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Prise en charge des conjoints violents : quels sont les enjeux actuels ? | Triptyque

PPrise en charge des conjoints violents : quels sont les enjeux actuels ? | Triptyque

(©) Triangle

Dans ce dernier podcast dont le triptyque est la prise en charge des conjoints violents en France noussoci allons explorer les enjeux et limites de cette prise en charge, telle qu’elle prend forme actuellement.
Pour en parler nous sommes avec Jessica Blouin, doctorante à TRIANGLE en première année dont le sujet de thèse est : « Sociohistoire de la prise en charge des auteurs de violences conjugales en France (1978-2021) ».

 

Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

Quels sont les impacts de ces prises en charge ? Comment sont-ils mesurés ? Qu’est-ce qu’ils nous apprennent ?

Jessica Blouin – Un objectif central de la prise en charge des conjoints violents, c’est la lutte contre la récidive. Or parmi les structures, celle-ci n’est pas formalisée, homogénéisée et systématisée. Et on ne sait pas quel est le chiffre national de référence : en date du printemps 2022, ce chiffre varie selon les sources de 8 à 60 %. Au-delà de l’indicateur de la récidive, l’évaluation des prises en charge se fait beaucoup à partir des propos des hommes concernés ; le point de vue de la conjointe ou ex-conjointe n’est pas pris en compte. À l’échelle européenne c’est pourtant une recommandation.
Il peut être considéré que le résultat de l’intervention est satisfaisant à partir du moment où l’homme pris en charge reconnaît sa pleine responsabilité de la violence commise, en arrêtant de chercher à culpabiliser sa conjointe dans sa façon d’en parler ; ou bien à partir du moment où il s’investit dans les propositions de l’équipe, dans la psychothérapie, dans des démarches d’insertion sociale, etc. ; ou bien à partir du moment où il est allé au bout du programme de prise en charge.
La question de comment évaluer l’efficacité de ces prises en charge est encore en débat à l’échelle internationale.

Au-delà de l’évaluation formelle, est-ce que les sciences sociales ont étudié l’impact de ces prises en charge sur les hommes concernés ?

J.B. – Les sociologues Marine Delaunay et Cristina Oddone ont commencé à montrer que les prises en charge telles qu’elles sont réalisées actuellement en France semblent peu efficaces voire peuvent être contre-productives. Elles sont trop courtes, donc les changements chez les hommes pris en charge ne peuvent qu’être superficiels. Par exemple, ils vont apprendre des techniques de gestion de la colère ou de communication non-violente, mais ça ne va pas forcément changer leur vision des rôles masculins et féminins dans l’espace conjugal et familial, donc ils pourront toujours considérer que leur conjointe est défaillante, ou les provoque, etc. Ça va être par exemple le cas d’hommes qui vont certes cesser de recourir à la violence physique, mais qui maintiendront leur pouvoir de manière plus insidieuse. Ou le cas de ceux qui vont investir davantage leur rôle de père, mais dans un sens où ils se considéreront meilleur père que la conjointe est mère. Par ailleurs, parce que le contexte ne les y encourage pas, beaucoup de professionnel·le·s restent dans les représentations ordinairement sexistes qu’on a toutes et tous (par exemple : elle l’a peut-être un peu cherché, elle exagère peut-être un peu les faits, etc.) – ce qui fait qu’ils et elles ont une façon de présenter les choses aux hommes pris en charge qui leur confirme ces croyances communes autour du masculin et du féminin.

 (©) PixabayEst-ce que les professionnel·le·s sont formé·e·s pour cette prise en charge des auteurs ?

J.B. – Ça pose la question de la spécificité des violences conjugales, qui nécessiterait donc une formation spécifique. Pour l’instant, les professionnel·le·s sont plutôt formé·e·s à l’exercice généraliste d’une profession, le plus souvent éducation spécialisée et psychothérapie. Le thème des violences est un premier niveau de spécialisation, ce qui fait que certains pros disent qu’ils sont spécialistes de la violence conjugale parce que spécialistes de la violence en général. Mais la sphère conjugale et familiale n’est pas qu’un espace d’étroite proximité physique et affective et donc d’enjeux psycho-émotionnels, elle est aussi un espace où s’incarne à l’échelle individuelle la domination masculine dont on a parlé au 1er épisode. Donc dans la formation des professionnel·le·s, le plus souvent le système de genre n’est pas abordé du tout, ou très succinctement, ou bien encore dans des modules facultatifs.
Développer des formations adaptées, ça implique de développer la traduction de l’enjeu du genre dans de l’outillage pratique, c’est-à-dire des postures professionnelles, des principes d’organisation des activités, des thèmes de discussion, des méthodes et supports matériels, etc. Il y aurait un gros chantier à mener à ce sujet.

Est-ce qu’un cadre de référence est posé par l’État pour ces prises en charge ?

J.B. – Non, pas vraiment. Du côté du législateur il y a des éléments, mais très peu, dans le Code pénal et le Code de procédure pénale. L’appel à projet de 2021 pour la labellisation des CPCA formule quelques attendus : il faut qu’il y ait une solution d’hébergement, un entretien individuel préalable, un module de responsabilisation basé sur la définition pénale du stage de responsabilisation, et il peut y avoir un accompagnement psychologique, médical ou socio-professionnel. Les projets candidats devaient adhérer à une charte d’engagements fédérateurs. C’est mieux que rien, mais on ne peut pas dire que ce soit à l’avant-garde de la prise en charge des agresseurs.
Par ailleurs, depuis que la nécessité de cette prise en charge est mentionnée par la politique nationale de lutte contre les violences faites aux femmes dans les années 2000, jusqu’aux CPCA, il n’y a pas eu d’état des lieux de l’existant, d’analyse des pratiques existantes, réalisé par l’État ou par la FNACAV – la Fédération Nationale des Associations et Centres de prise en charge des Auteurs de Violences conjugales et familiales. C’est difficile, dans ces conditions, d’établir des bonnes pratiques officielles.

Oui, et puis il manque aussi des moyens, des financements ?

J. B- Oui tout à fait. Pérenniser l’existant, développer une prise en charge longue, approfondie, et avec hébergement, développer des outils et méthodes spécifiques, former les professionnel·le·s, tout ça nécessite un budget bien supérieur à ce qui est alloué actuellement. Mais c’est un sujet sensible, car l’argent manque déjà beaucoup pour l’accompagnement des femmes victimes, donc les associations concernées craignent que le financement de la prise en charge des perpétrateurs diminue leurs propres ressources. C’est l’ensemble de la politique nationale de lutte contre les violences faites aux femmes qu’il faudrait largement augmenter.

Pour finir, diriez-vous qu’aujourd’hui, les violences conjugales ont augmenté, diminué, ont évolué depuis les temps où on les étudie ? Pourquoi ?

J. B- La déclaration de violences conjugales et leur identification par les forces de l’ordre a augmenté, ce qui ne veut pas forcément dire que le nombre de faits ou leur gravité a augmenté. D’une part, les violences conjugales sont de mieux en mieux identifiées par les victimes, l’entourage, le voisinage, et la généralisation de la lutte contre ces violences favorisent le sentiment de légitimité à dénoncer et à demander aide, protection et réparation. D’autre part, jusqu’à maintenant les normes égalitaires prennent de plus en plus de place – on peut donc émettre l’hypothèse que ça régule, au sein du groupe social masculin, le recours au contrôle, à la coercition et à la violence envers la partenaire intime. Mais toutes ces évolutions sont extrêmement lentes, l’inertie sociale et la résistance masculine sont très fortes. Les chiffres de femmes victimes de violences conjugales, de féminicides par partenaire intime ou ex, et de suicides forcés, restent terriblement élevés.

Les références citées :

  • DELAUNAY Marine (2019). Les violences entre partenaires intimes : de l’indignation politique et morale aux pratiques routinières des institutions pénales. Une comparaison entre la France et la Suède, thèse de doctorat en sociologie, Université de Bordeaux.
  • DELAUNAY Marine (2023). « La responsabilisation des auteurs de violences conjugales à l’épreuve de leurs stratégies de contestation des décisions pénales », Déviance et Société, 2023/3 (Vol. 47), p.401-433.
  • ODDONE Cristina (2020). « Masculinités à l’épreuve de la loi. Changer (ou pas) dans le cadre des programmes de prise en charge pour auteurs de violences en France et en Italie », dans BODIOU Lydie, CHAUVAUD Frédéric, GRIHOM Marie-José (dir.), Les violences en famille. Histoire et actualités, Hermann Éditeurs, p. 153-167.
  • ODDONE Cristina (2021). « La mise en scène de la masculinité dans les programmes pour auteurs de violences conjugales », in METZ Claire, THÉVENOT Anne (dir.), Faire face aux violences conjugales. Approches croisées d’une notion complexe, Presses universitaires de Strasbourg (« Famille, psyché, société »), p. 205-223.

 

Précédemment

Prise en charge des conjoints violents

Les violences conjugales

> À suivre…

Ce triptyque est terminé, et nous vous donnons rendez-vous pour un tout nouveau thème la semaine prochaine.

Alors à jeudi prochain !

>> Pour en savoir plus :

 

Triptyque – Laboratoire Triangle

Du système immunitaire aux outils scientifiques : les secrets de la détection de protéine | Du neuf Docteur ?

DDu système immunitaire aux outils scientifiques : les secrets de la détection de protéine | Du neuf Docteur ?

Vous vous êtes déjà demandé comment on peut détecter des protéines dans des échantillons biologiques ? Comment on peut rendre visible le monde microscopique ?

Du neuf Docteur ? vous explique comment les anticorps, moyen de défense des organismes complexes contre les bactéries ou virus, ont été détournés par les scientifique pour les aider à reconnaitre et quantifier des protéines à la paillasse de leurs laboratoires.

Par : Du neuf Docteur ?

Regarder la vidéo :

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Du neuf docteur ?

Village des Découvertes One Health

VVillage des Découvertes One Health

Organisé par Expertise France, en lien étroit avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, et avec le soutien de la Ville de Lyon, le Village des Découvertes One Health se tiendra à Lyon les dimanche 5 et lundi 6 avril 2026, au Parc de la Tête d’Or.

Ouvert aux familles, aux jeunes et au grand public, le Village vise à rendre concrète l’approche One Health, fondée sur l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes. Fil rouge de l’événement, La Chasse aux Super-Pouvoirs du vivant proposera une grande chasse aux œufs pédagogique au sein du Village. Ce parcours ludique invitera les participants à découvrir, de manière accessible et interactive, les liens qui unissent les trois piliers du One Health. Le Village réunira une vingtaine de stands d’institutions publiques, d’organisations non gouvernementales et d’acteurs de la société civile, ainsi qu’une scène de programmation. Jeux, ateliers participatifs, fresques collaboratives, mini-conférences et animations rythmeront ces deux journées, avec un objectif commun : créer le Déclic One Health, sensibiliser aux enjeux sanitaires globaux et encourager l’engagement collectif en faveur d’une santé durable et intégrée.

Cet événement est organisé à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, le 7 avril 2026, le One Health Summit à Lyon, réunissant chefs d’État et de gouvernement et un large éventail d’acteurs (organisations internationales et régionales, secteur privé, chercheurs, société civile, collectivités locales, jeunes, etc.). 

>> Pour en savoir plus :

Village des découvertes

Affiche village des découvertes pour le sommet One Health

©Expertise France

Les ateliers famille d’ÉbulliScience

LLes ateliers famille d’ÉbulliScience

Pour les vacances de printemps, ÉbulliScience propose des ateliers scientifiques à faire en famille.

> Au programme :

  • Devenir une chercheuse ou un chercheur | Mardi 7 avril de 15h30 à 17h
    Venez vous glisser dans la blouse du scientifique pour 1h30 d’expérimentations scientifiques et ludiques accompagnés par nos médiateurs et médiatrices scientifiques. En utilisant la démarche d’investigation, vous serez amenés à tester, manipuler, chercher, vous tromper, recommencer… et comprendre ! >> Réserver
  • Air & eau en folie | Vendredi 10 avril de 10h à 11h30
    Comment faire pour mettre un papier dans l’eau sans le mouiller ? Sous quelles formes retrouve-t-on l’eau dans la nature ? Comment faire fondre un glaçon le plus vite possible ? Quels paramètres permettent à un objet de flotter ? À travers de nombreuses expériences, les chercheuses et chercheurs tenteront de répondre à ces questions. >> Réserver
  • Prêt à relever les défis ? | Lundi 13 avril de 15h30 à 17h
    Comment percer un ballon sans qu’il explose ? Réaliser un feu d’artifice dans l’eau ? Décoder des messages secrets ? Et si les sciences nous permettaient de relever tous les défis ? Nous tenterons d’observer, de trouver des hypothèses pour braver les épreuves ! Alors prêts à relever les défis ? >> Réserver
  • L’image en mouvement | Jeudi 16 avril de 10h à 11h30
    Après des expériences sur les ombres et la lumière, les chercheurs et chercheuses seront amené·e·s à se questionner et à formuler des hypothèses. Comment prendre une photo sans appareil photo ? Comment apparaît une image dans une caméra obscura ou un sténopé ? Qu’est ce qu’une lentille concave ou convexe ? Comment animer les images ? >> Réserver

Pour en savoir plus :

ÉBULLISCIENCE

Monnaie locale : quelle place dans un système financier, dans l’économie locale ? | Triptyque

MMonnaie locale : quelle place dans un système financier, dans l’économie locale ? | Triptyque

(©)triangleNous avons appris précédemment dans le triptyque consacré aux monnaies locales qu’il en existe plus de 70  en France. Aussi,  comment se positionnent elles dans un système financier ? Ont-elles un impact quant à l’économie. Quels effets peut-on en attendre  ? Autant de questions que nous abordons dans ce deuxième podcast. 

Pour en parler nous accueillons Marie FARE, maîtresse de conférences en sciences économiques à l’Université Lumière Lyon 2 et Jérôme Blanc, professeur de sciences économiques à Sciences Po Lyon et bien sûr membre de TRIANGLE

Écoutez le podcast :

> Lire la retranscription des propos de l’interview :

Les monnaies locales s’intègrent-elles dans un système financier traditionnel ? Pourquoi ? 

Marie Fare – Pour utiliser une monnaie locale, il est nécessaire tout d’abord de convertir des euros en monnaie locale. Les monnaies locales circulant sous format papier et aussi de plus en plus sous forme numérique, la conversion peut se faire auprès d’un comptoir de change ou de façon automatique par virement mensuel via un système d’abonnement. Cela repose donc sur un principe de conversion à l’entrée. Autre point, les monnaies locales, étant gagées sur l’euro, se convertissent à parité avec l’euro : 1 unité de monnaie locale (par exemple, une gonette) est égale à un euro. La contrepartie de l’émission de monnaie locale, c’est donc l’euro d’un montant équivalent, qui est mis en réserve c’est-à-dire déposé sur un compte. Celui-ci est souvent ouvert par les monnaies locales auprès de la Société financière de la NEF ou du Crédit Coopératif. Ce compte permet de reconvertir les unités de monnaies locales en euros quand les professionnels le demandent. Le choix de ces banques ne se fait pas par hasard. La NEF (Nouvelle Economie Fraternelle) est une coopérative bancaire engagée pour la transition écologique et sociale qui assure une transparence des projets qu’elle finance en les publiant chaque année et le Crédit Coopératif est une coopérative bancaire finançant notamment des projets dans l’économie sociale et solidaire.

Comment sont-elles perçues par les banques ? 

Jérôme Blanc – Comme des clientes ! Les banques sont assez imperméables à la logique locale et alternative de bien des associations de monnaies locales, sauf en France dans le cas de la Société financière de la NEF, dont on vient de parler, et qui est une banque coopérative créée autour du projet d’une finance éthique, solidaire et soutenable. En 2018, la NEF a signé une convention tripartite avec les deux réseaux qui structurent les monnaies locales en France, le Mouvement SOL et le Réseau MLCC (monnaies locales citoyennes et complémentaires). Avec cette convention, « la NEF s’engage à prêter au moins le double du fonds de garantie déposé par une association porteuse de projet de monnaie locale aux entrepreneurs adhérents de cette association mais aussi à assurer la visibilité des prêts accordés dans ce contexte ». Il y a donc un appui significatif de cette banque éthique au projet de monnaies locales en France.

©PixabayPeuvent-elles déstabiliser un système financier national ? Pourquoi ? 

J.B. – Non. Elles sont trop petites pour cela. La loi leur fournit un cadrage depuis 2014 puis 2016, qui impose notamment qu’elles soient couvertes par un fonds de garantie en euros et qui les soumet à des contraintes de régulation si elles dépassent un certain seuil de transactions numériques, un seuil qui est assez bas (un million d’euros sur douze mois glissants). Il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur une éventuelle déstabilisation financière par leur faute. La masse monétaire totale de ces monnaies locales reste aujourd’hui inférieure à 10 millions d’’euros. En Allemagne, la Bundesbank (banque centrale) a demandé en 2006 à un économiste, Gerhard Rösl, un rapport sur la concurrence éventuelle des monnaies locales à l’égard de l’euro. La conclusion était claire : dans l’état de leur développement, aucun problème. A réviser seulement si leur usage devait beaucoup se développer, ce qui n’a pas été le cas en Allemagne, et reste limité en France.

En période d’inflation, peut-on les voir comme des monnaies sûres ? 

J.B. – Ni plus ni moins que l’euro, puisque leur valeur est à parité avec l’euro.

D’ailleurs peut-on imaginer que demain, elles soient en compétition avec les cryptos monnaies ? 

J.B. – On a tendance à penser, en économie, sous le mode de la concurrence. Mais il existe aussi des effets de complémentarité qu’il ne faut pas négliger. Les cryptos, tout d‘abord, c’est certaines seulement qui ont un usage proprement monétaire : une très petite minorité, parmi laquelle, néanmoins, se trouve le bitcoin, qui est assez massif. Et ces cryptos ne visent pas d’objectifs de dynamisation territoriale et de soutenabilité écologique, au contraire même — Bitcoin est a-territorial et sa consommation électrique n’est pas écologiquement soutenable.
En fait, on observe plutôt une forme d’hybridation entre cryptos et monnaies locales : la technologie de la blockchain est utilisée pour créer des formes numériques de monnaie locale, dans certains cas, comme la monnaie Léman (autour de Genève), ou des choses un peu différentes au Kenya ou en Argentine. Dans ces situations, on ne récupère pas la technologie de Bitcoin, mais une autre technologie blockchain beaucoup moins énergivore.
Il ne faut donc pas considérer qu’il y a concurrence entre cryptos et monnaies locales, mais plutôt, et dans une certaine mesure, une hybridation.

Y a-t-il des secteurs économiques qui bénéficient plus de l’existence d’une monnaie locale ? 

M.F. – Ce qui est visé est l’économie de proximité (sont par exemple généralement exclues les grandes et moyennes surfaces et les grands réseaux franchisés). Elle est composée d’entreprises du tissu socioéconomique local, avec une place importante pour le secteur de l’agriculture/alimentation. Ainsi, les dépenses en monnaie locale s’orientent tout particulièrement vers les dépenses alimentaires du quotidien.

Pouvez-vous nous citer des exemples de réussite en matière de monnaie locale et comment l’expliquez-vous ? 

M.F. – Le cas de l’eusko déjà évoqué, bien sûr. Il y a beaucoup de travaux à ce sujet. Des observateurs extérieurs ont pu dire, ou disent encore, que c’est parce que les Basques ont une identité particulière, et certains en profitent pour affirmer que les monnaies locales sont des outils identitaires et par conséquent néfastes. Ces deux éléments ne tiennent pas. Les travaux de Julien Milanesi, qui est maître de conférences à l’Université Toulouse 3, montrent que la réussite de l’eusko tient à l’ampleur, la densité et l’ancienneté des réseaux militants (coopératifs, agricoles et climatiques essentiellement), qui ont pu être efficacement connectés par le projet de monnaie locale. La condition de réussite première semble donc être la présence d’un tissu militant d’ESS dense que les porteurs du projet de monnaie locale parviennent à intégrer et associer.

Précédemment

Pourquoi un tel essor des monnaies locales ?

> À suivre…

Les monnaies locales ont-elles un avenir….?

 

>> Pour en savoir plus :

Triptyque – Laboratoire Triangle

 

Nez à nez : quand respirer une odeur convoque notre mémoire

NNez à nez : quand respirer une odeur convoque notre mémoire

Expérience multisensorielle, le spectacle vivant Nez à nez invite le public à explorer le pouvoir des odeurs. Invisibles mais profondément évocatrices, celles-ci agissent à la fois sur le cerveau, les émotions et la mémoire. Explications des deux neuroscientifiques du CRNL à l’origine de la proposition artistique et scientifique.

Explications de Nathalie Buonviso et Alexandra Veyrac, neuroscientifiques au Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL).

>> L’intégralité de ce billet est disponible sur le blog :

PPour aller plus loin

Chaque année au mois de mars dans une centaine de pays et plus de 120 villes de France, les scientifiques convient le grand public à des événements, gratuits, pour comprendre le cerveau : une occasion unique de s’informer sur l’actualité de la recherche en neurosciences et sciences cognitives !
Pour sa 28e édition, la Semaine du Cerveau de la Métropole de Lyon s’est placée sous le thème : « Les intelligences du cerveau » près d’une quinzaine de rendez-vous sont proposés du 4 au 19 mars 2026 dans l’agglomération lyonnaise.

 

Lumière sur les femmes de sciences

LLumière sur les femmes de sciences

L’exposition « Lumière sur les femmes de science », a été imaginée par un collectif de jeunes scientifiques pour mettre en lumière des femmes qui ont marqué l’histoire des sciences.

Souvent méconnues, elles ont pourtant apporté une contribution déterminante aux sciences, des mathématiques à la botanique, à travers les continents et les époques. Cette exposition permet également de balayer leurs sujets de recherche et de s’initier à la primatologie, à l’astronomie ou encore à l’intelligence artificielle. 15 figures féminines et leurs travaux de recherche sont à découvrir au musée Claude Bernard du 1er au 26 avril.

Dans le cadre des Univers’Elles.

Pour en savoir plus :

Musée Claude Bernard

©Musée Claude Bernard

L’historien public : médiation, partage des savoirs et lutte contre la désinformation

LL’historien public : médiation, partage des savoirs et lutte contre la désinformation

Comment parler d’histoire aujourd’hui à un large public ? Quel rôle peuvent jouer les historiennes et historiens face aux usages politiques du passé et à la désinformation en ligne ? Peut-on concilier rigueur scientifique, pédagogie et formats courts sur les réseaux sociaux ?

L’Enssib a le plaisir de vous inviter à une discussion avec Yann Bouvier, alias YannToutCourt, historien et vulgarisateur sur les réseaux sociaux. Yann Bouvier échangera autour de ces questions avec les étudiantes et étudiants du Master Cultures de l’écrit et de l’image, qui animeront la rencontre.

La rencontre sera suivie d’une signature à 18h30 à la librairie Traits d’union, 61 rue des Girondins (Lyon 7e).

Qui est Yann Bouvier, alias YannToutCourt ?

©enssib

Enseignant dans le secondaire et au master d’histoire publique de l’Institut Universitaire Champollion d’Albi, Yann Bouvier s’est lancé dans ses premiers projets en histoire publique sur Twitter à l’occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale. En 2019, il lance sa chaîne sur TikTok bientôt suivie d’une autre sur Instagram et YouTube.

Ces chaines cumulent environ 1,5 million d’abonnés et des vidéos font régulièrement plusieurs centaines de milliers de vues. En plus d’éclairer l’actualité, de proposer des sujets pédagogiques, Yann Bouvier n’hésite pas à intervenir dans le débat public et à « débunker » les utilisations politiques biaisées de l’histoire.

En septembre 2023, il publie, avec Éloi Chevallier au dessin et une préface d’Alain Corbin, Microcosmes. L’histoire de France à taille humaine aux éditions First une bande dessinée de vulgarisation scientifique. En 2025, le livre publié sous sa direction (Perrin / First) avec 24 historiens et historiennes France Fictions. Histoire des idées reçues de l’histoire de France (Perrin / First) est un best-seller en librairie avec plus de 30 000 exemplaires vendus.

Cette rencontre est organisée dans le cadre du Master Cultures de l’écrit et de l’image, du Centre Gabriel Naudé et des missions « Enjeux et défis informationnels » et « Sciences et sociétés » de l’Enssib.

Pour en savoir plus :

Enssib

 

 

Révéler les indices d’une scène de crime : magie ou chimie ? | Du neuf Docteur ?

RRévéler les indices d’une scène de crime : magie ou chimie ? | Du neuf Docteur ?

Vous vous êtes déjà demandé comment on peut détecter le sang et les autres fluides corporels sur une scène de crime? Ou comment fonctionne la lumière bleue et le luminol qu’on voit dans les séries télévisées ?

Du neuf Docteur ? vous explique tout ce qu’il faut savoir pour révéler les indices d’une scène de crime.

Par : Du neuf Docteur ?

> Regarder la vidéo :

>> Pour plus d’information rendez-vous sur la chaine YouTube :

Du neuf docteur ?

Les doctorantes pitchent leur thèse pour la journée des femmes et filles de Science

LLes doctorantes pitchent leur thèse pour la journée des femmes et filles de Science

À l’occasion de la journée internationale des femmes et des filles de science, la mission égalité diversité met à l’honneur les doctorantes de l’Université Claude Bernard Lyon 1.

14 doctorantes ont été sélectionnées selon des critères de représentation équitable des différents laboratoires et filières de recherche et vous présenteront leurs travaux de recherche dans un format accessible à tous !

>> Rendez-vous :

  • Mardi 10 février, de 12h15 à 13h30 sur le Campus Santé Lyon – Amphi de physique campus Lyon Est – Rockefeller
  • Mercredi 11 février, de 12h12 à 13h30 au Théâtre Astrée, Campus LyonTech la Doua

Pour en savoir plus :

Mission égalité Université Lyon 1