LLes jeunes aidants : de l’invisibilité à la mise en lumière | Triptyque Invisibles, discrets, bien souvent silencieux : les jeunes aidants sont présents au sein de milliers de familles en France. D’ailleurs, ce mot « aidant » s’avère très récent en France. Comment fût-il introduit dans notre vocabulaire, qui sont ces jeunes aidants, mènent-ils une enfance normale, pourquoi ? Comment aujourd’hui, deviennent-ils plus visibles dans notre société ?Pour en discuter nous sommes avec Diane BEDUCHAUD, doctorante à TRIANGLE., en 3ème année de sociologie dont le sujet de thèse est « Le sens (précoce) des responsabilités. > Écoutez le podcast :https://popsciences.universite-lyon.fr/app/uploads/2026/03/tri12-1_dianebeduchaud.wav> Lire la retranscription des propos de l’interview :Comment définiriez-vous un ou une jeune aidant(e) ? Comment notre société en est venue à les nommer ainsi ? Est-ce récent ? Et est-ce que toutes les disciplines utilisent ce mot ?Diane Beduchaud – Alors le terme jeune aidant est relativement récent en France. Pour l’action publique le jeune aidant est défini comme un enfant, un adolescent ou un jeune adulte qui aide un proche en situation de handicap, de maladie ou de perte d’autonomie liée à l’âge. Donc en cela les jeunes aidants, c’est une déclinaison du groupe bien plus large des aidants, qui est un groupe qui est reconnu depuis les années 2000 en France, notamment grâce à la mobilisation d’associations, et un groupe qui est devenu une catégorie d’action publique à part entière avec des droits comme celui du congé ou de la formation.Et ce que j’ai découvert à travers mes entretiens, et l’analyse d’archives c’est que le terme jeune aidant, c’est une traduction de la catégorie des « young carers » qui s’est développée au Royaume Uni dans les années 1990, et qui aujourd’hui est en train de se diffuser dans de nombreux pays. A titre d’exemple, au Royaume-Uni les jeunes aidants sont reconnus dans plusieurs textes de loisAlors en comparaison ce terme est relativement récent en France, il est arrivé dans les années 2010, et reste relativement méconnu de la population et des professionnels. Mais ce terme n’arrive pas sur un terrain vierge puisque depuis au moins les années 2000, des psychologues ou des médecins se sont intéressés aux enfant de parent malade, ou aux frères et sœurs d’enfants en situation de handicap. Mais l’utilisation du terme jeune aidant marque tout de même une différence : puisque en utilisant le terme aidant on insiste sur leur rôle auprès de leur proche plutôt que sur les effets du handicap ou de la maladie sur les jeunes.Dans la presse quand on lit les articles sur les jeunes aidants, on lit souvent que ces jeunes n’ont pas d’enfance, ou que leur expérience d’aide les empêche de vivre une enfance normale. Et cela est parfois associé aussi au terme de « parentification » en psychologie : qu’est-ce que vous pouvez nous en dire ?D.B. – Oui, effectivement c’est une association qui est assez commune, et cela me fait pensait notamment à une campagne de la Macif qui présentait l’image d’une jeune fille aidante, sous-titrée avec les termes « être jeune, pas le temps ! »Dans l’appellation jeune aidant on retrouve une opposition entre deux figures a priori contradictoires : d’un côté il y a celle de l’aidant qui est associé à la responsabilité et au soin pour une autre personne, et de l’autre il y a celle de l’enfance qui a été progressivement construite comme un temps à part, protégé de certaines responsabilités notamment depuis le XIXème siècle avec tout un ensemble de mesures telles que l’interdiction du travail infantile, l’obligation de l’éducation, ou encore la ratification des droits des enfants.Mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que cette représentation de l’enfance, elle est socialement située. A d’autres périodes historiques, ou dans d’autres contextes contemporains le fait qu’un enfant prennent de responsabilités importantes dans la vie familiale n’est pas étonnant et même parfois est attendu. Donc ce qu’il serait plus juste de dire, c’est que les expériences vécues par certains et certaines jeunes aidants, en particulier celles et ceux qui aident de façon importante un proche, ne rentrent pas dans le cadre des normes et des attentes contemporaines occidentales de l’enfance et de la jeunesse.Et pour ce qui est de la parentification, c’est effectivement un terme utilisé en psychologie pour désigner un processus dans lequel les enfants seraient contraints de prendre soin de leurs parents ou d’assumer des rôles traditionnellement pris par des parents.Mais d’après moi ce terme peut être dangereux, parce que il laisse penser que parce qu’un parent est malade ou en situation de handicap, son enfant le remplacerait, ou prendrait son rôle. Donc je pense qu’il faut faire très attention à ce terme qui a tendance à figer les rôles, et à donner une vision pathologique de ces situations d’aide. Ce terme finalement, il minimise le rôle des parents malades ou en situation de handicap envers leurs enfants, et il alimente une vision validiste et très normative du fonctionnement familial entre des parents « pourvoyeurs » d’aide et de soins et des enfants qui seraient seulement « bénéficiaires » alors que dans toutes les familles les rôles ne sont pas si nettement définis.Et au-delà des représentations, est-ce que ce terme a contribué à rendre visible une réalité sociale ?D.B. – Effectivement l’intérêt de ce terme est qu’il permet de mettre en lumière une réalité sociale : le rôle des enfants dans les configurations d’aide qui est longtemps resté invisible pour plusieurs raisons.Alors cela tient d’abord au regard qui est porté sur les mineurs par l’action publique puisque ces derniers sont envisagés en priorité comme des individus dépendants et à protéger. Donc le fait que des mineurs puissent participer à l’aide familiale relève d’un impensé, et d’ailleurs les enfants n’ont pas été interrogés dans les premières enquêtes qui ont porté sur les aidants informels.Cette invisibilité, elle tient aussi à la manière dont les aidants sont perçus : la figure de l’aidant, elle s’est construite d’abord dans le champ de la gériatrie et de l’aide aux personnes âgées dites dépendantes. Donc du point de vue de l’action publique, la représentation cible de l’aidant, cela a longtemps été celle d’un adulte de plus de 50 ans, qui aide son ou ses parents vieillissant.Mais grâce au rôle des associations qui font remonter les situations de terrain, et grâce aussi à des travaux de sociologie récents on sait que cette population des aidants est beaucoup plus hétérogène. Et aujourd’hui grâce à de nouvelles enquêtes, comme l’enquête Ipsos de 2017 ou l’enquête vie quotidienne et santé de 2021 on estime que 500 000 mineurs sont aussi des acteurs de cette aide informelleDonc l’intérêt du terme jeune aidant est qu’il permet d’interpeller en montrant que malgré leur jeune âge, ces jeunes contribuent à certaines tâches d’aide au sein de leur famille.Cette reconnaissance de leur rôle est d’ailleurs en cours actuellement, avec différentes mesures. Quels sont les premiers effets de cette reconnaissance pour les jeunes et leurs familles ?D.B. – Dans ma thèse je documente et j’analyse les premières mesures de soutien qui sont mises en place à destination des jeunes aidants. Et ce que j’ai observé ce sont des mesures de soutien qui s’inscrivent dans ce qui existe déjà pour les aidants plus âgés, avec des mesures qui permettent la conciliation entre aide et vie étudiante, avec par exemple un décret qui autorise une dispense d’assiduité pour les étudiants aidants, ou encore des mesures de compensation avec un décret qui donne accès à des points de charge pour le calcul de la bourse des étudiants aidants. Par ailleurs, il existe aussi tout un ensemble de projets qui visent l’accompagnement de ces jeunes, à travers des ateliers créatifs ou des séjours dits de répit. Ce sont des séjours pendant lesquels les jeunes sortent de leur domicile pendant une semaine pour se délester de la charge de l’aide. Il existe également encore des lignes d’écoute, des tchats ou des groupes de paroles pour favoriser l’expression de ces jeunesDans ma thèse je montre que ces mesures ont des effets ambivalents. Bien évidemment je montre que ces mesures aident les jeunes à se décharger du poids de l’aide notamment parce qu’elles leur permettent des espaces d’expression auprès de psychologues ou auprès des jeunes du même âge qui vivent des expériences similaires. Mais d’un autre coté ce que je montre c’est que ces mesures sont aussi incitatives, elles incitent les jeunes à continuer d’aider, notamment en les valorisant dans leur rôle d’aidant. Je pense notamment au cas d’un jeune garçon de 14 ans dont la mère m’a expliqué dans un entretien que celui-ci était revenu à la maison encore plus investi après son séjour de répit !Par ailleurs, pour véritablement décharger les jeunes de certaines tâches, cela demande de pouvoir offrir des solutions pour externaliser ce travail à des professionnels, mais dans un contexte d’austérité budgétaire toujours plus pesante pour le système de santé, cela n’est pas le cas actuellement. Prenons l’exemple des maladies psychiques, on sait que la réduction des durées d’hospitalisation a entraîné un accroissement du temps passé à domicile par les malades et donc de la charge portée par les familles.Donc finalement on retrouve pour les jeunes aidants l’ambivalence qui est caractéristique des dispositifs de soutien qui existent pour les aidants plus âgés. C’est ce qu’Olivier Giraud a défini en faisant référence à un modèle hybride : entre perspective du libre choix et enrôlement. Données statistiques Les résultats de l’enquête « Vie quotidienne et santé de 2021 » apportent pour la première fois des données statistiques nationales sur les 522 000 mineurs qui déclarent aider un proche en raison d’un handicap ou d’une perte d’autonomie (soit 1 enfant sur 20) (Blavet et Caenen 2023)La proportion d’aidants augmente avec l’âge (environ 3 % des 5-9 ans ; 5 % des 10-14ans ; 7, 5% des 15-17 ans ; 12 % des 18-24 ans)(Blavet et Caenen 2023).Les enfants et les jeunes aident en majorité un parent (42% selon l’enquête Ipsos ; 32% selon l’enquête du Credoc ), un grand parent (23 % ; 18 %), un frère ou une sœur (14 % ; 7%) (Credoc et Macif 2023; Ipsos 2017). Les raisons principales de l’aide sont la maladie grave (25%), le grand âge (22%) ou le handicap physique (18%). > À suivre…Jeunes aidants : une jeunesse aux multiples visages>> Pour en savoir plus : Triptyque – Laboratoire Triangle
CCrayons ou claviers : le geste d’écriture change‑t‑il notre rapport au monde ? Dans un monde d’écrans, l’écriture manuscrite reste-t-elle un moyen d’affirmer son identité et son existence ? À l’heure où l’IA gagne chaque jour du terrain, cet article vous propose de relire ces réflexions de la philosophe Mar Pérezts, qui nous rappelle que « ce n’est pas uniquement ce qu’on écrit, mais la manière dont on écrit qui importe ».Pour commencer, j’inviterai les lectrices et les lecteurs de ces lignes à prendre un stylo et à écrire sur une feuille « que fait la main qui écrit ? », c’est-à-dire à faire l’expérience de l’écriture de manière intentionnelle et consciente du geste.Il est fort probable, que tout comme les étudiants plus ou moins volontaires à qui je demande de passer au tableau et de faire la même chose lors du premier jour de cours, vous ressentiez une certaine surprise, voire gêne, devant la consigne. […]Un article de Mar Pérezts, professeure de philosophie et organisation à l’Emlyon Business School – The Conversation – 25 janvier 2026 et mis à jour le 22 mai 2026>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION
HHoly Destructors : une réflexion scientifique et hypnotique sur le cycle du vivant Là où l’humain cherche désespérément à le ralentir, les micro-organismes, architectes invisibles de la décomposition, réaffirment l’ordre naturel des choses : la destruction n’est pas une fin, mais le début d’un nouveau cycle.Holy Destructors est un documentaire de Aistė Žegulytė, qui propose une réflexion scientifique et hypnotique sur le cycle du vivant. À travers l’exploration d’archives familiales, d’œuvres d’art millénaires ou de processions religieuses, Holy Destructors témoigne de l’inéluctable passage du temps.Intervenants : Philippe Martin, professeur d’histoire moderne, spécialiste de l’histoire religieuse à l’Université Lumière Lyon 2 ; Mathieu Lericq, maître de conférences en histoire du cinéma, spécialiste des cultures d’Europe centrale à l’Université Lumière Lyon 2>> Découvrez la bande-annonce :>> Pour en savoir plus : Holy Destructors
FFestival À l’École de l’Anthropocène 2026 Le festival d’idées dédié au changement global et aux questions environnementales, coorganisé et coproduit par Cité Anthropocène et October Octopus, annonce sa 8e édition ! Au programme cette année : 2 soirées spéciales, 10 master classes, une projection, des séminaires et ateliers, une programmation radio…À l’heure où les conséquences des activités humaines sont visibles partout et soulèvent de fait l’inhabitabilité d’un nombre grandissant de territoires, se dressent des forces contraires réactionnaires pour dire « Drill, baby, drill » ouvrant la voie à l’accélération des destructions de la zone critique, soit l’environnement terrestre qui abrite presque toute la vie continentale, dont l’humanité. A contrario, bien que de plus en plus souvent empêchés, des scientifiques documentent les phénomènes à l’œuvre – ce dérèglement global qui renforce toutes les formes d’inégalités -, nous aident à comprendre la complexité des interactions qui se jouent et proposent des pistes d’action sérieuses. Parallèlement, une partie de la société civile est mobilisée : des citoyen·nes, des acteur·rices des mondes politique, économique, associatif et artistique, relèvent ces enjeux en œuvrant à l’adaptation et à la réparation, ouvrant des perspectives concrètes et réjouissantes. Le festival À l’École de l’Anthropocène se situe à leurs côtés. Il permet d’imaginer et de dessiner ensemble les possibles qui s’offrent à nous ; et tout autant, de contribuer à construire une culture commune du changement global pour nourrir le débat et l’action démocratique sur les choix à opérer qu’ils soient de l’ordre de l’atténuation ou de l’adaptation.>> Découvrez quelques événements du festival :Pour une ville habitée et habitable | Séminaire le 12 juin de 10h à 12h45, à Hévéa, Lyon 7eLa ville est le lieu de la concentration des possibles : la Métropole de Lyon compte plus de 2 700 formations d’enseignement supérieur, 36 cinémas, 57 musées, 30 000 associations, 3 394 équipements sportifs, 95 bibliothèques et 121 marchés chaque semaine ; elle héberge près de 863 000 emplois, elle est structurée par un réseau de transports en commun dense et complémentaire et 21 000 évènements culturels et artistiques s’y déroulent chaque année.Mais la ville est aussi le creuset des injustices sociales et environnementales : 22 500 personnes sont privées de logement dans la Métropole. Le marché locatif de l’agglomération fait partie des plus chers de France avec un loyer médian de 12,70€/m2 en 2024. Et aujourd’hui à Lyon, seuls 30% des foyers les plus riches ont accès à la propriété. Le nombre des exclus de la ville ne cesse de s’étendre, menaçant la diversité habitante qui la compose.Ce séminaire explorera à travers des conversations pluridisciplinaires des raisons et des moyens de résistance pour faire advenir une ville habitée et habitable.>> S’inscrireMémoire, impunité et droit : dialogue sur les traces de l’histoire | Soirée le 12 juin de 19h30 à 21h à l’ENS de Lyon – Site DescartesL’historienne de l’art Bénédicte Savoy s’interroge : « à qui appartient la beauté ? ». Est-ce aux lieux qui ont vu naître les œuvres d’art ? À la culture dont elles incarnent le génie ? Aux esthètes éclairés qui se les sont appropriées ? À l’humanité ? Elle nous invite par ailleurs à repenser la notion de patrimoine dans une perspective relationnelle, où les « objets de musée » ne sont plus seulement des entités matérielles et esthétiques, mais aussi des capsules d’histoire, de mémoire et de conscience collective. Son livre le plus récent est 1815, le temps du retour. Restituer l’art en Europe après l’Empire napoléonien (La Découverte, 2026).L’avocat Philippe Sands n’a eu de cesse de contribuer au développement d’une justice internationale. Il a notamment obtenu des succès contre le dictateur Pinochet, en faveur de la population de l’archipel des Chagos et a participé à la naissance de la Cour pénale internationale. Mais c’est en tant qu’écrivain qu’il a rendu accessibles les notions fondamentales du droit humain.Son dernier livre est 38, rue de Londres : de l’impunité, Pinochet et le nazi de Patagonie (trad. Christophe Beslon, Albin Michel, 2025).Michel Lussault, en géographe, fera vivre cette conversation entre Bénédicte Savoy et Philippe Sands autour des liens entre spoliations et histoire coloniale, entre voies créatives du droit et mémoire, et les nécessaires alliances pour réparer un monde abîmé.>> S’inscrire La fin de la propriété | Masterclasse le 13 juin de 14h30 à 15h30, à Hévéa, Lyon 7eSi l’Anthropocène est d’abord un « capitalocène », alors il implique de se poser sérieusement la question du capitalisme, donc de la propriété privée et surtout de sa critique radicale. Ne faudrait-il pas en finir avec la propriété individuelle et lucrative ? Dans une perspective post-croissance, quels pourraient donc être les régimes de propriété à développer, renouveler ou inventer ? Sur quelles initiatives et expériences pouvons-nous nous appuyer pour les concrétiser ?>> S’inscrire>> En savoir plus sur le festival et sa programmation : à l’école de l’anthropocène
DDis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu crois être | Soirée de lancement du Pop’Sciences Mag #17 À l’occasion de la sortie du 17e numéro du Pop’Sciences Mag « Alimentation : un enjeu de société », le magazine de l’Université de Lyon, Pop’Sciences et la bibliothèque de la Part-Dieu vous proposent de venir analyser notre rapport à la nourriture : qu’est-ce qui guide nos choix ?Manger ? Quoi de plus naturel et anodin que l’acte de se nourrir qui rythme notre vie quotidienne, dans le cadre de l’intimité, de la famille ou bien de repas plus collectifs ?Mais sait-on précisément pourquoi on mange ce que l’on mange ? A-t-on vraiment conscience des processus qui se cachent derrières nos comportements alimentaires, nos choix de cuisine et de consommation ? Appliqués au champ de l’alimentation, les recherches scientifiques récentes (en psychologie, sociologie, neurosciences, marketing…) nous aident à déceler ces mécanismes qui conditionnent, par exemple, notre conception du plaisir ou du « bien manger ». Car notre savoir alimentaire est un véritable « bouillon de culture » qui mêle, bien souvent à notre insu, notre éducation, nos vécus mais aussi les modes et injonctions diverses que la société nous renvoie sans cesse.Avec les regards croisés de deux scientifiques, experts du sujet dans le domaine des sciences cognitives et du marketing, nous décrypterons ces phénomènes qui nous influencent, pour mieux comprendre et éclairer nos choix alimentaires, et pourquoi pas, reconsidérer nos repas sous une nouvelle lumière.Avec la participation de :Maud Dampérat, Professeur en Sciences de gestion et du management à l’Université Lumière Lyon 2Jérémie Lafraire, Chercheur en Sciences Cognitives à l’École Pratique des Hautes Études – Université Paris Sciences et Lettres______________________________________________________________________________________________________>> PROGRAMME :18h30 – Présentation du 17e numéro du Pop’Sciences Mag18h45 – Rencontre – débat19h45 – Discussion avec le publicUn exemplaire du Pop’Sciences Mag #17 vous sera remis dans le cadre de cette rencontre.________________________________________________________________________________________________________Cet événement Pop’Sciences – Université de Lyon est organisé en collaboration avec la Bibliothèque municipale de la Part-Dieu.Le Pop’Sciences Mag #17 a été :Réalisé grâce à la contribution de scientifiques issus des établissements et instituts suivants : Lyon 1 Université, Université Lumière Lyon 2, Université Jean Moulin Lyon 3, Université Jean Monnet Saint-Étienne, Université Grenoble Alpes, Université Clermont Auvergne, Université Côte d’Azur, Université Paris Nanterre, Université Paris 8, Université Paris-Est Créteil, CY Cergy Paris Université, Université de Lorraine, Université de Tours, École normale supérieure de Lyon (ENS de Lyon), École pratique des hautes études de l’université Paris sciences et lettres, AGRIVI, Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), Institut de recherche pour le développement (IRD), Institut Lyfe, Hospices civils de Lyon, Centre hospitalier universitaire de Saint-Étienne, Centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes, Centre hospitalier régional universitaire de Nancy, Muséum national d’histoire naturelle, Culinary Mind.Développé avec le soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Métropole de Lyon.
GGeorge Sand dans la IIIe République (1870-1940) Écrivaine féconde, figure majeure du Romantisme, George Sand a marqué son siècle. Elle s’éteint en 1876, six ans après la proclamation de la IIIe République, qui ne suscite pas chez elle le même enthousiasme que celle de 1848. Aussi, ses dernières œuvres abordent-elles l’actualité de façon biaisée : les fictions privilégient le roman historique (Nanon, Francia), l’écriture journalistique prend de la hauteur sur les sujets abordés – l’éducation, la défense de la nature – qui sont aussi au cœur des Contes d’une grand-mère, dernière grande œuvre à la fois poétique et éducative.Dans les premiers temps de la IIIe République, le désir de consolider la cohésion nationale et républicaine rend nécessaire la constitution d’un patrimoine littéraire dans lequel George Sand trouve naturellement sa place : les éditions Calmann Lévy rendent son œuvre, dans toute sa diversité, accessible au public jusqu’en 1926, où elle entre dans le domaine public. Par la suite, une sélection s’opère, favorisant les romans champêtres désormais destinés au jeune public. Des pans entiers de l’œuvre sandienne tombent dans l’oubli, au nom de valeurs morales, idéologiques, esthétiques, qui condamnent aussi bien le romantisme que le socialisme de son auteure.L’exposition « George Sand dans la IIIe République » se propose, à l’occasion du 150e anniversaire de la mort de l’écrivaine de revenir sur les dernières années de sa carrière et sur le devenir de son œuvre jusqu’au milieu du XXe siècle. Durant ces 70 années s’installe une réception de l’œuvre et de son autrice dont nous sommes encore largement tributaires. L’exposition puise dans les collections patrimoniales de la bibliothèque, riche notamment d’ouvrages de littérature pédagogique (manuels, revues) et de jeunesse publiés entre 1870 et 1940, qui rendent compte de la progressive scolarisation de l’œuvre de George Sand.Pour en savoir plus :Exposition George Sand
TTout est-il politique ? Si à première vue nous faisons ordinairement bien la différence entre le domaine des affaires privées et celui des affaires publiques, nous savons également à quel point cette distinction est vouée à être mise à mal dans les faits.Nous sommes ainsi bien vite tentés de proclamer que tout est politique, dans la mesure où les affaires publiques s’immiscent dans nos choix les plus privés : alimentation, habillement, goûts esthétiques, relations amicales ou encore amoureuses. L’impossibilité d’échapper à la politique dans les faits doit-elle cependant nous amener à faire du critère politique celui qui régente nos existences ? Consentir à faire de toutes nos activités une forme de politique, n’est-ce pas précisément consentir à une conception totalitaire des choses ? Mais alors, est-il seulement permis d’espérer échapper à une telle emprise ?Dans le cadre du cycle de conférences 10 questions de philo organisé par le Collège Supérieur de Lyon.Intervenant : Hector Bouchu, agrégé de philosophie.>> Pour en savoir plus :Tout est-il politique ?
SSéparatisme, jihād, laïcité : la bataille des mots autour de l’islam de France Grâce à cet article, nous comprenons comment la présence musulmane est « adaptée » au cadre français en explorant les mots autour de l’islam de France. C’est dans ce contexte où l’islam est régulièrement présenté comme un défi pour la cohésion nationale, que la Grande Mosquée de Paris publie un guide, Musulmans en Occident. Pratique cultuelle immuable, présence adaptée. Son interprétation de termes, tels que séparatisme, jihād, laïcité, ou islamophobie, déplace la compréhension de ce qu’est – et n’est pas – l’islam. Par exemple, le guide réinscrit la laïcité dans une généalogie islamique, ou considère le « séparatisme » comme un phénomène extérieur à la doctrine.La Grande Mosquée de Paris, par l’intermédiaire de la commission dite « religieuse » chargée de la rédaction du guide, propose une interprétation de certains termes centraux du débat sur l’islam de France à travers son guide Musulmans en Occident. Pratique cultuelle immuable, présence adaptée. Héritière d’une histoire d’institutionnalisation étroitement liée à l’État, la Grande Mosquée occupe une position d’interface : elle se présente comme partenaire des pouvoirs publics pour encadrer un islam compatible avec le cadre laïc et républicain. […]Un article d’Ali Mostfa, Maître de conférences, HDR (habilité à diriger des recherches), en études sur le fait religieux en islam, Institut catholique de Lyon – UCLy – The Conversation – 30 mars2026>> Lire l’article complet :THE CONVERSATION
PParlez-nous de… Nos paroles empêchées Nourrissons et jeunes enfants, personnes âgées atteintes de troubles neurologiques, individus porteurs d’un handicap… nombreux sont ceux pour qui parler ou être entendu ne va pas de soi. En réalité, chacun de nous se heurte aux limites du langage.Traduire sa pensée en termes clairs, savoir écouter l’autre, le comprendre au-delà d’un niveau de langue ou d’une élocution inhabituelle : nous travaillons tous à nous faire entendre, constamment, à chaque interaction. Comme le rappelle Anne-Lyse Chabert : « la parole est toujours ambiguë ; deux interlocuteurs ne coïncident jamais. »Cet outil précieux qu’est la parole demeure pourtant l’un des fondements de notre fragile humanité. Lorsqu’elle est entravée, refusée ou empêchée, l’échange devient aisément le lieu du malentendu, voire du conflit. L’absence de dialogue nous renvoie à notre solitude intérieure, voire au solipsisme et à l’obscurantisme. Car que ce soit au travail, dans la vie politique ou au sein de la sphère intime, l’autre est à la fois le miroir de notre humanité et une porte d’entrée vers des mondes uniques et des ressources irremplaçables.Dès lors, comment exister dans le monde quand on ne peut pas parler ? Comment s’exprimer, partager ses idées, faire valoir son opinion ? Dans le fond, comment persévérer dans notre quête d’humanité, lorsque notre parole est empêchée ? Et si cet empêchement, loin d’être un obstacle, révélait un trésor caché ?À l’occasion de la parution du livre Nos Paroles Empêchées (Éditions de l’Aube, 2026) co-écrit par les philosophes, Gabrielle Halpern et Anne-Lyse Chabert, cette dernière évoquera le sujet à la Parenthèse et échangera avec le public.Pour en savoir plus :Parlez nous de…Ill. La Tour de Babel de Pieter Brueghel l’Ancien, 1563. (Domaine public
«« Pour une pensée métisse » : un ouvrage collectif pour repenser l’altérité à l’heure des replis identitaires ©UCLyFruit d’une décennie de dialogues entre chercheurs de différentes disciplines, Pour une pensée métisse s’impose, à l’heure du retour des politiques identitaires et des idéologies communautaristes, comme un manifeste pour promouvoir une éthique de la différence.Pour construire une pensée en mouvement, c’est dix années de recherche et de séminaire à l’UCLy, en lien avec plusieurs universités et organismes. Cet ouvrage réunit des anthropologues, philosophes, psychologues, psychiatres, psychanalystes, sociologues, politologues, linguistes, ainsi que des écrivains. Leurs échanges donnent naissance à une « pensée métisse », qui s’émancipe des logiques identitaires et propose une approche ouverte et en mouvement. À rebours d’une pensée de l’essence, l’ouvrage invite à penser le vivant dans sa complexité, ses interdépendances et ses dynamiques. Une question traverse l’ensemble des contributions : comment penser l’altérité aujourd’hui ?Ce que l’on appelle habituellement métissage est souvent réduit à son aspect ethnique et biologique à connotation coloniale ou néocoloniale, ou alors confondu avec le syncrétisme et le thème vague de la rencontre d’éléments épars. Les chercheurs réunis dans cet ouvrage proposent une approche très différente : la complexité d’une pensée métisse qui suppose d’abord la reconnaissance du multiple (en nous et non pas à côté). C’est une pensée de la relation et de la transformation qui a des implications éthiques et politiques. Confronté aujourd’hui à la violence de l’économie libérale mondialisée qui détruit les ressources de la planète et génère de la vulnérabilité et de la souffrance psychologique et sociale, il s’agit alors d’ouvrir un horizon de connaissance et d’action qui refuse tout autant les falsifications binaires (la raison et l’émotion, la santé et la maladie, l’autochtone et l’étranger, « l’Occident » et les autres) que le totalitarisme de l’unitaire-uniforme-univoque.Ouvrage réalisé sous la direction de Jean Furtos, François Laplantine et Laurent Denizeau.>> Pour en savoir plus : Pour une pensée métisse