L’Égypte au musée des Beaux-Arts de Lyon

LL’Égypte au musée des Beaux-Arts de Lyon

Découvrez le Musée des Beaux-Arts de Lyon depuis chez vous ! Des chercheurs et conservateurs rentrent dans les coulisses du département des Antiquités pour vous présenter les collections d’Égypte ancienne comme vous ne les avez jamais vues !

Intervenants :

  • Geneviève Galliano, conservateur en chef du Patrimoine – Département des antiquités du musée des Beaux-Arts de Lyon,
  • Charlotte Lejeune, égyptologue, guide-conférencière et membre du Cercle lyonnais d’égyptologie Victor-Loret,
  • Yannis Gourdon, égyptologue, maître de conférences de l’Université Lumière Lyon 2, membre du laboratoire HiSoMA et président du Cercle lyonnais d’égyptologie Victor-Loret.

 

Une visite privée à trois voix :

 

Youtube de la MOM

 

Les effets du tourisme sur le récit de la ville. Lyon entre symboles et clichés

LLes effets du tourisme sur le récit de la ville. Lyon entre symboles et clichés

Pour attirer plus de touristes, les villes construisent des récits et se mettent en scène dans des stratégies publicitaires. Elles se saisissent d’images et de symboles pour promettre aux visiteurs une expérience urbaine singulière.

Entretien croisé proposé par Pop’Sciences en collaboration avec le Musée d’histoire de Lyon – Gadagne, enregistré le 5 mars 2021.

Le récit des villes, celui de Lyon particulièrement, est de plus en plus emprunt d’une visée touristique. De Guignol à la Fête des Lumières, en passant par les bouchons ou son nouveau grand stade, l’identité et l’image de la capitale des Gaules, se construisent autour de nombreux symboles et clichés, savamment sélectionnés, entretenus et construits. Les pouvoirs publics s’en saisissent pour dresser des stratégies publicitaires destinées à attirer de nouveaux habitants, de nouvelles entreprises, mais aussi – et donc surtout – des touristes.

Ce marketing territorial et touristique ne s’appuie pas seulement sur des éléments patrimoniaux ou identitaires pré-existants. Il est aussi à l’origine de nouveaux aménagements et de nouvelles organisations urbaines destinés à satisfaire l’expérience touristique de la ville. Comment et pourquoi ces symboles et clichés sont préférés à d’autres pour intégrer le récit « publicitaire » de la ville ? Et en quoi l’industrie touristique a-t-elle bousculé les codes et participé à redessiner le portrait d’une ville comme Lyon ? Deux universitaires décryptent le phénomène de marketing touristique :

  • Isabelle Lefort, géographe, Professeure des universités (Université Lumière Lyon 2, Institut Universitaire de France)
  • Julien Thiburce sémioticien*, chercheur post-doctoral (LabEx ASLAN, Laboratoire ICAR)

Un entretien animé par Samuel Belaud, rédacteur en chef de Pop’Sciences Mag et enregistré au cœur de l’exposition Portraits de Lyon, proposée par le Musée d’histoire de Lyon – Gadagne.

* : linguiste, spécialiste de l’étude des signes, des symboles et de leur signification

Du sang à la Une : les relations ambiguës entre justice, crimes, médias et opinion publique de 1700 à nos jours !

DDu sang à la Une : les relations ambiguës entre justice, crimes, médias et opinion publique de 1700 à nos jours !

Tout en considérant que quelques progrès ont été faits depuis les foules se déplaçant aux exécutions capitales ou hurlant à la mort lors de certains procès d’assises, Michel Pierre s’interroge sur les effets aujourd’hui des nouveaux moyens de communication avides de dénonciations et friands de rumeurs. Il est accompagné par Anna Kupfer et Serge Sana qui interprètent quelques chants anciens sur ce thème.

En 13 minutes, un condensé de la conférence de la Confluence des savoirs donnée Michel Pierre (historien) Anna Kupfer (Chanteuse) et Serge Sana (Pianiste).

Nuit de la Géographie

NNuit de la Géographie

Le Comité National Français de Géographie – CNFG – propose la Nuit de la Géographie, un événement ouvert et multiforme pour (re)découvrir la géographie le temps d’une soirée !

A Lyon c’est l’association de passionné.e.s de géographie La Géothèque qui vous propose un programme faite de deux tables rondes et d’un mapathon !

En partenariat avec :  CartONG, l’Ecole Urbaine et PopSciences !

L’événement aura lieu sur YouTube. Lien ICI !

Bientôt plus d’informations et la programmation sur :

Géothèque

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Événement Facebook Nuit de la Géo Lyon 2021

 

Nouvel an lunaire 2021| Exploration et voyage en Asie

NNouvel an lunaire 2021| Exploration et voyage en Asie

Comme chaque année, l’ENS de Lyon et l’Institut d’Asie Orientale (IAO) fêtent le nouvel an lunaire, placé cette année sous le signe du buffle. En raison du contexte sanitaire, l’événement aura lieu en ligne et nous espérons que la programmation vous apportera une bouffée d’air frais et un soupçon d’évasion…

Programme

18h00 – Ouverture et présentation des films par Claudia Astarita et Virginie Berthebaud

18h15Alexandra David-Néel, Du Sikkim au Tibet interdit, documentaire de Jeanne Mascolo de Filippis et Antoine de Maximy. (52mn)

Ce documentaire retrace la vie d’Alexandra David-Neel, première occidentale à pénétrer dans Lhassa en 1924. De ses débuts en tant que cantatrice à ses voyages en Asie, de ses premières affinités avec le féminisme et l’anarchisme à ses ermitages en terre bouddhiste, les multiples facettes de cette femme hors du commun nous sont présentées à travers les archives et les récits de l’exploratrice qui fut aussi une écrivaine prolifique. Le témoignage précieux de Marie-Madeleine Peyronnet, sa dernière gouvernante et amie, complète le tableau de sa vie avec humour et émotion.

19h10 – Table ronde avec Jeanne Mascolo de Filippis, réalisatrice du documentaire, et Samuel Thévoz, chercheur et spécialiste du récit de voyage au Tibet, éditeur du premier roman d’Alexandra David-Neel.

20h00Altay skiing adventure, documentaire de Li Shuang. (20mn)

En 2005, des peintures rupestres ont été retrouvées à l’extrême nord de la Chine, dans la région de l’Altaï. Datées de 10 000 ans, elles représentent des hommes skis aux pieds. Aujourd’hui, à Hemu, petit village de la préfecture d’Altaï, les habitants perpétuent la tradition en fabriquant eux-mêmes leurs skis selon des techniques ancestrales. Cinq skieurs chinois vont à leur rencontre et partagent avec eux quelques moments de glisse mémorables…

20h20 – Clôture

 

En savoir plus :

ENS de Lyon

Faire revivre les patrimoines engloutis

FFaire revivre les patrimoines engloutis

Comment les nouvelles technologies de visualisation, de virtualisation, se basant sur un travail de recherches historiques et documentaires, nous permettent-elles de découvrir ou redécouvrir un patrimoine invisible ?

Pour de nombreux habitants de la métropole stéphanoise, la vidange du barrage de Grangent est l’occasion de venir contempler ce qui se cache dans les Gorges de la Loire… Surpris parfois de voir apparaître ça et là une voie de chemin de fer, des ruines de bâtiments, de maisons, les curieux sont nombreux sur les rives lorsque les eaux baissent. Certains conteront peut-être l’histoire de ces vestiges que l’on devine et qui étaient dressés là, à cet endroit, avant la mise en eau du barrage en 1957.

La reconstitution de ce patrimoine immergé va pouvoir avoir lieu grâce au travail de chercheurs. Michel DEPEYRE (du laboratoire EVS UMR 5600 de l’UJM), maître de conférences en histoire moderne et contemporaine et spécialiste de la patrimonialisation des espaces, et Pierre-Olivier MAZAGOL, ingénieur d’études, spécialisé en géomatique (informatique appliquée à la géographie) ont associé leurs compétences pour géovisualiser ce paysage.

Partant du travail de Sébastien PEYROT, étudiant en Master ayant travaillé sur « le patrimoine englouti : de Saint-Paul en Cornillon à Grangent », ils se tournent vers le Labex IMU (Intelligence des Mondes Urbains) pour obtenir le financement nécessaire au recrutement d’un stagiaire du Master GÉONUM (Géographies Numériques) : Pierre NIOGRET.

Le travail de Pierre consistera donc à géolocaliser les différents éléments patrimoniaux et les intégrer au sein d’une base de données géographiques. 

Si des études concernant les impacts de barrages sur les sociétés et les paysages ont déjà été menées, la question du patrimoine immergé et surtout la reconstitution numérique 3D est une nouveauté.

L’ensemble de ce travail a ainsi permis la naissance d’une maquette en 3 dimensions des Gorges de la Loire et de leur patrimoine disparu, en 1955, alors que le barrage était en construction. Grâce à la collaboration avec le Laboratoire d’Informatique en Image et Système d’Information (LIRIS UMR 5205 de l’Université Lyon 2), une technologie innovante permet également de coloriser d’anciennes photographies aériennes des Gorges de la Loire initialement en noir et blanc.

Cliquez pour voir la simulation 3D

Vous êtes invités à une promenade dans les Gorges de la Loire. Laissez les vestiges engloutis se révéler à vous, et peut-être pourrons-nous un jour, au moyen simple de notre téléphone portable ou par le biais de la réalité augmentée, comparer le paysage « avant-après » tout en savourant la quiétude de ce lieu emblématique de notre département.

PPour en savoir plus

  • Exposition dans le futur Centre d’Interprétation du Paysage des Gorges de la Loire au Château d’Essalois
  • Présentation à la cinémathèque de Saint-Étienne, suivi d’une table-ronde grand public le 10 juin 2021 à 14h.
  • Présentation d’un film documentaire court, réalisé en collaboration avec la MSH Lyon/Saint-Étienne,  lors de la biennale Internationale du Design de Saint-Étienne 2021 sur le thème des bifurcations. (La mise en eau du barrage de Grangent s’intègre parfaitement dans la thématique, car marquée par une triple bifurcation : bifurcation mémorielle, bifurcation du paysage, et bifurcation dans la politique énergétique de la France au sortir de la 2e guerre mondiale.

Sous le regard des chercheurs, la faune égyptienne se révèle | Un article Pop’Sciences

SSous le regard des chercheurs, la faune égyptienne se révèle | Un article Pop’Sciences

Plusieurs dizaines de millions de momies d’animaux sacrifiés aux dieux égyptiens ont été découvertes dans les catacombes de la vallée du Nil. 2500 d’entre elles ont trouvé refuge à Lyon, au sein des collections du musée des Confluences. Depuis huit ans, elles sont le sujet d’études atypiques de physiciens et de chimistes qui, en collaboration avec les archéologues, cherchent à mieux comprendre le culte dont ces animaux ont fait l’objet. Enquête au pays des thanatopracteurs, point de départ : la réserve Lortet.

Un article rédigé par Caroline Depecker, journaliste,

pour Pop’Sciences – 11 décembre 2020

Le bruit sourd du ventilateur, chargé d’assécher l’air de la pièce, étouffe quelque peu celui des feuilles de papier de soie. De ses mains gantées, Didier Berthet extirpe délicatement un ibis brunâtre du tiroir blanc : il semble dormir paisiblement, d’un sommeil vieux de presque 3000 ans. L’oiseau a les ailes repliées sur son ventre, la tête tournée sur le côté. « Emmaillotés dans leurs bandelettes, certains de nos ibis momifiés prennent alors une forme qui ressemble à celle d’un gros « cornet de glace » », commente le conservateur du musée des Confluences. Il sourit : « C’est ainsi, qu’entre nous, on désigne ce type de momies ».

Ibis sacré momifié, momie « cornet de glace » / © Romain Amiot/LGL-TPE/CNRS

Pénétrer la « réserve Lortet », c’est faire un grand bond dans le temps et l’espace. Arpenter, non les pyramides des Pharaons, mais leur environnement naturel et aller à la rencontre de la faune de l’époque. Crocodiles, chats, chiens, gazelles, musaraignes, poissons, faucons… Rangées soigneusement le long des murs ou dans des étagères, figées, les momies semblent dans l’attente de renaître. Une expérience troublante. Elles sont près de 2500, ramenées d’Égypte au début du 20e siècle par Louis Lortet, alors directeur du Muséum de Lyon. Cette collection est, hors son pays d’origine, la plus importante au monde. Qualifiée d’un point de vue zoologique par le scientifique lyonnais, elle a donné lieu récemment à un vaste programme de recherche associant sciences humaines (égyptologie, archéozoologie) et sciences de la vie ou de la matière. De 2013 à 2018, à travers le projet MAHES, de nombreux experts se sont penchés sur les momies, et ont levé un coin du voile sur le culte dont leurs animaux ont fait l’objet. Les études se poursuivent aujourd’hui, livrant des informations précieuses.

L’industrie funéraire des momies sacrées et ex-votos

Dans les croyances de l’Égypte ancienne, les divinités peuvent s’incarner sous forme animale : l’esprit divin anime le corps de son animal totem, lequel est reconnaissable à certains traits distinctifs. Sacré, celui-ci est élevé et choyé dans un temple avec toutes les attentions dues à un dieu (offrandes, visites des fidèles). Mort, son corps est préservé par momification pour que l’esprit puisse évoluer dans l’au-delà. Associé à une divinité zoomorphe, sans pour autant être son incarnation, un animal momifié aurait pu aussi être offert à un dieu en guise d’ex-voto, c’est-à-dire dans l’espoir qu’une prière soit entendue. « A la différence d’une momie sacrée, dans le cas de la momie votive, l’animal devient important après sa mort, explique Camille Berruyer, archéozoologue doctorante au laboratoire Archéorient1 de Lyon et à l’ESRF2. C’est le médium-cadavre, frais ou pas, qui est utilisé pour certains rites dont on ne sait pas grand-chose en réalité. » Cette différence de statut jouait-elle sur les pratiques liées à la momification ? Pour la chercheuse, « la question est complexe et reste largement ouverte ». Et elle n’est pas la seule.

Paul Tafforeau, scientifique ESRF, paléontologue et Camille Berruyer, doctorante, sur la ligne BM05 de l’ESRF, lors de l’étude d’une autre momie.
/ © Pierre Jayet

Plusieurs dizaines de millions de momies animales ont été mises au jour dans des catacombes de la vallée du Nil et témoignent d’une intense ferveur religieuse. Pendant les 1000 ans qu’a duré cette véritable « industrie » funéraire (du 7e siècle av. J.-C. jusqu’à l’époque romaine, 1er-3e siècle ap. J.-C.), comment les Égyptiens se sont-ils approvisionnés en matière première ? Des traces archéologiques témoignent du recours à l’élevage intensif pour certaines espèces dont les animaux domestiques : les « fermes à chats » en sont un bon exemple. Pour la faune sauvage, la réponse s’avère plus délicate.

Sur les traces des oiseaux migrateurs

Publiée en septembre, une étude confirme ce que suggèrent des fresques murales : les Égyptiens pratiquaient de façon massive la chasse aux ibis et aux rapaces afin d’honorer, respectivement, Thot (dieu de la science et inventeur de l’écriture) et Horus (dieu protecteur des pharaons). Une pratique qui a dû exercer une pression écologique forte sur l’avifaune de l’époque. Pour arriver à cette conclusion, des scientifiques de l’Université Claude Bernard Lyon1 et du C2RMF3 ont effectué des mesures sur des fragments de plumes et d’os, prélevés sur onze momies d’ibis et neuf de rapaces. Ils en ont déterminé les compositions isotopiques, c’est-à-dire l’abondance relative en différentes versions (« lourdes ou légères ») d’éléments chimiques comme l’oxygène, le carbone, l’azote ou le strontium, et les ont comparées à une même analyse faite sur des momies d’Égyptiens contemporains des oiseaux. Leur hypothèse de travail : si les volatiles – migrateurs à l’état sauvage – étaient issus d’élevage, leur alimentation devait être homogène et d’origine locale. Cette homogénéité devrait transparaître alors dans la composition isotopique des restes d’animaux momifiés et être similaire, ou inférieure, à celle des humains. « Or, la variabilité isotopique, et donc alimentaire, observée chez les oiseaux est supérieure à celle des hommes, explique Romain Amiot, paléontologue et géochimiste au laboratoire de géologie de Lyon (LGL-TPE4) qui a participé à l’étude. Cette observation est compatible avec un environnement changeant où les oiseaux picorent ce qu’ils trouvent sous leur bec. Certaines signatures « exotiques » évoquent le comportement migratoire des rapaces sur de longues distances, les ibis voyageaient, eux, le long du cours du Nil ». Le scénario probable ? Les oiseaux étaient chassés, puis embaumés peu de temps après leur capture. « Nous n’avons pas trouvé, en effet, d’éléments suggérant une captivité prolongée, précise Romain Amiot. Mais nous ne pouvons être catégoriques, vu le peu d’échantillons prélevés afin de préserver la valeur patrimoniale des objets étudiés ».

Momie-ossement d’ibis à la patte cassée / © Caroline Depecker

 

Autopsies virtuelles de sauriens

La découverte d’ibis momifiés, à l’état d’œuf ou de juvénile, suggère que les échassiers ont pu aussi avoir été élevés. Ce que confirme Didier Berthet : « Nous avons, en section ostéologie, le squelette d’un ibis dont la patte cassée s’est ressoudée. En milieu sauvage, un oiseau blessé de la sorte n’aurait pu survivre : on a donc pris soin de lui ». Pareil schéma peut être brossé pour les crocodiles. On estime qu’une quarantaine de sauriens sacrés ont été entretenus en même temps dans des temples afin d’honorer Sobek, le dieu de l’eau et de la fertilité. On sait encore que des éclosoirs et nurseries destinés aux reptiles existaient. Cependant, en 2019, une équipe de chercheurs, dont Camille Berruyer faisait partie, a apporté la preuve que des crocodiles sauvages étaient chassés pour confectionner les momies. Une première. En utilisant la micro-tomographie à rayons X, une technique d’imagerie non destructive disponible à l’ESRF, la chercheuse et ses collaborateurs ont reconstitué l’image 3D d’une momie de crocodile vieille de 2000 ans. L’autopsie virtuelle du saurien, âgé de 3 ou 4 ans, a révélé que l’animal était mort d’un coup unique porté à la tête et qu’il avait mangé, pour dernier repas, une souris et plusieurs insectes. Un faisceau d’indices suggérant une vie sauvage au moment du décès.

Momies de bébés crocodiles rassemblées en « brochettes »
/ © Caroline Depecker

 

Élevage, chasse… Les Égyptiens n’hésitaient pas enfin à recourir aux charognes pour confectionner les momies votives. C’est l’éclairage nouveau qu’a apporté la chercheuse sur les crocodiles, en février dernier. « L’aspect extérieur d’une des momies prévues à l’étude nous avait alertés, relate-t-elle. Très mal conservée et sans bandelette, elle semblait réduite à l’état de peau tannée. On devinait un début d’incision sous la gorge. Tout cela nous indiquait que son mode de préparation était anormal ». Les images 3D révèlent que, de façon inhabituelle, tous les organes, les muscles et la majorité des os du saurien ont été retirés. La cavité interne du crâne, difficilement accessible, n’a pu être aussi bien nettoyée que le reste du corps.

En prêtant attention aux micro-détails de la membrane crânienne toujours présente, la chercheuse observe la présence d’insectes nécrophages, de 3e escouade, restés collés. « C’est à partir d’un cadavre putréfié depuis plusieurs semaines que cette momie a été préparée. Toutes les opérations qu’a subi l’animal lors de sa momification visaient à ce qu’il ne pourrisse pas davantage », conclut Camille Berruyer.

Insectes nécrophages radiographies dans un crane de crocodile (adulte en vert, larves en brun et œufs en bleu), rendus 3 D / © ESRF

La signature en carbone des baumes

Les momies « démaillotées » de Lyon sont de couleurs différentes : certaines sont brun clair, d’autres plus sombres. Des différences de coloration associées aux baumes utilisés pour les fabriquer. A partir d’une vingtaine de spécimen d’espèces variées, issus de la collection, la composition générale de ces pâtes a été déterminée. Comme pour les humains, elle renferme de la résine de pin, aux propriétés antimicrobiennes, ainsi que de la cire d’abeille, des graisses animales ou des gommes végétales. Pourrait-on aller plus loin ? Dans le cadre des travaux de Romain Amiot, les fragments d’oiseaux investigués ont dû être « lavés » avant analyse, donnant lieu à des fractions liquides enrichies en baume et isolées. Une étude préliminaire, portant sur quatre d’entre elles (associées à un ibis et trois rapaces issus de sites différents) a montré des variations intéressantes dans la formulation des baumes. « Au contraire des rapaces, l’ibis a été embaumé sans résine de pin, commente Vincent Grossi, géochimiste au LGL-TPE4 qui a encadré l’étude. Et, d’après nos observations, le taux de carbone 13 (un des isotopes du carbone) de certaines molécules contenues dans ces baumes pourrait constituer un indicateur traduisant différentes recettes ou ateliers de momification. Ce sont de premiers résultats, mais ils nous motivent pour en savoir davantage ». La suite est prévue au printemps 2021.

Sous le regard curieux des chercheurs, les momies animales de Lyon continueront donc à nous relater leur histoire. En attendant, qu’un jour, elles puissent faire l’objet d’une exposition à la mesure de leur valeur au musée des Confluences.

Grandes momies animales (crocodiles, béliers …) conservées dans la réserve Lortet
/ © Caroline Depecker

 

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Notes :

1 Laboratoire Archéorient, environnements et sociétés de l’Orient ancien

2 ESRF – European Synchrotron Radiation Facility : installation européenne de rayonnement synchrotron située à Grenoble

3 LGL-TPE – Laboratoire de Géologie de Lyon : Terre, Planètes, Environnement

4 C2RMF – Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France

PPour aller plus loin

Wicca, religion des sorcières

WWicca, religion des sorcières

Pendant des siècles, l’accusation de sorcellerie a servi à exclure ceux dont la marginalité mettait en danger les conceptions dominantes, en particulier les femmes. Mais de plus en plus, ce qualificatif prend une dimension positive, et n’est plus apposé péjorativement, mais revendiqué comme un signe de liberté et de prise de pouvoir des femmes.

Le mouvement religieux néo-païen Wicca, dont les adeptes se revendiquent sorciers, est symptomatique de cette évolution depuis sa naissance dans les cercles occultistes jusqu’à son influence actuelle sur la culture mainstream.

Dans les années 60, en Angleterre, la Wicca reste encore largement cantonnée aux cercles ésotériques et néo païens. Mais au cours de la décennie suivante, dans le bouillonnement social et intellectuel qui agite la société américaine, elle va rencontrer, dans les cercles féministes notamment, un terrain de développement très favorable. Ses adeptes marqueront de leur empreinte la pensée féministe américaine, qui modifiera en retour profondément le mouvement.

Lire l’article sur l’influx, le magazine qui agite les neurones

Mettre en scène le récit lyonnais – 2 décembre 2020

MMettre en scène le récit lyonnais – 2 décembre 2020

LLe Talk du mercredi : conférence organisée par Human Bee Ing, association d’étudiants, de doctorants et de personnels de l’ENTPE.

En cette période de cours à distance et de télétravail, ces moments privilégiés d’ouverture sur le monde sont proposés en visio-conférence.

Xavier DE LA SELLE, Directeur des musées Gadagne de Lyon, interviendra sur le thème « Mettre en scène le récit lyonnais« .

De l’antiquité à nos jours, en passant par les célèbres marionnettes, les musées Gadagne mettent à l’honneur l’histoire lyonnaise. Mais comment la mettre en scène et conserver ce patrimoine tout en attirant les nouvelles générations ?

IInfos pratiques

Date : mercredi 2 décembre, de 13h15 à 14h15
Lieu : en visio, pour participer au TAM, connectez-vous sur Zoom à 13h15 : https://zoom.us/j/93241594283

La grande éruption du Vésuve

LLa grande éruption du Vésuve

En janvier 2020, Hervé Bertrand a proposé une conférence brulante et passionnante sur la grande éruption du Vésuve, en 79, à travers les écrits de Pline le Jeune.

Volcan italien bordant la baie de Naples, cette éruption très destructrice ensevelit un certain nombre de localités de la Campanie antique, parmi lesquelles Pompéi et Herculanum.

Intervenant : Hervé Bertrand, Maître de conférence Université Claude Bernard Lyon 1, Laboratoire de Géologie de Lyon, Terre, Planète, Environnement – LGL-TPE

Voir ou revoir la conférence :

La grande éruption du Vésuve