Suite aux mesures sanitaires prises concernant l'épidémie de Covid-19, les évènements en présentiel sont annulés jusqu'à nouvel ordre. Pop'Sciences reste mobilisé pour vous informer sur l'actualité scientifique et proposer des rendez-vous en distanciel.

Retracer l’histoire des contes de fées à l’aide de la biologie évolutive !

RRetracer l’histoire des contes de fées à l’aide de la biologie évolutive !

Les contes de fées ont bercé notre enfance mais ils ont aussi le pouvoir de retracer notre histoire !  

Ne vous êtes vous jamais demandés d’où venait l’histoire si célèbre du Petit Chaperon Rouge ? Qui l’avait conté pour la première fois ? Quelque soit la réponse, ne vous inquiétez pas, parce que Benjamin (doctorant en biologie évolutive) l’a fait pour vous !

Dans le premier article de sa rubrique intitulée « Infuse ta Science » (une rubrique 100% vulgarisation scientifique !), il vous propose d’analyser l’histoire de ces récits que nous connaissons tous.

Lors de ce voyage, vous vous intéresserez d’abord aux raisons qui ont et continuent de pousser les humains à inventer des histoires. Vous découvrirez ainsi que chaque culture a ses histoires et que ces récits évoluent à travers les siècles.

Vous verrez ensuite qu’il est possible d’utiliser des outils issus de la biologie (vous avez bien lu !), et en particulier la phylogénie (que Benjamin a défini avec une clarté inégalable, ne vous inquiétez pas !) pour établir des liens entre l’évolution des espèces et celle des histoires.

Pour finir, vous serez plongé directement dans les méandres de l’imaginaire de nos ancêtres au travers de l’analyse de 2 histoires aux origines singulières :

 

Il est maintenant temps pour vous d’entreprendre ce superbe voyage avec Benjamin !

Rendez-vous sur notre site pour découvrir ce superbe article :

Les contes retracent notre histoire

Nous vous souhaitons une belle lecture !

 

Podcasts des Mercredis de l’Anthropocène

PPodcasts des Mercredis de l’Anthropocène

Créés et mis en oeuvre par l’Ecole urbaine de Lyon, les Mercredis de l’Anthropocène invitent à mieux comprendre les mondes urbains anthropocènes.

Chercheurs et spécialistes de tous horizons, à partir de sujets précis, croisent leurs paroles, pointent des problématiques et mettent au jour des solutions.

Retrouver les podcasts des trois saisons des Mercredis de l’Anthropocène

Tout le programme de la saison 3 sur le site de l’Ecole urbaine de Lyon

Les sujets de la saison 3 : mégafeux, ville intelligente, la marche comme outil d’analyse du territoire, l’usage de l’eau, la poésie comme action de l’écologie, imaginaires design et fictions de l’anthropocène, biodiversité, numérique, résilience alimentaire, corps confinés, espace de travail en temps de crise, catastrophe et anthropocène, penser l’anthropocène depuis les suds.

[Regards sur…] Comment la santé publique est devenue un enjeu politique

[[Regards sur…] Comment la santé publique est devenue un enjeu politique

Stéphane Frioux, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Lumière Lyon 2 (LARHRA), retrace l’émergence de la santé publique en France en tant qu’enjeu politique, à partir de ses travaux sur l’hygiène urbaine au XIXe siècle.

La prise en compte progressive par les pouvoirs publics des questions sanitaires a été fortement accélérée par les épidémies qui ont jalonné le XIXe siècle et le début du XXe siècle.

Les représentations de l’océan au long de l’histoire

LLes représentations de l’océan au long de l’histoire

Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

Par Grégory Fléchet   |   3 juin 2020


Alors que la Terre est majoritairement couverte d’eau, sa représentation cartographique a longtemps privilégié la visualisation des masses continentales au détriment des océans. Avec l’avènement des grandes explorations maritimes, les humains ont soudain pris conscience que ces masses d’eau étaient toutes reliées entre elles. Face à la difficulté de mettre en image cet océan global, les cartographes ont su faire preuve d’audace et de créativité pour donner à voir la dominance aquatique de notre belle bille bleue.

 

La Mappa Mundi d’Hereford.

Sur les mappemondes médiévales, telle que cette « carte du monde » datant de la fi n du XIIIe siècle, l’océan s’apparente à un espace inconnu encerclant les zones terrestres. Cette représentation du monde, tel que le conçoivent les Européens au Moyen-Âge, divise la Terre en trois continents séparés par la Mer Méditerranée : l’Asie y occupe le demi-cercle supérieur, l’Afrique le quart inférieur droit et l’Europe le quart inférieur gauche..

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Projection de Mercator

Vers la fin du XVIe siècle, les normes de représentation du monde sont fixées par la communauté des cartographes flamands, à laquelle appartient Gerardus Mercator. Sur cette carte dessinée en 1587 par son fils Rumold, l’exagération du décalage longitudinal de l’Amérique du Sud par rapport à l’Amérique du Nord laisse la place à une « Mar del Zur » dans l’actuel Pacifique et à une « Mar del Nord » au niveau de l’Atlantique. L’existence de l’immense Terra Australis, qui occupe une large partie de l’hémisphère sud, ne sera réfutée qu’à la fi n du XVIIIe siècle, à la suite du deuxième voyage de James Cook.

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Nouvelle mappemonde

La première tentative de représentation des océans comme une étendue unique et indivisible remonte à 1760. Elle est l’œuvre de l’ingénieur français Nicolas-Antoine Boulanger. Très novatrice pour l’époque, cette représentation divise le monde en un « hémisphère terrestre » réunissant toutes les terres émergées connues et un « hémisphère maritime » révélant toute l’étendue des masses d’eau de notre planète.

©gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Les océans au centre du monde

Cette carte conçue en 1942 par le géophysicien et océanographe sud-africain Athelstan Spilhaus propose une représentation de la Terre centrée sur les océans. Sur ce planisphère quelque peu déroutant, les pôles sont placés en Amérique du Sud et en Chine. Si ce parti pris a pour effet de déformer significativement les continents, il révèle combien les océans du globe forment en réalité une même masse d’eau liquide.

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Dymaxion Air-Océan-Monde

Fruit de l’imagination de l’architecte américain Buckminster Fuller, cette projection élaboré en 1954 avec le concours du cartographe japonais Shoji Sadao se compose de vingt triangles individuels pouvant être agencés de multiples manières. Grâce à cette flexibilité qui permet de s’affranchir des habituelles conventions cartographiques, où le Nord est toujours placé en haut et le Sud en bas, l’océan global peut être représenté d’un seul bloc…

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Cet article illustré est extrait du Pop’Sciences Mag #6 : Océan, une plongée dans l’invisible

De la rage au Covid-19, l’histoire des virus continue de s’écrire | Un article Pop’Sciences

DDe la rage au Covid-19, l’histoire des virus continue de s’écrire | Un article Pop’Sciences

De la naissance d’un virus à une pandémie virale mondiale

Selon l’organisation mondiale de la santé animale (OIE), on estime que 60% des maladies infectieuses humaines existantes aujourd’hui sont zoonotiques, et qu’au moins 75%  des maladies infectieuses humaines émergentes sont d’origine animale. Plus inquiétant encore, 80% des agents ayant un potentiel bioterroriste sont d’origine zoonotique.  Virus anciens, nouveaux, réémergents … Ou passé, présent, futur de la menace virale ?

Pop’Sciences vous propose de revenir sur « l’origine » des virus, ou plus exactement sur les premiers exemples identifiés et décrits. Face à la crise sanitaire mondiale que nous traversons depuis plusieurs mois, quel bilan tirer et quels dispositifs mettre en place ?

Un article rédigé par Nathaly Mermet, Docteur en Neurosciences, journaliste scientifique & médicale, Lyon, pour Pop’Sciences – 12-05-2020

Histoires de virus, de la rage au Covid

C’est en 1892 que le premier virus, celui de la mosaïque du tabac, est découvert et répertorié par l’Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, ouvrant la première page du grand livre de l’histoire des virus et des grandes pandémies, suivi par de nombreux autres [Encart 1]. « Mais c’est en 1897 que le premier virus responsable d’une épizootie (à savoir une épidémie animale), en l’occurrence la fièvre aphteuse, avec un petit caractère zoonotique (transmission possible à l’Homme) a été découvert par Loeffler et Frosch » précise Michel Pépin, vétérinaire enseignant-chercheur à VetAgro Sup, première école vétérinaire du monde fondée en 1761 à Lyon par Claude Bourgelat (voir son portrait en encadré). Notons que cette découverte est à l’origine du Friedrich-Loeffler-Institut (FLI) en Allemagne, l’équivalent de notre Institut Pasteur en France.

Louis Pasteur réalisant des vaccinations / ©Auguste André Lançon

Visionnaire et déjà défenseur de la notion de bouclier sanitaire, Marcel Mérieux, ancien élève de Louis Pasteur, crée aussi en 1897 à Lyon l’Institut Mérieux, l’un des premiers instituts biologiques français dédié à la production de vaccins (rage, choléra). « Le génie de Pasteur contre la rage a été d’immuniser contre un agent pathogène sans même savoir encore qu’il s’agissait d’un virus » observe M. Pépin. La virologie industrielle débutera elle en 1947 au sein de l’Institut français de la fièvre aphteuse (IFFA) créé par son fils Charles Mérieux pour la production de vaccins humains et animaux à grande échelle.

A Lyon, l’histoire scientifique et médicale de la virologie est indissociable de l’histoire industrielle de la vaccinologie (terme co-inventé par Charles Mérieux et Jonas Salk en 1953), et 4 générations de la famille Mérieux ont profondément emprunt cette histoire unique pour faire de Lyon le berceau de l’infectiologie [Encart 2].

Le livre des maladies virales (qui continue de s’écrire au quotidien) se lit comme un catalogue des grands fléaux affectant nos populations. Le concept même de virus n’a cessé d’évoluer : « agent infectieux quelconque » au départ, « filtrant » ensuite, puis « hémagglutinant »,  évolutif, différent de tout autre micro-organisme, et enfin « perturbateur de l’information génétique ». Parallèlement, plusieurs notions se sont greffées, comme celles d’infections latentes, de provirus, de virus lents, de rétrovirus (ex. : virus du Sida) ou encore de catalyseurs dans la genèse de certains cancers.

Si aucune classification stricte n’est établie, les spécialistes s’accordent à distinguer les zoonoses majeures et mineures. « Les premières, essentiellement localisées en Afrique et Amérique du Sud, mais non en Europe Occidentale, sont majoritairement des arboviroses transmises par des insectes arthropodes (moustiques, tiques…) » indique le Pr Michel Pépin.

Vallée du rift / ©Wikimedia Commons

Par exemple, la fièvre de la Vallée du Rift (Kenya) qui affecte principalement les ruminants domestiques et sauvages, et peut se transmettre aux humains via un moustique ou au contact des animaux infectés. « Cette zoonose virale peut frapper à la fois le bétail (mortalité brutale chez les très jeunes animaux, avortements chez les femelles adultes) et l’Homme (fièvre hémorragique et/ou encéphalite) » précise-t-il. Les virus Influenza zoonotiques de type A comme H5N1 (1997) ou H1N1 (2009), reconnus aujourd’hui comme responsables de la grippe espagnole (ou “Grippe A”, qui fit 50 millions de morts en 1918) sont également d’excellents candidats pour les pandémies virales. Pour mémoire, H et N, le nom de code des grippes correspondent à l’hémagglutinine (H), « porte d’entrée » du virus dans la cellule et la neuraminidase (N) « porte de sortie » qui permet la dissémination des particules virales multipliées dans la cellule, toutes deux étant des glycoprotéines de surface du virus influenza.

Fièvre Aphteuse : priorité de santé publique. Pose de la 1re pierre du futur site de fabrication de vaccins de Boehringer Ingelheim -19 sept 2019 / ©Nathaly Mermet

A contrario, les zoonoses qualifiées de « mineures » sont représentées, par exemple, par la fièvre aphteuse (ou FA), maladie éruptive rarement mortelle, provoquée par un picornavirus, très contagieuse pour les bovins, les chèvres, les porcs et les moutons, mais peu transmissible à l’Homme, sauf par contact direct avec des animaux infectés. En revanche, les conséquences économiques sont désastreuses et en France la vaccination était systématique depuis 1962, ce qui a permis le contrôle de la FA en Europe. La vaccination systématique a été suspendue au début des années 90 et remplacée par une surveillance événementielle1. « Une autre zoonose majeure, mais considérée comme mineure à l’échelle de notre pays est la rage, puisque la France est officiellement indemne de rage, et qui continue de faire près de 60 000 morts par an dans le monde » observe M. Pépin, notant que plus de 90% des cas sont des rages dites « des rues », car véhiculés par des chiens enragés. Le rhabdovirus, neurotrope responsable, provoque une encéphalomyélite entraînant toujours la mort du porteur dès lors que les premiers symptômes de la maladie sont apparus.

De l’épidémie à la pandémie

Le risque pandémique est avant tout lié à l’apparition d’un virus doté de caractéristiques intrinsèques particulières déterminant a minima 3 facteurs de risque : 1/ la nouveauté du virus, qui fait que ni l’Homme ni d’autres espèces n’ont encore développé d’anticorps protecteurs (et de facto qu’aucun vaccin ne peut être disponible à court terme); 2/ sa virulence, responsable de la gravité de la maladie et donc du fait que de nombreuses personnes soient malades (y compris les soignants, en soi facteur aggravant de risque) et enfin 3/ sa contagiosité, incluant d’éventuelles contagions animal-Homme et Homme-animal.

Particules de MERS Coronavirus ; découvert en 2012 / CCO/US Government department

Ainsi, un virus de la grippe saisonnière provoquera probablement une épidémie, mais peu vraisemblablement une pandémie, alors qu’un virus de type H5N1 ou un coronavirus, s’il devient contagieux d’Homme à Homme, ou très transmissible dans une relation animal-Homme-animal, sans perdre beaucoup de sa virulence, présentera un risque maximal d’engendrer une pandémie (le Covid-19 en est l’illustre exemple).

Comment se préparer face à de prochaines menaces ?

Curieux hasard du calendrier, le 1er Hub en Santé Publique Vétérinaire ou HUB_VPH (Veterinary Public Health) a été lancé à Lyon en janvier 2020. Fruit d’une réflexion de plusieurs années entre 9 partenaires publics et privés de l’écosystème régional de santé, sa vocation est de se saisir des enjeux internationaux de santé publique vétérinaire avec l’ambition de catalyser les connaissances, la recherche, l’innovation, l’éducation et l’industrialisation réunies en région ARA.

Prémonitoire ?

« La pandémie actuelle ne fait que renforcer l’intuition que la gestion de la santé globale (humaine, animale et environnementale), à l’origine de HUB Lyon VPH Initiative est une priorité ” souligne Emmanuelle Soubeyran, Directrice générale de VetAgro Sup et porte parole du HUB VPH (voir son portrait en encadré), observant que ce sont toujours les crises qui nous rappellent ces liens. C’est aussi le principe de One Health au niveau Européen. « Le lien entre santé humaine et santé animale n’est pas assez étudié et résonne fortement avec des sujets environnementaux et urbanistiques » confirme Florence Agostino-Etchetto, Directrice du Pôle de compétitivité mondial Lyonbiopôle, co-fondateur du HUB VPH (voir son portrait en encadré), reconnaissant que les partenaires ont été précurseurs dans la réflexion. « Bien sûr, personne n’avait vu venir une pandémie mondiale d’une telle ampleur, mais la situation actuelle nous confirme qu’il faut être agile et identifier rapidement ce que chaque acteur peut apporter, de sorte à faire émerger des projets qui vont contribuer à apporter des solutions » déclare F. Agostino-Etchetto, soulignant que l’objectif est de synchroniser les spécialistes détenteurs de connaissances. Il faut actuellement comprendre trois choses : le fonctionnement du virus, les caractéristiques physiopathologiques des maladies engendrées, et sur le plan épidémiologique le chemin de la contagion. Ce à l’heure où l’origine même du virus est incertaine et l’existence d’une “vraie” zoonose remise en question (tout comme pour Ebola, jusqu’ici principalement localisé en Asie, Moyen-Orient et Afrique Centrale, donc plutôt ignoré par l’occident, car supposé être endémique…).

 

Circulation des marchandises/CCO

« Le contexte international actuel, qui se traduit par une circulation importante de marchandises et de personnes, assorti du changement climatique, créent les conditions pour l’augmentation du risque d’émergence de zoonoses » déclare Emmanuelle Soubeyran, rappelant que cette réflexion est à la base de l’orientation stratégique de VetAgro Sup. Sous tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, l’établissement public d’enseignement supérieur et de recherche forme à la fois des vétérinaires, des ingénieurs agronomes et des inspecteurs de santé publique vétérinaire. Seule structure française à préparer simultanément ces trois profils, VetAgro Sup a aussi rejoint depuis 2017 le consortium « Global Health » qui se positionne à l’interface des santés humaine, animale et environnementale, et dont l’approche pluridisciplinaire vise à contribuer concrètement à l’amélioration du bien-être des animaux, de la planète et des personnes.

COVID-19 : un agrégateur transdisciplinaire

« La pandémie qui sévit actuellement est pour le HUB VPH un cas d’école extrême » déclare F. Agostino-Etchetto, pointant que l’on “coche” toutes les cases de ce qui peut survenir dans une telle situation d’émergence infectieuse due à un saut d’espèce, avec de nombreuses interactions entre les différentes composantes des écosystèmes biologiques. « L’événement est colossal, avec un impact à la fois scientifique, médical, économique, humain et sociétal » observe-t-elle, déclarant que l’enjeu de Lyonbiopôle comme du HUB VPH  est de construire une vision pour mieux comprendre et mieux prévenir un autre événement de ce type. « Au-delà du Covid-19, de nombreux projets vont émerger et se structurer, impliquant des personnes de sphères différentes, avec des compétences complémentaires » affirme-t-elle, soulignant qu’il s’agira pour le Pôle de trouver des interconnections et de contribuer à structurer une approche la plus scientifique et la plus coordonnée possible.

« Contrairement aux équipes qui travaillent sur des virus “agressifs”, devant se multiplier vite pour se disséminer le plus rapidement possible, mais qui s’éteignent lorsque l’immunité est en place dans la population, nous étudions des virus plus “sournois” dont la stratégie est de rester en sommeil et de profiter de faiblesses immunologiques pour se réveiller et agresser leur hôte » explique Patrick Lomonte, Directeur de recherche CNRS au sein de l’Institut NeuroMyoGène (INMG) (voir son portrait en encadré). A l’instar du virus de l’herpès simplex dont le “réveil” de la phase de dormance, associée à son tropisme cérébral, est à l’origine des encéphalites herpétiques et de la colonisation par le virus de régions cérébrales telles que le cortex frontal et temporal ou l’hippocampe (et donc possiblement un des facteurs étiologiques en lien avec le déclenchement de la maladie d’Alzheimer). « Au sein de notre équipe de virologie cellulaire notre démarche est d’étudier des virus pour comprendre des mécanismes cellulaires en lien avec l’immunité » indique P. Lomonte, soulignant que les régions neuronales infectées peuvent elles-mêmes devenir le siège de l’inflammation. Or, il est pressenti que le Covid-19, tout comme la plupart des betacoronavirus apparentés, puisse infecter les neurones du tronc cérébral, et qu’une partie des symptômes soit due à la réponse inflammatoire associée…

A ce jour, près de 130 ans après la découverte du premier virus, la virologie constitue un des champs de recherche les plus foisonnants et les plus excitants, à la hauteur des fléaux qui ponctuent notre histoire. Celle-ci nous a enseigné que c’est grâce à des pionniers audacieux, des médecins novateurs et des chercheurs aventuriers que la médecine a réussi à repousser (jusqu’à présent) plusieurs pandémies. Dans la période d’incertitudes et de questionnements que nous traversons, ce dont nous pouvons être sûrs c’est que la compréhension des mécanismes, les hypothèses, les réponses et les solutions viendront de la combinaison de compétences de nombreux spécialistes et de la transdisciplinarité !

 

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          Encart 1

          Ils ont marqué le monde : les virus de…

  • la rage responsable de dizaines de milliers de morts chaque année dans le monde,
  • la variole, ou petite vérole, déclarée éradiquée depuis 1981, et dont seuls des échantillons sont conservés à des fins de recherche par des laboratoires habilités par l’OMS,
  • la fièvre jaune, qui refait son apparition dans certains pays africains, sud-américains et d’Asie du Sud-Est où la couverture vaccinale est faible,
  • la dengue, ou fièvre tropicale, qui s’inscrit aujourd’hui sur la liste des maladies réémergentes avec 500 000 cas de dengue hémorragique par an, mortels dans 2,5% des cas,
  • la poliomyélitequi fait l’objet d’un programme de surveillance mondiale puisqu’il reste endémique dans certains pays (Afghanistan, Pakistan), causant parfois le retour de la maladie par des virus sauvages importés,
  • la grippe (influenza), qui rien qu’en France, touche entre 2 et 8 millions de personnes, provoquant environ 10 à 15 000 morts chaque hiver,

    H1N1 influenza virus / Wikipedia

  • du Sida, ou syndrome d’immunodéficience acquise, correspondant au dernier stade de l’infection au VIH, contre lequel les multi-thérapies sont efficaces pour limiter la multiplication, mais sans guérison.

Et depuis quelques mois du nouveau Coronavirus SARS-Cov-2 (Covid-192, identifié en décembre 2019 en Chine), dont le réservoir est probablement animal. Même si le SARS-CoV-2 est très proche d’un virus détecté chez une chauve-souris, l’animal à l’origine de la transmission à l’Homme n’a pas encore été identifié avec certitude, plusieurs publications  suggérant qu’il pourrait s’agir du pangolin, petit mammifère consommé dans le sud de la Chine.

SARS ou SRAS en français : Syndrome Respiratoire Aigu Sévère

 

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          Encart 2

          Lyon place forte de l’industrie de la santé humaine et animale

Famille lyonnaise emblématique dans le monde de la santé et perpétuant la tradition biologique depuis 4 générations, la famille Mérieux est engagée depuis plus d’un siècle dans la lutte contre les maladies infectieuses, notamment à travers ses 3 sociétés bio-industrielles, dont la plus ancienne : bioMérieux. Fondée en 1963 par Alain Mérieux, et aujourd’hui dirigée par Alexandre Mérieux, le 3e de ses fils, bioMérieux est détenue à 60% par l’Institut Mérieux dont elle est la branche diagnostic, aux côtés de Mérieux NutriSciences dédiée à la sécurité alimentaire et à la nutrition, et Transgène spécialisée dans l’immunothérapie. Détenu à 100% par la Compagnie Mérieux Alliance, composée aux 2/3 par Alain et Alexandre Mérieux et à 1/3 par la Fondation Christophe et Rodolphe Mérieux (en hommage aux deux fils d’Alain Mérieux, frères aînés d’Alexandre, disparus tragiquement), l’Institut Mérieux a depuis son origine en 1897 la vocation de porter la vision de la biologie et de relever les nouveaux défis de santé publique mondiaux, fidèlement à l’idée de « bouclier sanitaire » chère à Charles Mérieux, visionnaire à l’origine de ce qui est aujourd’hui le Biodistrict de Gerland.

Lyon berceau de l’infectiologie et la vaccinologie / © Nathaly Mermet

« Pour être efficace, il faut travailler sans frontières ni entre le Nord et le Sud ni entre l’Homme et l’animal » a toujours soutenu Alain Mérieux, Président de la Fondation pour l’Université de Lyon de 2012 à 2015. Rappelant qu’en 1947 l’Institut de la Fièvre Aphteuse (laboratoire à l’origine de toute l’histoire de la vaccination à Lyon) avait été fondé par son grand-père Marcel Mérieux à côté des abattoirs de Gerland pour développer les premiers vaccins à partir d’épithélium de langue de bœuf, il souligne aussi que de nombreux virus ont toujours des réservoirs animaux (la chauve-souris pour le virus Ebola, par exemple). « Encore en 1959, le service était envahi par la poliomyélite et on trouve toujours le choléra au Bangladesh, la rage et le tétanos en Iran, etc.» pointe-t-il notant que l’extension du Laboratoire P4 en 2015 à Lyon témoigne de la préoccupation nationale d’être un acteur incontournable dans l’infectiologie mondiale.

La France est aujourd’hui le 1er pays européen et le 2e mondial en termes de R&D et de production de médicaments et de diagnostics vétérinaires, et notamment 4 entreprises françaises figurent parmi les 10 premiers laboratoires vétérinaires mondiaux : Boehringer Ingelheim (ex-Merial), Ceva, Virba et Vétoquinol.

Lyon-Jonage sera le plus grand site de production de vaccins contre la fièvre aphteuse. Erick Lelouch, pose de la 1re pierre le 19 spt. 2019 / ©Nathaly Mermet

Alain Mérieux, Président de l’Institut Merieux. Pose de la 1re pierre du site de production de vaccins, 19 sept 2019 / ©Nathaly Mermet

Après les tractations entre les géants Sanofi et Boehringer Ingelheim (BI) courant 2016, qui ont abouti à un échange des activités santé animale de Merial (du premier vers le second) contre celles de médication sans ordonnance, OTC (dans l’autre sens), Lyon a gagné un nouveau leader en santé animale : Boehringer Ingelheim (BI). Son centre opérationnel et de décision international est désormais localisé sur le Biodistrict Lyon-Gerland, en lieu et place de l’ancien siège de Merial qui devait devenir le siège mondial de Sanofi et Merial réunis. « Boehringer Ingelheim, déjà leader mondial sur les segments de marché porcs et chevaux, aspirait à élargir son spectre avec l’acquisition de Merial, alors leader mondial sur les segments de marché animaux de compagnie et volailles » indique Erick Lelouche, président de Boehringer Ingelheim Santé animale à Lyon (voir son portrait en encadré). BI Santé animale à présent n°2 mondial – derrière Pfizer – sur le marché de la prévention des maladies animales grâce aux vaccins et aux antiparasitaires est membre actif du HUB VPH, convaincu que la santé publique vétérinaire est un enjeu majeur. BI, qui représente 50 000 personnes dans le monde (dont 4000 issues de Merial), pèse 16 milliards d’euros, et entend faire de Lyon un centre stratégique majeur.

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Notes :

(1) La surveillance événementielle repose sur le réseau des vétérinaires praticiens qui doivent signaler le plus rapidement possible tout signe suspect chez un animal sensible à la FA

(2) Coronavirus infectious disease 2019

 

LLiens utiles

  • HUB_VPH (Veterinary Public Health) – Partenaires fondateurs : Aderly, Région Auvergne-Rhône-Alpes, BIOASTER, Boehringer Ingelheim, Institut Mérieux, Lyonbiopôle, Métropole de Lyon, Université de Lyon et VetAgro Sup et  associés : INRAE, ANSES du HUB VPH

PPour aller plus loin

Périclès, architecte de la démocratie populaire athénienne

PPériclès, architecte de la démocratie populaire athénienne

Aujourd’hui, Jillian Akharraz, doctorant en histoire et archéologie grecque (Université Lumière Lyon 2 – HiSoMa) et médiateur au MuMo nous parle de l’avènement de la démocratie à la période classique, en évoquant un homme : le très célèbre Périclès.

Une dernière étape va permettre de parachever le système organisé par Clisthène. Pour faire participer à la vie politique toutes les catégories de citoyens, Ephialte un homme d’état et législateur Athénien, s’attaque aux prérogatives de l’organe contrôlé par les plus puissants: l’Aréopage. Ses pouvoirs ont considérablement augmenté durant les guerres médiques (490 – 479 av. J.-C.), l’Aréopage est alors désigné comme « gardien de la constitution ». La réforme d’Ephialte en -462 lui enlève ce privilège, privant les aristocrates de pouvoir et octroyant toute la puissance au peuple. Cette forme de démocratie est souvent nommée « démocratie radicale ». Le terme apparait chez ses détracteurs qui n’acceptent pas que la politique soit accaparée par la masse populaire des citoyens.

Le Musée des Moulages possède deux bustes représentant le magistrat Périclès en commandant de guerre avec la présence du casque traditionnel du stratège (commandant militaire) (inv. L 833 et L 835). Les réserves du MuMo abritent aussi deux autres bustes de stratèges reprenant le même modèle iconographique (inv. L 837 et L 838) : cela montre l’importance donnée à Périclès et aux institutions athéniennes lors de la constitution de cette collection universitaire, à la fin du XIXe siècle.

©Université Lumière Lyon 2

Périclès est également un très grand politicien et domine le monde politique d’Athènes pendant près de 30 ans. Cette longévité unique le fera soupçonner d’aspirer à la tyrannie. Il répond à ces accusations par un serment solennel affirmant qu’il est le contraire d’un tyran.

Il nait dans une famille dont l’engagement politique ancien dicte ses choix démocratiques. Sa mère Agaristé est la petite fille de Clisthène, le grand réformateur qui a délivré Athènes de la tyrannie de Pisistrate et ses fils.

Il met fin à une injustice qui touche les catégories les plus pauvres de la population, qui comptant leurs drachmes, ne peuvent laisser leurs travaux pour se rendre aux assemblées. Ils sont donc de fait exclus des hautes magistratures, faute de pouvoir s’autoriser à manquer un jour de salaire. Périclès instaure le mysthos, l’équivalent d’une compensation financière journalière (le prix d’une journée de travail) pour les citoyens les plus pauvres qui occupent une magistrature. Elle permet aux citoyens peu aisés de pouvoir prétendre à l’élection d’une charge, que ce soit pour un jour ou pour un an.

Il ouvre aussi l’archontat aux classes les plus pauvres. Ces modestes archontes rentrent à l’Aréopage après leur mandat. Le prestige de ce dernier continue son lent déclin et il cesse de contrebalancer le pouvoir des stratèges.

Cependant il soustrait certaines charges et magistratures au hasard du tirage au sort, démocratique mais dangereux. Certains secteurs comme l’armée, la flotte, les architectes, les trésoriers, doivent bénéficier d’hommes compétents. Il ouvre par tirage au sort l’accès à des charges importantes: commissariat de la police, contrôleur des marchés, du pain, de la prostitution, chargé de l’affermage des mines publiques et des impôts etc. Paradoxalement il restreint les conditions d’obtention de la citoyenneté: il faut être né de deux parents citoyens et non plus d’un seul (avant seule la condition civique du père était examinée). On assiste ainsi à un repli de la démocratie, contraignant davantage ses conditions d’accès.

Jillian Akharraz, doctorant en histoire et archéologie grecque (Univ. Lumière Lyon 2 – Hisoma UMR 5189) et médiateur au MuMo.

En savoir plus :

MuMo

L’Agora: espace de concentration des pouvoirs d’Athènes

LL’Agora: espace de concentration des pouvoirs d’Athènes

Jillian Akharraz, doctorant en histoire et archéologie grecque (Université Lumière Lyon 2/ HiSoMa) et médiateur au Musée des Moulages, nous en apprend un peu plus sur les institutions athéniennes. Quelles sont les fonctions tirées au sort ? Pour le savoir, il faut comprendre le fonctionnement des institutions de la Grèce du Ve siècle. Nous allons vous les présenter en les distinguant par pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.

Le MuMo ne conserve pas une représentation complète de l’Athènes du Ve s. av. J.-C, mais nous conservons néanmoins une maquette de l’Acropole, réalisée au XIXe siècle (inv. L953). Le pouvoir, qu’il soit législatif, exécutif ou judiciaire est exercé en différents endroits autour de cette Acropole.

Deux institutions représentent le pouvoir législatif : l’Assemblée du peuple et la Boulè. Les réunions de l’Assemblée du peuple (ou ecclésia) se tiennent sur la colline de la Pnyx. Cette assemblée réunissant au moins 6000 hommes libres de vingt ans et plus est souveraine. Elle débat de tout, décide de tout, notamment de la guerre ou de la paix et intervient sur toutes les affaires intérieures de la cité. Pour prendre la parole il faut s’inscrire et le temps est limité. On ne peut interrompre ni agresser le citoyen orateur sous peine de mort. Après discussion d’une loi, le vote s’opère à main levée ou par bulletin secret pour les mesures graves.

©Alexis Grattier / Univ. Lumière Lyon 2

La Boulè (ou Conseil des Cinq Cents) est constituée de membres appelés bouleutes. Ils conseillent l’Assemblée du peuple, préparent les lois et contrôlent les magistrats. Ils se réunissent dans le bouleutérion situé sur l’Agora, une salle de délibération en forme d’hémicycle. La Boulè compte 500 membres (50 par tribu) qui sont tirés au sort par le peuple pour une durée d’un an.

Le pouvoir exécutif est représenté par deux corps de magistrats : les archontes et les stratèges. Il y a 10 archontes tirés au sort parmi les deux premières classes censitaires, pour un an. Leurs prérogatives sont larges : application des lois, gestion des affaires religieuses, des fêtes et des affaires de droit familial. Leur bureau borde le côté nord de l’Agora. Les stratèges sont aussi 10, élus pour un an. Ils exercent le pouvoir exécutif et commandent l’armée. Ils peuvent être réélus plusieurs fois : Périclès, par exemple, a été élu 15 fois.

Enfin, deux institutions représentent le pouvoir judiciaire : le tribunal de l’Héliée et l’Aéropage. Le tribunal de l’Héliée compte 6000 membres nommés héliastes, qui jugent les affaires civiles et criminelles. Ils sont tirés au sort par le peuple pour un an. C’est le plus grand tribunal de la cité, il se trouve également sur l’Agora (son nom, en référence à Hélios, est peut-être dû au fait que le bâtiment était très exposé au soleil). L’Aéropage est un tribunal qui juge les affaires d’homicides. Il est constitué par les anciens archontes, sortis de leur charge.

©Alexis Grattier / Univ. Lumière Lyon 2

La tribu est la clé de répartition des fonctions et des charges. Tous les ans, elle désigne par tirage au sort les 50 bouleutes qui vont représenter la tribu au sein du conseil de la Boulè. Elle fournit aussi 1000 hoplites (fantassins), 100 cavaliers, 1 archonte, 1 stratège etc.

Cette nouvelle conception de la participation aux affaires de la cité s’appelle l’isonomie. Nous traduisons généralement ce terme par « égalité devant la loi ». Il s’agit de l’égalité de droits politiques des citoyens, d’une distribution égale des pouvoirs entre eux. Elle implique de facto un droit de participation. Le pouvoir de décision est ainsi transféré au plus grand nombre. Les structures qui rendent possible la démocratie sont désormais en place, le démos (peuple) détient le kratos (pouvoir).

On aboutit à une démocratie directe à laquelle tous les citoyens majeurs peuvent participer. A partir des réformes de Clisthène, la nouvelle Boulè est dotée de pouvoirs qui visent à doubler ceux de l’Aréopage (constitué surtout d’aristocrates), afin de diminuer son influence. L’exercice de contrôle et d’évaluation de l’exécutif est également un facteur important du système démocratique : un examen de moralité avant l’entrée en charge et une reddition de comptes devant un collège spécial en sortie de charge sont exigés.

Jillian Akharraz, doctorant en histoire et archéologie grecque (Univ. Lumière Lyon 2 – Hisoma UMR 5189) et médiateur au MuMo.

En savoir plus :

MuMo

 

TRANSENVIR : la plateforme de l’Histoire Environnementale

TTRANSENVIR : la plateforme de l’Histoire Environnementale

APPEL À MANIFESTATION D’INTÉRÊT

Intéressé par les combats et sujets liés à l’écologie ? Passionné d’histoire ? Un peu des deux ? Alors cette proposition est pour vous !

La plateforme documentaire sur la transition environnementale TRANSENVIR.FR vous attend, pour que vous la consultiez ou que vous y participiez.

Le projet Transenvir vise à explorer l’histoire de la « transition environnementale » de nos sociétés contemporaines depuis les années 1950. Il a permis de mettre en place une plateforme documentaire collaborative avec des ressources : expositions virtuelles, cartes et iconographie, glossaire « ABCVert », notices biographiques, chronologie. Son but est aussi de mettre à disposition du grand public un échantillon des sources foisonnantes qui existent sur les thèmes des pollutions, des risques, du climat, des mobilisations, des politiques publiques, de l’évolution des modes de vies en lien avec les évolutions environnementales. Nous espérons que cela puisse alimenter les débats actuels et éclairer l’histoire du rapport à l’environnement dans nos sociétés.

Nous sommes donc intéressés par votre collaboration en tant qu’association / historien / militant / étudiant / passionné d’histoire / réseau d’enseignants à la fois pour vous inviter à :

  • utiliser notre plateforme et nous faire vos retours (celle-ci est encore en démarrage) ;
  • nous rencontrer pour que nous venions présenter le projet et la plateforme ;
  • nous proposer des sujets ou contenus qui pourraient alimenter la plateforme ;
  • nous suggérer des collaborations autour de l’histoire environnementale ;
  • nous proposer vos archives ou celles de votre association pour une mise en valeur historique.
  • Et puis n’hésitez pas à diffuser cet appel dans vos réseaux, à toute personne, association, labo, susceptible d’être intéressé !

Cette plateforme est animée par un collectif de chercheurs et chercheuses membres du LARHRA (http://larhra.ish-lyon.cnrs.fr/) et du RUCHE (https://leruche.hypotheses.org/).

Sa création a été soutenue par l’Agence Nationale de Recherche, et par un financement de l’IDEX Lyon.

Visitez la plateforme https://transenvir.fr/ et contactez-nous : helene.chauveau@universite-lyon.fr ; stephane.frioux@univ-lyon2.fr

Gloire et déboires de Niobé et sa fille | Collections & Patrimoine

GGloire et déboires de Niobé et sa fille | Collections & Patrimoine

#histoiredunmoulage

Connaissez-vous Niobé ? Le MuMo conserve une œuvre représentant cet infortuné personnage de la mythologie grecque ©Claude Mouchot/Université Lumière Lyon 2.

Niobé et sa fille est une œuvre réalisée d’après Scopas* au IVe siècle av. J.-C. dans un marbre du Penthélique*. Elle a été découverte parmi un groupe plus large représentant le massacre des Niobides (enfants de Niobé) en 1583, à Rome. Niobé et sa fille sont aujourd’hui conservées à Florence, au Musée des Offices. Un moulage grandeur nature de cette œuvre est conservé au Musée des Moulages de l’Université Lyon 2. Il aurait été réalisé vers 1893 par les ateliers de moulage de l’Ecole nationale « es spéciale » des Beaux-arts et se trouve aujourd’hui dans la section monstres et mythologie du musée (inv. L586).

Niobé est ici représentée tentant de protéger sa fille. Son corps est massif, imposant et dessine un mouvement circulaire autour du frêle corps de la fillette qu’elle tente de mettre à l’abri dans son giron. Le visage de Niobé, à demi-masqué par sa main droite qui ramène un pan drapé afin de dissimuler sa fille, est empreint de terreur, ses contours sont durs, figés par la peur.

Pour comprendre ce qui suscite une telle inquiétude chez Niobé, il faut revenir sur le célèbre mythe dont elle est la protagoniste. Niobé est la reine de Thèbes et la petite-fille du géant Atlas. Elle a eu avec Amphion, son époux, pas moins de quatorze enfants : sept filles et sept garçons. Or un jour, elle a la mauvaise idée de se vanter de son abondante progéniture auprès de Léto, la mère d’Apollon et Artémis, qui le prend comme un affront car elle-même n’a enfanté que ces jumeaux. Apollon et Artémis décident de venger leur mère et tuent un à un tous les enfants de Niobé à l’aide de leurs flèches. Niobé est ici en train de tenter de protéger sa fille de ce massacre, partagée entre terreur et désespoir.

Le groupe de sculptures fut racheté par la famille Médicis peu après sa découverte, puis restauré et exposé dans les jardins de la Villa Médicis à Rome (actuelle Académie de France à Rome). Ils y restent jusqu’en 1770, date à laquelle ils sont transférés à Florence. Ce groupe, très célèbre aux XVIIIe et XIXe siècles a fait l’objet de nombreuses reproductions : la reine Catherine II de Russie en fait faire des copies en bronze, Bartolini travailla à en faire des copies en marbre pour Napoléon. Des réductions en ivoire, albâtre, bronze, plâtre ont été produites. De nombreux moulages ont été réalisés à partir de ce groupe, qui vient même orner la cour consacrée à l’art grec dans le Crystal Palace à l’Exposition Universelle de Londres en 1851.

Groupe des Niobides

©Negretti et Zambra

Depuis les années 1960-1970, ce sont des moulages du groupe des Niobides réalisés par Michel Bourbon sur commande de Balthus* qui ornent les jardins de la Villa Médicis, permettant aux visiteurs d’apprécier ces statues dans le lieu qui les accueillait jusqu’à leur déplacement à Florence. Et c’est un des grands avantages des moulages : pouvoir perpétuer la présence d’œuvres dans des lieux, même si les originaux ne s’y trouvent plus.

Moulages des Niobides

©Founzy-CreativeCommons

Le moulage du Musée des Moulages a été réalisé par les ateliers de moulage de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris. On mentionne effectivement « Niobé, mère & sa fille, groupe » dans une reconnaissance de dettes datée de 1893, conservée au Pôle Archives de l’Université Lumière Lyon 2. Ce document est intéressant car il montre que pour réaliser ses achats de moulages, le musée agit avec le concours de la Société des Amis de l’Université Lyonnaise, qui facilite grandement la politique d’acquisitions du musée. ©Université Lumière Lyon 2

On peut admirer Niobé et sa fille sans se déplacer à Florence ou à Rome, en se rendant dans la section monstres et mythologie du Musée des Moulages de l’Université Lyon 2… Dès que cela sera de nouveau autorisé !

Glossaire

*Scopas (de Paros) : sculpteur grec originaire de Paros (Cyclades), il semble avoir vécu entre 420 av. J.-C. et 330 av. J.-C.. C’est un des artistes grecs de l’époque classique (480 av. J.-C. – 323 av. J.-C.) qui porte l’expressivité des visages et des corps à leur paroxysme.

*Penthélique : région montagneuse de l’Attique (Grèce), située au nord-est d’Athènes. Le marbre qui en est issu est très prisé dans l’antiquité. C’est ce matériau qui a servi, par exemple, à édifier le Parthénon.

*Balthus : nom d’artiste de Balthazar Klossowski (1908-2001), peintre français d’origine polonaise. Influencé par les artistes de la Renaissance italienne, son travail se concentre sur des œuvres figuratives parfois étranges et à portée ésotérique. André Malraux le nomme à la tête de la Villa Médicis en 1961, et il en reste le directeur jusqu’en 1977.

Lina Roy – Musée des moulages, Université Lumière Lyon 2

Musée des moulages

Un captif itinérant : les péripéties de l’esclave mourant | Collections & Patrimoine

UUn captif itinérant : les péripéties de l’esclave mourant | Collections & Patrimoine

#histoiredunmoulage

L’Esclave mourant ou Captif mourant est une œuvre réalisée en 1513 par Michel-Ange* (1475-1564) dans un marbre de Carrare*. Il est aujourd’hui conservé à Paris, au musée du Louvre (inv. MR 1590).

Le MuMo conserve un moulage de cet Esclave mourant, de même taille que l’original (plus de 2 mètres), réalisé à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle, par les ateliers de moulage des musées nationaux, à Paris. Il se trouve à l’entrée de la halle d’exposition, dans la section consacrée au corps masculin (inv.M488).

L'esclave mourant

©Claude Mouchot- Université Lumière Lyon 2

Le Captif est représenté debout, nu, le bras gauche porté à la tête créant un hanchement qui anime l’ensemble de sa silhouette et installe une certaine tension. Un tissu barre son torse. A ses pieds se trouve une masse rocheuse dans laquelle Michel Ange a esquissé la silhouette d’un singe. L’effet « non finito », non-achevé, illustre le corps qui s’échappe de la pierre et vient évoquer l’âme captive du corps. La figure du singe évoque pour certains l’art qui imite la nature, qui tente de la singer ; pour d’autres il représente les arts, réduits en esclavage après la mort du Pape Jules II.

L’Esclave mourant fait partie d’un projet réalisé par Michel-Ange pour le tombeau du Pape Jules II*, initié en 1505 (soit deux ans après l’accession de celui-ci au pontificat). Le tombeau tel que projeté devait être un monument dont le registre inférieur devait être scandé de niches dans lesquelles l’Esclave mourant et son pendant, l’Esclave rebelle, auraient dû prendre place. Malheureusement, le projet avance lentement, et fait l’objet de nombreuses discordes entre le Pape et l’artiste. Le chantier prend encore plus de retard lorsque Jules II demande à Michel-Ange de décorer la voûte de la Chapelle Sixtine ; si bien qu’à la mort de Jules II en 1513, le mausolée est loin d’être terminé. Les descendants du Pape revoient ses ambitions à la baisse et finissent par exclure les figures de captifs (pourtant déjà réalisées) du monument.

Michel-Ange décide d’offrir les Captifs à Roberto Strozzi, un de ses proches en exile à Lyon, qui les offre lui-même au Roi de France qui en fait don vers 1550 à Anne de Montmorency, connétable de France. Ce dernier les expose dans le portique de son château d’Ecouen (actuel musée national de la Renaissance) @chateau_ecouen, créé en partie pour les accueillir, par l’architecte Jean Bullant. Après avoir été en possession du cardinal Richelieu, ils ont intégré les collections du Palais du Louvre en 1794 et y sont toujours exposés.

Les niches destinées à abriter les Esclaves au château d’Ecouen accueillent des moulages de ces œuvres depuis 1977.

Si la date de la réalisation de la copie de l’Esclave mourant conservée au MuMo est incertaine, nous pouvons affirmer qu’il a été réalisé par les ateliers de moulages des musées nationaux, à Paris, puisqu’il en porte l’estampille.

©Claude Mouchot – Université Lumière Lyon 2

Il est possible qu’il soit arrivé au Musée des Moulages lors de la vague de dons et dépôts qui a suivi l’arrivée de la collection moderne dans les années 1920, néanmoins nous ne connaissons à ce jour aucun document d’archive le mentionnant.

Ce moulage se distingue par la finition qui lui a été appliquée, lui donnant un aspect minéral artificiel, à savoir une patine évoquant le marbre. Il existe un certain nombre de patines pouvant être appliquées sur les moulages (une des plus courantes étant la patine bronze pour évoquer les œuvres réalisées dans ce matériau), que l’on pourra très prochainement admirer à nouveau sur les autres œuvres exposées au Musée des Moulages de l’Université Lumière Lyon 2.

Glossaire

*Michel-Ange : De son nom complet Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni (1475-1564) est l’un des artistes les plus célèbres du XVIe siècle en Italie : sculpteur, dessinateur, architecte, peintre, il a laissé des œuvres de premier plan dans tous ces domaines (citons la peinture de la voûte de la Chapelle Sixtine, la conception du dôme de Saint-Pierre de Rome ou encore le Moïse, sculpture intégrée au tombeau du Pape Jules II).

*Carrare : est une ville italienne située entre Gênes et Florence, réputée pour ses carrières de marbre exploitées depuis l’Antiquité. Il est particulièrement apprécié des artistes pour sa blancheur et le nombre de veines relativement réduit qui le traversent.

*Jules II : Aussi connu sous le nom de Giuliano della Rovere (1443-1513). C’est un des grands Papes mécènes de la renaissance italienne : il fait bâtir Saint-Pierre de Rome, commande à Raphaël les Chambres (Stanze) du Vatican, finance la réfection de la Chapelle Sixtine. Cette dynamique menant le pouvoir pontifical à s’appuyer sur des artistes italiens de premier plan est reprise par son successeur, Léon X.

Lina Roy – Musée des moulages, Université Lumière Lyon 2

Musée des Moulages