Pop'Sciences Mag a reçu le prix de la "PLUME D'OR" lors de la cérémonie du Prix de la presse et de l'information territoriale 2021.

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Séquençage des variants du SARS-CoV-2 : les HCL en première ligne

SSéquençage des variants du SARS-CoV-2 : les HCL en première ligne

En France, le variant le plus répandu est le variant originaire du Royaume-Uni. Ce dernier n’est pas plus virulent que le virus SARS-CoV-2 arrivé en France en mars 2020, en revanche, il est plus contagieux. En Angleterre, le nombre de cas positifs au variant Delta dit « indien » augmente. Comment le sait-on ? Grâce à au séquençage génomique.

Lire l’article en entier

 

 

A la recherche de la réalité… de l’autre

AA la recherche de la réalité… de l’autre

Par des mises en situation, cette conférence interactive avec le public permet de prendre conscience que nos interprétations du monde dépendent de notre histoire personnelle et collective.

Nous pouvons ainsi accepter la relativité de notre perception, et dépasser la conviction d’avoir raison pour s’ouvrir à la réalité de l’autre et mieux accepter nos différences.

Conférence animée par : Pr Yves Rossetti, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon – CRNL – et Hospices Civils de Lyon – HCL

Dans le cadre  de : Laboratoire(s) Art-Science

> Programme en téléchargement : cliquez ici

De la variole à la Covid : les podcasts et vidéo du dossier Vaccins

DDe la variole à la Covid : les podcasts et vidéo du dossier Vaccins

Début juin 2021, 41% des Français ont reçu au moins une dose d’un vaccin Covid, la moitié d’entre eux ont fait leur rappel. Alors qu’elle s’est accélérée, la campagne de vaccination permet d’envisager un été avec plus de légèreté. Mais, la sérénité n’est pas forcément de mise pour tous et de nombreuses questions demeurent.
Nous les avons explorées avec les chercheuses et chercheurs experts du territoire : leur éclairage enrichit un dossier Pop’Sciences sur les vaccins, mêlant articles,  podcasts et vidéos.

Les podcasts et vidéo du dossier ont été regroupées sur cette page.

 

  • Réaction vaccinale ou effets secondaires, le système immunitaire aux commandes – Publié le 2 juin 2021

L’immunité innée et adaptative sont liées, l’une ne fonctionne pas sans l’autre et permettent à chacun d’entre nous de se préparer à l’infection par un pathogène. La réponse immunitaire innée est responsable de la réaction au vaccin : douleur, inflammation, fièvre… qui sont des symptômes positifs. Les effets indésirables, eux, engagent des processus qu’on ne peut anticiper avant la campagne vaccinale, et qu’il faut considérer avec prudence pour s’assurer que la balance bénéfices/risques reste en faveur de la vaccination.

Les explications de : Nathalie Davoust-Nataf, chercheuse en immunologie au Laboratoire de Biologie et de Modélisation de la Cellule (ENS de Lyon)

Pour en savoir plus
Lire l’article : Recourir au vaccin ? Les clés pour comprendre – Partie 1.

 

  • L’infodémiologie : une science nouvelle pour gérer l’information autour des vaccins – Publié le 2 juin

Mai 2021, 7 Français sur 10 se déclaraient prêts à se faire vacciner contre la Covid-19. Ce chiffre était de 4 sur 10 en décembre, au début de la campagne de vaccination. Ce meilleur score n’indique pas forcément que nous avons davantage confiance envers les vaccins, il reflète avant tout l’envie profonde de chacun à sortir de cette crise. La vaccination vue en quelque sorte avec résignation. Mésinformation, désinformation… L’excès d’informations brouille le discours posé des vaccinologues. Une science nouvelle pourrait les aider à aplanir cette difficulté : elle s’appelle l’infodémiologie.

Les explications de : Christine Delprat, chercheuse en immunologie au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (UCBL) et coordinatrice du master LIVE.

Pour en savoir plus  

Lire l’article : Nous avons besoin d’un réseau de vaccinologues présents dans tous les pays.

 

  • Des tissus respiratoires humains pour de nouveaux médicaments – Publié le 2 juin

VirPath, le laboratoire de virologie et de pathologie humaine de Lyon, utilise des tissus respiratoires humains reconstitués pour mesurer comment un vaccin stimule le système immunitaire. De façon générale, ces modèles permettent de tester l’efficacité des molécules à caractère thérapeutique contre les virus respiratoires. Leur emploi a été déterminant dans la recherche de médicaments contre le SARS-Cov-2. Parce qu’ils sont prédictifs, ces modèles permettraient de réduire le nombre de tests sur animaux.

Les explications de : Manuel Rosa-Calatrava, virologue, co-directeur du Laboratoire de Virologie et Pathologie Respiratoire Humaine du CIRI (INSERM / CNRS / UCBL).

Pour en savoir plus  

Lire l’article : Bronchiolite du nourrisson : l’exemple d’un vaccin en cours de développement sur Lyon.

 

  • Que savons-nous de la sécurité des vaccins ARNm ?

Entre ARN et ADN, l’écriture de ces deux mots ne contient qu’une lettre de différence. Est-ce pour cela que d’aucun craigne une possible modification de notre patrimoine génétique ? Ces vaccins sont sous l’œil vigilant des instances réglementaires quant à leurs effets secondaires. Faisons-le point sur leur sécurité.

Les explications de : Altan Yavouz, chercheur-doctorant au Laboratoire de Biologie tissulaire et Ingénierie Thérapeutique (UCBL).

Lien podcast : à venir

Pour en savoir plus  

Lire l’article : « Les vaccins à ARN messager, fruit d’une recherche de plus de 30 ans ». A venir

 

  • Adapter les vaccins à l’évolution des pathogènes

Les variants Covid posent question : leur vitesse d’évolution et surtout de propagation complique la tâche des fabricants qui doivent s’assurer que l’efficacité de leurs vaccins perdure. Le processus de mutation virale est naturel. Dans le cas du virus Influenza, responsable de la grippe, ces mutations engendrent une grippe dite « saisonnière » à laquelle les industriels ont su s’adapter. Pour le virus du sida, c’est un véritable casse-tête.

Les explications de : Michèle Ottmann, virologue chercheuse au Laboratoire de Virologie et Pathologie Respiratoire Humaine du CIRI (INSERM / CNRS / UCBL).

Lien podcast : à venir

Pour en savoir plus  

Lire l’article : « Les variants peuvent-ils prendre de vitesse des vaccins conçus pour les arrêter ? » A venir

 

Lire le dossier pop’sciences sur les vaccins

 

Bronchiolite du nourrisson : un vaccin innovant en cours de développement sur Lyon

BBronchiolite du nourrisson : un vaccin innovant en cours de développement sur Lyon

En pointe dans la recherche contre les maladies infectieuses respiratoires, VirPath, le laboratoire de virologie et de pathologie humaine de Lyon, rattaché au Centre International de Recherche en Infectiologie, est un laboratoire qui innove. Il est à l’origine de la création de Vaxxel, une start-up qui s’est lancée en 2019 dans la course aux vaccins contre les pathogènes responsables de la bronchiolite du nourrisson et de pneumopathies sévères chez les séniors.
Comment développer un candidat vaccin du laboratoire jusqu’au premier essai clinique ? L’exemple de la jeune pousse lyonnaise.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 2 juin 2021

un métapneumovirus vu en microcopie électronique

Métapneumovirus (hMPV) vu en microcopie électronique @ E. Errazuriz-Cerda /UCBL ; J.Dubois/Vaxxel ; M. Rosa-Calatrava/VirPath

Le métapneumovirus humain (hMPV) et le virus respiratoires synclinal humain (hVRS) sont deux virus respiratoires cousins qui provoquent chaque année, respectivement 17 et 33 millions de cas d’infections aigues des voies respiratoires, surtout chez les jeunes enfants et les personnes âgées. Aujourd’hui, aucun traitement thérapeutique efficace, ni vaccin, n’existe sur le marché pour lutter contre ces infections virales qui sont à l’origine de la bronchiolite du nourrisson et représentent la première cause de mortalité infantile à l’échelle mondiale. Mais des résultats expérimentaux, obtenus en 2018 par le laboratoire VirPath(a), pourraient changer la donne : immunisées à l’aide d’un virus hMPV vivant atténué, des souris ne développent aucun symptôme de maladie si on
leur inocule ensuite le virus sauvage, c’est-à-dire le virus présent naturellement dans l’environnement. Vérification avait été faite auparavant, par les chercheurs, que les souris vaccinées à l’aide de ce virus atténué ne développaient aucune pathologie et produisaient bien des anticorps neutralisants vis-à-vis de ce dernier. Avec cette dernière expérience, les scientifiques tenaient leur preuve de concept préclinique : ils avaient entre les mains un candidat vaccin contre la bronchiolite. Restait maintenant à le développer.

L’aboutissement de 10 années de recherche et d’innovations

« L’origine du candidat vaccin remonte aux années 2010, se souvient Manuel Rosa Calatrava, directeur de recherche Inserm et co-directeur du laboratoire VirPath. Nous avions initié alors un travail sur le hMPV en collaboration avec Guy Boivin, directeur d’un laboratoire de recherche similaire au nôtre au CHU de Québec (Canada). Ce scientifique avait isolé, chez un patient, une souche virale dont les capacités à se répliquer et à infecter les cellules étaient particulièrement efficaces, ce qui avait attiré son attention ».

tissu respiratoire humain nasal vu sous microscope

Epithélium respiratoire humain reconstitué d’origine nasal vu en microscopie électronique @ E. Errazuriz-Cerda/UCBL ; M. Rosa-Calatrava/VirPath

Au cours de leurs travaux communs, les équipes des deux laboratoires enchaînent les étapes : après avoir décrit la souche clinique virale, qui répond au « doux nom » de C-85473, ils en manipulent le génome de sorte à pouvoir la modeler à façon. Puis ils éliminent deux de ses gènes, activés lorsque le virus se réplique. Suite à cette opération, la virulence du virus hMPV génétiquement modifié diminue considérablement : il ne se multiplie que très peu dans les organismes vivants. Parallèlement aux expériences conduites sur les souris, les scientifiques observent aussi que le virus atténué stimule bien toujours la production de molécules médiatrices de l’immunité, mais non celles témoignant d’un processus inflammatoire, lorsqu’on le soumet à des tests impliquant des tissus respiratoires humains reconstitués [vidéo ci-dessous ].

Le métapneumovirus isolé et génétiquement modifié dans sa version non pathogène constitue la base virale nécessaire à la fabrication d’un vaccin : ce qu’on appelle une plateforme vaccinale. Baptisée « Metavac® », elle a fait l’objet de plusieurs dépôts de brevet, propriétés des différentes tutelles de VirPath et du laboratoire québécois, et a impulsé la création de Vaxxel en 2019. « Au sein du laboratoire, nous privilégions une stratégie partenariale, non seulement avec le monde académique, mais également avec de nombreux acteurs socio-économiques, explique Manuel Rosa-Calatrava. Cette politique de valorisation de la recherche et de transfert technologique vers la clinique et l’industrie constitue « l’ADN de VirPath » [voir encadré]. C’est grâce à elle qu’est née Vaxxel ».
L’année de sa création, la start-up porteuse du projet de vaccin contre les pneumovirus a été lauréate du concours i-Lab(b) visant à soutenir les meilleures initiatives issues de la recherche scientifique publique en matière d’innovation. Un label Deep Tech qui a procuré à la jeune pousse visibilité et début de financement (270 000 € via Bpifrance) pour aborder la course d’endurance dans laquelle elle venait de se laner.

Produire des virus de qualité pharmaceutique

« Nous avons réalisé, en 2021, une première levée de fonds de 700 000 €, commente Denis Cavert, directeur général de Vaxxel. Ce qui nous permet de démarrer le développement du candidat vaccin ».  Pour ce spécialiste des vaccins, qui cumule quinze ans d’expérience chez Sanofi et Baxter, la première étape importante consiste « à préparer la banque de cellules maîtresse à partir de laquelle seront préparés les différents lots de virus, à chaque fois à l’identique. Début 2022, nous devrions avoir obtenu auprès des autorités réglementaires la certification que notre banque cellulaire est de qualité et de sécurité suffisantes ». En effet, en tant que médicament, un vaccin se doit d’être fabriqué selon les normes très strictes de l’industrie pharmaceutique. On estime ainsi à 70% le temps consacré aux centaines de contrôles qualité obligatoires lors du processus de fabrication d’un vaccin.
En 2020, Vaxxel a acquis la propriété de la lignée cellulaire DuckCelt®-T17 auprès de Transgène, une entreprise de biotechnologie connue pour ses innovations en matière de vaccins thérapeutiques. Intérêt de cette lignée de cellules de canard qui se cultive en suspension et sans sérum : elle permet la multiplication des métapneumovirus en fermenteur* et son mode de production peut aisément être transposé du stade pilote à l’échelle industrielle.

fermenteur de laboratoire permettant de cultiver des cellules

Une laborantine prélève des virus de leur milieu de culture (fermenteur) @ Visée.A

L’ambition de Vaxxel : accompagner le développement de Metavac® jusqu’à la fin de l‘essai clinique de phase 1, au cours duquel des tests seront réalisés sur un petit groupe de personnes pour vérifier la bonne tolérance au médicament et récolter quelques éléments sur sa capacité à stimuler le système immunitaire (pour les vaccins pédiatriques, le premier essai clinique est d’abord réalisé sur des adultes). Ces tests pourraient commencer dès la fin 2023, pour une période de six mois environ. Pour mener à bien son programme, Vaxxel bénéficie des espaces, des équipements, du savoir-faire du laboratoire VirPath et de l’accompagnement de la société Transgène.

Des essais cliniques d’ici 3 ans ? L’enjeu d’un marché à 5 milliards d’€

Avant d’atteindre son objectif final, deux étapes clés sont prévues à court terme pour la start-up :
– qualifier le grade pharmaceutique de la production virale issue de la lignée DuckCelt®-T17
– vérifier la bivalence de la plateforme virale, c’est-à-dire montrer qu’elle est susceptible de prévenir aussi les infections dues à un deuxième virus respiratoire : le hVRS.

En effet, si la souche C-85473 de métapneumovirus a subi des opérations d’ingénierie génétique qui ont permis d’en atténuer la virulence, elle s’est vue dotée de nouveaux gènes la conduisant à exprimer un antigène *(c) du virus synclinal humain (hVRS), le second virus responsable de la bronchiolite du nourrisson, lorsqu’elle se réplique*. La startup doit ainsi vérifier sur modèle animal que Metavac® apporte une protection face au hVRS. Si c’est bien le cas, la preuve de concept de la bivalence du vaccin sera apportée : le vaccin pourrait prévenir les infections causées par les deux virus respiratoires.

virus VRS de la bronchiolite

virus VRS vu sous microscope (taille réelle 200 nm) @ US CDC

Il existe une dizaine de projets de vaccin contre le VRS actuellement, tous au stade de phase 1. Si l’impact du hMPV sur la santé, auprès des tout petits notamment, est moindre par rapport à celui du hVRS, la concurrence y est moins rude. On compte un seul autre projet de vaccin en cours de développement contre le métapneumovirus humain (essai clinique de phase 1).  « La bivalence pourra constituer un argument de poids face aux industriels du vaccin lorsqu’il s’agira de les convaincre de prendre le relais pour le développer », commente Denis Cavert, si les résultats sont, comme attendus, au rendez-vous de 2024. S’ensuivraient alors les essais de phase 2 (tests permettant de définir les doses) et phase 3 (définition de l’efficacité du vaccin), puis, la phase d’industrialisation et de commercialisation du médicament.

Que représente le coût global du développement du candidat vaccin tel que celui de la start up lyonnaise ? « 9 millions d’€… environ », répond Denis Cavert. Une somme que le directeur général compte trouver grâce à des financements publiques nationaux et européens, et auprès d’institutions comme la fondation Melinda Gates. Un jeu qui en vaudrait la chandelle : l’estimation qu’il fait du marché auquel s’adresse son vaccin est de 5,7 milliards d’€ par an. L’équivalent d’un médicament « blockbuster » dans le jargon de l’industrie pharmaceutique.

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Notes :
(a) VirPath est un laboratoire sous tutelles de l’Institut national de recherche médicale (Inserm), de l’Université Claude Bernard Lyon 1, du Centre national de recherche scientifique (CNRS) et de l’Ecole nationale supérieur de Lyon (ENS Lyon)
(b) I-Lab est un concours organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en partenariat avec Bpi France
(c) L’antigène produit par le vaccin vivant atténué est la protéine F qui permet au hVRS de fusionner avec les cellules qu’il infecte

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         Encart

         Valoriser, innover, créer de la valeur : l’ADN de VirPath

Les scientifiques de VirPath, reclus dans leur laboratoire et la tête dans les étoiles ? Cette image naïve du chercheur n’a pas lieu d’être au sein des locaux du laboratoire lyonnais. Au cœur de la stratégie portée par son co-directeur, Manuel Rosa-Calatrava : mener une recherche intégrée avec des partenaires issus du monde académique et des milieux socio-économiques, y compris à l’international avec, pour objectif, la valorisation des travaux de recherche académique et leur transfert technologique vers la clinique et l’industrie pharmaceutique. Ainsi, depuis sa création, VirPath a constitué un portefeuille de 20 familles de brevets dont plusieurs ont déjà été licenciés.

portrait de Julia Dubois et Manuel Rosa-Calatrava

Manuel Rosa Calatrava et Julia Dubois, fondateurs de Vaxxel @ Visée.A

L’émergence de Vaxxel, est un bel exemple illustrant la politique volontariste du laboratoire lyonnais : trois de ses quatre fondateurs sont les chercheurs à l’origine du vaccin innovant soit, Manuel Rosa-Calatrava, Guy Boivin et Julia Dubois, la jeune virologue dont les travaux de doctorat (menés en co-tutelle entre l’université de Lyon 1 et l’université Laval de Québec) sont à l’origine de la plateforme vaccinale Metavac®.

Trois start-up et une plateforme de recherche

« C’est dans cette démarche de création de valeurs et grâce à plusieurs financements, comme ceux de l’Agence nationale de la recherche (ANR) et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi qu’au soutien appuyé des filiales de l’Université Claude Bernard Lyon 1 (Lyon Ingénierie Projet et EZUS) et de Pulsalys, l’incubateur et accélérateur Deep Tech de la région, que nous avons fondé trois start-up : Signia Therapeutics qui repositionne des médicaments pour de nouvelles indications thérapeutiques anti-infectieuses (notamment contre le SARS-CoV-2), VirHealth, spécialisée dans la désinfection microbiologique, et enfin Vaxxel ».

Parmi les outils créés par le laboratoire : VirNext, une plateforme de recherche technologique et contractuelle répondant aux besoins des industriels de la santé. Depuis janvier 2020, VirNext a permis d’évaluer plus de 200 molécules et anticorps dans différents modèles précliniques y compris animaux, et d’optimiser des vaccins viraux candidats. C’est avec cette plateforme qu’a été menée la première étude européenne d’évaluation d’épurateurs d’air en atmosphère contaminée par le SARS-CoV-2. Créatrice de valeurs scientifiques, technologiques et économiques, VirNext a rendu possible la pérennisation de plus de 20 emplois directs ces cinq dernières années.

PPour aller plus loin

« Nous avons besoin d’un réseau de vaccinologues présent dans tous les pays »

«« Nous avons besoin d’un réseau de vaccinologues présent dans tous les pays »

carte du monde montrant l'origine des étudiants en vaccinologie

Pays d’origine des étudiants du master LIVE, promotion « Françoise Barré-Sinoussi » 2020-22 @ UCBL

Vous ne trouverez pas ce mot dans le dictionnaire, et pourtant la « vaccinologie » existe depuis 1977. Ce concept est né sous l’impulsion de J. Stalk, inventeur du premier vaccin contre la poliomyélite, et de Charles Mérieux, médecin humanitaire et directeur de l’Institut lyonnais du même nom. Tous deux la définirent en ces termes :
« la vaccinologie ne consiste pas uniquement à inventer de nouveaux vaccins. Elle doit prendre en compte tous les aspects : biologiques, épidémiologiques, socio-économiques, logistiques, éducatifs, éthiques et médiatiques qui concourent à l’amélioration de la protection vaccinale de toutes les populations ».

Pour comprendre cette définition, nous avons interrogé Christine Delprat, professeure d’immunologie et coordinatrice du master Leading International Vaccinology Education (LIVE)(a) de Lyon.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 2 juin 2021


Vous formez des managers en « vaccinologie » depuis 2016. Que recouvre ce terme ?

La vaccinologie est un domaine à la croisée de plusieurs disciplines. Elle intéresse les personnes désirant intervenir quel que soit l’endroit de la chaîne de travail du vaccin : depuis la conception expérimentale jusqu’à l’administration du vaccin et au suivi épidémiologique de ses effets. En comprenant tous les tenants et les aboutissants, le vaccinologue est à même de déterminer les bons investissements, en matière de stratégie vaccinale. Et on l’a vu avec la course aux vaccins contre la Covid-19 : faire les bons choix peut s’avérer capital !

Le vaccinologue est donc un expert du vaccin. Comment formez-vous vos étudiants ?

En tant qu’expert en effet, le vaccinologue doit maîtriser tous les aspects liés au vaccin. Ce médicament stimule le système immunitaire des individus : nos étudiants, sélectionnés entre autres pour leur haut niveau en biologie cellulaire et moléculaire, et en biochimie, deviennent des scientifiques au top de la connaissance en immunologie. Ils acquièrent aussi des notions fondamentales dans d’autres disciplines : en infectiologie ou en épidémiologieLEX par exemple.

séance de TP dans un laboratoire de Lausanne

Travaux pratiques au « Vaccine Formulation Institute » de Lausanne (CH), partenaire du master @ UCBL

Les futurs vaccinologues reçoivent une formation industrielle. Immergés chez des producteurs de vaccins, ils appréhendent les enjeux spécifiques de cette industrie : qu’il s’agisse des phases cliniques de développement, des contrôles nécessaires lors de la production pour répondre aux conditions d’autorisation de mise sur le marché, des contraintes technico-socio-économiques ou bien de la surveillance, appelée pharmacovigilance, qui accompagne l’administration du vaccin dans une population large. Enfin, il leur est nécessaire de maîtriser la réglementation encadrant les vaccins, apprécier comment ceux-ci s’intègrent dans une politique de santé publique et de connaître les bonnes pratiques de communication pour faire en sorte que le vaccin emporte l’adhésion.


Mésinformation, désinformation…L’information sur les vaccins peut-elle être maîtrisée ?

Parole donnée à Christine Delprat, vaccins (2/5) : L’infodémiologie, une science nouvelle au service des vaccinologues

La vaccinologie est-elle une discipline récente ?

L’enseignement de la vaccinologie est un domaine en pleine émergence : le master LIVE, coordonné par l’Université Claude Bernard Lyon 1 (UCBL) a été créé en 2016 avec cinq universités, grâce à sa labellisation européenne « EMJMD » (Erasmus+ Mundus Joint Master Degree). Pour ce faire il a fallu démontrer qu’il était à la fois innovant, nécessaire et unique au monde.
A Lyon, sa création a été dès l’origine soutenue par les deux des plus gros employeurs de la région, Sanofi Pasteur pour la vaccination humaine et Boehringer Ingelheim pour la vaccination animale (anciennement Merial), qui souhaitent disposer de cadres internationaux compétents sur le sujet, et également par l’Institut Mérieux. Cette formation s’inscrit dans une suite logique, elle est consécutive à deux parcours spécifiques montés par l’Université Lyon 1 pour répondre aux besoins locaux : des ingénieurs sont formés dans le cadre du master Infectiologie appliquée depuis 2007 et des chercheurs sortent des rangs du master Infectiologie fondamentale depuis 2011.

La présence voisine de grands instituts concernés par le développement vaccinal constitue une émulation fructueuse : on peut citer plusieurs centres de recherche tels que le Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI), le Laboratoire de Biologie tissulaire et Ingénierie Thérapeutique (LBTI) et le Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (CRCL). Ou bien encore la fondation FINOVI, l’Institut de Recherche Technologique BIOASTER et le laboratoire d’excellence ECOFECT.

les étudiants posent avec leurs diplômes et leurs professeurs

Cérémonie de remise de diplôme du master LIVE, 1ère promotion 2016-18 @ UCBL

Vous accueillez de nombreuses nationalités différentes au sein de votre formation. En quoi cette dimension est-elle importante ?

Nous recevons des candidatures provenant de tous les continents du globe, et d’Europe bien sûr…! Le recrutement à l’international fait partie de l’identité de la formation et répond aux règles de la labellisation EMJMD : pas plus de trois personnes de même nationalité par promotion et plus de 75% hors Europe. En septembre prochain, nous accueillerons un groupe de 25 étudiants de 20 nationalités. Cette 6ème promotion portera à un total de 50, les nations représentées dans le master, ce qui est énorme !

Ce parti pris s’explique pour deux raisons. Tout d’abord, les microbes ne s’arrêtent pas aux frontières et le vaccin est, par essence, un produit voué à une distribution sur l’ensemble de la planète. Si les décisions de santé publique sont prises à l’échelle nationale, elles s’accompagnent de recommandations internationales. Or, les règles ne sont pas les mêmes, suivant à quelle population le vaccin est administré, les sensibilités et l’acceptance vaccinale existantes. En étant immergé pendant deux ans dans un bain de culture international, au contact de leurs camarades, les futurs vaccinologues acquièrent progressivement cette perception culturelle associée à la problématique vaccinale. La deuxième raison est peut-être plus simple et évidente : nous avons besoin aujourd’hui de constituer un réseau de vaccinologues correctement formés et présents dans tous les pays. Nous apportons notre humble contribution à cette tâche !

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Note :
(a)  Coordonné par l’université Claude Bernard Lyon 1, Le master LIVE implique cinq autres établissements d’enseignement supérieur : l’université Jean Monnet (UJM) de St-Etienne, l’université d’Anvers (Belgique) ainsi que les deux universités barcelonaises (Espagne), et s’appuie sur un réseau international de cinquante partenaires associés publics et privés. Le Master LIVE reçoit le soutien financier du programme Erasmus+ de l’Union Européenne, de Sanofi Pasteur, de l’Institut Mérieux et de l’IDEX Lyon.

PPour aller plus loin

Recourir au vaccin ? Les clés pour comprendre. Partie 2: des différentes techniques vaccinales à l’évaluation de leur efficacité

RRecourir au vaccin ? Les clés pour comprendre. Partie 2: des différentes techniques vaccinales à l’évaluation de leur efficacité

Deux millions. Ce chiffre représente, d’après l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de vies sauvées chaque année grâce la vaccination dans le monde. En protégeant chaque personne vaccinée contre une infection, l’administration d’un vaccin est bénéfique sur le plan individuel. Elle l’est aussi sur le plan collectif en réduisant le nombre de personnes susceptibles de disséminer la maladie.
Mais quels sont les différents techniques vaccinales existantes ? Et comment sait-on si elles fonctionnent ?

Hélène Dutartre, chercheuse au Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI) et Nathalie Davoust-Nataf, chercheuse au Laboratoire de Biologie et de Modélisation de la Cellule (LMBC) nous apportent leur éclairage. Toutes deux animent le groupe « Microbes, Immunité & Vaccination » associant scientifiques et enseignants lyonnais.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 2 juin 2021

 

Les différents types de vaccins

Le vaccin cherche à stimuler l’immunité adaptative. Pour cela, l’astuce consiste à présenter la « carte d’identité » du pathogène, soit la partie de celui-ci que les défenses de l’organisme reconnaissent comme la signature de l’intrus : son antigène*. Celui-ci prend généralement l’aspect d’une protéine, parfois aussi celle d’un sucre complexe.

Il existe plusieurs méthodes pour présenter cette carte d’identité-antigène à l’organisme :
– les premières à avoir été mises au point, bien connues, dominent. Ce sont les vaccins vivants atténués et les vaccins entiers inactivés ;
tandis que d’autres sont plus novatrices. Elles comprennent les vaccins en sous-unités protéiques, les vaccins recombinants encore appelés « à particules pseudo-virales » et les vaccins à vecteur viral ;
la dernière génération de vaccins, apparue sur le marché de la santé humaine l’année dernière avec la pandémie Covid, comprennent les vaccins à base de matériel génétique, dits « à ARN* ».

En quoi cela consiste ?

 1. vaccin vivant atténué – Ou – vaccin inactivé 
– l’activité d’un virus est réduite grâce à l’insertion de mutations – Ou – le virus est rendu inerte grâce à des traitements  chimique ou thermique
– exemples : vaccin combiné contre la rougeole, oreillons et rubéole (ROR), vaccins Covid Sinovac et Sinopharm

2. vaccin à sous-unité protéique 
– il s’agit d’un antigène artificiel
– exemples : vaccin contre l’hépatite B, vaccin Covid Novavax

 

3. vaccin recombinant ou particule pseudo virale

– plusieurs protéines artificielles miment la forme du virus
– exemples : vaccin contre le papillomavirus humain

 

 

 


4. vaccin à vecteur viral 

– un virus vecteur non pathogène contient l’ADN* permettant la production de l’antigène
– exemples : vaccin contre Ebola, vaccins Covid Astrazeneca, Sputnik, Janssen

 

 

 

 


5. vaccin à ARNm

– l’ARN messager d’un antigène est mis dans une vésicule
– exemples : vaccins Covid Moderna et Pfizer

Note crédits : ces infographies ont été réalisées par Marine Tronchon, Emile Dorchies, Amandine Chantharath et Antonin Chenel, dans le cadre d’un projet d’étude en médiation scientifique (licence de biologie, ENS Lyon) portant sur réalisation d’un jeu de plateau (The Vaccinator) sensibilisant à la vaccination.

Toutes ces approches possèdent des inconvénients et des avantages en matière de coût, de sécurité ou de difficulté de mise en œuvre.

La composition d’un vaccin

Le vaccin est un médicament particulier. En effet, il s’adresse généralement à des gens en bonne santé pour un bénéfice individuel. Mais, comme pour tout médicament, la formulation d’un vaccin comprend des produits autres que le principe actif, qui ici est l’antigène. Dans la liste des ingrédients accompagnant l’antigène, outre de l’eau (ou une solution saline), on trouve en quantité limitée et très contrôlée :

– des traces d’antibiotique dans certains cas. Elles constituent des reliquats de l’antibiotique utilisé pendant la phase de production afin d’éviter les contaminations bactériennes et qui est normalement éliminé lors du processus de fabrication.

– des conservateurs et/ou des stabilisants (ex : saccharose, formaldéhyde, alcool…). Ces composés maintiennent la qualité du vaccin dans le temps et préviennent l’apparition de champignon ou bactérie indésirable

– un adjuvant. Cette substance n’est pas systématique. Elle est ajoutée pour augmenter l’efficacité de certains vaccins (exemple des vaccins protéiques) en stimulant la réponse immunitaire. Parmi les adjuvants connus, on retrouve le phosphate de calcium, le squalène (huile issue du foie des requins) et les sels d’aluminium. L’association entre les sels d’aluminium, utilisés depuis les années 1920, et la survenue d’une maladie rare, la « myofasciite à macrophages », chez des adultes prédisposés génétiquement a été suspectée à partir des années 2000. A ce jour, cette hypothèse n’a pas été confirmée.

Déterminer l’efficacité du vaccin à prévenir la maladie

L’expérimentation tient une part fondamentale dans l’approche vaccinale, aussi « quelles que soient les connaissances acquises au laboratoire sur le pathogène et sur les mécanismes cellulaires mis en jeu, quelle que soit la technique utilisée pour mettre au point le vaccin et ses promesses au laboratoire, on ne saura jamais sa véritable efficacité tant qu’on ne l’aura pas testé sur l’être humain, commente Nathalie Davoust-Nataf. Il faut vacciner un grand nombre d’individus pour le savoir …»

Avant qu’un vaccin puisse être mis sur le marché, il doit passer la phase cruciale des essais cliniques : ces derniers se déroulent en trois phases successives au cours desquelles des personnes, réparties dans des groupes de tailles croissantes (plusieurs dizaines de milliers pour la dernière phase), se font vacciner. Pendant ces essais, les cliniciens testent la bonne tolérance au vaccin (sa non toxicité), sa capacité à déclencher une réponse immunitaire efficace (par exemple la production d’anticorps), le dosage adéquat, le nombre de rappels éventuels, enfin, l’efficacité avec laquelle le vaccin prévient la maladie.

virus du Sida (VIH) @Flickr

Poliomyélite, rougeole, oreillons, fièvre jaune. Pour chacune de ces maladies infectieuses, invalidantes voire mortelles, il existe un vaccin. Pour d’autres, les recherches de solutions vaccinales semblent tourner court. « Si on prend l’exemple du HIV, force est de constater que l’effort de recherche énorme déployé depuis 30 ans pour mettre au point un vaccin préventif n’a pas abouti… pour l’instant, explique Hélène Dutartre. Toutes les technologies vaccinales connues ont été essayées, des combinaisons prometteuses tentées, mais la conclusion de chacun des essais vaccinaux s’est révélée négative. Nous en avons tiré des informations précieuses bien sûr, mais on semble avoir un temps de retard sur cette pathologie, à chaque fois ». Bien que n’ayant pas permis l’atteinte de son objectif premier, la recherche sur le vaccin HIV continue. Et s’il était besoin de remotiver les scientifiques arpentant ce domaine, les nombreuses retombées positives de leurs travaux, dans le cadre de la réponse à la Covid-19, sont autant de signes encourageants à persévérer.

Dans le cas de la Covid-19, les chercheurs associés à l’industrie pharmaceutique ignoraient dans quelle mesure la stratégie de vaccin qu’ils poursuivaient allait aboutir. Le développement du premier candidat-vaccin anti-Covid de Sanofi Pasteur, à base de protéine recombinante, a été ainsi retardé en raison « d’une réponse immunitaire insuffisante observée chez les personnes de plus de 50 ans », a annoncé l’industriel en décembre 2020. Pour lutter contre la Covid-19, la quinzaine de vaccins ayant reçu une autorisation de mise sur le marché, au cours du premier semestre 2021 à l’échelle de la planète, reposent sur quatre technologies différentes : « C’est une chance inespérée d’avoir pu bénéficier aussi rapidement de plusieurs vaccins pour lutter contre le SARS-Cov-2. Dans notre communauté de chercheurs, passionnés par la question vaccinale, un doute subsistait : et si la course au vaccin n’aboutissait pas ?  Pour notre bonheur, il en fut tout autre ! », concluent, souriantes, les deux scientifiques de Lyon.

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Recourir au vaccin ? Les clés pour comprendre. Partie 1: du principe à la conception d’un vaccin

RRecourir au vaccin ? Les clés pour comprendre. Partie 1: du principe à la conception d’un vaccin

Deux millions. Ce chiffre représente, d’après l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de vies sauvées chaque année grâce la vaccination dans le monde. En protégeant chaque personne vaccinée contre une infection, l’administration d’un vaccin est bénéfique sur le plan individuel. Elle l’est aussi sur le plan collectif en réduisant le nombre de personnes susceptibles de disséminer la maladie.
Mais comment un vaccin agit-il sur notre corps ? Et comment le conçoit-on ?

Hélène Dutartre, chercheuse au Centre International de Recherche en Infectiologie (CIRI) et Nathalie Davoust-Nataf, chercheuse au Laboratoire de Biologie et de Modélisation de la Cellule (LMBC) nous apportent leur éclairage. Toutes deux animent le groupe « Microbes, Immunité & Vaccination » associant scientifiques et enseignants lyonnais.

Un article de Caroline Depecker, journaliste scientifique
pour Pop’Sciences – 2 juin 2021

Une maladie infectieuse est provoquée par l’invasion dans notre organisme d’un microbe pathogène* (la plupart du temps un virus*, une bactérie* ou un parasite*) qui se multiplie et entraîne une réaction forte de nos cellules. Celles-ci peuvent être gravement endommagées, détruites, ou libérer des substances toxiques.

Le principe du vaccin : entraîner notre corps à faire face à un pathogène invasif

Pour éviter l’infection, la vaccination dite « préventive » consiste à mettre l’organisme en bonne santé en contact avec une version inactivée ou atténuée du pathogène, ou encore avec l’un de ses composants : on apprend ainsi au système immunitaire* à reconnaître l’intrus et à élaborer un système défensif, spécifique de celui-ci. Le bénéfice d’un vaccin repose sur le fait que l’on immunise la personne sans l’infecter avec le microbe responsable de la maladie ciblée, qui peut être dangereuse. Une fois entraîné, l’organisme gardera « la mémoire » des défenses qu’il a mobilisées face au vaccin : celles-ci seront sollicitées rapidement et neutraliseront efficacement le pathogène, en cas de confrontation réelle ultérieure. En Europe, ce recours aux vaccins pour leur action prophylactique* a été démocratisé avec les travaux d’Edward Jenner sur la variole* à la fin du 18e siècle.

En dehors de cette action préventive dans le cadre des maladies infectieuses, un vaccin peut être utilisé en immunothérapie : il n’est pas conçu cette fois-ci pour protéger un individu contre une infection future, mais pour l’aider à lutter contre une maladie déjà présente, en stimulant le système immunitaire que la maladie a ralenti. Cette approche d’immunothérapie* est développée depuis les années 1980-90 dans le cadre d’essais cliniques, en cancérologie et dans la lutte contre le virus du Sida (le VIH).

Le système immunitaire : une batterie d’armes défensives prête à s’activer

Face à un pathogène, reconnu comme agresseur par notre organisme, le système immunitaire* réagit en déclenchant une multitude de réactions. La première réponse est immédiate et non spécifique au microbe : elle met en jeu des moyens de défense qui se situent au niveau de la peau, de la sueur, des larmes, de la salive et provoque, outre une inflammation locale, la libération d’agents bactéricides et virucides. C’est ce que l’on appelle l’immunité innée.

Deuxième système de défense, plus lent à se mettre en œuvre : l’immunité adaptative. Les soldats qui en font partie appartiennent à trois régiments :
– les lymphocytes* B qui produisent les anticorps* empêchant le pathogène d’entrer dans les cellules
– les lymphocytes T tueurs, des cellules spécialisées dont le rôle est de détruire les cellules infectées,
– enfin, les lymphocytes T auxiliaires. Sorte de chefs-d’orchestres, ces globules blancs organisent la réponse immunitaire et commandent l’action des deux bataillons de lymphocytes précédents.

Si un virus ne peut plus entrer dans la cellule, il ne peut plus alors se répliquer*. Si la cellule dans laquelle il se trouve est détruite, il ne peut plus alors en infecter d’autres.


Que penser de la réaction vaccinale et des effets secondaires ?

Parole donnée à Nathalie Davoust-Nataf, vaccin (1/5) : la réaction au vaccin est un bon signe

 Concevoir un vaccin : une démarche ancienne, avant tout empirique

On doit donc à Edward Jenner, un médecin anglais du 18e siècle, la première expérience scientifique de la vaccination. A cette époque, la variole, avec ses pustules hautement contagieuses, faisait des ravages partout en Europe, notamment chez les jeunes enfants. En 1796, le médecin remarque que les fermiers ayant contracté la vaccine, une forme de variole affectant les vaches mais bénigne pour l’Homme, sont protégés de la variole. Il a alors l’idée d’inoculer chez James Phipps, le jeune fils de son jardinier, du pus prélevé sur une fermière infectée par la vaccine après avoir trait une vache. Quelques jours plus tard, il lui transmet une version affaiblie de la variole pour s’assurer si l’enfant est bien protégé : celui-ci résiste à la maladie.

Edouard Jenner en train de vacciner un enfant, peinture sur huile

Edward Jenner vaccinant un enfant, peinture sur huile de E. Hillemacher, 1884 @ Wikimedia Commons

« Connaître l’efficacité d’une méthode vaccinale repose beaucoup sur l’observation et l’expérimentation, c’est une démarche avant tout empirique, commente Nathalie Davoust-Nataf. Lorsque la vaccination a été utilisée pour la première fois, les scientifiques n’avaient pas nos moyens modernes d’analyse pour connaître le pathogène et la maladie qu’il induit : pas de séquençage génétique, ni de biologie moléculaire ou de microscopie électronique… La notion de pathogène n’avait même pas été arrêtée. Et c’est dans cette définition, ancienne, que se trouvent encore aujourd’hui les grands principes nécessaires à la fabrication d’un vaccin ».

Cette définition est émise en 1890 sous la plume de Robert Koch, médecin allemand, célèbre pour avoir découvert huit ans plus tôt la bactérie à l’origine de la tuberculose*. Il émet quatre postulats permettant d’identifier un agent infectieux. Deux d’entre eux stipulent que « le micro-organisme doit pouvoir être isolé et croître en milieu de culture pur (c’est-à-dire en ne contenant que ce seul microbe) et qu’il induit la maladie lorsqu’il est réintroduit chez un animal sensible ».

cellules de culture virale issues de rein de singe

Cellules Vero, utilisées comme lignée de culture virale @ 2021 William Parker

« Les deux étapes clés et délicates, dans la mise au point d’un vaccin, sont l’isolement du pathogène au laboratoire et sa multiplication en milieu de culture (étape d’amplification), illustre Hélène Dutartre. Une fois franchies, deux solutions :

– on peut tout d’abord utiliser le pathogène de façon industrielle tel que. Après inactivation par une méthode, thermique ou chimique, on obtient un vaccin qu’il faut ensuite tester en conditions réelles ». Cette stratégie, la plus ancienne, a fait ses preuves : c’est d’ailleurs celle qu’a adoptée la Chine pour produire ses vaccins Sinovac ou Sinopharm contre la Covid-19.

– « ou alors, on extrait le génome du pathogène amplifié, qu’on séquence ensuite pour construire des vaccins plus élaborés, comme les vaccins à vecteur viral, les vaccins à protéines recombinantes ou à ARN », complète l’infectiologue de Lyon.

…….La suite : Recourir au vaccin -Partie 2- Des différentes techniques vaccinales à l’évaluation de leur efficacité

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Comment sont élaborées les recommandations vaccinales ?

CComment sont élaborées les recommandations vaccinales ?

Faut-il autoriser ou interdire tel vaccin contre Covid-19 ? A qui ouvrir en priorité la vaccination ? Comment organiser la campagne de vaccination ? Depuis le début de la crise sanitaire, les décideurs politiques sont amenés à faire des choix quotidiens en matière de santé. Dans un contexte d’urgence, où les données évoluent au jour le jour et se diversifient au cours du temps, l’exercice se révèle d’autant plus complexe. Et difficile pour les citoyens de s’y retrouver. Les lenteurs de la campagne de vaccination observées depuis le mois de janvier n’ont d’ailleurs pas manqué de susciter nombre d’interrogations, voire d’incompréhensions.

Entre les motivations des décideurs et la recherche d’un compromis qui intègre les données scientifiques disponibles, décortiquer ces prises de décisions n’est pas simple. D’autant que, de la commercialisation d’un vaccin jusqu’à son administration dans les centres de vaccination, une multitude d’acteurs sont amenés à se prononcer à différentes étapes essentielles du processus. Mais qui sont justement ces différentes parties prenantes des décisions en matière de vaccination ? Et comment ces décisions sont-elles élaborées ?

C’est justement ce qui intéresse Hans-Martin Späth, chercheur au laboratoire P2S (Parcours Santé Systémique), qui a étudié en particulier l’élaboration des recommandations vaccinales contre la grippe saisonnière. Ses travaux montrent comment l’information scientifique disponible n’exerce pas le même poids chez les décideurs selon le pays, soulignant notamment des différences culturelles.

A lire sur sciences pour tous   

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Lire le dossier Pop’Sciences consacré aux vaccins :

De la variole à la Covid, les vaccins : entre peur, espoirs et raisonCaroline Depecker, journaliste scientifique, Pôle éditorial Pop’Sciences, Juin 2021

[Covid-19] L’efficacité des vaccins, une comparaison risquée

[[Covid-19] L’efficacité des vaccins, une comparaison risquée

Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Janssen… Ce sont les vaccins contre la Covid-19 actuellement autorisés en France et en Europe. Tous n’ont pas le même taux d’efficacité et les vaccins à ARN messager semblent afficher une meilleure protection. Faut-il alors préférer un vaccin efficace à 95% plutôt qu’à 72% ?

Jacqueline Marvel, chercheuse CNRS au CIRI, nous explique pourquoi la comparaison de l’efficacité des vaccins contre la Covid-19 ne devrait pas influencer le choix de se faire vacciner.

 

A lire sur sciences pour tous   

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Lire le dossier Pop’Sciences consacré aux vaccins :

De la variole à la Covid, les vaccins : entre peur, espoirs et raisonCaroline Depecker, journaliste scientifique, Pôle éditorial Pop’Sciences, Juin 2021

 

Neuromythe #4 : l’effet Mozart

NNeuromythe #4 : l’effet Mozart

Écouter de la musique classique rendrait les enfants plus intelligents. Cette idée très répandue ne repose pourtant que sur une fragile expérience conduite dans les années 1990. Certes, la musique procure de nombreux bienfaits, mais pas celui-là !

Découvrez les dessous de ce neuromythe sur CORTEX Mag