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Pour un nouveau paradigme économique plus sobre et frugal

PPour un nouveau paradigme économique plus sobre et frugal

 

Gilles Dufrénot

Professeur de sciences économiques à Aix-Marseille Université et membre de l’École d’Économie de Marseille

 

Dans son ouvrage Les pauvres vont-ils révolutionner le XXIe siècle ? paru en 2018, Gilles Dufrénot met en exergue un paradoxe saisissant. Les moyens de sortir de la pauvreté et d’être plus riche n’ont jamais été aussi importants. Pourtant la réalité montre que les différences sont de plus en plus fortes entre les plus puissants et les plus pauvres.

Les deux révolutions industrielles du XXe siècle ont forgé un système de production de masse mondialisé, standardisé, libéral et basé sur une logique de marchés. Les travailleurs se sont toujours inscrits dans cette innovation permanente comme les pierres angulaires du profit marchand. D’une part, notre modèle économique nous rend capables de produire en surabondance, de concentrer les richesses et de surexploiter les ressources. D’autre part, il fait la part belle aux privations involontaires et à de plus en plus de précarité et d’inégalités. Pour l’économiste, c’est cet équilibre parfois non-soutenable qui produit de l’exclusion sociale et qui est à l’origine de conflits sociaux ou de crises financières. Pour lui, « le système de redistribution du XXe siècle a maintenu et quelque peu contraint la pauvreté, mais il ne suffit plus. » Notre société de croissance incite à faire en sorte d’augmenter le niveau de vie moyen, mais en considérant les bombes démographiques en devenir (en Asie et en Afrique) nous sommes, pour ce chercheur, face aux limites du système de surproduction et de surconsommation.

Devra-t-on tous devenir pauvres ? Non, mais pour bon nombre de chercheurs et d’intellectuels, nos standards devront être revus à la baisse pour maintenir la planète stable économiquement, socialement et écologiquement. Un nouveau paradigme économique doit voir le jour pour Gilles Dufrénot, auquel il faudra appliquer une certaine dose de sobriété et de frugalité.

Retrouvez l’enquête Demain quelle sera la place du travail ? dans le 4e numéro de Pop’Sciences Mag

Balade « Le fleuve Rhône »

BBalade « Le fleuve Rhône »

Découvrez le Rhône avec l’association Promenades & Santé

En juin, laissez vous porter par le fleuve et découvrez ses trésors !

Une promenade de la Passerelle de la Paix jusqu’au Pont de la Guillotière pour découvrir l’influence du fleuve Rhône sur l’urbanisation et l’économie lyonnaise.

Retrouvez toute la programmation de la Maison de l’Environnement et les activités de nos associations membres sur www.maison-environnement.fr à la rubrique « Agenda« 

European Lab Camp

EEuropean Lab Camp

3 jours après des élections européennes qui s’annoncent cruciales, European Lab Camp réunit des artistes, des chercheurs, des journalistes et des activistes du vieux continent à Lyon, pour un débriefing général et « se réarmer pour l’avenir ».

Musique, débats, projections, ateliers, performances : le Camp est le QG de Nuits sonores et European Lab, ouvert à tous.

Rendez-vous du 30 mai au 2 juin 2019 dans deux lieux inédits : H7 & HÔTEL71, INSCRIVEZ-VOUS !

1 grande thématique : LE JOUR D’APRÈS

European Lab Camp ce sont des tables-rondes, des concerts, un radio Lab, des ateliers et des performances … pour dessiner les contours d’un avenir commun à l’Europe.

 

2 tables rondes ont été pensées en partenariat avec Pop’Sciences. Ne les manquez-pas !

14:00 – 15:30 > H7

L’IMPOSSIBLE DÉMOCRATIE URBAINE À L’HEURE DU CAPITALOCÈNE

Avec :

  • Maële Giard (Étudiante en double master 2 : Sciences Po Lyon & Institut d’Urbanisme de Lyon)
  • Mathilde Girault (Université Lyon 2, UMR Triangle)
  • Guillaume Faburel (Université Lyon 2, Sciences-Po Lyon et Rennes, UMR Triangle)

17:00 – 18:30 > H7

NOUVEAUX ACTIVISMES POUR LA JUSTICE CLIMATIQUE

Avec :

  • Mathilde Girault (Université Lyon 2, UMR Triangle)
  • Annie Randall (Extinction Rebellion)
  • Deep Green Resistance
  • Marie Toussaint (End Ecocide on Earth)
  • Guillaume Faburel (Université Lyon 2, Sciences-Po Lyon et Rennes, UMR Triangle)

Vos déplacements au quotidien nous intéressent ! Participez à notre enquête en ligne !

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Vous vous déplacez régulièrement en voiture ou en transports en commun ?

Exprimez-vous, donnez votre point de vue ! Vous ferez progresser la science sur ce sujet d’actualité.

Indiquez-nous vos préférences sur les déplacements proposés et construisons au mieux la mobilité de demain !

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour répondre à l’enquête, cliquez ici -> http://bilendi.decipherinc.com/survey/selfserve/53b/1902132?list=etre45e

Cela vous prendra entre 10 et 15 minutes.

Tentez l’expérience ! Des bons d’achat d’une valeur de 100€ sont à remporter !

 

Les données récoltées seront traitées de manière anonyme.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à prendre contact : alix.legoff@laet.msh-lse.fr

L’ethnographie éclaire la perception du changement climatique aux Kiribati

LL’ethnographie éclaire la perception du changement climatique aux Kiribati

Christine Ambard a déjà plusieurs fois foulé le sol des îles de Kiribati (Pacifique central), à la rencontre des populations particulièrement affectées par la soudaine et récente montée des eaux sur l’archipel.

Les îles Kiribati sont menacées de disparaître sous les eaux du grand océan d’ici 2050 si rien n’est fait pour enrayer le phénomène. Les travaux de cette anthropologue en devenir s’intéressent aux discours, aux expériences et aux représentations qu’ont des insulaires de la notion de changement climatique … Loin de celles communément admises par le monde occidental et davantage tournés vers la nature et l’environnement végétal.

Christine Ambard est étudiante en anthropologie à l’Université Lumière Lyon 2 (Master) et se prépare à poursuivre une thèse de doctorat au Laboratoire d’Anthropologie des Enjeux Contemporains (CNRS. Dir : Michèle Cros)

Interview de Grégory Fléchet, réalisée par Visée.A, pour le Pop’Sciences Mag#4 : LE MEILLEUR EST-IL A VENIR ?

 

La relation « inspecteur-inspecté » en Tunisie : palier fœtal pour mes recherches doctorales

LLa relation « inspecteur-inspecté » en Tunisie : palier fœtal pour mes recherches doctorales

En Tunisie, la relation  » inspecteur-inspecté « , dans l’enseignement primaire, du point de vue d’un bon nombre d’instituteurs, s’inscrit dans un registre purement hiérarchique. Longtemps conçue comme un thème délaissé, sans réponses, cette relation soumise à un ordre autoritaire, s’invite aujourd’hui aux débats sur les phénomènes psychoaffectifs qui débordent largement son aspect fonctionnel. Des expériences vécues, confirment ce qu’on vient d’évoquer. Un souci me préoccupe et se traduit, par la suite, en une phase embryonnaire de la question de mes recherches universitaires.

©Habib-Hadj-Amor

Choix du point de départ

L’éducation en Tunisie, comme d’autres institutions, se plaint depuis quelques décennies d’une sorte d’invisibilité. Dans le langage courant, le mot éducation renvoie le plus souvent à la question de l’école, mais en réalité il est beaucoup plus large.

En Tunisie, malgré l’ancienneté d’éducation et de l’école publique, les gouvernants de nos jours feignent de ne pas comprendre qu’« il faut tout un village pour élever un enfant et pas seulement une école ». Si l’on s’en tient à ce proverbe africain, on peut dire qu’il faut effectivement tout un village même s’il faut fondamentalement une école. Mais en Tunisie, il semble être évident que l’école fonctionne, a priori, tout en étant tenue à l’écart d’un réseau socioculturel. Cela met en question le processus enseignement-apprentissage. Cette question de la mission de l’école est aussi, en partie, liée à celle des instituteurs et des inspecteurs. Comme l’a montré l’histoire de l’école républicaine de Jules Ferry – dont le témoignage existe encore en Tunisie – les instituteurs et les inspecteurs sont en effet la toile de fond de la reconnaissance de l’école de la République. La complémentarité de ces deux corps s’avère déterminante dans la poursuite du mandat de l’école républicaine.

L’équation école = rédaction de rapports, dans le sens procès-verbal, parait aller de soi. L’École, en tant qu’établissement institutionnel et social, ne peut pas avoir une légitimité certaine s’il y a pénurie d’un objectif identifié en termes de « bon » côté relationnel et communicationnel entre l’ensemble des acteurs principaux. Si la relation se dégrade, l’aspect communicationnel se pourrit ensuite. Car, comme un poisson dans l’eau, il ne peut y vivre correctement que si l’eau est maintenue de bonne qualité. Si l’eau se dégrade, sa survie aussi. C’est le cas en Tunisie dans la relation entre inspecteurs et instituteurs. Certains inspecteurs s’affirment comme détenteurs du savoir de la pédagogie, mais sans toutefois obligatoirement posséder le savoir en général (dans les différentes disciplines enseignantes).

Pour cette raison, certains instituteurs ne souhaitent pas s’adhérer à ce système d’inspection, sans pour autant être démotivés par leur charge d’enseignant. Les expériences révèlent que bon nombre d’instituteurs, sans mettre en avant une implication personnelle, sont cependant armés d’outils de travail collectifs institutionnalisés. Dans une perspective d’améliorer cette relation tendue, certains inspecteurs sont appelés à cesser de se comporter comme des agents d’un système « tout-puissant ». De leur côté, les instituteurs sont priés de concevoir qu’ils sont des acteurs dotés de ressources cognitives et sociales. Mais dans la mesure où la relation inspecteur-inspecté est basée sur une situation dominant-dominé, ce rapport social dégradé s’institutionnalise et cette position hiérarchique exacerbée gâche l’objectif principal qui doit être l’application d’une pédagogie efficace.

A partir de cette lecture primaire du contexte dans lequel se situe, d’une part l’enseignement en Tunisie et de l’autre la relation inspecteur-inspecté, s’envisagent les premières idées d’une recherche en sciences de l’éducation et s’est imposé à moi de choisir la France pour des études universitaires me permettant d’approfondir ce sujet. Tenant compte des expériences vécues tout au début de ma carrière, mais aussi d’une mobilité socioprofessionnelle, ce choix est devenu une réalité, voire s’est transformé en appui pour préparer une thèse de doctorat à l’Université Lumière Lyon 2.

Des expériences fondamentales de l’entrée dans le métier d’enseignant

Ces expériences, faisant l’objet de trois moments différents, résument les difficultés dans la relation inspecteur-inspecté. Traduites en pures conceptions, elles évoquent l’image dérangeante, angoissante et souvent persécutrice de l’inspecteur.

> Une première expérience comme instituteur principal (École primaire Khtatfa) 1

Cette première expérience a eu lieu après l’obtention de mon diplôme de fin d’études des Instituts Supérieurs de Formation des Maitres (ISFM) en 2001 en Tunisie2. Ma première affectation me conduit à enseigner en deux langues : l’arabe et le français auprès de deux groupes d’élèves en 2e année et en 6e année3. J’enseigne le français langue étrangère et l’arabe langue maternelle aux jeunes élèves dans un milieu rural appartenant à une zone d’éducation prioritaire (ZEP). J’avais une ancienneté de trois ans, au cours de laquelle j’ai « subi » deux visites d’inspection :

La première pour ma titularisation en 2002.

La seconde, en 2003, se rapporta à ma première note pédagogique, dite en Tunisie « note de base »4.

J’ai noté qu’il n’y avait pas de différence entre les deux visites d’inspection : même personne, mêmes remarques, quasiment mêmes entretiens et avec le même niveau de classe. Cette première expérience m’a servi de révélateurs importants qui se sont confirmés lors du poste suivant.

> L’expérience de l’école de ma commune « Ouled Amor »5 : la poursuite de la question inspecteur-inspecté

Je fus présenté comme instituteur principal à l’école où j’avais en fait passé la première partie de ma scolarité. Les familles ont d’emblée manifesté leur contentement et une certaine satisfaction à l’idée que leurs enfants, notamment pour ceux en «terminale»6, aient pour enseignant un enfant de la commune. Ma situation d’instituteur fut mise à la disposition d’une société où j’avais vécu les premiers moments de l’enfance. En fait, il me revenait de négocier particulièrement avec mes habitus7, mes représentations de la mission que je devrais accomplir au sein d’une commune où les besoins sociaux prenaient le pas sur les soucis personnels. C’est en fait la réalité des communes rurales du siècle passé. En tenant compte du principe sur lequel s’appuie la vie dans les petites communes campagnardes en Tunisie, il faut indiquer, ici, la nécessité d’accorder la priorité aux liens sociaux. La mienne, nommée « Ouled Amor », ne fait pas exception.

Revenant à la visite d’inspection, l’inspecteur8 me demanda avec le directeur d’accueillir deux inspecteurs stagiaires. Il s’agissait de réfléchir plus avant sur mes pratiques d’enseignement, lesquelles constituaient une nécessité pédagogique pour amener mes élèves à l’étape de perfectionnement. En outre, il m’a semblé important de montrer une bonne image socioprofessionnelle pour protéger ma carrière ultérieure de toutes critiques. Pour mettre en œuvre la mission qui m’avait été confiée, il m’est apparu incontournable de comprendre d’une autre façon le métier d’enseignant. Cette visite était pour moi un pari important : « ça accroche ou ça n’accroche pas » !

En Tunisie, lors d’une visite d’inspection, c’est à l’inspecteur de choisir les trois activités à enseigner. Pour laisser sa place à l’inspecteur, l’instituteur doit débarrasser tout son matériel, le mettre dans l’armoire ou sur le vieux banc d’un élève au premier rang, pour laisser la place libre à l’inspecteur, ce que je fis, avant de commencer ma séance. A la fin de cette séance d’enseignement, l’inspecteur montre des signes de mécontentement alors qu’une satisfaction se lisait sur les visages ses deux accompagnants. En fin de compte, le compte rendu et la note attenante ont été très décevants pour moi, car relevant seulement des choix de l’inspecteur et d’un jugement sur ma personnalité plutôt que sur l’évaluation des activités que j’avais enseignées ce jour-là. Pour cette raison essentielle, mais également suite à un changement de vie familiale9, j’ai décidé de quitter cette circonscription pour m’installer à Téboursouk10 avec ma famille.

> L’expérience des écoles « Rihana » et « Cité Ennacim »11 (Téboursouk) : d’un questionnement à une idée sur la recherche

J’ai repris à nouveau mon métier dans une école qui appartient aux ZEP12 , l’école primaire de « Rihana ». Celle-ci fait partie de la circonscription de Téboursouk, gouvernorat de Béja.

Je me souviens que dès la rentrée je me suis efforcé de repenser mon métier d’enseignant. Celui-ci avait été perturbé auparavant par des préjugés et des jugements souvent arbitraires. Au-delà de ce malaise, j’ai réussi à m’intégrer dans le monde enseignant de cette petite ville. J’ai commencé par reconstruire une image d’un enseignant persévérant et toujours à la quête de nouvelles méthodes pédagogiques. La pédagogie ne peut donc se ramener à l’étude limitée de quelques procédés théoriques et pratiques.

L’instituteur n’est pas un simple manœuvre de ces deux logiques. Il doit se focaliser souvent sur ses capacités personnelles et ses initiatives. Mais la capacité de prendre des initiatives au niveau pédagogique ne prend de valeur authentique que par rapport au « sentiment d’efficacité personnelle » (Bandura, 1997)13. Du fait, la réflexion sur mes compétences d’enseigner est inséparable d’une croyance dans mes propres capacités et d’une orientation sans équivoque dans le sens du rapport établi avec le corps des inspecteurs. Ces deux aptitudes, dans le cas du travail enseignant sont, pour moi, très liés et non simplement juxtaposées. Je l’ai déjà dit et je ne crains pas de le répéter que ces efforts, comme ceux des expériences précédentes, s’inscrivent dans le plan de l’initiation à la pratique de gestes professionnels mais également relationnels.

Mais en vain ! Il en alla de même lors d’une 4e inspection : même comportement, rien de bien nouveau avec le nouvel inspecteur !14. Sa présence à la tête de la circonscription faisait beaucoup parler de lui lors de ses visites et ses journées de formation. Ils s’y ajoutaient de faibles performances au niveau des compétences pédagogiques et didactiques.

C’est à cette étape de ma carrière, que je me suis demandé s’il ne fallait pas réaliser une étude approfondie sur la relation inspecteur-inspecté qui pèse trop lourd sur les épaules de l’enseignant. Toutefois, afin d’être parfaitement juste, il est important d’évoquer deux inspecteurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer au cours de ces expériences et qui ont laissé de très bonnes appréciations sur leurs compétences pédagogiques, mais aussi didactiques15.

> Une mobilité socioprofessionnelle16 : d’une idée de départ à un projet réel

©Habib-Hadj-Amor

Dans mon cas présent, le facteur de la mobilité socioprofessionnelle renvoie aussi bien à une mobilité géographique qu’à un changement de l’activité professionnelle. Je fus encore enseignant des écoles primaires, mais l’expérience d’ELCO17 au sein du groupe scolaire Saint-Thomas à Strasbourg m’a servi de base, d’un côté pour une plus-value de connaissances dans la sphère du métier d’enseignant et de l’autre pour une compréhension du rapport entretenu entre les acteurs de la scène scolaire en France.

Avec la détermination de poursuivre des études universitaires que mon pays ne pouvait pas me proposer, j’ai consacré ma priorité aux sciences de l’éducation. J’ai donc repris à nouveau mes études avec une avidité renouvelée. Ainsi, sans trop m’attrister d’être séparé de ma famille restée en Tunisie, il m’a paru utile de me repositionner par rapport à ma formation initiale d’enseignant. Alors, plutôt que de s’inquiéter du commencement d’un nouveau mode de vie en Alsace et en étant distant de la famille. Il s’agit de l’effet des contenus de formation sur les pratiques pédagogiques réellement demandées en classe. En effet, la relation formation-pratiques pédagogiques s’amorce avec la nouvelle instauration des ESPE18 sur tout le territoire français dans le but de professionnaliser le métier d’enseignant et d’alléger la durée de la formation (masterisation). Celle-ci a été mise en application dès la rentrée 2010. Pour moi, cette formation sur le tas, dite par alternance, est une prouesse.

Par ailleurs, je suis conscient qu’il est difficile d’adhérer à un nouveau dispositif de formation mettant en œuvre la question de l’éthique relationnelle, voire cheminer dans le sillage de l’éducation nationale française dont le contexte social, économique et politique est loin de la politique tunisienne. Cela ne m’empêche pas de faire la part des choses. Je vais essayer, par le biais de cette recherche, d’apporter, peu ou prou, des pistes d’éclairage sur les difficultés qui existent dans la relation inspecteur-inspecté en Tunisie. On l’a dit, le propos de l’éducation est, à première vue, d’ordre relationnel et communicationnel.

Mes expériences dans le métier d’enseignant, à savoir dix-huit-ans d’ancienneté, me permettent de faire deux constatations : souci relationnel (inspecteur-inspecté) et incertitude éducationnelle (décalage entre le la formation et les programmes scolaires). Il est évident que modifier en profondeur la scène scolaire en Tunisie, c’est toucher conjointement à l’ensemble de ces deux sujets, et…réciproquement. On ne peut pas avoir un souci pour la communauté éducative sans pour autant avoir un autre pour l’effet de la formation sur les pratiques pédagogiques. Les analyses que je présente dans le cadre de ma thèse constituent, en partie, une part majeure de la relation à l’inspection et de l’effet de la formation.

©Habib-Hadj-Amor

Si l’on souhaite principalement plus d’éthique dans le côté relationnel, il n’est pas certain que cette question suffise à empêcher tous ces comportements dont témoignent mes expériences vécues. On peut dire qu’il faut non seulement repenser autrement la question de l’étique relationnelle mais encore et surtout tenter de rechercher des outils au service d’une nouvelle déontologie, dans la mesure où l’inspecteur devrait accompagner des instituteurs, mais comment ? La recherche que je mène au sein du laboratoire ECP19 à l’Université Lumière Lyon 220, mais qui est encore dans la phase d’analyse et du recueil des données, proposera des pistes qui, si c’est le cas, pourront au moins faire le point sur la relation à l’inspection.

Cet espace de travail tend à s’inscrire dans une logique d’idées qui renvoie aussi bien aux motifs liés à des expériences antérieures vécues au cours de mon activité d’enseignement en Tunisie qu’à des préconceptions ; c’est-à-dire cette forme de pensée développée ici et cette façon de voir la réalité de la relation inspecteur-inspecté n’engagent que moi, mais elles doivent beaucoup aux discussions significatives et relectures ultérieures avec une médiatrice scientifique engagée dans la formation doctorale21  » Savoir communiquer ses travaux de recherche sur le web « , et responsable éditoriale de Pop’Sciences.

Article écrit par Hadj Amor Habib, doctorant à l’Université Lumière Lyon 2, membre du laboratoire ECP (EA 4571) 

ECP – Education Cultures Politiques

 

Article publié dans le cadre des dossiers  « Les doctorants parlent de leur recherche » en partenariat avec Pop’Sciences

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Notes

1 L’Ecole primaire «  Khtatfa » appartient à la circonscription de Haffouz, gouvernorat de Kairouan, Tunisie.

2 Diplôme destiné aux élèves instituteurs ayant effectués deux ans de formation post-baccalauréat aux ISFM (j’étais dans la promotion 2001)

3 Deuxième année de l’enseignement de base appelé en France CE2 (cours élémentaire 2); 6e année de l’enseignement de base appelé en France CM2 (cours moyen 2)

4 En Tunisie, la note de base est la première note attribuée à l’instituteur. Elle peut orienter sa trajectoire professionnelle.

5 Ouled Amor est ma commune natale. Elle se situe dans le gouvernorat de Mahdia, Tunisie.

6 Il s’agit de la classe ultime de l’enseignement primaire. En Tunisie, on accorde une grande importance à la scolarisation à l’école primaire. On considère cette classe comme « terminale », voire comme autrefois le certificat d’étude en France.

7 Nous aurions pu retenir l’habitus comme l’avait appelé Bourdieu (1972, 1980) : ensemble d’actions, de pensées, de facultés, de perceptions et de schèmes qui nous dirigent consciemment et/ou inconsciemment.

8 Il s’agit de l’inspecteur principal de la langue arabe. Un homme connu pour ses compétences pédagogiques et didactiques. Il était aussi un homme de terrain diplômé de l’École Normale d’Instituteurs de Sousse. Il était très renommé dans le domaine de l’éducation. Actuellement, il est sous-directeur régional de l’enseignement de base au gouvernorat de Monastir.

9 Il s’agit de mon mariage en 2007. C’est une année charnière dans ma vie familiale. En fait, ma femme a été recrutée comme professeure des Beaux-Arts au lycée secondaire Ibn Abi-Dhiaf à Téboursouk. J’ai été obligé de me déplacer avec ma elle.

10 Téboursouk est une petite ville montagneuse située au nord-est de la Tunisie. Elle est sous la tutelle du gouvernorat de Béja.

11 Il s’agit d’une troisième expérience au sein des deux écoles primaires intitulées : « Rihana » et « Cité Ennacim ». Ces deux écoles appartiennent à la circonscription de Téboursouk.

12 ZEP : « Zone d’Education Prioritaire », expression qui a été créée en France en 1881 dans le but de réduire l’inégalité scolaire, don : « donner plus à ceux qui ont moins ». Il s’agit des établissements (écoles, collèges) qui se sont munis des moyens supplémentaires pour faire face aux difficultés scolaires et sociales qu’ils les affrontent régulièrement. Depuis la rentrée 2015, on parle des « REP » (réseau d’éducation prioritaire) suite au changement des critères. En France, un élève sur cinq se situe dans un établissement REP. En 2016, il y avait 1095 REP. Lire plus d’informations sur ce sujet.

13 Pour plus d’information, l’ouvrage d’Albert Bandura intitulé : « Aouto-efficacité : le sentiment d’auto-efficacité personnelle », publié en 1997.

14 Il s’agit de l’inspecteur de langue arabe, avec lequel j’ai travaillé à l’école « Rihana ». Il s’agit d’un homme qui a des comportements enfantins et qui a des difficultés au niveau pédagogique et didactique.

15 Je mentionne avec un grand honneur Monsieur Hafnaoui Bettoumi: inspceteur principal de langue française et Monsieur Riadh Madhi: inspecteur principal de langue arabe. Ces deux inspecteurs ont instauré un nouvel esprit d’enseignement et de formation au sein de la circonscription de Téboursouk entre 2010 et 2013.

16 Il s’agit d’une mobilité socioprofessionnelle à la région d’Alsace en 2013 et un nouveau poste au groupe scolaire Saint-Thomas à l’académie de Strasbourg, France.

17 ELCO : enseignements de langue et de culture d’origine. Neufs pays (Tunisie, Algérie, Maroc, Turquie, Croatie, Portugal, Serbie, Espagne et Italie) sont concernés par cette directive européenne du 25 juillet 1977.

18 ESPE : on les appelle en France : École Supérieure du Professorat et de l’E

19 ECP : laboratoire (EA) 4571 Éducation, Cultures Politiques à l’Université Lumière Lyon 2 sous la direction de Françoise Lantheaume.

20. Je mentionne avec un grand honneur mon directeur de thèse qui a pris en charge le suivi de cette recherche. Il s’agit du professeur émérite des universités à Lyon 2: Monsieur André Robert.

 

 

Demain le travail : quelle place pour l’humain ?

DDemain le travail : quelle place pour l’humain ?

Pour clore cette saison de Penser critique autour de l’humanité augmentée, la bibliothèque vous propose une table-ronde autour des transformations du travail par les technologies et le numérique. Quels impacts le numérique a-t-il sur le travail et l’emploi ? L’intelligence artificielle est-elle susceptible de remplacer les femmes et les hommes sur des métiers d’expertise ? Comment cohabitent et cohabiteront humains et machines dans le travail ? Cette table ronde accueillera Patrice Flichy, Marc-Eric Bobillier Chaumon et Alain Mille, avec la modération de Cléo Schweyer.

Les nouvelles technologies au service de l’enseignement du fait religieux

LLes nouvelles technologies au service de l’enseignement du fait religieux

Depuis quelques années, le fait religieux est devenu un sujet de débats passionnés et de vives discussions.

Les conditions mêmes de ces échanges peuvent cependant poser problème. Trop souvent les a priori et les idées fausses estompent les réalités et la réflexion. Pour le monde universitaire les enjeux sont doubles :
– Faire entendre la voix de la recherche dans un monde pressé et avide d’images
– Former les étudiants à des questions d’actualité sans trahir les spécificités de la recherche et de l’expertise scientifique

Un des moyens pour relever ces défis est de recourir à ce qu’on peut, rapidement, nommer les « nouvelles technologies ». Ce sont des films et autres réalisations médiatiques. Mais aussi le recours aux ressources de l’internet, en particulier avec les webdocumentaires.

Cette journée propose donc de découvrir les diverses facettes des questions liées aux religions :
– Les dévotions
– La radicalisation
– La violence

Pour cela, elle propose une sélection de films et de webdocumentaires. Autant de ressources mises à disposition des étudiants et du public.

 

PROGRAMME :

MATIN

9h30 : Cartographier des controverses, entre sciences, croyances et laïcité avec Benoit Urgelli (Lyon)

10h : Les philosophes et la Bible à l’âge classique avec Pierre-François Moreau et Raphaële Andrault (Lyon)

10h30 : Guerres et miracles avec Philippe Desmette (Bruxelles)

11h : Sainte Anne, protectrice des pêcheurs et femmes de marin en Bretagne avec Corinne Fortier (CNRS)

11h30 : Superstition avec Philippe Martin (Lyon)

 

APRÈS-MIDI

14h : Le cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement avec Elisabeth Lusset (CNRS)

14h30 : Coran 12-21, vers une première mise en ligne avec Tristan Vigliano (Lyon 2)

15h00 : Recherche et enseignement à l’université de Lausanne avec Christian Grosse (Lausanne)

15h30 : Les voix de Maisonneuve avec Frédéric Dejean (Montréal)

16h00 : La communauté thématique. Histoire Euro-Méditerranéenne (HEMED). Des ressources éducatives libres en ligne en histoire comparée des religions avec Vincent Vilmain (Le Mans)

 

Journée organisée en partenariat avec le GIS religion, l’ISERL, l’UQAM, et le Labex COMOD

 

Organisation : Frédéric Dejean (UQAM) Philippe Martin (Lyon 2)
Renseignements : malika.gragueb@univ-lyon2.fr

Les jardins partagés de Lyon 7e

LLes jardins partagés de Lyon 7e

En mai, cultivons notre jardin qu’il soit urbain ou de campagne ! 🌼

🌻 En partant de la Maison de l’Environnement rejoindre la rive gauche du Rhône et traverser le Parc des Berges en direction du Sud vers le Parc de Gerland. Longer le fleuve jusqu’aux hôtels à abeilles, installations vouées à la découverte des abeilles sauvages et des insectes qui peuplent nos villes. Traverser la grande prairie du parc jusqu’à la fabuleuse mégaphorbiaie, magnifique jardin linéaire botanique de plantes aquatiques longeant une série d’aires cultivées et organisées selon le modèle d’une pépinière. Continuer jusqu’à la Maison des Fleurs qui présente une riche bibliothèque spécialisée sur l’art du jardinage des plantes et des fleurs des jardins du monde.

En sortant du Parc de Gerland nous observerons un bel exemple des jardins ouvriers mis en place par Edouard Herriot en 1956 « les jardins ouvriers communaux de Lyon, section du livre. » 35 parcelles de 120 m2 entretenues avec passion par d’anciens imprimeurs du labeur lyonnais.

Une balade alliant histoire et environnement avec l’association Promenades et Santé !

Maison de l’Environnement

Territoires : solidarité, sociabilité, équité

TTerritoires : solidarité, sociabilité, équité

Film documentaire : « Regards croisés à Terraillon »

Sur la participation citoyenne développée autour du nouveau parc Bron Terraillon. Ce film a été réalisé par 12 jeunes du centre social Gérard Philipe de Bron, et 6 étudiants de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, accompagnés de l’association « on the Green Road ».

 

Le grand débat : « Territoires : solidarité, sociabilité, équité »

« La ville, la métropole sont historiquement présentés comme des espaces de production de solidarités et de sociabilités. Quelles en sont les formes contemporaines et les évolutions qui les questionnent ? L’émergence de l’espace métropolitain est-elle le garant à plus d’équité ou signe-t-elle le déclin des solidarités ? Et au-delà de la ville, de la métropole, les espaces péri-urbains et ruraux ont évidemment développé des sociabilités et solidarités, mais sont-elles différentes ? Plus simplement que peut-on dire des rapports entre les espaces et les personnes qui les habitent, et existe t-il un seuil d’échelle au-delà duquel les échanges se compliquent voire ne sont plus possibles. »

avec Bruce Bégout, philosophe, écrivain, maître de conférences à l’Université Bordeaux 3, et Guillaume Faburel, géographe, professeur d’Etudes Urbaines à l’Université Lyon 2 et Sciences Po Lyon.

 

Le débat se poursuivra par un temps de dédicaces des intervenants et un apéritif dans une ambiance jazzy avec le groupe Locomotif de la MJC Louis Aragon.

Entrée libre et gratuite.

 

Cet événement s’inscrit dans le cadre de la restitution des ateliers citoyens, les 22 et 23 mai 2019, des Rencontres Scientifiques Nationales de Bron.

 

Découvrez ci-joint l’invitation et le programme de ces journées :  animations, expositions, vidéos, débat…

 

Plus d’informations sur : www.ville-bron.fr ; www.ifsttar.fr ; www.mediathequebron.fr

 

Rencontres Scientifiques Nationales de Bron/RSNB