili.

Invité de l’émission La Terre au carré sur France Inter, Roland Bacon, Professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1 et chercheur à l’Observatoire de Lyon, nous en dit plus sur ce nouveau dispositif qui permet de remonter toujours plus loin dans l’histoire de notre Univers.

(Ré)écouter le podcast  

La voie lactée vue par la mission spatiale Gaïa

LLa voie lactée vue par la mission spatiale Gaïa

La mission spatiale européenne Gaïa observe depuis 2014 deux milliards d’étoiles de la Voie lactée et mesure leurs positions, distances, mouvements et propriétés physiques avec une précision inégalée. Gaïa apporte ainsi une moisson inédite d’informations sur notre galaxie, permettant une étude détaillée de sa structure en trois dimensions, de sa cinématique, de son origine et de son évolution.

Carine Babusiaux présentera comment Gaïa nous fournit ces données et comment elles sont en train de révolutionner nos connaissances de la Voie lactée.

Intervenante : Carine Babusiaux, Chercheuse à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble

>> Suivre la conférence en ligne : cliquez ici (via Zoom)

En savoir plus :

Société astronomique de Lyon – SAL

Le futur des grands télescopes

LLe futur des grands télescopes

L’Extremely Large Telescope en construction dans le désert d’Atacama (Chili)

En 2020, le télescope spatial Hubble a fêté ses 30 ans de carrière. Des planètes de notre système solaire jusqu’aux galaxies les plus lointaines, ce télescope a livré plus d’un million d’images époustouflantes, dont certaines ont bouleversé l’astronomie. Alors qu’Hubble approche de la retraite, une nouvelle génération de télescopes promet elle aussi de changer notre vision de l’Univers, en scrutant des détails toujours plus fins et ténus. Quels sont ces géants de demain ? Que verront-ils ? Quels défis posent-ils ?

Alexandre Jeanneau, ingénieur au Centre de Recherche Astrophysique de Lyon, nous parlera du futur des grands télescopes.

Rendez-vous sur la chaîne Twitch de l’Observatoire de Lyon pour suivre en direct la conférence !

>> Suivre la conférence :

Chaîne Twitch – Observatoire de Lyon

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Les systèmes exoplanétaires

LLes systèmes exoplanétaires

Résultats de l’instrument SPHERE : des disques proto-planétaires aux planètes géantes jeunes

SPHERE est un instrument installé au Very Large Telescope depuis 2014, conçu pour l’imagerie à très haut contraste et à très haute résolution angulaire. En effectuant un très grand relevé de plus de 200 nuits d’observation, SPHERE étudie les systèmes exo-planétaires aux longueurs d’ondes infrarouge et visible.

Après une courte introduction sur la technique d’imagerie haut contraste pour décrire son intérêt dans l’étude des exoplanètes, et les solutions misent en œuvre, Antony Boccaletti présentera quelques cas particuliers de systèmes exoplanétaires observés par SPHERE, et les principales découvertes.
Outre les images de planètes géantes jeunes permettant de sonder l’atmosphère de ces objets, SPHERE a permis de découvrir de nombreuses structures, certaines énigmatiques, dans des disques proto-planétaires et des disques de débris. Ces structures de poussières pourraient être générées par la perturbation dynamique de planètes encore non découvertes. De fait, l’imagerie directe offre une possibilité unique pour comprendre la formation des systèmes planétaires et leur évolution.
Parmi les futurs projets envisagés, certains offrent la perspective de détecter directement des analogues au Système solaire, incluant l’étude des atmosphères des planètes de type Terre.

Intervenant : Antony Boccaletti, Directeur adjoint au LESIA, Observatoire de Paris

>> Suivre la conférence en ligne

En savoir plus :

Société Astronomique de Lyon

Nuit des étoiles d’hiver

NNuit des étoiles d’hiver

Soirées spéciales

Le ciel d’hiver aussi a droit à ses Nuits des étoiles ! Pour la première fois cette année, l’Association française d’astronomie vous propose de contempler les étoiles et constellations de la voûte céleste en pleine saison hivernale, au travers d’une veillée aux étoiles exceptionnelle.

Retrouvez de nombreux invités pour une émission spéciale sur la chaîne twitch et youtube de Ciel et Espace.

 

Vendredi 12 février – 18h | Le ciel et l’Homme

Le ciel et l’Homme, une longue histoire d’amour, sur Youtber@Home du Planétarium de Vaulx-en-Velin.  Julien Dassa-Terrier, docteur en astrophysique et vulgarisateur scientifique, discutera avec Camille du Planétarium de l’astronomie et de son lien avec l’humanité. Qu’on l’utilise pour marquer le passage des saisons, pour rêver d’un lien entre l’Homme et le ciel, pour imaginer d’autres formes de vie extraterrestre, pour explorer le Système solaire ou pour observer l’autre bout de l’Univers, l’astronomie a toujours mêlé le rêve et le réel, la poésie et les mathématiques.

> A suivre sur : chaîne twitch

 

Samedi 13 février – 18h | Nuit des étoiles d’hiver

Intervenants :

  • Pierre Henriquet, médiateur scientifique au Planétarium de Vaulx-en-Velin,
  • Olivier Las Vergnas, Président de l’AFA,
  • Philippe Henarejos, rédacteur en chef de la revue Ciel & espace

Organisé par : l’Association française d’astronomie et le magazine Ciel & espace, en partenariat avec le Planétarium de Vaulx-en-Velin.

> A suivre sur : chaîne twitch

 

Lundi 15 février – 18h | Mars sous les feux des projecteurs

Ce mois de février 2021, trois missions atteignent Mars après sept mois de voyage interplanétaire : Hope (Émirats Arabes Unis), TianWen-1 (Chine) et Mars2020 (États-Unis). Que cherche-t-on encore sur la Planète Rouge ? A-t-elle encore des secrets à nous révéler ? Quel est le futur de l’exploration martienne ?

Intervenante :

  • Quantin-Nataf, professeur et chercheuse au laboratoire e-Planets de l’Université Lyon 1

> A suivre sur : chaîne twitch

 

Mercredi 17 février – 18h | Surviving Mars

Mars est un monde hostile et froid qui ne facilite pas la colonisation. Retrouvez Camille et le jeu « Surviving Mars » à la conquête de la Planète Rouge. Dans ce jeu de gestion spatial, l’erreur n’est pas permise si vous voulez construire une colonie solide et prospère. Choisissez vos sponsors, trouvez le bon équilibre entre développement économique, scientifique, travail et bonheur de vos colons. La tâche s’annonce ardue…

> A suivre sur : chaîne twitch

 

En savoir plus sur la programmation :

Planétarium@home

Pop’Sciences

©Pixabay

Quand une femme rallume les étoiles | Visages de la science

QQuand une femme rallume les étoiles | Visages de la science

Portrait d’Isabelle Vauglin 

Responsable régionale de l’association Femmes et Sciences, Isabelle Vauglin est astronome, chercheuse au Centre de Recherche Astrophysique de Lyon (Université Claude Bernard Lyon 1, ENS de Lyon ). Si l’Histoire ne les a pas toujours mises en avant, de nombreuses femmes ont fait avancer les découvertes en astronomie ! Isabelle Vauglin est l’une d’entre elles et peut être une source d’inspiration pour de nombreuses jeunes filles qui s’intéressent à l’observation des astres ou aux sciences de manière générale.  
L’astronome lyonnaise sera aussi ambassadrice du prochain festival Pop’Sciences qui aura lieu les 9, 10 et 11 juillet prochain au Musée et site archéologiques de Saint-Romain-en-Gal. 

Un portrait réalisé par Pop’Sciences – 11-02-2021

Quelles sont les grandes étapes de votre parcours ?

J’ai toujours su que je voulais être astronome et cette volonté farouche d’y arriver a été le fil rouge de mon parcours. J’ai obtenu en 1988 mon doctorat en astrophysique après être passée par un BTS « Instrument d’optique et précision » et une maîtrise de physique. J’ai tout de suite centré mes travaux de recherche sur le développement d’instrumentation infrarouge, qui à l’époque de ma thèse, constituait une véritable ouverture pour le monde de l’astronomie et élargissait alors considérablement les limites de l’exploration de l’Univers.

Le développement et l’exploitation de ces caméras haute technologie m’ont permis, dans le cadre de mes différents travaux de recherche, d’étudier la richesse du milieu interstellaire, de cartographier la totalité du ciel austral et d’en tirer de précieuses informations sur les galaxies que j’ai ensuite mises à la disposition de la communauté mondiale via la très grande base de données extragalactiques lyonnaise HyperLeda…

Je travaille actuellement sur l’idée d’un télescope, équipé d’une caméra infrarouge haute résolution, adapté aux conditions particulières de la base franco-italienne de Concordia sur le continent Antarctique, lieu qui présente des qualités extraordinaires d’observation.

Au-delà de mes activités de recherche, je consacre maintenant plus de temps qu’avant aux activités de diffusion et de partage des savoirs. Celles-ci sont pour moi fondamentales.

Parmi les différents projets dans lesquels vous êtes impliquée, y en a-t-il un qui vous tient particulièrement à cœur actuellement ?

En écho à une initiative genevoise organisée en 2019, j’ai lancé sur Lyon le projet La nuit est belle et je m’efforce actuellement de mobiliser le plus grand nombre de communes du bassin lyonnais autour de cet événement prévu le vendredi 21 mai prochain.

Concrètement, il s’agira d’éteindre l’ensemble de l’éclairage public et privé pendant quelques heures pour sensibiliser les citoyens à la pollution lumineuse et leur permettre d’observer dans les meilleures conditions possibles la voute céleste. Ce projet m’enthousiasme, car la majeure partie de l’humanité n’a malheureusement plus accès au ciel nocturne !

En tant qu’astronomes, nous sommes touchés par cette pollution lumineuse qui altère nos conditions de recherche même sur les sites scientifiques d’observation les plus reculés. Pour les citoyens, l’enjeu me semble encore plus important, car c’est notamment en observant le ciel que nous pouvons rester connectés à notre environnement, et ne pas oublier au quotidien l’existence des étoiles, de la voie lactée et ainsi être conscients de notre place dans l’Univers et de la fragilité de notre planète.

Bien évidemment, il est aussi très important de prendre conscience que la pollution lumineuse a également des impacts négatifs sur la biodiversité, la santé humaine et la consommation d’énergie…

Rendez-vous donc toutes et tous le 21 mai, car la nuit est belle et il est temps de rallumer les étoiles !

Dans le cadre de l’association Femmes et Sciences, comment faites-vous pour accompagner au mieux les jeunes filles dans leurs choix d’étude ?

Notre action se base sur un constat : dans les parcours scientifiques, nous perdons la moitié des filles entre la terminale et la première année post bac alors qu’elles ont de meilleurs résultats ! Cette disproportion se retrouve de manière flagrante, par exemple dans certaines filières comme les Sciences de l’ingénieur où elles ne représentent parfois seulement que 4% des effectifs. L’explication est malheureusement simple, mais pas celle qui est généralement véhiculée : les femmes ont intégré l’idée que les sciences n’étaient pas faites pour elles alors que bien sûr, les sciences ne devraient pas avoir de genre ! Notre objectif principal est donc de montrer et aussi de convaincre les jeunes filles qu’elles peuvent aller dans tous les domaines scientifiques, qu’elles peuvent oser choisir toutes les filières.

La première étape est vraiment la prise de conscience. Nous sommes toutes et tous au quotidien totalement pétris par des idées reçues, relayées largement par les médias, mais aussi par l’ensemble de la société. Un exemple : de 2012 à 2018 sur 110 couvertures de Une, le magazine Sciences et Vie Junior n’a proposé qu’UNE seule fois une couverture qui mettait en avant une scientifique seule, non accompagnée par un homme.

Décrypter ces stéréotypes et dépasser les idées reçues est justement l’ambition de la journée « Sciences, un métier de femmes » que j’organise chaque année depuis 2017 avec Audrey Mazur-Palandre du LabEx ASLAN et le soutien de l’ENS de Lyon. Cet événement rassemble plus de 500 lycéennes de l’académie de Lyon et des chercheuses de différents domaines, et permet de montrer par l’exemple que tous les métiers scientifiques sont mixtes.

L’exposition La Science taille XX elles, créée avec le soutien du CNRS et de l’ENS, est une autre action phare de l’association. L’objectif est de mettre en lumière des femmes scientifiques qui font la science d’aujourd’hui, souvent remarquables, mais trop méconnues.

De gauche à droite : Isabelle Vauglin, Edwige Séminara, Delphine Virte, ambassadrices de l’exposition « La Science XXElles » / ©Fondation Bullukian et Femmes & Sciences

Y-a-t-il une personnalité scientifique féminine que vous trouvez particulièrement inspirante ?

Beaucoup de femmes scientifiques qui ont fait ou font la science au quotidien sont inspirantes, mais si je devais en choisir une, je dirais Véra Rubin, astronome américaine décédée en 2016. Il est difficile de se rendre compte à quel point cette brillante chercheuse a dû, en son temps, se battre pour arriver simplement à juste faire des observations au télescope pour la simple et unique raison qu’elle n’était pas un homme. C’est une des nombreuses femmes oubliées de la science, qui a été largement critiquée de surcroit, alors qu’on lui doit des avancées majeures concernant la structure inhomogène de l’Univers et la matière noire. Au-delà de ses travaux scientifiques, je retiens personnellement une de ses phrases qui m’accompagne : « N’oubliez jamais que la moitié des neurones de l’humanité se trouve dans le cerveau des femmes«  !

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