Instruments voyageurs : une recherche appliquée sur les patrimoines musicaux des habitants de Villeurbanne

IInstruments voyageurs : une recherche appliquée sur les patrimoines musicaux des habitants de Villeurbanne

Les individus voyagent, les instruments aussi ! Quel est l’histoire des instruments de musique qui ont un jour atterris à Villeurbanne ? Quel attachement, quelles histoires intimes et collectives racontent-t-ils ? Depuis 2018, Le Rize, le CMTRA et l’ENM ont conçu conjointement le projet Instruments voyageurs, en allant à la rencontre des Villeurbannais et Villeurbannaises pour recueillir les histoires des instruments de musique qui habitent chez eux. C’est cette démarche participative que ce webinaire vous propose de découvrir.

Instruments Voyageurs c’est aujourd’hui un parcours d’exposition, une programmation de concerts, ateliers et rencontres proposés qui sont le fruit de ce travail collectif d’enquêtes et de recherches documentaires. Dans notre quotidien, à la maison, dans la rue… les instruments de musique sont les témoins d’échanges, de circulations et d’interconnexions entre cultures et langages musicaux. Instruments voyageurs invite à la découverte d’instruments d’ici, d’ailleurs, voire de nulle part, révélateurs de multiples phénomènes d’emprunts et de transferts culturels. Vous pouvez avoir ici un avant-goût de l’exposition Instruments voyageurs grâce à sa déclinaison numérique, où les « instruments » sont prêts à vous faire voyager. Deux stagiaires de la Boutique des Sciences avait également prit part au projet en 2019.

L’anthropologue Laura Jouve-Villard présentera lors de ce séminaire comment cette démarche a émergé et a intégrer les habitants et habitantes de Villeurbanne dans une volonté de croisement de savoirs. Quels bousculements de problématique et de vision la rencontre entre habitants, scientifiques et associatifs ont-ils produits ? Quelles difficultés le projet a-t-il pu connaître ? Quelles médiations et intermédiations ont été mobilisées ? Quels résultats et impacts aujourd’hui sur ce territoire ?

Intervenante :

  • Laura Jouve-Villard Chargée de recherche au CMTRA

En savoir plus :

Boutique des sciences

Les architectures de terre en Méditerranée occidentale

LLes architectures de terre en Méditerranée occidentale

L’architecture de terre dans le Midi de la France, du Néolithique à l’époque moderne

Moins connues que les architectures en terre du Proche Orient, d’Asie centrale, du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, les constructions à base de terre crue n’en existent pas moins en Méditerranée nord-occidentale depuis le Néolithique. Également moins spectaculaires, car elles appartiennent surtout au domaine de l’habitat et atteignent rarement une échelle monumentale, elles frappent cependant par la variété des techniques mises en œuvre.

Dans les régions du sud de l’Europe ouvertes de tout temps à des apports culturels et techniques de Méditerranée comme d’Europe continentale, des architectures en terre originales illustrent aussi bien l’appropriation de procédés exogènes que l’invention de solutions nouvelles. Les mécanismes de l’appropriation et la genèse des inventions sont parfois difficiles à saisir. Techniques et architectures s’adaptent à des contextes particuliers, du point de vue historique, environnemental, social ou culturel, ce qui en justifie la diversité dans l’espace géographique et la relative instabilité au cours des siècles.

Intervenants : 

  • Claire-Anne de Chazelles, chargée de recherche au CNRS, laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes Montpellier, membre du Labex Archimede

En savoir plus :

Maison de l’Orient et de la Méditerranée – MOM

 

En 2020, la recherche à l’ouvrage pour Notre-Dame | Collections & Patrimoines

EEn 2020, la recherche à l’ouvrage pour Notre-Dame | Collections & Patrimoines

Les chercheurs et chercheuses se sont mobilisés tout au long de l’année sur le chantier scientifique de la cathédrale Notre-Dame. Sauvegarde du patrimoine matériel, modélisation de la structure ou encore études acoustiques… les programmes de recherche posent aussi les premiers jalons de la restauration, en collaboration avec des ingénieurs et des architectes.

Focus sur le chantier « Acoustique » avec Mylène Pardoen, archéologue du paysage sonore à la Maison des Sciences de l’Homme Lyon Saint-Étienne, dans une vidéo proposée par CNRS le Journal.

AA LIRE

Entretien avec l’équipe lyonnaise de scientifiques de retour de leur première mission dans Notre-Dame de Paris.

Un entretien réalisé par Pop’Sciences – 24 juillet 2020 :

Retrouvez le son de Notre-Dame

Journées européennes du patrimoine 2020

JJournées européennes du patrimoine 2020

Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie !

Les Journées européennes du patrimoine, JEP, sont l’occasion de poser un autre regard sur le patrimoine à travers des visites et des balades urbaines inédites. Cela passe aussi par la découverte de lieux de science et la rencontre avec des chercheurs de tous horizons…

Nous vous proposons :

L’exposition Carnets de sciences en Terre du milieu sur l’univers du Seigneur des anneaux, vient compléter cette exploration. Ouverture exceptionnelle de la maison natale de Claude Bernard.

>> Renseignements au : 04 74 67 51 44 / 04 74 68 23 08 | Musee.claudebernard@agglo-villefranche.fr | Pas de réservation 

>> Mesures COVID 19 : port du masque obligatoire, jauge limitée, file d’attente à l’extérieur, parcours adapté, distanciation physique à respecter.

 

Toute la programmation des JEP en métropole lyonnaise et ailleurs :

JEP de la Métropole de Lyon

JEP nationales

Retrouver le son de Notre-Dame | Collections & Patrimoine

RRetrouver le son de Notre-Dame | Collections & Patrimoine

Entretien avec l’équipe lyonnaise de scientifiques de retour de leur première mission dans Notre-Dame de Paris.

Un entretien réalisé par Pop’Sciences – 24 juillet 2020

Une reconstruction « fidèle » de Notre-Dame suppose qu’en plus de la remise en état du bâti (la charpente, la flèche…), une restauration acoustique soit mise en œuvre pour restituer aux générations futures ce qu’était le « son » de la plus célèbre des cathédrales avant l’incendie dévastateur d’avril 2019.

De retour de leur première mission scientifique sur le site religieux, Notre-Dame, l’équipe scientifique « acoustique » de la Maison des Sciences de l’Homme Lyon Saint-Étienne nous explique en quoi consiste son travail. Entre technique et émotions, un le récit digne d’une aventure scientifique hors du commun et hors du temps.

Pop’Sciences | Quelle est l’origine de la création du groupe acoustique ?

Mylène Pardoen, docteur en musicologie, spécialiste de l’archéologie du paysage sonore :

Suite à l’incendie qui a détruit la toiture de Notre Dame (ND) de Paris en avril 2019, la communauté scientifique s’est mobilisée autour du CNRS pour participer à sa reconstruction en neuf groupes de travail thématiques = Incendie, Numérique, Structure, Bois/Charpente, Métal, Pierre, Verre, Émotions patrimoniales et Acoustique.

Ce dernier groupe, composé de 6 personnes et… d’un robot – de son petit nom Deep Trekker – regroupe des équipes de parisiens 1 et de lyonnais issus de l’équipe Pôle Image Animée et Audio (PI2A) de la Maison des Sciences de l’Homme Lyon Saint-Étienne 2.

©Chantier CNRS Notre-Dame_Groupe Acoustique

Pop’Sciences | Quels sont ses objectifs ?

Mylène Pardoen :

Le groupe acoustique a deux objectifs :

Réaliser un modèle informatique sonore de ND qui permettra aux équipes d’architectes de les guider dans leurs choix pour la reconstruction de la voute et de la charpente (en donnant des mesures de l’impact acoustique selon le choix des matériaux, de la forme de la voute, etc.). La cathédrale est alors considérée comme un objet résonnant dans lequel un son est généré – par l’éclatement d’un ballon de baudruche, par exemple – dans le but de pouvoir calculer le temps de réverbération (l’écho) propre à la structure de la cathédrale.

Ce volume acoustique est l’espace délimité par l’ensemble des « parois », tenant compte des caractéristiques acoustiques de leur matériaux (pierre, bois….) et des objets s’y trouvant. Lorsque le son est émis, ses ondes se réfléchissent sur les parois comme une sorte de balle de ping-pong, mais avec un léger temps de retard à chaque rebond. C’est ce que l’on nomme le temps de réverbération (ce qui nous semble être un écho). C’est en quelque sorte la caisse de résonance qui permet à l’orgue ou aux choristes de donner à leurs chants une caractéristique particulière (la signature acoustique d’un lieu, qui est unique).

Ces relevés actuels seront comparés à des enregistrements réalisés lors d’un concert qui avait eu lieu dans ND en 2013, pour permettre de retrouver l’acoustique d’avant sa destruction.

Pendant la mission, seule la partie de la nef a fait l’objet de relevés (le chœur, bien qu’accessible, n’est pas dégagé et le transept, dont le sol est très abimé, était trop complexe à aborder pour le robot et les trépieds). Le robot servait essentiellement à accéder à la nef qui est encore aujourd’hui inaccessible par mesure de sécurité (risque potentiel de chute de pierres ou de la charpente en bois) pour pouvoir positionner deux trépieds à roulettes comportant chacun 2 micros ambisoniques et 2 micros omnidirectionnels nécessaires à l’étude du temps de réverbération de l’onde sinusoïdale (le son produit par le ballon).

©Chantier CNRS Notre-Dame_Groupe Acoustique

©Chantier CNRS Notre-Dame_Groupe Acoustique

Le second objectif est de documenter au niveau sonore le chantier de Notre-Dame ou autrement dit de réaliser une évaluation perceptive et représentative de l’environnement sonore de ND, en installant des capteurs qui enregistreront les ambiances sonores, 24h sur 24, pendant toute la durée du chantier de déblaiement et de reconstruction. Cette captation viendra agrémenter les informations disponibles sur ce bâtiment et continuer à raconter son histoire. Ainsi, seront collectés les bruits du chantier : ceux des corps de métiers qui vont se succéder, mais aussi ceux des oiseaux circulant librement dans le bâtiment… Tout cela agrémente le modèle sonore de ND.

©Chantier CNRS Notre-Dame_Groupe Acoustique

Joachim Poutaraud, assistant ingénieur en spatialisation sonore :

Cette pratique de l’étude du paysage sonore permet d’étudier la relation de l’Homme avec les sons de son environnement. On évalue des « marqueurs sonores », des sonorités signalétiques qui vont nous permettre de cartographier l’environnement sonore de la cathédrale.

Mylène Pardoen :

C’est l’histoire sonore du chantier. On peut repérer les porosités – des interférences qui existent entre les ambiances internes de la cathédrale et celles venant de l’extérieur qui sont le reflet des activités urbaines essentiellement – et la pollution sonore qui rentrent dans la cathédrale pour préserver sa quiétude. Car, quand on sort, on est agressé par le bruit tant la sérénité de la cathédrale est encore présente.

Ce second objectif fait écho aux travaux de Mylène Pardoen, archéologue des paysages sonores qui reconstitue des ambiances sonores du passé.

Avec le modèle virtuel créé, on pourra recréer une acoustique de n’importe quelle époque de ND : par exemple, au Moyen-Âge, on peut retrouver tous les éléments sonores qui étaient présents à cette époque dans ND en prenant en compte l’évolution de l’urbanisme, si le tissu urbain a changé ou non, si les rues ont été modifiées. Après, il faut retrouver qui travaillait autour, les corps de métiers, les bruits des gestes et des outils utilisés.  Mes sources sont les almanachs de l’époque pour recherche la localisation des artisans, les registres administratifs. Il n’y avait pas d’historique des précédents chantiers de ND. Tout le travail sera valorisé tout au long de la mission par des reportages, des enregistrements et des vidéos.

 

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Encart

Les chiffres clefs de la mission au niveau technique

Pour la mission :

– 350 Kg de matériel répartis en 6 flight cas pour : le matériel de diffusion et de captation pour l’acoustique, le matériel de captation pour les ambiances sonores,  l’ensemble des matériels pour documenter notre travail (GoPro, caméra JVC, micro binaural…) ;

– 8 kits EPI (2 combinaisons pour les frileux) ;

– 1 pistolet d’alarme et 8 cartouches (pour l’étalonnage) ;

– des ballons à gonfler et à faire éclater (également pour l’étalonnage) ;

– des kits d’éclairage ;

– 4 trépieds à roulettes.

©Chantier CNRS Notre-Dame_Groupe Acoustique

Nos 4h sur site représentant une distance de déplacement d’environ 20 km par personne (uniquement dans l’enceinte polluée au plomb. C’est ce que l’on nomme la zone sale.).

Pour l’équipe lyonnaise, le bilan vidéo représente : 47 min de rushs JCV ; 31 min de GoPro ; 90 Go de vidéos immersive (images robot, GoPro sur micros, timelapse). Le bilan audio : 6,52 Go de fichiers ambisoniques (soit près de 3h d’enregistrement).

Pour l’équipe équipe parisienne : 12h de vidéo (toutes caméras confondues, dont celles du robot) ; 110 Go de fichier audio (pour l’élaboration du modèle acoustique et ses volumes).

Voir la vidéo réalisée par Christian Dury lors de leur première entrée dans ND : Emotion en entrant – 10 juillet 2020.

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Pop’Sciences | Pourquoi est-ce important de reconstituer l’ambiance sonore de ND ? Qu’avez-vous ressenti en entrant dans ND ?

Mylène Pardoen :

Il est important de toucher du doigt les porosités et de les mettre en parallèle avec notre ressenti, nos émotions. Le confinement que nous venons de subir nous a fait prendre conscience de la dimension bruyante de nos villes, de nos vies. Des bruits ont ressurgit, les bruits de la nature ont ré-émergés. J’étais bien pendant le confinement ! Aujourd’hui il y a du « surbruit » comme si on voulait faire fuir la Covid comme quand on faisait le charivari pour faire fuir la peste …

Joachim Poutaraud :

Notre rapport au bruit dépend du contexte. Quand on s’intéresse, par exemple, aux paysages sonores indiens dans les quartiers type bidonville (Dharavi, Bombay) la perception du bruit est différente : les habitants de ces quartiers ont peur du silence, un espace sans son est un espace mort. Proverbe indien : « qui mendie en silence, meurt de faim en silence ».

Reconstituer l’ambiance sonore de ND c’est finalement lui rendre son âme.

Pop’Sciences | L’anecdote qui vous reste de cette expérience !

L’anecdote de Joachim : « le moment où on a déposé le boitier (pour enregistrer les sons du chantier) sous la rosace sud, on était à 10 cm des vitraux, voir les motifs de si près était extraordinaire… »

L’anecdote de Mylène : « ce fut un moment intense et la récolte très riche. Un souvenir inoubliable : les chaussures fendues de Joachim à force de marcher ! »

L’anecdote de Christian Dury – Ingénieur, Co-responsable du Pôle Image Animée et Audio : « je fais partie des rares personnes au monde à m’être retrouvé 5 minutes presque tout seul à 3 heures du matin dans ND endormie… »

L’équipe de Pop’Sciences ne manquera pas de vous faire vivre cette aventure scientifique. Rendez-vous lors d’un prochain retour de mission pour en savoir plus sur l’évolution des enregistrements, des relevés et de la construction du modèle sonore de Notre-Dame…

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Notes :
[1] l’équipe « Lutheries – Acoustique – Musique » de l’Institut Jean Le Rond d’Alember
[2] La Maison des Sciences de l’Homme Lyon Saint-Étienne est sous tutelles des établissements suivants : CNRS / Université Lumière Lyon 2 / Université Jean Moulin Lyon 3 / Université Claude Bernard Lyon 1 / Université Jean Monnet Saint-Étienne / École normale supérieure de Lyon / Science Po Lyon

 

PPour aller plus loin

La Sublime Porte. Un itinéraire entre Orient et Occident

LLa Sublime Porte. Un itinéraire entre Orient et Occident

Une nouvelle mini-série en Histoire de l’art intitulée La Sublime Porte. Un itinéraire entre Orient et Occident en compagnie de Laura Foulquier et Vincent Hérail.

Ces pastilles sont l’occasion d’une collaboration avec Vincent HERAIL, historien et enseignant en classes préparatoires à Annecy.

<Pastille n° 1 : « Du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent. Première étape : l’Égypte »

C’est une incursion sensible dans l’Empire ottoman au XIXe siècle, et le titre l’indique, c’est un itinéraire : nous aurons donc l’occasion de caboter à travers cet immense territoire entre Europe, Afrique et Asie. Où il sera question dans ce premier épisode de Bonaparte, de Méhémet Ali et du froufrou des crinolines dans les rues cairotes.

Découvrez la première pastille

<Pastille n° 2 : « Je veux de la poudre et des balles. Deuxième étape : la Grèce »

Nous fendons les flots vers la Grèce.
Où il sera question dans ce deuxième épisode de Lord Byron, des émois de François-René de Chateaubriand devant Sparte, de Méhémet Ali et d’une jeune grecque au tombeau de Marco Botzaris.

Découvrez la deuxième pastille

<Pastille n° 3 : Smyrne

Poursuivons notre croisière en passant par Smyrne, l’ancienne vile d’Izmir

En route pour la troisième pastille

<Pastille n° 4 : Les os des cités dont le nom a péri. Quatrième étape : la Syrie

Nous fendons les flots vers la Syrie.
Où il sera question, dans ce quatrième épisode de Palmyre, de Méhémet Ali, du duc de Luynes, de paysans kurdes et de “souvenirs daguerriens”.

Voici la quatrième pastille

<Pastille n° 5 : Cinquième étape : Istanbul

Nous accostons à Istanbul, toujours en compagnie de Laura Foulquier et Vincent Hérail
Où il sera question de Galata, de turban et de stambouline, d’Abdulamid et de palais sur le Bosphore.

Voici la cinquième pastille

<Pastille n° 6 : Sixième étape : Jérusalem

“Elle se détachait en jaune sombre et mat, sur le ton bleu du firmament et sur le fond noir du mont des Oliviers”

Voici la sixième pastille

<La série complète

Découvrez l’ensemble des podcasts

A quoi pensez-vous ?

AA quoi pensez-vous ?

Conversations à distance avec Camille De Toledo

À l’heure de la pandémie, dans le cadre de la detective room et du cycle « Enquêter, enquêter mais pour élucider quel crime ? », la résidence de l’écrivain-chercheur Camille de Toledo se reconfigure. Elle propose, à partir du 9 juin, une série de rencontres et de conversations à distance.

La « Chambre d’enquête » devient la « chambre d’échos ».

Toutes les semaines, l’écrivain dialoguera avec un.e invité.e issu.e des différents champs de recherche : art, histoire, philosophie, littérature, architecture, urbanisme, anthropologie…Avec l’Ecole urbaine de Lyon, European Lab et la Fête du livre de Bron.

  • A partir du 9 juin 2020 • Comment la langue a recouvert le monde et ses animaux ? avec Anne Simon
  • A partir du 16 juin 2020 • Comment concevoir une architecture de l’hospitalité ? avec Sébastien Thiéry
  • A partir du 23 juin 2020 • Comment les modernes ont-ils mécanisé la nature en la « désanimant » ? avec Frédérique Aït-Touati
  • A partir du 30 juin 2020 • Comment partager les perspectives humaines et non-humaines ? avec Emmanuel Alloa
  • A partir du 7 juillet 2020 • Comment nous, les modernes, nous habitons nos corps et pourquoi il en va du corps comme du monde ? avec Denis Cellier

Découvrez le programme des premières conversations sur le site de :

École urbaine de Lyon

 

Coups de projecteurs sur la galerie médiévale du Musée des Moulages | Collections & Patrimoine

CCoups de projecteurs sur la galerie médiévale du Musée des Moulages | Collections & Patrimoine

La galerie médiévale du Musée des Moulages prend de nouvelles couleurs ! En collaboration avec Véronique Rouchon (Université Lumière Lyon 2/CIHAM), Géraldine Victoir (Université Paul Valéry Montpellier 3 / CEMM) et Jonathan Richer (entreprise d’art numérique Theoriz), le Musée des moulages de l’Université Lumière Lyon 2 a mis en place un système de vidéo mapping qui permet de projeter des couleurs et des motifs sur trois statues de sa galerie médiévale.

Au cours de cette vidéo, les acteurs de ce projet exposent les procédés scientifiques et techniques qui ont permis de reconstituer la polychromie de ces moulages. Vous pourrez bientôt découvrir cette nouvelle forme de médiation au MuMo, 87 cours Gambetta, Lyon, 3e arrondissement. 

Pour en savoir plus sur les recherches menées pour ce projet de colorimétrie : De l’ombre à la lumière. Quand les arts numériques redonnent vie et couleurs aux statues médiévales.

L’organisation de la démocratie athénienne | Collections & Patrimoine

LL’organisation de la démocratie athénienne | Collections & Patrimoine

A travers cet article, nous allons nous intéresser à une stèle dont le moulage est conservé au MuMo (inv. 521) : la Stèle dite de Dexiélos. Cette stèle porte une inscription très intéressante. Voici sa traduction : « Dexiléos, fils de Lysanias, de Thorikos, naquit sous l’archonte Tisandre, mourut sous Eubolide à Corinthe (il fut) des cinq cavaliers ». Cette épitaphe nous intéresse à deux égards: la question de la composition des tribus et celle des magistratures.

Thorikos est ici le nom d’un des dèmes qui composent le territoire de l’Attique (région d’Athènes). Le dème est une division territoriale et administrative qui correspondrait pour nous à une municipalité. Les futurs citoyens à leur naissance sont inscrits sur la liste du dème auquel ils appartiennent de façon héréditaire. Ce dème fait partie de l’identité du citoyen.

Ici c’est le statut de la personne qui est mis en avant. Dexiléos est citoyen d’Athènes : il fait partie du corps civique et peut prendre part au gouvernement de sa cité, gérée de manière collégiale entre tous les citoyens. Il s’agit d’un motif de fierté pour ces personnes. La stèle de Dexiléos est une stèle funéraire particulière car à Athènes il y a un espace commun pour ceux qui sont morts à la guerre: le Démosion Sèma. Ce terme, que l’on peut traduire par « cimetière du peuple », est représentatif de l’esprit civique et égalitaire de la cité. Les soldats sont tous enterrés dans cet endroit et un monument porte leurs noms listés par tribu. La stèle de Dexiléos ne montre pas que la démocratie est malade et que sa volonté d’égalité est mise à mal à la fin du IVe siècle av. J.-C.

En effet Athènes, après un coup d’état à la fin de la guerre du Péloponnèse (qui l’oppose à Sparte de 431 à 404 av. J.-C.), est dirigée par des oligarques que l’on a appelés : les 30 tyrans. La Stèle de Déxiléos mentionne aussi « Naquit sous l’archonte Tisandre ». La magistrature de l’archontat est ancienne : elle date du VIIIe siècle av. J.-C., mais elle devient annuelle et n’est plus confiée à vie à partir du VIIe siècle av. J.-C.

Les archontes (« Ceux qui ont une archè », un pouvoir), élus au nombre de neuf, président à toutes les affaires, administratives, religieuses ou judiciaires – six d’entre eux sont chargés de la promulgation et de l’exécution des lois. L’archonte dit « éponyme » est le premier des archontes, il donne son nom à l’année de son mandat. Les dates sont mentionnées par ce moyen, c’est ce que l’on trouve sur la Stèle de Déxiléos : il est né l’année où l’archonte Tisandre était au pouvoir.

A leur sortie de charge, ces magistrats deviennent membre de l’Aréopage, qui siège sur la colline d’Arès. Il est constitué de dix anciens archontes : un par tribu. C’est un conseil qui contrôle l’action des archontes pendant leur mandat, prépare les votes de l’assemblée et exerce une justice criminelle. L’assemblée (l’ecclésia) du peuple n’a qu’un rôle restreint mais va progressivement se doter d’organes du pouvoir.

Vous souhaitez en savoir encore un peu plus sur le tirage au sort et les espaces civiques à Athènes ? Rendez-vous ici pour une interview de Liliane Lopez qui évoque plus spécifiquement ces thématiques: https://popsciences.universite-lyon.fr/ressources/le-tirage-au-sort-dans-lathenes-classique/

Jillian Akharraz, doctorant en histoire et archéologie grecque (Univ. Lumière Lyon 2 – Hisoma UMR 5189) et médiateur au MuMo.

En savoir plus :

MuMo

Les lutteurs impassibles | Collections & Patrimoine

LLes lutteurs impassibles | Collections & Patrimoine

Vous vous disputez avec vos co-confinés ? On espère que vous n’en arriverez pas au même point que ces deux-là : aujourd’hui on vous présente les Lutteurs Medicis.

Les Lutteurs sont une œuvre en marbre réalisée au Ier siècle av. J.-C., et conservée à Florence, à la Galerie des Offices (inv. 1914 n.216).

Deux hommes nus ont été précipités au sol. Ils sont en pleine action, le premier maintenant le second au sol grâce à la tenaille formée par ses jambes. L’homme du dessus semble faire une clef de bras à celui du dessous. Ils échangent un regard, mais leurs expressions semblent impassibles. La tension des muscles, bandés juste après la chute montre à quel point l’artiste a su saisir, capter un instant du combat, comme suspendu depuis une vingtaine de siècles.

Si le groupe semble être une copie d’après un bronze réalisé au IIIe siècle av. J.-C. par un artiste de l’école de Lysippe*, les têtes n’appartiennent pas à l’original. Celle de l’homme du dessus est moderne, et celle de l’homme du dessous est antique mais provient d’une autre œuvre. Cela expliquerait en partie le peu d’expressivité des visages.

© C. Mouchot – Université Lumière Lyon 2

La lutte est un des sports grecs par excellence. Les lutteurs, dont le corps est préalablement enduit d’huile et de poussière pour rendre les prises plus difficiles, ont pour but de faire tomber leur adversaire trois fois au sol. C’est ainsi qu’ils obtiennent la victoire. La lutte intègre les épreuves des Jeux olympiques en 708 av. J.-C. et il s’agit aussi de l’une des cinq épreuves qui constituent le pentathlon (avec la course, le saut, le disque et le javelot).

Ce groupe a été retrouvé vers 1583 près de Saint-Jean de Latran à Rome, non loin d’un groupe représentant les Niobides* dont nous vous parlions récemment [« Gloire et déboires de Niobé et sa fille »]. Il est même possible qu’il fasse partie de cet ensemble, car certains textes précisent que les plus jeunes fils de Niobé sont transpercés par les flèches d’Apollon alors qu’ils s’exerçaient à la lutte.

Les Lutteurs sont achetés l’année même de leur découverte par le cardinal Ferdinand de Médicis (1549-1609), et ils sont envoyés à Florence en 1677.

Dans les années 1800, pour les protéger de l’ambition napoléonienne qui a tendance à rapporter beaucoup d’œuvres italiennes en France, Les Lutteurs sont cachés pour les protéger. Ils sont réexposés en 1803.

Le tirage* conservé au MuMo a été réalisé en 1896 : une commande de l’emballeur Gerfaud, conservée au Pôle archives de l’Université Lumière Lyon 2 nous l’apprend.

Néanmoins, l’œuvre ne porte pas d’estampille, ce qui devrait être le cas pour un moulage réalisé à cette date par les ateliers de moulage des musées nationaux. Peut-être ce moulage vient-il des ateliers de l’Ecole nationale des Beaux-arts, pour laquelle Gerfaud est aussi l’emballeur officiel.

Vous pouvez de nos jours admirer ce moulage au MuMo, dans la section dédiée au corps masculin… On espère vous y voir très vite !

 

Glossaire

*Tirage : Ce terme désigne le résultat du processus de prise d’empreinte sur une œuvre et de reproduction de celle-ci. Le tirage est donc la copie résultant de l’opération de moulage.

*Lysippe : Bronzier qui travaille entre 370 et 310 av. J.-C., il est très réputé et dit avoir deux maîtres : Polyclète (un sculpteur de l’époque du Haut classicisme vers 450 av. J.-C. – 430 av.J.-C.) et la nature. Il est connu pour avoir remis en cause le canon physique des statues masculines de Polyclète en les allongeant. Il est aussi le portraitiste officiel d’Alexandre le Grand.

*Niobides : Les Niobides, dans la mythologie grecque, sont les quatorze enfants de Niobé. Celle-ci a le malheur de se vanter de son abondante progéniture auprès de Léto, la mère d’Apollon et Artémis, qui en prend ombrage. Pour venger leur mère, les jumeaux poursuivent les enfants de Niobé, qu’ils tuent tous à l’aide de leurs arcs et flèches.

 

Lina Roy – Musée des moulages, Université Lumière Lyon 2

Musée des moulages