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Visite guidée du Musée Claude Bernard

VVisite guidée du Musée Claude Bernard

Une visite passionnante du musée et de la maison natale pour découvrir Claude Bernard et comprendre l’importance de ses travaux.

 

École de formation au néo-latin

ÉÉcole de formation au néo-latin

L’école thématique CNRS NEOLATINLYON, avec le soutien du Labex COMOD, lance un appel à candidatures pour son édition 2019. Les candidatures peuvent être envoyées jusqu’au vendredi 15 mai.

L’école aura lieu du 1er au 5 juillet 2019, à l’ENS de Lyon.

Cette école propose une formation intensive en néo-latin à travers l’étude de textes relevant de différentes disciplines (littérature, philosophie, droit, théologie, sciences). On définit comme « néo-latins » les ouvrages rédigés en latin depuis la fin du Moyen-Âge et jusqu’à nos jours, mais, dans le cadre de cette école, les périodes visées seront en particulier la Renaissance et l’Âge classique. Si pour le domaine du latin « classique », on dispose au niveau de l’enseignement universitaire de cursus systématiques et, de manière générale, de la possibilité de lire les « grands auteurs » à l’aide d’éditions scientifiques et de traductions récentes, pour le « néo-latin » l’offre de formation est plus restreinte et l’accès aux sources souvent plus difficile, car, bien que les recherches dans ce domaine soient en plein essor, de nombreux écrits de la Renaissance et de l’Âge classique ne bénéficient pas encore d’éditions et traductions modernes.

Cette formation s’adresse donc à celles et ceux qui souhaitent s’initier ou améliorer leur compréhension (par la lecture, par la traduction) du latin de ces périodes. Le programme des quatre jours de formation comprend des ateliers de lecture encadrés par des leçons visant à assurer le cadre théorique indispensable à la compréhension des textes choisis, et à répondre, à partir d’exemples précis, à des questions plus générales : comment aborder un texte néo-latin, non seulement d’un point de vue philologique, mais aussi historique, conceptuel ? Quels sont les milieux culturels, intellectuels, scientifiques ou religieux de production de ces textes ? Comment se servir des notions d’histoire du livre et d’ecdotique pour mieux les comprendre ? Quel est leur rapport aux langues vernaculaires ?

Conditions d’admission

Public visé : personnel CNRS, étudiant(e)s en master, doctorant(e)s et post-doctorant(e)s, enseignant(e)s du secondaire, chercheur(e)s et enseignant(e)s-chercheur(e)s en littérature, philosophie, histoire, histoire des sciences, histoire des religions.

Pour les doctorants relevant des écoles doctorales ED 484 (3LA) et ED 487 de l’Université de Lyon, cette formation peut être prise en compte, avec l’accord du/de la directeur/directrice de thèse, dans le cadre de la « formation dans la spécialité ».

Niveau : Tous les niveaux de latin, sauf débutant, sont admis. Chaque candidat(e) précisera son niveau de latin dans son CV.

Les organisateurs transmettront aux participants les matériaux qui seront analysés dans les ateliers.

Nombre de places : le nombre des places étant limité, les candidat.e.s intéressé.e.s doivent envoyer par courrier électronique un bref CV et une lettre de motivation (en français ou en anglais) jusqu’au mercredi 15 mai 2019 aux adresses suivantes : neolatinlyon@sciencesconf.org et smaranda.marculescu@ens-lyon.fr (merci d’indiquer dans l’objet : « Neolatinlyon »).

Les dossiers seront étudiés par un comité de pilotage. L’hébergement et une partie des frais de repas des candidats retenus seront pris en charge par les organisateurs.

Comité scientifique

Raphaële Andrault (CNRS – IHRIM_UMR 5317), Martine Furno (Université Grenoble-Alpes, IHRIM-UMR 5317), Sylvie Laigneau-Fontaine (Université de Bourgogne, Dijon), Pierre-François Moreau (ENS de Lyon, Labex COMOD, IHRIM-UMR 5317) Tristan Vigliano (Université de Lyon II, IHRIM-UMR 5317) Smaranda Marculescu (ENS de Lyon, IHRIM-UMR 5317)

Les langues vivent, s’endorment et disparaissent avec leurs locuteurs

LLes langues vivent, s’endorment et disparaissent avec leurs locuteurs

L’invisible érosion de la diversité linguistique

Que se passe-t-il lorsqu’une langue n’est plus parlée ni transmise ? Comment décrire une langue qui ne dispose pas de système d’écriture ? Quelles langues sont en danger en France ?

Ce sont autant de questions qui occupent les chercheur·es en sciences du langage et qui travaillent sur les langues en danger. Alertés par la vitesse de disparition des langues minoritaires, des réseaux de linguistes se sont organisés pour tenter de sauvegarder la diversité linguistique et les différents savoirs que véhiculent ces idiomes.

Au Laboratoire Dynamique du Langage, une équipe de chercheur·es est spécialisée dans la description, la documentation et la revitalisation des langues en danger, l’axe LED-TDR.

Sur le terrain, les linguistes nouent une relation souvent complexe avec la communauté, où se mêlent de l’affectif, de l’identitaire, et de la résistance politique.

Pour en savoir plus, retrouvez l’article sur le site :

LabEx ASLAN

 

Les Intergalactiques | Festival de science-fiction de Lyon

LLes Intergalactiques | Festival de science-fiction de Lyon

CHUTE ET APOLCALYPSE

Cinéma, littérature & Sciences

« …Quand on évoque un futur dystopique, l’utopie n’est jamais bien loin, et les récits de science-fiction, loin d’être des odes à la fatalité, ont la vertu de nous encourager à réfléchir, à agir et pourquoi pas, à transformer un monde en devenir. »

Par Anne Cannoville, Responsable littéraire du festival er Raphaël Colson, essayiste et directeur artistique 2019

Projections-débat, cinéma, expositions, rencontres, ateliers, tables rondes….Découvrez la programmation des Intergalactiques où « […] la science-fiction devient un vaste champ d’étude au sein duquel nous nous interrogeons sur l’humanité, sa civilisation et son devenir. […] »

Les Intergalactiques

Intergalactiques 2019

 

Islam et loi morale : l’algorithme du bonheur du philosophe Ibn Khaldûn

IIslam et loi morale : l’algorithme du bonheur du philosophe Ibn Khaldûn

C’est d’un algorithme de matching d’un genre particulier dont il est question, dans le Livre de la Guérison !

à la recherche du "perfect match" ouvrant à l'âme les portes du salut

De nos jours, on calcule le « perfect match » entre un animal de compagnie et son maître, une voiture et son conducteur, un job et un chercheur d’emploi. Notre philosophe vise l’accord parfait (ittifaq) entre l’intention et le geste, pour chacun de nos actes, censé ouvrir à l’âme les portes du salut !

Si l’on demande à un arabophile de dire « loi morale » en arabe, il lui sera difficile de répondre ! Il lui manquera le texte original du Shifa’ (Livre de la Guérison) du grand savant médiéval Ibn Khaldoun que je commente et retraduits dans ma Thèse. Ma nouvelle traduction se base sur le manuscrit inédit de PrincetonJ’apporte un nouvel éclairage sur ce livre en le sortant de la mystique musulmane (le soufisme). Son vrai sujet est le bonheur et le sens de la vie (en islam moral) que j’illustre sous la forme d’un algorithme de matching. Je restaure son titre original Shifa‘ qui signifie « guérison » dans la tradition de la « médecine de l’âme » orientale.  Je souligne sa pensée originale sur la loi morale dont, c’est important, il créé le terme arabe !

  La loi morale musulmane (fiqh al-bâtin)

La « loi morale musulmane » (fiqh al-bâtin) n’existe que sous la plume d’Ibn Khaldûn. En effet, il la créé par l’assemblage étonnant, de prime abord, de deux notions contradictoires : la rigueur du droit musulman (fiqh) et l’occulte de la mystique (bâtin). La recette du bonheur dont traite le Livre de la Guérison est en rupture avec la tradition de réflexion antérieure sur l’éthique, y compris avec les traditions grecque et perse.

L’angle moral

C’est de la guérison de l’âme, dont il est question, dans le Livre de la Guérison, et celle du corps ! Car – coup de génie de notre auteur – les deux, pour lui, sont liés. Et, ce lien est tellement important, que je le mets à l’honneur dans un algorithme de matching, dont il est la clé. Car qui dit matching dit, « accord parfait » (en arabe ittifâq). Et qui dit « accord parfait » dit forcément « lien ». L’étincelle de génie de notre philosophe, qui le rend encore si moderne aujourd’hui, est de faire matcher ensemble le corps et l’âme. Pour cela, il propose sa propre lecture des règles du combat dans l’âme (jihad al-nafs) et sa propre exégèse des sources du droit musulman (fiqh).

La renaissance de la raison

En tant que savant rationnel, l’auteur veut rester au sein du droit musulman (le fiqh). Et cela vaut aussi, et surtout, pour l’aspect moral ! La morale doit s’inscrire dans un cadre légal. Ce cadre moral légal, il l’appelle le bâtin. Ce mot signifie en arabe « occulte », mais aussi « caché », « interne ».

La morale est ce qui est « caché » au for « interne » de chaque individu. L’auteur joue sur le sens du mot « caché », en arabe. Il le détourne de l’occulte de la mystique pour le ranger aux côtés de la loi.

Et le tour est joué ! Par l’assemblage du fiqh et du bâtin, qui devient le fiqh al-bâtin, la « loi morale » (fiqh al-bâtin) est née ! Elle signifie qu’on peut – et même qu’on doit – parler, en termes de morale, de la façon la plus rationnelle possible, en s’adressant au libre-arbitre de la volonté.

La loi morale s’adresse au libre-arbitre de la volonté

La mystique musulmane est l’ascèse du soufisme, illustrée par les danses des Derviches. La loi morale, quant à elle, s’adresse ouvertement au libre arbitre de la volonté.

La loi morale n’a pas de sens caché ! Ce qui est caché est le for interne, sous l’œil de la conscience morale, qui veille à l’application de la loi morale. L’enjeu du libre-arbitre de la volonté consiste à augmenter cet état de conscience pour arriver à son état le plus parfait, qui est l’excellence du comportement (ihsân).

Et ainsi, arrive la rupture annonciatrice de la « naturalisation » de l’éthique, par la mise en avant de la conscience morale !

L’œil de la conscience morale au for interne

L’excellence du comportement (ihsân) est traditionnellement définie comme se sentir en permanence sous le regard de Dieu. Elle se voit ici également placée sous l’œil de la conscience morale.

Ibn Khaldûn signe une exégèse en rupture avec la tradition, puisqu’il ne se réfère pas explicitement aux textes qu’elle emploie, dont le hadith dit de l’Ange Gabriel (Jibril)2b. Pour autant, il ne sort pas de sa culture, puisqu’il cite un autre hadith, tout aussi célèbre commençant par « Certes, les actes ne tiennent que des intentions… »2La rupture se situe dans le va-et-vient qu’il instaure entre le regard de Dieu et l’œil de la conscience morale. Il en définit précisément le rôle.

La tâche de la conscience morale consiste à veiller, dans chacun de nos actes, à « l’accord parfait » (ittifâq) entre l’intention qui les anime et le geste qui les passe à l’acte. Et ce, sans relâche de l’attention, ni absence d’esprit. Tel est le perfect match à la clé de l’algorithme du bonheur (cf. encadré) !

L’un des plus grands quiproquos de l’histoire des idées !

 Par ailleurs, le geste d’assembler le droit rationnel (fiqh) et l’aspect « caché » de la morale interne (bâtin) pour former la loi morale (fiqh al-bâtin) est très fort. Il signe symboliquement la mort du « caché » jusqu’à présent dévolu à la mystique. Comme s’il fallait que le soufisme meure pour que renaisse la raison. Tel est le geste de guérison (shifa’) du Livre de la Guérison !

C’est pourquoi, le mot « guérison » du titre original est fondamental. Il mérite d’être respecté, car il s’inscrit dans la tradition de la « médecine de l’âme » orientale. D’où, le quiproquo du titre forgé La Voie et la Loi. En effet, il sous-entend une certaine bienveillance envers la Voie cachée du soufisme. Comme si celle-ci pouvait se poser en alternative à la Loi musulmane. Or, loin d’être pour elle un challenger valable, elle en est la maladie dont il lui faut guérir ! On comprend mieux pourquoi le traducteur qui a forgé ce titre n’est pas arrivé à traduire fiqh al-bâtin. Il l’a laissé en friche, dans un mot-à-mot inacceptable : « fiqh de l’intérieur ».

Le mot-à-mot inacceptable de l’ancienne traduction

Traduire, ce n’est pas laisser la langue traduite (ici, l’arabe) en mot-à-mot. Et c’est encore plus inacceptable, quand le mot-à-mot lui-même ne convient pas !

L’ancienne traduction, non seulement en reste au mot-à-mot, mais celui-ci n’est pas bon ! Ce n’est pas le « fiqh de l’intérieur » mais « l’intérieur du fiqh » ! De même, pour les actes, ce n’est pas « les actes de l’intérieur » mais « l’intérieur des actes ».

Et ça change tout ! « Les actes de l’intérieur », personne ne comprend.

En revanche, « l’intérieur des actes » surtout opposé, comme le fait l’auteur, à « l’extérieur des actes », c’est tout de suite mieux ! Cela signifie que les actes ne sont pas creux. Il y a quelque chose à « l’intérieur des actes ». Les actes ne sont pas que des gestes visibles de l’extérieur par un observateur anonyme. Il y a quelque chose à l’intérieur. Et surtout, il y a quelqu’un !

Le couple : acte = (geste, intention)

L’œil de la conscience morale, qui observe les actes depuis le for interne, appartient à quelqu’un. C’est le sujet pensant dont parlera Descartes. Mais, ce sujet, chez Ibn Khaldûn, n’est pas là tant pour penser, que pour agir en étant conscient de ce pour quoi il agit. Et, ce pour quoi il agit, est la recherche du match parfait entre l’intérieur des actes (le bâtin) et l’extérieur (le zâhir).

Le bâtin des actes ne se voit pas : c’est l’intention, le mobile, la motivation. Il va de pair4 avec ce qui se voit, l’apparent (zâhir) des actes : le geste, le comportement extérieur. Les deux vont de pair. Ils sont liés. Le couple : acte = (geste, intention) est uni par un accord parfait (ittifâq).

La nature de l’accord parfait entre le geste et l’intention se trouve au cœur de la pensée d’Ibn Khaldûn. Il pousse jusqu’à ses limites le sens des mots du langage pour en puiser de quoi nourrir sa réflexion. Ne pas éclairer la nature de cet accord reviendrait à s’interdire d’éclairer la nature humaine. Il en va de la nature des relations qu’entretiennent le corps et l’esprit11. Il décrit leur relation comme une sorte de mélange de couleurs susceptible de laisser en l’âme des « traces » qui, dit-il, seront dans l’au-delà « les couleurs du bien, ou du mal« .

Une quête de sens haute en couleurs

 « Nos actes ont un sens » dit l’auteur, « c‘est l’intention » (cf. encadré). « L’intérieur » des actes est leur sens. Ce sens est donné par l’éthique personnelle « cachée » au for interne de l’individu, autrement dit sa « morale ». De même, « l’intérieur » de la loi est la loi « morale ». La loi, comme nos actes, ont un seul et même sens. Il est moral. C’est lui qui donne le ton, qui confère sa « couleur » à tous nos actes, dans leur intégralité. Ainsi, notre comportement, dans son intégralité, doit être considéré en tant que comportement moral. De même, la loi musulmane (la shari’a) doit être considérée, dans son intégralité, en tant que loi morale.

C’est pourquoi, il ne faut pas hésiter à sortir des sentiers battus, pour comprendre le lexique propre à l’auteur. Car, comme tout grand penseur, il créé son vocabulaire !

Sortir des sentiers battus

Sortir des sentiers battus demande un certain courage. Admettre le génie de l’auteur. Voir que la « naturalisation » de la pensée, en éthique, du Livre de la Guérison, relève de la même veine que dans le Livre des Exemples, en histoire et société. Le Livre des Exemples est le titre donné dans la collection La Pléiade au chef-d’oeuvre d’Ibn Khaldûn, le Kitab al-Ibar, et ses célèbres Prolégomènes (Muqaddima), monument de la pensée au patrimoine mondial de l’humanité. Un même élan génial de la pensée permet d’établir le parallèle entre les deux livres. Ce même élan génial corrobore la paternité du Livre de la Guérison qui fut, pendant un temps, discutée, frein de plus à la reconnaissance de l’œuvre !

Certains ont préféré rester, pour ainsi dire, en périphérie du livre. Comme s’ils jugeaient plus confortable de s’en tenir à l’une de ses entrées secondaires. Le soufisme est l’une d’elles, celle que tout le monde a vu, jusqu’à présent. Mais, il y en existe une autre, et non la moindre, encore inexplorée. L’autre axe secondaire, outre le soufisme, tient à la linguistique et à l’objet du langage (cf. encadré). Mais, c’est l’axe principal que je développe ici.

La grande porte du Livre de la Guérison est la loi musulmane, la shari’a. 

Du temps de l’auteur déjà, il fallait une certaine audace pour oser s’attaquer à pareil morceau ! C’est au droit musulman et aux juges qui l’appliquent qu’il s’adresse. Car, ce sont eux que l’on peut venir questionner6, si on le souhaite, pour savoir comment l’appliquer. « Si on le souhaite » : cette précision est fondamentale. C’est elle qui différencie le juriste du maître spirituel.

Le juriste n’a qu’un rôle de conseil facultatif, au plan moral. Effectivement, l’auteur rappelle que « Dieu n’a pas ouvert de voie pour juger l’intérieur des cœurs »5. Au contraire, le maître spirituel est obligatoire pour éviter à l’aspirant mystique les dangers inhérents à sa quête (cf. encadré).

Selon l’auteur, la raison est malade de la maladie du soufisme et de son ascèse mystique. Elle pousse l’adepte à s’abandonner entre les mains de son maître spirituel comme « le cadavre entre les mains du laveur de morts ». Cette métaphore, répétée à plusieurs reprises, indique que c’est ce cadavre-là qu’il faut ramener à la vie, en guérissant sa raison malade.

En effet, un tel « cadavre » a perdu l’usage de son libre-arbitre, dont la réappropriation conditionne le retour à la vie. C’est la vie morale, que la mystique bâillonne en brûlant les étapes, en voulant « lever le voile » sur la lumière de Dieu pour « contempler Sa Face » dès ce monde. Un tel cheminement, selon l’auteur, est perdu d’avance, dangereux pour la santé mentale – et surtout, hors-la-loi !

La voie morale, au for interne, n’est pas l’apanage du soufisme

La « guérison » que souhaite l’auteur est celle de l’atrophie morale de la loi musulmane. Pour cela, il emploie une méthode rigoureuse, que je traduits dans le plan du Livre de la Guérison. Je revois complètement le plan par un découpage du texte adéquat. En effet, le découpage des titres et intertitres réalisé par le traducteur et les éditeurs précédents, ne rend pas le protocole de guérison voulu par l’auteur.

Je découpe le texte en deux grandes parties (contre cinq ou six chapitres selon les anciennes versions arabes ou française). Dans la première partie, le médecin de l’âme prépare les outils qui lui seront nécessaires pour opérer le malade. Ce sont les prémisses à la guérison, les définitions et prérequis d’ordre historiques et sur la loi musulmane et sur le soufisme. C’est là où, notamment, l’auteur développe sa théorie originale sur l’effet induit, au plan moral, des conquêtes. Ce thème lui est cher. Mais, il l’aborde ici sous un angle nouveau5.

La seconde partie est consacrée au protocole de guérison en lui-même, en deux sous-parties : la théorie, et la pratique. Cette partie est encore plus intéressante que la première. Il me faudrait plus d’un article pour la présenter. L’idée maîtresse de la « guérison », au plan de la théorie, est que le juriste tout autant que l’homme moral doit se placer dans la posture du questionneur6 pour réapprendre la loi morale qu’il a perdue de vue5. Quant à l’aspect pratique, il consiste en l’arbitrage concret de huit cas d’espèce. L’auteur va les débattre à charge et à décharge avant de rendre son jugement7.

La grande question du livre : qu’est-ce qu’avoir une âme ?

La grande question du Livre de la Guérison n’est pas celle qu’on a voulu voir, jusqu’à présent (liée à une polémique andalouse qui joue le rôle de prétexte introductif8). La grande question est de savoir qui est le véritable « ami de Dieu » ? Qui peut se prévaloir d’un tel titre ? Est-ce le soufi, qui semble avoir perdu la raison dans ses transes mystiques ? Ou bien, est-ce l’homme moral qui exerce sa conscience morale pour élargir le champ d’action de son libre-arbitre ? Le grand savant rationnel qu’est Ibn Khaldûn choisit sans hésiter la seconde option.

Ainsi, la guérison du Livre de la Guérison est avant tout la sienne ! 

Le jour où j’ai découvert ce livre

Il m’attendait, sagement rangé dans les rayons de la Bibliothèque Diderot. Eh oui, il est possible de faire des découvertes dans les bibliothèques ! Depuis, j’avance dans mes recherches comme le restaurateur de tableaux ôte la mauvaise couche de peinture placardée sur une œuvre d’art. Son génie m’a immédiatement sauté aux yeux, dans la façon propre qu’a l’auteur de définir la loi musulmane par les « trois stations » maqâm al-islâm, al-imân, al-ihsân (cf. encadré).

Depuis lors, je n’ai eu de cesse de me consacrer à cette véritable restauration du génie du Livre de la Guérison que sont mes travaux de recherche, dans la forme et le fonds.

La nécessité d’une nouvelle traduction

Une fois dévoilés la portée philosophique, l’élan et la puissance de la pensée, quantité de notions un tantinet obscures révèlent leur sens : le « croyant responsable » se mue en homme vertueux ou « homme moral » (mukallaf) ; la « conscience scrupuleuse » devient « conscience morale » (wara’a).

Mon travail de restauration prend l’allure d’un véritable relooking du texte. En effet, privé pour l’instant de ses atours philosophiques, le texte mal fagoté se trouve engoncé dans des expressions beaucoup trop familières. Par exemple, une « controverse toute bourrée d’arguments » se dit, en bon français, « débat à charge et à décharge ». Ou alors, les périphrases sont alambiquées. Par exemple, qu’est-ce que « le principe subtil de caractère seigneurial » ? C’est pourquoi, après plusieurs occurrences de cet acabit, on comprend pourquoi aussi peu de monde s’est intéressé à ce livre, pourtant lumineux et essentiel. Parce qu’un tel charabia a dû en décourager plus d’un ! C’est de l’âme dont parle l’auteur au moyen cette expression générique (latîfa rabbâniyya). Je la traduis par « bienfait divin ».

La mise en lumière des idées de l’auteur

Une stratégie  « gagnant-gagnant »

L’auteur revient à l’essentiel de la loi musulmane, et qui est pour lui son aspect moral. C’est lui qui est censé ouvrir les portes du salut de l’âme dans l’au-delà (et donc apporter le bonheur à échéance de la vie future). Et ce, tout en redressant les mœurs pour assainir la vie en société (et donc apporter le bonheur ici-bas).

Dans ce que je nomme l’algorithme du bonheur d’Ibn Khaldûn, la notion de perfect match répond à la lutte contre la procrastination. Il la nomme inaction (trâkh). Le mot algorithme vient du nom d’un scientifique d’origine perse inventeur du zéro. Il ne se doutait pas de son devenir ! En effet, sa déclinaison, dans le Livre de la Guérison, par Ibn Khaldûn, autre savant arabo-musulman médiéval, se situe au plan philosophique. C’est le perfect match de nos algorithmes de matching, appliqué au bonheur ! Le bonheur est dans l’action, dans les actes qui colorent (yatalûn) l’âme en bien ou en mal, sous l’œil de la conscience morale (wara’a).

Ainsi, le Livre de la Guérison mérite une nouvelle traduction française réhabilitant son vrai message qui tient au bonheur et au sens de la vie. Quant au texte arabe original, il mérite lui aussi une réédition. En effet, les éditions de 1958 et 1959 sont non seulement totalement épuisées, mais incomplètes, depuis la découverte du manuscrit de Princeton que je commente et traduits dans ma Thèse. Le Livre de la Guérison est une oeuvre capitale dans l’histoire des idées morales, en islam. Étonnamment moderne, elle a plus que jamais des choses à nous dire.

 

Article écrit par FBA, doctorante en Sciences du langage au Laboratoire de recherche ICAR, école doctorale 3LA, label ASLAN

FBA

Article publié dans le cadre des dossiers  » Les doctorants parlent de leur recherche » en partenariat avec Pop’Sciences

 

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Notes

1   Par exemple, Augustin d’Hippone évêque et Père de l’Eglise chrétienne, dans l’un de ses sermons : « Il faut comprendre pour croire et il faut croire pour comprendre« . Ou Leibniz dans le n°15 de ses Principes : « La nature mène à la grâce et la grâce perfectionne la nature, en s’en servant« . Le « en s’en servant » de Leibniz rejoint le lien qui, chez Ibn Khaldûn, est l’effet réciproque du passage à l’acte, le perfect match (ittifâq). Une métaphore de Ghazali l’illustre (cf. note 3). C’est aussi une « connaissance », un « savoir » » chez Spinoza qui dit, dans sa Correspondance : « Parce que les impies ne connaissent pas Dieu, ils ne sont dans les mains de l’Artisan qu’un instrument qui sert sans le savoir, et qui, en servant, brûle. Les probes, au contraire, servent tout en le sachant et en servant, ils deviennent plus parfaits » (lettre n°19 à Blyenbergh, éd. GF, Paris, 2010, p. 137).

2  Le hadith de Jibril ne figure pas dans la cinquantaine de hadiths que cite l’auteur. Il s’y réfère implicitement par le nom des 3 stations (cf. encadré). Toutefois, il s’en écarte, en l’interprétant à partir d’un autre, tout aussi connu, commençant par « Certes, les actes… » (le premier des Quarante de Nawawi, célèbre résumé des principaux compilateurs dont Bukhary). Ce dernier est analysé dans son intégralité par l’auteur, dont l’exemple du pèlerin (cf. Thèse).

3  Dans cette métaphore, un homme caresse en public la tête d’un orphelin. Si, avant de donner sa caresse, il ne ressentait aucune compassion envers l’enfant, et voulait, par exemple, bien se faire voir en société, ou si son geste était machinal ou de pure convenance, alors ce sera comme s’il « palpait une étoffe ». Si sa caresse était mue par une compassion sincère, alors le passage à l’acte aura pour effet de « renforcer la compassion en son cœur ». Ce « renforcement » illustre le lien qui chez Ibn Khaldûn est l’effet réciproque du passage à l’acte, le « perfect match » (ittifâq). Il peut être vu comme un « perfectionnement » (cf. note 1). Cette métaphore figure dans le Livre des Exemples. Cela confirme la communauté de pensée et d’idées entre les deux livres (cf. citation de Plotin attribuée à Platon, infra et encadré).

4  Le couple (bâtin, zâhir) n’est pas oppositionnel ! Ce principe d’entente réciproque, je le nomme le perfect match à la clé de son algorithme du bonheur. C’est le bonheur en ce monde et dans l’au-delà, par le salut de l’âme. Est-ce que le salut se fait par la foi ou par les œuvres ? Ibn Khaldûn n’oppose pas, il voit la synergie (ittifâq). C’est le salut par la foi passée à l’acte par les œuvres. Car, les œuvres tiennent de la foi – et la foi tient des œuvres. Il souhaite à l’homme moral de parvenir à la foi et à l’excellence du comportement qui lui permettront d’être sauvé. Pourtant, il soutient aussi que seule la grâce de Dieu peut donner la foi. Sa miséricorde peut accorder le salut, même à ceux qui n’auront pas su s’élever au-delà de la première station (cf. encadré).

5  Le désir de « guérir » le juriste tout comme l’homme moral de leur « cécité » rejoint l’angle nouveau par lequel l’auteur considère les conquêtes qui, d’après lui, en seraient la cause. En effet, tout le monde serait peu à peu devenu aveugle sur la loi morale pendant les conquêtes. L’urgence était alors de légiférer pour organiser la vie publique et appliquer les sanctions légales. Or, la loi ne prévoit aucune sanction pour la faute morale relevant de l’éthique personnelle du combat dans l’âme. Dieu en sera seul juge, puisqu’Il n’a ouvert aucune voie aux hommes pour qu’ils jugent autrui au for interne. Le juriste n’a donc, au mieux, qu’un rôle consultatif. Mais, ce rôle est primordial ! C’est lui que l’auteur veut réattribuer au jurisconsulte (qu’il est lui-même !) au détriment du maître spirituel du soufisme. Il montre l’exemple en dernière partie (cf. note 7).

6  La posture du questionneur est celle du sa’il du titre original Sifa ‘ al-Sa’il. Ce sont les doutes de l’homme moral, dans la lignée du questionnement des Compagnons. C’est la question de Omar à Hudeyfa sur la « petite hypocrisie » envers soi-même. Mais, c’est surtout la posture du juriste qui doit se remettre en position de questionner pour apprendre, à l’instar de l’Ange Gabriel dans le hadith qui porte son nom, et dont l’auteur, sans jamais le citer, s’emploie à donner sa propre exégèse.

7   L’auteur applique à lui-même le matching : il passe à l’acte ce qu’il dit ! C’est l’occasion de montrer l’exemple pour inciter l’homme moral à venir consulter le juriste pour les questions morales d’ordre intime, relevant du combat dans l’âme. Ainsi, l’auteur entend revaloriser sa profession.

8   Les auteurs arabes classiques aiment choisir un prétexte pour introduire leur sujet. En l’espèce, il s’agit d’une polémique sur le rôle du Cheik. Certes, sa place dépasse largement le simple prétexte. On le voit dans le corps du texte. Pour autant, ce n’est pas la grande question du livre.

9   L’archi-degré est issu de mes travaux. Je propose une interprétation de la pensée de l’auteur en neufs couples [actes = (geste, intention)]. J’illustre l’idée du matching dans une mise en pourcentage de nos actes, dont 11% arriveraient au perfect match (cf. Thèse).

10  La litote est un genre de métaphore qui permet de « dépasser par le langage ce que peut dire le langage ». Certes, la litote n’est pas propre au langage religieux catholique. Michel Le Guern (spécialiste de Blaise Pascal dont il a édité les Pensées), l’analyse dans Sémantique de la métaphore et de la métonymie. Du « caractère atypique des métaphores religieuses« , Le Guern déduit qu’il lui semble « difficile de voir là la motivation essentielle du processus métaphorique » (Larousse, 1972, p. 72-73). Or, c’est justement le « caractère atypique des métaphores religieuses » que souligne ici Ibn Khaldoun, au point de créer pour lui un degré de langage spécifique. Du coup, on pourrait dire que cela en devient « la motivation essentielle » ! C’est ce qu’il nomme le « sens figuré du figuré de proximité« . Je le vois comme une sorte d’archi-degré (cf. note préc.)

« L’auteur remercie le LABEX ASLAN (ANR-10-LABX-0081) de l’Université de Lyon pour son soutien financier dans le cadre du programme « Investissements d’Avenir » (ANR-11-IDEX-0007) de l’Etat Français géré par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

The author is grateful to the ASLAN project (ANR-10-LABX-0081) of Université de Lyon, for its financial support within the program « Investissements d’Avenir » (ANR-11-IDEX-0007) of the French government operated by the National Research Agency (ANR).« 

Une philosophie de terrain ?

UUne philosophie de terrain ?

Tandis que, depuis quelques années, les frontières entre certaines disciplines des sciences humaines et sociales (ethnologie, anthropologie, philosophie, sociologie) s’atténuent, le recours à un « terrain » dans la recherche en philosophie tend à devenir de plus en plus présent. Cette pratique relativement nouvelle charrie avec elle de nombreux questionnements, qui peuvent à la fois stimuler la recherche, mais aussi l’entraver, ou la ralentir.

Ces questionnements peuvent être rassemblés autour de trois interrogations principales qui orienteront nos échanges et discussions lors de ces journées d’études : Qu’est-ce que le terrain en philosophie ? Pourquoi mener une enquête de terrain quand on est philosophe ? Comment procéder d’un point de vue pratique comme théorique ?

L’ensemble de l’intervention est disponible sur YouTube

Journée d’études doctorales du 29 janvier 2019

Organisatrices :

Marine Bedon, Doctorante en philosophie (D2) à l’ENS de Lyon, IHRIM, ED 487.
Maud Benetreau, Masterante à l’ENS de Lyon, Master 2 « Histoire de la philosophie ».
Marion Bérard, Elève de l’ENS de Lyon, Master 2 « Culture et Santé », Université Jean Moulin Lyon 3.
Margaux Dubar, Doctorante en philosophie (D1) à l’Université Jean Moulin Lyon 3, IRPhiL, chaire « Valeurs du soin centré-patient », ED 487.

Cette journée d’études sera suivie d’une seconde le 1er avril 2019. 

L’ensemble de ces événements a lieu dans le cadre de la formation doctorale « Philosophie et Santé », organisée en collaboration avec l’ENS de Lyon, l’IHRIM – UMR 5317, l’IRPHIL, le LabEx COMOD, L’Université de Lyon, et l’Université Jean Moulin – Lyon 3.

LabEx COMOD

 

Colloque international : « Femmes, libertés et droits en islam »

CColloque international : « Femmes, libertés et droits en islam »

La rencontre internationale « Femmes, liberté et droit en Islam» ambitionne de traiter un sujet d’une actualité toujours renouvelée, qui se fait pleinement l’écho des interactions entre religion et société, droit et politique, herméneutique des textes sacrés et valeurs humaines. La question revient de manière lancinante sur le plan sociopolitique, et, au-delà de son traitement médiatique, il y a une réelle demande de connaissances fondamentales et élaborées sur la question du statut de la femme en Islam en ce début du XXIe siècle. La condition de la femme fournit en effet un indice précis de la situation d’une société donnée. Partout dans le monde, les données démographiques et économiques, les indices de développement humain et culturel montrent que là où la condition féminine s’améliore, elle contribue également et quasi mécaniquement à la promotion de la société dans son ensemble.

 

PROGRAMME:

28 mars 2019

8h45 : Accueil des participants

9h : Allocutions d’ouverture :

Claude Gautier, Directeur du laboratoire Triangle

Hassan Ghaziri, Président de la Fondation Orient Mont-Pèlerin (Genève)

9h10 : Introduction thématique :
Réda Benkirane (atelier de recherche Iqbal, Genève), Féminiser la rationalité en islam

Matinée : Sociologie du genre et féminisme islamique Président, Reda Benkirane

9h30 : Hélé Béji (écrivain, Collège international de Tunis), Tradition et liberté

10h15 : Leila Tauil (chargée de cours, université de Genève), Féminismes arabes séculiers et laïques et féminismes islamiques : quelques clefs de compréhension

11h : Hasna Hussein (Sociologue des médias et du genre, Centre Émile Durkheim, Bordeaux ), Femmes, journalisme et rôles de genre dans le monde arabe

11h45 : Débat et pause déjeuner

 

Après-midi : Entre théologie, tradition et histoire, Président Hassan Ghaziri,

 14h : Mouna Hachim (écrivain, Maroc), L’émancipation par la connaissance : femmes savantes à travers l’histoire

14h45 : Cyrille Moreno al Ajamî (théologien, docteur en littérature et langue arabes de l’université de Strasbourg), Le Coran est-il la source du sexisme en Islam ?

15h30 : Débat et pause café

16h : Bruno Nassim Aboudrar (professeur, université de Paris III – Sorbonne Nouvelle), Le voile s’expose : figures de femmes voilées dans l’art contemporain

16h45 : Makram Abbès (professeur, ENS Lyon), Le voile du point de vue de la philosophie des normes

17h30 Débat et clôture de la journée

 

 

29 mars 2019

9h15 : Accueil des participants

 

Matinée : Etudes de cas, Présidente : Myriam Ababsa

9h30 : Asma Lamrabet (médecin et écrivain, Maroc), L’égalité hommes- femmes au Maroc: entre le référentiel religieux et l’impératif réformiste 

10h15 : Sophie Bessis (historienne, chercheuse associée à l’IRIS), L’histoire du féminisme tunisien et le facteur religieux

11h : Chahla Chafiq (écrivain, Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, HCE), Politique, religieux et féminisme : que nous apprend l’expérience iranienne

11h45 : Débat et pause déjeuner

 

Après-midi : Etudes de cas, Président : Makram Abbès

 14h : Myriam Ababsa (chercheuse associée, IFPO, Amman), L’exclusion des femmes de l’héritage et de la propriété foncière en Jordanie : droit et normes sociales

14h45 : Khadidiatou Dia (chercheuse junior au LASPAD, université Gaston Berger, Saint-Louis, Sénégal), Statut de la femme et polygamie dans l’espace public sénégalais

15h30 : Débat et pause café

16h : Mariem Baba Ahmed (chercheuse associée, CEROS, Nouakchott et CAPSAHARA, Lisbonne), Femmes et transmission des savoirs sacrés en milieu maure

16h45 : Zakia Soman, (féministe, Inde) Le Mouvement des femmes musulmanes indiennes (Bharatiya Muslim Mahila Andolan, BMMA) – communication vidéo

17h10 Débat et pause

17h45 : Mohamed Shahrour, Conférence de clôture (sous réserve) : Pour une révision du statut de la femme en islam

 

Quand la littérature s’intéresse à la naissance de la criminologie | Quais du polar 2019

QQuand la littérature s’intéresse à la naissance de la criminologie | Quais du polar 2019

Les experts version XIXe siècle

« L’apport de la police technique et scientifique est aujourd’hui indéniable et a permis de résoudre un grand nombre d’enquêtes. Qu’en était-il à la fin du XIXe siècle ?

Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, les techniques élaborées en 1897 par le professeur Alexandre Lacassagne à Lyon ont révolutionné les pratiques d’investigations judiciaires, hier comme aujourd’hui.

Intervenants :

  • Coline Gatel
  • Fabrice Cotelle, Commissaire de police, Chef de l’État-major du SCPTS

 

A l’occasion de la 15e édition de Quais du polar, du 29 au 31 mars :

Quais du polar

Festival Européen Latin Grec 2019

FFestival Européen Latin Grec 2019

L’École normale supérieure participe activement à la 13e édition du Festival Européen Latin Grec 2019. Au programme : colloques, expositions, conférences et spectacles. 5 jours d’événements festifs et culturels consacrés à L’Iliade d’Homère et à la guerre de Troie.

Dirigé par une équipe constituée de professeurs de Lettres Classiques et de passionnés, le Festival Européen Latin Grec établit des partenariats dans de nombreux pays et invite au rassemblement autour de la culture classique et des Humanités.

Chaque année, le festival met à l’honneur un texte majeur de la littérature antique et propose une grande lecture publique à laquelle chacun est invité à participer ainsi que des événements variés soulignant les résonances entre culture classique et monde contemporain. Il aborde de très nombreux domaines : archéologie, BD, beaux-arts, cinéma, création contemporaine, culture populaire, gastronomie, histoire, humour, littérature, mode, musique, mythologie, numérique, patrimoine architectural, philosophie, sport, théâtre, etc.

Le Festival Européen Latin Grec poursuit les objectifs suivants : accentuer la visibilité des langues et cultures gréco-romaines, partager leur richesse avec le plus grand nombre, encourager les jeunes à leur étude, créer des liens symboliques et fraternels entre les différentes cultures du monde d’aujourd’hui.

En savoir plus, consultez le programme quotidien sur le site de l’ENS de Lyon :

mercredi 20 mars

jeudi 21 mars

vendredi 22 mars

samedi 23 mars

dimanche 24 mars

Colloque pluridisciplinaire : Fernand Deligny

CColloque pluridisciplinaire : Fernand Deligny

Il est difficile d’identifier un seul point autour duquel se déploierait le travail de Fernand Deligny. A-t-on affaire à un éducateur qui utilise le cinéma ? À un cinéaste qui écrit sur l’image ? À un écrivain qui raconte les enfants avec lesquels il vit et travaille au quotidien ? A un penseur dont le dialogue particulier avec la philosophie interroge en retour les philosophes ? Si l’on prend chacun de ces plans isolément, chacun semble s’échapper et en appeler un autre.

Ces deux journées chercheront d’une part à restituer les différents aspects de son travail (journée 1) et, d’autre part, à questionner les rapports que la philosophie a entretenu, et entretient encore, avec la pensée de Fernand Deligny (journée 2).

 

PProgramme

Journée 1 – Mardi 19 février 

Le travail polymorphe de Fernand Deligny

Parcours et tentatives
• 8h30 Accueil et présentation : N. Touil, M. Pouteyo
• 8h45-9h30 M. Pouteyo (IREIS/ENS Lyon), Arriérés, fous, délinquants : les positions
de Deligny dans l’enfance inadaptée
• 9h30-10h15 M. Miguel (ICI Berlin), Lignes, cartes et caméras: Fernand Deligny et la
tentative cévenole de prise en charge d’enfants autistes
• 10h15-10h30 Pause
• 10h30-12h projection du film Ce gamin, là (1974) de R. Victor et F. Deligny.
• 12h-12h30 questions et débats avec la salle : N. Touil, M. Miguel, M. Pouteyo

Un travail en plusieurs dimensions
• 14h-14h45 M. Chauvière (CNRS), Place et voisinages de Fernand Deligny dans
l’imaginaire professionnel des éducateurs spécialisés
• 14h45-15h30 S. Alvarez de Toledo (Editrice à l’Arachnéen), Tracer, pister ?
• 15h30-15h45 M. Vidal Naquet (Université Paris X), Deligny et le cinéma
• 15h45-16h30 Table ronde – échanges avec la salle
• 16h30 Conclusion

Lieu : IREIS (Institut Régional et Européen d’Intervention Sociale) de la Loire – 42 rue de la Tour de Varan – 42704 Firminy | Amphithéâtre

 

Journée 2 – Mercredi 20 février

Deligny et la philosophie : un étrange objet

• 9h45-10h15 Accueil des participants

Présidente de séance : Anne-Claire Husser
• 10h30 P. Séverac (Université Paris-Créteil), Deligny et la question de l’éducation
• 11h P.F. Moreau (ENS Lyon), Ourdir
• 11h30 M. Pouteyo (ENS Lyon), Lire, écrire : de Montaigne à Wittgenstein
• 12h Questions et échanges avec la salle

Président de séance : Pierre-François Moreau
• 14h B. Ogilvie (Université Paris 8), Deligny l’inassimilable : le faire et l’agir
• 14h30 A. Janvier (Université de Liège), Rouvrir la guerre, Deligny, Althusser,
Montaigne
• 15h Questions et échanges avec la salle
15h30-15h45 Pause
• 15h45 C. Perret (Université Paris 8), Faire milieu
• 16h15 M. Miguel (ICI Berlin), Symbiose et bi-polarité : pour une pensée de
l’impureté
• 16h45-17h15 Débats et conclusion

Lieu : ENS de Lyon – 15 Parvis Descartes – 69342 Lyon 07 | Bâtiment D1 – Amphithéâtre Descartes

 

LabEx COMOD – Université de Lyon