téco : tout économie

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Le portail de l’économie

Pour une analyse et des informations économiques, le portail donnant accès à des dossiers comprenant des articles, vidéos, conférences, actualités…

Proposé par :  l’ENS de Lyon en collaboration avec la Fondation pour l’Université de Lyon

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2021 : concilier rebond et protection

22021 : concilier rebond et protection

Nocturne de l’Économie 2021

Sauver des vies tout en évitant l’effondrement de l’économie, c’est l’étape du « quoi qu’il en coûte ». S’ouvre en 2021 une nouvelle séquence où il faudra concilier des mesures permettant un rebond durable tout en protégeant les plus vulnérables.

Comment réussir ce challenge ? Faut-il adopter des mesures sélectives et si oui à quel niveau ? Avons-nous une vision pertinente de l’état de l’économie dans le contexte de grande incertitude à la fois au niveau sanitaire mais aussi à l’échelle des entreprises et des ménages ? Quel doit être le rôle des territoires ? Que faire à l’échelle de l’Union européenne ? Comment réparer les inégalités qui se sont creusées ?

Une conférence en ligne qui accueillera les interventions des économistes :

  • Agnès Bénassy-Quéré, Chef économiste de la DG Trésor,
  • Olivier Garnier, Directeur Général de la Banque de France, en charge des statistiques, des études et de l’international,
  • Xavier Ragot, Directeur de recherches au CNRS, professeur en économie à Sciences po et président de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques,
  • Olivier Klein, Directeur Général de la BRED et professeur de macroéconomie financière et de politique monétaire à HEC.

Animée par : Marie Viennot, journaliste chez France Culture

Organisée par : Fondation Pour l’Université de Lyon – En partenariat avec : la BRED et l’Afse

En savoir plus :

Les Journées de l’économie

Lanceurs d’alerte : quels droits ? quels devoirs ?

LLanceurs d’alerte : quels droits ? quels devoirs ?

Le Talk du mercredi

Un lanceur d’alerte est une personne qui publie une information en obéissant à sa propre conscience de l’intérêt général. Contrairement à ce qu’on pense, ce ne sont ni des désobéissants, ni des insoumis. L’alerte apparait donc comme un devoir envers la société, mais comment est-elle protégée, quels sont ses risques ?

Daniel IBANEZ, fondateur et organisateur de la Rencontre annuelle des lanceurs d’alerte, interviendra sur le thème Lanceurs d’alerte : quels droits ? quels devoirs ?

Conférence organisée par : Human Bee Ing, association d’étudiants, de doctorants et de personnels de l’ENTPE

En cette période de cours à distance et de télétravail, ces moments privilégiés d’ouverture sur le monde sont proposés en visio-conférence.

>> Connectez-vous sur Zoom à 13h15 : https://zoom.us/j/91382600356

Lanceurs d'alerte : quels droits ? quels devoirs ? - 9 décembre 2020

Lanceurs d’alerte : quels droits ? quels devoirs ? – 9 décembre 2020

Révolution comptable, pour une entreprise écologique et sociale

RRévolution comptable, pour une entreprise écologique et sociale

Dans le cadre des Mercredis de l’Anthropocène, créés et mis en œuvre par l’École urbaine de Lyon

Le monde actuel fait face à des problèmes récurrents : des crises économiques et financières répétées, mais également des menaces écologiques qui mettent en question la survie même de l’humanité. Des solutions existent mais elles ne pourront s’opérer sans « une refonte drastique du système de comptes capitaliste », autrement dit sans opérer une révolution comptable.

Intervenant : Jacques Richard, docteur en sciences de gestion, expert-comptable, professeur émérite à l’Université Paris-Dauphine et ancien membre de l’Autorité des Normes Comptables. Il est l’un des auteurs de Comptabilité financière (11e édition, Dunod, 2018), et de Révolution comptable. Pour une entreprise écologique et sociale (Éditions de l’Atelier, 2020) avec Alexandre Rambaud.

Animé par : Fabrice Bardet, ENTPE, directeur du RIVES (laboratoire EVS).

Écouter le podcast

Les mesures sanitaires changent-elles notre rapport à l’autre ?

LLes mesures sanitaires changent-elles notre rapport à l’autre ?

Le confinement et la distanciation sociale nous ont-ils rendus plus méfiants, voire plus égoïstes ? Selon l’économiste Marie Claire Villeval, ces mesures ont surtout transformé de façon « immédiate et absolue » notre perception des normes et des comportements, pas notre nature profonde. Pour CNRS Le Journal, elle développe son analyse dans un podcast de la série « La parole à la science ».

Marie Claire Villeval est spécialiste d’économie expérimentale et comportementale, directrice de recherche au CNRS, au sein du Groupe d’analyse et de théorie économique Lyon-Saint-Étienne. Elle a reçu la médaille d’argent du CNRS en 2017.

Élections américaines : le droit contre la démocratie ? | Un article Pop’Sciences

ÉÉlections américaines : le droit contre la démocratie ? | Un article Pop’Sciences

©Pixabay

L’élection présidentielle de 2020 aux États-Unis se joue dans les tribunaux autant que dans les urnes. Le résultat du vote, mais aussi le déroulement du scrutin, sont au cœur d’un bras de fer juridique acharné entre Républicains et Démocrates.

Un article rédigé par Cléo Schweyer, journaliste scientifique, Lyon, pour Pop’Sciences – 16-10-2020

 

Il aura fallu attendre le 15 octobre 2020, moins de trois semaines avant l’élection présidentielle du 3 novembre, pour que le président américain Donald Trump le dise clairement : oui, il quittera « pacifiquement » la Maison Blanche s’il est battu par son rival démocrate Joe Biden. Interrogé sur ce point par la journaliste Savannah Guthrie, il s’est empressé d’ajouter : « Mais je souhaite que cette élection soit honnête, comme tout le monde. » Semer le doute sur le déroulement des élections pour mieux contester leur résultat, une bonne stratégie pour un président américain en exercice ?

Patrick Semansky/© AP

Oui, à en croire Olivier Richomme, chercheur en civilisation américaine à l’Université Lumière Lyon 2 et spécialiste du droit électoral des États-Unis :

« La gauche américaine craint que Donald Trump n’utilise le droit et le fédéralisme pour faire basculer l’élection en sa faveur. Et il y a beaucoup de domaines dans lesquels c’est possible. »

Une multitude de fronts s’est ouverte ces derniers mois dans les tribunaux, un peu partout aux États-Unis. On peut classer ces batailles juridiques en deux grandes catégories : l’accès des citoyens au vote (qui se joue à l’échelle de chaque état), et l’influence sur les institutions des deux partis principaux, Républicains et Démocrates (qui se joue à l’échelle fédérale).

Les USA, une démocratie où le droit de vote n’est pas garanti

D’après une étude du Brennan Center, une organisation américaine de défense des droits civiques, 16 millions de personnes ont été rayées des listes électorales aux États-Unis entre 2014 et 2016 (soit environ 15% des personnes en âge de voter). Comment est-ce possible ?

Olivier Richomme le rappelle : la constitution américaine ne comporte aucun amendement garantissant le droit de vote. Il n’est pas un droit constitutionnel, et la loi ne précise pas qui compose le corps électoral (à titre de comparaison, l’article 3 de la constitution française de 1958 dispose que « sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. »). La loi n’offre par ailleurs aucun moyen de s’assurer avant les élections que celles-ci seront égalitaires. Il faut attendre la fin du scrutin pour le contester, en apportant la preuve que l’on a été victime de discrimination. Enfin, la souveraineté des états repose en grande partie sur le fait d’organiser eux-mêmes les élections. Le droit électoral reflète donc pour une large part les rapports de force politiques au sein de chaque état.

« Les Républicains », résume Olivier Richomme, « ont de meilleurs scores quand certaines catégories de population (les jeunes, les Américains noirs notamment) ne votent pas. Pour les Démocrates, c’est l’inverse. »

Les Démocrates vont donc s’efforcer d’amener aux urnes le maximum d’électeurs. De leur côté, les Républicains tentent devant les tribunaux de limiter l’accès au vote ou de défendre les limitations existantes. Dans les deux cas, au nom de la démocratie.

Une avalanche de procédures judiciaires

« Nous vivons depuis des mois dans une atmosphère de grande anxiété », témoigne Dennis Beaver, juriste américain et collaborateur de l’Université Jean Moulin Lyon 3. Ce partisan de Donald Trump (une rareté dans son état de Californie) s’attend à ce que les résultats des élections ne soient pas connus avant plusieurs jours, voire plusieurs semaines après le 3 novembre. Les procédures opposant Républicains et Démocrates sur l’accès au vote se multiplient en effet ces dernières semaines. Cela laisse prévoir une contestation à la voix près dans les états qui pèsent le plus dans le choix final (pour tout savoir sur le fonctionnement des élections américaines, découvrez notre podcast – en ligne le 19 oct.).

Creative Commons

Le site d’information politique ProPublica, à but non lucratif et spécialisé dans les enquêtes sur les « abus de pouvoir », a mis en place un observatoire participatif du déroulement du vote, ElectionLand. Et le vote par correspondance, massif cette année en raison de la crise sanitaire, est au centre de toutes les préoccupations.

 

©Flickr

Prenons l’exemple du Texas, un état géré par les Républicains depuis 1976, mais où Joe Biden est en tête dans les sondages à quelques semaines du vote. C’est l’un des quatre états les plus peuplés des États-Unis (25 millions d’habitants). Il envoie 38 grands électeurs au Collège électoral et peut faire basculer l’élection. Le 7 octobre 2020, la Cour suprême du Texas a tranché une question posée par les Démocrates : le comté de Harris (plus de 4,5 millions d’habitants) n’aurait pas dû envoyer le matériel pour voter par correspondance à tous ses électeurs inscrits. Une loi texane le réserve en effet aux personnes âgées de 65 ans et plus. Les démocrates contestaient la validité de cette mesure dans le contexte de pandémie de COVID-19 : ils ont été déboutés.

En Pennsylvanie (13 millions d’habitants et 20 grands électeurs), Donald Trump n’a gagné en 2016 que d’une très courte avance de 44 000 voix. Les Républicains ont obtenu devant la Cour suprême de l’État que 100 000 bulletins de vote par correspondance, déjà reçus par les autorités à la veille du scrutin, ne soient pas comptabilisés. Motif : ils n’ont pas été renvoyés dans une enveloppe scellée et portant la formule « bulletin de vote officiel ». Jusqu’à présent, ce type de bulletin (dit « bulletin nu ») était pourtant pris en compte sans difficulté.

Influencer les institutions, un enjeu pour tous les présidents américains

De telles restrictions ne concernent pas que le vote par correspondance : en 2016, le Winsconsin a ainsi exigé que les votants présentent une pièce d’identité avec photo. La carte d’identité n’existant pas aux États-Unis, les personnes qui ne détiennent pas un permis de conduire ou de port d’armes ne sont de fait plus en mesure de voter. Démarche similaire pour la Floride, un état qu’il faut absolument remporter pour gagner l’élection, et qui a écarté du vote en septembre 2020 les personnes ayant déjà été condamnées par la justice. Ailleurs, ce sont des bureaux de vote qui sont fermés dans certains quartiers quelques semaines ou quelques jours avant les élections. Dans ces conditions, comment faire respecter ce qui apparaît comme un principe essentiel en démocratie, l’accès au vote pour tous ?

Carte des élections américaines de 2004 (rouge : Républicains, Bleu : Démocrates, gris : votes disqualifiés) / Wikimedia Commons

Les États-Unis ont déjà connu pareille situation, rappelle Olivier Richomme, avec le duel entre Georges W. Bush et Al Gore en 2004. Bush avait remporté l’élection grâce à une avance de moins de 1 500 voix sur Gore en Floride. Le recomptage des voix demandé par les Démocrates avait finalement été interrompu par la Cour Suprême, qui a donc désigné le vainqueur par un arrêt. Une première appelée à se reproduire en 2020 ?

« C’est la Cour Suprême qui désignera le vainqueur », pronostique Dennis Beaver avec un certain fatalisme.

On comprend mieux l’insistance de Donald Trump à y nommer une juge étiquetée conservatrice juste avant l’élection, s’assurant ainsi que les magistrats proches de sa famille politique seront majoritaires au sein de la juridiction suprême. « Il faut espérer que la Cour Suprême saura se montrer indépendante quand même », sourit Dennis Beaver. Olivier Richomme n’y croit pas trop : « Malheureusement, les juges ont tendance à voter en ligne avec le président qui les a nommés », relève-t-il. Aucune autre juridiction n’existant au-dessus de la Cour Suprême, les jeux seraient alors faits.

Tous les présidents américains, démocrates comme républicains, s’efforcent de peser politiquement dans la vie institutionnelle du pays. Avec des conséquences, là aussi, sur l’intégrité des scrutins. Le Ministère de la justice vient ainsi de supprimer un règlement interdisant de rendre publique, en période électorale, toute enquête qui serait liée au vote, pour ne pas influencer négativement les électeurs. On peut donc s’attendre, et cela a déjà commencé, à ce que l’espace médiatique soit saturé d’informations relatives à de supposées fraudes électorales.

« Donald Trump prépare les Américains à l’idée que le résultat du vote sera frauduleux, pour pouvoir dire qu’il a gagné quoi qu’il arrive », analyse Olivier Richomme.

La démocratie, seulement une question de droit ?

Olivier Richomme et Dennis Beaver s’accordent pour dire que voter à l’élection présidentielle présente peu d’intérêt si l’on habite dans un état « joué d’avance », comme c’est le cas pour la Californie (qui vote systématiquement démocrate). Les électeurs se déplacent tout autant pour les autres votes, locaux ceux-là, qui leur sont présentés en même temps que le choix de leur dirigeant fédéral. Et le système des grands électeurs, conçu pour que les états peu peuplés pèsent face aux états très peuplés que sont la Californie, New-York ou la Pennsylvanie, a pour conséquence de biaiser la représentativité des élections. Les Républicains ont ainsi un pouvoir effectif sans relation avec le nombre d’électeurs qu’ils représentent réellement. Et les Démocrates, bien que majoritaires dans les urnes, ont peu de chance de pouvoir imposer la réforme électorale dont les États-Unis semblent avoir de plus en plus besoin.

La situation américaine actuelle constitue ainsi un cas-limite de l’État de droit, dans lequel une mesure anti-démocratique n’est pas pour autant illégale. Et donc d’autant plus difficile à faire évoluer. Une réalité qui rappelle que la démocratie ne repose pas que sur le droit : sans réflexion et entente sur ce qui fonde l’idéal politique d’un état, les institutions peuvent finir par être utilisées contre elles-mêmes.

PPour aller plus loin

Les Journées de l’économie | JECO 2020 – 13e édition

LLes Journées de l’économie | JECO 2020 – 13e édition

2020 : Réinventons le progrès ensemble

Pendant trois jours participez aux conférences, débats, rencontres, consacrés à l’économie ! L’angle choisi pour l’édition 2020 des Jéco, 2020 : Réinventons le progrès ensemble sera décliné en plus de 50 conférences pour cette 13e édition autour des conséquences économiques et sociales de la pandémie, mais aussi sur la transition environnementale.

Suite aux mesures sanitaires mises en place, les conférences des Journées de l’Économie 2020 n’accueilleront pas de public.

L’ensemble des conférences seront accessibles en version numérique

 

> Conséquences économiques et sociales de la pandémie

  • Les économistes face à la prochaine pandémie
  • La pandémie a-t-elle vraiment changé nos modes de vie ? 
  • Information, désinformation, quels défis pour l’après Covid-19 ?
  • Crise sanitaire : qu’avons-nous appris ?
  • La mondialisation fragile : quelles leçons de la pandémie ?

> La transition environnementale et la redéfinition du progrès

  • Voir le monde autrement
  • Comment les chercheurs expliquent le progrès ?
  • Les outils de la transition environnementale
  • Faut-il choisir entre solidarité et efficacité ?
  • …et bien d’autres.

De nombreux intervenants prestigieux : les prix Nobel d’économie 2019 : Esther Duflo et Abhijit Banerjee, Joël Mokyr, Élie Cohen, Alain Grandjean, Jean Pisani-Ferry, Xavier Ragot, Sylvie Goulard, François Villeroy de Galhau, Agnès Benassy-Quéré, Philippe Aghion, Patrick Artus, et bien d’autres…

Consultez le programme :

JECO 2020

Traitement contre le Covid-19 : faudra-t-il payer le prix fort ?

TTraitement contre le Covid-19 : faudra-t-il payer le prix fort ?

Dans les pays où le secteur public finance une grande partie de la recherche fondamentale et distribue au secteur privé des aides, l’État pourrait exiger, en échange, des prix modérés pour les médicaments issus de ces recherches.

C’est l’analyse d’Izabela Jelovac, directrice de recherche au Groupe d’analyse et de théorie économique Lyon-St Étienne – GATE-LSE (CNRS/Lyon1/Lyon2/UJM/ENSL).

Lire l’article intégral sur :

CNRS Le Journal

Zones maritimes disputées : la part de non-droit de l’océan

ZZones maritimes disputées : la part de non-droit de l’océan

Cet article est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Grégory Fléchet   |   26 mai 2020


La carte juridique des océans dessine un véritable écheveau de lignes épousant les contours des terres émergées. Ces zones de partage maritime sur lesquelles les États sont parvenus à s’entendre, à force de négociations, font encore l’objet de contentieux entre nations voisines.

Tout comme le tracé des frontières terrestres, la délimitation des espaces maritimes peut être source de conflits. Si le nombre de zones maritimes disputées par plusieurs États reste difficile à évaluer à l’échelle de la planète, ces différends auraient tendance à se multiplier du fait notamment des enjeux économiques associés à ces territoires. Avec un domaine maritime de près de 11 millions de km2, le deuxième plus vaste au monde après celui des États-Unis, la France ne compte pas moins de 39 frontières avec 30 pays différents. De quoi susciter des frictions avec ses nombreux voisins. Dans le golfe de Gascogne, le différend qui oppose, par exemple, la France à l’Espagne à propos du tracé de leur frontière commune n’a toujours pas été tranché. À plus de 10 000 km de là, un autre désaccord se cristallise autour de la frontière entre Madagascar et l’archipel français des îles Eparses, disséminées tout autour de la Grande Île.

La carte mondiale des zones économiques exclusives (en bleu foncé)

Absence de cadre juridique

Depuis le milieu du XXe siècle, près d’une trentaine de litiges ayant trait à la délimitation de zones maritimes ont abouti à des contentieux internationaux. « La délimitation des espaces maritimes étant censée reposer sur le consentement des États, il n’existe aucun cadre juridique précis sur lequel s’appuyer pour tracer en toute objectivité les contours de ces territoires », souligne Pierre Musy, doctorant en droit international public à l’Université Jean Moulin-Lyon 3 où il prépare une thèse sur les zones maritimes disputées. Face à cette forme de laxisme juridique, certains États n’hésitent pas à s’approprier en toute impunité de vastes étendues maritimes pour y exercer des activités de pêche ou y extraire des hydrocarbures. Lorsqu’un pays s’estime lésé par une ou plusieurs autres nations, il a toutefois la possibilité de saisir la Cour internationale de justice ou le Tribunal international du droit de la mer, qui dépendent de l’Organisation des Nations unies. Ces organes judiciaires internationaux ont en effet toute latitude pour prononcer des mesures conservatoires sur un territoire maritime revendiqué par plusieurs États, en attendant que le litige soit résolu à l’amiable ou par une décision de justice.

 

Vers la fin de l’injustice maritime ?

Mais alors que la plupart des pays privilégient la voie juridique pour régler leurs différends, les grandes puissances maritimes ont souvent tendance à s’y opposer. « Lorsque la France a ratifié la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, en 1996, elle a explicitement refusé les différends liés aux délimitations maritimes », rappelle Kiara Neri. Dans ces circonstances, il devient impossible pour un autre État en conflit avec la France à propos d’un territoire maritime, de saisir un organe judiciaire compétent ou un tribunal arbitral. Comment dès lors réparer cette forme d’injustice ? C’est tout l’enjeu du projet Zomad1 auquel participe Pierre Musy : « cette initiative vise à recenser l’ensemble des territoires maritimes disputés à travers la planète, les activités qui s’y déroulent, ainsi que les positions des différents pays qui les revendiquent dans la perspective d’accorder un véritable statut juridique à ces zones grises de l’océan. »

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  1. Ce projet qui a débuté en automne 2018 est coordonné par Alina Miron, professeure de droit international public au Centre Jean Bodin de l’Université d’Angers

COVID-19 | Nos experts dans les médias

CCOVID-19 | Nos experts dans les médias

Chercheurs, enseignants-chercheurs et spécialistes de l’Université Jean Moulin Lyon 3 livrent aux médias leurs analyses de la situation inédite que nous vivons depuis plusieurs semaines.

 

Nos experts dans les médias